‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 105 sur 120 · III «AGIS · texte numérisé non relu

III «AGIS

Ta*, petrvs

Parmi 1rs singularité des modillons représentant le* vices comme sur les autres monuments du moyen-âge. on a placé un personnage au visage dédaigneux, tenant une crosse à la main. Il commence In série du côté du nord de l'abside. Ne serait-ce pas l'orgueil symbolisé dans la personne d'un évèque ou d'un abbéî L'orgueil a été symbolisé ailleurs par une tête couronnée, quelquefois par un simple blason.

Les bases des colonnes sont garnies aux angles du socle de nattes végétales, ce que nous avons déjà dit Mit trèsrare en Angoumois.

Riciuawr. Cette église, par elle-même, n'a rien qui intéresse l'art, si ce n'est la jolie crypte construite sous l'autel, dans l'abside. C'est un des travaux de genre les plus curieux que l'on puisso visiter.

Elle aS mètres 34c. de longueur, et 3m. 98c.de largeur Les voûtes à arêtes soutenues par six cotonm* en blocage . les chapiteaux feuillages de ces colonnes sont travaillés avec soin; les tailloirs sont décorés les uns de moulures feuillagées, les autres de rubans entrelacés. Les bondir» des bases des colonnes ont une saillie considérable et disgracieuse. Il ne reste pas de souvenir du saint au cul le duquel cette crypte pouvait être consacrée. Il est certain que ce n'était pas une chapelle sépulcrale.

La façade de l'église porte au-dessus du cintre de la fenêtre centrale cette inscription doublement curieuse, et par le Jeu de mots qu'elle contient, et par l'emploi de ta langue vulgaire dans le style lapidaire chrétien du XVII-

AU

Ma

Il y eut des constructions à l'église en 1"70.

Ri rnc, Huffiacum. Il ne reste de l'église romane (!.• Ruffec* que la façade, le portail du transsept sud, quelques arcades intérieures qui séparent la nef centrale debas-cOtés du clocher. Des traces évidentes de calcinatinn au dedans et au dehors, sur plusieurs points, indiquedi quo cette église fut consumée par un incendie. Plustnnl, elle fut relevée en style ogival.

J'ai déjà- cité RufTec comme un exemple frappant de ce profond respect des constructeurs d'églises au moyen âge pour celles qu'ils étaient appelés à rebâtir. Ils ne s'imposaient nulle gêne dans leur travail pour laisser subsister des parties notables de l'ancien édifice sans risquer de détruire toute l'unité de l'édifice nouveau.

La façade de celte église est, après celle de la calnédrai.- (TAngoutéme, une des plus intéressantes. Elle se compose d'un rei-dfl-ciiaussée et de deux étages formant trois sec -

STATISTIQUE MO.MMENTAI.R

tione verticales que partagent des colonnes engages d'un •juarl-

Le rra-do-ebaussée présente, on outre, un portail a ttx>is voussures eu plein cintre, reposant sur des chapiteaux symboliques, ri deux arcades aveugles d'ornementation lormées d'une seule voussure. Celle du nord est ornée de feuillages; relie du sud a élé refait» à la renaissance, cl n*a conservé que son archivolte romane. L'intrados de la voussure a été décoré de caissons carres, au milieu des- <|uels sont sculptées des ro aces. Une restauration analogue a été fait.> au portail roman de l'église de Mousuers. la face de la voussure est aussi partagée eu caissons où sont, en lias-relief, des rosaces. d«s létes et un buste.

L'arcade du nord a dans son tympan une sculpture en demi-relief d'un grand intérêt. En voici le style :

Un personnage barbu est couché sur un lit, la tête appuyée sur le coussin, et soutenue de la main droite ; l'autre bras sort du lit ainsi qu'une jambe en partie recouverte d'une draperie. Une tétc de chien ailé est sculptée à ses piods. Derrière le lit. et vers le milieu du tympan, une lommo velue est debout; un do ses deux bras est brisé, mais l'autre est tendu pour 6oulever une longue draperie. Serait-ce lo tombeau du fondateur de l'église? C'est mon opinion bien arrêtée. Il est à gauche, et c'est toujours de ce coté que se trouvent les statues équestres des fondateurs d'églises. Le fondateur de celle de HulTcc aura pu mourir A l'époque de la construction de la raçade, et être placé la, comme on représenta plus lard les personnages couchés sur leur tombeau, ayant un coussin sous leur tête et un .inim.il a leurs pieds. Celle dernière circonslana; est un indice essentiel. Je ne pense pas qu'il y ait rien de symlwlique dans cette sculpture.

Le portail a trois voussures : sur la première sont des animaux entrelacés, qui se mordent les uns les autres; il y a une grande vigueur de dessin dans celle sculpture. La deuxième voussure présente une série d'animaux ailés, dont les uns ont le bec recourbé : ce travail esi fouillé prolondéuienl. Les animaux se détachent presque en demi- La troisième voussure «

de feuillages dans lesquels sont des oiseaux qui se becquettent. Ces sculptures soul évidemment symboliques.

On a rétréci la porte romane par une porte de style ogival du XV' siècle. On a ainsi, a droite et a gauche, prolongé la façade en style ogival, ce qui fait une disparate

vo-

la premier étage forme une suite de douze arcades dans lesquelles étaient placées les statues des douze apôtres. Ces statues oui les pieds nus ; elles sont droites, raides ; les vêlements sont serrés. Six des statues restent encore :

Pierre occupe la première arcade du nord ; Il lient les clefs symboliques ; sa tète a été abattue. Les autres tiennent l'Évangile d'une main ; leurs tètes ont été aussi cassées, excepté celle de la première au centre, du coté du 6iid. On dit qu'on l'a respectée parce qu'elle représente saint André, lo patron de l'église. Les mulilateurs ne voulurn.t pas loucher au saint de la paroisse Cette tète est levée vers le Christ, placé dans un encadrement ovalau sommet de l'édifice. Il est probable que, comme a Angoulème, toutes les autres tètes convergeaient vers le point central.

Je décrirai plus loin la partie ogivée de celle église, et le fragment curieux d'une statue de saint Christophe, qui se voit à gauche en entrant par le has-coté du nord.

Au sommet de l'édifice, au-dessus de la fenêtre centrale, est le Christ dans une auréole elliptique, entouré de deux anges aux ailes déployées, et dans la position d'inviter 1rs hommes à l'adorer. Le Christ a les doux mains étendues ; il ne bénit pas. Il a le nimbe crucifère; sa figure est noble et austère. Toute celte partie a été relevée, et l'on a replacé le tympan.

Le lias du clocher est très-ancien : c'est manc à plein cintre, qui porte sur uno corniche par des létes plates; le tout mutilé par l'incendie.

PLASSAC. Plassac est une église complète, qui n'a subi de changements ni de mutilations. Elle est remarquable par une jolie façade, une crypte, une abside richement décorée en dedans, cl un clocher dont la flèche circulaire est décorée d'écaillés imbriquées en forme de pomme de pin. La façade est ornée d'arcades; le rcx- de- chaussée a trois arcades ; le premier étage cinq, cl le deuxième trois. Elle se termine par un pignon.

La voûte de la nef est du roman ogivé. Une coupole audessus de laquelle s'élève le clocher est soutenue par des arts légèrement ogivés. Elle sépare la nef de l'abside. Cette église n'a pas de transsepts.

L'abside est une des mieux ornéesdu pays. Elle présente une série d'arcades d'ornementation au nombre de sept, surmontées d'un entablement. Cet entablement se compose d'une frise formée de modillons etdunecorniche très- saillante. L'euire-deux des modillons est sculpté d'enroulements : la corniche est ornée de feuillages. Otite décoration intérieure est d'une grande beauté : il n'y a que l'église de Cornac dont l'abside soit aussi richement décorée.

Tous les chapiteaux de l'église sont sculptés avec soin.

1 Le cjoicIOj en hoii de l'église fui moius heurrux que uiut Airtlfé, car H» le livre de compte* de 1» municipalité de RuflVc en !7»ï, oa trouve ortie unffubire dépense : « j Kïife |*»ir erreur bnitr l» ri-rt>r<rH< U>n Dkh. u

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