‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 107 sur 120 · ENTE · texte numérisé non relu

ENTE

de petites colonnes avec chapiteaux travaillés avec goût.

Le clocher avec son cône aigu dentelé d'écaillés imbriquées en forme de pomme de pin est d'une belle proportion etd'iinc conscrvaliou' parfaite. Il repose sur une base carrée, percée d'arcades en plein cintre. Cettu forme de flèches est très-gracieuse ; nous allons la retrouver dans d'autres monuments-

ltlOl X.-JIARTIN, De Mro Martini. L'église de Rioux- Martin est remarquable par une belle flèche romane à huit pans.

Culte flèche mérite une description spéciale. Elle s'élève au-dessus d'une coupole dont la partie supérieure est constrmle extérieurement en glacis. Sur ce massif est une corniche où prend naissance lu tour carrée du clocher. Cette tour, merveilleusement évidée pour donner de la grâce et laisser de In force, est carrée, percée sur trois faces de deux fenêtres et sur la quatrième d'une seule qui a quatre-vingtquinze centimètres d'ouverture, pondant que les autres n'ont que trente centimètres.

C'est sur celte base carrée, qui a tu dehors 9 m. 49 c de diamètre et 3 m. 45 c. au-dedans, que s'élève la flèche octogone. Elle se compose de 93 assises de 29 c d'élévation sur 17 d'épaisseur, ce qui donne au clocher une extrême légèreté. Par une ingénieuse disposition, l'areliiiecteaévidé chaque pierre de la flèche au moyen de deux longues coupes longitudinales séparées par deux petits oculiis, ce qui est d'un agréable clfct et laisse en môme temps |éné- Irer le venl qui rencontre moins de résistance.

Celte flèche, souvent lézarJco par la fondre, va être restaurée prochainement. C'est un très joli modèle de flèche romane, et d'une exécution à la fois économique et facile. Avec les déclics coniques en pomme de pin, c'est ce que l'art roman peut offrir .le plus gracieux.

Les grands arcs de la cou|<ole centrale sont fortement ogivés. La voûte de la nef est en roman ogivé. L'abside primitive a été détruite et remplacée par un sanctuaire circulaire sans voûte.

La façade de l'église se compose d'un rezde-chausséc cl de deux étages. Au rez-de-chaussée, le por'«i>, entouré de deux arcades aveugles, est formé de cinq arcades superposées en évaseincnt. Chapiteaux nus. la; premier i U)g« a cinq arcades et le deuxième a trois arcades au milieu du fronton triangulaire. Il y a de l'élégance dans cette disposition.

SAI.NT-AMASD-DE-B01XB. S. Amanlii de «uria. Magnifique abbatiale. C'est l'édifice le plus important de l'Angoumois après la cathédrale.

La partie la plus ancienne de celle église est la crypte. C'est un carré long de 8 m. 50 c sur 5 m. 30 c. dont la

voûte est d'ogive romane. Elle a été conservée lors de In construction de légliso au XII* siècle. Bile se trouve audessous de l'abside droite, remplacée lors de l'allongement gothique par une cliapelle carrée. On y descend maintenant par un escalier. Autrefois on y entrait par une porte qui donnait au nord à coté de l'abside centrale. Je décrirai ailleurs les fresques curieuses de cette crypte. Je ne m'occuperai ici que de l'église.

Lo plan primitif était fort remarquable; cinq absides, s'étendant parallèlement au lieu de rayonner autour d'une abside principale, présentent un exemple unique de cette forme. Les deux absides du nord sont les seules qui existent; les autres ont été détruites lors du prolongement de l'église au XV siècle. L'intérêt de cot édifice se porte donc sur la coupole, la nef, la façade et la riche décoration extérieure du tratisscpt nord.

La coupole se compose d'abord, au-dessus des grands arcs, d'un étage octogone dont les murs sont décorés de doue arcades surbaissée», supportées par vingt-quatre colonnes groupées deux à deux. Une corniche octogone termine cet étage . ensuite, la coupole s'élève soutenue par six nervures qui vont se réunir au sommet à une nervure circulaire destinée a décorer l'ouverture centrale. Ces six nervures prennent naissance sur autant de modillons placés au-dessus do la corniche.

La coupole de Saint-Amand-de-Boixc diffère, on le voit, de toutes les autres coupoles, par ces six nervures qui rapprochent l'édifice de l'époque ogivale : mais elle ressemble à Saint-Pierre d'Angouléme et à la collégiale de Blanxac par l'étage octogone interposé entre la coupole proprement dite cl les grands arcs.

Les modillons extérieurs de la nef sont d'une parfaite exécution ; ils représentent, comme toujours, les vices personnifiés.

La nef et les bas-cotés sont remarqablcs par l'élévation «le leurs voûtes en plein cintre , appareillées avec soin. Elles ont eu le bonheur de n'avoir jamais été badigeonnées.

Nous souhaitons que ce monument soit placé d'une manière toute particulière sous la protection du gouvernement ; mais nous faisons en même temps le voeu que la paroisse soit de longtemps assez pauvre pour ne pas oser ei.troprendre le badigeonnage d'un si vaste édifice.

C'est là qu'on peut se convaincre de l'effet religieux d'une église qui montre à nu la pierre appareillée de ses colonnes, de ses arceaux, de ses voûtes. L'homme qui n'en sentirait pas la différence serait privé du sens de l'art, première faculté que nos pères du moyen-age avaient a un haut point, malgré les tristesses de leur civilisation.

mais que leurs enfants oi.l bien r-erdue en dépouillant Upensée humaine des langes de la barbarie.

Selon l'usage des églises al>batiales, un autel s'élevai; dans la nef pour les frères lais ; celui de l'abside principale était réservé aux offices des frères clercs. Le cartulairr de Saint-Amand rapporte quo l'autel de la nef, oltare dr nave, fut consacré le même jour que le grand autel, l'ait 1170. On remarquera que le chœur des religieux occupait les premières travées de la nef centrale du côté de la coupole. Il en était do même à la cathédrale de Saint-Pierre le peuple avait le centre de la nef, les bas-cotes et les transse pis.

La façade s'étend sur un développement de 1 8 m.; elle est partagée horizontalement par un rez-de-chaussée et deux étages, et verticalement en trois séries : celle du centre, q m correspond n la grande nef. est occupée par le portail. Cinq voussures en forment le plan : elles sont ornées de dessins géométriques. Au-dessus du portail est une fenêtre dont la voussure est décorée de dents de scie: elle est ornée de deux arceaux qui retombent sur quatre colonncttes: deux arcades aveugles raccompagnent. Telle est la série verticale du centre. Les deux autres séries se composent chacune de deux grandes arcades aveugles, et le bas d>l'arcade de l'étage est percé par un orulus.

Un tombeau, dont la face est décorée de lignes qui se traversent eu losange, occupe le milieu de l'arcade inférieure dans la série du nord. Une fresque considérablement endommagée est peinte dans le tympan de l'arcade, au-dessus du tombeau. On y distingue le nimbe de quetquo tètes d'anges ou de saints. Il pourrait se faire qu'il y eut eu une lôvation du corps de saint Amand de la crypte oh il avait été enseveli, et que ce tombeau renferme les restes du saint fondateur, qui auront, sous cette pierre engagée dans Ih muraille, échappé aux fureurs des brûleurs de reliques du X\T siècle. L'exemple récent de la découverte des ossements de saint Eutrope me porterait A croire que ûc> fouilles faites avec intellipence A Saint-Amand-do-Boiju pourraient amener une semblable découverte. Ce tombeau ayant été consacré par un culte ne peut être que celui di* saint fondateur.

Quoiqu'il y ait peu de figures symboliques sur ce poitail, j'ai pourtant remarqué le lion et le serpent, emblèmo de la force et do la prudence.

Le transsept nord a reçu uno riche décoration. Le rezde-chaussée présente trois arcades : la première, contre le mur de la nef, est la porte du transsept ; les voussures de cette porte sont chargées de quadrupèdes, d'oiseaux dan? des enroulements feuillages, d'un travail si gracieux, qu'il n'y a rien qu'on lui puisse comparer dans les autres sculp-

•ire» du XII» siècle. La deuxième arcade potïe irais apôtres datis son tympan : saint Pierre, est au milieu avec son <:>m Ptravs en monogramme.

La troisième arcade a aussi trois apôtres. Il est probable y-ic l'on se proposait Uc sculpter six autres apôtres au transept du sud, ce qui n'a pas Clé exécuté.

Au-dcsssus du rez-de-chaussée est un étage composé iissi de trois arcades. Dans la première est saint Arnaud, h) costume d'abbé, tenant la crosse et ayant le nimbe. Dans la seconde, un saint au nimbe perlé; dans la troisième, un saint au nimbe uni, tenant un livre A la main.

Au rex-de-ebaussée du mur extérieur de la nef, à coté les arcades que nous venons do décrire, est une frise sculptée à bas-relief. C'est une chasse exactement pareille à .elle de l'arcade do la cathédrale dont nous avons donné le dessin, avec celte différence qu'on y remarque un cheval sellé et bridé, attache A un arbre. Il y a beaucoup de similitude entre ces travaux de sculpture et ceux de la

• athédralc.

Au XV* siècle, un immense sanctuaire, composé de trois 'lavées ogivales fui construit au chevet de l'église; il fut

oinmencé par frère Jean Renault, aliot Raynauld.de la maison Regnauld, une des plus anciennes de l'Angoumois, qui

ut le dernier abbé titulaire de U4iA 1*78. Guy de Hontl iTJO, son successeur, évAque de Condom, continua les

nivaux de 1476 à 148t, époque oii ils furent terminés, •ans doute avec le concours de frère Jean do La Roche-

..ucauld; hii-mème devint abbé en IS30, et plus tard,

• vèquo de Mende.

Les ccussods de ers trois abbés se trouvent en plusieurs ndroits de l'édifice. Ce fut frère Jean Raynauld qui fit consiruire l'escalier qui descend A la crypte, et ouvrir à l'est le cette rrypte une fenêtre circulaire.

Les caissons Regnault, Montbrun et La Rochefoucauld sont sculptés A la voùic, première travée conlre la coupole, mais avec cette différence importante que l'écusson de Regnauld cl celui de Montbrun ont la crosse au-dessus, peitlant que celui de La Rochefoucauld ne l'a pas. Il ne fut donc abbé que postérieurement à l'achèvement de l'édifice.

Ce souterrain, qui a lu m. de longueur sur 28 de largeur, n'est pas dans l'axe de la nef. Le plan indique une lévialion telle que l'axe de la nef va répondre, à l'angle sud !e celle construction ogivale. A-l-on voulu, en inclinant

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