MAISON DE LESION AN
de la Marelic el d'
1160. Uuguea XII, dit de Foui liai. Hugues XIII, dit l«! Brun.
1J03. Guy, Guyotou Guyart.
Je regrette de ne pouvoir entrer dans d'aussi grands détails que je lo voudrais sur celte époque intéressante de notre histoire. Si je n'avais eu hâte d'aborder l'élude des monuments, j'aurais donné les plus belles pages de nos Chroniques sur cette vaillante lignée des Taille-fers, salués par nos peuples comme des libérateurs. Je renvoie sur ce point aux récils naïfs de Corlieu et de Vigicr, jetant seulement quelques traits rapides sur ces grandes figures.
Charles-lc-Chauve, l'année de sa mort 877), déclare les comtés héréditaires. H semble prévoir la décadeuce de la race mérovingienne, qui se débattra pondant un siècle dans son agonie. De droit et de Tait, les comtes se trouvent les successeurs légitimes des rois. Pendant trois siècles ou oublie la royauté, occupée à se défendre ellemême sur les bords de la Seine. On songe si peu au suzerain hors de ses domaines, que dans l'Aquitaine les peuples ignorent jusqu'il son nom. Ce n'est qu'au Xl r siècle, même au XII', que les chartes commencent h en faire mention, et toujours en proclamant uue fière égalité des comtes avec les rois. Quelques-unes de ces chartes vont jusqu'à leur attribuer la puissance des rois et des
empereurs L'une d'elles tranche nettement le mot : < Sous le règne de Philippe, roi des Francs, « et de Guillaume Taille -fer, à Angoulème *. » Une charte de Jean de St. Val, évêque d' Angoulème, de la ûn du X1P. siècle, dit : ■ Sous le « lègue de Philippe, fils du roi Louis, et à « Angoulème de Guillaume Taillc-fcr, fils du « comte 3 . »
Vulgrin, premier comte héréditaire, était « Un « sage et preux chevalier du lignage même du « roy Cliarles-le Chauve. Il fit constamment la « guerre avec les Normaus. »
Son fils Aldoin, voyant la ville autrefois de-
* Charte do 1121. oI.ikI.aïco rege Francorura, Willclrao u duce Aiiuilanorurn, Yulgrino comilo principauté.» Ârch., ('fcomi/.,c:ni.lir.W. a" 171.
Charte sans luillé^i'iic, vers 1120. «Régnante Ludovico rege Kraneoniui, Willrlui ) duce Aquitaiiurutn atquc WillelmoTaglk'ftTcumVulgriiiulilio Enguhsine iuiperanlibus.»
w„ xt., i." ir/>.
' Charte de 1101. «Régnante Philippe rege Francorum « ril. ( ny Wiliino r.dkici- in Engolma.» W., cattul. UZ.io, n° 2.
» Charte de liai. « Kmtiliealus Dni Luiii pp. III, anno II, « nostri voKianno I, iv-nanU; l'hilippo Ludovici régis ttlio, u apud EriKo'isaiatu Vilelluw conulis lilio. » Anh. Outrent. liasse 11 3«.
mantelée dans les guerres de Vaifer et de Pépin, et nagueres prise et ruinée par les Normans, rester presque inhabitée, se prit à la rebâtir. ■ A « l'aide des geuts du pais, il parvint en peu de « temps à ce qu'il désiroit et la rendit si forte que a ce fut dès lors le propugnacle et seur refuge de « tous les peuples de par deçà »
* Corlieu, Rtcvfil, page 38.
La pancarte do Charroux, dont le texte latin est rapporté m entier dans Besly ( Pr«im de THht. du Poitou, p. 158), et dont un fragment est cité et traduit par Corlieu {Recueil, p. 39-4S), raconte que les moines de Charroox, fuyant devant l'invasion des Normans, vinrent se réfugier à Angoulêmc, emportant ce qu'ils avaient de plus précieux, et en particulier un reliquaire appelé Dominica Virtus, la Sainte Vertu. Quand le calme revint, par l'expulsion des Normans, Al- ■loin, comte d'Angoulème, retint le reliquaire rl le plaça dans une chapelle de l'.'-gliso de Sl.-Cybard. Mais il fut puni de Dieu, dit la Pancarte, par uno maladie de langueur qui dura sept ans, et par une peste dont son peuple fut affligé, au point que les hommes se dévoraient entre eux. Le comte, touché de repentir, répara son vol sacrilège, plaça la Sainte Vertu dans une chAsse enrichie d'or et de pierreries, et la ren voya honorablement à.Cbarroux, par son fils Guillaume surnommé Taille-fer.
le dois expliquer ce qu'on appelait à Charroux la Sainte Vertu, et relever une singulière erreur dans laquelle sont tombés quelques écrivains modernes.
Dans le récit primitif de la fondation de l'abbaye de Charroux, conservé dans un cartulaireen parchemin dont l'écriture est du XIV siùcle (Mss dom Fontcneau, tome 55), il <srt dit que Charlemagnc reçut de Thomas, patriarche de Jérusalem, un grand nombre de reliques dont on donne l'inventaire, parmi lesquelles étalent douze petiies parcelles de la vraie Croix. Besly {Hist. de Poitou, Preuves, p. 140) a publié ce litre important, qui a toute la gravité de l'histoire, et dans lequel il n'y a pas la moindre indication de la relique appelée la Sainte Vertu.
Le mime cartulaire contient une autre chronique qui raconte la confirmation faite parCbarles-le-Chauve, sous Guillaume, IV* abbé de Charroux, des privilèges que Charlemagnc avait accordés à l'abliaye. Ce fragment, moins grave que le précédent et qui sent un peu la légende, donne le détail du voyage des moines de Charroux A Angoulême. Ici la vraie Croix et la Sainte Vertu sont nommées séparément parmi les objets précieux emportés par les moines : « Pre- « liosum lignuin Dorainicic Crucis et sacralissimam Virtu- « tcm... ad servandum Etigolismx detulcrunl. » (Preuves, [>. 154. ) Quand le danger est passé, les moines veulent parlir. Le comte Aldoin retient le bois de la vraie Croix : Al-
lés héros de cette race fut Guillaume 1". Adémar nous apprend que le nom de Taillefer lui fut donné pour avoir fendu d'un coup d'épée corps et cuirasse, jusqu'à la poitrine, un capi-
doinus cornes aggressus est retinere preriasvm Sanete lignuin Crucis et ea causa tussit oratorium qvod est in capite basilice S. Eporehii preparariubi sanctum illud serxarei tkesaurum. Enfin, quand le comte se dOU rmine à renvoyer la précieuso relique, le texte dit encore que c'est la vraie Croix, et ne fait pas mention dclaSainte Vertu. Quibus eooetu* necessiiatibus, uno ante mortem suam anno, remtsit Karroffo vénérai île Sanete Crucis lignum per GuilletmumfiliumsuumquiSeetorferri eognominabatur.
La pancarte citée par Corlieu n'était qu'une copie falsifiée et embellie, plus récente que celle que je viens de citer, comme l'indique le titre môme donné par Besly : DE COE- NOBM CARROFENSIS INSTITUTIONS SEQUIORIS .ETA- TIS NARRATtO ( Besly, p. 158). Il reste démontré, par le texte donné plus haut, quec'était le bois de la vraie Croix que lo comte Aldoin avait retenu et avait fait placer au chevet de l'église de SU Cybard. La chronique de noire Adémar offre sur ce point une autorité du plus grand poids : « L'nde factum est ut monachiS. Carrofi adkue vivent* Vulgrino comité, pretiosum lignum Crucis ad cutlodiendum Egolismtt déferrent... Alduinus in civitate sua retinere tenlavit omrabus tiiebus supra dictum sanctum lignum, nolens reddere commerulatutn » ( Chron. Adem. mon. S. Eparck. Sov. BibL Mu. T. Il, p. 165. ) L'historien des évêques et des comtes d'Angoulème a compulsé la chronique d' Adémar et se sert presque des mêmes expressions. (Hist. pontif. et comit. Engol., cap. XVI. Sov. Bibl. Mss. T. II, p. 254).
La Cbarlonie, dans l'histoire des évêques d'Angouléme, suit sur ce point l'auteur anonyme de la notice... Vtnerabile lignum dominica Crucis Engolismam tanquàm in tutissimum asylum deportaverunt | Engol. epise.. p. 16).
Avec des textes aussi précis une question se trouve Iranchée. Ce fait éclairci, cherchons ce qu'était la relique de la Sainte Vertu.
Une troisième pièce, tirée du même cartulaire, et publiée par Besly (page 155), donne l'origine de cette fausse relique. Ce n'est plus un chroniqueur qui parle, c'est un véritable légendaire. Charlemagne se met dans l'esprit d'honorer l'église de S.-Sauvcur de Charroux, de quelque relique plus précieuse, s'il est possible, que la vraie Croix, n en parle au pape et à Roger, comte de Limoges, qui lui conseillent d'aller à Jérusalem. LVmpenur part avec son armée. A son arrivée, le patriarche Basile lui présente les clefs de la ville sainte, et quand l'Empereur a visité le Saint Sépulcre, il indique au patriarche le but de son voyage. Celui-ci ordonne un jeune de trois jour*, et le troisième jour, pendant qu'il célèbre une messe solennelle, on voil paraître la main droite
(aine de normans Nommé Siomiu « plus vaillans et hardis seigneurs de son temps,
Ju Christ, qui fait la bénédiction sur le calice consacré, et pose la Sainte Vertu sur la patène. Le patriarche fait signe à F empereur de s'approcher, et tout a coup un jeune enfant parait à la droite de l'autel, qui dit à Cbarlemagne : « 0 très-noble prince, recevez oe petit présent de ma chair et de mon sang. .... Apparut tuper eaUcem Chritti dexlera tign** sacra Chritti poeula, potuit Sanchm Virtutem tuptr sacra vasa...O nobititrime printept, aceit ex mea carne et sanguin t.. . ( BVsly, p 156.)
Vient ensaile la légende que Corlieu appelle la ... . carie de Charroux. Ce récit, dont l'auteur vivait en 1087, prend encore mieux que les précédents toutes les couleurs de la légende. Après un début étudié, dans lequel le légendaire demande grâce pour la rudesse et les négligences de son style, il accumule tous les laits relatés dans les légeodesécrilos avant lasienne. Il les copie avec des variantes de son goût. Historiquement cette pancarte ne peut pas taire foi comme les précédentes : on jugera du genre de l'auteur par ce seul trait : « L'empereur part pour la Terre Sainte avec toute son armée, car il ne pou voit pas faire autrement, neque enim aliter poterat.* (Besly, 158.) Jlais ce que cette légende contient d'important pour la question que je traite, c'est que Cbarlemagne, deretour i Charroux.place le don céleste sur l'autel et lui donne alors le nom de Sainte Vertu : Donum eelette tuptr altare potuit, iUudque tum primum Sanctam VirtuUm nominari plaçait. » (Besly p. 180.)
Donc, d'après les textes des deux légendes, la Sainte Vertu était un présent de la chair et du sang de J.-C. fait par le Sauveur lui-même A l'empereur Cbarlemagne. La première ostension de celte relique se fit, vers 1087, en présencede plusieurs évéquescldes peuples accourus de toutes les parties de l'Aquitaine*. Depuis ce jour, qui fut peut-être celui de sa fabrication par le rusé moine qui nous en aconservé l'histoire, tous les sept ans une féte célèbre avait lieu à Charroux. On montrait a la vénération des peuples la vraie Croix, un des clous du crucifiement, la Sainte Vertu et d'autres reliques sans nombre. Les peuples se rendaient en foule à cctlo solennité. Ce pèlerinage s'appelait le saint vœu, le digne vœu de Charroux. Dans Rabelais, Dindenault, le marchand de moutons de Taillebourg, qui se prend do querelle avec Panurge, jure «par le digne vœu de Cliarrous. » {Pan- <<^<liv.IV,cb.viu).Parextension,lelieuoù le pèlerinage s'aicomplissait s'appelait le Saint- Vœu. Louis XI qui avait des dévotions à sa manière, écrit aux maire et échevins de Poitiers une lettre curieuse, dans laquelle il les charge de porter « au Saint- Vœu de Charroux » six lampes d'ar-
' rakrulo abbtte rtwlo. tmtn rin, M al Qirlui car* m lato M »Uil« tant, abhaiil <kwh, wllilar, Anuio rpiteopo BurJtgileoti.CtùdoiM Lnnoricciwl , fcm.ro En(oli>i»<t»i aduaniiliut. >l unja.u. rnnif.rf.uo, * à* m./. «M*, yri.itcjii*. S«. fcibl. |U U, p. ,*.)
DE LA CHARENTE. gg « Il fut un des « qui mit fin de par deçà à la guerre des Nor-
« mans'
Guillaume II, son petit-fils, n'illustra pas moins « par sa vertu et proesse le nom et la maisoudes « Taille-fers. » Je ne dois pas omettre un trait qui
gent qu'il avait vouées. (Thibaudeau, Uist. du Poitou, 1. 1. p. 951. ) Il ne faut pas confondre le Saint-Vœu avec' la Sainte Vertu : l'un était un pèlerinage, l'autre un reliquaire.
Maintenant je lis dansdomPonteneau (Xlss., t. IV, p. 225), au sujet do Saneta Vjrtus : • On entendoit autrefois par ces « mots, dans l'abbaye de Charroux, le saint Prépuce du « Sauveur, que les religieux de cette abbaye prétendoient « avoir en leur possession. »
Tbibaudeau, dam son Histoire du Poitou, Marchangy, dans sa Gaule poétique, M. de Chergé \Xotice sur Charrouxù dans les Mémoires des antiquaires de t Ouest, ont répété l'assertion de dom Fontcneau.
Cependant on doit remarquer que dans tous les documents originaux que nous venons de parcourir, dans toutes les chartes, bulles des papes, récits des ostensions des reliques de Charroux , jamais le Preputium Domini ne se trouve nommé. Ce ne peut donc pas être le vérilablo sons attaché* la Sainte Vertu, mais bien celui que nous avons déjà donné d'après la légende.
Voici la source de l'erreur dans laquelle on est tombé en appelant la Sainte Vertu, le Preputium Domini. L'inventaire des reliques envoyées de Jérusalem à Cbarlemagne porte ce qui suit : « De radiée illicit Nombres ubi Dominut in figura Trinitatis loeutui etl Abrahas : DE PR.ESEP10 J.-C. : De tritico quem Chrittut..., etc. (Voyez le reste dans Besly, p. 140, ou dans les annotations de Pierre de S. Romuald sur Adémar, p. 143.) Quelque moine ignorant ou distrait aura lu De prepulio J.-C, au lieu de De prœsepio J.-C, et aura pris un morceau de la crèche de Bethléem pour le prépuce. Jean Ypérius, dans des fragments de chroniques compilés publiés par dom Bouquet (t. Vll.p. acfi), a adopté celte leçon qui se serait répétée de siècle en siècle par l'habitude des écrivains de se copier les uns lesaulres : *Edificaoitetian « inAqAtania monatterium apud Carrofenum in quo putuit « prœputium Domini Jesu Christi. » (£j Chron. Sith. S. Berlin. àJoann» Yperio, tul fin. XIV tecul.) Ce n'est donc que vers la fin du XIV siècle qu'on a, par une erreur de mots, supposé cette grossière interprétation de la Sainte Vertu. Si j'ai inséré ici cette petite dissertation sur le reliquaire de Charroux, j'ai eu |>our but, non pas de défendre les moines, d'ordinaire fort peu scrupuleux au sujet des fausses reliques, mais d éclaircir un fait qui tient à l'histoire de mon pays, et que je n'ai trouvé nulle part discuté avec une saine critique.
« Corlieu, p. 44.
peint a merveille les mœurs de ce temps : « À son parlement pour aller en la Terre-Sainte, qui futeu sa dernière vieillesse, il donna la charge de ses affaires à Aldoin, son fils, duquel la femme, ennuyée de la trop longue vie de son beau-père, et d'ailleurs, ayant gousté pendent cette absence
Tous ces Taille-fers prennent part aux Croisades, et, tour à tour, selon leurs intérêts, se liguent avec les rois de France contre les rois d'Angleterre, possesseurs de la Guienne, ou servent l'Anglais contre la France.
Le dernier des Taille-fers fut Audomar ou
dos honneurs et proffitz du gouvernement qui Aymar. « Il fut héritier des querelles de son devoit estre osté à son mary par le retour du bon « père pour le party de la France ooutre l'Anhomme, machina de le faire mourir, a l'aydo ■ glois, dont il eut beaucoup ù souffrir de son d'une vieille damoyselle de sa maison qui se « temps; combien que Philippcs, roy de France, mesloit de sorcerye, et de faict le comte ne «lui tint la main, si ne pouvoit-il faire qu'il ue fut plustost de retour, qu'il acoucha au lict d'une « se sentisl bien souvent du voisinage d'un tel et langueur, laquelle lui dura sept ou huict moyset « si puissant ennemi'. » en fin le mit en l'autre monde. J'ai trouvé aux Archives du Royaume un traité
« Pendant qu'il trainoit de cette maladie, cette d'alliance entre Philippe-Auguste et Audomar. sorcière fut soupeçonnée et accusée ; et d'autant Comme je pense que cette charte curieuse est qu'il y avoit quelques preuves à rencontre d'elle, inédite, je la publie d'autant plus volontiers que non toutefois suffisantes, elle fut condemnée c'est le plus ancien monument autographe de fournir un chevallier qui, en diiel, maintient le notre hisloiro d'Angoumois*.EIIeestscelléed'un faict de son innocence contre un autre que le sceau de cire blanche brisé ( Voy. planches des comte fourniroit (car telle estoit la coustume de Sceaux, n" 1 et 2). J'attache une grande imporcc temps-là, à deffuut de preuve, et adjugeoit-on tance à la découverte do ce sceau, parce qu'il gain de cause a relu y qui estoit supérieur parles armes). Le combat fut faict eu l'isle de S. Pierre, qui est le plus proche de la fontaine du Pallet, soubz la muraille de la ville, regardant tout le peuple des murailles en hors. Et Dieu , qui ne vouloitquc telle meschaucellé demeuras! iinpunye, donna victoire au champion du comte, tellement que la sorcière fut condamnée à mort, comme convaincue du crime, qu'elle confessa depuis, et fut sçeu qu'elleavoit ensortelléle comte en une image d'argille faicteii sa ressemblance, et que Alauzie, femme d' Aldoin , lui avoit faict faire »
Par ressentiment contre Alauzie, le comte voulut qu'après la mort d'Aldoiu, auquel le comté revenait comme à l'aîné, Geoffré. son autre lils, fût comte, déshéritant ainsi les enfants de l'aîné parce qu'ils élaienl fils de cette Alauzie qui avait voulu le fane périr.
1 Corlien, p. "0.
doune l'écusson original des Taille-fers.
• Recueil en forme d'histoire, p. 71.
* Ego AikI. Cornes Engolisuicnsis notum facio universis a l qu»s pncsensscriplum pervenit quod liée sunl conventi- (in<'siMliTin<; ot ilomiruim mcumPliilippum illiislrvin rrgem Frauric, quotl propier injurias quns llenricus quondam n.\ An^li.' milii el Ainardo vieccoinili LemoTicarum fralri moo lewal. V.-iii ad domirium n-giun et coiifoderatus sum en ru <'0 lioc niixlo, quoJ eum omnibus diobus juva!»o loto possc meo sicut dominuin nu'iun, neque ab eo recedam nisi pcreiim. Si aulrin ipso alii nu- adjnngrrel, iliV rui nie udjiinn.'t jurabit niilii super sacrr» sancla, el lillerussuas patentes exinde mini duUl quotl omnia jura mea sicut pater meus et lïater meus Volgrimis en tenucrunt, ad testimonium pruNiruin liominum ti-rrc mihi ilimitlet in pace. Quod si feci i il, bonum est » t piaccl D. ►iniuo régi. Si autem non facercl Pominus r«?x esset niiliun atixiliumcontrà illum.Qnod fi iltc cni nus adjnnprl vilt l ciJera Domino ngi in aliquo Cuiilraire, cço onlra < uni esseni tmiia fide domino régi in atixiliiim (.iiimiliiis di.'lms. Do comitatu Marchie fuciiH mihl Dominns rcx rectum in curia sua. Qiiod ulflrmum Mletstabiie, presens âcriptum sigilli nostri aucloritate jnmimus comn.uniri. Actiiin apud At:elu:n anno Domini M. C. XC" naiio, mense aprili. (,lrcfcù\ du royaume, carton J i70.)
représente Audomar sur un cheTal « d'Anq'elerre taise ce ravissement, et au con-
lancé an galop, avec cette légende : .... courra enoyolim...., qui devait être -j- s. avdomari courns engvolime. Le contre-sceau porte l'écu losangé avec cette légende : se-
crktvm 1
Audomar n'eut qu'une fille appelée Ysabel,
« traire esrript que la chose se feil du consenle- « ment (iu père, et par les menées et pratiques « du roy de France, qui n'est croyable attendu « les différons entre le roy Jean et le comte Ay- ■ mar. Celle de Flandres deseript le faict par le « menu et plus vrav scinblablcment, car elle qui fut une des plus belles dames de son temps, « dict que Jean fut prié de mener la mariée au et fort requise en mariage par les seigneurs du « moustier. Et quant ils furent devant l'évcsque païs, mesmes par Hugues de Lusignan, comte « qui les devoit espouser, le roy Jean lui dist : de la Marche, auquel elle fut promise et fian- « Espouse moy ceste dame, car je la veuil avoir cée. « à femme -, cl conveiut que l évesque les espou-
« L'an mil deux cens mourut Richard , roy « sast, n'ausant aucuns résister à la volonté du d'Angleterre, et luy succéda Jean-sans Terre, « roy, qui emmena quant et quant son espousée son frère, qui aiant assez affaire ailleurs, feit « à Rourdcaux, présent et voyant son fiancé, semblant pour le coup de vouloir vivre en « Gcoffré comte de Lesignan son frère , Robert paix avecques le comte et ses partisans, et se « comte d'Alcnçon, et plusieurs autres grandz reconcilia aucunement avecq'eux : mais cela « seigneurs lignagiers des parties, qui ne danne dura guères; car l'an mil deux cens deux , « cérent point à la feste » voulant Aymar accomplir les nopees de sa fille On peut voir l'histoire de cette fière Ysabel avecques le comte Hugues, et pour honorer la dans une intéressante notice publiée par M. Eufeste ayant invité tous ceux de son lignage et sèbe Castaigno*.
lo roy d'Angleterre mesmes, qui se tenoit à Après la mort de Jean-sans-Terrc, Ysabel se Bourdeaux, comme aussi le comte de la Mar- maria avec Hugues de Lesignan, son premier cbe s' estoit accompagné grandement de ses pa- fiancé, et apporta le comté d'Angoulèmc dans rens et amys, adveint que l'Anglois, qui avoit cette maison déjà si puissante. L'orgueilleuse quelques jours auparavant répudié sa femme, comtesse qui « voulut retenir le nom de roynô fille au comte de Glocestre, et estoil venu à «et telle estre appelée, voire par son mary mesceste feste à grand puissance d'hommes armez, « mes, » ne fut qu'un {lambeau de discorde; par ravit à Hugues sa fiancée et la print pour luy : les prétentions insolentes qu'elle inspira au faispeclacle tragique et scandale le plus grand qui ble Lesignan sou époux, elle attira sur la tète du jamais adveint en Engoumois. Les historiens comte les plus cruelles humiliations. Le jeune racomptent cecy diversement. La Chronique vainqueur de TaUlcbourg , généreux encore de France dict que Jean fut adverty que la envers un vassal révolté dont il pouvait confiancée estoit en un chasteau et la ravit. Celle fisquer les terres, se contenta de la soumission
d'Ysabcl et de son mari, et leur rendit les plus importantes parties de leurs vastes possessions. Depuis cette époque d'abaissement, qui eut
• Coriieu, Recueil, p. 77, 78.
» No t. kht. sur IsabdU tTAngouUme, comteue-rtine. Angouléme, 1836, in-8*. Voy. encore Revue anglo-française, t. D, p. MO. Poitiers, 1834.
* CorHeu, en pariant de Vulgrin I , dit « avoir trouro en quelques vieilles peintures lo blason de ses artnoryes qui estaient lozenges d'or et de gueules. » Resterait a discuter si, en «80, les armoiries étaient déjà en usage, on si les TieitleB peintures dont. Cortieu fait mention étaient do tempe de Yulgrin, ce qui est l'un et l'antre intoojours est-il que le sceau publié ici
son principe dans l'orgueil d'une femme, les destinées de nos comtes deviennent bien vulgaires. Les quatre Lesignans qui succèdent à Hugues, mari d'Ysabel, se trouvent heureux de vivre en paix dans leurs terres comme d'obscurs vassaux. La royauté grandissait : elle avait reçu son baptême de gloire. Bientôt la rivalité entre la France et l'Angleterre portera la lutte sur un plus grand théâtre. Il n'y avait plus d'invasion de Barbares à redouter. Le monde féodal a jeté ses dernières splendeurs ; il va être oublié.
Ce fut le rusé Philippc-le-Bel qui s'empara des biens de Guyart, le dernier Lesignan , mort sans postérité. Depuis longtemps Philippe convoitait le comté d'Angoulèmc. J'ai vu aux Archives du royaume une charte singulière':
Adémar de Valence, petit— Gis de Hugues et d'Ysabel par Guillaume de Montignac, avait intenté un procès contre Guyart, pour lui disputer la ville d'Angoulèmc, les châteaux de Lesignan, de Cognac, de Merpins et autres, comme succession de feu Hugues-le Brun, dont Guyart* avait hérité
I Charte de 1508, Arch. du royaume., cart 1 270. n"28. * Voici le motif île ce procès. llugues-le-Brun, par >;o:i
testament de 1297, avait institué son héritier Geoffroy de Lésignan, son cousin, fils de Geoffroy de Lésignan, frère de Hugues XI, et, en cas de mort de ce Geoffroy sans boits maies, Adémar de Valence son autre cousin. Il dcshéiiiail formellement non frère Guyart : n Que dans mes hiens nobles eu non nobles. Guyart ne puisse rien avoir, anz len mettons fors don lot... corne il faisoit malemnnt et mauvesement toux lors portez onvornos et ait porchaicé « encore porcliaîre a tout son poer e plusors foiz le damacbe de noire cors et de nos biens, et hait esté aidables et consentant non deuement à nos ennemis morteus et capileus contre nos publiaument et noloyemenl cl en autres manières. » Apres avoir réglé le douaire de Biétrîx, il ajoute : « Nous supplions à la réal haulessc notre seigneur le roy de France qu'il soit garderres et rarfjissierres et accomplissierres de ceslui notre testament. • Dans le cas ou ses héritiers n'accompliraient pas ses lejs, il donne au roi le château de Cluulli et ses dépendances pour qu'il fasse exécuter son testament. (Arch. du roy. carton J. 407. N' 6.)
II parait, par le testament de Guyart, que ses autres pa-
en qualité de frère. Êlie, évôque d'Autun, procureur d' Adémar de Yaleuce, et le fameux Guillaume Nogaret, procureur de Philippe— le-Bel, font un accord par lequel, au cas que Adémar gagne au parlement son procès contre Guyart, comte d'Angoulèmc, il cédera au roi lesdites terres, retenant seulement Fougèrcsen Bretagne, et le roi donucra pour cent livres de rente, mille livres en argent, et pour un denier de revenu, dix deniers en argent comptant.
Ceux qui ont écrit que Philippe-le-Bel avait eu le comté d'Angoulèmc par testament de Guyart se sont trompfrs \ On possède aux Archives du royaume la transaction passée cutre Philippele-Bel et Marie de la Marche, comtesse de Saucerre. Celle-ci prétendait à la succession de Guyart, en sa qualité de sœur. Nogaret, procureur de Philippe, soutient que les biens de
rente n'étaient pas entrés dans l'animosité de Hugues-le- Brun. Il fil Renaud de Pons son héritier universel, sur ce motif particulier que, après le testament de Hugues son frère, qui l'avait déshérité, Renaud de Pons aval! reconnu l'injustice de ce procédé. Guyard se plaint amèrement de Hugues. (Arch. du roy. carton J. 407. N* 0, annVs 1M3.)
1 Corlieu a pensé que Guyart avait Tait le roi son héritier universel et que le roi, par reconnaissance, lui avait érigé un superlw tjmbe.au dans l'église des Jacobins de Poitiers. Il est probable que Corlieu, comme le P. Anselme, se sera troir.pé au sujet de Guyart. Il existe un testament de Guy de Lésignan, sire de Cobiec (Couhé) de Peyrac et de Fronlenay, fils de Hugues le-Brun et d'Volcut de Bretagne. Ce Guy, oncle du comte Guyart, choisit sa sépulture dans l'Eglise des Frères Prêcheurs de Poitiers^devant le grand autel, avec une tombe semblable a celle de son frère dans Fablaye de Valence. Il fuit tous ses legs, et dans lo cas que ses héritiers ne veuillent pas accepter son héritage à la condition d'accomplir toub s ses volontés, il institue Philippc-le-Bel son héritier universel. (Arch. du Roy. mardi 4 juin 1309, earton J. 407. N* 14.) Il est probable que la ressemblance des noms aura causé de la confusion au sujet de ces deux Guy. Le P. Anselmes'y est trompé ainsi que Vigier; cl c'est de là que Corlieu et d'autres auront pu croire que le comte Guy avail fait son héritier Philippe-le-Bel. Jamais Guyart ne pril le litre de Seigneur de Coubé : il avait celui de comte d'Engolesme, de la Marche et de seigneur de Fougières (testament d.' 1304. Arch. du roy. carton J. 407. N*10). Onade plus son codicille. Ni dans l'un ni dans l'autre le roi de France n'est nommé.
DE LA Cl
Guyart reviennent au roi par confiscation :
1° parce que Guyart avait brûlé un codicille fait par Hugues-le-Brun, son frère, auproût du roi; 2° parce que Guyart avait conspiré contre le roi; 3" parce que Hugues et Guyart devaient au roi, pour plusieurs amendes 1 , plus de cent vingt mille livres. La comtesse cède tous ses droits moyennant quelques rentes*.
Philippe-le— Bel fît une semblable transaction avec Yolent de la Marchç, sœur ainéo de Guyart, qui demeura usufruitière en viager des comtés de la Marche, d'Augoulème et de Lesignan 1 .
Dans cet acte, le roi argue de la prétendue donation de Hugues-le-Brun. L'année suivante, le roi transigea avec Jeanne de la Marche, dame de Joinville, troisième sœur de Guyart \ La charte entre dans de grands détails sur les motifs allégués par le procureur de l'hilippc-le-Bel : le prêt fait par le roi à Hugues-le-Brun, de trois ceut mille livres tournois ou environ, pour les subsides de la Terre-Sainte ; le don fait en codicille au roi, par Hugues-le-Brun; la saisie de tous les biens de Guyart, de sou vivant, faite par le roi, à cause du crime do lèse-majesté que Guyart avait commis eu cachant et en faisant
1 Hugues et Guyart, dit le P. Anselme, avaient et<! condamnés à ces amendes pour avoir livre aux Anglais les citatcauxde Cognac cl de M. r 1 »i[is.(//M<.^al&a. 1 l. III, p. 81.)
« Charte de 1308, scellée de trois sceaux. (Arch. du roy., c irlon i 270, n°27.)
• Ce est lo traietio fet et accorde entre noble dame ma dame Volant do La Marche suer ainsoée du conte de la Marche mort, et nions Hugues de ta C-lles chevalier te roy noire seigneur ou nom d'iceluy notre seigneur, le roy. Premièrement la dilc dame veust de sa bonne votente que notre si as li roys ait et teingne des maintenant les chastiaus et chastellcniesdeCwnpgiiftc et de Merpinseomc siens propres, tant pour reson delà donation que mons Hugues le Brun jadis conte de h Marche li en flst quo pour la bonne volonté de ladite dame Item, noire sire li roys esmeus de pitié pour especi.il grâce vcul que la dite, corne plus ainsnée suer, aye et tiengne tout son viage et esploite corne usufruitière tous ksfruiz et li-s yssucs elles emolumens des terres des cjntci de la Marche et d'Engolesmo et de Lesiguien. (Cliarto de I50S, Arch. du roy.. cart. J 37*. n* 8.)
» « Tunquam hères nro parle lertia... »