CHAPITRE I
Htsluirc politique.
Païaitic tPOQUï. — DefnUi la conquête dit Gaula par lu Romain» jusqu'aux comte» héréditaires dt TAngoumoit.
STlf
w k» VBi-
Priae ei'Angouleme par Clovia.
Miira<iuier, comte d'Angouième.
Bataille livrée près d'Angouième, où péril
Théodebm, 0l« de Cbilpério.
Nanlin, comte d'Angouième, neveu de Martquicr.
tUranulpbe, comte d'Angouième , du temps deS.Cvbani.
Après J.-C. 71».
d'Aquitaine.
77S. Premier passage dcCliïrtPir.aRnaàAngoulême. 711. Second passage de Charlemagne A Angooltme. •il? Ithier, ou Rhotaire, comte d'Atiguulcme. 14t. Angoulemc prit et saccage par le* Normande. (4t. Turpion, comte d'Angoulime.
••S. Emenon on Uunon, comte de Poitier» e4 ens de Turpion '.
L'histoire des peuples do la Gaule, dans les temps reculés, est très-obscure. A peine quelques traits échappés çà et là aux écrivains de l'antiquité nous rappellent leurs noms et le rôle plus ou moins important qu'ils ont joué dans les guerres que Rome se croyait appelée à faire à toutes les nations du monde. Les destinées des Ecolimiens disparaissent dans cette nuit silencieuse du
passé. Séparés des Santons au moment où leur pays devient une cité, nous les voyons incorpe—
« Je ne mentionne pas ici parmi les comtes temporaires de l'Angournois, un Taillefer de Léon, indiqué par la chronique de Turpin. Outre le peu de cooûance que mérite celte chronique, le nom seul de TailUfer donné à ce comte, plus d'un siècle avant les véritables Taillefers, permet de douter de son existence.
rés à l'empire et subir la loi commune au reste comme un ange inspirateur, retiendrait toujours
de la Gaule. Toutefois les monuments de la stra- dans la foi. Après la défaite d'AIaric II dans les
tégio antique, qu'on rencontre a chaque pas, at- champs de Vouillé, Clovis, arrivé aux pieds de
testent que notre contrée a été bien des fois le nos remparts, craignit d'être arrêté trop long-
théàtre d'événements graves, de luttes sanglantes, temps au siège d'une place que son admirable
Trois grandes voies romaines qui la traversent de position semblait rendre imprenable; il préféra
l'est à l'ouest, dix-sept camps retranchés ou sta- se jeter dans le Midi, où il s'assura des places
lions militaires, un grand nombre de tumulus, des fortes, et principalement de Toulouse, capitale
élévations irréguliéres de terrain qui ont dû re- des Visigotbs.
couvrir les restes des vaincus, sont l'histoire tou- Le Chevelu, avec son armée victorieuse, vint
jours \ ivante de ces longues guerresoù Rome dé- investir Angoulême qu'il prit d'assaut au moyen
ploya vainement sa merveilleuse tactique contre d'une brèche formée par unéboulcmentdesrem-
les masses toujours renaissantes des Barbares. parts. Après avoir mis à Câpre la Gois qu'il trouva
Jusqu'au sixième siècle, à part la cession de dedans, son premiersoin fut pour l'Église. Il chassa
l'Aquitaine faite par Honorais aux Visigoths, il révoque et les prêtres ariens; il lit élire pour
n'y a pas d'événement politique auquel les Eco- évêque Aptonius, son chapelain, acquittant ainsi
limiens paraissent prendre part. C'est au moment fidèlement la dette qu'il avait contractée envers
de l'invasion germanique, en présence de l'armée l'Eglise. Aussi, à son tour, s'est-cllo montrée ro-
victorieuse de Clovis, qu'Angoulêmc paraît pour connaissante, même pour sa mémoire. Dans les
la première fois dans l'histoire. vieilles chroniques, elle a fait comme une épo—
Les Francs, ces nouveaux venus dans le partage pée pour chanter sa délivrance : elle a vu les rem-
des lambeaux de l'empire, souvent refoulés au- parts s'êcroulant miraculeusement devant le
delà du Rhin, s'étaient enfin fixés dans le nord vainqueur. L'Église avait le droit de faire de Clo-
des Gaules. Peu à peu, ils avaient poussé leurs v is uu héros; seule alors elle tenait la plume et
conquêtes; il était réservé à Clovis de les étendre pouvait dispenser lagloire'. jusqu'aux Pyrénées. La conversion du roi franc Toutefois, l'histoire ne le dissimule pas, Clovis
au christianisme fut le fait immense qui détermina n'était qu'un Barbare. Ce Sicambre n'avait pas
l'avenirde notre patrie. Pcndaulque l'arianisme élétellcmentadouciparl'eaudcsonbaptêmequ'il était partout, que les évêques catholiques trem
• Velus Cmlex manusaiptus continent nomma et Getta
blaient pour la foi et redoutaient plus les ariens Pontif H com ^ iic ^ . , PRC j icUjs nt (JC , /|W< cio
que les Barbares, l'Eglise appela de tousses vœux « dovœus | Bngolismam obsidens quam nefandissitna gens
le néophyte de Reims, comme un enfant qui « Golhorum ooeupaverat et jam Pontilicalum ipsius urbis
j •. .• „ „.v P1 . nn . • ,.„ « sibi usurpàrdt à tempor* S. Auswtii, consilio capellanl
devait protéger sa mère. Elle no put voir qu un ^ ^ ^ r , Uqilias ^ ini9 ot
libérateur dans le Sicambre qui avait courbé la . aqua! mur0 s «-xioiu-rc récit, et sutim mûri corme-
tôte devant saint Remy. D'ailleurs la politique du • runl; captàqne civitate, intcrf.disqu.' Golbis et expulso
Barbare gagnait trop à la protection des évêques « Uotuorum capciianura suum Aptonium
• H , , jxr « consecran firit, clin prasdieiaeivitatcconstituilcpisco-
pour qu il ne se déclarât pas leur défenseur. f pon) quj el aqtttt aXbeirM
Lorsque l'habile conquérant porta ses vues sur , oblulit , in qui usquo in praeserc cootineotur et manmo le midi et convoita cette riche monarchie des « honore venerantur. » UactenùM nie codex vttu. iiisi. Fr.
scu cliron. Ademari Kngnl. Epiiomc. àPelroàS. RomuAldo Fui. ad ann. VU Grimai ne de!
de l'unité des Gaules sous uu chef que Clotilde, baitutiaeju* <
Visigotl*, l'Église orthodoxe poussa un cri de S™^^^ joie. Elle pressentit les heureuses conséquences Gri ^ ajre ^ To ^ re dil . . Cui tri.
DE LA
ne commît plusieurs cruautés indignes d'un roi chrétien. Ce fut bien pis sous ses enfants : le royaume par la loi des partages, fut livré à la plus sanglante anarchie. Ces Mérovingiens se font la guerre entre frères, se tuent, massacrent de tendres enfants et s'abandonnent aux excès d'une politique farouche qui ne connaît que le glaive.
Los peuples du Midi, dont quelques uns, et particulièrement les Arvernes, avaient puissamment soutenu Alaric II contre les Francs, reconnurent bientôt qu'ils avaient peu gagné à changer de maîtres. Aussi les voyons-nous saisir toutes les occasions qui se présentent de se soulever, afin de s'assurer leur nationalité. L'Angoumois fut souvent le théâtre de ces luttes qui ne s'arrêtent qu'à Charlemagne.
Dans le partage du royaume, à la mort de Clotaire, entre Chariberl, Chilpéric, Sigebert et Contran, Charibert eut pour sa part le royaume de Paris et l'Aquitaine. Charibert mourut après neuf ans de paisible possession de l'Aquitaine; Gontran, à qui celte province échut dans le partage des États de son frère, la céda à Sigebert ; mais Chilpéric jaloux courut sus à Sigebert , et lui enleva, entre autres, l'Angoumois, la Saintongc et le Poitou. L' armée de Chilpéric était commandée par son fils Théodebert qui s'était fortifié dans Angoulème. Gondegisile et Berlran Bosson, chefs de l'armée de Sigebert, s'avancèrent contre Théodebert. La rencontre eut lieu entre Saiul- Amand de Boexe et la Charente. L'armée de Sigebert fut victorieuse; Théodebert tomba dans la mêlée cl son corps fut dépouillé après le combat; mais un seigneur, uommô Aruulphc, l'ayant
mar a copié à peu près le passage de Grégoire do Tours. Paul Émile dit simplement que les murs tombèrent de vétusté. André Thevet ajoute :
« De vouloir îcy Caire doute de la puissance do Dieu en « cest affaire, a Dieu ne plaise : mais je scay aussi qu'assez « de fois je les ai veu cheoir en ma jeunesse en plusieurs • endroits : et cela advient, à cause que ne pou vans creuser « avant pour ce que c'est tout roc, souvent elles se crèvent « et minent, et puis par succession de temps s'en vont par « terre. » Cosmog. univ., liv. XIV, page 919.
1ARENTE. 63
reconnu, le fit transporter honorablement à Angoulème oû il fut enterré dans l'église de Saint- Pierre, selon quelques-uns, ou à Saint-Cybard, selon Adémar de Chabanais 1 .
La guerre se renouvela en Aquitaine après la mort de Chilpéric (587). Les grands du Midi appelèrent de Constat) tinople un Gondovuld qui se disait fils du premier Chlctaire, et le proclamèrent roi d'Aquitaine. Plusieurs villes, Bordeaux, Cahors, lui ouvrirent leurs portes; l'évêque et les habitants d'Angouléme le reçurent avec honneur*. Il se soutint quelque temps par l'influence des grands qui lui avaient décerné la royauté; mais ces hommes inconstants, de courage Irgier et peu durable, ne lardèrent pas à l'abandonner. Ccrué dans Comminges, sa dernière retraite, il fut livré par eux, mis hors de la ville et tué d'un coup de pierre sous les remparts».
La lutte se réveille bieutôt. Les premiers Carlovingiens trouvent des adversaires terribles dans Eudes, Hunald, Vaifcr, qui prirent le titre deducs d'Aquitaine. Charles Martel a contre lui Eudes qu'il bat, et les Sarrasins qui s'avancent jusqu'à Tours et qu'il bat de même. Pépin lutte pendant dix ans contre Hunald, fils d'Eudes et contre Vaifer, fils d'Hunald. C'est une guerre acharnée : on voil bien que deux races sont en présence. Vaifer et ses Basques pénèlrent jusqu'à Àulun, jusqu'à Chatons. Les Francs procèdent plus lentement, mais par la dévastation ; ils brûlent le Berry , l'Auvergne, le Limousin, le Quercy, coupant les vignes qui faisaient la richesse de l'Aquitaine. Vaifer, désespérant de résister au roi des Francs, fit abaltrc les murs de Poitiers, de Limoges, de Sain-
• < Gondegisilus et Gontramnus duces jussu régis Sige- « bcrli contra Thcodcberluin cxercilum movent Engolistnatn c ulii inorabatiir propter murorum forliiudim-m. Theode- « bcrlus occiditur et ab Arnulpho duce Engolismam oVpor- « latus apud S. Eparcuium sepelilur. » Adtm. £>(om« ad an. S7C, paye S».
« Corlitu, Recueil en forme d'histoire, page it>.
•Grég. Tur. , lib. VII. M. Ilichelel, Uist. de Fr., totn. I , pages 45.V243.
tes, de Périgucux, d'Angoulême 1 et de beaucoup d'autres villes et de châteaux de l'Aquitaine ; mais enûn, abandonné des siens, tï fut tué, dit Corlieu, prit Engolesmt par 1rs communesdu pays, fan768*. Hunald, père de Vaifer, après vingt-trois ans do retraite dans un cloître, reparaît sur la scène politique, et essaie vainement do mutiner l'Aquitaine. L'beureuxCbarlemagnc termine ces guerres quo l'opposition des races avait si longtemps entretenues. Bientôt viendra la Féodalité qui, à sa manière, donnera une nationalité, une indépendance aux plus petites agglomérations d hommes. Au milieu de cette immense démocratie de rois qu'on ne pourra plus compter, tous les pays se trouveront libres, l'instinct de rivalité entre les peuples se reposera; chacun régnera chez soi.
Angoulèiiic, disent les chroniques, vil deux fois Charlemagne dans ses murs. Il y rassembla ses troupes pour aller en Espagne faire la guerre aux Sarrasins; il y passa une seconde fois en se reudant à Rome. Il fit des donations considérables aux églises et aux abbayes; il confirma les exemptions et les privilèges accordés par ses prédécesseurs et il en accorda lui-même; il marqua presque son itinéraire a travers l'Angoumois par des fondations et des bienfaits. Charroux, Benays, Nantcuil, Angoulême Châtcauneuf, Baignes le regardent comme le fondateur do leurs abbayes ou de leurs églises.
Les traditions populaires du nord de l'Angoumois sout toutes pleines des souvenirs de Charlemague. Benays montre avec orgueil l'inscription de son église mentionnant les privilèges accordés par le grand homme. On conserve non loin de là uu fragment de son manteau impérial,
et sur les hauteurs so voit le camp où il s'arrêta, dit-on, avant de défaire les Sarrasins. Évidemment Charlemagne a recueilli la gloire de Pépin son père ou de Charles Martel son aïeul. Il est certain qu'une bataille sanglante aélé livrée dans les environs de Benays, sur les bords de la Charente : les hauteurs sont marquées de camps retranchés cl de redoutes. Je désignerai la prairie d'Ambernac comme le lieu du combat. On y voit encore, sur une étendue considérable, des sillonnements irréguliers faits do main d'homme qui s'élèveut à plusieurs mètres : ils ont dû servir a couvrir les cadavres.
Soit que Benays ait vu Charles Martel détruire le reste des Sarrasins, soit, ce qui est plus probable, que Pépin ait fait essuyer dans ce lieu une sanglante défaite à Vaifer, le courage ou la fidélité des habitants de la contrée leur valut des exemptions et des franchises de la part de Charlemagne. Les titres , confirmés par vidrmus, sous François I er , furent fidèlement gardés jusqu'à la Révolution : ces monuments précieux ont été malheureusement brûlés à cette époque. Voici l'inscription qui se lit encore dans la nef de l'église de Benays :
jEan ittif cùtq cette et btveept.
fvancÇiw ht ftourpe fut au net.
Cfîiee par ifrarteope rop ht France.
£hri frur ûaiiïa ceete atttQtnct.
jZn confirmant (eut preuiftge botte.
Par itjfotfernafgne êperem corône.
IDône par (e« etfeu? a Pofflrt».
&ui tôt aCBtfte ; et cfaueuder.
« Corlieu attribue à Pépin, père de Charlemagne, le démantèlement d'Aiijjoulôme. Corliru, Recueil, page 58.
• Corlieu, Recueil en forme d'histoire, page 23.
* « Aux romains de S. Ausoie d'Kngolesme donna une t terre pris de Pons appelée S. Sonne, aflln comme dict « l'histoire qu'elles servissent à l'église pour l'amour des « martyrs de nostre Seigveur. ««Corlieu, Recueil, page 30.
Charlemagne fonda dans oetto église un service funèbre à perpétuité en l'honneurdes Francs morts à Benays, et un autre appelé de trentaine qui avait lieu, pendant trente jours, à chaque décès d'un roi de France. On montrait encore, il y a peu de temps , le registre où le prieur du
lieu relatait avec soin l' acquittement de ce pieux a nois autrement appelés Normans, gens idolà -
auniversaire. « très , venus des hautes Alcmaigncs , et firent
Yitrac et Montembœuf avaient les mêmes fran- « maux infinis partout où ils passèrent. Aimar a
chisesque Benays, mais pour une cause diffé- « escript qu'ils robèrent et mirent à sec toute
rente. « l'Aquitaine, et entre autres bruslèreut les villes
Les statues équestres qui se trouvent aux por- « de Bourdeaux et Xainctes , et saccagèrent la
tails de nos églises romanes du xii* siècle, comme « ville d'Engolesme , Poictiers et Limoges et tous
h Chàtcauncuf, à Aubeterre, sont, dans la croyan- a les monastères du païs , tellement que celui de
ce du peuple, des statues de Cbarlemognc. Ce « Sainct-Cybart demeura longtemps inhabité et
nom a traversé les siècles, toujours environné de « que les religieux qui à chef de temps y retour-
sa brillante auréole. C'est que la gloire légitime a nèrent reprindrent l'habit séculier. Charles, ce
tout, à l'exception du crime. Qui s'est avisé de « voyant, vint en l'Aquitaine et tint ses estats à
penser, depuis mille ans, que le grand empereur « Limoges où il fut advisé de supprimer le royau-
d'Occident était fils d'un usurpateur et petit-fils « me d'Aquitaine et l'ériger en duché, dont le
d'un bâtard? Un homme, quenousavons vu, a joué « siège principal fut mis à Bourdeaux, et partout
dans la Franco moderne le rôle de Charlemagne. a des comtes et gouverneurs pour résister aux
Il y a entre Napoléon et l'empereur des Francs « Normans. Et suivant cette délibération fut mis
une infinité de traits de ressemblance. L'un et « comte à Engolesme un vaillant cappitaine nom-
l' autre ont un nom populaire destiué à être ré- « mé Turpio , au temps duquel mourut l'évêque
pété par toutes les bouches, à travers les âges. « Élie qui eut pour successeur un nommé Gom-
Leur activité fut prodigieuse. Ils ont cherché à « baud.
fonder une vaste monarchie qui , composée d'é- «De ce Turpio 1 j'ai leu seulement qu'il ves-
léments divers, s'est séparée en lambeaux, du mo- « quit comte d'Engomoys environ quinze ans,
ment que la main puissante qui les unissait a cessé a et eut plusieurs guerres contre les Normans ,
de les retenir. Us ont donné beaucoup de soin à « esquellcs il mourut. Aimar dit qu'il se combat-
1" administration, se sont occupés de lois, il est « tit près de Xainctes seul à seul avec leur roy vrai , faites avant eux, et ont centralisé le pou- « nommé Maunu, cl se occirenl l'un l'autre, voir. Ils ont trouvé l'un et l'autre, au nord et au « Après Turpio fut comte d'Engolesme uu
midi de l'Europe, de terribles adversaires. Moins « nommé Emenon son frère qui ne vesquit que heureux que Charlemagne qui s'est endormi dans « deux ans , et mourut en une guerre qu'il eut
le tombeau en rêvant cette succession de puissance « contre Landry, comte ou gouverneur de Sainesur la tète de ses fils, Napoléon a vu se briser « tes: leur différant estoit pour le ebasteau dedans ses mains le sceptre devant lequel l'Europe a Taillebourg pour lors appelé Renconia : Lanavait tremblé, et, mourant d'amertume dans « dry fut tué sur le champ, et Emenon blessé îi l'exil, ne s'est gardé que l'espérance de reposer « mort, tellement que de cette blessure ildeceila un jour sur les bords de la Seine , au milieu de ce peuple dont il avait porté si haut la prépondérance et la gloire. i « Turpio comes Engol. Velus codex Engol. M* vocal c uui A peine Charlemagne était descendu dans la « militent fortimmwn, virum magnificum , amalorem eleri-
tombe, que des maux affreux vinrent fondre sur « C0TWtt > tcclaiarum "dificatorcm pauperumque mr,«,f 0 -
, . , i • , -, « rem. quod nobis non parùm genuit desidmum K-gendi
les provinces du nouvel empire. « Lors prcmiè- , gesla inlcgra qua; nufic in ol)livionc pprennUer Jami ,. . « rement descendirent ès païs de par deçà les Da- p e t. & s. Romuaid. Adem. Epitora. noi.
« huictjoursaprèsel futcnterrékSaiuet-Cyburd, ■ selou Ademar *. »
Ici se termine la première période de noire histoire; elle a duré neuf cent seize ans, depuis la conquête romaine jusqu'à Munon, dernier comte temporaire de l'Angoumois. A son tour, la race carlovingienne est sur son déclin; elle finira, comme celle des Mérovingiens, de nrantise et d'épuisement. Nous sommes sur le seuil d'un nouveau monde. La France, la grande nation qui se mettra un jour à la tête des autres, la France va germer du sein des éléments grossiers de tant de peuples jetés par alluvions successives sur le sol de la vieille Gaule, comme le gland dans un humus profond où sa plantule trouve des sucs inépuisables. Vous le verrez ce peuple , a l'état d'enfant , se coucher doucement dans son berceau , sommeiller sous la garde sévère de l'œil féodal, et plus tard, assez longtemps bercé, s'arracher a la tutelle de sa rude nourrice et se répandre en essaims sur le monde de l'Orient, pour y chercher le soleil, la gloire, la civilisation.
Jusqu'à ce jour pourtant les destinées de notre petite cité ont été tristes. L'histoire même a été ingrate pour elle, et sur tant de malheurs n'a pas laissé du moins quelques-unes de ces belles pages qui font oublier aux peuples les souffrances du
» Corlieu, Recueil en forme d'histoire, pages 33, 54.
ONUMENTALE
passé , comme le récit des derniers moments de l'être qui nous fut cher nous aide k supporter le coup fatal qui nous en sépare. Pour moi, après bien des siècles, vieux Castrltmn dont j'ai retrouvé les assises primitives, auxquelles le démolisseur n'osa pas toucher de peur de rouler avec elles dans l'abîme , j'aime aujourd'hui à rappeler ton ancienne gloire et à jeter d'une main filiale quelques fleurs sur tes débris. Que de terribles invasionsAngoulême n'a-t-elle pas vuesduhautde son plateau solitaire! Romains, Vandales, Visigolhs, Francs, Sarrasins, Basques, Normands en ont foulé les campagnes , comme un chemin sur lequel l'herbe ne doit plus pousser. Durant près de mille ans la pauvre cité a compté les années de paix comme on compte les jours de soleil pendant les hivers. Sera t elle plus heureuse dans l'avenir? Réveillée dans son épuisement môme par l'excès de ses maux, en face du pays ravagé par la flamme, où l'on ne verra plus de longtemps que les débris de quelques châteaux, de quelques abbayes qui fument encore, elle se pressera auprès de ses comtes, comme auprès de ses véritables rois; elle cherchera en eux des libérateurs; elle leur abandonnera ce qui lui reste de bras, de force, de vie. Il faul, à,co moment suprême, pour ce monde poussé au désespoir, vaincre ou mourir.
DE LA CUAJIENTE.
DRVXlftMB tPOQl'E. — Comte* htrèditaira de TAngoumois.