‹ Statistique médicale de Rochefort, Charente-InférieureChapitre 115 sur 125 · COLLÈGE COMMUNAL DE ROCHEFORT · texte numérisé non relu

COLLÈGE COMMUNAL DE ROCHEFORT

La solidité des études classiques et de mathématiques spéciales, affirmée, pour le Collège do Rochefort, par les succès de ses élèves aux épreuves des baccalauréats et aux examens pour les Ecoles polytechnique , navale et de Saint-Cyr, a donné à cet établissement une réputation, et, par suite, un nombre de pensionnaires que ne semblerait pas comporter l'importance de la ville, mais que légitiment parfaitement la bonne direction imprimée à l'enseignement par le principal, et le talent, ainsi que le zèle des professeurs si habilement choisis par la municipalité.

Le chiffre des pensionnaires varie entre 90 et 100; il est représenté par des jeunes gens de 12 à 18 ans. C'est un élément trop important pour qu'il soit permis de n'en pas tenir compte dans le travail de statistique que j'ai entrepris.

Je dois à l'obligeance de M. Rousset, principal du Collège, de MM. les docleurs Barthélémy-Benoît, médecin-professeur de la marine, et Penard, médecin principal, en retraite, chargés du service de santé des boursiers de la marine et des élevés civils, des notes officielles dont je tiens à présenter ici le résumé.

Dans l'espace de 6 ans, de 1863 à 1869 (mes renseignements n'ont pu remonter plus haut), le nombre moyen des journées il 'infirmerie par année scolaire, du 8 octobre au 8 août, a été de 107.

Le nombre des journées d'infirmerie, pendant le premier semestre, du 8 octobre au 31 mars, a été de 79.

Le nombre des journées d'infirmerie, du 1" avril au 1" août, a été de 28.

Ces nombres produisent 1,12 journées d'infirmerie par an pour chaque élève.

Il faut remarquer qu'en août et septembre, mois auxquels correspond plus particulièrement l'endémie des fièvres intermittentes, les élèves sont rendus à le urs familles, et se trouvent ainsi, par leur éloignement de Rochefort , soustraits à l'influence du foyer palustre. Il n'en reste pas moins démontré que le nombre restreint des journées d'infirmerie témoigne hautement de la salubrité du Collège et de celle du climat.

Les mois qui donnent le plus de journées d'infirmerie sont : octobre, décembre et janvier ; ceux qui en fournissent le moins sont : mai, juin et juillet.

L'année scolaire 1867-1868 fait un peu exception à la règle ; elle compte 230 journées d'infirmerie ; mais une fracture de la clavicule en prend 32 ; et 5 cas île scarlatine en ont absorbé 85.

Les seules maladies graves qu'il y ait eu à noter au Collège dans ces G années, sont :

1 fièvre typhoïde décès au domicile des parents ;

2 rougeoles guéries ;

5 scarlatines guéries ;

1 méningite tuberculeuse. . . décès au domicile des parents ; 1 phthisie pulmonaire. . . . décès au domicile des parents.

Ainsi, 3 décès en six ans ; ce qui donne pour proportion de la mortalité annuelle : 0,52 décès pour 100 élèves.

D'après le tableau général de la mortalité, à Rochefort, les âges de 10 à 20 ans sont les plus favorisés; les pensionnaires du Collège sont précisément dans cette limite ; mais leur part de décès est encore inférieure, et de beaucoup, à celle de la partie correspondante de la population, et l'on peut hardiment proclamer que peu d'établissements jouissent d'un état sanitaire aussi satisfaisant que le Collège de Rochefort.

En somme, les décès de l'Hospice des Orphelines et ceux du Collège donnent une nouvelle force aux faits exposés jusqu ici, tendant à prouver l'assainissement réel de Rochefort.

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