‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 1 sur 120 · CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES · texte numérisé non relu

CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES

LA VILLE DANGOULÈME.

C'est à vous, ville d'Angouléme , que je fais hommage de mes travaux archéologiques.

Vous ne m'avez pas donné le jour, mais vous êtes ma patrie adoptivc. Je fus , à l'âge de dix ans, appelé dans votre sein. Je vous garde le souvenir de mes premiers jeux, de mes promenades sur vos remparts, de mes courses joyeuses dans vos campagnes. Je vous dois de plus le bienfait de mes études. Vous serez toujours dans ma pensée comme une amie d'enfance et comme une mère.

Ils ne peuvent vous oublier ceux qui ont une fois respiré votre air pur. Le Roi-Chevalier ne parlait qu'avec amour de « sa ville et cité « d'bngolcsmc, bien belle et grande et spacieuse cité, élevée et « assise en haut lieu, doux à air bénin et tempéré, sain, propre et

« très commode pour estude et escrime spirituel , environnée de

« toutes parts de bon, doux et plaisant pays. »

Désabusé des vanités et de la gloire, le réformateur de la languefrançaise , Balzac que vous avez vu naître, vint dans vos murs choisir sa tombe au sein des pauvres.

Vous avez de belles pages dans l'histoire. Bien des fois vos portes

furent ouvertes aux populations tremblantes menacées par l'étranger. Toujours vous fûtes grande, et jamais ne mentîtes à votre devise.

Noble cité, les rois de l'ancienne monarchie vous ont courtisée. Ils ont voulu que I ecusson de France servît de champ aux tours crénelées de vos armes. Je suis fier pour vous de ces destinées illustres. Je les retrouve à toutes les pierres de votre vieille enceinte, de votre chastcl désert, de ces basiliques témoins de la foi de nos pères.

Souffrez que je vous demande de conserver précieusement ces restes des âges qui ne vous déparent pas. Quand l'étranger visite l'antique château des Lnsignans, cette royale demeure , séjour de la Comtesse-Reine et berceau de Marguerite de Navarre, sœur de notre François il se demande pourquoi nous tenons si peu à ce monument historique auquel se rattachent tant de souvenirs; il ne s'explique pas que nous le laissions dans sa dégradat ion et dans sa poussière.

Sous ces voAtes gracieuses, où lecusson de Valeiitinc de Milan s'accole à celui des Orléans -Valois, donnons asile aux débris que nous recueillons chaque jour. Fragments de colonnes, bas-reliefs, urnes antiques, sculptures hiéroglyphiques du moyen âge, tout ce que le temps ou la main de l'homme auront épargné viendra se classer devant nos yeux et nous donner ainsi une histoire de monuments qui attestera notre goût, en perpétuant a travers les siècles notre grandeur passée.

Recevez ce livre comme un modeste souvenir de mon affection filiale.

Fuisse-t-il contribuer à votre gloire !

J. H. MICIION.

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