INFLUENCE DU DOMICILE SUR LE NOMBRE DES DÉCÈS
Je ne saurais clore ce long chapitre de la mortalité, à Rochefort, sans rechercher quelle est la part d'influence qui revient au domicile dans le chiffre des décès!
Cette question , importante à plus d'un point de vue, n'a guère été posée et résolue que pour les grandes villes, où sont agglomérées des populations nombreuses, pour lesquelles les conditions hygiéniques offrent des écarts frappants; et, par exemple, la comparaison des vingt arrondissements de Paris, dont tient compte, a si juste titre, V Annuaire du Bureau des longitudes, prouve que la mortalité proportionnelle de certains quartiers étroits, mal aérés, peu ou point éclairés par le soleil, où sont entassés des ouvriers auxquels manque souvent le nécessaire, est bien plus élevée que dans ceux où ni l'air, ni l'espace, ni la lumière, ne sont parcimonieusement ménagés et dont les habitants peuvent satisfaire les besoins de la vie dans une mesure qui va parfois jusqu'au luxe.
Dans les villes de province, ces différences sont moins accusées, sans doute, mais elles s'y montrent encore. Partout, la situation des maisons, leur exposition à telle ou telle aire de vent, l'étroitesse ou l'étendue du logement, par rapport au nombre des habitants, apportent leur contingent de salubrité ou d'insalubrité, surtout quand il règne des maladies endémiques et particulièrement, comme à Rochefort, des fièvres intermittentes.
Il m'a paru intéressant d'étudier ce côté de la question pour Rochefort. A cet effet, j ai dépouillé, avec le plus grand soin, les registres des trois recensements de la population : 1850-1862-1866, ainsi que les registres des décès de 1854 à 1867.
Malheureusement, il est impossible d'arriver à des résultats irréprochables , parce qu'il a été certainement commis, dans les relevés faits par la Mairie, certaines erreurs qu'on ne saurait rectifier après coup. Ainsi, par exemple, la moyenne de la population fixe, In seule à laquelle se rapporte le présent chapitre, est, d'âpres les recensements totaux, de 21838 , ou plutôt de 22372 (voyez la note de la page 91); or, en additionnant moi-même le nombre des habitant* de toutes les maisons de toute la commune, j'ai trouvé un total de 22753 habitants. Cette différence tient probablement a la réelle difficulté d'opérer un triage exact dans les deux éléments des populations fixe et flottante ; elle a peu d'importance, du reste, pour la question -spéciale à résoudre ici, et l'adoption 'le ce dernier chiffre ne saurait modifier en rien les conclusions à tirer des recherches que nous allons exposer.
J'ai besoin de faire observer encore que les registres des décès ne font point mention du domicile des personnes qui succombent, soit à l'Hôpital de la marine, soit à l'Hospice civil, ni de celles dont la mort accidentelle a lieu sur la voie publique, ni des noyés, suicidés, etc. Cette indication manque souven! aussi pour un certain nombre de personnes, bien qu'elles soient décédées dan* leur propre maison. De là, des lacunes impossibles à combler, des incertitude* qui, au lieu des faits rigoureux que je poursuis, ne conduisent qu'à des probabilités, à des données approximatives. Une statistique absolument irréfutable est un mythe ; la bonne foi cherche seulement à se rapprocher le plus possible du but.
Nous avons vu que la somme des décès, pour les deux populations fixe et flottante, survenus dans la commune de Rochefort, dans l'espace de quatorze ans, de 1854 à 1867, s'élevait à 10537. Or, je n'ai trouvé sur les registres de l'État-civil, que 7604 actes de décès portant indication du domicile au moment de la mort, d'où une différence de 3133, qui se rapporte évidemment, pour la plus grande partie, à la population mobile. Nous verrons plus tard, en effet. nue l'Hôpital maritime a compté, dans la même période, 1393 décès ; que 1 Hospice civil en a donné 1169 (1) ; les omissions d'inscription font le reste. Quoi qu'il en soit, nous nous croyons autorisé à rapporter ces 7604 décès à la population municipale, et nous ferons remarquer que les conclusions générales, appuyées sur cette base, conserveront une valeur réelle, parce que la répartilion de ces décès porte indistinctement sur tous les points de la commune.
(I) J* n'ai re le** que dix année* pour les décès de l'Hospice civil, de 1858 à 1867 ; le nniulirr lui* I s'en #l*v(i A 835, soit en moyenne, à 83.50 : en appliquant la même moyenne am qmlr» ,ir<tj*»> IRM-lfbl, j'aurai 334 décès qui, ajoutas aux 835, douneni bien 1169 décès pour uiw l>i'ri'F(U lin quatorie cm*.
DÉCÈS 205
Ces premiers jalons posés, voici la marche que j'ai suivie :
J'ai divisé la commune de Rochefort en trois grandes sections :
i* La ville proprement dite, limitée par la Charente, d'un côté; parles remparts, de l'autre ;
2" Le faubourg, situé dans l'ouest de la ville ;
3" La banlieue, répandue du nord au sud, en passant par l'ouest.
La population est agglomérée dans les deux premières sections ; dans la troisième, il y a des villages et des maisons éparses.
J'ai compte le nombre de maisons, de ménages, d'individus et de décès pour chacun de ces trois groupes, et j'ai additionné les sommes partielles pour avoir le total de la commune entière.
Divisant ensuite chaque section en cantons Nord et Sud, j'ai appliqué à chaque canton les mêmes calculs, pour avoir des résultats isolés et comparables ; puis, j'ai réuni en un seul bloc les trois cantons de chaque espèce, afin d'avoir, dans les mêmes termes, les cantons Nord et Sud de toute la commune (i).
Enfin, j'ai relevé les décès de la ville et du faubourg, en tenant compte de l'exposition des maisons au nord, au sud, à l'est et a l'ouest ; j'ai négligé la banlieue à ce point de vue, parce que, soit pour les villages, soit pour les maisons séparées, l'orientation est tout à fait irrégulière, tandis que la ville et le faubourg sont composés de rues se coupant à angles droits du nord au sud et de l'est à l'ouest, et présentant ainsi une exposition correcte.
{Voir les tableaux ci-après.)
1» Villa da noohafort - Domlolla de» décidés.
NOMS DES RUES
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ii25
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S.W DJM
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