‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 104 sur 120 · T A ! LT K · texte numérisé non relu

T A ! LT K

La seule partie de l'église qui ne soit pas démolie est la chapelle de la Vierge. On y remarquera des peintures !•• long des formercts des voûtes, destinées à imiter des compartiments. Il y a encore quelques fresques dont je parlerai ailleurs.

Dans la chapelle de Saint-Jean, on voit Ja naissante d'une nervure carrée, ornée sur sa face de trois rangs do tores en chevrons. L'on a tracé au pinceau sur tous les joints une ligne de couleur rouge.

Le travail de l'église de la Couronne est donc une œuvre à part dans l'Angoumois ; il est dû à quelques-unes de ces corporations voyageuses que les princes, les évèques, les abbayes puissantes apf«laicnt pour construire les grands édifices. Il y a là beaucoup de traditions de l'art du Nord.

La chronique de la Couronne, si intéressante pour tant de détails, ne dit pas un mot, ne donne pas une indication sur les ouvriers ni sur l'architecte -, nulle inscription ; seulement un petit bas-relief carré d'environ 0.Î7 c. de dessin cl d'exécution de l'époque romane, enlevé probablement à la façade romane lors du prolongement ogival , représente un chameau portant surson dos une pierre de construction. Ce bas-relief confirme la tradition qui rapporte que les matériaux de construction de l'église ont été apportés à dos de chameau.

La mule qui portail à son dos les pierres Je l'abbaye de Lesterps est aussi célèbre dans les traditions de ce pays.

La partie ogivée de cette abbaye est a«sei considérable tour que je la mentionne spécialement à l'article : Monuments du Style ogival. Elle porte sa date dans ses nervures prismatiques, croisées à leur naissance, et dans l'absence de chapiteaux à ses piles : c'est du XV» siècle.

A la renaissance, on décora l'cxléiieurdurlieveldedeui petites guérites d'observation, qui font aujourd'hui un joli effet au-dessus de ers ruines. Ce que celte époque frivole, dans son caprice d'ornementation, suspendit & la tête du vieux monument, a été épargné par les démolisseurs.

MONTBRON. L'église priorale de Montbrou est intéressante surtout par son plan. Une des lombes construites dans le mur méridional de la nef nous donne la date 1240; une autre tombe placée plus près du transsept porte 1209. C'était donc à la fin du XII- siècle et au commencement du XIII' que se construisait cette église, à-pen-pres contemporaine de celle de la Couronne.

au centre. Le chevet, avec ses cinq absides, mérito d'étro mentionné ; l'absidiole centrale est plus large que les qua- ' Ire autres. Quatre arcadrs de cette partie, au lieu d'être en plein -cinlreou légèrement ogivée», forment un angle aigu, singularité que nul autre édifice du passé ne nous avait encore présentée.

Le portail se compose de cinq voussures s-nitenues par der, petites colonnes engagées, taillées dans les angles des pieds droits avec un peu de saillie.

Ici commence pour nous un système de construction qui me parait appartenir 5 l'école limousine, et que j'ai trouvé dans tout le nord-est du département; il consiste i faire les colonnes très-minces, peu en saillie aux angles des pieds droits, et faisant corps avec eux, et ensuite à profiler au-dessus des ebapileaux des colonnes un l>oudiii correspondant à la colonne et ayant exactement le même diamètre. A Oradour- Fanais, à la Péruse, à Étricord, et dans la plupart des édifices de la région limousine du département de la Charente, le même système a été suivi.

La première voussure intérieure est découpée à lobes comme beaucoup d'églises au XII' siècle, que nous avons déjà mentionnées. L'ornementation de ce portail n'est pas riche. Quoique la pierre .«oit liellu et prête bien à la sculpture, on l'a seulement ornée de quelques dessins en arcatures, peu profonds et sans effet pour l'œil.

On sent qu'on a quitté la région où le calcaire semble se poétiser sous mille formes symboliques; nous sommes aux limites de deux pays. Les premières roches granitiques paraîtront bientôt. 11 semble que l'art ne soit plus là dans sa patrie.

La tombeaux dont j'ai parlé décorent le mur extérieur de la ncr du coté du raidi. Ils étaient autrefois sous le toit du cloître du prieuré.

Les deux premiers, en partant de l'angle formé par la nef et le transsept, présentent deuxjarcades, séparées par un pilier et décorées de petites colonnes peu saillantes dont les sont des tètes humaines. Le fond des arcades le bas un rang de six petites arcatures, peu profondes de sculpture, au-dessus desquelles sont les légendes. La première légende est celle de Pierre Robert Calla de U Mole el de ses enfants :

Mais ici les idées mystiques de l'époque précédente ont encore dominé. L'édifice est plus roman par ses absides, sa coupole octogone, l'ornementation extérieure des absides enveloppées de demi-colonnes d'un très-bel effet ; la nef est élevée cl majestueuse | la voûte est d'un roman ogivé continu, interrompue seulement par un arc doubleau placé

BITS rET*T> C.4U.A «I

mivitKixr

La deuxième est est celle de Jeanne de Monlbron. M. Marvaud (Études sur l'Ang-, p. 4031 l'avait déjà publiée; mais il avait prétendu que celle inscription est de 121 4. Elle se trouve sans date.

DE LA CIIAUKSTK.

U voici rectifiée d'après l'estampage ([ue j'en ai pris :

Wl TVO MAKHA PAJQVATIta MMLNA tOAWSA •ICAT D» IIVK WBW

Le troisième tombeau est celui de Robert de Montbron, mort en 1209, que U. Marvaud a confondu avec un Guillaume de Montbron, évèque de Périgueux, morlen 1081, cl enterré dans l'église do Montbron '.

Celui-ci était un seigneur de Montbron; on le voit couebé sur son tombeau ; sa figure est mutilée. L'arcade sous laquelle il est placé est un arc en roman ogivé; c'est, du reste, le style de la nef, cl en particulier du portail. A cûté de celte arcade est sculpté un bas-relief représentant le Cbrist assis, entouré de deux anges. Ce bas-relief est horriblement mutilé ; la tète et les bras du Christ n'existent plus; un seul des anges est intact; il a des ailes et le nimbe, et la main levée et ouverte dans l'attitude du respect : Ipsum audile.

La légende est celle-ci :

OMIT DOMIM* B DE ■OTElViri A!«Xl> Al

i>CAax.tTio*r. accu

Le dernier tombeau est relui de Audoinu* Borreniut et de sa famille: il porte la date de 1Î40. précieuse pour nous, parce que l'arcade qui forme co tombeau e9l construite dans le mur même de la nef.

La forme de cette arcade présente une pierre sculptée sur laquelle est une raugée de six petites arcades en pleincintre, et daos les entablements de ces arcades se lit l'inscription tumulaire :

■IC HM1VIRSC\M AVDOIJVS IOBBEMV* ET PHILlrPA

n'a pas quelque douleur au fond do lame ? Et quelle plus forte leçon de résignation et d'espérance que l'image du Sauveur porté dans les bras de celle qui se tint debout au pied de la croix ? Cela vaut bien ces statues sans expression, aux bras étendus, qu'on répand aujourd'hui avec profusion, et dont on a pris le moJéle insignifiant sur quelque ligure païenne de nos musées.

MAGSAC-SUK-TOUVIli:. Magrac nous présenle une forme nouvelle. C'est une croix dont les quatre bras sont égaux en longueur, mais dont lacoupolc n'est pas au centre, et le chevet est plus court que les trois au Ires bras. Les absides des transsepts forment un carré. Il y a beaucoup d'irrégularités dans les diverses parties correspondantes.

f j» coupole est circulaire dès sa base. L'édifice est décoré à l'extérieur de modillons symboliques représentant Us vices : quelques-uns oltri nt des nudités.

Le clocher est porté sur la coupole centrale; il a deux étages à l'extérieur. Le premier rsl une suite d'arcades aveugles, en plein-cinlic (quatre sui chaque race]); le second a deux fenêtres en plein-ceinlre, subdivisées par une colonne en deux arcades plus petites.

L'église possède deux cloches, lui plus petite a celle inscription :

fart m(f 5 e f?> seraufo renée bef agef

elles écussous des familles Gérauld et des Ages: l'un portant une ruche d'abeilles, l'autre un cygne dont le cou rsl passé dans une couronne.

MAINFONDS. Dt magno fonte. Église en croix grecque : hases des colonnes panées comme à la couronne et aux trois fenêtres orientales de l'église de Mallerant. Orientation, levant d'été.

■ELUS MSBTBA.W» AVBOUVS ALUSTT* rET»0*ILLA ATQ IUUAV1A « OMIT A.H^IO D!»l MCCXL"

Celte église possédait encore, il y peu d'années, une petite statuette du moyen-Age, représentant la Vierce tenant dans ses bras le corps inanimé de son fils.

On regrette pour les églises catholiques ce culte si touchant à Marie, sous le no n de Notre-Dame .Vs-Peines. Qui

1 • lu eJauM/o piwtatùi j»£«l houe Mus il* Monl. berulli lit LujiisnominUei Jotianna <yu* uwr. » lX>m Ffiieimoi, Anliq. HeneJict., p.

«Guillielmu» «le Moniebi'ruIpUo.. obiit jnuy Uoutim M LXXX VIII M. Febr.ct sepulim i M aptul Moi.toi.iutfiulplu.iu m .vde-

tiA S. M.iuricii. ««Mil licmo î-Mir ii^iMHis luit ..» Miftcilmi.

Opuscula do rébus Aquitau., p. 7JS Fta^ir.etumn de <■;>. P -

Irapor, anno 1S7Q.

Les iteax absidioles ont été détruites, mais au deburs on en voit très-bien la naissance.

Le . chapiteaux sont nus; la coupole est exactement ati centre de l'édifice; sa corniche esl ornée d'une moulure en damier.

L'abside est décorée 1 l'intérieur d'une suite d'arcades, et éclairée de trois fenêtres. C'est un petit édifice d une

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grande simplicité d'architecture, mais d'un admirable effet religieux.

MONTMOREAU. Cette église priorale a été construite avec le plus grand soin cl dans «le belles proportions. C'est mie croix latine, dont l'abside est ornée au dedans et au O-hore d'une suilc d'arcades du travail le plus délicat. Les . Iiapileaux sont ciselés avec goût : quelques-uns préseni»îit des scènes symboliques.

La façade est ornée d'un magnifique portail à plusieurs voussures. U première est découpéeà Jour en lobes arrondis; l'extrémité des petits arcs qui décorcnllislobrs se terinino par une têtu d'animal. Co travail est irès-curieux.

Celle église vient d'être restaurée avec soin; l'abside, ébranlée imprudemment par l'abaissement du terrain qui ■ u soutenait les fondations, tors do la construction de la roule, a été consolidé*. Toutes le* moulures, tous les chapiteaux brisés ont été sculptés sur le modèle des anciens; les piles de la nef ont été reconstruites ; un cloeber, dans le style roman le plus pur, a été élevé au-dessua de la coupole centrale. Il est seulement A regretter que. dans les iravauxde li façade, on ne su soit pas contenté uniquement de remplacer par des pierres nouvelles les pierres brisées. On a ravalé loule la façade par un grattage que condamnent sévèrement les règles d'uno sage restauration.

Le grattage, qui ne doit é Ire permis sur aucun prétexte, est d'autant plus blAmable à Monlmoreau, que les pienvs le cette façade sont en grison du pays (pierre d'agrégation Mliceuae). qui ne prend une teinte monumentale qu'avec l.i longueur des siècles, tandis que tes parties remplacées sont en pierre calcaire d'un blanc éclatant, qui se noircit après huit ou dix années; il arrivera l'inverse du bul qu'on ■i voulu atteindre. Le calcaire aura une couleur antique dans quelques années, et le grison gratté paraîtra nouvellement pincé dons la façade. Singulier travestissement qu'il était facile d'éviler.

Je porte taip d'inlérèt aux monuments de mon pays, ils m'ont coûté A les visiter trop de courses, et trop de veilles a les décrire, pour que je n'aie pas le droit de les protéger • omme des amis, contre le grattage qui les défigure. Je .lois rappeler ici que la grande loi des restaurations des monuments est, avant tout, de ne remplacer absolument •lue les pierres décharnées par les eaux ou écrasées par le poids des assises supérieures, dont la faiblesse compromettrait la solidité de l'édifice. Celle loi est de toute rigueur. Une pierre sculptée ou non sculptée, que ses angles soient plus ou moins écornés, qu'il y ait quelque partie de ciselure brisée, du moment qu'elle est bien cimentée, qu'elle supporte bien les pierres pressées sur elle, doilèlrc rigoureusement respectée.

Le mol restauration doit signifier connolMalion et pas autre chose; toute autre voie est funeste, et l'on sait aujourd'hui qu'an des plus beaux édifices de la France a été tellement restauré, gratté, seulfté de nouvea», qu'on y cherche en vain le vieux édifice consacré par les âges cl célébré par l'histoire.

Une des deux absidioles a été détruite et remplacée par . une absidiole carrée de style ogival.

HONTMORBAU. Chapelle du château. Noos avons donné plus haut, page «61 , le plan de la jolie chapelle du château de Uontmorcan. La première partie de cet édifice, dont la teinle est plus noire sur leplan, a été classée parmi 1rs chapelles portiques. La deuxième partie présente une rotonde autour de laquelle rayonnent quatre absides. Il y a une grande beauté de sculpture dans les chapiteaux des colonnes libres qui supportent les arceaux sur lesquels s'élève la coupole centrale. Ils méritent d'être étudiés avec soin au point de vue du symbolisme et de l'énergie de la sculpture.

Les fresques de cette chapelle sont fort remarquables : elles sont du XIII e siècle. Depuis quelques années elles se détériorent rapidement, parce que les voûtes n'ont pas de charpente.

Celle de l'absidiole orientale csl une Adoration des Mages.

Une téle couronnée est travaillée avec beaucoup d'énergie pour le temps. Culte absidiole porte l'inscription suivante en lettres peintes en blanc sur une bando noire :

LOCV» I1TK DIDKATVS UT... IX IlO-lORWi (prrctal KK MCI «EXITBICIS Y1MCTH MAEIE. AMEH.

Celte légende est du XII» siècle, mais les fresques sont postérieures. A gauche de celle absidiole, entre doux arcades, est saint Biaise représenté en évèque, la tète mitréc et nimbée, et tenant la volute do la crosse en dehors avec ces mou : s. «lasivs. Dans le triangle opposé, l'archange saint Michel terrasse un dragon ailé. Le morceau csl assez bien conservé ; il y a dans la tète de l'ange beaucoup de sérénité et de force.

L'arcade est occupée dans le tympan par saint Gilles. Il est représenté en abbé avec le nimbe et la crosse, une main bénissante à la manière latine, et la légendes, igimvs. Deux pèlerins, un homme et une femme, sont à genoux, à droite et à gauche, dans le costume du temps. Cette jolio fresque est la mieux conservée de toutes.

Au-dessous csl le martyre de S. EulropcOn voit plusieurs bourreaux à figure rouge, levant les hache* sur I.; téle du saint: une d'elles lui fend le crime. Le haut seul de celte

DE LA CIIARE.NTE fresque est conservé, te reste est tombé. On lit au-dessus :

S. IVTR0I"1V8.

NANTEUIL EN VALLÉE, Smtotium in PUMm.

Cette magnifique abbatiale bénédictine a été détruite ; les seuls fragments conservés sont la base des absides du chevet, une porte latérale du Iranssept méridional et la façade. L'édifice a de grandes proportions : le stylo en est riche, à en juger par la belle ornementation de la façade. Portail en plein-cintre ; six voussures supportées par les douze colonnelles; chapiteaux chargés de feuillages, de reptiles.de quadrupèdes ailés. Le bénitier de l'église de la [«misse de Nanteuil n'est autre chose qu'un triple chapiteau de trois colonnes groupées, tiré de l'église abbatiale. Chaque chapiteau est formé d une téte. Celle du milieu a

Hi-

unt couronne pointue ; c'est un I a moustaches : les deux autres têtes i trois têtes sont couronnées. Le « doit représenter les fondateurs de I église : Ruffec avec son épouse et sa fille.

Le chevet était composé de cinq l l'église de Leslerps.

On remarquera le joli édifice de cette abbaye, connu sous le nom de Trè$or, dont le dessin, dû au crayon de M. Radig Rivaud, rend d'une manière si exacte ta riche architecture.

Le monastère de Nauteuil-en-Vallée, commencé à bâtir en 1040 par un seigneur de Ruffec, selon la chronique de Mallezais, ne fut terminé que dans les premières années du XII* siècle : l'église est d'une sculpture trop avancée pour qu'on fixe au XI' siècle la date de sa construction.

Quant à la renètre ogivale qui stf trouve au-dessus de la porte, il est inutile de faire remarquer qu'elle a été construite longtemps après l'édifice lui-même.

PtBBTlL, de Prlrotio.

Église à cinq coupoles et i une abside.

Les deux coupoles qui touchent la façade n'ont jamais été terminées. Les deux autres sont d'un très-bon travail ; elles

portent sont légèrement ogivés. Les fenêtres sont en plein cintre, peu larges et nues. La porte est en plein cintre, 01imple archivolte et de deux colonnelles apdons le pied droit. A droite de la porte, et à peu de i d'une grande croix de consécration, on lit celle

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