‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 110 sur 120 · TRENTE. 31T · texte numérisé non relu

TRENTE. 31T

Cette église recevait les corps des sires de La Rochefoucauld quand ils venaient à mourir.

Il y a encore quelques inscriptions. La litre des La Rochefoucaufd est dans l'intérieur.

SAINTE-QUITIÈRE. Chapelle en partie détruite, au nord de Chadurie. On a trouvé A coté plusieurs tombes du moyen âge.

SAINT-QUENTIN de Cbalais. Église romane en croix latine, à laquelle ona ajouté deux bas-côtés du style ogival. C'est une des belles églises du sud du département.

La façade se compose d'un rez-do-ebaussée à trois arcades cl d'une série de cinq arcades au-dessus. Coupole. Aliside avec encorbellement de têtes plates. Décoration extérieure de demi-colonnes joignant l'encorbellement et d'archivoltes aux fenêtres. Jolie décoration de l'abside A l'intérieur; chapiteaux d'un excellent travail.

SAINT- V ALLIER. Nef a absides romanes. Abside décorée d'arcades intérieurement et extérieurement. Le reste, de style ogival.

SAUVIGNAC. Aliside décorée d'arcades au-dedans et andehors comme à Saint- Vallier.

SAINT- VINCENT DE CURAC. Jolie façade romane. Chapiteaux nus. Portail à quatre voussures, deux arcades aveugles latérales. Premier étage : Galerie de cinq arcades, séparée de l'étage supérieurpar unocorniebe quesupportent des modillons. Deuxième étage : Trois arcades. Abside. Coupole abattue.

SERIGNAC. Portail entouré de deux arcades. Archivolte étoilée. Sanctuaire carré à trois fenêtres.

Bénitier octogone décoré de seixe arcades romanes. Il a 1" de diamètre.

TORSAC Eglise fort intéressante. Abside dont la voûte est peinte en fresque du moyen-âge. Elle représente lr Christ entouré des quatre symboles des évangélistes.

Les noms des quatre évangélistes sont écrits en lettres gothiques sur des banderoles. Cette peinture est très-ancienne et mérite d'être conservée. Elle n'est nullement endommagée ; elle est au moins des dernières années du XV siècle. Coupole. Chapelles latérales du sud. L'une fait bras de transsept et a un ahsidiolc. L'autre est soudée a la nef. Nef voûtée en ogive romane. Portail i trois voussures du même style. Une niche latérale ogivée porte une statue de saint Jean-Baptiste, longue barbe, cheveux longs, tunique de peau de bêles. Il tient un livre sur lequel un agneau est sculpté en bas-relief. Petite statuette en pierre; Elle représente le Père éternel couronné de la tiare, tenant dans ses mains les deux bras d'une croix sur laquelle Jésus-Christ est attaché. C'est un travail précieux du moyen âge qui mérite d'être conservé.

Crucifix de la nef en buis sculpté. C'est un cht-fnTceuvre le sculpture et l'un des plus beaux de ce genre que j'aie vus. Je puis l'indiquer comme un modèle. Malheureusement la tête était bien vermoulue cl de plus on en a recouvert le bois d'une couche de peinture. Je l'ai vu avant celte opération.

Joli clocher octogone sur la coupole, décoré d'arcades romanis et d'archivoltes.

TUSSON. Tucio. L'abbaye de Tusson a «lé le berceau de l'ordre de Fonlevrauld (Voy. l'Hist. des villes, abbayes et fiefs de l'Angoumois). Il ne reste que peu de chose do l'église 1 àlic par Robert d'Arbrissclles. J'ai pu seulement reconnaître le demi-cercle qui formait l'abside; un trèslieau pilier qui règle encore jusqu'au dessus de la corniche, indique qu'il y avait une couj oie. Le reste du monastère a été démoli en partie. Les débris du monastère et de l'église ont servi aux constructions des maisons du bourg. J'ai retrouvé sur l'une d'elles deux inscriptions minutaires. Elles disent au rossant que là exista un célèbre monastère de religieuses :

CV UUT LA MESS ■ADKLK1B DT VTV. . .

ir.TATC. I» I» oct. 177«.

Cï OUI LA « MAHIE FATLE POl Ml O

Inscriptions simples comme la vie de celles dont elles rappellent l'existence sur la terre.

Nous avons terminé la description de monuments du roman fleuri du XII* siècle. C'est la belle époque de ce style sévère et gracieux tout à-la-fois. Il doit sa sévérité ii l'emploi des cintres pleins ou légèrement ogives, aux ulaidcs mystérieuses, aux nefs sombres, où l'oeil et la pensée vont se perdre. Il emprunte de la grâce aux mille ornements fantastiques [dont il décore les corniches, les architraves, les chapiteaux. Il est surtout aimé des archéologue s parce que sa statuaire est toute hiératique, toute de symbole. Ce n'est pas la nature, ni son beau réel, ni son beau idéal, que l'artiste roman cherche à rendre. Il n'y pense pas. Il a peu d'études de dessin. Les membres qu'il représente sont raides, les bustes sans proportion, les têtes souvent aussi larges que les bustes. Évidemment il ne but rien chercher dans de telles œuvres qui puisre rappeler le moindre progrès de l'ait. Mais ce qui est inimitable, mais • e que la science plastique la plus avancée n'a pas égalé, >:'esl le naif, c'est l'esprit s'écbappant do la pierre en la taisant oublier-, c'est la spirituaiisation instantanée du fait tnatériel rendu par la statue et le bas-relief, opération aussi rapide que celle de la pensée, qui oublie en l'écoutant la parole exprimée pour ne s'arrêter qu'à l'idée dont elle est

l'organe. Considérée sous le point de vue de l'art d'imitation, la sculpture des XI* et XII* siècles est mauvaise; considérée comme symbolisme , langage , expression d'idées dont on n'a pas besoin de garder la forme, celte sculpture a une grande valeur. Aussi c'est pour cela qu'elle est éminemment religieuse. Les saints qui ont macéré la ebair, amaigri le visage, dédaigné le costume, n'ont pas aux regards la beauté des sens; mais de ces traits que la méditations raidis.de cetlo face que la souffrance a décolorée, de ce tusorbi le des yeux qu'elle a creusés plus profondément, s'échappe la beauté surnaturelle; c'est la transfiguration do l'homme devenu ange, et s'échappent , par le désir, de la fragile enveloppe qui le retient encore : Cnpio dtstolvi et eue eum Chritlo. Tel est l'art au moyen 4ge, horrible oomm» forme, beau comme pensée. Mettez en parallèle une tète d'Apollon antique, avec le visage si sévère mais divin du Christ sur le nimbe crucifère, et dites ce que vous éprouve*. La vous adorez la forme, c'est bien : mais ici vous sentez le Dieu.

Nous passons maintenant a une époque de transition entre l'art roman et l'art ogival.

Celui-ci nous est presque inconnu. Surla terre classique du roman fleuri . quand chaque village avait une église avec coupole, abside, ahsidiolc a demi éclairées, mystérieuses, portails avec voussures, encorbellements symboliques, où la parole grave de la religion trouvait au dehors son expression sur la pierre ciselée, on ne songeait pas aux merveilles des monuments du nord.

Mais comme dans le monde l'idée est reine, et que dans sa course à travers les siècles elle doit tout entraîner avec elle, la pensée de l'art ogival vint A son tour. Quelle est la date précise de son introduction sur notre sol? La réponse est bien simple. Hlle a dû y devenir dominante bien tard. El pendant qu'on M tissait la Sa interpelle . monument du XIII* siècle et pourtant tellement avancé dans le perfectionnement de l'art ogival, que de bonsesprils regartlent lesœuvres des siècles suivants comme une décadence, pendant ce magnifique épanouissement de la poésie plastique du moyen Age, notre contrée, comme une terre fatiguée d'être féconde, ne produisait que des édifices insignifiants, quand on les compare a ceux du nord, dans lesquels les ara devenaient plus ogivés que dans l'époque précédente, les demi-colonnes plus élancées. Tout cela, on le voit, est peu de chose. Au XV» siècle nous trouverons quelques essais un peu moins médiocres; jusque-là, c'est de la transition.

Toutefois nous faisons l'histoire de l'art. Suivons notre plan et indiquons les édifices dans lesquels nous avons remarqué l'influence visible de l'art ogival du XIII* siècle.

DE LA CFIARENTE.

■OM'«m M LA DtMCttK IPOQCB DS LA

Sivlc de frunsilion, XIII' Bif-clv.

BARDEZli'.RES- NeL

ItARBEZIEUX. < En la ville do Barbezicus i a deux églises... l'une forl grande pour un tel lieu, dédiée à la Vierge Mario, mais appelle Saint-Matlhia3 : pour ce que lu, dîsoienl les Baibrzilois, avoit le chef de saint Matthias qui fut mis au nombre des douze apostres de Jésus-christ, comme il est escripl au commencement des faicts dcaapcstncs, lequel chef ils eomptoien lavoir élé jadis dérobé à Rome par un iwlerin qui, passant par Barbezicus, fui miraculeusement contraint do s'en descharger, l'avoieut enchâssé en argent et le gardoient soigneusement à une tour fort nnilicieusement faite pour cela dedans le co ur de ladite enlise. Le monlroient par certaines années à tout le mon do qui i couroit en grande dévotion. Mais dernièrement en l'esté de mil cinq cens soixante el deus que la religion ou je ne sais quoi autre mit une tant crueic guerre civile en la France, celte église là fust pillée comme plusieurs autres et tout ce de reliques qu'on révérait là-dedans, brisé el mis en poudre.' <■

Voilà oc que nous apprend Êlie Vinet sur l'église de Saint-Matthias. «Ou iamoustier et prieuré conventuel dépendant do Cluni * » Le vaisseau est en effet considérable, et ce qui reste n'est encore que la nef do l'édifice qui se prolongeait d'avantage à l'orient. Les voûtes ont été détruites. Elles élaicnl i voussures composées chacune de trois boudins. Les arcs doubleaux des has-cotés étaient en plein cintre, ol ceux de la nef centrale en ogive romane. Les fenêtres continuent à éire en plein cintre; nombreux chapiteaux des colonnes des piles ornés de feuillages et partout des anneaux ou des figures humaines en guise de volutes. Le travail de la sculpture des chapiteaux et des archivoltes esl d'une parfaite exécution. La façado a élé reconstruite, c'est un lourd morceau d'ordre dorique à deux pilastres. On lit dans le tympan du fronton : 175V; el sur l'architrave.

F»T»T8 DOIbSO* LAPIDVM ATHBATOR

Lo portail est gothique ; je le mentionnerai plus loin. L'église possède quelques bons tableaux dont je parlerai ('■gaiement.

BASSAC. Celle abbatiale a élé construite sur l'emplacement de l'église primitive du Xl« siêclo dont on a conservé quelques parties. L'édifice esl un carré long terminé à l'orient par trois fenêtres en plein cintre (remplacées plus tard par une large fenêtre gothique à meneaux).

• Elle Vinet, AnUq. de Saintes el de Barbetioim, n» «5.

Il se parlageen quatre travées do vonles à huit nervures, supportées par des pi tiers composés do faisceaux de colonne?, fttssac peut être cité comme type des églises de transition. Les deux styles y sont mélangés de telle sorte que le plein cintre qui règne exclusivement dans les fenêtres et la lacade indique l'art roman , el que les nervures des voûtes s'élam, int des colonneltes indiquent l'art ogival. Les deux travées de l'ouest ont été refaites au XVII» siècle : l'une porte à sa clef le millésime de 1088 en chiffres renversés.

Il y a des chapiteaux feuillngésd'uneextrême délicatesse; ceux de l'angle du mur, au nord ouest, sous la première travée, sont d'une simplicité et d'une grâce admirables. Ce sont des rouilles épanouies formant une volute végétale sous le tailloir.

La façade est forl remarquable. Elle a 16 m. 20 c. de hauteur jusqu'aux petites fenêtres, et H m. 50 c. d,> largeur. L'arceau de la porte est découpé en sept lobes fermés parsixdentelureset deux demi-dentelures. Sur la troisième voussure du portail esl l'inscription suivante gravée en creux :

It KIHI IHAIfAH ■r.COVVllf L'iMMOBTVLITt DS L'ABK.

Le plein cintre règne exclusivement dans la façade. Les colonnes sont engagées, mais la sculpture se sent beaucoup de l'école ogivale. Au lieu de chapiteaux au-dessus des colonnes qui supportent les quatre voussuresdu porUil, on a sculpté un rang de feuillages d'une grande délicatesse, parmi lesquels sont mélangés des quadrupèdes, des oiseaux et des serpents. L'archivolte est en feuillages, découpés et fouillés assez profondément pourêlre à jour, cequi devient commun dans les archivoltes des portails gothiques du XIV et du XV siècle.

Le rez-de-chaussée a trois arcades. L'étage supérieur en a cinq. Il est couronné par deux parapets percés du meurtrières, construites dans les guerres religieuses.

Le clocher est l'un des plus beaux de l'Angouinois. Si coupole porte sur quatre piles intérieures qui ne soni en rien adhérentes au mur qui les entoure. A-l-on voulu conserver la base d'un ancien clocher, comme à Saint- Pierre-d'Angoulême» L'architecte en faisant ses piles appareillées n'a-t-il pas voulu unir les assises de Mixage avec les assises d'appareil pour éviter l'inégalité de tassement des matériaux, lorsque le clocher pèserait sur le )»< de tout le poids de sa masse ? Je l'ignore.

La tour s'élève carrément, composée de quatre étages en retrait l'une sur l'atitre.F.lte a do hauteur, depuis le sol jus qu'à la naissance de la flèche, 2-4 m. La flèche est en cône aigu, en assises à écailles imbriquées, pareilles à colles de

.Segonzac. de Saint-Bslephe, do Roulct, etc. On peut lui donner approximativement 10 tu. do hauteur.

Un intéressant manuscrit dont je dois la communication 4 M. Eusèbe Caslaigne nous apprend que la seconde voûte lui reconstruili: en >GT7 par Brune) et Cou&sarcl (ou Collainvl), inalltvs architectes, le premiu du maréchal d'Albret, le deiuiinio du maréchal de NhyjiIIcs. Elles avaient été démolies en \M9.

Ce qui e.sl reni.irqeiUle dans l'église de Basai* ce sont les belles boiseries du chœur. Le même mémoire raconte qu'elles furent commencées en 169'J sur les dessins de frère Jean I.acoele, habile sculpteur.

Les suites sout au nombre de quarante, placées sur deux rangs. Les miséricordes sont du plus beau travail.

On y remarque deux belles cariatides sortant d'une galne.Lo lambris derrière les stalles csl d'ordre composite 4 pilastres cannelés. La frise se compose de rinceaux courants d'un effet gracieux.

Le pupille est fort bien sculpté ; il a 2 m. 38 c. de hauteur. L'aigle a 1 m. ?2 r. de hauteur sur 1 m. de largeur. Il tient un serpent dans ses serres. Sur le socle est un écusson formé d'un cartouche sur lequel on lit oc mot : PAX, avec une fleur de lys au-dessus et les trois clous de la Passion au-dessous. Lccartourbejopposé a les armes d'Orléans.

De l'autre colé on lit 1700. Quatre colonnes do marbre rouge et quatre autres de marbre veiné jaune décorent le retable de l'autel qui est d'ordre corinthien. Ce retable est de 1730.

BLAXZAC. Magnifique abside, appareillée avec un soin extrême. Voûte d'ogive romane. C'est un des beaux morceaux do ce slyle. Elle continuait l'autel et le chœur des chanoines.

BRIGUEIL. Le portail est latéral au midi de la m î. Le mur de l'ouest est un pignoa qui supporte le clocher. Nef 4 deux bns-cotés; des colonnes servent de piles aux arceaux. Ici l'ogive domine davantage, mais c'est encore du stylo roman. Ecole limousine.

BOITE VILLE. Chœur et sanctuaire.

BOUT1ERS. Commandcrie. Carré long voolé en ogive romane, partagé en deux travées par un arc doubleau. Chapiteaux nus. Clocher en campanille 4 quatre ouvertures d'un très bel effet sur le paysage. Porte en plein cintre. Cette voùle a été peinte en fresques. On voit encore un saint nimbé et au-dessus une roue.

CHARRAS. Sanctuaire al.^dal.

ECURAS. Sanctuaire absidal.

ELA VILLE. Sanctuaire ansktol. Portail d'ogive romane à gros tores aux voussures. Modillons symboliques à l'abside.

ECilALLAT. Sanctuaire carré. Voûte 4 nervures. Porte ogivée 4 nervures 4 gros tores. Niche 4 droite de la porte, formée d'une arcade trilobée. Une statue de la Vierge a dû y être placée, on y lit encore ces moU :

o Strço mémento met

EPENEDE. Portail à trois voussures d'ogive romane- Sanctuaire hiptigone. Sur un des chapiteaux un monstre tient dans ses griffes une lélc humaine qu'il dévore.

ETRICORD. Prieuré relevant de Graxnmonl. Les personnes du lieu l'appellent encore la iiaiton in Père*. Trèsjolie petite église. C'est un carré long terminé par une abside. La voûte est d'ogive roman. Elle a Cl m. 20 c sur 5 m. 50 c. Elle n'a au dedans ni pilastres ni demi- colonnes. Absence de fenêtres latérales ; deux fenêtres seulement 4 l'abside et une au pignon de l'ouest. La porte est latérale 4 la nef et ouvre du côté du nord. Elle est décorée de gros tores ou boudins qui se profllcnt jusqu'au sommet de l'ogive sans corniches ni chapiteaux. C'est une église du style de l'école limousine, toute en granit. La voûte très-légère en blocage.

Statue en pierre de Saint-Pardoux. Il est nu-tête et nupieJs, vèlu en solitaire avec une grosse corde pour ceinture. Il tient un livre de la main droite.

Cette jolie église, complètement délaissée et devenue une propriété particulière est très-fréquentéo. On y vient de très-loin faire itrs vœux 4 saint Pardoux, pour la guérison des bestiaux malades. Le vœu consiste 4 déposer aux pieds de la statue un polit cercle de baguettes entrelacées appelé collier de veau.

La tradition a conservé que celle église avait autrefois droit d'asilo. On voit dans l'emplacement do l'ancien sanctuaire uneoolonne d'un seul bloc en granitgris, avec base cl chapiteau romans, qui a dû servir de pied de croix.

GIMEUX. Portail ogivé avec archivolte à étoiles.

GENAC. Nef voûtée en ogive romane. Arcs doubteaux, chapiteaux des colonnes en feuillages 4 crochets comme dans les églises gothiques. Consoles sculptées pour soutenir les colonnes. Sur une d'elles est la Vierge ayant le bandeau royal sur la tétc et une de ses mains sur la poitrine. Elle est entourée do deux anges qui soutiennent son bandeau. Le sanctuaire est du slyle ogival le plus moderne. A l'entrée, coupole ovale sur des arceaux fort ogives.

HOU .\1E. Eglise aujourd'hui en ruines. Carré long de style roman 4 nervures, terminé par une ahsiJecarrée plusétroite que la nef.

HESSE. Sanctuaire absidal. Nef sans voûles. Sculptures en bois. Quatre colonnes torses 4 chapiteau corinthiens.

•Sur le portail,

JUILLAC-LB-COQ. Sanctuaire.

JARNAC. Crypte. Comme monument de ce genre, c'est le morceau le plus intéressai» que possède le pays. Le plan est un carré de dix mètres de larçeur.Au centre est un pilier en croix grecque décoré de buit colonnes sur les chapiteaux desquelles s'élèvent les nervures. Quatre travées de voûtes, soutenues chacune par huit nervures, se développent autour du pilier central. A chaque angle de l'édifice, est une colonne sur un pilastre. Mais à l'angle nord-est la colonne est remplacée par un ange nimbé. C'est le seul exemple de cariatide que je connaisse, en Angoumois, dans le style des édifices du moyen âge.

Tout le travail indique une époque avancée du style ogival , et cependant les t radilions romanes dom i non t encore dans les piles, les chapiteaux, les colonnes.

LA CHAISE. Net Cette église passe pour avoir été construite par les Templier».

LA VALLKTTE, autrefois VILLEBOIS. Portail à colonnes peu saillantes hors du pied droit de la porte. Abside. Toutes les voûtes de l'église ont été abattues. Au-dessus de la porte latérale du nord de la nef est une tète énorme couronnée de pampres. Comme elle a été mise après coup sur cette porte, il est probable qu'elle n'est autre chosequ'unmodillon d'une église primitive.

LESTERPS. La vieille église romane de Leslerps, dont il resle encore la nef, fut prolongée au XIII' siècle sur un plan d'une grande beauté, et la nef reçut deux travées de plus. On construisit des transsepls de 31 m. de longueur et un sanctuaire pentabsidal dont chaque abside rayon ne sur une abside centrale de i% m. 40 c. de diamètre. On peut juger du développement de cet édifice, puisque ce prolongement seul , non compris la vieille nef romane, a 46 m. 5 c. de longueur.

Aujourd'hui citte magnifique abbatiale a été rasée jusqu'au sol. J'ni pu cependant, à l'aide) des bases de l'édifice <iui restent encore dans une partie du périmètre, en relever le plan. Du reste, je no dois pas oublier de dire que celle vaste église en formait deux. La vieille nef servait de paroisse, l'église neuvo était celle des religieux.

Nous ne pouvons juger de cet édjflcc que par le plan et quelques débris qui se trouvent encore suris sol. Plusieurs tbapitiaux placés au seuil de quelques maisons de Leslerps sont d'uno grande originalité de dessin. Ce n'est plus l'art roman avec son symbolisme religieux, ce sont des dessins fantastiques, dcs^astragales nattés, des enlacements cor- 'tésau milieu desquels sont des (tommes de pin; de larges feuilles de fantaisie s épanouissent après s être recourlwes

DR LA CHARENTE. Ml

on médaillon porté par deux en volutes. C'est bien ce que l'ail au XIII' siècle a proluil

de plus délicat sur notre sol. Les chapiteaux no sont pas en pierre granitique du pays, mais en calcaire compacte .d'une grande finesse qu'on a fait venir du Poitou ou des environs de Chasse neuil. Les bases sont aussi traitées avec une extrême délicatesse. Elles se composent, en partant du fût, d'un tons d'un cavet, d'un filet et d'un grand quart de rond. Les angles ont une patb: ù (rois griffes, i absides a deux contreforts peu saillants-

LE GRAND al AS- DIEU. Eglise de la Cafré-long. Nef à voûle d'ogive romane. Sanctuaire carré, éclairé par trois fenêtres dont la voûte à nervures e6l du XV siècle.

1.IMËRES. Eglise de plusieurs époques. La façade est fort curieuse par son mélange des éléments du style ogivé avec ceux du style roman. On serait tenté de croire qu'on a composé celte façade de style gothique avec les débris d'une façade romane antérieure. Toujours est-il que des fragments de bas-reliefs romans qui occupaient le tympan d'une porte plus ancienne ont été plao's sous trois arcades, au-dessus du portail actuel. Au centre de la façade est une rose sans meneaux avec une archivolte étoilée.

alALLBRAN. Eglise de la commanderie. Carré long terminé par trois fenêtres. Ces trois fenêtres sont richement ornées au dedans de quatre piles ornées de colonnes. Les deux piles centrales ont chacune trois colonnes grou[ié«s. Une seule colonne est A chacune des autres piles. Les trois archivoltes des fenêtres sont ornées d'étoiles et de feuillages. Les chapiteaux à feuillages, sortant de l'astragale et s'élevant à la naissance des arceaux sans trouver de tailloir, sont un des motifs les plus gracieux. Les bases ont des pattes de feuillages.

NERSAC. Façade d'un bon travail. Stylo pur et sévère. Portail à trois voussures, en plein cintre, archivolte A rayons entrelacés.

PLEU VILLE. Carré long, colonneltes peu saillantes. ROUMAZIÈRES, à* AuoWa maceriis {la pierre des carrières du pays, fortement chargée d'oxkle de fer, est rouge). Abside pentagone. Très-joli portail du style de l'école limousine. Il se composede quatre voussure6 superposées, partagées par six colonneltes. Un gros boudin correspond dans leurs voussures à chaque colonnellc. Les angles des pieds droits, à coté des colonneltes, sont évidés en cavets; le même évidement se continue sur les voussures. La voussure intérieure est entrecoupée par des lisions transversaux , comme à la Pérusc. Ce portail est en ogive romane très- prononcée. Un très- joli écusson du XV* siècle, entouré de petits pinacles, dont les intervalles sont trilobés, est au dessus de la rortc: scmédeOeurs de lys,

Al

5iî STATISTIQUE

qui est Feydean , avec un croirait on cime pour brisure. SAINT-PAL AK-DBS COMB8S. Sanctuaire.

SAINT-ESTËPHB. J'ai cilé une parue de la nef de celte église comme appartenant au roman primitif. La base du clocher, avec la coupole octogone, est d'une époque postérieure, et le clocher est du XIII» siède; l'abside enfin est de style ogival. Ce clocher est un des plus beaux de ceux que j'ai désignes sous le nom de clochers a flèches en pomme de pin. La tour carrée, sur laquelle porte la flèche en cône allongé, est partagée eu deux étages ; l'étage inférieur est orné sur chaque face de quatre arcades aveugles, en pl«in cintre au dehors, et trilobées en dedans, portaot des pieds droits.

L'étage supérieur a deux grandes arcades on plein cintre, subdivisées chacune par une colonne en deux arcades trilobées. Le tympan de l'arcade plein cintre est percé d'un oculus trilobé. C'est là un exemple remarquable du mélange des deux éléments de style. La flèche cooique a 82 assises à feuilles imbriquées de 0 m. 22 c. de hauteur, ce qui donnerait il m. 44 c. pour toute la flèche. Boulet. Pia^sac, Sainl-Jcan-dela-Palud, Hassac, Segonxac.onl des flèches semblables.

SAINT-HILAIRB. Carré long. Voûtes d'ogive continue. Fenêtre plein cintre. Piliers très-saillants.

SAfNT-MARMET. Jolie petite église qui tombe en ruines. Carré long. Voûte d'ogive romane. Voûte du sanctuaire A nervure, d une époque postérieure. Fenêtre en plein cintre.

SAULGOND. Carré long terminé par trois fenêtres. Plusieurs tableaux d'une bonne exécution ornent cette église.

SONNBVILLB DE ROUILLAC. Le mélange des styles est encore ici fort remarquable. L'église est un carré long. Les fenêtres sont on fer de lance. La voûte est d* ogive romane, partagée par trois arcs donbteaux. Les contreforts ont une forte saillie. Joli retable en pierre. Quatre colonnes corinthien née.

SAINT-BRICK. Joli sanctuaire carré. Colonnes élancées, groupées par trois aux angles du sanctuaire. Trois fenêtres étroites, garnies de colonnettes romanes au dedans et au dehors. Nervures de la voûte A boudins. Les chapiteaux sont sculptés avec délicatesse. Bon style de cette époque. Un caveau sépulcral est creusé dans le roc, sous ce sanctuaire.

THE1L-RAB1ER. La voûte de la nef n'existe plus; elle était de roman ogivé : abside voûté*, porto de roman ogivé, colonnes peu engagées. Un campanille.

VOUTH03. Église de la commanderie. Ce n'est que la nef d'une église plus grande. La voûte est d'ogive romane trèsprononcée. Portail de quatre voussures orné de quatre colonnes, dont la dernière, en saillie sor leplan, ne porte que

l'archivolte, ce qui est Iris-rare. Us bases des colonnes sont pa liées.

BONNEUIL. Carré long qui a reçu plus lard deux petites chapelles latérales. Coupole. Voûtes d'ogive romane i la nef et au sanctuaire. La façade est un morceau bien remarquable : on peut la donner comme type des monuments de style romano-ogivé du X1U* siècle. Le portail à cinq voussures est en plein cintre. Les deux arcades latérales sont fortement ogivées. Au-dessus est une corniche romane ornée de rosaces et soutenue par des modillons romans. L'élage au-dessus se compose de la fenêtre centrale en plein cintre, A quatre voussures, accompagné de deux arcades ogivéea plus petites, et de deux très-grandes arcades aussi fortement ogivées. Les archivoltes sont ornées de feuillages A crochets, exactement semblables A ceux de Notre-Dame de Paris et de plusieurs édifices gothiques. Plusieurs chapiteaux ont aussi ces feuilles A crochets. Ici donc, style roman dans le plein-cintre des arcs, du portail et de la fenêtre, dans les colonnes engagées, dans la cornidie avec ses modillons symboliques, dans la forme et l'évascment des arcades, dans l'ornementation éloilée de quelques archivoltes, et style ogival dans toutes les autres arcades, dans l'ornementation des feuillages A crochets, dans le dessin des chapiteaux.

CHATEAU-BERNARD. Eglise de la commanderie. Carré long. Belle voûte romano-ogivée. Jolie chapelle latérale du XVI* siècle. Le portail est latéral ; pignon A l'ouest.

Nous avons parcouru toutes les périodes de l'ère architecturale romane. Dans le premier Age elle est lourde, étroite, sombre; elle aime les petits contreforts, elle économise les matériaux, et se sert constamment des deux appareils : l'un moyeu, nu pierres de taille, pour lus angles, les piles, les colonnes, les travaux de sculpture; l'autre, plus petit, pour les parties lisses : la sculpture est grossière, mais fortement symbolique ; elle met toujours dans le plan la coupole, souvint octogone, et l'abside, mais toujours l'abside: fréquemment les absidioles, quand il y a transsepts. Ses moulures sont grossières, souvent des boudins superposés, ou simplement séparés par un cavet.

A son second âge, elle a beaucoup des caractères de l'Age précédent . La sculpture marcho un peu. Les tètes sont moins attristées, les bustes se développent ; l'arc ogivé s'introduit déjà, pendant qu'il estcoœ|)lt'tement inconnu à l'époque du roman primitif. On commence A l'employer partout où l'on peut redouter un effort, et l'on réserve le plein-cintre pour les petites arcades. Les bases sont moins

les archivoltes, peu connues auparavant, s'introduisent. Les modillons apparaissent aussi. Quand nous les trouvons

En voici le

Saint Ange:

itvpc le

à l'âge primitif, ils ne sont qu'un simple carré, «lonl on angle est abattu, el la sculpture y Irace a peine quelque ligure grossière.

Arrive enfin le troisième âge, le roman ûeuri, l'épanouissement de l'art, comme la jeunesse dans les tires qui ont la vie, comme la floraison dans la végétation qui se féconde.

Tout ce que l'imagination offrira de plus riant, tous les motifs les plus gracieux seront dessinés aux voussures, aux archivoltes, dans les tympans, dans les entrecolonncments. Les bases s'inspirent de l'ionique ancien ; elles sortent du tour avec le profil le plus pur. Plus de grossièreté dans l'appareil, plus de tâtonnement dans tes procédés de l'art

Si la sculpture est encore bien imparfaite, si elle Imite mal la nature, le vrai, elle a une grande puissance d'expresskm et d'idéalisme. Elle coupe la pierre avec une énergie biblique, comme les prophètes remuent lee paroles sur leurs lèvres de feu. C'est une poésie, une musique simple, mais à fortes vibrations, avec les éléments bornés d'une harmonie divine.

Mais bientôt un art nouveau, dont les principes étaient •lansTartanlérieur commela tige élancée dans le collet de la racine qui la relient, viendra créer des œuvres merveilleuses. Le roman, tout majestueux qu'il «si, pâlira devant ces créations aériennes et imposantes. Il y aura quelque temrs lutte. Mais la loi éternelle que ce qui est vieilli meurt, qwd ,tmit{U4ttur et tentait prope inleritum ett (s. Paul, ad Hebr. VIII, *3). aura son accomplissement : l'art ogival sera roi. Il produira ses chefs-d'oeuvre, et recommencera pour l'ar- .-hitecture une ère nouvelle qui aura comme l'art roman ses périodes d'accroisseineiit et de décadence, parce que lui mil || est l'oxpression de la pensée des âges qu'il traverse. Il est grave quand elles sont graves ; inspiré el enthousiaste quand elles arrivent au plus haut période de l'élan et de l'extase religieux; maniéré et prétentieux quand les esprits se jettent dans les subtilités et la sécheresse des écoles; il redevient païen et nous ramène la fabuleuse antiquité, quand les idées secouent les doux langes de l'cnrance sociale, et dans leur bond impétueux et aveugle renient le triple bien de la foi, du patriotisme et de la personnalité moderne pour se jeter dans l'imitation des peuples vieillis. Mais avant cette chute funeste, il a ses splendeurs-

Je n'aurai pas a les raconter dans ce livre, pour notre province. Elle est si pauvre en édifices de style ogival, que j'ose à peine en tracer la nomenclature.

Le Xlll* siècle se passe chez nous dans la lutte, dans la transition. Elle produit encore, dans ce travail hybride, des ■ euvres qui ne doivent pas être dédaignées. Au XIV siècle,

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les guerres incessantes qui se prolongent jusqu'à la moitié du XV, et dont 1 Angoumois est souvent te théâtre, y ari-éteut tout mouvement de l'ai l qui n'a sa vie que dans la sécurité et la paix.

Ce n'est qu'au milieu du XV siècle que des parties asset

EGLISES l«F S T'Y LE OGIVAL.

roiisra oc r»aTiF9 Fin du XIII' ùècle tt commencement du XIV.

Aime. ' iChaiiiillac.

HUuiiac Baigne.

NauU'ud-ea-Vallrc. FglUede laJCondéon.

parnisMie.

STÏLE OGIVAL DM \V« El A\l« SlkXLES.

Clurincnt, Challignac.

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