LIVRE V
HOSPICE QVIL DE ROCHEFORT. — HOSPICE DES ORPHELINES DE LA MARINE. — COLLEGE COMMUNAL. — CONSOMMATION DE DENREES ALIMENTAIRES.
L'Hospice civil de Rochefort (hôpital Saint-Charles) ne dispose que d'une somme annuelle d'environ 70,000 francs. La ville figure, dans ce chiffre, pour une dotation de 41,000 francs; le reste représente les revenus propres de l'Hospice, tels que : produits de biens ruraux, rentes sur l'Etat ou sur des particuliers, journées de malades, concessions de terrains au cimetière, etc. L'exiguïté de ces ressources, vraiment trop infimes pour l'importance de Rochefort, explique le nombre restreint des lits de malades ; il n'y en a que 100 dont : 26 pour les hommes blessés ; 26 pour les hommes fiévreux ; 28 pour les femmes ; 14 au dispensaire ; 6 à la maternité.
Ce n'est pas assez pour les besoins de la population. Malheureusement, le budget des recettes non-seulement ne permet pas d'accroître ce nombre rte lits, mais encore il impose l'obligation, pour équilibrer les dépenses, de prélever une somme variable sur certaines catégories de malades. Ainsi, l'Hospice ne reçoit gratuitement que : 1" les indigents de Rochefort, secourus par le Bureau de bienfaisance ou reconnus hors d'état de pouvoir payer ; 2° les filles en chambre et les filles soumises appartenant aux maisons de tolérance <le la ville ; 3" les voyageurs indigents. Toutes autres personnes, telles que : les étrangers des communes voisines, et même les domestiques de la ville, doivent une rétribution, dont le prix varie de 1 ir. 10 à 0,50 centimes par jour. Les aliénés de passage et les détenus malades sont reçus au compte du département, à raison de 1 franc la journée.
Je sais que la municipalité se préoccupe avec un intérêt soutenu de l'amélioration de ce déplorable état de choses et que, déjà, d'heureuses modifications "nt été apportées à l'établissement. Tout dernièrement encore, deux maisons contiguës a l'Hôpital ont été achetées et seront consacrées à son agrandissement. Pour ne signaler que les plus importants desiderata, il serait essentiel de séparer, par une prudente distance, la maternité et le dispensaire, d'avoir des salles particulières pour les fièvres éruptives, des cabinets isolés pour certains malades, qui, par la nature de leur affection, troublent le repos de leurs voisins ou constituent de dangereux foyers d'infection.
L'attention de l'édilité ne saurait être trop vivement appelée sur l'insuffisance notoire de l'Hospice Saint-Charles. Le Bureau de bienfaisance est heureusement organisé en faveur des indigents ; c'est bien. Mais le devoir est plus rigoureux encore quand la maladie s'ajoute à la misère, et les secours à domicile veulent être complétés par un hospice qui puisse recueillir libéralement les nécessiteux malades.
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