LANTERNES DES MORTS
L'ir.léiét qui se rallache aux monuments funèbres a fait rechercher par les hommes de la science quelle pouvait être la destination des fanaux placés dans les cimetières. A l'aide de documents précis, tirés des chroniques et des chartes, on est venu à établir que ces fanaux avaient élé élevés, au moyen âge, dans le double but de rendre aux morts le culte du souvenir, et de diriger la nuit les pèlerins vers un lieu habité. Les preuves sur ce point sont hors de de doute Nous renverrons pour les développements sur ce sujet à une notice d'un grand intérêt, écrite par M. Alexis de Chasleigner, de Bordeaux.
Parmi les lanternes qu'il a dessinées et décrites se trouve.
celle de Pranzac; mais il n'avait pas vu la plus belle que possède l'Angoumois, celle de Cellcfroin.
1* Cellcfroin. Nous donnons un dessin de ce curieux monument. Il n'a nos moins de 12 m. de hauteur, y compris les gradins sur lesquels repose le piédestal, llestmassir jusqu'à la corniche en saillie que l'on remarque h la quatrième assise des adonnes ; alors il devient creux jusqu'au sommet, qui forme une petite lanterne éclairée par quatre tenétres. Lo conduit intérieur est tellement étroit qu'un • nfant seul peut s'y introduire pour alteindrc la lanterne. Nous avons ici une preuve positive qu'une lampe était «Hachée au sommet de a; monument : le crochet de fer qui retenait la corde destinée à abaisser la lampe pour l'allumer chaque soir, se voit encore à la paroi intérieure. Le clocheton conique eldenlelé qui couronne les huitcolonnes groupées nous donne une idée des (lèches romanes du même style que j'ai décrites plus haut.
ï* Pranxac. Celle-ci a moins de hauteur que la précédente. En y comprenant la base, composée de quatre gradins circulaires, elle n'a que G in. 30 c. de hauteur. C'est une colonne évidée au -dedans, percée au-dessus de la seconde assise de fût, d'une porte de feu c. sur 40 c; dans lu haut, de pelilcs fenêtres rondes cl en carré long donnaient passage à la lumière. Une corniche en saillie ornée d'éloiles à huit rayons supporte lo clocheton qui est en cône lisse surmonté d'une croix.
Architecture eieik.
KMOI E ROMANE.
Il ne reste de cette époque que des débris .insignifiants.
SFOQl'B OGIVALE,
LA MON NETTE. Vigier dit formellement que c'était l'hôlel où nos comtes faisaient frapper monnaie, et il en fait remonter fort haut l'antiquité. Toutefois l'édifice n'est pas .intérieur au XIII' siècle. C'est par erreur qu'à la page 101 j'avais indiqué cet hôtel comme étant la maison des Templiers. Des uîres précis donnent les confrontations de l'hôtel de la Monnelte entre la place du Mûrier, la rue de Beaulieu et l'évêché.
L'édifice présente un carré dont les pignons interrompus à une certaine hauteur forment un parapet ; do sorte que le toit ne peut être aperçu. Ce parapet fait tout le tour de l'édifice, mais sans saillie ni mâchicoulis; les fenêtres, re-
maniées à plusieurs fois, portent cependant des traces du style du XIII' siècle.
COGNAC. Maison des Templiers, bille en 1S03. On y ht la devise de l'ordre : spkho m llcem pu c» usina.
t.rtmvr. lit la iumiss»N<:r..
ANGOl'LEME. Maison Saint-Simon. (Voyex le joli dessin du M. Jules Geyuet, lilhographié par Bicfaebois.)
Celte maison, située dans la rue Cloche- verte, est le «eut •'■lificc civil de la Renaissance que possède Angoulème. La !« tiic f.tcadc. avec ses pilastres, ses médaillons, ses lucarnes ouvragées, présente un ensemble assez gracieux. Mais 1.1 sculpture en est grossière. Le dernier membre de la famille Saint-Simon qui en ait été le possesseur a été Louis- Charles, vicomte de Saint-Simon Monbléru, sgr des Doussets. Il la vendit à M. Antoine Desmaseaud, avocat à Angoulème. le 16août 1784. Une des croisées a encore un vieux vitrail où sont des armoiries.
y Maison Nesmond. C'est aujourd'hui l'hôtel appelé la Table royale. L'entrée, rue des Arceaux , porte un crénellement simulé. L'escalier a dans sa voûte l'écusson des Nesmond.
4' Maison de Balzac. Elle a été remplacée par une construction moderne qui occupe toutefois le même emplacement. C'est aujourd'hui l'hôtel Astier, en (ace des prisons. Comme on peut croire que notre illustre écrivain est né dans celte maison, la Société archéologique et historique a tait placer une tablette de marbre noir au pignon extérieur avec cette inscription :
ICI XAQVIT IC* 1397 JEAN L0VI9 GVK CE «AUAC BIT LE RMTAVHkTSVR PI LA LASCVI nUKÇAISB «.OCtETE ABCHROL. ET HWT.
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3* Maison Villuulreys, où logea Louis XIV à son passage à Angoulème. On m'a assuré qu'elle donnait sur la place Marengo.en face de la rue des Arceaux. Je n'ai pas de documents à ce sujet.
6° Maison de François V. Une maison de ce nom dans la rue François I» a quelques restes des sculptures du XVI' siècle. Dans le plus haut éUge un petit cabinet lambrissé est orué de peintures en détrempe représeniantdesarabeeques. des chiffres, des écussons et surtouldesinscripUons latines fort élégantes. Malgré mes recherches, l'indication des initiales et des armoiries u'a pas pu me conduire à découvr.r le nom de l'homme lettré qui passa de douces heures dans ce petit boudoir de la philosophie et de la science.
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COGNAC. Maison de la nourrice de François I". Sur la •strie est sculptée la salamandre.
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De même que le si; le ogival, sans aucun mélange de renaissance, se continue chez nous pondant près de la moitié du XVI* siècle, de même le style de la Renaissance envahit a son tour les premier»» années du XVII».
lia» vers le milieu du siècle le goût change entièrement, et on adopte partout ce style auquel on a donné la dénomination vague de style moderne.
Parmi les châteaux je citerai Martbonqui, par l'époque, -si du XVII', mais lient beaucoup du style de la Renaissance.
MARTHON. Le château neuf de Harlbon avait été commencé sur de belles proportions. Une moitié seule a été terminée. Le plan total est un grand eorps-dc-logi* ayant un avant-corps eu perron au centre de la façade du midi, *l deux pavillons aux extrémités de la façade du nord. Il a été construit dans la première moitié du XVII* siècle. J'ai trouvé dans l'escalier deux inscriptions du temps, gravées probablement par des ouvriers qui ont travaillé a l'édifice ; l'une : pitit pabis. 1634, et l'autre : latkidtei, 1C68. Ce qui est le plus remarquable est le perron. Il est formé de trois arcades à jour qui supportent une voûte a arêtes. On y parvient du sol de la cour par un escalier droit, le plusieurs degrés. Ce perron est travaillé avec beaucoup le goût et orné de sculptures délicates.
Le vestibule auquel il donne accès a sa voûte en berceau, ornée de caissons et de rosaces, et le rang des pierres qui forment la clef est une suite d'arabesques. L'écusson du scigneurde Marthon, celui qui fUconsiruire le château, y est sculpté, mais les pièces ont été abattues par le marteau. I.a façade du midi a le rei-dc-chaussée d'ordre dorique, avec métopes unies. Les encadrements des fenêtres sont en rustique. L'étage au-dessus est d'ordre ionique, dont les colonnes sont ornées de cannelures à demi engagées. Les Hicadrements des fenêtres sont nus. Les eaux tombaient sur des dalles ornées d'un allique à jour, et de là étaient rejetées par des gargouilles à forme de consoles ayant à leur extrémité un mascaron.
Si ce château eût été terminé d'après le plan sur lequel •\ a été commencé, ce serait sans aucun doute un des morceaux de ce genre les plus remarquables. C'est du style moderne, mais encore inspiré de la Renaissance. L'imitation de l'antique n'est pas direde , mais il y a quelque
chose qui accuse l'originalité artistique. Eu un mot ce n'est pas une froide copie des monuments grecs.
MOMMFMS COMP.MfOmiV».
Les seuls châteaux contemporains qui aient de l'iranon- Unce, ou par leurs dimensions, ou par les soins apportés à leur construction, sont les suivants :