ENTE
ce. chevet A gauche, représenter U tète du Christ inclinée sur la croix, ou plutôt, comme l'orientation de l'église primitive était mal prise et faisait trop incliner les absides vers le sud-est, a-l-on essayé de rectifier ainsi l'orientation î Ont une question que je ne saurais résoudre.
SAINT-MICHEL D'ENTRAIGUES. Un précieux passage c!e la chronique do l'abbaye de la Couronne nous apj rend que celle église lut construite A l'extrémité de la paroisse de S-iint-Jcan de la Palud pour y recevoir les pauvres, l'an 1 137, un an après la promotion i l'éplscopat de Lambert, fondateur de l'abbaye'. Cette date, précise, le plan original et presque unique du monument, la destination que lui donne le texte do la chronique, font do celle église une d>*s plus intéressantes qu'un archéologue puisse visiter.
Placée sur les confins d'une paroisse, A l'extrémité d'une forêt, cette église était une chapelle d'hôtellerie pour les voyageurs et les pèlerins qui faisaient l'un des trois grands pèlerinages si en vogue alors : ceux de Rome , de Saint- Jacques en Galice et de Terre-Sainte.
Remarquez que l'église est en coupole, que des absides rayonnent tout autour, et que le saint sépulcre de Jérusalem était placé sous un édifice circulaire. Les pèlerins du Poitou, des Marches, du Limousin, de l'Angoumois, qui voulaient traverser la Gascogne pour se rendre soit A Saint- Jacques, soit dans les Basses-Alpes, seul passage alors fréquenté pour aller en Italie, prenaient la route d'Angoulôme à Bordeaux, vieille voie qui passait A Saint-Mirhel d'Antraigues, & Noisae, A Baigne, oîi elle rencontrait la voio de Saintes A Contras. De Coutras elle traversait la Dordogne A Condaie, port au-dessus de Libonrne.
Les abbayes comme les châteaux donnaient l'hospitalité aux pèlerins, c'était un des grandes et saintes ouivres du moyen Age. Je suis le premier qui ai signalé les églisesportiques des e bateaux delà féodalité. Monlmoreau, Villebois. Monlbron.chAicaux-lortsdi! l'époque la plus reculée, avaient leurs églises- portiqtus. Les [èlerins, A quelque heure de la nuit qu'ils vinssent se réfugier dans l'enceinte féodale, trouvaient là un nlri, où hommes et hétes de charge, pouvaient se blottir , cnravanser.ns de l'Oecidenl féodal, que la religion avait Tait construire par la même main qui pesait si lourdement sur les hommes de la plein».
1 Aimo Domini millésime» CXXXVII, Cuii c<x\nù «ancli Mi cliaelis iiiter a<pjas conttructa et aidillcata ad honorent ei ([lorrain l>eî et xirgiiiU Maiiœ ait recipiendum inibi Christ! païqvrcs; quas <]uiilcm ccclesi» »ancti Micltaeliinnter aqua.1 est situant et fuodau intra line* et limita eoclt»™ jvjrrothi»!is wneti Jotiaoni» de Pa- )udil>u«. iCIneri. de Cor ni, |>. J )
Le plan do Saini-Slichcl est un octogone autour duquel rayonnent huit absides. L'abside occidentale est aplatie pour donner une surface droite aux arceaux de la porte et au bas-relief qui s'élève au-dessus. Toutes les autres sont en demi-circonférence. Celle de l est a au dedans et au dehors une série d*arcadcs d'ornementation. Elle recevait l'autel, que, par une inexplicablo bizarrerie, l'on a transporté plus tard dans l'abside con ligué. Chaque angle île l'octogone, à l'intérieur, reçoit une colonno libre, avec lose et chapiteau; le tailloir de chaque chapiteau qui s'élève à la naissance des cintres, des absides, supporte un pilastre carré, qui se profile jusqu'à la corniche octogone, qui sert de base à la coupole. Enfin la coupole elle-même s'élevait en octogone sur celte corniche, et élail sillonnée de huit nervures carrées plates, sorties de la corniche au dessous des pilastres, et convergeant vers le centre de la coupole. On voit très-bien la naissance de ces nervures mais le rt-sie de la coupole a été abattu.
Toutes les fenêtres au dedanselau dehors sont décorées de quatre colonnes.
La porte d'entrée se compose de deux arcades, et huit arcades aveugles décorent celle abside de l'ouest, où est la porte, et les deux cotés des absides con ligués, qui s'aperçoivent quand on se met a une certaine distance de la façade.
Au-dessus de la porte est sculpté un bas-relief, d'un joli travail, l'archange saint Michel terrassant le démon, sous la forme d'un dragon. Autour du lus-relief est l'inscription suivante :
FACTVJi EST PBOKUVM |X COXLO MOUU l-BOI- MABATVB I Y M CBACDKE.
SAINT-GERMAIN-SUR-VIENNE. — Celte église est line véritable croix grecque. Chaque bras de la cinix correspondant à la coupole centrale, a la môme longueur. Les deux transsepts ont chacun leur absidiole. Sous l'abside est une crypte que je n'ai pas pu visiter parce qu'on en a fermé l'entrée par un plancher. La voûte centrale a été détruite.
SBGONZAC. —1 n'y la de remarquable dans cette église que le clocher, placé sur la porte d énuée, le reste est unr
restauration de style ogival du XV* siècle , due à la magnificence des comtes'd'Angoulème, dont i'écusson se voit à la clef de la voûte du sanctuaire. Mais le clocher est d'une grande beauté. Porté d'abord sur quatre piles, qui soutiennent une coupole, il s'élève ensuite de deux étages, cl se termine par une llèche conique, en forme de pomm. de pin, pareille a celle de Roulel, de Saint-Kslèphe, etc.
La façade de l'église présente celte singularité, que, Irèsnue jusqu'à son sommet, elle porte un étage d'une sériedi Six arcades plein cintre, décorées de nombreuses colonnettes. L'église de Segonzac reçoit mi grand intérêt de ci magnifique clocher. La porte ogivale détruite |Kjurraitètrt relevée à peu de frais. Les murs latéraux D'oui pas été démolis.
MOUSTIERS. Nous avons décrit plus haut la partie du roman primitif dont celte église est composée. Nous devons mentionner ici les transsepls, la coupole centrale et l'abside qui apiKirlionnent au roman fleuri. La coupole est d'ungrande beauté. C'est une demi-sphère régulièrement appareillée. L'abside est décorée au dedans et au dehors d'une série d'arcades re posant sur des colonnesau quart engagée-. Les chapiteaux, les uns (etiillagés les antres symboliq-.ies. sont traités avec beaucoup d'art.
ÉGLISES DE LA M fi MF. ÉPOQUE
MOI» l*>«tIi.VT£9 toc* l'ait.
ARS, Ih arcubua. L u joli portail légèrement ogive ; chapiteaux feuillages. Chapelles latérales du XVI' siècle. On lit à la clef de voûte de celle du sud cette inscription gravée autour d'une rosace à huit feuilles :
bkx 6LIK (glonej cet. ( parc*; ) nicolao bkmo qvi
HOC OPV» l'ACEBE CVBAVIT AS.IO V" XX*» VI"
Beau retable en pierre de la chapelle gauche : style renaissance. Autre beau retable en bois du niaitre-autel. Colonnes torses. Chapiteau corinthien.
Cuve baptismale du XIII" siècle. (Voyez le dessin.) Elles! sculptée sur les quatre lao-s dont les angles sont ornés de quatre statues.
Le dessin redonne que trois faces parce que la qualrièm» a été mu'i'' -'. Celle-ci laisse apercevoir un saint dans ui méJaillon tenu par deux anges.
Le bas-relief du n* 1 présente un énorme lion ayant i cAtédc lui un petit lionceau. Le lion tient une téte des griffée de sa patte gauche de devant, et des griffes de la patte droite de derrière une autre tè!e.
Un homme nu dont une cuisse et les reins sonl entrelacés
DE LA ai
d'un serpent est saisi au bras par les griffas de l'attire patte de derrière, el aux pieds par l'a aire patte de devant. Derrière le lion est un aigle à deux té tes tenant sous ses serres un
Le bas-relief du n»2, encadré comme le précédent dans le haut par une corniche romane de feuillages enlacés cl sur les côtés par les statues des saints, se partage en deux sujets. Le premier présente au centre un bibou ( l'esprit des ténèbres); ii esl entouré de deux aigles qui le regardent (l'esprit de lumière). A côté de chaque aigle est un lourd animal qui a beaucoup do ressemblance avec l'ours.
Dans le second sujet on voit un homme qti'un dragon ailé, dont la queue esl hérissée d'écaillés, a saisi de ses deux pattes et qu'il dévore.Cet homme, d'un autre côté, tait ses efforts pour se débarrasser d'un serpent qui veut l'enlacer a son cou. Derrière le drjgon sont deux monstres ailés.
Le troisième bas-relief représente un aigle aux ailes éployées, soutenu par deux hommes a genoux.
Ce bas-relief est évidemment héraldique; les armes des Brémond, sires d'Are, soul un aigle d'or à deux têtes sur champ d'azur.
La cuve baptismale d'Ars est un des morceaux les plus curieux de la sculpture du moyen âge. Elle serait remarquée si elle était transportée au musée de Cluny. Elle a de hauteur 0,78 c. sur 1 m. 23 c. de largeur.
Elle a subi quelques mulilations Outre celles du quatrième côté, les tètes des saints ont été brisées.
CHALUGNAC. Eglise romane dont les voûtes ont été refaites au XV* siècle en style ogival. Abside el coupole. Le mur du nord do la nef est décoré à l'extérieur de deux grandes arcades, et l'entablement de ce même côté esl formé par une série d'arcalurcs. Nous reviendrons sur celte église, curieuse par ses sculptures, quand nous traiterons du style ogival.
CHARMENT, de Charmenlo. Une très-jolie abside décorée de colonnes engagées cl d'atratures. Coupole sous le clocher de style ogival.
CHAZELLE. Portail i deux voussures. Chapiteaux ornés •le monstres et «l'enroulemcnts de feuillages. Abside. Tïanssepts. Vutilc d'ogive romane- Jolie coupole sous le clocher. Tour carrée du clocher à deux étages.
AIXOt'E. Portail latéral au nord et pignon à l'ouest: ce porlad, à sept voussures, e5l richement décoré, mais sans aucun rapport dans son ornementation avec ceux de Ta région méridionale de l'Angoumois. Ce n'est plus la même école de sculpture. Smcluaire circulaire au dehors el heptagone au -dedans. Coupole octogone. Chapiteaux nus ayant une pomme à la volute. Fenêtres plein cintre. Etage du
ATtENTE. 313
clocher A huit fenêtres romanes légèrement ogivées. La nef n'a plus de vaut?. Une pierre, qui sert de devant d'autel , porte deux écussons, l'un à trois faces de.... surmonté d'une crosse, l'autre à l'aigle éployéo & deux tôles. Ce dernier écusson 80 trouve peint avec une croix de Malte audessous, sur un autre devant d'autel- Les couleurs sont : Aigk de gueules sur champ d'or.. »
AMBOUHIE. Portail roman en plcin-cinlre , archivolte à oves entourées d'un entrelacement. Corniche à arcaluro supportée par des médaillons symboliques. Deux tètes l'une contre l'autre indiquent la luxure. Ccsymbolismc se trouve ailleurs.
BENAYS, Benaiacum. J'ai relaté, plus haut, l'inscription qui constate les privilèges de Benays. Au-dessus do la pierre où elle est gravée est un écusson aux armes de France soutenu par deux anges. Le sculpteur qui a fait ce travail a gravé sur le côté les initiales de son nom L B P on caractères Qeuronnés.
Benays, appel* aussi Bcnays-le-Franc, en raison de ses franchises, était un prieuré. La cloche porte :
f»l»B rASTHALEOS 1AIV« I60«
C'était le prieur de ce temps-là. La porte qui communique du prieuré à l'église est décorée d'un écusson ayant pour pièce une gerbe. Portail au nord et pignon i l'ouest. Style architectural de l'école limousine.
BOUS DE BARBEZ1BUX. Cornicbc au-dessus de la porte ayant des modillons symboliques d'une grande expression. Serpents sculptes sur les impostes des piliers de droite de la porte.
DORS DE MONTatOREAU. Sanctuaire roman ogivé.
Sculptures asses délicates.
ClULLAC. Les voûtes de la nef et de l'abside, ainsi que la coupole, ont été détruites. Fenêtres en plein cintre.
Sur la façade, cinq arcades aveugles, archivoltes & étoiles; cornichesàcanncluresen saillie, figurant de petits billots de bois, comme au clocher de la cathédrale. Trois fenêtres plein cintre au sanctuaire.
CONDÉON, de Condtmtt. Grande et belle église romane, à laquelle on a adapté plus tard des voûtes ogivées. Fenêtres plein dntre.
Le portail esl surtout remarquable. Il a S m. 70 c. à son plus grand évasement, et est décoré de vingt-deux colon nettes qui portent cinq voussures concentriques délicieusement travaillées par le ciseau do l'ornemaniste.
L'arceau le plus étroit est découpé i jour en cinq lobes. Les autres arceaux sont ornés de dents bien arrondies, de feuillages entrelacés de quatre feuilles, d'enroulements de la disposition la plus heureuse.