‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 73 sur 120 · ARTICLE I · texte numérisé non relu

ARTICLE I

», Menhir», Campt antiques.

On est généralement convenu dans la classiO- Entre l'enceinte de gazon où les peuples abo-

catioo archéologique de rapporter à l'ère celtique rigènesdes Gaules durent se retrancher, quand ils

les tumulus et les pierres levées, et à l'ère gallo- furent menacés du Nord par d'autres Barbares,

romaine, les ouvrages de castramétation. du Midi par la nation conquérante, et le camp

J'ai toujours été mécontent de cette manière élevé à la hâte, le soir, par un détachement de lé-

de classer des monuments dont la destination est gion romaine, ou les redoutes des Sarrasins fuyant

encore complètement inconnue, et dont le tra- devant Charles-Martel, ou les travaux de castra-

vail, par sa nature même, ne peut accuser la main métation des guerres interminables de la France

ni d'un Celte, ni d'un Gallo-romain, ni d'un Bar- contre l'Angleterre, et même, dans des temps

barc du moyen âge. plus rapprochés de nous, ceux des guerres reli-

Je laisse au Comité des arts et monuments, qui gieuses, quelle différence, quelle nuance même

a tant fait jusqu'à ce moment pour la science établir? Et si l'on ne peut que très-difficilement

archéologique, à trouver un classification moins en indiquer, pourquoi, dans la science, classer

vague. tous ces travaux dans la période gallo-romaine?

Les tertres ou arrondis et coniques, ou alton- Ce que nous venons de dire des camps et des

gès, ou géminés, que le vulgaire appelle mottes, tumulus s'applique même aux pierres levées,

peuvent être ou des monticules naturels, tels que Au rapport de quelques voyageurs on trouve

lepuy deNaotenil, situé sur la droite de la route des dolmens exactement semblables aux nôtres

de Ruelle, à la Rochefoucauld, ou celui de Buffa- sur le littoral de la Méditerranée, dans la Syrie,

jasse près de Rodas, canton de la Vallctte, ou des u n'y avait là cependant ni Celtes, ni Druides,

tombeaux plus ou moins anciens, comme celui de Tous les détails que donne la Bible sur les au-

la forêt de Saint-Amand de Boexe, ou des mottes tels élevés par les patriarches, dans la religion

féodales, comme la motte de Coyron, près de primitive, autels construits de pierre, que le ci-

Chalais, ou des retranchements militaires, tels seau ne touchait pas, qu'ils consacraient par des

que la motte Bourbon, près d'Aubeterre. libations d'huile, lorsqu'ilsoffraient leurs voeux au

Or, il est très-difficile de les distinguer; en- Seigneur 1 , n'indiquent-ils pas une analogie frap-

core plus d'assigner l'époque à laquelle ils appartiennent. Pourquoi donc en faire honneur k

la période Celtique? U. - âdifieavil /mik alUtrt Domino Deo Israïl in

1 Gen. XXVIII, 18-8Ï.— IIU vtrotrtxit tilulum ktptdfum

parlieonent. Pourquoi donc en faire honneur à Ubans trtptr mm libamiM et tffundent oleum Cwi xxxv.

pente entre ces monuments d'une religion assurément bien pure, et ceux que, sur les données vagues des écrivains de l'antiquité, on attribue au culte sanglant de Teutalès?

Et puis tous les peuples ont eu l'usage constant de marquer les sépultures par des pierres monumentales.

Chez les Barbares surtout, la tombe d'un chef mort dans les combats ou dans le cours des expéditions aventureuses qui leur étaient si chères, devait garder un éternel souvenir. Est-il difficile de penser qu'ils mettaient leur gloire à laisser dans ces masses imposantes élevées sur des appuis un témoignage de leur force extraordinaire? Quand on sait que, pour le Barbare, la force du corps était tout, on s'expliquera que les dolmens ne peuvent pas appartenir à une seule époque historique, mais doivent se retrouver jusqu'au moyen âge même. L'Angoumois, fournit un document intéressant sur celte question. Une pierre levée située dans le plantier de Boffit, au nord

Htbat... aitare vero de lapidibut impositis quo$ ferrum non tetigit. Jotue 17//, 31. Le chapitre XXII de Josué contient un récit fort curieux sur un autel d'une grandeur immense, que les tribus de Rubcn et de Gad, et la demi-tribu de Mariasse «levèrent sur des tumulus du Jourdain, ou auprès de ers tumulus, car le texte dit les deux choses, et qu'ils appelèrent notre témoignage, en souvenir de leur fraternité avec les autres tribus : Cùmque venissent ad tumulos Jordanix adificoveruntjuxta Jordantm aitare infinita magnitudinis. Josue XXII, 10. Vocaverunt que aitare quod exstruxerunt tettitnonium nottrum quod Dominus ipse rit Deus. Jotue XXII, 30. Et les deux tribus déclarent forraelli mcnt qu'elles n'ont point l'intention de sacrifier sur cet aul<l, sachant trèsbien que ce n'est que devant l'Arche d'alliance qu'il est permis de le faire. Voici donc un aulel immense qui n'est autre chose qu'un monument commimoratif destiné i attester la parenté cl l'alliance religieuse de deux parties du même peuple séparées de territoire par le Jourdain; par conséquent, monument politique dont maintenant nos traités de paix et d'alliance tiennent place daos les relations internationales.

le prie les archéologues d'étudier spécialement ce chapitre du livre de Josué.

Les peuples dont la civilisation n'est pas avancée ressemblent aux hommes qui ne savent pas écrire. Ceux-ci, avec quelques traits grossiers, inscrivent des dates, des

d'Angoulême, n'était autre chose qu'un tombeau: « Je ne diray plus que ce mot des antiquités qui « se voyent autour d'Engolesme, c'est d'un an- « tien tombeau de pierre eslevé sur terre a la « hauteur de six pieds, entre des vignes, sur un « haut terrier à la veuë de noslre ville. Les ba- « bitants du lieu le nomment le tombeau du « Bourgoignon, et disent que ce fut un Bourgoi- « gnon, (cette gent a esté anciennement taxée « d'yvrognerie) lequel ayant gousté du vin pro- « venu en ce lieu, et venant à mourir, y voulut « estre enterré, et a esté ce tombeau si vénéra- « ble à la postérité qu'il n'a jamais esté violé, el « reste encores entier pour le jourd'buy 1 . »

Ce monument, si vénérable en effet, qui avait traversé tant de siècles, a été détruit il y a peu d'années. Il n'eu reste qu'un bloc informe qu'on a fait rouler dans le vallon. Lors même que la tradition si précise conservée par notre annaliste n'aurait pas toute la valeur que je parais lui donner ici, on pourrait toujours en conclure qu'on

nombres, des faits qu'ils mnémonisenl i leur manière. Pendant tout le moyeu âge on a signé avec deux traits croisés, et nul, pas plus que de nos jours ne démentait sa signature. Les peuples primitifs, avec les pierres levées, se donnaient des autels pour leur culte, des tombeaux pour leurs chefs, des tribunaux pour leurs juges. Les pierres levées étaient lems arcs de triomphe après des victoires, leurs traités d'alliance avec des tribus voisines, le mémorial des grands événements de la patrie alors si chère, parce que la patrie ne dépassait pas les limites sacrées de la tribu. La position, les dimensions, l'orientation, l'élévation de ces monuments étaient sans doute des inarques connues de tous, qui en taisaient distinguer, môme aux petits enfants, la destination et la valeur, avec la même facilité que nous saisissons d'un coup d'œil, sur la façade ornée de colonnes d'un monument, si l'édifice est un théâtre comme l'Odéon, un tribunal comme la Bourse, un temple comme la Madeleine. Quand des archéologues, d'une merveilleuse patience, auront deviné cette langue du passé, ils nous donneront la classification de ces monuments si dignes d'intérêt. Jusque là prenons le rôle de ces amateurs de l'antiquité qui jettent au hasard, dans des' casiers, des monnaies gauloises, grecques, romaines, françaises, jusqu'à ce que vienne le numisniausl» seul capable de mettre de l'ordre dans ce chaos ; faisons col-

«Corlieu, recueil, page 17.

aimnce uimolttsiti cation bien hasardée, quarrrfon Placés à peu de distance fuir de l'autre et

aiinfaue tou*les dolmens à l'époque celtique. dans la même orientation, ils fôrment'dans une

Bu. reste, sans étendre plu* longuement' ces plaiiie dé rignoMes, deux rnrmenses collines arti-

réflexions que m'ont suggérées mes études suc-un ûcielles couvertes de chênes. Ou voit très-bien

pays riche en monuments de ce genre, je vais aux tranchées faites à différentes époques, pour

suivre l'ornière archéologique, en attendant enlever le moellon dont ils sonL construits, qu'ils

mieux. Je vais parler d'abord des tumulus. sont entièrement de main d'homme. . Je ne duuto

Le tumulus est le monument héroïque par pas qu'ils ne renferment des allées couvertes qui excellence: on peut le reculer par la pensée aux on l servi de sépulture. Eicn n'indique qu'il» premiers âges du monde, comme aussi se le 6- aient été fouillés assez profondément pour on gurer élevé, chaque jour, par nos soldats sur la atteindre le contre. Un peu pJusloiu, un tunuiuu plage africaine. Sa plus noble et sa plus simple conique parait dans l'alignement des deux tudestination parait être d'avoir recouvert les cen- mulusallongés, mais il m'a été impossible de dis» dres des morts. Mais il peut en être des tumulus tinguer si ce n'est pas un do ces amas de pier-. comme des pyramides. Le génie du grand Dos- res appelés chirons , assez communs dans le 8Mt en a attribué la construction à la vanité des voisinage même des tumulus que je viens de rois d'Egypte ; il s'est trompé. L'orgueil n'a eu décrire. Cependant il est plus probable que c'est aucune part dans l'élévation de ces monuments un troisième tumulus. gigantesques. De curieuses recherches faites ré- 2" Tumulus de la Folatiébb. eemment par un savant français et confirmées Ce tumulus allongé comme les précédents se par des expériences, nous ont appris qu'elles trouve a l'ouest de Chalcau-Renaud, prés de étaient l'œuvre de la sagesse et de la prévoyance; Manies. Il est aussi colossal que ceux de Tusson. placées aux gorges du désert, elles étaient des- Quoiqu'il soit exploité depuis longtemps et fourlioéesà briser les courants de sable, qui mena- nisse aux habitants du voisinage une masse de cent. d'envahir le basein de 1'Égypte. Comme on pierres toutes prêtes à être employées, on s'au'a encore donné sur les tumulus que des con- perçoit h peine que ses flancs soient dépouillés, jectures plus ou moins plausibles, ce sujet offrira. Sa position, sur uneémincoce, au bas de laquelle longtemps matière aux investigations archéolo- coule la Charente au milieu d'immenses praigiques. Notre pays surtout offre aux savants beau- ries, en fait un des monuments de ce genre les coup de ces monuments, probablement eocoro pins majestueux qu'on puisse voir, vierges; ils sont là pour tenter la moins dange- n offre cette particularité que la partie sudreuse des passions humaines, la curiosité qui est se termine par quatre tumulus coniques, nous porte à chercher le mot de ces travaux mys- Deux dolmens sont placés de chaque côté, térieux, élevés par nos premiers pères comme Peut être eux-mêmes ont été recouverts autreune énigme qu'ils donnaient à deviner aux races fois, et ont aussi formé des tumulus. futures. Hauteur du tumulus de la Folatièrc : 20 mètres; longueur à la base : 120 mètres.

S I TUWLTO. 3" TuSCLUI DE LA GaBDE.

Il est à deux kilomètres ouest de celui de la

1° Les Tumuu» db Tuaso*. Folalière, il est allongé comme les précédents,

Us sont à deux kilomètres environ, au sad-est mais il a beaucoup moins de hauteur. En voici

dithourg. les dimensions :

ts

Longueur à la base: 52 mètres.

Largeur à la base : 26 mètres.

Rien n'indique qu'il ait été jamais fouillé.

4° TUMUM'S DE FoîTTEJfltLB.

11 est placé sur une éminence entre la Charente et Fontenille, à un kilomètre sud du bourg. Sa forme est demi-sphérique. Il peut avoir 30 mètres de diamètre à la base. Des fouilles fuites par le propriétaire du sol ont amené la découverte d'une allée intérieure formée de larges pierres verticales et horizontales. Mais l'allée était entièrement vide; ce qui fait supposer que ce tombeau avait été violé autrefois et qu'on avait retiré tout ce qu'il pouvait contenir de vases, d'instruments, de petits meubles, sans lesquels il était bien rare que les anciens donnassent la sépulture. L'entrée du souterrain est aujourd'hui obstruée, il serait difficile d'y pénétrer.

5* Tum'Lirs de la Foret de St-àmasd de

BOEXE.

Vers le centre de la forêt de St-Araand de lioexc, à peu de distance de la grande allée, sont deux tumulus coniques de médiocre grandeur.

L'un d'eux a été enlevé en partie pour fournir des pavés à la grande route de Paris qui traverse la partie Est de la forêt. Cette fouille a amené une découverte curieuse.

Au centre du tumulus se trouvait uno pierre horizontale qui supportait d'autres pierres verticales. Celles-ci étaient recouvertes, comme un dolmen, d'une énorme pierre. La cavité formée par cette construction avait 3 mètres 30 centimètres en carré. Elle fut trouvée vide, ce qui indiquerait que ce monument a été fouillé autrefois. Mais une particularité bien digne de remarque et que je recommande aux hommes de la science, c'est que ta pierre inférieure horizontale qui servait de dalle au sépulcre, porte un lituus sculpté en relief. Voici le dessin de celte dalle curieuse, qu'on a laissée sur le terrain

fouillé, ainsi que les supports verticaux et l'immense pierre de recouvrement dont l'épaisseur dépasse un mètre, sur deux de largeur et cinq de longueur.

Je conjecture que ce tumulus avait été élevé à quelque personnage romain qui avait obtenu les honneurs du pontificat; le voisinage de la ville romaine de la Terne donnerait de la valeur à cette explication. Tous les autres tumulus que nous venons de décrire sont encore dans le voisinage de cette ville antique.

6* Timnu» de Mazebolles.

De tous les tumulus du pays celui de Mazerolles est le mieux conservé. Il est parfaitement conique. 11 a 20 mètres de hauteur et 25 mètres de diamètre à la base. Les terres dont il est formé ont été prises dans un fossé large et profond qui l'entoure. 11 n'y a pas souvenir dans le pays qu'il ait jamais été surmonté d'une construction; cependant lorsqu'on y fit des fouilles, on trouva des pierres de taille bien appareillées, ce qui ferait conjecturer que c'est une motte féodale destinée à protéger le château de Mazerolles près duquel elle se trouve placée.

7° Tumulus de Moxtbron.

Ce tumulus, placé presque dans l'enceinte du château de Montbron, pourrait bien n'être qu'une motte féodale ainsi que le précédent. Ces élévations factices étaient-elles couronnées de toursT ne faisait-on que s'y palissader et y mettre des sentinelles? je l'ignore. Ce qui est évident c'est

que leur utilité s'explique difficilement. Si l'ennemi parvenait à s'en emparer, il dominait le château et pouvait, derrière cette masse, cacher tous

probable que ces mottes étaient des tumulus que les croyances religieuses protégèrent contre le désir du seigneur de se délivrer d'un si dangereux voisinage ?

C'est une question archéologique bien obscure encore *.

Il est cependant positif que le château d'Aubeterre est dominé à l'ouest par une motte féodale gigantesque qui, jusqu'aux derniers temps, était crénelée et portait une batterie de canons destinée à protéger la ville et le château. 11 en était peut-être de même à Montbron et à Mazerolles. Alors ces mottes ne seraient pas anciennes et devraient être rapportées aux monuments de l'architecture militaire de la dernière époque du moyen âge.

8" Tumulus de Bouex.

Ils sont placés entre Sers et Bouex, sur un plateau, a peu de dislance des constructions romaines dont nous parlerons bientôt; les uns sont allongés, les autres coniques. Rien n'indique qu'ils aient été fouillés. On en compte huit de

« Un historien du Limousin explique ainsi le grand nombre de tumulus qui couvrent l'ouest de cette province :

a Après le départ du Prince Noir, les troupes qu'il laissa « èparsee dans le pays s'y fortifièrent et s'y retranchèrent

■ en plusieurs endroits. Ceux qui purent entrer dans les « châteaux forts, s'y dérendirent longtemps; les autres se € jetèrent çà et là dans les campagnes où Ils élevèrent de « hauts retranchements pour se mettre, dit-on, i l'abri de « l'artillerie des Français, dont r invention aurait pu leur « Taire beaucoup de mal. De M ce grand nombre d'Aurières « ( en idiome limousin Awritras ) , s» communs dans le

■ pays.»

Les petits monticules élevés de distance en distance du coté de l'ouest de Limoges, l'ont été sans doute par les Anglais pour s'établir de nouveau, à mesure qu'on les forçait de sortir des profonds retranchements où ils s'étaient retirés. La tradition du pays attribue tous ces monticules et tous c*s retranchements aux Anglais. Estai kitt. sur la SénaJoreric de Limogtt, pag. 101. 1W.

diverses grandeurs. Nous avons déjà remarqué des tumulus placés en grand nombre dans le voisinage d'une autre ville romaine.

9" Tumulus de Cuassenon.

Ces deux petits tumulus sont & peu de distance l'un de l'autre dans l'enceinte même des vastes jardins du palais de Chassenon. Je ne pense pas qu'ils aient été fouillés.

10 n Le Tombeau du Soldat.

C'est un tumulus à peu de distance de la voie romaine qui va de Chassenon à Poitiers, entre le village de Villemier et celui des Repaires, commune d'Alloué. 11 a 60 mètres de circonférence. Le nom qu'on lui donne dans le pays, la position qu'il occupe sur la voie antique démontrent clairement son origino.

11* Tumulus de chez Jauvigieb, près de Montembeuf.

Ce petit tumulus n'a que 5 mètres de diamètre et environ 3 mètres de hauteur. Mais il est à peu de distance d'une ligne de fortifications qui partait de Chasseneuil et se terminait vers Massignac.

12° La Motte a Peueau.

Elle est placée entre Coursac et Nanclas, k peu de distance de la route de Jarnac a Cigogne. C'est un tumulus conique de 7 mètres environ de hauteur sur 10 mètres de diamètre à la base. Il se trouve à l'extrémité d'un retranchement formant un carré long, qui n'a pas plus de 20 mètres dans sa longueur.

13° La Motte de chez Besson, entre Berneuil et Chillac sur la roule de Coudéon à Chalais.

Celte motte a une forme oblongue; elle a été séparée du plateau auquel elle tenait comme un promontoire, par un fossé de 14 mètres de largeur sur 7 mètres de profondeur. La motte a 00 mètres de longueur sur 30 de largeur. Elle a au moins 1 5 mètres d'élévation. On y a trouvé des fragments d'une chaudière de cuivre. J'ai recueilli, sur le sommet, des fragments de poterie excessivement mince; on y voit beaucoup

UO STATISTVftlit

de débris de tuiles, umi> aucun de ces débro n'a appartenu à des tuiles à rebords.

Ce qui est lo plus curieux daus cette uioUe, c'est un conduit souterrain d'un mètre de largeur, taillé dans le tuf, parlant de la base de la motte du côté du sud, daus lequel on pénètre assez facilement. Il s'avance au ceubre de la motte jusqu'à vingt mètres et se détourne tout à coup, à angle droit, daus une longueur de dix mètres, lorsque ce conduit fut découvert, il était entièrement vide. Avait-il été fouillé déjà? Était-ce un souterrain destiné à cacher des -vivres? cette motte elle-même n'aunaitreile pas été une place de refuge pour les populations voisines dans les temps de guerre? Était-elle un tumulus? Et le conduit souterrain recelait-il des vases Tunéraires? Toutes questions sur lesquelles nous n'avons aucunes données.

14" Le Fobt de l'Abattu.

Tumulus conique au nord do Sainte-Sévère.

11 est entouré en partie par la rivière qui pins loin va remplir les fossés du camp romain dont nous donnerons plus bas la description et le plan. Ce tumulus n'a que de petites dimensions, mais il est parfaitement conservé. Le nom donné à ce tumulus, les mouvements de terrain qui sont auprès et qui indiquent qu'on s'y est retranché, eu rappellent 1'origioe. C'est évidemment te tombeau de quelque guerrier. Il serait intéressant d'y foire des fouilles.

1 5" Le Tumulus de Pobobbbikse.

Ce petit lumulus conique est situé à un kilomètre nord de Porchcresse, près de Blanmc; il ne parait pas avoir été fouillé.

16° Tumulus de la Fave.

Ce tumulus est auprès de la Faye, ancien fief, dans la oouimuue d'Essards, canton d'Aubelerre. Il n'a qu'une médiocre élévation. Peut-être u' est-il qu'une motte féodale.

Les autres élévations de terrain qu'on prendrait, dans le pays, pour des tumulus, ne sont que des redoutes ou des mottes féodales. Wons

■mnu

les mentionnemas au chapitre des de l' architecture nuiiuujndu rnoytm âge.

De tous les tumulus que i crire, il eu est bien peu t poque celtique. Pour la plupart ils sont du temps de l' invasion , romaine, peut-être moins ancien encore. A en juger par cent qui ont été fouillés, l'idée la plus exacte qu'on puisse i monuments, c'est de , les tombeaux qu'on a voulu soustraire & lapr tion, d'abord en renfermant les restes des morts dans une cavité formée de roches* énormes, enconsidérable de terre. Je serais porté à croire que beaucoup de dolmens n'ont été primitivement que des cavités de luraolus. Ou a enlevé la terre végétale qui les la rend» au sol, et les pierres leurs supports, en raison n'a pas pu ébranler.

L'Angoumors ne possède qu'un seulirwrtfttron pierre debout. Il est placé à peu de distance do Repaire, sur la route de Lesterps à .Confolcns, En voici les dimensions :

Hauteur prise du sol : 2 mètres 65 cent.

Plus grande largeur : 2 mètres 10 cent.

IHMDtL

UE tA C

Cette pierre est brûle ; sa face la plus unie est tournée et légèrement inclinée vers le levant. On sait que les Celtes rendaient un culte aux pierres, aux arbres et aux fontaines. Un des capitulâmes de Charlemagnc de 789 nous apprend qu'on brûlait des cierges autour des menhirs.

Les conciles 1 Drent tous leurs efforts pour déraciner ces superstitions qui néanmoins se sont perpétuées à travers le moyen âge. Les habitants de Mainxe pensent encore que le dolmen qu'on voit dans Kur voisinage préserve de la foudre*.

Dans les cantonsde Montbruu, de Montembeuf et dans tout le nord-est de l'Àngoumois, le culte des fontaines* coutservé toute ««force. Lepetple ne cesse d'y recourirpour obtenir des guérisons.

Un monument druidique analogue à celui de Karnac existe à un kilomètre ouest de Montebaude : malheureusement les blocs qui le corn— posaient ont été mutilés, brisésà diverses reprises», plusieurs même ont dû disparaître entièrement ; en sorte qu'il m'a été impossible de déterminer, sur le plan que j'en ai levé, si ces blocs, qui sont encore au nombre de soixaute-six, formaient des alignements , ou des cercles concentriques , ou une agglomération irrégulière, comme a Karnac.

Ce monument s'élève -au centre d'ui plateau d'où l'œil s'étend au loin. Ce plateau est tout en-

i Le Mcood conctle<r*rlos flnlonn* de les «ëlrore : «M tn alicujui preibiterio, infidèles aut facula* (ucndtrùd oui arbores, fontes vtl tara venerentur, si hac erwre ntylexerit sacrileuii se-esm'Tetm-ct><jno*eat. « Aretat. canal: H, rgn. ts.

ke*reua4C(MM*jla de' Tours *eun qu'on ne rupin jiMis dans l'Église ocui çuitc Uv r mit . <<as ruines supecsltitoas.

« qvemcutnque in hac faiuitate ftersistere liderint, vel

ad petras aut arbores aul ad fontes designata lœa genlilium ptrprtntf* orne «f ifc*M*W* rationtmton pertinent iw, tili'EocUmasa»ctamtc*)t*tt! rep«a<axL* GtmesL ïwr.tl, C*n. t«.

Un canon %Tuu Coutile ilcNuoie*. Un tîfiî, proeu i tait île les enfouir prulniul iMcnt, ri il nous apprend qui! ces pierre* s'eleraient (f ordinaire dans des lieux déserts et rouverts de bote..* itpidts qaot+i rumen* Joe* w tjlwiirtew-

* M. Marvawl, £lud. hirt. sur l'Angoumois, |iagt:;nj<;.

* Ils onl clé exploités pour fournir le pavé de la ville de

lARKrTTE. 141

fier de roche calcaire tendre, friable, tandis que lespierresdu monument sorti siliceuses.

A peu de distance de cette agglomération se trouve un dolmen connn dansle pays sous le nom de 'Gros-'Caitlou ; maislui-memc n'a pas été épargné. Ses supports ont été' brisés et enlevés, et il ne resto do la table horizontale qu'un fragment de deux mètres ornes.

"Les dolmens sont nombreux en Angonmeis.

Nous allons décrire les filas intéressants et menrkïmnrr les autres.

î^Dotsix de ST-GEMfAïK-srja-TtEsîOî.

'Ce curieux monument, auquel se rattachent les légendes et tes sonvenirs religieux de la contrée, est bien digne d'être "visilé par les antiquaires, fl présente au premier aspect (Voyez la planche) une pierre énorme supportée par quatre colonnes. Il est situé à peu près au centre d'une île dcla'Viermc, autrefois couverte d'une épaisse forêt, qa'on a défrichée il y a peu d'années. On est d'abord elTrayé quand on se place sous ce dolmen: on s'étonne que des colonnes aussi frêles et d'un si petit diamètre aient pu le soutenir aussi 'longtemps *; la surprise augmente encore lorsqu'on voit qu'une cinquième colonne placée à la partie orien tale a été détachée du monument. On en voit encore le chapiteau qui a été creusé pour servir de bénitier. Car l'intérêt qui s'attacho au dslmen deSt G«rmain-«ur-Vienne, appelé dans le pays- /a 'pierre de Sainte Madeleine, vient surtout de ce. que ce vieux moiraraent des temps primitife a été consacré oui culte chrétien. Les colonnes, comme on le voit dans lcdessiu, appartiennent au style romane! accusent le XI* siècle. Ce fut donc une pensée bien poétique qui inspira aux chrétiens de remplacer par une colonne chacune dtîs pierres verticales qui supportaient la pierre du dolmen. L'antre sombre se trouve transformé en un petit

-« le«tnpitrau et 1* tailloir de ii wkwnw M (Voyei dans le texte le plan du monument) sont fendus verucalemert.

temple aérien , assez semblable à ces édifices grecs qu'on a appelés lanterne t.

Chaque année une fête religieuse attirait les populations du voisinage dans l'Ile de Sainte Madeleine. On traversait la Vienne en bateau, et les prêtres célébraient au milieu de la foule recueillie les mystères du christianisme à la place de ces sacrifices sanglants dont se souillèrent toutes les religions de l'antiquité. L'autel des chrétiens se voit encore au centre du monument.

Là les pères racontaient à leurs fils la légende de la pierre de Sainte-Madeleine. La sainte ellemême avait , disaient-ils , élevé cette masse énorme. Elle portait la pierre sur sa tête et les colonnes dans les poches de son tablier de gaze. Quand elle arriva sur les bords de la Vienne, son pied s'imprima sur une roche granitique. De ce pas elle franchit le bras de la rivière qui la séparait de l'Ile et alla placer au milieu sou léger fardeau. Ils ne manquaient pas au retour de montrer sur la rivo gauche l'empreinte du pied de la sainte. En effet, par un jeu singulier de la nature, que du reste on a remarqué sur d'autres roches granitiques, uuc empreinte de pied s'y trouve parfaitement gravée*.

La pierre du dolmen de Saint-Germain-sur- Vienne présente en surface un triangle irrégulier dont voici les dimensions.

Plus grande longueur. . . 4 42 Plus grande largeur. ... 3 55

Elle est parfaitement unie et plane en dessous. La surface supérieure est également plane, sauf un renflement dans la partie nord. Les côtés sont abattus en biseau. L'épaisseur est de 0 81.

Voici la disposition des colonnes: on remarquera qu'elles sont entièrement rapprochées du bord de la pierre.

• Celle empreinte, appelée le Pas de tainU Madeleine, a 0-30 de longueur sur 0.4 de profondeur. Le rocher sur lequel elle se trouve ae voit sur le bord d'un petit ruisseau qui se jette dans la Vieww, au midi, en face de l'Ue de Saint- Germain.

NUMENTALK

EEEE, périmètre de la pierre horizontale.

Eutrecolonnement de l'Est: 1 88.

de l'Ouest: 2 14.

du Nord: 1 42.

du Sud : 1 50.

L'irrégularité qui régne dans les entrecolonnements existe aussi dans la hauteur et la circonférence des fûts:

Colonne A, hauteur 1 72 ; Circonférence 0 87

Toutes les bases ont 0 32 de hauteur.

Tous les chapiteaux, le tailloir non-compris, ont 0 32 de hauteur.

Tous les tailloirs ont 0 32 de hauteur.

Ce qui donne au monument, à partir du soubassement, qui est entièrement sous terre, une hauteur moyenne de 3 40.

Il est difficile de préciser où devait se trouver la cinquième colonne. Je la place au point T, ce quiadounéau monument l'orientation des églises chrétiennes. Lorsque le dolmen était placé sur ses supports verticaux, le point T était au contraire l'entrée de la grotte ou cella , ainsi qu'on l'observe dans presque tous les monuments de ce genre.

DE LA C

Les colonnes avec les bases et les chapiteaux sont d'un granit à petits grains blancs, gris et roses. Le granit de la pierre a le grain plus fln que celui des colonnes. La couleur rose y domine. Comme le lit de la Vienne est encombré de roches granitiques, il est évident que cette pierre a été tirée du sol même.

On assure qu'un caveau voûté se trouve sous ce dolmen; on raconte aussi qu'un curieux ayant voulu faire des fouilles s'aperçut que les colonnes portaient sur un soubassement de grossiers moellons superposés sans ciment. Il interrompit à l'instant sa dangereuse exploration.

La pierre de l'autel chrétien a

de longueur 1 20 de largeur 0 77 d'épaisseur 0 19

C'est un carré long sans aucune moulure; seulement les arêtes inférieures sont abattues en biseau.

Quoiqu'il y ail en France des dolmens plus imposants par leur masse que celui de Saint-Germain-sur-Vienne, je n'en ai trouvé aucun, dans les descriptions archéologiques, qui puisse avoir autant d'importance, en raison de cette curieuse transformation que l'art chrétien lui a fait subir. Nos pères ne se sont pas contentés d'arracher aux flancs des collines la pierre qu'ils ont ciselée eu coupoles majestueuses, en flèches aériennes; ils ont voulu sanctifier même les monuments de la superstition antique. Mais en y touchant, ils leur ont imprimé un cachet qu'ils n'avaient pas lorsqu'ils s'abaissaient lourdement sur leurs supports grossiers. D'un antre de bêles, ils ont fait un temple gracieux. Telle religion, tel art.

Une enceinte carrée & l'ouest et circulaire à l'est entoure le monument. Elle est formée de simples moellons superposés sans ciment. Cette enceinte irrégulière a de largeur 4 85 et en longueur 9 mètres. Le bénitier, formé comme nous l'avons vu d'une portion de fût et de chtpi-

ARENTE. US teau d'une colonne, est à droite de l'entrée. Il faut descendre quelques marches pour être au niveau des bases des colonnes. Je conjecture que l'élévation du sol autour du monument est due aux débordements de la Vienne qui couvre cette lie tous les hivers. Je n'oserais pas dire que cette enceinte soit ancienne.

2» Dolmem de Sa int-Fort-sub-Né.

Ce dolmen est le plus grand de tous ceux que possède l'Angoumois. 11 a 7 60 dans sa plus grande longueur , sur 4 mètres dans sa plus grande largeur.

La cella intérieure formée par les supports verticaux a dans œuvre 5 70 de longueur sur 3 mètres de largeur.

Lorsqu'on y 6t des fouilles on trouva, dit-on, des haches en silex et plusieurs couches de charbons.

On y pénétre par trois ouvertures. Voici le plan des supports et leurs dimensions. Ces supports ont été taillés: un d'eux montre une entaille verticale faite probablement à la carrière d'où il a été tiré.

NNNN périmètre de la pierre horizontale.

Épaisseur de la pierre : 0 92.

Dimensions des supports:

Support A, longueur 1 mètre.

épaiss 0 30.

Support K,

long.. • •

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Support K,

long. . .

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Support 1,

long. . .

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