‹ Statistique médicale de Rochefort, Charente-InférieureChapitre 64 sur 125 · IV. Les cancers ne se montrent guère avant 50 ans · texte numérisé non relu

IV. Les cancers ne se montrent guère avant 50 ans

V. L'apoplexie, la bronchite chronique sont l'apanage des âges avancés.

VI. La flevre pernicieuse, la variole, la pneumonie frappent indistinctement tous les âges.

Jetons un coup d'œil rapide sur ces causes de mortalité, en insistant un peu plus toutefois sur la mortalité de la naissance à 5 ans.

1. Mortalité de la naissance à S ans, à Rochefort. — La statistique de l'Hôpital de la marine, en mettant en évidence le nombre des flèvrw intermittentes que chaque année voit éclore sous l'influence des marais. particulièrement à l'époque des grandes chaleurs, va contribuer à nous permettre d'étudier, dans leur ensemble, les causes de l'excessive mortalité infantile, constatée par les relevés nécrologiques de la municipalité.

Nous avons vu :

1" Que la mortalité de la naissance à 5 ans est de 125 pour 1000 ; 2 e — — 12 mois — 323 —

3" — de 1 an à 5 ans — 63 —

4" Que la proportion des décès va sans cesse en diminuant, du premier mois jusqu'à l'âge de 5 ans.

Avant d'insister sur le chiffre de ces décès à Rochefort, il convient d'examiner les données recueillies ailleurs sur le même sujet.

D'un mémoire lu à la Société de statistique de Londres par le docteur Farr, il résulte que sur 100 nouveau-nés, il en arrive à l'âge de 5 ans :

En Norwége 83

En Suède 80

En Danemark 80

En Angleterre 74

En Belgique 73

En France 71

En Prusse «S

En Hollande . 07

En Autriche 04

En Espagne 04

En Russie 02

En Italie 01

Scrutant les causes de ces extrêmes différences , M. Ifarr attribue la proportion favorable de la Norwége au régime lacté auquel les enfants sont exclusivement soumis dans ce pays. Mais un fait non moins important, c'est la prédominance des populations rurales sur celles des villes, et qui, loin de vivre agglomérées, réunies en centres, en villages populeux, sont dispersées en termes et maisons isolées, construites en bois, sur des terrains rocheux et exempts d'humidité; d'où résulte pour chaque personne une plus grande aire en Norwége que dans tout autre pays, même aux Etats-Unis.

Quant à la mortalité extrême qui frappe l'Italie, placée à l'extrémité opposée de l'échelle, M. Galligo l'attribue à l'étude négligée des maladies de l'enfance et au défaut d'hôpitaux spéciaux. On ne peut apprendre, en effet, qu'en étudiant, et pour cela il faut en avoir les moyens. ( Union médicale, 29 mai 18G0, p. 403). M. le docteur Roche, de Pont-sur- Yonne, chargé, de 1844 à 1800, du servie* médical des nourrissons de Paris placés par l'intermédiaire du bureau Saint- Apolline, a fait connaître la statistique de la mortalité sur 1216 enfants confiés à ses soins. Il a noté 293 décès de la naissance à 12 mois : 21 décès de 1 à 3 ans. Cest donc une mortalité d'environ 25 pour 100.

D'après M. Husson, directeur de 1 Assistance publique, la mortalité des nourrissons de Paris varie de 29,71 à 55,88 pour 100.

La mortalité des nourrissons dans les départements n'est, dit-on, que de 18,08 pour 100.

La Gazette des Hôpitaux, du 26 Janvier 1807, a publié une élude fort intéressante, par M. le docteur Vacher, de la mortalité a Paris. En 1861, par exemple, il y a eu 53570 naissances ; le recensement fait au mois de mars a constaté la présence dans la capitale, de 21572 enfants au-dessous de 1 an ; et la mortalité pour ces enfants a été de 8740, un peu plus de 1 sur 3.

D'autre part, les récents travaux de MM. Brochard et Monot établissent que les trois quarts des petits Parisiens qu'on envoie en nourrice dans les départements, succombent dans les premiers mois. Tout compte fait, on peut dire, d'après ces auteurs, que sur 50000 enfants qui naissent chaque année à Paris, il n'en reste plus que 20000 de vivants vers la fin de l'année.

M. le docteur Lagneau a présenté a l'Académie de médecine, le 19 janvier 1869, une étude de statistique sur la population parisienne, dont j'extrais le

passage suivant : « Là population du département de la Seine envoie environ le « tiers de ses nouveau-nés en nourrice dans les autres départements, et de ces \ « entante envoyés en nourrice il ne paraît guère revenir qu'un tiers dans le « département de la Seine. »

Les documents officiels disent que la mortalité des enfants, de la naissance ' à i an, est :

En Ecosse 11,81 pour 100.

En Angleterre 15,21 —

En Belgique 15,42 —

En France 17,51 —

En Prusse- 18,72 —

En Hollande 19,73 —

En Autriche 24,78 —

En Bavière 37,07 —

Mais, d'après l'enquête ministérielle, dans la Gironde, la mortalité est de 51 pour 100.

D'après ledocteur Monot, dans la Nièvre, la mortalité des enfants en nourrice est de 64 pour 100.

D'après le docteur Villemin, de Strasbourg, la mortalité des entants nourris par les filles-mères est de 87 pour 100.

Si l'on admet la réalité de ces chiffres, il faut, pour légitimer la proportion de mortalité représentée par 17,51 en France, qu'il y ait des départements où les entants ne meurent jamais.

Ce qui ressort de toutes ces citations, c'est : 1" l'incertitude des proportions présentées jusqu'ici ; 2° et, en réalité, l'excessive mortalité des enfants de la naissance à 1 an. Les chiffres oit été probablement exagérés en sens contraire, moins peut-être pour venirà l'appui d'une opinion préconçue, que par le mode de calculs qu'on a appliqué à leurs recherches. La question n'en conserve pas moins une haute importance, et sa gravité légitime bien les débats qui ont retenti au Sénat et tout dernièrement à l'Académie de médecine ; mais on peut dire : adhuc subjudice Ifs est.

Les points de comparaison nous manqueraient donc tout-à-fait pour caractériser la situation de Rocheforl sur ce sujet délicat, si nous n'avions pu consulter déjà les mortalités des autres arrondissements maritimes (qui ne sont pas plus favorisés que nous). 11 n'en reste pas moins démontré, et c'est un devoir pour nous de l'avouer, qu'à Rochefort la mortalité infantile est vraiment considérable. Cherchons sans détours à en établir les causes.

11 faut étudier : 1" l'influence des saisons; 2* la nature des maladies.

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