NOMBRE ET ÉPOQUES DBS DÉCÈS
de*
1 moi* (l)
de 1 a 6 mois.
de 6 a 12 mois.
de 1
Entérite, diarrhée, rliolérine .
Encéphalite, fièvre cérébrale .
CSG ■792 4)6 g»
Occupons-nous d'abord de la faiblesse, ce mot étrange qui veut être expliqué. Il est incontestable que les fièvres intermittentes sont ici l'affection dominante.
(1) J'ai à signaler ici un défaut de concordance entre le chiffre total de la mortalité dans le premier mois de la vie et la somme des décès dus, dana la même période, u chaque maladie. Celle
différence provient de ce que j'ai puisé, pour ces renseignements, à deux sources diverses. La mortalité totale est authentique puisqu'elle a été relevée sur les registres de l' Etat-ci vil ; ' ■-' ■-- ■■■■• ' — contraire, par les médecins eui-mémea qui relaient
l'indication des maladies es
, , e des âges i
mortalité n'en est pas faussée, mail la proportion des catégories en est légèrement modifiée. Rien n'eût été plus facile que de faire disparaître ce désaccord ; je m'en suis bien gardé. Je n'ai pas de négligence à me reprocher ; je me borne à faire connaître l'origine de celle faible
J«J STATISTIQl-E MÉDICALE DE ROCHEFORT
Elles ne constituent pas bar elles-mêmes un danger sérieux quand elles «'attaquent à des constitutions déjà failes qui opposent, par la vitalité de tous le* organes, une résistance énergique à l'action de i'impaludisme. C'est à peine si chez quelques rares individus, en proie à des accès rebelles, elles finissent à la longue par exercer sur l'économie une action qui se traduit par un degré plus ou moins marqué d'anémie. Mais il n'en est plus de même chez les enfants nouveau-nés, que leur évolution organique à peine ébauchée expose désarmés aux effets d'une cause morbide persistante. A cet âge, les symptômes de l'intoxication palustre n'accusent pas cette forme nette et caractérisée que présente la fièvre intermittente à une période plus avancée de la vie : le frisson manque presque toujours, la sueur se montre rarement, tout se réduit à une accélération du pouls et à un accroissement de chaleur; l'apyrexie est très courte, quand elle existe, parce que la réaction ne se produit pas ; au lieu d'être franchement intermittente, la fièvre est rémittente ou continue ; l'indication du sulfate de quinine est dès lors moins précise ; le moment ou il faut l'administrer est difficile à saisir ; le médecin est appelé trop tard, et il arrive souvent que la répugnance des enfants, l'incurie ou l'ignorance des parents s'opposenl à l'emploi du moyen héroïque. Dans ces conditions fâcheuses , la fièvre intermittente prend une gravité réelle dont la mort est la conséquence. Que si des soins intelligents, aidés par les efforts de la nature, en triomphent enfin, l'enfant n'en reste pas moins affaibli et, par suite, accessible à des impressions auxquelles, sans ces antécédents, il serait resté réfractaire. Il en résulte pour lui un état complexe qu'il n'est pas aisé de déterminer ni de définir et qui devienl pour le médecin une source d'embarras ou d'erreur quand il cherche à poser non diagnostic. De là ce mot de faiblesse, adopté dans la pratique et que nous retrouvons si souvent dans le nécrologe.
('Ait étal d'affaiblissement général de l'organisme chez les nouveau-nés oe peut-il pas tenir un peu à l'hérédité î Les parents, pour peu qu'ils soient anémies par des accès de fièvre antérieure, par le milieu dans lequel ils vivent, ne coutribuont-ils pas à affaiblir ainsi la force virtuelle des enfants qu'ils procréent! Je n'hésite pas à répondre par l'affirmative, et je citerai à l'appui de celle opinion lus recherches de MM. Regy et Desson, tendant à démontrer que là où existe uno certaine mortalité susceptible d'être imputée aux miasmes des marais, on constat» aussi un accroissement notable des morts-nés, comme si le poison puliisfro diminuait aussi la viabilité et allait frapper le produit de la conception jiisqiio dans lo sein maternel (1).
Or, Hochnfort compte un mort-né sur 13,78 naissances, quand, pour toute la Franco, il y en a 1 sur 30 naissances, et, selon Casper, 1 pour 22, d'après la statistique de huit capitales de l'Europe. Casper a reconnu que les maladies vénérien nos, l'abus des boissons alcooliques, les conceptions illégitimes uiiginontaloiit lo nombre des morts-nés, et qu'il y en a plus dans les villes que du nu lus caintHignos.
l,o rliiflïu relativement élevé des enfants naturels à Rochefort est de naftire
(I) H« rJiviilM ntiul-valiuiK tMtdwt i démonlrer que le sulfate de quinine exerce une action lllmi-ln NUr IWrll* el pmnM« certaines propriétés «bortires. L'influence de ce médicament si •iiinuul iiUmiiii.niJ A de» lemmet enceintes, prises de fièvre intermittente, serait-elle P° ur Ijmjlijm. i-hiiM il il m lo cliiflYr insolite des luoNs-nes de Rocurfuri? C'eot là un sujet d'tntèrcstauitf lurhel'Ulio* ; j'e»|"*re pouvoir m'en urL'UpW un jour.
D*CÊS 197
a faire baisser un peu la proportion de nos morts-nés ; elle n'en reste pas moins supérieure à la moyenne générale.
Mais d'autres causes encore contribuent à notre mortalité infantile, et c'est ici le lieu d'aborder l'étiologie de la diarrhée, de l'entérite, de la cholérine, qui font tant de victimes chez les enfants en bas-âge.
A Rochefort, comme partout, l'alimentation prématurée est un véritable fléau ; les soins donnés aux enfants nouveau-nés sont défectueux de tous points. Dans l'espérance de fortifier leur constitution, on ne se borne pas au régime lacté, jugé insuffisant, et, par l'usage de soupes grossières, d'aliments mal prépares, dans la classe pauvre, de potages trop succulents, de chocolats, de bouillies aromatisées, dans la classe aisée, on condamne l'estomac de ces êtres débiles à un travail qui dépasse ses forces. Ce mode d'alimentation artificielle, loin de fournir des éléments réparateurs au sang et par conséquent à l'organisme, introduit en eux des matériaux hétérogènes qui mettent les poumons, pour les brûler, les organes sécréteurs, pour les éliminer par d'autres voies, dans l'obligation de doubler leur activité, et ce travail exorbitant ne s'accomplit qu'en troublant ainsi l'équilibre général et qu'en créant un grave préjudice pour l'appareil de la digestion.
On oublié ainsi que l'enfant nouveau-né doit puiser sa nourriture exclusivement dans l'allaitement et que le point de départ des troubles digestifs qui amènent la mort d'un si grand nombre d'enfants ou préparent, pour ceux qui tVhappent à ce désastre, une mauvaise constitution dans l'avenir, doit se rapporter à l'alimentation prématurée.
La dentition ne commence, en effet, que plusieurs mois après la naissance ; il y a dans cette évolution dentaire tardive un salutaire avertissement de la nature. Chez l'enfant qui vient de naître, rien n'est prêt pour une autre alimentation que celle qui est puisée dans le sein maternel ; la langue n'exécute encore avec précision qu'un seul mouvement, celui de succion ; les agents de mastication, les glandes salivaires ne sont qu'à l'état rudimentaire ; l'estomac, très petit, très peu développé, ne secrète qu'à dose infinitésimale le suc gastrique : l'intestin lui-même est en arrière de son organisation future.
Ces indications anatomiques font pressentir les conclusions physiologiques, el l'on peut dès lors dire hardiment qu'on alimente prématurément toutes les fois qu'avant l'éruption complète des huit premières dents on essaie toute autre substance alimentaire que du lait non mélangé, non bouilli, et d'une richesse laséeuse qui soit en rapport avec l'âge du nouveau-né.
L'allaitement maternel doit être incontestablement préféré à celui d'une nourrice dont le lait est déjà vieux. Le lait de la mère a des avantages positifs, parce qu'il se trouve graduellement proportionné avec les aptitudes digestives du nouveau-né, et ce n'est pas sans raison qu'il contient dans les premiers jours du cotostrum : celui-ci, léger minoratif servant à l'expulsion du méconium, est, en outre, comme du chyle tout préparé par la mère et qui est absorbé par -on enfant sans exiger de lui un travail d'élaboration. La mère, à son tour, trouve son profit à obéir ainsi au vœu de la nature: par l'allaitement, elle échappe, presque à coup sûr, aux accidents qui suivent ou peuvent suivre l'accouchement. La résistance à l'accomplissement de ce devoir sacré vient plus Miuvent des maris que des femmes, et elle est souvent encouragée par la complaisance coupable des médecins.
L'allaitement par une femme nourrice est préférable à l'allaitement par le biberon. Celui-ci n'est admissible qu'à la condition d'avoir toujours le lait de la même vache, et de ne le couper que d'eau pure (i).
(1) De Chaltet, OaSettt in HApitnvx. W.O.
L'alimentation prématurée est toujours une faute, pour ne pas dire un crime.
Les Crèches, qui jouissent aujourd'hui d'une si grande faveur et dont la création a été inspirée par un sentiment de philanthropique charité, ne me paraissent pas répondre aux intentions de leurs auteurs. Je ne leur reprocherai pas de se substituer à la famille dans le sein de laquelle seulement le nouveau-né devrait trouver les conditions de sa vie et de son développement; je n'insisterai pas trop non plus sur ces brusques transitions, qui, deux fois par jour, changent ses conditions hygiéniques, et l'exposent, pendant le trajet, à l'influence du froid ou de la chaleur; mais ce que je ne pardonne pas aux Crèches, c'est l'alimentation prématurée devenue obligatoire, parce qu'il est impossible à la inère de venir dans la journée offrir le sein à son enfant chaque fois que ses besoins de nutrition le réclament.
Je me suis arrêté sur les dangers de cette alimentation prématurée, parce qu'ils sont plus graves à Rochefort que partout ailleurs, et cela pour deux raisons : 1" l'influence des marais porte a l'anémie, et, malgré les heureux changements qui se sont produits, elle subsiste encore à un certain degré; à cette cause dépressive il importe donc de ne rien ajouter; 2° la mauvais composition de l'eau, chargée de sels calcaires, et si peu digestible, dont l'usagv exclusif est presque général à Rochefort, surtout dans la classe mal aisée, rend encore plus réfractaires à l'action de l'estomac du nouveau-né, les aliments qu'on a préparés avec elle : on lui administre à la fois deux poisons.
C'est dans ces deux ordres de faits et surtout dans le dernier qu'il faut chercher l'explication de notre mortalité infantile, du très grand nombre de décès par diarrhée, entérite, cholérine, maladies qui revendiquent peut-être la plus grande part des décès dits par faiblesse.
L'entérite, la diarrhée, la cholérine sont des maladies de la saison chaude : sur 883 décès dus à ces causes, il y en a 553 dans les mois d'août, septembre el octobre ; les neuf autres mois de I année réunis n'en comptent que 330.
Les convulsions frappent de préférence la première enfance, mais leur nombre est encore assez élevé chez les enfants de 1 à 5 ans. Leur cause productrice peut, pour un grand nombre de cas, être rattachée à la faiblesse palustre et aux troubles digestifs provoqués par l'alimentation prématurée dont les effets sont durables et qui a surtout pour résultat d'entraver le travail de la dentilîon. presque toujours lié lui-même avec la genèse des convulsions.
Les décès par convulsions sont également répartis entre tous les mois de l'année.
C'est surtout de i à 5 ans que les affections pseudo-menibranettses ont fail le pins de victimes. Sur 473 décès par cette cause nous en trouvons : 105 de la naissance à 12 mois ; 244 de 1 à 5 ans ; 124 de 5 à 70 ans.
Les sexes n'ont que peu d'influence sur la mortalité : pour la totalité des
décès, nous avons 254 du sexe masculin ; 219 du sexe féminin ; soit 53,69 du
sexe masculin pour 100 décès, et 46,30 du sexe féminin.
54,09 décès du sexe masculin, sur 100 décès.
45,90 décès du sexe féminin —
50,47 décès du sexe masculin —
49,52 décès du sexe féminin, —
t\o k „„ a », v i 155,64 décès du sexe masculin —
ue i> ans a a j 4435 (]écks (|u ^^ féminin
Voici donc 349 décès par le croup, dans l'espace de 14 ans, pour les enfants
De 1 à 5 ans 1
Ite la naissance à 1 an i
DECES 199
de la naissance à 5 ans. C'est à partir de 1858 que Rochefort a ressenti l'influence •le l'épidémie diphtéritique qui a éclaté dans toute la France à la fois ; en 1859, elle a encore augmente d'intensité; le déclin s'est fait sentir en 1860; une recrudescence a eu lieu en 1861 ; 1862 et 1863 ont été marqués par une nouvelle diminution ; en 1864 enfin, cette affection ne s'est plus montrée que sous forme sporadique et avec son chiffre normal.
Ces six années, qu'on pourrait appeler le temps de durée de l'épidémie diphtéritique, ont donné 383 décès contre 90 seulement dans les huit autres années, c'est-à-dire que la moyenne annuelle des décès a été de 63,83 décès dans le premier cas ; 11,25 seulement dans le deuxième ; les deux années 1858 et 1859 ont eu une moyenne de 117 décès.
Ainsi, celte épidémie insolite, qui régnait partout et qui a pesé surtout à Rochefort sur l'enfance, a augmenté exceptionnellement la mortalité incombant d'habitude à cet âge de la vie, de la naissance à 5 ans, et il faut en tenir compte pour la statistique.
Quand on totalise, par mois, les décès survenus en 14 ans par le fait des affections diphléritiques, on trouve que le mois de septembre est le plus mal partagé ; mais si l'on ne tient compte que de l'année 1858, marquée par une véritable épidémie, on voit que les mois les plus maltraités sont: février, mars, avril et mai. Avec l'époque des chaleurs, juin, juillet et août, coïncide une certaine diminution du nombre des décès.
L'encéphalite ou fièvre cérébrale est aussi une maladie rie l'enfance. Lape de à 5 ans revendique près de la moitié des décès ; chacune des autres périodes de la vie en a une part à peu près épate. Les saisons ont peu d'influence sur ce genre de mortalité; si juillet et septembre ont un chiffre élevé se rapprochant de celui de mars et d'avril, qui tiennent la tète de la liste, août et novembre sont les mois le moins chargés île l'année. Généralement la fièvre '•érébrale, dans le Midi de la France, coïncide avec les grandes chaleurs ; à Rochefort, cette affection, assez rare relativement, paraît être indépendante de la température.
II. Les décès de la méningite, répartis entre tous les mois de l'année, montrent bien que cette maladie n'a jamais régné à Rochefort qu'à l'état sporadique ; le printemps paraît cependant favorable à son développement ; août et mai sont les mois qui comptent le plus de décès. En somme, il n'y a en moyenne annuelle que 21 décès par méningite.
III. Fièvre typhoïde. — Point d'épidémies en 14 ans. A part l'année 1854, qui compte 62 décès, la moyenne des autres années se solde par 15: le minimum wl de 11, en 1863 ; le maximum, rie 38, en 1856. Pour les mois de l'année, le maximum, 49, est en octobre ; le minimum, 15, en juillet.
Phthisie pulmonaire. — D'après M. le docteur Wacker (Gazette des ffâptiaux, 26 janvier 1867, p. 41), on compte :
A Paris 1 décès par phthisie sur 6 décès.
A Londres 1 — 8
A Vienne 1 — 4
A New- York .... 1 — 7
A Rochefort, nous avons, pour 14 ans, 1 décès par phthisie sur 12 décès. Sur 831 décès de cette cause, 690 se rapportent aux àpes de 15 à 50 ans. Les décès riu sexe masculin sont à ceux du sexe féminin : : 71 : 45,14.
kuvCoo^Ic
I* maximum des décès est en novembre, mars et janvier. Le minimum des décès est en juin, octobre, juillet.
La moyenne annuelle des décès est de 59, ce qui donne t décès sur 508 habitants.
Dyssenterie. — C'est surtout pour cette affection que s'accentue la différent? îles décès, entre les deux sexes, de 15 à 50 ans ; et c'est la preuve de l'origine exotique d'un très grand nombre de cas mortels.
IV. Cancers. — J'ignore quelle est la fréquence des affections cancéreuses en France ; toujours est-il qu'à Rochefort, le nombre en est considérable.
Comme on devait s'y attendre, les décès du sexe féminin sont, dans respect 1 , plus nombreux que ceux du sexe masculin. I^a proportion est la suivante : les décès du sexe féminin soiit aux décès du sexe masculin : : 71 : 45,94. Cela devait être puisque sur 220 décès on en compte 48 de l'utérus et 23 du sein, en tout 71 exclusifs au sexe féminin, tandis que le sexe masculin n'a que 2 décès pour cancers des organes génitaux. Si l'on retranche ces 73 déee* du nombre total, il en restera 147 pour les organes communs aux deux sexe* et nous aurons alors la proportion suivante :
Les décès du sexe masculin sont aux décès du sexe féminin :: 71 : 48,96.
Un seul cas de cancer, à l'âge de 32 ans ; c'était un cancer de l'estomac chez une femme; l'autopsie n'a pas été pratiquée et le diagnostic est peut-être douteui.
Tous les autres cas ont eu lieu après 50 ans.
L'ordre de fréquence des cancers, d'après leur siège, a été le suivant :
Estomac 83
Utérus 48
Sein 23
Fat» 14
Foie 7
Mésentère 7
Cou , . 5
Vessie ■ 3
Langue 2
Rate 2
Duodénum, intestin grêle' ccecum, pénis, testicule, aisselle, tibia, mélanoso cutanée générale, chacun 1 décès.
V. L'apoplexie est une maladie de la vieillesse. De la naissance à 15 an* nous n'avons noté que 2 décès, et je n'oserais pas affirmer la réalité du diagnostic peut-être faut-il une même réserve pour les 9 décès de 15 à 30 ans ; à mesure qu'on approche de 50 ans, les décès augmentent un peu, et c'est après cet âje que le chiffre des décès prend toute sa force. En effet, pour l'apoplexie, les décès après 50 ans sont aux décès avant 50 ans : : 100 : 20.
Cette proportion fait pressentir à l'avance celle qui existera pour les décès de* deux sexes, puisque, après 50 ans, les populations masculine et féminine tendent a s'équilibrer ; or, nous trouvons que de 50 ans à l'extrême vieillesse, pour l'apoplexie, les décès du sexe masculin sont aux décès du sexe féminin : : 100 : 06.
Pour la bronchite chronique, la proportion est plus marquée encore :' les
DÉCÈS 201
décès après 50 ans sont aux décès avant 50 ans : : 100 : 8. Après 50 ans, les décès du sexe masculin sont aux décès du sexe féminin : : 100 : 100.
L'apoplexie est plus fréquente en hiver qu'en été ; la mortalité en décembre et janvier est plus du double de la mortalité en juillet et septembre ; le mois de février tient cependant le milieu entre mai et juin.
Pour la bronchite chronique, sans contestation possible, le chiffre de la mortalité est en raison directe de l'abaissement de la température ; décembre, février, mars, janvier et novembre distancent de beaucoup les autres mois ; il y a un écart considérable, presque de 3 à 1, entre décembre d'une part, juin, ■ juillet et août d'autre part.
VI. La fièvre pernicieuse s'attaque indistinctement à tous les âges : elle est de toutes les saisons ; on ne peut, comme à la fièvre intermittente simple endémique, lui assigner des époques d'invasion, d'augment, d'état et de déclin : si septembre et août offrent des chiffres élevés de décès, novembre se glisse entre ces deux mois; juin et mars se touchent; juillet est moins chargé qu'octobre.
Quant aux sexes, la différence de mortalité est moins accusée ; elle est pour la totalité des décès :: 100 : 80: et pour les décès de 15 à 50 ans : : 100 : 50.
Le chiffre des décès pour la fièvre pernicieuse est, en quelque sorte, insignifiant, non-seulement d'une manière absolue, mais relativement aussi, eu égard aux lièvres intermittentes, maladie dominante à Rochefort.
La variole a surtout sévi en février et mars ; les différents âges lui ont payé le tribut suivant, pour les décès :
De 15 à 30 ans 36,11 décès sur 100 décès de variole.
De à 5 — 26,38 —
De 30 à 50 — 20,83 —
Après 50 ans 12,50 —
De 5 à 15 — 4,16 —
Toujours une différence notable pour les décès des deux sexes.
De 15 à 50 ans, 100 décès du sexe masculin correspondent à 41 décès du sexe féminin.
Pour les autres âges, 100 décès du sexe masculin correspondent à 81 décès du sexe féminin.
Pour la totalité des décès, 100 décès du sexe masculin correspondent à 56 décès du sexe féminin.
La rougeole et la scarlatine, épidémiques en 1855, en 1859, en 1866, sporadiques les autres années, ont donné trois fois plus de décès que la variole. Elles en diffèrent par l'époque de leur apparition, qui a été de préférence la fin de l'hiver, le printemps et le commencement de l'été.
Ces fièvres éruptives se distinguent encore de la variole, parce qu'elles atteignent surtout les enfants en bas-âge et les jeunes gens, dans une bien plus grande proportion que les adultes et les vieillards.
Comme la variole, comme toutes les maladies, elles font plus de victimes dans le sexe masculin que dans le sexe féminin, surtout de 15 à 50 ans.
I j pneumonie est la plus meurtrière de tontes les maladies. Malgré quelques oscillations mensuelles, on doit reconnaître que la saison des froids rigoureux contribue à sa fréquence et à sa gravité. Mars, janvier, décembre et février sont
les mois le plus lorliles en décès ; août, juillet et septembre sont ceux qui en ont le moins. Aucun âge n'est respecté : les enfants de à 5 ans comptent mitant de victimes que les individus de 30 à 50 ; c'est surtout après 50 ans que la mortalité prend unit son développement. La seule période de la vie qui soi! relativement ménagée est relie comprise entre 5 et i5 ans.
Pour la totalité des décès, les décès du sexe masculin sont à ceux du sexe féminin :: 100:67
Un 15 à 50 ans, les décès du sexe masculin sont à ceux du sexe féminin :: 100:27
Pour les autres âges, les décès du sexe masculin sont à ceux du sexe féminin :: 100 : 87
,1e ne terminerai pas ce long chapitre de la mortalité à Rochefort, sans dire quelques mois do la sénilité, des décès des femmes enceintes et des hydropisies. parce que ces trois sujets d'étude tiennent de très près à l'histoire de la constitution médicale.
Sénilité. — Sur 704 décès de vieillards de 75 à 100 ans, 429 sont dus à diverses affections: apoplexie, pneumonie, bronchite chronique, maladies du fipiir, etc., etc. 275 ont eu lieu sans manifestation pathologique (constatée du moins), pnr extinction des propriétés vitales, par sénilité, en un mot.
1 ji sénilité nous donnera le seul exemple d'une proportion de décès des deux M*'*, inverse de celle que nous avons constatée jusqu'ici. En effet, par sénilité, Jeu déi:ès du sexe masculin sont aux décès du sexe féminin : : 100 : 182.
DéePu îles femmes enceintes. — En additionnant les décès provenant dt? riiétiite, d'héiiiorrhagie utérine, de fièvre puerpérale, d'éclampsieet de maladies itiveru-H indiquées sur les bulletins médicaux, sims le titre générique de : Suites île, couettes, nous arrivons à une somme de 109 décès. Portons-les tous au débit de la grossesse ou de l'accouchement. '
[l'un autre côté, les naissances, en 14 ans, vont à . . . . 9618 \jm morts-nés vont à 705
Total 10323
Admettons qu'il y ait eu 323 grossesses jumellaires, il restera 10000 ;tr'viiichements ayant donné 109 décès, soit 1 décès sur 91,74 accouchement*.
Hydropisies. — La fréquence des hydropisies, et des hydropiaies mortelles «urtoiif, était incontestable autrefois; elle était le symptôme obligé <te engorgements viscéraux qui eux-mêmes reconnaissaient pour cause les accès r/'j/fi'-i de la fièvre intermittente rebelle. Les temps sont bien changes. Dans U-, J1 années dont j'ai dressé le bilan, nous ne trouvons, en moyenne annuelle, «ne Ht décèH par hydropisie ;
B*t,4fl décès par hydropisie sur 1000 décès ; 0.WM décès sur 1000 habitants.
Kt il importe de remarquer que la plupart de ces hydropisies n'ont rien à démêler avec l'élément palustre ; elles se lient à l'existence de maladies profondes: albuminurie, diabètes, affections du cœur, obstacles à la circulation v<ji neuse, etc., etc.
Mort* ncciilimtelles, violences extérieures, suicides, etc. — D'après le rapport fail a l'Institut, en mars 1804, par M. Miche! Chevalier, sur la statistique
DÉCÈS 203
générale de la France, le nombre des décès par accidents s'est élevé de 4744, en 1827, à 10298, en 1860. Leur rapport à la population, de 15 pour 100000 habitants, de 1827 à 1836, est monté à 28, de 1856 a 1860. En 1851, ils étaient dans la proportion de 10,91 pour 1000 décès; en 1860, de 13,17. Si l'on étudie les causes de mort suivant leur importance, on constate que l'immersion est de beaucoup la cause prédominante des accidents : sa part dans cette catégorie de décès est en effet de près des deux cinquièmes. Viennent ensuite les morts subites dans la rue, les chutes d'échafaudage ou de lieux élevés, les écrasements par les voitures, charrettes ou chevaux ; enfin, les cas d'asphyxie et de combustion. La part des femmes est de 23,5 pour 100, celie des hommes de 76,5.
Le nombre des suicides s'est élevé de 1542, en 1827, à 4050, en 1860, et le rapport à la population de 5,41 pour 1000 habitants à 11,04 en 1856-1860. Voyons quelle est la part proportionnelle qui revient à Rochefort. En 14 ans, nous avons eu :
128 noyés ;
108 écrasements, fractures, contusions, chûtes ; 18 brûlures ; 1 asphyxie ; 37 suicides ;
Le rapport des décès, par accidents, à la population de Rochefort, pour 100000 habitants, a été de 60.
Les décès par accidents ont été, à Rochefort, dans la proportion de 24,10 pour 1000 décès.
La mort par immersion est juste la moitié de la totalité des décès par accidents.
Les grands travaux de l'Arsenal, aussi pénibles que dangereux, le rapide courant de la rivière, où tombent malheureusement si souvent les marins et ouvriers occupés sur les navires à flot, suffisent à expliquer la mortalité insolite qu'on observe à Rochefort, du fait des accidents. Ces décès n'en grossissent pas moins la liste funèbre, bien qu'ils n'aient aucune attache avec la salubrité ou l'insalubrité du pays.
Est-il besoin de dire que les femmes figurent à peine pour 6 ou 7 pour 100 dans ces morts accidentelles ï
Quant aux suicides, nous sommes plus heureux : notre proportion n'atteint pas 11,04 pour 100000 habitants ; elle s'arrête à 8,80.