Juin
DÉcès 193
Il résulte de l'examen des tableaux précédents la démonstration directe de l'influence des saisons sur la mortalité infantile. Dans le premier mois qui suit la naissance, et surtout dans la première quinzaine, le chiffre le plus élevé des décès est en rapport avec l'intensité du froid. Les nouveau-nés, & peine sortis du sein maternel, n'ont pas encore pris tout à fait possession d une vie indépendante et ils réagissent mal contre une basse température. Après un mois, au contraire, leurs forces se dessinent et ils résistent mieux à cette cause de (rouble ; mais, par une triste compensation, c'est l'époque des grandes chaleurs qui devient le plus funeste aux enfants ; jusqu'à l'âge de 5 ans , on voit figurer en tête, par ordre de nocivité, les mois de septembre, octobre et août
On peut se demander cependant s'il n'y a pas à interroger ici un autre élément que la chaleur? Remarquons, en effet, que le mois de juillet, un des plus chauds de l'année, n'occupe que le neuvième rang pour la fréquence des décès de à 3 mois ; le septième, de 3 à 6 mois ; le dixième, de 6 a 12 mois ; le onzième, de 1 à 5 ans. Le mois d'août, le premier de tous pour la hauteur du thermomètre, figure toujours après le mois de septembre et souvent après le mois d'octobre ; même pour les décès de 1 à 5 ans, sa part d'action s'affaiblit au point qu'il descend au neuvième rang de la série mensuelle.
Je suis donc amené à conclure que la saison des chaleurs n'est si périlleuse pour les enfants de Rochefort, que parce que c'est elle qui détermine l'explosion de l'endémie palustre ; et voilà pourquoi la mortalité de ces enfants conserve un niveau élevé dans les mois de novembre et de décembre qui, particulièrement pour les décès de 1 à 12 mois, gardent, quoique affaiblie, la responsabilité des mois les plus chargés : septembre, août et octobre. C'est encore par le même motif, que la mortalité infantile prend un développement plus marqué dans les années, telles que 1859 et 1865, que signale un nombre exceptionnel de lièvres intermittentes.
En dernière analyse, si l'on se bornait à compter les décès par fièvre pernicieuse, on n'arriverait qu'à un chiffre insignifiant ; si, au contraire, on creuse plus profondément l'étude des miasmes marématiques, on ne tarde pas à se convaincre du rôle prépondérant qu'ils jouent dans l'établissement de la constitution médicale, à l'endroit des jeunes enfants surlout, et par conséquent dans la mortalité générale.
Ceci me conduit directement à aborder le problème le plus essentiel de la statistique médicale, c'est-à-dire l'appréciation du nombre des survivants à un âge donné. Le recrutement annuel des années de terre et de mer y est directement intéressé, je n'ai donc point négligé ce genre de recherches ; mais, n'ayant trouvé qu'écueils sur ma route, je suis réduit à confesser mon impuissance.
Prenons pour exemple l'année 1872 (et j'en ai compulsé bien d'autres qui n'ont pas mieux répondu à mes investigations) ; je l'ai choisie de préférence parce que l'expérience du passé aurait pu être mise à profit par l'Etat-civil dans le but d'éviter les erreurs d'autrefois.
En 1852, il est né, à Rochefort, 280 garçons.
J'ai compté 108 décès se rapportant à ces 289 garçons ; l'un d'eux a même eu lieu en 1872.
II devrait donc y avoir à la fin de 1872, 181 jeunes gens de 20 ans, relevant de la loi du recrutement militaire.
Or, la classe de 1872 ne comprend, à Rochefort, que 169 inscrits, parmi lesquels figurent 77 étrangers actuellement domiciliés dans la commune.
Il ne reste donc sur la liste que 92 individus nés à Rochefort. Que sont devenus les 89 autres ? Sans aucun doute, un grand nombre de ceux-ci, en raison de la mobilité extrême de la population, ont été habiter d'autres contrées
♦•** sTATÎSTIQCE MEDICALE DE R0CHEF0RT
ta. mrrr-- je ttmçÊJs et, de même que les 77 étrangers mentionnés plus haut, .in.**-** ««ijjrâ dans le contingont de leur nouveau domicile. Plusieurs ^r oaju^-^it. peut-être beaucoup, sont décèdes sans que notification de ces !*■!!» *:: (*■ â ite a leur ancienne mairie, puisque, d'après la loi, la transcription ■m* *Tes ie -iecès c'est obligatoire que pour les hommes appartenant au service i :jj^ ou pour les ciTils qui meurent dans les hôpitaux. Delà des lacunes ■rie n'oit pu combler ai la Mairie ni la sous-Préfecture.
LMfHW de ces documents entraîne l'impossibilité absolue, je ne dirai pas •i'^z. résumât certain, mais encore d'une approximation satisfaisante.
La EV-iakipalité de Rochefort a pris, depuis 1859, l'excellente habitude .f:: vriw. à i'encre rouge, la date du décès de chaque individu en marge de s. c ac» de naissance. C'est très bien pour les décès qui surviennent dans la .i — jeune, dans les hôpitaux, ou sous les drapeaux; mais toutes les autres s: rts wsvut inconnues. Ces inscriptions, qui n'ont qu'un intérêt local, en ce «i* aïVlrf* facilitent aux employés de la Mairie leurs recherches quotidiennes, È remettraient un immense intérêt général, si tous les décès accomplis au loin o-'jwct éventent transcrits. Alors la confection des listes de recrutement serait r en sœr'.irîee. puisqu'on n'aurait plus à s'occuper que des réfractaires ; d'un 4uav oije . la question de survie de tous les figes, jusqu'à 20 ans , serait aisément élucidée- J'émets le voeu, pour réaliser ce désirable progrès, qu'il soif présent, par la voie légale, à tous les maires de France, de signaler le décès de chaque étranger survenu dans leurs communes au maire du lieu de naissance j'jjiwnle. L'embarras d'une correspondance en règle ne serait même pas nécessaire pour cette communication ; l'envoi d'une simple fiche, avec apposition du cachet officiel, suffirait amplement.
Ouoi qu'il en suit, j'ai voulu utiliser l'initiative prise par la Mairie de Rocbe- ,- ,^tet j'ai dressé, sous les réserves qui précèdent, le tableau suivant auquel je ù'rtwrûV. par conséquent, qu'une valeur limitée :