‹ Statistique médicale de Rochefort, Charente-InférieureChapitre 17 sur 125 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Mon but principal est d'instituer la statistique médicale de Rochefort, d'après les documents que j'ai recueillis, avec le soin le plus minutieux, de 1854 a 1867. Mais ce n'est pas une raison pour négliger 1 histoire du passé ; nous y trouverons, au contraire, des renseignements sur la réelle insalubrité d'autrefois et des termes de comparaison avec l'état actuel. Avant l'application de la vapeur à la navigation, on disait qu'un bâtiment courait sur son aire, quand, après avoir cargué toutes ses voiles, sa marche conservait encore un certain degré de vitesse. On pourrait dire, avec justesse, que la lâcheuse réputation de Rochefort court, elle aussi, sur son erre, quand le moteur a disparu.... Je vais essayer, à l'aide de recherches aussi complètes que possible, bien qu'il y ait des lacunes que les archives ne m'ont point permis de combler, de dresser le bilan de Rochefort, pour l'une et l'autre période.

Ici, comme partout, la population se décompose en deux groupes principaux : i" population fixe, municipale ou sédentaire ; 2° population flottante : garnison, marins, etc. ; seulement, celle-ci varie à chaque instant, suivant les besoins du service ; de là des oscillations fréquentes et marquées qui jettent un certain trouble dans les calculs de la statistique.

Il y a eu, en outre, de 1787 à 1852, un autre élément de population, peu important par le chiffre qui le représente, mais qui a toujours fourni une part proportionnelle considérable à la mortalité. Je veux parler du bagne, créé a Rochefort, en vertu d'une ordonnance du 5 janvier 1767, et supprime en 1852. La moyenne des forçats a varié, pendant ce long espace de temps, de 800 à 1,200, s'élevant parfois, mais rarement, a 2,000.

Dans l'intérêt de la venté, je tiens à ne rien dissimuler et je commencerai par les teintes sombres le tableau que je veux tracer.

Dès les premières années de sa fondation, Rochefort eut à subir de cruelles épreuves; MM. Viaud et Fleury, dans l'Histoire de la ville et du port, M. Lofevro, dans son remarquable ouvrage sur le service de santé de la marine, ont raconté les épidémies de 1671, 1673, 1693, et si les années intermédiaires et les années suivantes ont été comparativement moins chargées d'une façon absolue, elles n'en restaient pas moins désastreuses.

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extrait

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« :'•■.- .•:»■* .»• Siiw-'c*. si?-* **? marais inondés de Rhosne et autres « «fini is, '.«.*, fti'fr* >'ti-i #'i»>v.jvat <vaua« un torrent, ou plutôt il n'y

* o t ; -,■,!:' »• ^■■•■•«■.■.i ■■■!». IV s.'uwlj* peuplades, attirées par la beauté % Vit "(11.H 1 .1- •■»■** >* "'-••>*». et par la facilité d'y subsister, étaient

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* t's.s. \'-> j. ■** ! autï* 1 » *»w«î ?•"■» *« m»»'"» funestes à leurs hôtes.

* v M..-n.KiMf u-t kui^o»- iw habiîants de la ville, un dixième de ceux î- •» vk v- -iuvH' ^u.w^riïïrtwiiœ délétère du climat.

* .. " !,,» ' ■vu*, vi^rts, ^a évades digues, les terres furent dessé- V" ■', * 11V s" ■"*"■ L^v«Vw#«l des eaux comme to jour succède à la

« ,'fevnt »» n .> ^"^^aat p.a» tiu'nn Tingt-<inquième des habitants de ^ *„'t *.a U*vsi'^«>il»!uaîM «jai •»*»■• cw Menùite ; mais on cessa de » !v >v «*.*■** ■ i j ; ; ,^ ^ tnn!il ux taîts. l'égtûsme dirigea sur ces travaux, 4 Hrt*>*. rt -^ /'^.t.jv^i-t^Mim^iesdet-euxqiùenresseiitaientrinfluence

*>.«-. -» >«*• **• .,, (^ t^m^vAu et, à sa suite, l'infection, les maladies et la

* 1 \«.. ■*• wm. ■■ „ M j,^,, des habitants de Rochefort. Le rapport » .»,>;. .•■ *■* " :t v . rN "| vit H^Mî-stTAttdàirHôtel-DieHdeParis. Le nouveau t kw .v-.-.'v,* t \i 1 "^\ l'a'issi *«»»b bmux. a voulu connaître les moyens % ^s^x-* * V ** KS ^^7T '■met—" ««î a è» chargée de cette fonction, après

MOUVKMBNT D8 LA POPUbATHW SVNQv'jt 1853 53

t avoir entendu et disétrté les divers rehstergrieiiHmtegui lui ont étrt pAffintta « par ses membres et autres citoyen», en a formé et a&o\stè te rêsttïtal !miv*ni.

■ A Rochefort, le 30 brumaHfe an rx de la République française.

< Signé : TboiShe, directeur des travaux m ari ti mes; 4 Bobb^Horbau, officier de sHriW en chef;

* Havbt , ingénieur en chef des ponts et chaussées ;

* Horlbt, chef de brigade, directeur des fortifications ;

« A. HahaU , inspecteur de marine du 5" arrondissement. *

Gomnençons notre inTentaire par les faits relatifs aux forçats.

1» ttttttlitlqto an Êàfrao

Les Armâtes maritimes de 1842 ont publié une étude sur la mortalité dans les bagnes de Brest, Rochefort et Toulon. J'en extrais les principaux résultats pour montrer la part de mortalité proportionnelle qui revenait a Rochefort : < Le noUnbre des forçats entrés dans les trois grands bagnes du royaume, « durant une période de 13 années, de 1822 à 1837 inclusivement (1), a été « de 14082, parmi lesquels :

9117 a Toulon, 3193 à Brest, 1772 à Rochefort.

« La mortalité, pendant ces 10 années, 8 été de 4508, dont :

2775 à Toulon, — 304,37 décès sur 1,000 forçats. 885 à Brest, — 277,16 —

848 à Rochefort, — 478,55 —

« On est donc forcé de conclure que la peine des travaux forcés devient un « châtiment beaucoup plus sévère, toutes choses égales d'ailleurs, si le « coupable est conduit à Rochefort au lieu de l'être à Toulon et surtout a f Brest. >

Les Annales maritimes àe 1844 donnent la statistique des décès des bagnes de 1816 à 1837. La mortalité, pour cette période de 22 ans, s'élève à 9,800, De 1816 à 1821 inclus (six années), il y a donc eu 4812 décès, chiffre bien plus élevé relativement que celui (4508) des 16 années suivantes. C'est qu'en effet

(1) Dm* cet espace de temps, » condamnés ont été tué» se trouvant en état de révolta ; £S ">< fié exécutés par sentence ; 30 sont morts subitement dans les salles ; 65 sur les travaux ; ■ fSMidas seulement ont été constatés ; Parent-Duchatelet, Brierre de Boismont ont. en effet, rstonnn que ta mort volontaire est à peu prés incompatible avec les derniers degrés de l'avilisse- Mat. Le* femmes prostituées, les Toleurs de profession, les assassins, les forçats, les grands «ttpaole* en nn mot ont peu recours à ce roojen violent : I énergie leur manque pour le ••""d*- — Le* forçats parti citfiérente rit . quand le fardeau de la vie leur devient trop lourd, ,. i. — . u pjj,, pe fcira guillotiner.

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la proportion de» décès au nombre total de la population varie extrêmement. Elle a été, dans son minimum , •

de 24 sur 1,000, en 1816,

de 63 — 1833,

de 68 — 1836.

Kb bien, ces indications, qui empruntent un caractère officiel au recueil périodique qui les a publiées, sont encore au-dessous de la vérité pour les première» années de la fondation du bagne. Le tableau suivant, faisant connaître le rapport du nombre des décès à l'existant de la chiourme depuis l'établissement du bagne à Rochefort, nous montre en effet que la proportion de la mortalité a été de 687 pour 1000 en 1783 , et même de 628 en 1780. En exceptant 1767, la première année du bagne, alors que peut-être la comptabilité n'était pas encore bien réglée, le chiffre le plus favorable ne descend pat au-dessous de 96 décès sur 1000 forçats, c'est-à-dire que ceux-ci étaient dérimétt dans les meilleures années, car la moyenne des décès pour ces 2tf année» est de 25,29 pour 100 forçats, ou de 1 sur 4.

PROPORTION

NOMBRE

NOMBRE

AS.NÊES.

des décès |

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