‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 81 sur 120 · M LA G · texte numérisé non relu

M LA G

3" L'amphithéâtre.

L'amphithéâtre porte dans la langue romane du pays le nom de I* Lena (aretm, l'arène). A l'exemple *k l'amphithéâtre de Saintes, un des cotés (B) de celui de Chassenon s'appuie sur le rocher, taillé à plusieurs précinctions, pour recevoir les gradins. L'autre côté (C, C)a été élevé dans une largeur de 22", en blocage noyé dans le ciment. Il ne reste plus que le rez-de-chaussée dans lequel se trouvent les galeries pour conduire les bêtes dans l'arène. Les gradins ont été enlevés ainsi que le revêtement extérieur, formé de gros blocs de pierre volcanique dont quelques uns se voient encore.

Le plan est elliptique comme celui de la plupart des amphithéâtres. Le grand diamètre de l'arène est de 60" et le petit de 40

L'état complet de ruines dans lequel est cet amphithéâtre ne donne pas lieu à d'autres développements. Des fouilles dans l'arène pourraient amener peut-être quelque découverte intéressante. Le propriétaire du jardin formé dans l'arène, en travaillant, l'hiver dernier, a découvert une des galeries transversales m, dans le massif en blocage du côté C,C'.La voûte dccctlegaleric a été construite sur des cintres d'échafaudage légèrement ogivés, et repose sur des pieds droits taillés dans le tuf. Elle a 2™ de hauteur sur 1™ 8<T de largeur dans le bas et 1" à la naissance du cintre. Sa longueur est do 9». Le rocher du côté B a 3- d'élévation au-dessus du sol de l'arène. Au point A de ce coté de l'amphithéâtre, on voit une des loges destiuées aux bêtes. Le mur de face qui a 1" 80' de longueur est parallèle à l'ellipse, et ceux do côté sont dans l'alignement des deux rayons partis du centre de l'arène.

Les autres loges, dont quelques-unes ont été détruites récemment, devaient rayonner dans la même direction et former autant d'arcades sous

1 L'arène de l'amphithéâtre d'Arles a 70 mètres dans son plus grand axe ei 39 dans le plus petit. M. de Tailktfert donne à l'arène de Périgueui 86 mètres sur 40.

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le podium. Les murs de ces loges sont en petit appareil et d'une excellente construction '.

4 Les Bains. Dans le fond de la vallée légèremeut inclinée, qui reçoit les eaux de la partie du plateau de Chassenon , s'élèvent, a une hauteur de 4", les restes d'un édifice que l'épaisseur des murs, la force des ciments, la ressemblance avec les constructions du palais, fout regarder comme un monument public. A sa position sur te bord du petit ruisseau qui descend de la fon- £aine de Chassenon , j'ai pensé qu'il pouvait renfermer des bains. Il serait très-facile d'y faire quelques fouilles, et il n'est pas douteux qu'elles ne donnasseut des résultats intéressants. Les murs qui s'élèvent hors du sol forment nue équerro dont le plus grand côté, ouest, a 17- 10 de longueur, et le plus petit, uord, 6- 30 e de largeur sur 1°* 60" d'épaisseur. Ils sont percés, à espaces réguliers, de trous qui ont servi & porter les bois des échafaudages.

Il faut remarquer, comme aux murs d'enceinte du palais, que les couches de ciment cessent d'être adhérentes de distance en distance. J'ai cru donner plus haut la véritable raisou de cette singularité.

Dans la saison où les eaux sont abondantes, elles sourdissent du pied des murailles, probablement par des canaux en partie obstrués. L'appareil n'est pas régulier. C'est un blocage dans un ciment extrêmement dur.

«• Le Cimetière. La grande quantité d'unies et de médailles * des empereurs, qui se trouvent chaque jour dans les tombes du cimetière, indi-

1 Beaumcsnil, on parlant des six arceaux qu'il daigne sous le nom Vantaux enfimeto, places entre le temple et l'amphilhf àtre.pense qu'ils servaient de kyeraent aux bêles. Cette construction est bien à regrelier. Elle est indiquée sur le plan de Chassenon au point T.

* Ces médailles sont do toutes les époques de l'empire jusqu'à la lin du IV* siècle- Q ueiques-unes sool dans la col lection du M. Muret, à Saint-Junicn. Beaucoup d'autres ont clé vendues à Limoges et sont entrées dans ce commerce vulgaire qui oie aux objets leor plus intéressante valeur, en ne leur laissant ni le nom du lieu où ils ont été trouvés, ni celui du monument auquel ils se rattachent.

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que nécessairement des sépultures gallo-romai-

nes. Ce cimetière est trop vaste pour la population; en sorte qu'une partie est rarement mise en usage. C'est vers l'angle nord-ouest do ce cimetière que se trouvent le plus grand nombre de sépultures romaines qui n'ont pas été fouillées.

H y a peu de villes anciennes qui aient conservé un aussi grand nombre de pierres tombales que Chassenon. La surface du cimetière eu est toute couverte, et le mur dont il est entouré en est presque entièrement construit. Beaucoup de ces monuments funèbres se rapportent h l'époque chrétienne, peut-être même tous. Mais cela n'inGrmcrail en rien leur antiquité. Certes, ce n'est pas la pauvre bourgade de Chassenon qui, à aucune époque , aura pu faire sculpter un aussi grand nombre de tombeaux. Ils sont d'un style qui accuse hautement les temps primitifs de notre ère, par conséquent l'époque où Chassenon avait toute sa splendeur. Je pense qu'ils appartiennent pour la plupart au III- siècle et au IV.

Voici quelques-unes de ces formes :

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