‹ Statistique médicale de Rochefort, Charente-InférieureChapitre 111 sur 125 · HOPITAUX · texte numérisé non relu

HOPITAUX

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100 malades.

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Rochelbrt . .

Samt-Mardrier

S VU. Maladie» des organes de la dlgertiou.

1* Les entérites, diarrhées, ckolérines, d'une si haute gravité dans le jeune âge, sont d'une grande bénignité dans l'âge adulte, puisque, à l'Hôpital, dans l'espace de 14 ans, elles n'ont donné que 5 décès. Elles n'en figurent pas moins pour un chiffre assez élevé, 1081, dont la moyenne annuelle est de 77. Ce sont, en général, des affections assez mal déterminées, dont la nature, pas plus que l'origine, ne sont parfaitement connues. Leur nombre varie peu d'une année à l'autre ; mais les saisons ont sur leur développement une influence manifeste ; elles sont plus élevées en nombre dans les mois des chaleurs ; ainsi, tandis que nous trouvons les chiffres 155, 140, 129, 118 en octobre, septembre, août et juillet, nous n'avons que 47, 49, 63 en avril, février et janvier; le mois de novembre fait cependant exception à cette règle ; il se solde par 113 cas.

2° A côté de ces affections intestinales, doit être place l'embarras gastrique dont la somme va à 531, soit 38 en moyenne annuelle. Il ne constitue que de simples indispositions dont font justice une dose d'ipéca à titre de vomitif et un court séjour a l'Hôpital. Le début du printemps et le commencement de l'été sont les saisons où il apparaît de préférence. La guérison est la règle sans exception. L'embarras gastrique se montre seul le plus ordinairement ; comme je l'ai déjà dît, il accompagne quelquefois les fièvres intermittentes.

3* Dyssenterie. — 561, cas. 65 décès. La dyssenterie n'a jamais revêtu, à Hochefort, la forme épiilémique. Il n'y a pas de maladie qui, plus qu'elle, soit subordonnée à la chaleur atmosphérique ; l'expérience des médecins de la marine, qui ont l'habitude des régions intertropicales, ne leur laisse aucun doute à cet égard. Or, si nous consultons le tableau de la page 317, nous trouverons (la moyenne des cas étant de 40) que si juillet, octobre et septembre se chiffrent par 63,60 et 49 cas, mars et janvier en comptent 50 et 45, ou, pour mieux dire, qu'il n'y a pas à Rochefort d'écarts bien marqués entre les diverses saisons de l'année. Ce fait insolite est expliqué par l'origine exotique de la plupart des dyssenteries traitées à l'Hôpital ; et si les années 1862, 1865. 1806 nous ont donné 10,10 et 15 décès, soit 35 décès par la dyssenterie, tandis que les 11 autres années n'en ont fourni que 30, cela tient évidemment à 1 arrivée des bâtiments de l'Etat, tels que la Renommée, la Sémiramis, etc., qui ont envoyé à l'Hôpital un grand nombre de malades atteints de dyssenteries chroniques contractées en Cochinchine, aux Antilles, au Mexique, etc.

Nous avons vu, dans la statistique de la population totale, que les mois le plus chargés sous le rapport des décès par dyssenterie , sont septembre et octobre, auxquels se rapportent 27 et 34 décès en 14 ans : mais nous avons vu aussi que novembre et janvier comptent 18 et 17 décès : c'est que l'ensemble de la population est essentiellement maritime et que beaucoup de malades qui ont contracté leur dyssenterie au loin viennent mourir au domicile de leur famille. Cela est si vrai que, sur 153 décès par dyssenterie, 38 seulement appartiennent au sexe féminin ; que, de 15 à 50 ans, sur 87 décès il y en a 79 pour le seie masculin et 8, pas davantage, pour le sexe féminin. La différence est bien moins tranchée entre les deux sexes, de la naissance à 15 ans : 22 décès pour le sexe masculin, 17 pour le sexe féminin ; elle est moindre encore à partir de EX) ans : 14 décès pour le sexe masculin, 13 pour le sexe féminin. Il est évident, puisque les décès par la dyssenterie se maintiennent dans le

rapport ordinaire de la mortalité des deux sexes, aux deux extrémités de la vie, que l'appoint colonial vient seul rompre cet équilibre dans la période intermédiaire.

4* Le choléra n'intéresse que secondairement l'étude que j'ai entreprise de la constitution médicale de Rochefort . C'est une maladie qui éclate à des époques indéterminées, se jouant, avec un inexplicable caprice, des conditions d'hygiène, de température, de situation géographique, etc.

L'Hôpital de la marine n'a été visité par cet hôte redoutable que deux fois en 14 ans. Je ne compte qu'un décès en 1865 ; c'était un cas sporadique. En 1854, nous avons eu 120 cholériques, qui ont donné 76 décès ; en 1855, 22 cas, 8 décès.

En 1854, le choléra a débuté, le 19 septembre ; le dernier cas a eu lieu le 6 décembre. Sur 120 cholériques, 68 ont été atteints alors qu'ils étaient déjà en traitement dans les salies de l'Hôpital pour d'autres affections. Celles-ci étaient:

7 fièvres éruptives ;

44 fièvres intermittentes ; 3 affections chroniques de la poitrine ; 2 dys sente ries chroniques ;

1 fièvre typhoïde;

2 rhumatismes ;

8 maladies vénériennes.

Le choléra, enté sur les fièvres éruptives et particulièrement sur la variole, a été d'une extrême gravité.

L'Hôpital paraissant être le principal foyer d'infection (sur 167 décès pour la population totale, l'Hôpital en a compté 76), tous les individus susceptibles d'être admis dans les infirmeries régimentaires furent renvoyés à leurs corps ; il n'était resté que 22 vénériens en traitement ; 8 furent atteints, ce qui prouve que les mercuriaux ne sont pas, comme on l'a prétendu, des prophylactiques de cette grave affection.

Le chiffre élevé des cas de choléra succédant aux fièvres intermittentes ne signifie pas que celles-ci constituent une prédisposition. Il témoigne uniquement de la présence à l'Hôpital d'un grand nombre de cette catégorie de malades qui, en effet, en septembre, forment la grande majorité de la population

En 1855, c'est encore en septembre que le choléra a commencé ; comme l'année précédente, il s'est terminé en décembre ; mais il s'est tenu, cette fois, 'lans des limites beaucoup plus restreintes : sur 78 décès pour la population totale, l'Hôpital n'en a compté que 8.

5° Maladies du foie : 144 cas en 11 ans - 13,09 en moyenne annuelle. 23 décès — — 1,64 —

Ce que nous avons dit de l'origine, si souvent exotique, de la dyssenterie s'applique, avec bien plus de force encore, à l'hépatite, qui est une maladie propre aux pays chauds; plus des trois quarts de cette affection, la presque totalité des décès qui lui sont dus, doivent être portés au compte de nos colonies et particulièrement du Sénégal.

Dans nos contrées, les maladies du foie acquièrent rarement la gravité qu'elles présentent dans les pays intertropicaux ; elles se bornent le plus souvent à produire l'ictère simple, la jaunisse, idiopathique ou compliquée d'embarras gastrique. Dans les cas d'ictère simple, la guérisonaétéia règle sans exception.

§ VHI. Maladie» dea centra* narveax.

1° Apoplexie cérébrale. . . 65 cas en 14 ans = 4,64 cas moyenne annuelle.

— 24 décès — 1,71 décès — 2' Encéphalite, (lèvre cérébr. 34 cas — 2,42 cas —

— lôdécès — 1,14 décès — 3° Méningite cérébro-spinale. 52 cas — 3,71 cas —

— 43 décès — 3,07 décès — 4° Myélite 18 cas — 1,28 cas —

— 10 décès — 0,71 décès —

Ces chiffres sont trop faibles pour que nous puissions en tenir compte pour l'appréciation de la constitution médicale, dont ces sortes de maladies paraissent d'ailleurs complètement indépendantes pour les adultes.

Je ferai observer toutefois que la méningite cérébro-spinale, tuberculeuse ou non, est d'une telle gravité que je n'oserais pas affirmer la réalité du diagnostic des 9 cas portés comme suivis de guérison. Ces guérisons auraient été obtenues :

1 en 1854; 4 en 1855; 1 en 1857:

1 en 1804;

2 en 1805.

Or, toutes les autres années ont eu autant de décès que de cas, et l'année 1855. dans laquelle se rencontrent 4 guérisons, est précisément l'année qui a fourni le plus de décès, 10; alors qu'on n'en trouve 6, qu'une fois en 1856 ; 5, qu'une fois encore, en 1802 ; 4, que deux fois, en 1800 et 1867. N'est-il pas possible que les médecins, influencés malgré eux par le nombre insolite des méningites. en 1855, aient donné à quelques symptômes menaçants la valeur des signes de la maladie confirmée? La même observation peut s'appliquer à l'année 1854 dont le budget se règle par 7 décès sur 8 cas.

Une méningite partielle non suppurée peut guérir ; une méningite généralisée suppure et tue fatalement.

Quoi qu'il en soit, il reste évident que la méningite ne s'est jamais montrée à l'Hôpital qu'a l'état sporadique. Ces cas se sont répartis entre tous les mois Je l'année; septembre seul n'en a pas eu du tout; juillet, août et juin sont représentés par 1, 2 et 3 cas ; avril et mars, 7 et 8 ; les autres mois, 4, 5 et 6 '■ tous ces cas, bien entendu, partagés entre 14 années.

La preuve la plus convaincante d'absence de tout génie épidémique se tire de la diffusion des cas entre les divers corps de la marine, logés dans cinq casernes différentes ; ils ont tous été frappés à un égal mais très minime degré.

5* Aliénation mentale: 21cas en 14 ans = 1,50 cas moyenne annuelle.

— 10 décès — 0,71 décès —

13 cas d'aliénation mentale, sur ces 21, viennent du dehors : disciplinaires de l'île d'Oleron, marins renvoyés des colonies, retraités, etc. Généralement les aliénés ne sont admis à l'Hôpital qu'à titre provisoire ; dès que leur état le permet, ils sont évacués sur les établissements spéciaux.

8 cas de folie seulement se sont développés sur place ; c'est bien peu en H ans pour une population, de 30000 âmes. Cette faible proportion tient sans doute aux conditions de la vie modeste et peu agitée qu'on mène à Rochefort : ici peu d'extrêmes misères, point de fortunes colossales, pas de grands centres industriels; les ambitions sont modérées, les passions peu développées, sauf les instants où {apolitique échauffe jusqu'aux plus tièdes...

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S IX. Maladies du coeur.

Palpitations nerveuses du cœur: 352 cas en 14 ans=25,14 cas en moyenne annuelle.

Maladies aiguës ou organiques du cœur : 118 cas en 14 ans =» 8,42 cas en moyenne annuelle.

47 décès en 14ans= 3,35 décès en moyenne annuelle.

La plupart des palpitations purement nerveuses du cœur ont été rencontrées presque exclusivement chez les jeunes soldats de l'infanterie de marine ; le plus souvent, ce ne sont que des battements un peu énergiques et précipités, mais réguliers et sans bruit anormal ni au premier ni au deuxième temps. Au bout de six mois, d'un an, nous avons constaté le plus souvent la guérison ou une amélioration notable, presque jamais une aggravation, ce qui éloigne l'idée d'une maladie sérieuse, vraiment organique, et ce qui a conduit le Conseil de santé à émettre quelques doutes sur la bonne foi des militaires qui exploitent cette névrose. Les soldats de la guerre sont soumis, en effet, aux mêmes manœuvres, aux mêmes exercices que ceux de l'infanterie de marine et ce ïenre de lésion est excessivement rare chex eux. Serait-ce donc le pas gymnastique qu'il faudrait accuser! Mais je ne sache pas que les chasseurs de Vincennes, qui pratiquent bien plus complètement cette marche rapide et cadencée, soient plus sujets que les autres corps à des palpitations de cœur. Nous nous tenons donc, a cet égard, dans une grande réserve, et chaque année nous avons pu diminuer, sans préjudice pour la santé des soldats de marine, le nombre des congés de convalescence motivés par cette affection.

Les maladies aiguës et organiques du cœur, bien autrement dangereuses que les simples palpitations, ont donné un chiffre assez élevé de décès, sans que cependant on puisse considérer celui-ci comme une caractéristique du climat de Hochefort. Si, dans l'opinion de quelques auteurs, les frissons répétés de la fièvre intermittente, dans les pays où elle est endémique, prédisposent aux affections du cœur, il y a une disproportion trop grande, à Rochefort, entre le nombre des cas de fièvre intermittente (19877) et celui des maladies organiques du cœur (118), pour que cette étiologie puisse être adoptée.

Deux des 47 décès ont été dus à des endocardites, consécutives à des rhumatismes articulaires fébriles.

g X. Rhumatlamea et névralgie*.

Sous l'appellation générique: Rhumatismes, nous avons compris le rhumatisme articulaire aigu fébrile et le rhumatisme musculaire apyrétique; nous pouvons en rapprocher les névralgies de toutes sortes, fort communes à Rochefort. Ces trois manifestations morbides ont entre elles de nombreuses analogies : 1" elles se montrent indifféremment dans toutes les saisons, bien qu'elles soient un peu plus nombreuses par les temps froids et humides qu'à l'époque des chaleurs et de la sécheresse ; l'humidité joue le principal rôle dans leur production ; voilà pourquoi la fin de l'hiver, le commencement du printemps, le milieu de l'automne font monter un peu le chiffre de leurs cas ; 2* elles ont toutes des allures plus ou moins tranchées d'intermittence qui les rend justiciables de la quinine, laquelle a bien plus de succès thérapeutiques que les a ntiphlo gis tiques et les opiacés au secours desquels elle vient quand ils sont indiqués ; 3* elles offrent généralement peu de gravité, précisément à cause de l'efficacité des préparations de quinquina.

L'extrême humidité habituelle de notre atmosphère est certainement favo-

rable a la production des rhumatismes et des névralgies ; les brusques change' mentsde température y sont encore pour quelque chose; mais je crois qu'il est convenable de faire aussi la part de l'influence des marais dont l'action se prouve par les effets heureux de la quinine.

C'est ici le cas de constater qu'à Rochefort les maladies qui affectent partout ailleurs le type continu offrent, je n'ose pas dire souvent, mais non rarement, des intermittences ou au moins des rémittences dont les médecins, instruits [<ai l'expérience clinique, profitent avec avantage pour administrer la quinine. La pneumonie, la fièvre typhoïde chez les adultes, les convulsions chez lesenfauL>, sont particulièrement dans ce cas, et alors les sels du quinquina constituent la meilleure des médications. Nous avons même vu un nielœna et un cas de tétanos intermittent rapidement guéris par l'antipériodique par excellence. 11 semble que le génie paludéen marque de son empreinte beaucoup d'affections qui n'ont, en apparence, rien de commun avec les marais ; il n'y a point lieu d'en exprimer des regrets, le remède, et un remède efficace, se trouvant à côté du mal.

Il ne faut pas croire pourtant que le rhumatisme et la fièvre intermittente marchent du même pas, suivant une progression régulière et parallèle. Si ce fait s'est présenté en 1859 et en 1865, années où ces affections ont été très fréquentes, il s'est produit un écart sensible dans les autres années, particulièrement en 1864, où le nombre des fièvres a été très réduit tandis que le rhumatisme a dépassé de 30 unités la moyenne annuelle. Si la même cause produit deux ordres d'effets, ce n'est donc ni au même degré, ni dans la même mesure.

Les rhumatismes et les névralgies ont donné les nombres suivants :

Rhumatismes : 2003 cas en 14 ans = 143 cas en moyenne annuelle. — 2 décès seulement (portés aux maladies du cœur).

Névralgies : 481 cas en 1 1 ans = 43,72 cas en moyenne annuelle. décès.

S xi.

83 cas en 14 a

29 décès —

L'albuminurie apparaît dans des conditions si diverses et reconnaît tant de causes différentes qu'il est difficile de la rapporter à la constitution médicale habituelle : l'anémie semble y prédisposer, et comme les fièvres intermittentes tenaces conduisent à l'anémie, il semblerait logique de conclure à l'enchaînement de ces trois anneaux pathologiques. Mais je dois faire observer que le plus grand nombre des cas d'albuminurie (13 en 1864) coïncide précisément avec le chiffre le plus bas (688) des fièvres intermittentes ; que l'année 1859, summum des fièvres intermittentes, n'a donné que 7 cas d'albuminurie ; enfin qu'il y en a eu 9 en 185Ô, quand le nombre des fièvres dépassait à peine la moyenne annuelle. Les décès dus à l'albuminurie se partagent d'ailleurs indifférenmien! entre tous les mois de l'année et il est vraiment impossible de trouver entre ces deux affections, un lien, une relation de cause à effet.

g XII. Autm* maladies.

Il est tout à fait inutile d'insister sur les autres groupes pathologiques. Ni par leur nombre, ni par leur gravité, ils n'offrent le inoindre intérêt, et il su/fil de les avoir mentionnés dans les tableaux généraux.

g lin. Admissions a l'Hôpital — Journées de traitement — Influence

des saisons sur le chiffre des admissions. — Proportion des

décès aux malades et a l'effectif des corna

Les malades admis à l'Hôpital pendant cette période de 14 ans, se partagent en diverses catégories donnant chacune une proportion différente. Ainsi sur 1000 malades on compte :

147 blesses ; 708 fiévreux ; 02 vénériens ; 30 galeux ;

23 maladies de peau non fébriles.

Les journées d'Hôpital se répartissent ainsi :

21,69 journées par malade ; 21,99 — par blessé; 18,37 — par fiévreux ; 28,64 — par vénérien ; 3,86 — par galeux ; 23,98 — par maladie de peau.

Le nombre des admissions à l'Hôpital varie nécessairement avec les saisons. Voici l'ordre décroissant des douze mois do l'année :

Sur 1000 malades admis, Septembre en compte 120,26

Août

Octobre

Juillet

Janvier

Décembre

Mai

Avril

Février

Juin

Si l'on compare cet ordre de fréquence des admissions à l'Hôpital, de 1854 à 18*17, à celui que nous avons établi, page 69, pour la période comprise entre 1815 et 1849, on sera frappé par une certaine analogie eu même temps qu'on constatera une importante différence. Dans les deux tableaux, les mois de ^ptembre, août, octobre, novembre et juillet sont ceux qui offrent le plus d'entrées à l'Hôpital ; février et juin ceux qui en offrent le moins. C'est evi- 'hnment la fièvre intermittente qui pèse sur le premier groupe des mois, tandis lui; février en est quitte et que juin ne la subit pas encore. L'influence des marais se fait donc sentir à la même époque, et c'est ce qui constitue l'analogie ; ma h cette influence s'exerce à un moindre degré, et c'est ce qui étahlit la 'litTérence. Nous voyons, en effet, que les mois tendent aujourd'hui à s'équilibnr : septembre, qui donnait 134 malades sur 1000 dans la première série, n'en 'l"nne que 120 dans la seconde ; juin, qui en avait 5?, en donne 02 maintenant, "t les mois intermédiaires présentent aussi des écarts analogues. Leur ordre 'l'a il leurs n'est plus le même. On ne saurait demander une preuve plus '"nvaincante de l'affaiblissement de l'endémie palustre.

M. Lefèvre écrivait, en 1844, que la somme des entrées à l'Hôpital en juillet,

août, septembre et octobre, formait la moitié du chiffre total des entrées pendant l'année. Eh bien , dans notre période de 14 années, de 1854 à 1867, les quatre mois incriminés ne donnent plus que 420 entrées sur 1000; il en reste donc 580 pour les huit autres mois. C'est un bénéfice aussi réel que précieux.

Voyons maintenant l'ordre de fréquence des décès pour les douze mois de l'année, de 1854 à 1867.

Décembre compte 107,67 décès sur 1000 décès.

Octobre — 101,93 —

Mars

Janvier

Novembre

Avril

Mai

Février

Juin

Septembre

Août

Juillet

Si nous comparons cet ordre de fréquence des décès à celui de 1815 à 1843. nous constaterons un déplacement considérable dans les proportions mensuelles. Ici encore le niveau de l'égalité tend à se rétablir. Dans la première série, la différence entre le mois de janvier (113,49 décès) et le mois de juin (46.40 décès) était de 67,09 ; dans notre série, la différence entre octobre (107,67 décès) et juillet (48,09 décès), n'est plus que de 59,58. Les décès se repartissent donc aujourd'hui moins inégalement qu'autrefois ; et cette répartition indique d'autant mieux un changement favorable qu'elle coïncide avec un abaissement du chiffre proportionnel de la mortalité.

La proportion des décès sur 100 malades est, en effet, de 2,004 ; sur les hommes de l'effectif elle n'est pas tout à fait de 1 0/0. Et encore faut-il remarquer que, pour ceux-ci, le chiffre total des décès peut être réduit de 1393 à 1287, car 106 décès, de 1856 à 1867, incombent a des étrangers. En voici l'indication :

1856 : 3 décès. — 3 matelots du commerce français et étranger ;

1857 : 11 décès. — 7 retraités, 3 douaniers, 1 matelot de commerce ;

1858 : 5 décès. — 2 retraités, 2 matelots du commerce, 1 militaire passant:

1859 : 8 décès. — 5 retraités, 1 douanier, 1 militaire passant, 1 gendarme

colonial ;

1860 : 4 décès. — 2 retraités, 1 douanier, 1 particulier ;

1861 : 3 décès. — 2 retraités, 1 disciplinaire colonial ;

1862 : 8 décès. — 5 retraités, 2 disciplinaires, 1 commissaire de marine

colonial ;

1863 : 3 décès. — 2 retraités, 1 militaire passant ;

1864 : 10 décès. — 7 retraités, 2 militaires passants, 1 aspirant auxiliaire: 1865: 24 décès. — 11 retraités, 3 disciplinaires, 2 gendarmes coloniaux, i

marins et militaires passants ;

1866 : 11 décès. — 7 retraités, 3 disciplinaires, 1 marin passant ;

1867 : 16 décès. — 10 retraités, 3 matelots du commerce, 1 disciplinaire, 2

militaires passants.

Les retraités donnent, on le voit, un chiffre élevé de décès, et je dois ajouter qu'il est élevé surtout quand on le rapproche du nombre des admissions. Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, 65 retraités, admis à l'Hôpital en 1865, onl

donné 11 décès, soit près de 17 O/Û, proportion qui serait effrayante si l'on ne se rappelait que cette classe de malades ne se présente que pour des affections d'une haute gravité, le plus souvent chroniques, et dans des conditions d'âge défavorables. Ces 11 décès sont dus aux causes suivantes : 2 décès par ramollissement cérébral, hommes de .... 63 ans.

2 décès par pneumonie, hommes de 65 et 75 ans.

3 décès par bronchite chronique, hommes de 63, 69, 74 ans.

1 décès par affection organique du cœur, homme de ... 77 ans.

1 décès par érysipèle phlegm. du membre infér., homme de . 60 ans.

i décès par zona avec érysipèle général, homme de ... 68 ans.

1 décès par érysipèle de la face, homme de 73 ans.

Rien n'est difficile comme une statistique médicale ; on se sent arrêté à chaque pas par une foule d'inconnues que 1 esprit le plus subtil ne parviendrait pas a dégager. C'est surtout quand le champ d'observations est restreint qu'on est le plus exposé à commettre de graves erreurs. Et, par exemple, à côté des résultats si favorables constatés, au point de vue de la mortalité, pouf l'infanterie de marine, les marins proprement dits, les ouvriers de l'Arsenal, les mililaires de la guerre, dont l'effectif est nombreux, noue aurions à formuler des conclusions contraires pour l'artillerie de marine, dont le personnel est de 148, si nous n'avions la précaution d'apprécier et d'analyser les faits qui se rapportent à ce corps. Ainsi en 1856, l'artillerie a eu 5 décès, soit 4,13 0/0. Mais que sont ces décès ï L'un est dû a une cachexie paludéenne, avec anémie générale, contractée aux colonies ; le second, à une phthisie pulmonaire antérieure à l'incorporation; le troisième, à une péritonite, suite de perforation intestinale survenue sans cause connue, même après les recherches minutieuses lie l'autopsie. 2 décès seulement appartiennent à des maladies contractées à Rochefort : une fièvre typhoïde et une pleuro-pneumonie. Les autres années, l'artillerie de marine est restée dans la règle générale.

Un autre exemple; les ouvriers de l'Arsenal se partagent en plusieurs groupes professionnels; eh bien, si au lieu de les étudier en bloc, on isole chacun d'eux, on se trouve en présence de faits profondément dissemblables. En effet, le nombre des admissions à l'Hôpital, pour les employés des Subsistances, dépasse les deux tiers de leur effectif; a la direction des Mouvements du port, l'effectif lui même est dépassé par le chiffre des malades. 11 ne faudrait pourtant pas en conclure que ces deux genres de service sont plus pénibles, plus fatigants, plus dangereux que les travaux des Constructions navales; c'est le ■vmlraire qui est la vérité. L'explication se trouve dans la situation physique ■le ces ouvriers. Par un sentiment de bienveillance paternelle, l'autorité maritime supérieure, prenant en considération l'âge ou les infirmités de certains serviteurs qui n'ont plus ni la santé ni l'énergie nécessaires pour des emplois actifs, leur accorde, soit aux Vivres, soit aux Mouvements du port, un poste plus tranquille qui leur permet d'atteindre l'époque de la retraite. Cependant leurs forces restent souvent encore au-dessous de leurs devoirs et ils demandent à un court séjour à l'Hôpital le repos dont ils ont besoin; aussi la moyenne de leur traitement n'est-elle que de 18 à 19 jours, quand la moyenne générale est de 21,24. Ils sont donc moins gravement, mais plus souvent malades que le reste du personnel maritime.

La preuve de ce rapport entre la durée des maladies et leur gravité, entre la moyenne des journées d'hôpital et les décès, est surtout rendue évidente parles chiffres relatifs aux individus qui ne font point partie de notre effectif réglementaire. Ainsi, en 1865, 291 malades de cette catégorie ont eu pour moyenne

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de traitement 29,59 journées et ils ont donné 24 décès, soit 8,24 0/0. Il est bien clair que ce sont de sérieuses maladies qui ont nécessité leur entrée à l'Hôpital.

Et voilà précisément pourquoi à Rochefort, comme du reste dans tous nos Hôpitaux maritimes, le chiffre des décès est si faible proportionnellement au nombre des malades ; notre personnel afflue à l'Hôpital pour de simples indispositions, car nous avons toujours des lits vacants; dans les hôpitaux civils, au contraire, dans ceux de Paris particulièrement, on ne reçoit guère que des maladies graves parce que les salles sont toujours pleines et qu'il n'y a de plan» ni pour les timides, ni pour les paresseux. L'Hôpital civil de Rochefort e»1 précisément dans ce dernier cas, ce qui légitime la somme relativement considérable de ses décès.

Le chiffre proportionnel des décès aux malades n'a donc qu'une valeur secondaire ; ce qu'il importe vraiment de connaître, c'est le rapport de la mortalité à la population. C'est ce que je me suis attaché à établir dans ce travail.

Pour la statistique générale, nous avons adopté une moyenne de population de 30000 âmes, en réduisant, chaque année, le chiffre de la population flottante fourni par l'effectif des corps organisés.

Pour la statistique de l'Hôpital nous avons dû, au contraire, faire revivre le? nombres donnés par l'effectif des corps, et nous sommes ainsi arrivé à une moyenne annuelle de 11129 individus susceptibles d'être traités à l'Hôpital, aui infirmeries régimentaires et à domicile. C'est sur cette base que nous avons fondé tous nos calculs. Nous croyons fermement à la modération de ce point de départ; mais enfin si on était disposé à contester cette base, j'en changerais volontiers, sans que ce changement fût de nature à modifier, dans un sens défavorable, notre position sanitaire.

Réduisons, par exemple, la population maritime flottante à un terme représenté par la différence qui existe entre la population fixe ou municipale et le total des deux populations, que nous avons fixé à 30000 ; nous aurons alors pour somme de la population flottante en 14 ans, 117734 au lieu de 155814, et pour moyenne annuelle 8409, au lieu de 11129. Ajoutons maintenant aux 1393 décès survenus à l'Hôpital 164 décès survenus à domicile, nous aurons un total de 1557 décès, qui donneront la proportion suivante : 1,31 décès sur 100 hommes de l'effectif.

Allons plus loin encore : acceptons pour réels les chiffres de la population flottante posés par la municipalité ; ils se réduiront pour 14 ans à 99381 ; le nombre des décès restant à 1557, nous aurons la proportion suivante : 1,58 décès sur 100 hommes de l'effectif.

Ainsi, dans les conditions les plus défavorables, la proportion de la mortalité se maintient encore dans des limites absolument et relativement satisfaisantes.

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