‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 80 sur 120 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Monuments de l'époque gallo-romaine.

La longue domination de Rome sur les Gaules fut plutôt un bienfait qu'une oppression. Après que les douleurs de la patrie vaincue se furent assoupies, que les plaines teintes du sang de ses fils ne lui présentèrent plus l'image funèbre des combats où ils étaient tombés avec gloire pour la défendre, la nation conquérante employa, pour se garder ce grand peuple, la politique la plus habile de toutes, celle des bienfaits. Les premiers siècles de l'incorporation des Gaules à l'Empire furent presque pour elles des siècles d'or. Le Gaulois associé à toute la gloire de la grande pairie sembla oublier la patrie primitive; il aima Rome : il fut Romain.

Cette période, qui s'étend pour notre pro-

vince depuis l'achèvement de la conquête jusqu'à l'empire des Yisigoths dans le Midi, nous donne une série de monuments dignes du plus haut intérêt. Les villes élèvent des palais, des temples, des amphithéâtres, des aqueducs sur le modèle ou du moins dans une architecture née de l'imitation de ceux de Rome.

Les riches Gallo-Romains se bâtissent des villas gracieuses. Le pays est sillonné de nombreuses voies.

Dans le goût le plus aventureux des peuplades gauloises, dans leur amour de l'air et de la liberté, il ne fallait pas de villes où leur impé-

• RecueU en forme «Tbisl-, p. 16.

-luenso ariieiir fût proonnière. Us «ris, amis des civilisations, surtout de 'celles qui donnent .le plus aux jouissances .matérielles, ne durent pas fleurir sous l'empire de mœurs , aussi peu soucieuses. de gloire monumentale. 11 u'est pas étonnant que les longues périodes. de l'histoire héroïque de nos pères ne nous aient laissé d'autres monuments des arts que. les ossuaires gigantesques où se sont reposées leurs tendres. Il ne pouvait pas en être de même sous les quatre premiers «idoles de notre ère. Rome débordait de civilisation, de la plus avancée même, disons le uot, de la plus corrompue Avec les idées .païennes encore dominantes sur le Ixuibeur par la vie des sens, on conçoit que le luxe répandit avec profusion sur le sol les somptueux édiGees où il aime à déployer le plus d'art et de richesse. .L'or, le bronze, le porphyre, le marbre, qui ne coûtaient que des sueurs d'esclaves, arrivaient par les voies jetées en réseau sur la surface de l'empire, jusqu'au flanc de ces collines abritées sur lesquelles ces ingénieux Romains savaient trouver le doux soleil de l'Italie.

Cette Gaule au climat pluvieux, jusque-là ombragée de ses loréts éternelles, secoua sa téte brumeuse, les ciiés et les villas remplacèrent les grands villages entourés à peine de grossières palissade*. Tout prit l'air romain. Chaque cité se para d'un capilole, donna aux divinités, .qui allaient bientôt mourir au souille d'un •christianisme sévère, les dernières joies de .temples étinculants, et prépara à grands frais des amphithéâtres pour faire oublier aux peuples leur servitude, au sein des jeux. A ne considérer ce monde qu'il la surface, c'était un monde dans sa magniticence et daus sa gloire. A l'étudier dans sa valeur réelle, ce n'était qu'une vieille idole pourrie et dorée qui allait crouler de son -piédestal.

Les Barbares, dans leur instinct divin.de vengeance contre la Rome qui les avait si longtemps refoulés, ne ménagèrent rien des cbeJs-

d'œnarc dentelleerait embelli fe «tonde. Jls*e .jouèrent, comme des,eiUsnts, à faire >des «non veaux de cendres de ces «travaux entassés par l'art, depuis -quatre siècles, avec une incroyable profusion.. Ils se plaisaient à«e donner pour signaux sur leur passage les feux lugubres des villas embrasées; ils ne uous .ont laissé que des ruines.

Ces ruines, nous les 'interrogeons. Nous secouons cette poussière uoircie. Le charben de l'incendie mêlé aux tuiles brisées des toits uois raconte encore ces longues dévastations. Dans les détails qui vont suivre .sur les monumentsde l'époque romaine, nous ne décrirons que des restes mutilés par la flamme et par le Cor, qui plus tard, même de nos jours encore, ne trouvent pas grâce devant la grossière cupidité qui les exploite.

Les plus utiles travaux de l'époque gallo- romaine sout les voies. Nous allons meulionûir celles qui traversent l'Angoumois. Nous parlerons ensuite des autres constructions que cette époque nous a léguées.

loir» <intit{uet.

En parcourant sur la carte monumentale le nombre considérable des voies quo j'indique comme ayant sillonné lo pays, on sera tenté de se demander si l'imagination archéologique D'à pas pris pour des voies antiques quelques misérables chemins élargis par Les seigneurs, au moyen des corvées féodales.

Pour éviter ce doute il suffit de se rappeler qu'entre les grandes cités du pays, Périgueux. Jtordcanx, Limoges, Poitiers, Saintes, Angoulôme, après ee que nous avons dit du mouvement de la civilisation dans les Gaules, pendant l'occupation romaine, il a dû nécessairement exister de grandes voies, comme les artères principales qui unissaient ces cités entre elles;

DE LA Cl

il suffire ensuite de se dire que des villes seconidaircs, Chanroux, C liasse non, avaient aussi leur système de voies qui se coordonnait au système général,. etqu'onûu l'usage des Romains de maintenir toujours les troupes dans des campements éloignés des villes nécessitait des voies stratégique», indispensables à des communications rapides et multipliées

Je commence cette nomenclature par celle de nos voies qui est le mieux conservée et qui me parait avoir eu une grande importance, puisqu'elle entretenait les relations de doux villesflorissantes de la haute Aquitaino : Augustoritum (Limoges) et Mediotanum Santonum (Saintes), et que de ces deux villes elle se rendait à Lyon, ceutre du gouvernement des Gaules.

1° Voie de Saintes à Limoges et à Lyon.

Cette voie suit une ligne droite de Saintes à Limoges, excepté qu'elle oblique légèrement, vers le nord, au delà du Cbâtelard, pour aller joindre la routede la Péruso avec laquelle elle se confond. J^ai marqué avec exactitude, au moyen d'un pointillé, sur la carte monumentale, toutes les parties où j'ai trouvé le pavé encore entier.

En partant de Saintes, voici la direction qu'elle suit dans l'Àngoumuis. Elle eutre au village du Chaussct, passe à Cherves de Cognac, traverse la partie du Soleuçon sous les eaux duquel elle a été cachée jusqu'au dessèchement de ce vasle étang.Dè làeIlccoup«>, dans sa plus grande largeur, la forêt de Jarnac où le pavé est parfaitement conservé. Une coupure longitudinale faite dans la voie, à peu de distance du village de Punncloup, me montra la manière dont cite est pavée. Au-dessus du terrain nalurer était une couche de gros gravier mêlé de petits cailloux roulés d'environ 20 centimètres d'épaisseur. Le pavé composé de moellons mis de champ, reposait sur cette couche, à une hauteur moyenne de 45 centimètres; enfin ce pavé était recouvert d'une couche de gros gravier dont l'épaisseur n'était plus appréciable- et qui. avait dù dispa-

AIIENTE. Jttfl

raltre daus beaucoup d'endroits. En sortant de l'étang de Solençen on voit une bonne milliaire. sur le bord du ebemin. C'est un fût cylindrique reposant sans moulure sur une, base carrée. Le haut du fût est mutilé. Comme elle est renversée, dans un. fossé,, je n'ai pas pu m'assurcr s'il y avait une inscription. Le coté quo j'ai vu n'en, avait aucune. En sortant de la forèi de Janine la, voie était fort large et fort belle jusqu'à Sainte- Sévère. J'ai vu enlever une grande partie de son pavé pour la roule moderne de Sainte-Sévère à. Cognac.

Du fort de Sainte- Sévère jusqu'à Chassenon.

elle passe :

Au Cluzeau; A Rulles;.

A la Courade ;

A 1 kilomètre nord de Plaisac.;.

A Saint-Cybardeaux ;

A Montignac où elle traverse la Charente ;

A Jaudcs;

Dans la forôl de Quatre- Vaux;

A 2 kilomètres nord de Tnponat.

Jusque là parfaitement droite, .elle oblique vers le nord enta» Saint-Vincent et Vitrac pour se diriger à la Pérusc, en passaut

A Margual,

Entre Cherves et le Cbâtelard, Au-dessous de Mezières, Au Menieux,

Au pont Cbabau où elle traverse la Charente.

De là elle fait à angle droit sa jonction avec la voie de la Pérusc ;

Elle suit toute la crête des collines qui sépareut les bassins de la Charente et de la Vienne,

Laisse, au midi, à un kilomètre, Suris et St- Quenlin, traverse des champs appelés encore dans le pays lous chiajnpt.roumis (les champs ror mains) :

Passe près de Puymie.

Traverse la Grenue au moulin de la Soutière, et arrive à Chassenon.

160 STATISTIQUK !

De là elle suit le bassin de la Vienne, passe près de la Montre au moulin de Snillal, où elle outre dans le département de la Haute Vienne.

Cette voie a été décrite, mais avec des indications bien défectueuses, dans la carte itinéraire et minéralogique de la généralité de Limoges publiée par Cornuau, ingénieur-géograpbe, en 1783. 11 la Tait passer par Manies et Bcauvaissur-Matba, et la dirige sur Sainl-Jean-d'Angely.

La carte si intéressante de Peutinger, tout en nous donnant une indication bien précieuse sur une voie passant à Charmé et à Aunay, a Tait commettre une grave erreur en laissant croire que c'était la voie de Limoges à Saintes. Nous allons décrire tout k l'heure la voie tracée sur la carte de Peutinger. Ce qu'il faut établir maintenant, c'est qu'une magnifique voie romaine, bien pavée, presque en ligne droite conduisait de Limoges à Saintes par Chnsseuon et le fort de Sainte-Sévère. Outre la traversée du Solençon et de la forêt de Jarnac où elle se voit trèsbieu pavée, je l'ai trouvée encore parfaitement conservée entre la Pérusc et Chassenon. J'ai remarqué que le pavé n'était pas exécuté partout de la même manière. Près du village de Puymie, dans des terres argileuses et grasses, où les gros pavés ont manqué, elle est formée de petits pavés en silex présentant une surface unie, assez semblable à celui des rues de beaucoup de nos villes de province.

Je dois dire que celte voie est la seule qui se soit conservée aussi intacte dans le pays, et cependant c'est celle dont les papiers et les livres n'ont jamais parlé.

2" Voie de Limoges à Aunay, par Charmé.

C'est la voie de la carte de Peutinger. Les ingénieurs chargé* par le département de la Guerre de la grande carte du Dépôt, la cherchaient vainement sur les données qui leur avaient été fournies par M. Hase, de la Bibliothèque royale; j'ai eu le bonheur de la découvrir. Elle se déti c'ie (voyez la carte monumentale) de la grande

0M3MENTALK

voie de Limoges à Saintes, au-dessous de Mézière; elle suit la vallée de laBonnieure, passe dans les prairies de chez le Meunier où l'on voit des fragments do son pavé : do là à Bords, à la Rivaille, Chez Dieu, au Mas Chincl où elle fut découverte par les ouvriers qui coupèrent sa chaussée pour établir la route de Manies à Saint- Claud, à Ventouse, à Aulnac, à Essart près des Deffends, à Bellicol {aliàs Bellicour), villa romaine où sa chaussée se voit encore à travers une plaine cultivée, à Charmé, Gragonnc, Saint-Fraigne , les Goures, d'où elle se dirige sur Aunay.

Je n'ai point le moindre doute sur l'existence et la direction de cette voie, connue sous le nom de chemin romain, dans les communes de Lussac et de Chasseneuil qu'elle divise à Chez Dieu et k la Rivaille. Seulement il m'a été impossible, malgré des recherches minutieuses sur le terrain lui-même, de déterminer si de la Rivaille elle se jette près du camp antique do Ccllefroin, ou si longeant la forêt de Relaie elle passe à la Tâche pour se rendre au Mas Chinet. Voici le tracé de celte voie donnée par la table théodosienne avec l'indication des distances en lieues gauloises.

Avedonaco (Aunay).

Sermnnicomago (Charmé) XIII.

Cassinomago (Chassenon) XVII.

Ausrito. abrév. pour Augustorito, (Limoges;.

L'abbé Belley dans sa Dissertation sur Augustorilum 1 et Danvillc dans sa Notice sur les Gaules * font remarquer que la distance XIII donnée par la table entre Cassinomagus, Chassenon et Scrmanicomagm, Charmé, ne peut pas convenir. 11 faudrait, selon Danvillc, XXIII au lieu de XIII. La distance entre Avedonacum et Sermanicomagus n'est point exprimée sur la table par des nombres. Cependant ces deux géographes ont placé à Charmé, appelé de leur temps Chermez, la raansion de Sermanicomagvs .

« Mém. de l'Acad. des insoïpl. XII t, p. 7t3. • Not. sur les Gaules, p. 197.

L'abbé Bclley cite, d'après le Gallin Chris- vaincu que celte route

moderne inachevée ,

h'ano», une charte de Bernard, abbé de Nanteuil- appelée, prèsdu Petit-Mas-Dieu, le chemindet en-Vallée, de l'an 1172, dans laquelle sont dé- Mulet, n'avait aucun rapport avec la voie romaine, crites les bornes d'une terre : « i sotte ad Defens Une voie antique passe a peu de distance du Maet deu Defens usgue ad viam que nominatur La nigossy et de Saint-Laurent-de-Céris; mais elle Chaucada. » La charte nomme ensuite Sallas, coupe presque k angles droits la route supposée

Salles Julliacum, Juillé.Or, lesDelTends, Juillé, Salles, sont des lieux qui environnent Charmé. Et la voie romaine est clairement indiquée par la dénomination de Ckaucada*. Ce qui tranche la question, c'est qu'on a trouvé, dans des

par M. Walckenaèr, et pir conséquent n'a pas la même direction.

Maintenant qu'il est démontré qu'une large et belle voie conduisait de Limoges à Saintes, il faut chercher où devait aboutir celle de Limoges

fouilles faites à Bellicou, qui touche Charmé, les à Aunay, que nous étudions eu ce moment. D'a-

fondations d'une ancienne villa, sur le bord delà près les indications qui m'ont été données par

chaussée romaine aujourd'hui détruite, mais mon savant collègue, M. Lacuric de Saintes, la

cependant visible encore au milieu des champs voied'Aunay se serait dirigée sur Angoulins, lieu

cultivés, où clic présente une légère élévation autrefois d'une grande importance sur le rivage

de terrain. de l'Océan, et qui pourrait bien être le Santomtm

M. le baron Walckenaër, trompé par un tracé portus de* anciens, de grande route, commencée dans le siècle der- Je ne dissimule pas cependant que la voie de

nier, selon les uns pour joindre La Rochelle k y m ogeskSaintesparl'embraiichementd'Aunay,

Limoges, selon les autres pour faire un embran- te j| e ^ m | a ^ omc i tt fable Théodosienne, a pu

chôment do Ruffec au Pont-Sigoulant, par les ôlre | a voie primitive, abandonnée plus tard pour

ordres du comte de Broglie, a supposé que Ser- un d i us direct,

3° Vote de Saintes à Périgttcux, appelée le chemin Boine ou Boisne. Cette voie est tracée sur la Table Théodosienne avec les indications suivantes pour les distances calculées en lieues gauloises :

Miidiolano Santo 1 (Saintes).

CONDATB, X.

Sarhdh, XX.

Vesoxxa (Périgueux).

La distance de Mediolanum Santonum k Condate n'est pas exprimée; celle de Condate k Sarrvm donne dix lieues gauloises, et celle de Sari k résonna vingt lieues.

manicomagus était Saint-Laurent-de-Céris, ou plutôt le Manigossy, qui a en effet une grande ressemblance de nom avec Sertnanicomagut.

J' avais d'abord adopté cette erreur; mais des recherches plus exacte» sur le terrain m'ont con-

t Gall. christ. U. Instrum. col. 380.

» On sail qu'on donnait aux anciens chemins romains qui étaient élevés, le nom de ealciata, calceia, d'où est venu le non» de chaussée, rte cauchie, dans les provinces qui sont au-delà delà Loire, et dans les provinces qui sont au midi de celle rivière, où la langue romaine a été moins altérée, de ealciata on a fail chaucada, camada, d'où dérivent les nom de lieu : Chaussade, Caussade, placés ordinairement sur d'anciennes voies. (L'abbé Belley, dissert., Mém. de l'Acad. de* Inscript. XIII, p. 7144

La voie précédente, n' 1, que je viens de décrire plus haut, est indiquée dans les chartes sous le nom de Calciata, Caicada : « .... Terra que erat juxlà viam de Calcada. • { Cartul. S. An. Bu*., p. 35). « .... de Via Catceata. • (Charte de la donation de Guissoles à St.-Amand de Boexc, par Roho, .':vêque d'Aogouleine , Cartul. S. Am. Bux. P*g 8.)

■ Dans les diverses éditions <'e la ta 1 le tbéodo .icr.ne, appelée Carte de Peulinger, on a mis SANEO pour SANTO Le T de l'écriture gothique atté pris pour l'E avec lequel il a beaucoup de ressemblance. Mais on a fait une faute dont je donne ici la correction. U faut SANTO (SANrONL'Mj.

Les trcntes lieues gautotsea de Vhonnmk Vandale donnent 68 kilomètres, et à celte distance on no trouve aucun lien antique. Danville a pensé que Cognac était Condate. îl s'est arréïé à l'analogie des noms, mais il s'est trompé. Cognac passe «une trop grande distance de la voie dont nous parlons, pour qu'il soit possible d'y Oxer celte mansion. D'autres ont pensé qne Condate était Merpins. Merpins est en effet une position romaine; l'emplacement d'un vaste camp que nous avons décrit s'y reconnaît encore. Mats la difficulté desdistances eslla même. De Périgueui à Merpins il y a environ MO kilomètres, ce qui s'éloigne trop des 68 kilomètres donnés par l«s trente lieues gauloises; et puis Merpins est encore à une certaine distance de la voie, prés de 2 kilomètres. I) y aura donc toujours du doute sur Condate. Cependant je dois dire que l'admirable position de Merpins sur le promontoire formé au conflueut du Né et de la Charente, aurait bien pu déterminer les Romaius à placer la mansion dans un poste si avantageux. Deux petites routes d'embranchement su disaient pour la communication de la mansion à la grande voie. Si celle hypothèse était admise, tout en regardant les distances données par la carie de l>eutingttr comme défectueuses, on pourrait fixer à Merpins la station de Condate 1 .

Il y a également de la diflieullé pour fixer la mansion de Sarrum. Les uns pensent que c'est Charment, qui en effet se trouve sur celte voie, et c'est une opinion assez probable, en raison d'une construction antique qu'on aperçoit à peu de distance de Charment, au nord de Chadurie, et d'un autre poste romain dont on voit l'emplacement au sud-ouest du village de Venues, sur une hauteur. D'autre» ont croqua c'était Churras, ou Sers, que lesgens du pays appellent

i Si-ton les étymolngislcs Condate désigne on général le coin <'c krre furmé au onfluenl de dmx rtoienes. — Comment b'cxptiquer que Merpins, en latin Merpisium, nYûl rkn conservé du nom de Condate f

tONfJMEÏPTALE

Sar daus* leur idiome roman. Une voie antique passe en effet à- Sers; mais sa direction est do midi au nord, pendant que la voie que nous étendions va de Test ht l'ouest.

M. Walckenaêr propose une correction importante k l'itinéraire de Saintes k Périgueux-, »•■» cette rectifieatiotr 1, :

KMiM-linn

UrofoiAne «as*

Mcut-fM M

Sxiti a

io

Oo» ou Hor* 30

Kmi» *

LA TOL-I ILAXCaitt %

rr

Piaïuvcn flt

Il faut remarquer que la rectification qui place Sarrum tY Houme n'est pas heureuse. Il y a plus de i kilomètres du chemin Boine à Houme; et comme lus dislances tic Vcstuia sont les, mêmes, il valait mieux s'en tenir à Charment, qui se trouve sur le chemin, que de supposer un détour considérable à une voie dont le tracé est si direct.

Quanl k l'opinion de M. Walckenaêr, qui pla-

i Gr-ogr. anc. des Gaules. Tom. III, p. 6S Analysegéoer. des Kin. anc. pour 1rs Gaules.

* A pari celle ingvniou-S» rectification 'o Fine, l'auteur commet des erreurs fingnliûres qu'il est imporianl de relev. t. Dans rmlas, il dirige la voie de Saintes jusqu'à Merpins. snr la rive droite de la Charente, pvmdiinl qu'uDe est sur la rivo gauche. Même erreur pour la voie de Chasw-non à Limnpci. Il la place sur la rive droite de la Vienne; elle suivait longtemps la rivo gauche, et ne traversait la Vienne qu'à prii de distance de Limoges.

En parlant dés anciens peuples des Gaules, nommés par Pline, Ub. IV, eap. 35, comme ayanl lait partie de \a «Mti.|iie, M. Walckenaêr dit : « Li s reliâtes nous semblent av. ir occupé les environs île la Tali-llr, au sud d'Anjou lùine. • Ccst Taire de la géographie ancienne avec des ressemblant s de mois. La Vallcite s'appelait Villebffis, Wllabw n, et n'a pris l'antre nom qu'au XVI» si*cle. lorsqu'il fut érigé en duché-pairie, en faveur dé Bernard de la Vallcite, fils du duc d'Êpernon.

M Walckenaêr, d'après tt. Gossetin. place le OmmteUu» fbioiui a l'embouchure d.-s rivières de Vk et de J«in;vy, au lieu d'y voir la Charente, seul lleirvede qnelaue importance, entre la Gironde et ta Loire. 0m? semblable erreur peut-elle se commettre encore 1

eerait Fines de la voie de Limoges sur , wUe de Saintes, au point rtù se trouve aujourd'hui La foor-Wanche, die ert itigemews*, et jo l'adopterais d'autant plus volontiers, que je wupçonne fort qu'il y a eu sur la carte de Peutioger beaucoup de transpositions.

Quelle que soit l'opinion qu'on adopte sur Snrrum et Condate, il est impossible de donner a la voie de Périgucux à Saintes une autre direction que celle qui est connue dans le pays sons le nom de chemin Boine. Ce chemin, un des plus fréquentés, entmtdam l'Aogovmoreau Pas-Vieux, «è il franchissait la rivière 4c Lisoncou Nisone. Do Pas- Vieux an Vort-Iappe, sur les limites de la Snkrtonge, ec chemin est habilement tracé pour éviter les coteaux ; il se déreloppe en ligne droite, au <pied de la cbaloe de ooèhnes qui traverse cette partie de T Angrnmoh 4e l'est a llanest

Voic'rtes lieux qse su : Ua-roie :

Le Pas-Vieux;

Ronsesac, un peu au nord ;

Rodas ;

Charment;

Testas;

Les Coffres;

La Joncade;

Le MArsE-DES-CitATifPS;

Mainxe;

L*Eci.opart ;

La Frenaoe;

Port- Jappe.

Apres que la voie a franchi le Né, «lie passe dam les plaines de Drives, à Bnuffiac, où elle s'appelle la Chaussée , a Saint-Sever, où elle prend le Bom de cheminée la Fousmde, à Courcoury, où se trouvent des reaies d'antiquités rouiaines, et enilu à Saintes.

J'ai parcouru cette voie dans toute son étendue, fille ne montre un peu son caractère de voie antique que depuis Mainxe jusqu'au Port-Jappc. En plusieurs endroits elle parait encore avec son

pwé denetits caiUou* qu'nn ne reacoutre pas dans «lie pleine. Le lit do la rivièee du Né est pavé à l'endroit où il est traversé par la voie. Dans tout le reste de son parcours jusqu'au Pas- Vieux, il est impossible de rieu remarquer qui fasse distinguer la voie d'un chemin ordinaire, si ee n'est, oonmte je l'ai déjà dit, la rectitude du tracé et l'art avec lequel on a su évitor les coteaux.

Entre l'Éclopart et La Frenade, au nord de la voie, se trouve, au carrefour des Quatre-Chemim, à peu de distance du Parveau, une pierre qu'on a prise pour une colonne milliaire, et que les gens du pays appellent la grande Borne.

fiHe a de hauteur au-dessus du sol t" 16" l *a largeur est de 0- 50 , et son épaisseur de 0" 26 e î elle est carrée, plate; sa surface est raboteuse. M. Bourignon a lu au bas ces lettres frustes : T 0 D .. C I... J'ai été moins heureux que lui. Les caractères sont tellement effacés, que je ne fais que hasarder l'indication des lettres suivantes : T... I T... M. Bourignon avait découvert, à peu de distance de cette borne, uue espèce de montoir. qu'il a supposé avoir été placé sur le bord de la voie à l'usage des cavaliers. Je n'ai pas pu le retrouver.

Je doute beaucoup que la grande Borne ait jamais été un milliaire. La forme brute de la pierre, le genre des lettres, no rappellent rien à respril de ces travaux d'une époque qui mettait en toutes choses de la délicatesse et de l'art.

V Voied Angoule-meàPoiliert. Celte voie n'est

indiquée dans aucun itinéraire, ni dans aucun géographe. Cependant, à défaut de ces indications, les chartes de l'abbaye de Nanteuil-en- Vallée, conservées dans le précieux recueil des manuscrits de Dom Fonteneau, contiennent des documents qui en attestent l'existence.

Plusieurs aveux » menliounent la voie publique de la Chaussadc.

Le plus ancien, en date du 12 septembre 1390, s'exprime ainsi :

Ptlrui de Sansaco, Volt- I Pierre de Sansac, valet, *u*... aàvohat te tenere a avoue tenir de R. P. Jean, iï. P. in Christa D/tmino ablié de Nanleuil. Ull bois Johanne abbate de. \anlolio.. J situé dans le territoire de Kemus... «tiim m territorio i Touchimbert, entre le chedt Ttuchalmberti inter viam rutil public dt la Chaustade, pubiicam de la Chaissadr, el le chemin public qui conet viam pubiicam que duat r duil de Tourhiuibcrt i Vllledt Tuscha-lmberti apud lï/- gasl, de l'autre cote. lam-Vaslam ex altéra. |

Le cinquième de ces aveux est en français, en date du 2t> janvier 1497. Il nous apprend que Aimard Prévost, chevalier, seigneur de Touchimbert, déclare tenir de R. P. en Dieu Nicolas, abbé «le Nanteuil, quarante journaux de terre, commençant et tenant au chemiu de la Chaussade, au bout de son parc.

Outre ces preuves d'une voie antique d'Angoulôme a Poitiers en chaus&re on chaussade, comme on disait alors, on en trouvait encore les indices au milieu du siècle dernier, sur toute la route moderne. Celle-ci est presque entièrement tracée sur la voie antique : ce qui en a fait disparaître jusqu'aux derniers vestiges.

Voici, du reste, la direction qu'elle suivait :

Ax;on.f.ME ;

Pont dk Toiivrk. Dans les Charles, te lieu est appelé seulement Pont ;

Pont de Ciicner; ; Touriers. La voie passait h environ deux cents |ws sur la droite de Touriers ;

1 Je dois l,i connaissance de cinq de ces aveux à l'obli- K-eance de 11. Presse, de la bibliothèque de Poitiers, qui se propose de les publier dans un travail qu'il prépare sur l'Abbaye de Nanleuil-en-VuHec.

Manles;

Toucuimbert, le long du parc; La Chaussée, maison placée sur la voie et qui en avait pris le nom ; Rdffec ;

Les Maisons blanches; Cuaunay ; Cou Hé; Viyonne ; Croutelles ; Poitiers.

6* VoietfAngouléme à Sainte*, appelée Chemin des Anglais. Celte voie, en quittant Angoulètne, traversuit le terrain de la Grande-Garenne, alors occupé par un grand nombre de maisons de campagne, dont on retrouve les fondations. Corliea nous apprend qu'au XIII' siècle, le comte Hugues, dit de Fougères, petit-fils d'Ysabcl, fil paver le chemin à la distance d'une demi-lieue *,

Un pont, dont on voit encore une pile, était jeté sur la Charente, a Basseau. La voie se dirigeait ensuite vers Iliersac, laissant Saint-Saturnin sur la gauche, et sur la droite Marteau, La Vigerie, où ont été découverts des vestiges d'antiquités romaines.

De Hiersac, la voie s'avançait vers Jarnac qu'elle laissait sur la gauche, allait traverser la Charente au port du Chassicr, se rendait à Cognac, de là à Merpins, et de Merpins se joignait par un embranchement à la voie de Périgueux à Saintes.

J'ai manqué de documents soit écrits, soit fournis par des investigations sur le terrain, pour tracer la voie depuis Hiersac jusqu'à Merpins ; je ne donne donc cette partie de la voie que comme conjecturale et appuyée seulement sur une opinion personnelle.

1 « J'ai trouve seulement qu'il feit paver toutes les advenues de la ville d'Engolesme , et le chemin depuis la ville jusqu'à un port de la rivière de Cbaranlfl, appelé de Bassaulx, lequel chemin dure environ demi-lieue et i

pour lors garni de maisons des deux coslez. »

DE LA CHARENTE. *6S 6° Voie (TAngoulémc à Limoges, par Chaaenon. de Breteuil, une >oie romaine est également ap- Cette voie appelée, comme la précédente, pelée Chaussée des Anglais.

Chemin des Anglais, se détachait de la grande voie de Limoges k Saintes, à Saint-Quentin. Je l'ai étudiée avec une attention minutieuse.

Après Saint-Quentin, elle se dirige vers Lésignac-Durand qu'elle laisse sur la droite. C'est entre Saint-Quentin et Lésignac-Durand que j'ai trouvé, dans des bois, plusieurs mètres de longueur de son pavé encore entier.

De Lésignac-Durand à Mouzon.

Elle prend alors la crête des collines; elle passe à l'Arbre, laissant Mazerolles sur la droite. Au bord de la voie, à peu de distance du Mas, sur une hauteur qui domine l'Angoumois et le Périgord, se trouvait un Exploratorium dont on reconnaît encore les fondements à fleur de terre. Après avoir suivi la longue chaîne où elle s'est développée, elle descend près de Péroux vers Vilhonneur, où elle traverse la Tardouère.

Il m'a été impossible de découvrir aucun vestige de la voie depuis Vilhonneur jusqu'à Angoulême. Je conjecture seulement qu'elle passait à Pranzac et à Touvre.

Entre Montembœuf et Mouzon, le tracé se montre encore à travers des champs cultivés.

Lorsque ces champs sont couverts de moissons, on aperçoit qu'il y a une différence de végétation entre le sol qui a été occupé par la chaussée cl celui qui l'avoisine.

Quant à celte dénomination de Chemin des Anglais, donnée a ces deux voies qui traversent l'Angoumois de l'est à l'ouest, serait-elle un souvenir de l'expulsion des Anglais, qui se retiraient peu à peu devant l'armée française, en se cantonnant dans le pays; ou bien le prince Noir

6° Voie de Périgueux à Chassenan el à Poitiers, appelée vulgairement le Chemin ferré, l'ne fort belle voie, dont les fragments sout encore nombreux, partait de Périgueux et conduisait à Chassenon et à Poitiers, en traversant le nord-ouest de l'Angoumois.

Voici sa direction :

Périgueux. Vesona ; NoyraoN ;

Lascoux-Jamet, près de Saint-Eslèphe; Pluviers;

L'Éta.ng Groulier; (Quand on fait écouler les eaux de cet étang pour y pêcher, on voit trèsbien la chaussée antique qui le traverse);

Reilhac;

Maisoxneix;

Les Saixes-la-Vauouyon;

Vidé, que la voie laisse sur la droite;

De là, elle va faire sa jonction sur la crête du coteau de Saint-Quentin avec la voie qui vient de Limoges et de Cbassenon; elle la suit jusqu'à la Péruse.

Elle s'en délache pour suivre la chaîne de collines qui sépare le bassin de la Charente de celui de la Vienne.

La Péruse;

Loubert, sur la gauche ;

La Chapelle Saixt-Jean-du-Courbt ;

La Lue ;

Entre les villages de Villemier et des Repaires, un fragment encore entier de la voie parait trèsbien dans une étendue de cinquante mètres. Les pavés sont renfermés dans un encaissement bordé d'un rang de plus grosses pierres et dispo-

qui affectionnait particulièrement Angouléme et sés en dos d'àue. Elle passe auprès du lumulus

qui se plaisait à y séjourner, aurait-il fait réparer que nous avons mentionné plus baut, page 139,

quelques-unes des principales routes du pays? sous le nom de Tombeau du Soldat. C'est ce qu'il est difficile de décider. Je dois dire Lafond; à ce village se trouvent des vestiges

aussi que dans le département de l'Oise, canton de la voie romaine. Dans les champs et les jar-

t«« ST.vnsTiQrr.

dins, on rencontre, a peu do profondeur, un pavé très-dur sur lequel viennent se briser les instruments da labourage. Au printemps, lorsque l'herbe commence à pousser, on distinjruc la largeur qu'occupe la route ; l'herbe y vient plus tardive et moins abondante. Bans toutes les parties où elle a été mesurée, cette voie a six métrés de largeur.

On a trouvé, dans le lit du Transon, il y a nue vingtaine d'années, une table «le pierre wr laquelle étaient gravées quelques lettres. Cette pierre a éié mutilée; l'inscripliou n'existe plus.

La voie devait traverser le Transou prés .de Tras-Ie-Bosl, à peu désistante d'un camp antique. De là, elle se reudait à Charroux. et de Charroux à Poitiers.

8'' Voie dAnaoule'me à Delhc et à lmaud*n.

Elle entre dans l'Angoumois au delà «le Briihae, et coupe ce bourg par une rue «appelée h rue Ferrade.

Elle Iraverse ensuite l'Issoire au pont Biscot (ou Bicot) qui était un ouvrage romain.- Les pierres de ce pont étaient carrées et jointes avec du ciment. Le peuple le désignait sous le nom du Pont du Diable, parce que sa solidité lui faisait croirequ'il ne pouvait être l'ouvrage des hommes. Depuis des siècles, il ne restait qu'une arche de ce pont, et cette arche n'était formée que des pierres de la première assise de la voûte r J intrados), placées sur la rivière. Les gens à pied la passaient en grimpant d'un côté «le ce demicercle et en descendant de l'autre avec précaution. Un nouveau pont remplace cet»** arche qui K'est écroulée il y a quelques années *.

Ce«FOi.i«ss;

Ambewsac, où 1a voie traverse la Charente ;

SAi!rr-L.UTRE*T-DE-C*RTs; Sur les hauteurs, entre Ainhernae et Saint-Laurcnt-dc-Céris, la voie se reconnaît très-bien par la rectitude de

• M** M. de Wrdflhac. Notice sur 1«s Anli'iuili's dp Con-

HOlvrMF^TALE

son tracé. Elle laisse Saint-L-aurenl-tle Céris sur la gauche, ot passe au Has-Bro»ssard.

Le 'GaAND-^l as-Dieu qu'elle laisse sur la droite; Entre lo Mas-Broussard cl Saint-Laurent-de- Céris, la voie est rcconnaissable a son petîl pavé de eaiHotrx urf-rutiers trèsHnrppw*hes.

J'ai nwnlioiwéleTanTp^eChe^OodBBrd'qww troa ve à cinq tilonWHres 4 PmeM*»' Grand^tv Bien et qui pourrait hien se rattacher a cette voie. On a décourert à Chassiecq une Ijome m»lliairc portant «Ue inscription T. D. .1* Gétle borne a-t-elle été transportée de la voie que je décris; une autre voie passait-elle a Chassiecq.; ou bien n'y Avait- il qu'un etubranchenieut pour conduire au camp de Chez-Codanl? C'est sur quoi ^e ne me prouooeerai pas.

Coxmfzoix, où se trouve un camp antique;

A.NCouj.63aE. Il « a été impossible de découvrir le tracé .depuis Ceilefroin jusqu'à Angoaléme ; je- ne donnerai que des conjectures sur <c$ point. J'indiquerai seulement le chemin d'Agris qui passe au Pont-Touvre, et qui a dû être la direction naturelle de cette voie.

9' Voie de Saintes à Chatroux.DuMn Fonteneau décrit une voie romaine qui passait à Charroux et se dirigeait vers Saintes, en allant s'embrancher dans 1a grande voie de Poitiers à Saintes.

La preuve de l'existence de cette voie se trouve dans une charte de l'ancienne abbaye de ce lieu, du 3 mars 1259. Elle contient un traité entre Hugues de Lesignan, comte de la Marche et d'Angonlème. et les retigieux de celte abbaye, au sujet de plusieurs droits respectifs.

« Item, v est— il dit, quod iota fdatea, qw est anleporlm dicti mohasterii de paraviso, et subtm dicta pi tnrùiac cirea, iwpre ad ■pttvimenhan antiqnum et utramipievinm sev •Mratnm pvblirnm antiquant, at etiwm tottim tinteterium Saneti Petn libéra ma neat et imrmtttis abbali et mrmastrrw.

.Elabbas dicti nwnastrrii, . . perpetuohafieat ... ftaUagivm sivt mtnedtm stallortnn, que tunt «t emMin hch prfedictit... lia quod via nrifrçwa,

BfcLA C

qiue truntit per éictuim civiefarnum a, superiori porte crxicis lapidew tpjiaa «rimeterw remaamt in statu pt atino, etc. *

Le chemiu pavé dont il est Tait mention dans cette charte, et qui avait sa. direction entre l'egliMi de Kufaboye et le cimetière du lieu ,. était l'andesue noie romaine indinwttu dont il est, parlé: phw uuuft. Ce cimetière Tut converti en place sue taqaeUé o» éleva plus tard In bulle actuelle. Près de ce eimelière était la chapelle de. Saint-Pierre, ruinée longues aimées avant, la Révolutiom Autrefois, il y avait quantité d'élhox Je long de l'église de l'alibaye et sur le bord delà voie militaire. C'était là que se vendaient et se. débitaient publiquement les marchandises^ surtout ( le sel dont il se faisait un grand commerce ù Chai roux. Au-dessus du cimetière, el prés de la croix, la voie romaine se divisait. De cette division naissait une autre petite voie qui, après avoir embrassé tout le contour du cimetière,, venait rejoindre la précédente au-dessous. Doui Fonterneau pense que ces deux chemins avaient été ainsi ménagés par les Romains pour la commodité des voyageurs et des voitures, afin que si l'un était occupé, on put passer par l'autre, saus entrer dans la svpullure publique. Ce sont ces deux chemins, déjà lorl dégradés au temps de Dora Fonteneau, qui sont indiqués dans la charte par ces mots : L'ivamque »u»m. seu stratam. publicam untiifuam. Des que ces deux voies étaient réunies en une, eelle-ci sortait de la ville de Cbarroux parla porte tic Roebeiueau ; de là elle s'&vaisçait jusqu'au pont du Brcuil, construit sur 1a Charente. Ce pont est rompu, depuis un temps immémorial.

Depuis Cbarroux jusqu'à ce pont, le chemin, suivant Dom FuMteoeau,. était pavé à Nautique. Il était original rementen chaussée, oonum l' (Mettent évidemment les tract* qui m restent en divers endroit», ajoute le savant bénédictin. A quelque distance du peut daiBravil, des. traces ù cutle voie se Ibssuiod* voir au temps ou vivais

AHF.NTB. Itt

auteur. Oui la. retrouvait plus loin, à la maison noMede A« TwocAe.dans la paroisse de Grenouillé, au milieu, du bourg de Lizant, prés du château de BoistiHet, au pontde Paisé sur la Charente, dans la forêt de Buffecoix le cbemîTl était alors partout ferré,, dans la ville de Ruffee, à Villefagnan r kBaumasière^ au village de Gâlebourse, à celui de Cwre&Aiaet ,, vers Aunai, où se faisait la. jonction du cette voie de traverse à la grande voie directe de Limonum Pictvtmm. au Medidanum Hantomm,.

10" Voie de Sainte-Sexène à Angoulina. Cette vuie est em oro très-recoonaissable au nord de SaiobvSévéro. Elle passe auprès du fort do l' Abattu que j'ai' déjà mentionné parmi les tumu* lus. Elle se dirige de Sainto-SévèroàMatha; de là à Varaize, Loulay, Angoulins. Je conjecture quelle se rattachait, par Cigogne el Julienne, à la voie de Saintes à Angoulèmc, et donnait à cette dernière ville des communications directes avec cette forte position militaire.

11" Voie de- Saintes à Contras, par le Petit Angowwis. Cne partie de rarrondissemcntde Barbetieux,. connue autrefois sous le nom de Petit Angoumois, dont Baigne el MoiUauzier étaient le chef-lieu, est traversée par la voie de Saintes à Contras.

En quittant Archiac, elle passe dans les communes de Sainte Radégonde, de Baignes et de Chantillac. Des fragments de cette voie se trouvent près de Chantillac, à la villa des BoureHes. Elle a près de quatre mètres de largeur.

De là elle se dirige sur Montguyon, Coutras (l'ancien Corterate) , Condate, port au-dessus de Liboume où-Ton traversait la Dordogne;

12* Voie de Sers, appelée la- Chaussée. Nous devons à M. J. Navarre, membre do la Société archéologique el historique de la Charente, la découverte et l'exploration d'une voie antique qui se dirige du midi au nord de Sers, vers le Pu y de NanteuU et Brie, et qu'on appelle vulgaireuieut te chemin de Sers.

Dans un acle de partage, du 16 novembre 160 V, possédé par M. J. Navarre, celte voio est ainsi mentionnée : «t Chemin par lequel ou va « du Pu y de Nanlhcuilh au lieu de Brouslric, « appelé le chemin de Sers, et que l'on soulloit « cy devant appeller le chemin de la Chaussée, . .»

Ce chemin, que j'ai parcouru, a entffeltout le caractère d'une voie antique Son tracé est en ligne droite. Sers conserve encore des vestiges d'antiquités romaines.

Celte voie a dû être un embranchement à la voie d'Angoulême à Limoges, vers Broutrie, et à celle d'Angoulême à Poitiers, au-delà d'Anais. Des recherches plus exactes en feraient probablement découvrir le tracé vers Vouzan (viguerie au moyen âge), Charras, Mareuil et Brantôme.

13* Voie de Chassenon à Poitiers, par un embranchement avec celle de Limoges à Poitiers. Un pont antique, jeté sur la Vienne à Pilas, au-delà de Chasscnon, les camps de Saulgond et de la forêt de Brigueuil , m'ont fait penser que do Chasscnon un embranchement allait joindre la voie de Limoges à Poitiers. C'est une indication que je n'ai pas dû négliger, quoique je n'aie rien découvert de cette voie.

I \° Voie de Saint-Jean -d'Angely à Blaye, y>ar Cognac. Voici les lieux où elle passe en Angou-

mois :

Mesxac ; Cherves; Couxac ;

Salles, près des camps précédemment décrits;

De là, à Jahnac, Champagne, Joxzac, Mar- ■cjllac et Blaye.

Telles sont les voies antiques dontl'Angoumois était sillonné. J'ai dû passer sous silence la grande voie de Limoges à Poitiers, qui ne faisait que loucher la commune do Monlrollet aux limites de l'Angoumois. Je la mentionne cependant en raison des camps nombreux qui se trouvent

sur les communes de Montrollet et de Brigueuil, et de l'embranchement au moyen duquel je soupçonne qu'on se rendait de la Marche et du Poitou à Chassenon.

Un problème reste à résoudre : quelle était la voie antique d'Angoulême à Bordeaux, sa métropole, et celle d'Angoulême à Périgueux?

D'abord il est évident que la voie qui conduisait d'Angoulême à Bordeaux devait s'embrancher à celle de Saintes àCoutras, Corterate, pour arriver de là, par Condate, à Bordeaux.

Mais quelle direction pouvait elle prendre en partant d'Angoulême? La route royale est moderne, et rien n'indique qu'elle ait été tracée sur une ancienne voie.

Le camp de Veuil, le camp de Challignac, une villa antique près de Brossac, pourraient bien être des jalons pour détermiuer un tracé qui eût abouti à Montguyon et de là à Cou Iras. Un trèsancien chemin, appelé chemin de la Faie, se trouve dans cette direction. Un autre chemin également très-ancien passe à Veuil,àBournet, dans les environs de Sainte-Soulineet de là vers Cbevanceaux. Il sera digue de la Société archéologique de la Charente de porter l'attention de ses membressur celte voieimportante,donlil ra'aélé impossible de découvrir les moindres vestiges.

Quant à la voie d'Angoulême à Périgueux, je n'ai encore que de faibles conjectures. Se dirigeait-elle par Sers, Charras, Mareuil et Brantôme? allait-elle, par l'ancien chemin de Vilieboys, dont parlent les chartes, qui suit les hauteurs entre Puymoyen et Dirac, s'embrancher vers Villebois, aujourd'hui La Vallette, à la voie de Périgueux à Saintes?

Ces deux directions peuvent avoir existé simultanément , mais la dernière me parait la moins incertaine. Du reste, sur la carte monumentale, j'ai distingué avec le soin le plus minutieux les lieux où je me suis assuré de l'existence des voies antiques. J'ai marqué par des signes particuliers .les endroits où l'on rencontre des fragments de

1tt LA CHAREWHS.

|»vé, ceux où le tracé est reconnaissable, ceux Herpms. Tous les autres lieux ne sont que de

il est douteux, paf conséquent sur lesquols simples villas, on doit faire de nouvelles recherches. Angoclbme, leuiisna. H ne reste aucun ves- Cesl ainsi que l'archéologue qui travaillera, tige des édifices de la ville romaine «, si ee n'est après moi, la question si intéressante des voies deux fragments peu considérables des murailles antiques, saura sur quels points j'ai eu des don- de l'enceinte et un débris de fondntion composé nées positives ou de simples conjectures. D'un dè ciment et de tuiles à rebords, découvert rémoment à l'autre, des travaux d'agriculture, des cemment dans un jardin au faubourg Saintcoupures de terrain pour les routes, peuvent of- Ausone.

frir des indications nouvelles et déterminer des Ces fragments de mur d'enceinte se compo-

points sur lesquels, il faut l'avouer, je suis de me» ré indécis après beaucoup de recherches.

Mltrs.

sent de gros blocs superposés sans ciment, assez semblables à ceux des murs romains de Saintes et de Périgueux, avec cette différence que ces blocs ne paraissent pas avoir eu d'autre destinapendaut qu'à Périgueux et à Saiutes, les sont formées de débris de temples ou Indication des lieux dont il est parlé dans ce d'autres édifices élevés avec tout le luxe de l'architecture romaine.

Le fragment des murs d'Angoulême, n° 1, est pris du rempart du Nord, au-dessus de l'abbaye de Saint Cybard, à très-peu de distance de l'escalier qui couduit delà promenade du Petit- Beaulieu au Jardin public.

paragraphe.

AnirouWme (ville).

Ambérac (débris de ciment

et de briques).

Bagni (villa).

Basseau (villa, pont).

Bcllicou (villa).

Benays (pont).

Bonncui) (Iniles), Brilhac (mur de fondation).

Cliassenon (villi).

Chasseneuil llomlieaux, vases, médailles).

Cbément (silo).

Douzac (tombi-au).

Foniguyon (villa).

La Berche (la

mains) Lacou d'Auscna (villa) La Clavier»- (statue).

La Terne (ville).

La ville d'Oline (villa).

LeCli.itelard('M7*Ioroton'unil.

Le V* (mausolée).

Leslluites (tuiles).

Le M line-Brun (luiles).

Le Maine-Large (tuiles).

Les Caves du château (villa).

Les Pendante (silos).

Marteau (tombeau).

Merpins (ville).

Moris (tuiles).

hkmteoihoHli (silos).

Onedwil (villa).

Priignac (tombeau).

Sarrum (mansl n).

Srrmanicomajjus (mansion).

Sers (villa).

Si-LaurenNle-Cci is (urnes.) .

Thouirat villa).

Vars (tombeau).

' T 1 ! ' ^' t i^ ^P"^ ^.ti

En commençant ce paragraphe,je dois d'abord faire connaître l'impression quêt ai éprouvée lorsque, ayant parcouru l'Angoumois, presque village par village, ayant consulté, interrogé sur tout ce qui pouvait présenter quelques vestiges d'antiquité, les hommes les plus versés dans la connaissance des lieux, j'ai été réduit, pour do-.i. ner l'Angoumois sous l'époque romaine, a- a nombre d'endroits que je viens d'énup^grer. Sur le vaste sol du département de V A ç| iaren tc, je n'ai trouvé que quatre villes«r lt jq Ue9 , ue que iq Ue

' H est ocrUin qu'elle porte marque d'vnc 1res ancienne ville, encorcs qu'il ne luy reste pas beaucoup d'anciens mo num'ents lesmoings de son âge et vieillesse pour les ruines, euersions,brusleraents et desmanlcleraents qu'elle a soufTert avant esté quatre foys prise d'assaut.

dépôts treze cens ans, ,

étendue : Angoulème, C>asi©noii, La Terne et cinq foys rendue, et vne foys démantelée. Corlku, p. »

Ce fragment est d'autant plus curieux qu'il présente une singularité que je n'ai jamais remarquée dans aucune construction de ce genre. A une assise de plus grand appareil succède une assise d'un moindre appareil.

Le dessin représente trois rangs de ces assises régulières, à droite et au-dessus desquelles se trouvent les assises du rempart moderne qui remonte au XVI* siècle.

Celle base du rempart du nord n'a du sa conservation qu'à sa position sur des roches escarpées qui forment la partie la plus abrupte de la montagne, sur laquelle Angoulème est bâti. Il faudrait l'agilité du chevreuil pour aller voir de près et mesurer ces assises antiques. Je n'en donnerai que des dimensions approximatives.

IOM1MENTALE

"Z Les assises en gros blocs blocs ont environ 0" é 50' de hauteur. Elles sont a peu près carrées. Les assises moyennes n'ont pas au-delà de 0- 16%

11 est à regretter que daus les divers démantèlements qu' Angoulème a eu à subir, ces vieilles murailles, élevées sur les rochers à pic, n'aient pas été épargnées. Nous serions'flers de montrer aux voyageurs celte enceinte encore debout, échappée aux ravages du temps et des hommes.

Malheureusement il n'en reste que des débris.

Le fragment, n* 2, se voit à la base du rempart, à peu de distance de l'endroit où devait se trouver la porte de l'Arc, non-loin de la petite place des Ursulincs.

[ci les assises n'alternent pas d'une manière aussi régulière que dans le dessin précédent. Cependant le rang qui touche le sol est surmonté d'une assise de moindre appareil, au-dessus de laquelle le grand appareil reparaît. Cet ordre no se retrouve plus dans les assises supérieures ;

,, lt ;isici les pierres présentent une autre partrculanù* " on moifls intéressante, c'est qu'elles sont presque toutes marquées, vers le haut, d'un trou large à so,? orifice et diminuant jusqu'à environ six centimèV. p es de profondeur. Les blocs qu'on trouve à Périgée" *> à

DE LA C

les constructions, sont marqués d'une entaille assez profonde destinée à aider leur extraction de la carrière ; mais celte entaille carrée dont l'usage est ainsi justifié, ne pouvait pas être remplacée par ce trou en forme d'entonnoir. J'ai été porté à croire qu'il n'est là que comme ornement.

Dans le bas-relief, n' 3 (Détails de la façade de la cathédrale d'Angoulème) , les murs de la ville dans laquelle on reçoit le corps d'un combattant frappé à mort , sont formés de largrs assises dont chaque bloc a un trou circulaire. J'ai été frappé de la similitude de ces blocs avec ceux des remparts d'Angouléme.

Le mur antique dont nous venons de décrire deux fragments, suivait jusqu'au ChAtelct. En avançant vers la porte du Palet, prés de la rue des Cordonniers, deux rangs d'appareil antique, dont les pierres sont très-rapprochées et sans ciment, se voient encore à la base du rempart sur une longueur de vingt mètres. Le mur se continuait du Chàtelct jusqu'au Château ; depuis le Château, laissant toute la partie du plateau qu'on a appelée le Parc, et qui forme aujourd'hui le plus beau quartier de la ville, il allait joindre le rempart, vers l'angle de la place de la Commune ou du Parc.

Celte remarque est importante pour se faire une idée juste du périmètre do l'enceinte romaine. Selon Corlieu et Desbrandes , ces murs avaient été bâtis de débris antiques.

« Ressentent aussi leur antiquité les murailles delà première ville despuis ce Chastellet iusques au Chasteau, lesquelles sont restées en quelques endroits malgré le temps et les désastres aduenus à la pauure ville, faictes de grands quartiers de pierre de quatre a cinq pieds de longueur et larges à l'aduenant, entassées l'une sur l'autre sans mortier, comme celles que nous voyons basties du temps des anciens Romains h Saintes et a Perigueux ; et si s'est encorcs celte année dcscouuert vne marque de plus grand an-

lAREffTE. 171

tiquité en ces murailles, q'ayant esté ouvertes, on a trouué l'intérieur d'icelles faict et masstoé de pièces d'autres pierres qui auparauant auoient scruy à autres édifices, comme colonnes, frises et soubassements, qui monstre que iadis les ditesmurailles furent faictes des ruynes de quelques temples, ou autres superbes l>aslimcnls autresfois bastisau mesmo lieu, indice d'vne très grande et non rccordable ancienneté \ »

Desbrandes parle d'un reste de murailles antiques dont les pierres longues de 7 pieds, larges de 3, étaient par assises. Cette muraille antique formait une partie d'une terrasse sous laquelle était le | ré du Château. Dans la démolition de cette terrasse, en 1778. on trouva plusieurs colonnes, frises, soubassements et autres pièces d'architecture que l'on jugea êlre les débris de quelques temples ou de l'ancien clocher , bati du temps de l'évèquc Gérard et démoli par les calvinistes. Parmi ces pierres, ou en trouva une assez curieuse.

«Elle était creuse par-dessous. Sa figure était un carré long de i pieds, sur 2 de largeur : elle était ornée dans son contour d'une corniche ; à chaque côté, celte corniche en supportait une autre de figure d'un triangle isoscèle dans l'intérieur duquel était la figure d'un chérubin. A chaque extrémité était un semblable triangle, ayant dans son intérieur une sphère coupée par deux cercles. Il paraissait qu'elle supportai! une autre pièce d'architecture qui servait de couronnement. »

A en juger par cette description, cette pierre n'a ptsdû appartenir à l'époque romaine. Peutêtre était-ce un fragment d'un des tombeaux des Saint Gelais, ou de ceux qui décoraient l'intérieur du cloître des chanoines avant 1508.

On a longtemps conservé dans le palais épi— scopal un sarcophage romain. Il a été dessiné par M. LeGonidcc, savant antiquaire, célèbre par

• Corlieu. p. 13.

ses travaux sur la langue celtique, qui habitait Angoulême il y a quelques années.

Malheureusement ce précieux reste, qui aurait une si belle plate dans le musée d'Augoulèmc, n'existe plus ; il fut, il y a environ vingt-ciuq ans, honteusement mutilé et scié en blocs, pour servira une maçonnerie dans les caves de l'évè ché, dont on avait Tait alors la Préfecture.

Des médailles romaines ont été trouvéesà différentes fois dans les travaux exécutés sur le plateau de la ville. Le versant de la montagne, au couchant, où sont les faubourgs de Saint-Ausone et do Saint-Martin , a été occupé par des constructions romaines. Des vases antiques d'un très beau travail ont été trouvés, il y a deux ans, lorsqu'on éleva des maisons eu face du Parc, audessous du rempart. Ces vases ont été déposés dans les cabinets de MM. A. Callaud et J. Bolle. A Saint-Au-ouo, au- dessous du Jardin public, on a trouvé des fragments maçonnés en cimenld' une excessive dureté. La grande quantité de tuiles à rebords qu'on a extraites du môme endroit, iudique bien que des constructions y ont été élevées.

Voilà tout ce qui reste, dans notre ville, delà longue domination du peuple-roi. Nuls vestiges d'aqueducs, d'amphithéâtres, de temples, comme dans les cités antiques qui nous avoisiiient ; seulement quelques blocs de grand appareil, à la base des remparts du nord, des médailles qu'on n'a pas même su conserver, des urnes et uu tombeau mutilé, méconnaissable dans le mortier qui l'enveloppe. Peut être ce tombeau a couvert la froide dépouille d'un de ces préleurs qui faisaient trembler les peuples devant les haches romaines.

Ambérac. Une construction curieuse existait au nord du bourg d'Ambérac, dans un petit vallon où le sol s'incline vers la Charente. Les débris de ciment qui restent de la démolition et les rangs de briques qui formaient des cordons, indiquent d'abord un travail romain. C'était une

longue galerie à voûte cintrée en petit appareil mêlé ; au moment du la démolition, elle avait 8 mètres de longueur ; la largeur, a l'oriûee,, était de 5 mètres, et cette largeur diminuait en avançant daus l'intérieur. On peut en avoir une idée juste, en se rappelant un des vomitoires d'un amphithéâtre.

Cette construction était appelée le Four des F<ulrs '. Quelques-uns disent que c'était un passage pour aller abreuver les chevaux à la Charente; ce qui n'a pas de sens; d'autres pensent que c'était un four à chaux.

Bagot. D'auciens titres mentionnent « la ville « et cité de Bagot » entre Arcbiac et la Chaise. Cette ville et cité n'était qu'une villa ou tout au plus une mansion située sur la voie do Saintes a Corterate.

Il ue reste rieu des constructions de l'antique villa. Des fouilles seules pourraient eu retrouver la trace.

Basseau. On a conjecture que la bourgade gauloise qui plus tard forma Angoulôme, s'établit d'abord daus l'anse formée par la Charente depuis Saint- Cybard jusqu'à Basseau.

Quoique j'aie partagé cette opinion, je dois cependaut avouer qu'où n'y a pas découvert les débris de vases, les haches en silex, les monnaies que les antiquaires attribuent à l'époque celtique, comme on en trouve auprès de Périgueux sur l'emplacement de la ville primitive.

Mais s'il n'y a qu'incertitude à cet égard, il est évident qu'une suite de villas romaines ont occupé ce terrain. Quatre points principaux sur la rive gauche de la Charente conserve ut des débris considérables : Basseau, la ville d'Olipe, les Caves du Château, ThouéraL

Basseau était un port où s'arrêtaient les grosses barques qui remontaient la Charente. Peut-être, en raison de la rapidité du couraut, y avait-il des difficultés de navigation. On pouvait alors le pré-

• Fées

férer, pour le transport des marchandises, afin villas. C'est un bassin cimenté, construit en d'arriver jusqu'au-dessous d'Angoulème. Ceci a briques, pavé de larges carreaux d'un calcaire pu durer longtemps, eu raisou du peu de progrès compacte très-Un. Il recevait les eaui de la fondes anciens dans la navigation des petits fleuves, laine qui était au-dessus par un conduit en plomb A deux époques de l'année tout mouvement que j'ai vu; mais comme ce bassin était partagé sur ces fleuves était interrompu ; les fortes eaux un deux compartiments dont l'un avait moins de offraient trop de dangers. Pendant l'été, privées profoudeur que l'autre, ce n'était que dans le d'écluses, les eaux s'écoulaient trop rapidement compartiment H que le conduit en plomb versait et ne présentaient, en certaines parties guéables, ses eaux. Pour cela il passait sous le comparti-

ment A. Voici le plan de ce

que des sables où les embarcations se seraient arrêtées..

Celte position dut donuer de l'importance k 1 tasseau. Mous lisons dans Corlieu, que jusqu'au \l II siècle^ le chemin qui, partant de Basseau, conduisait à Angoulènie, était entouré de maisons et de jardins et formait comme un faulwurg de la. ville.

Durant les guerres continuelles du XIV siècle, les habitants, exposés au premier choc des eivnemis, délaissèrent sans doute une position où ils ne pouvaient pas se défendre, pour se retirer dans la ville foruûéc. Au XV siècle, il ne restait plus rien de ce faubourg qui occupait environ M. Mur a. l'Est de (T,58 d'épaisseur contre quatre kilomètres sur la voie antique. Uue lequel était appuyé le béton qui formait le bassin, vaste forêt, dont s'emparèrent les comtes d'An- O. Degré ou siège polide 0 ', 10 de largeur, se goulème, s'était élevée sur les jardins et les terminant par un angle arrondi, habitations. T. Baguette intérieure en bétou, placée en

Je dirai peu de choses du pont antique de Bas- saillie dans tout le pourtour du. foud du bassin, seau. Je n'ai pas pu vérifier si la pile qui reste pour en faciliter le nettoyage, encore est en grand ou en petit appareil. J'ignore V. Premier compartiment de de lon-

égalemeut si les maisons placées le loug de la gueur sur l",W de largeur et 0 ' ,39 r de profonvoic qui correspondait à ce pont remontaient à deur au-dessus du siège ou degré, l'époque romaine. Mais à environ 500 mètres au- p. Bord du pavé du premier* compartiment dessous du pont, en descendant la rivière, se formant nn~ degré de 0",11 de hauteur pour trouve un plateau cultivé qui la domine, dans descendre au fond du second compartiment, lequel sont des débris nombreux de tuiles à re- L. Tuyau en plomb sortant du milieu du mur bords, qui occupent uue assez grande étendue.Il perpendiculaire de ce degré pour donner ses n'y a pas à douter qu'une ou plusieurs villas aient eaux au bassin.

été élevées k cet emplacement. Sur le revers du U. Second compartiment plus profond que le coteau, au-dessous d'une petite fontaine, on a premier de 0",1 l'ayant la longueur de 4™,00 sur découvert, récemment uno construction antique TJO* de largeur.

aui a dû être dans la dépendance d'one do ces N. A l'Ouest, au milieu dn mur du bassin,

m STATISTIQUE

couduit carré de 0 ",20 en béton, par lequel s'écoulaient les eaux.

La paroi intérieure de ce canal, soit par le sédMuent des eaux, soil par un mastic particulier, a reçu la dureté et le poli des stalactites ou du marbre.

Voici la coupe du bassin :

L'épaisseur des couches do béton, le banc (o) qui régnait dans le pourtour du bassin, la différence de profondeur indiquent assez une construction destinée à des bains. Ce qui lève tous les doutes à cet égard, c'est la découverte, dans le même lieu, d'un tuyau d'hypocauste que possède le cabinet d'antiques de M. Callaud. Ce tuyau carré et aplati est exactement semblable à ceux des bains romains de Saintes.

Il est évident que c'est le bassin d'un Friyidarium.

Une médaille d'un empereur romain fut trouvée dans les fouilles qui firent découvrir ce fragment de bains antiques.

Reixicou aliàs Bei.licol.

Bel licou ou mieux Bellicol est une dénomination évidemment romaine. Ce nom signifie, en latin, belle colline. En effet, la villa de Bellicol occupait un terrain légèrement incliné sur la rive gauche du petit ruisseau qui passe au-dessous de Charmé.

Nous avons dit que la voie antique qui traversait les champs de Bellicol montre encore sa chaussée légèrement élevée au-dessus du niveau du terrain.

Les fondements antiques mis à nu lorsque le propriétaire Qt faire des fouilles dans son jardin pour y planter des arbres, sout sans aucun doute

ceux d'une villa ou de 4a mansion de Sermanicomagus.

Ils joignent immédiatement la chaussée antique et s'étendent assez au loin vers le midi. Les fouilles que je visitai me montrèrent le pavé'des appartements formé d'un béton uni, sans aucune apparence de mosaïque ou de compartiments de marbre. Ce pavé en béton était d'ordinaire celui des maisons peu riches. J'ai vu dans les petits fragments d'enduits des murs latéraux, des bandes peintes en rouge et en jaune. Du reste, ce pavé était couvert de tuiles à rebords brisées, de débris de poterie de toute espèce, au milieu de charbon et de terre noircie, ce qui indique que la maison aura été la proie des flammes. Des médailles des empereurs romains y ont été souvent trouvées. Mais deux objets bien intéressants attirèrent mou attention.

Le premier est une colonne en pierre calcaire tendre, d'un grain assez fin. Cette colonne est d'ordre dorique de fantaisie. Je l'ai mesurée avec beaucoup d'exactitude parce qu'elle intéresse l'histoire de l'art dans les Gaules, sous ta domination romaine.

Meturrt du thapHeou.

Om.îHc.

\\ est facile de reconnaître que les moulures du chapite tu et de la base ont été laites au tour.

Ces deux fragments de colonnes méritent d'être conservés.

DE LA

Le second objet intéressant que possède Bellicou est un tombeau à couvercle. Lorsqu'il fut découvert il y a quelques années , il contenait deux urnes qui n'ont pas été conservées. 11 fut jeté dans un coin de la cour de l'habitation pour servir d'auge.

À l'extérieur, le sarcophage A a 0" 96 e de longueur, sur 0" 60 e de largeur. A l'intérieur, le bassin a 0- 72* de longueur et 0- 38' de largeur d'un côté, etO- 37 e de l'autre. La profoudeur est de 0- 20 e .

Le couvercle N du sarcophage a 0" 91' de longueur, et 0" 60 e de largeur.

La rainure du sarcophage destinée à recevoir le listel saillant qui s élève au-dessus du bassin a 0- 05 e d'épaisseur.

Bonn cuil. Les environs de Bonncuil, vers Fiaville, ont été occupés par d'anciennes villas. On y trouve une grande quantité de tuiles à rebords.

Tous les lieux de cette contrée out des noms latins.

Bemays. Le pont de Benays, sur la Charente, d'après les indications précises qui m'ont été données par le voyer en chef du Département, a dû être un pont romain. Lors de la construction du nouveau pont, les piles anciennes furent conservées dans les fondements, en raison de leur parfaite solidité.

Brilhac. Brilhac, placé, comme nous l'avons vu, sur une voie antique, conserve encore quelques restes de travaux romains.

« A la tète de la rue Ferrade, dit le M* do M. de Yerdilhac, se trouve la fontaine Gaillard, L'eau y «st conduite par un aquéduc souterrain qui puralt venir de l'enclos du château. Près de cotte fontaine est un reste de mur à la romaine qu'on a essayé vainement de démolir. On croit que celte construction formait le déversoir de la fontaine. »

Nous avons déjà mentionné te pont du diable, jeté sur Tlssoire à peu de dislance de Brilhac ; ses assises carrées fortement cimentées indiquaient une construction antique.

Chassenox, Catsinomagus. Il n'y a pas à douter que le Cassinomagus de la Table Théodosicune ne soit le Chassenon moderne.

Les ruines d'un palais immense, d'un amphithéâtre, d'un temple, de bains, le nombre infini d'urnes, de médailles trouvées à différentes époques, ne laissent aucune incertitude à cet égard. On peut donc avancer que Cassinomagus , ville de second ordre, qui n'était pas, comme Limoges, Poitiers, Périgueux et Angoulôme, un cheflieu de cité, était cependant une ville d'une grande importance.

J'ai marqué sur la carte un circuit triangulaire irrégulier qui m'a paru avoir formé l'enceinte de la ville romaine. Cet emplacement qui s e reconnaît facilement aux débris de tuiles &

rebords dont il est couvert, a dans sa plus graude longueur un kilomètre et demi. Si l'on se rappelle que les capitales des cités dans les Gaules . à en juger par les vestiges qu'on a étudiés , étaient de peu d'étendue, on placera Cauimmagus nou plus parmi les marnions ou relais établis sur les voies antiques, mais au rang des villes déjà connues de la seconde Aquitaine.

Un problème se présente d'abord à l'esprit en parcourant ees champs cultives, tout parsemés de débris de tuiles à rebords. On se demande comment les pierres qui construisaient une Tille entière ont pu disparaître dans les maisons d'une petite bourgade.

Le bourg de Chasseuou n'occupe pas un cinquième de cette surface, couverte de débris antiques. La population peu nombreuse qui échappa aux invasions, se groupa autour du cimetière et de l'église chrétienne. Les mouuments de Cacstnomagus devinrent les carrières où, pendant quatorze siècles, l'on vint de tous les lieux du voisinage, chercher les blocs de grand appareil qui formaient les revêtements extérieurs des murs. Le bourg de Chassenon est tout bati de ces blocs. Chaque fois encore qu'en labourant, le soc de la charrue est arrêté par quelqu'une de ces larges assises, on se hâte de l'extraire à l'aide du levier. Puis avec les coins do fer et la massue, le bloc est partagé en quatre ou six morceaux qui vont se perdre à l'angle do quelque uouvelle chaumière.

La découverte do ces blocs est toujours nne bonne fortune pour le propriétaire du champ où ils étaient enfouis.

L'emplacement de la ville antique est facile à reconnaître, d'abord à la présence des nombreux fragments des tuiles à rebords, ensuite à la couleur et a la fertilité de la terre. Le noyer, qui se trouve rarement dans les communes circonvoisiues, s'y complaît et y acquiert une grande beauté. L'on sait que cet arbre aime les terrains

chauds et chargés d'humus. La couleur de la terre est généralement noire, pendant que, en dehors de l'enceinte des habitations antiques, elle est jaune ou rougeàtre.

Chassenon est bati sur un volcan éteint dont un des cratères principaux forme la hauteur qui domine la ville antique. Ce monticule, sur lequel une vignefulplantéeaulrefois.ne présente plus qu'un terrain desséché et peu propre à la culture. Au centre, est l'immense carrière qui a fourni les blocs aux constructions de Casainomagus el des lieux circonvoisins. Les autres carrières du pays étant de granit sont exploitées difficilement. C'est ce qui explique la valeur de la pierre de Chassenon, quoique poreuse, friable et de peu de résistance par son manque de dureté.

Rien n'indique à Chassenon une enceinte fortifiée, commeà Saintes, à Bordeaux , à Angoulémc. En général, les villes gallo-romaines, dans l'intérieur des provinces, n'avaient point de fortifications. On reconnaît aujourd'hui que les remparts de Bordeaux, de Périguenx, de Saintes, entièrement formés de blocs des temples et des antres monuments publics, sont postérieurs à l'époque de prospérité paisible de ces villes. Dans le moment du danger, quand les Barbares ont envahi les provinces, on a pris à la bute les premiers matériaux qui se sont présentés. Les temples païens, devenus odieux depuis l' introduction du christianisme et déjà croulants de toutes parts après leur abandon , présentèrent leurs larges assises toutes prêtes à être appareillées. Les villes gallo-romaines n'out eu de remparis qu'au moment où elles ont été menacées des invasions.

Pour procéder avec ordre dans nos études sur Chassenon, nous allons parler successivement du palais, du temple, des arènes, des bains, du cimetière et des aquéducs.

V ht Palais. On en voit les ruines à l'extrémité de Chassenon, au levant. Il s* composr d'une enceinte en parallélogramme rectangle, et

du palais proprement dit, connu sons le nom Voici comment je me suis expliqué ce provulguircdcs Cavesde Longea, au milieu de l'en- blême de construction. Les ouvriers ne prépaceinte. (Voy. le plan A.) raient de ciment que celui qu'ils pouvaient Dans une lettre adressée à l'abbé I/ebœuf, en employer dans une journée ou dans un temps 1748, Nadaud donne pour longueur au mur de douné. Lorsque, le lendemain ils en préparaient cette enceinte 738 pieds. Beaumesnil et Cornuau de nouveau, la surface du mur nivelée de la qui visitèrent Chassenon en 1779 ou 1780, veille s'était rapidement durcie, \jl nouvelle trouvèrent à ce mur, en le mesurant jusqu'à un couche de ciment placée sur cette surface, n'y taillis qui subsiste encore à l'est, 1925 pieds, adhérait pas d'une manière aussi complète que Cette partie do l'enceinte a été entièrement dé- les couches fraîches du même ciment adhémolie pour livrer le terrain au labour. Il faudrait raient entr'elles. Il est arrivé que l'air qui n'a donc quelques fouilles pour trouver les fonda- pas pu diviser les masses formées du même citions du mur à l'est. Dans cette direction, le mur ment a pourtant pénétré entre les couches moins se voit encore au point a ; mais au delà, vers le homogènes des ciments superposés après un certains dont parle Beaumesnil, il n'y a plus de tain intervalle de temps, traces visibles au-dessus du sol. Toutes les murailles de l'enceinte du palais La largeur de l'enceinte qu'il est facile de me- sont en moellons plats noyés dans le ciment, et surer est de 220 mètres. Des parties considé- très-fréquemment inclinés tantôt à droite, tantôt rables sont encore debout aux points b,b,b,b,b, agauchc, ce qui présente à l'œil l'appareil à ailes «l les fondations au niveau du sol aux points c,c,c. de fougère. C'est du reste le même genre de Le mur d'enceinte a I mètre 15 cent, d'épais- construction que celui des murs du palais qui scur, et dans beaucoup d'endroits il s'élève à subsistent au nord, et dont la carte donne une une hauteur de 4 mètres. J'ai fait sur la con- vue {Voy. le N" 3 de la carte), struction de ces murs une remarque qui me pa- Comme le terrain occupé par l'enceinte du pa rait importante, parce qu'elle lient à l'emploi des lais est un peu incliné du sud au nord, on ncimenls. marque encore très- bien les nivellements des

Ces murs sont tellement compactes que, ron- terrains du jardin à l'ouest (r,e).

gés à leur base par l'humidité et le salpêtre, ils Le palais, placé au milieu de l'enceinte, pré-

ne tombent que lorsque celte base amincie est sentait au sud une façade de 91 mètres sur la-

trop faible pour soutenir la masse entière du quelle un avant - corps (/) de 15 mètres servuit

mur Tant qu'ils ne tombent pas pour cette uni- probablement de vestibule,

que cause de destruction, vous n'y pouvez décou- 11 serait impossible sans des fouilles considé -

vrir la moindre lézarde. Et cependant ils pré- rables, d'assigner une destination quelconque

sentent cette singulière particularité que dans aux diverses pièces du rez de-chaussée. Je ne

leur hauteur, de dislance en distance, on voit pourrais me livrer, sur ce sujet, qu'à de vagues

des lignes horizontales de séparation, semblables conjectures que des fouilles sur le terrain vieu-

à celles de longs blocs de pierre superposés sans draient détruire plus tard ; mais ce qui peut

ciment. L'air a nécessairement exercé son action présenter un intérêt réel, c'est la description des

sur les bords de ces parties mal jointes. De caves du palais. Toute cette partie de l'édifice,

grands fragments de ce mur en petit appareil se teinte en noir sur le plan, a été mesurée avec

montrent ainsi placés les uns sur les autres sans exactitude. On y descendait, du vestibule sans

être liés par aucun ciment. doute, par un large escalier dans un emplacc-

cernent (u) occupé aujourd'hui par un noyer.

L'entrée (g) est considérablement obstruée, et ce n'est qu'en rampant qu'on peut y pénétrer. Celte entrée, comme l'entrée opposée (7) est en plein-cintre et en briques. Vous vous trouvez bientôt dans le corridor central (A) qui a 12 m. 57 cent, de longueur sur 205 de largeur. De chaque coté, quatre portes à cintre très-surbaissé formé de briques ; Voy. sur la carte le n* 2) donnent entrée à autant de caves qui ne reçoivent de dehors aucune lumière. Chacune des caves est voûtée en plein-cintre. Les murs du fond {Voy. len°S), ainsi que les murs perpendiculaires, sont en petit appareil carré long régulier, entouré d'une couche épaisse de cimeut. Les von les au contraire sont en moellons noyés dans le ciment, de telle sorte qu'on n'aperçoit que la l'empreinte des planches qui formaient l'échafaudage des voûtes. Cette manière de faire les voûtes s'est continuée jusqu'au moyen-âge. Les coupoles do Saint-Front de Périgueux ont été construites par ce procédé : on commençait par étendre sur les planche* des échafaudages une couche épaisse de ciment qui s' unissant aux couches transversales dont chaque moellon était entouré, formaient en se durcissant une masse compacte d'une extrême solidité. Les quatre caves du Levant {1,1,1,1) ont, en partant du sud , les dimensions suivantes :

Longueur 10* 25 e . '

Longueur 10 45 f . , ,

Longueur 10 40 sur â " <^ largeur.

Longueur 10 65

Ces caves ne communiquent point entr'elles :

elles n'ont d'autre issue que la porte d'entrée.

Celles de l'ouest ont la même lar-

geur, mais la longueur est différente. Elles ont, en partant du sud :

Longueur 8™ 50*.

Longueur 8 50

Longueur 8 40

longueur 8 10

Ainsi que les autres, ces caves n'ont entr'elles aucune communication; seulement l'instinct de la curiosité a porté à percer le fond de la dernière cave au point k. On a fait avec infiniment de peine, dans ce ciment aussi dur que le granit , un trou fort étroit dans lequel un homme passe avec difficulté. On a découvert alors les trois caves {/, /, /,) qui ont des dimensions plus considérables que celles qui aboutissent au corridor central.

Elles ont, en partant du sud :

Longueur 15" 58% j

Longueur 15 58 sur 2- \\< de largeur.

Longueur 1* 50 |

Un enfoncement muré (h) donnait sans doute communication à d'autres caves ou était probablement l'entrée par laquelle on y pénétrait. Ces trois caves communiquent entr'elles par les portes (m, m,) qui ont une singulière conformation et s'ouvrent obliquement. Il est bien probable que dans les emplacements correspondants (o, p) il se trouve des caves semblables à celles que nous venons de parcourir.

Les voûtes de ces caves, quoique exposées depuis tant de siècles, à l'infiltration des eaux, ont une telle solidité que l'instrument le plus dur ne peut les attaquer qu'avec de grands

Ce qui reste des murs du palais, a l'angle {«) et au point {g) montre un cordon de briques formant une assise de nivellement placée partout a la même hauteur. Ce rang d'assises en briques disparaît aux murs extérieurs. (Voy. le plan partiel n* 3, et aux mura d'enceinte b, b, b, b, plan général.)

Deux fragments considérables des murs extérieurs du palais se voient aux points (r,«) et dans le plan partiel n° 3. Comme ils ne sont percés d'aucune ouverture , ne servaient-ils pas d'enceinte a la maison proprement dite, élevée sur les caves, pour former des basses cours? Le chemin d'exploitation qui conduit du village

do Longea « 4a grande roule de Chabnnais àftochechouart, traverse les ruines entre ces -deux fragments. Le .plus éloigné à l'est a 11 métrés de longueur a la base sur 3 métrés 20 cent, dans sa plus grande hauteur. L'autre n'a que? mètres 50 cent, de longueur, sur une hauteur également de 3 mètres 90 cent. Ces murs sont percés de plusieurs rangs do trous suivant horizontalement la même ligne et séparés verticalement à la distance de 1 mètre 20 cent. Ces trous ont fart longtemps le désespoir des archéologues. Beautnesnil voyait, dans les plus grands, la place des poutres destinées à recevoir les planchers, et, dans les plus petits, les places des crampons on Ton suspendait les armes, « ce « qui, ajoute-t-il, ne doit pas sembler étrange « dans un proconsuls!. ' » Ces traces ne sont autre icbose que la place des soliveaux qu'il est «ncere aujourd'hui d'usage d'établir à travers les murs pour asseoir des deux cotés les planchers des échafaudages. Cette explication eût paru trop simple au correspondant de l'Académie dos Inscriptions et Belles-Lottres.

Ces murs ont 1 mètre 20 cent, d'épaisseur, ce quiiest, en général, l'épaisseur des autres murs du palais. Dans le plan partiel, n° 4, j'ai cherché & donner des mesures exactes. Les erreurs qui s'y trouveraient, et que je serais content de voir rectiûer plus tard , tiennent a la difficulté de pouvoir sur des murs éboulés et couverts de gazon, découvrir les angles et les parements extérieurs. Il faut pour cela des fouilles qui mettent à nu les suhstructions ; dès-lors on est assuré d'une précision mathématique. Beaumesuil dans ses notes prétend qu'on donnait à ces ruines, dans le pays, le nom de Paiai$ du préfet Cassinius. Je crains bien que ce ne soit une invention de l'académicien qui aura voulu tirer Chasse non de Cassinius. Les ruines ne sont pas appelées aatremont que Ux cavrt dr langea,

UUKfcNIE. *79

(Caueœ bnga, les longues caves On a bien dé oublier quel personnage avait construit ou habité ce palais. Mais il a été dans le génie des langues de donner à ces ruines le nom de ce qui en subsistait de plus remarquable, les caves allongées qui ont encore une si parfaite conservation.

Je parlerai plus bas, a l'article Aquéducs, dos bassins d'eau renfermés dans l'enceinte du palais.

2 n Le trmplk, appelé ifontelu.

Des fouilles exéoutées en décembre 18M* et pendant l'année 1S45, sur un monticule octogone couvert de débris et de broussailles qui, disait-on, cachait des voûtes souterraines, ont mis a nu les fondements d'un temple antique. Le plansingulierdc cetemple,ses vastes dimensions, ane caverne artificielle placée dans le sanctuaire près de l'entrée , probablemeut destinée à uu oracle, attachent le plus grand intérêt à la découverte de ce temple.

Le plan de ce curieux édifice est un octogone formant une vaste galerie (Ii,B,B,B,) à laquelle on parvient par quatre rampes (C,C,C,C,) placées aux quatre points cardinaux et dont on voit la coupe (c, d). Cet octogone est un massif de ciment et de moelluns placés irrégulièrement, qui s'élève de 2 mètres 94 c. au-dessus du tuf volcanique sur lequel il repose , et de 2 mètres seulement au-dessus des terres végétales qui l'entourent. Il était revêtu de larges

» Us habitants de Chassenon appalleiil les caves le* cuisiner basset. Nadaud M* Recherches sur les antiquités du Limousin, pag. Î99.

* Ces fouilles furent commencées sur les fonds produits par une souscription spontanée dus principaux habitants do la ville de Chuhariais, auxquels je suis heureux de paver ici une deile de n-connaissance pour cet exempte de fônèreuse manifestation. Biles furent continuées, gr;\ce à «ne allocation considérablH que M. Galxain, préfrt de la Charente, 8'cm pressa de mettre à ma disposition avec une bienveillance dont je garde bon soutttiir a Fhonime de goût et a l'administrateur.

assises de pierres qui ont été enlevées avec soin, excepté un certain nombre des premières qui touchent le sol. Ces assises de revêtement sont en lave du volcan de Chassenon, plus ou moins compacte selon les couches où elle a été prise. Le massif est maintenant à nu ; mais il est d'une dureté telle qu'il est difficile de l'attaquer avec les plus forts instruments. La main de l'homme ne peut plus rien en détacher et le temps ne fera que le durcir.

Au contre de l'octogone est la cella ou sanctuaire A, dont le mur est circulaire au dedans et octogone au dehors. Ce mur partage donc le temple en deux parties bien distinctes, le sanctuaire et la galerie. Le soin minutieux avec lequel j'ai pris les mesures de ce temple m'a mis à même de constater que la masse avait été élevée sans aucune précision dans la distance des diverses parties qui se correspondent. Ainsi, par exemple, les distances des angles saillants du mur intérieur qui forment a l'extérieur la galerie octogone k, l, m, n,n, p) ont les mesures suivantes :

Même variation dans la largeur de la galerie : 8- 75'.

Mémo variation dans la largeur des rampes par lesquelles on moule à la galerie :

J'ai attribué ces différences : 1" a ce que les mesures étant prises dans les fondations , elles pouvaient par des retraits successifs devenir plus régulières en s'élevaut au-dessus du sol ; 2° à ce que le mur octogone au-dehors et circulaire audedans était couvert d'une couche épaisse de ciment destinée à recevoir les marbres de revêtement. On avait pu rectifier les mesures, en donnant à cette couche plus ou moins dépaisseur.

Je donne cette seconde explication, quoiqu'elle me paraisse à moi-même assez peu satisfaisante 1 .

Le mur du sanctuaire est construit en petit appareil régulier, semblable a celui des caves (plan général, détail*, n* 5). Mais le ciment, soit qu'il ait souffert de l'infiltration des eaux , soit qu'il n'eût paj de qualité, ne présente qu'une construction peu solide ; en sorte que cette partie de l'édifice se trouvant, depuis les fouilles, dégarnie, exposée à la pluie et à la gelée, croulera bientôt quoiqu'elle ne s'élève guère qu'à 1" 50* (U,Q). Du reste, l'architecte avait pris ses précautions pour la solidité de ce mur qui probablement supportait une voûte et devait avoir une grande hauteur. Les huit angles extérieurs étaient en briques, et à chacun de ces angles correspondait dans l'enceinte circulaire un pilastre (a, b — h) aussi en briques. Seize cliatnes de briques aux points ( q, q, q, etc. ) s'élevaient dans la maçonnerie. Ces chaînes de briques ont tenté la cupidité des démolisseurs; elles ont été enlevées avec le plus grand soin, quoique retenues dans un Tort ciment, et aujourd'hui l'espace qu'elles occupaient présente autant de passages étroits que j'avais pris pour autant de portes et dont j'avais vainement cherché la destination.

1 En mesurant plusieurs édifices «lu moyen âge. on remarque la mOmc irn'-gularitâ dans les différentes parties correspondantes. Il i »l probable que les anciens ne s'occupaient que de reflet gt'n«. l ral de l'ensemble, dans un monument, et se conient&icnt de mesures approximatives faites A vue «l'oeil pour les détails

PLAN KT < OI I'F 1)1 TKMPI.F. DE CHASSENOS

DE LA C

Le sanctuaire était décoré : 1° d'un pavé en marbre dont il existe encore des parties considérables qui n'ont pas été détachées. Ce pavé repose sur une couche de ciment rouge Tait en brique pilée de 0" V d'épaisseur, qui elle-même est adhérente à une autre couche d'un béton gris excessivement dur, fait de débris de pierres volcaniques. Celte couche de béton, épaisse de 0- 10% est placée sur le massif du temple, composé, comme nous l'avons dit, de moellons irréguliers noyés dans un ciment d'une extrême dureté. Chacune de ces couches avait été nivelée avec soin. Les pavés de marbre sont des parallélogrammes rectangles de 1- 10* de longueur sur 0" 55" de largeur. Ils sont alternativement de marbre rouge veiné et de marbre gris blanc à veines micacées. Le dernier surtout est d'une grande beauté.

2° D'une plinthe en marbre cipolin qui régnait à la hase des murs et dont plusieurs fragments étaient encore à leur place au moment des fouilles.

3" De revêtements en marbre qui devaient orner les pilastres, peut-être même le fond des murailles. On peut le conjecturer des débris considérables de pilastres à cannelures, de chambranles, de cymaises, de corniches à moulures de toutes formes, dont on admire les profils extrêmement purs et les courbes du goût le plus délicat.

lin beau bronze trouvé dans une fouille , au milieu du bourg de Chassenon, provenait sans doute du temple et ornait les angles saillants des pilastres. C'est une baguette à grains de chapelet, coupée par une rainure longitudinale dans laquelle entrait l'angle du pilastre. Elle est creuse à l'une des extrémités et se termiue de l'autre par un tenon arrondi , destiné à s'engager dans la baguette placée au-dessus. Des trous, faits dans la rainure , recevaient les pilons engagés dans la maçonnerie pour sceller la baguette.

Parmi ces moulures on remarque particulière-

ARENTE. )81

ment des doucines profilées avec beaucoup d'art. Quelques-unes des corniches où se trouvent ces doucines ont été couvertes d'un enduit épais sur lequel j'ai cru reconnaître des traces de dorures. Tous ces curieux fragments d'architecture d'une époque si intéressante seront déposés au Musée d'Angouléme.

Outre les différents marbres de revêtement trouvés sur le sol du sanctuaire et bien distincts de ceux du pavé en raison de leur épaisseur, les fouilles ont découvert de petites tablettes de porphyre et d'ophite d'Orient.

Quant a l'ordre d'architecture qui décorait l'intérieur de ce sanctuaire, il est impossible de le connaître. Une corniche en marbre blanc d'une grande richesse de sculpture, que nous donnons (planche du temple de Chassenon, n" III), et un fragment de pilastre cannelé 1 dont chaque cannelure a 27 millim. de largeur et chaque côté ou listel 1 S millim., indiqueraient ou l'ordre ionique ou l'ordre corinthien, si l'on ne savait pas que, dans l' intérieur des édifices, les Romains ne s'astreignaient pas, comme les modernes, à des régies sévères d'architecture et avaient une décoration de fantaisie dont ils variaient les combinaisons, comme on le voit à Pompeï et à Hei culanum.

Voici du reste les fragments les plus importants :

i* Frise en marbre blanc de 10 c. de largeur sur 14 c. de hauteur.

1 On a trouvé dans les fouilles plusieurs de ces fi aRments de pilastres cannelés; tous ont le listel à coté de la cannelure.

182 STATI&TtQUE

2" Fragment en marbre blanc sur lequel on voit une volute ionique. Ce «morceau a 15' de longueur sur 8 de saillie. Aurait-il appartenu au chapiteau d'un pilastre?

3" Frise en marbre blanc, ornée de feuilles et de fleurs.

V Autre sculpture en feuillage. Elle présente cette particularité qu'elle a été couverte d'une couleur ou d'un enduit destiné à recevoir une dorure. Le travail en est très-soigné.

5" Corniche en marbre blanc. De tous les débris du temple, c'est le morceau le plus délicatement travaillé. En voici le profil et le dessin (planche du temple de Chassenun, n"* 111 et IV) : Dans le bas un talon ciselé en feuilles d'eau et un filet ; au milieu un quart de rond ciselé en chhss et un filet, et dans le haut une douane ciselée en feuilles d'acanthe et deux filets. Cette corniche a 15 e de hauteur perpendiculaire et 17 de saillie ; sa surface supérieure est percée d'un trou pour recevoir le crochet en bronze destiné à la retenir.

Nous avons trouvé plusieurs des crochets en bronze qui servaient à sceller les marbres de revêtement. Us sont aplatis du côté où ils doivent être placés entre les assises des briques ou dans le ciment. Ensuite ils s'arrondissent et se recourbent pour entrer dans les trous des marbres. Les plus petits (plan du temple, u* VI, 1) ont 14 r de longueur; les plus longs (id. n* VI, 2) ont 24 e et sont recourbés du côté où ils sont aplatis. Ils étaient sans doute destinés aux pièces les plus saillantes et avaient besoin d'être retenus avec force dans le ciment. La largeur des pilastres donnerait un moyen facile de connaître la hauteur de l'ordre entier 4e la décoration intérieure, si l'on pouvait sassurer qu'il n'y avait pas de piédestal anx colonies ; mais il est plus probable que les pilastres de 90 qui se voient maintenant, ne sont autre chose que les piédestaux des colonnes. Cependant en supposant que le temple fût d'ordre ionique, et en calculant d'a-

MONIMENTALE

près la hauteur de la oo miche en marbre blanc mentionnée plus haut, la colonne aurait eu environ 66' de largeur, ce qui coïnciderait assez bien avec le diamètre des brigues rondes oW parle Beaumesnil. Selon mot, ces briques, qui avaient 66 e de diamètre, ont du former les assises de la colonnade extérieure.

Quoique je ne hasardaces développements qu'à titre d'hypothèse, j'ai mis trop d'application à réunir toutes les données qui pouvaient me mettre à môme de trouver à quel ordre d'architecture ce temple a appartenu, pour qu'ils n'aient pas encore quelque valeur. Outre les seize pilastres qui ornaient l'intérieur du temple, quatre niches 1 dont les bases se voient anx points k,i, k, k, devaient recevoir autant de statues. Une d'elles était une Victoire, à en juger par l'extrémité d'une aile en marbre blanc, trouvée dans les fouilles (fragment déposé au Musée). Quoique le travail de ce fragment n'ait rien de bien remarquable comme pureté 4e dessin et habileté de ciseau , ce serait porter un jugement tnep sévère que d'apprécier la statue entière sur un détail que les artistes ne rcgardcntque comme trèsaccessoire.

Nous abordons maintenant ce qui donne au temple de Chassenon son intérêt le plus piquant. C'est un antre artificiel placé au point E , a l'entrée du sanctuaire. 11 est construit en ciment et en moellons irréguliers, de manière à imiter parfaitement uue grotte naturelle. Le pavé du temple allait jusqu'à l'orifice de cet antre. Il faut donc penser qu'il était recouvert d'un treillis eu garni d'une balustrade. L'ouverture est elliptique; elle a 3" 68 e sur l m 97'. Les parois sont perpendiculaires de trots cotés. Celle de l'est est obhquco de manière à ne pus donner dans le fond qu'une longueur de 2" 62 r à 2" de profondeur ; l'antre se rétrécit tout à coup par un

1 Le temple de Diane, à Nismes, a auaai des niches dans les murs latéraux; elles ont f* 33< de taageur. "Celles A»

IK LA CHARENTK.

étranglement et laisse la vne se perdre dans une seconde caserne artificielle dont l'orifice irrégulier n'a que 1- 40* sur 85*. Celte caverne est très-petite, n'ayant que 94' de hauteur; elle va s'èlargissant depuis l'orifice jusqu'au tuf sur lequel est bâti le massif du temple. Dans un de ses cAlés, la maçonnerie est appuyée sur une pierre au milieu de laquelle est un petit bassin circulaire de 40 c. de largeur sur 30 de profondeur. Ce bassin est placé de manière à n'être pas aperçu lorsqu'on regarde du pavé du temple au fond du soupirail ; on a trouvé dans le bassin de petits morceaux de charbon.

Le soupirail sur lequel on plaçait le trépied de la Pythie à Delphes, est décrit par l'auteur du Voyage d'Attachants de manière à me faire conjecturer que le temple de Chassenon avait aussi un oracle, ce qui lui donnerait comme monument une très-grande importance. Lorsque la disposition des lieux le permettait, on se servait des antres naturels au fond desquels on faisait brnler des herbes et des parfums dont l'exhalaison enivrait la prêtresse. Plutarque , dans son curieux traité : des Oracles qui tint cessé et pourquoi, nous apprend que dans certains temples, celui qui venait consulter l'oracle était renfermé pendant la nuit dans le sanctuaire, et que le songe qu'il avait eu était l'explication qu'il désirait. On y voit que souvent les chambres où l'on faisait asseoir ceux qui venaient demander réponse a l'oracle, se remplissaient à certains moments d'odeurs parfumées qui venaient du sanctuaire l . Il dit formellement en plusieurs endroits que les prêtres faisaient descendre la Pythiedauslc trou de l'oracle * d'où

elle sortait quelquefois si troublée et si hors d'ellemême qu'elle en perdait le sens et qu'elle se jetait à terre en poussant des cris horribles Ces indications suffisent pour nous rendre raison de tous lessubterfugesmis en œuvre parles prêtres païens, afin de tromper les peuples. Le temple de Chassenon nous en montre l'application ingénieuse.

A l'entrée du sanctuaire, au levant, dans la galerie, se trouve le bassin des ablutions. Cest un parallélogramme de 2 m 60' sur 1" 80' Il est toujours plein d'eau , même par les plus fortes chaleurs. C'était là qu'on se purifiait le corps avant d'aller au sacrifice. La porte du sanctuaire qui a 6" 55 e de largeur et par laquelle seule on pense que la lumière arrivait dans les sanctuaires, était masquée à une certaine hauteur par un petit mur en briques", V, qui ne permettait pas de voir du dehors ce qui se passait à l'intérieur et ne laissait de chaque côté que deux ouvertures étroites. A droite do la porte se trouvait l'antre de l'oracle, E, quo nous venons de dé. crire; à gauche le puits, F, qui a 2" de diamètre à son orifice, et descend jusqu'au tuf à travers le massif; .1 servait à recevoir les débris des sacrifices. Nous eu avons retiré des cornes de cerfs, de taureaux, l'os frontal d'un jeune taureau avec la corne encore adhérente, et des morceaux de charbon , restes peut-être du dernier sacrifice qu'on y ait offert. Vers le centre du sanctuaire se trouve un autre puits, a peu près de même diamètre que le précédent. Il ne contenait aucun débris; mais à coté, les fouilles ont laissé à nu un bloc de granit ayant 38 e dêpaisscur sur 1- 20 e de longeur et l m 15' de largeur. Ce

' a La chambre où on fait seoir ot atendro ooux qui viennent demander rcaponsc à l'oracle as remplit aucune fois non pas souvent ni à certains intervalles de temps ains à diberens espaces fortuitement d'une si souefve odeur cl si douce halaine qoe les pras précieux et meilleurs parfums n'en s'auroienl rendre de plu» douce, qui sourd comme d'une source de vive fontaine du sanctuaire du temple- »

i Wuisrrqne, Œuvres morales, trad. <r Amyot.) • « Lors irs usèrent de deux prophétisses qui fune après

l'autre de cendoient dedans le trou. Encore y en avoit-il une tierce pour secours si besoin en estoit et maintenant il n'y en a plus qu'une. » (Plut., id.)

' n cite, a la fui du traité, une des dernières Pythies qui était morte jicu de jours après un accès de frénésie semblable. On choisissait pour ce rôle de Pythie des filles simples et ignorantes, auxquelles oninl«rdisail«évèrement toute relation avec les hommes et les personnes étraugères au temple.

' Voir la coupe de ce petit mur, r,° V, a.

bloc grossier qui rf aaucune trace de sculpture, est percé dans son centre d'un trou de20 r de diamètre et de 25< de profondeur J'ignore a quoiceltepicrreapu servir. Fermait-elle l'orifice du puits, de manière à laisser cependant de l'espace pour y descendre? Etait-ce une assise du piédestal d'une statue? Pourquoi ce trou de 25 e de profondeur?

Au sud du sanctuaire se trouve une excavation longitudinale, J, qui passe sous le mur et va sortir en se prolongeant de 2" 40' dans la galerie extérieure B. On pouvait, sans être aperçu, se cacher dans le corridor souterrain et sortir tour à tour par la galerie ou par le sanctuaire.

Mentionnons encore le puits I, aujourd'hui desséché, mais dans lequel les eaux étaient probablement conduites par un petit canal * que j'ai trouvé au point R , et qui suivait les premières assises du temple. Ce sont là toutes les excavations faites dans le massif du temple; elles ne tiennent les unes aux autres par aucune communication. Elles entraient dans l'ordoDnance de l'édifice et étaient faites pour un usage bien déterminé, puisqu'elles ont été élevées avec le massif lui-même.

Le mur d'enceinte du sanctuaire renferme dans son angle extérieur, n, la fontaine |>ciitagime, H. Comme le bassin destiné aux ablutions, elle est constamment pleine d'eau, même dans les grandes chaleurs. Lorsqu'on la tarit entièrement, «n la voit bientôt se remplir d'eau peu à peu. Le suintement se fait par un filtre artificiel de ciment et de hriques concassées, dont on aperçoit

' L ue mortaise «le 12 c. sur 4, est à coté de ce trou circulaiiv. Celle mortaise a été f.iile pour recevoir le croc en fer -destiné :"i soulever le bloc de la c nrrière.TJe» mortaise', qui sont plus largos ilans le Tond qu'à l'oril'ice, se trouvent à Cliassemin, dans tous les bl.*s de grand appareil que |\.n lire d«.s fondations des édillces On les yiil aussi à PériiHK'UX, dans les mursdVinviiitc de la eité, au Fade Sireuil, et en jtéiM ral dans tous I s monuments romains.

• canal irc vait l"e:ui dans un bassin circulaire, S , dont il m< r. sie plus qu'un coié laillé dans un large bloc de pierre entoure de trois autres blocs.

OXl'MENTALE

les petites alvéoles irrégulières ; une fois qu'elle a pris son niveau, elle s'arrête. On a renouvelé plusieurs fois cette expérience, toujours avec le même résultat. On s'explique difficilement la présence de celte eau limpide à 2* au-dessus des terres environnantes. Il y a sans doute des conduits dans le massif qui reçoivent l'eau amenée de la colline voisine par un canal et la rendent à son niveau.

Celte fontaine de 20 e de profondeur est pavée en briques de 4' d'épaisseur, qui reposent sur le massif; une rainure de 10/ règne dans le pourtour, afin de recevoir un couvercle. En parlant de l'angle n, le bassin a 1- 1D* de longueur sur 0- 90' de largeur.

Il me reste maintenant un problème difficile à résoudre. Quelle était la décoration extérieure de la galerie octogone? Le temple était-il périplère, c'est-à dire entouré d'une colonnade dans tout le pourtour? ou bien un mur s'élevaitil aux quatre côtés M, M, M, M, pour ne laisser de place à une colonnade qu'en face des quatre escaliers C, C, C, C? J'adopterais de préférence celle dernière hypothèse, parce qu'elle s'éloigne de la forme ordinaire des temples réguliers, de même que ce sanrtuaire circulaire au dedans et octogone au dehors, est un type particulier que je n'ai pas rencontré ailleurs.

Une large corniche d'entablement en pierre, aux moulures bien profilées, que j'ai découverte dans le mur de clôture du cimetière, a dû être apportée du temple et appartenir a la décoration extérieure (tw/. planche du temple, n* VII).

Elle a 20 r dans sa hauteur perpendiculaire.

Quant aux colonnes, nous n'avons pas découvert la moindre trace des bases et des chapileaux. Etaient-ils en bronze comme M. de Caumont le conjecture d'un des temples de Vienne, où l'on a découvert de nombreux fûts de colonnes, sans aucunes bases ni chapileaux '?

1 M. de Caumont appuie son jugement sur uner inscription qui parle des tuiles en bronze doré, des statues, des

DE LA

Parmi les briques dont Beaumesni! a parlé, il en est de rondes qui ont 66 de diamètre, sur une épaisseur de prèsdeir. Évidemment ces larges briques ne sont autre chose que des assises de colonnes*. Il cileencore d'aulrcs briques qui réunies au nombre de quatre forment une brique ronde exactement du même diamètre que les précédentes (66'), mais qui n'avaient pas autant d'épaisseur (5' seulement). Voici le dessin de la brique ronde.

Voici celui des quatre briques, destinées à former une assise.

Beaumesnil rencontra quantité de ces dernières briques employées dans les murs des maisons et des jardins de Chasse non. Comme il était difficile de cuire ces briques, n" 1, eu raison de leur diamètre et de leur épaisseur, on fut obligé de leurdonner moins d'épaisseur et de superficie, comme dans le n* 2.

On ne peut guère douter que ces briques n'aient servi à former les fûts des colonnes des

hases et autres ornements en bronze qu'on avait donnés à ce temple. Avec de telles idées de magnificence cher les anciens, H ne serait pas étonnant que celui de Chassenon eût été élevé de cette manière.

• J'ai trouvé à Chassenon une de ces briques rondes, mais d'un bien moindre diamètre. Dans un pays où la pierre propre à être taillée avec finesse manque complètement, on a bien pu recourir à la btique paur les assises des fùls, comme on l'a ait employée pour les pilastres inférieurs.

ARENTE. 18K

quatre péristyles qui correspondaient aux quatre rampes par lesquelles on montait au temple.

Peut-être même ces fûts étaient-ils couverts a l'extérieur d'utt revêtement cannelé en bronze. Si l'on se rappelle que les angles des pilastres à l'intérieur avaient des baguettes ciselées, en bronze massif, d'une grande épaisseur, on ne repoussera pas cette hypothèse.

Toutefois, pour ne pas mêler mes suppositions sur la restitution de cette partie du temple avec ce que les fouilles ont réellement constaté, je n'ai marqué qu'au pointillé, dans le plan, l'ordonnance extérieure. Je ne leur donne par conséquent d'autre valeur que celle d'une conjecture.

Mais si elles étaient adoptées, le temple de Chassenon nous apparaîtrait avec sa masse imposante de \7" de diamètre. On y montait par quatre rampes revêtues de degrés. On entrait dans la galerie extérieure à travers un rang de colonnes. De cette galerie 1 on pénétrait dans la Cella, ou sanctuaire , toute revêtue de marbre , au fond de laquelle se trouvait la statue du dieu qu'on y vénérait. Dans les usages religieux des anciens, le temple n'était jamais occupé par la foule. Autour de chaque sanctuaire se trouvait une vaste place , entourée de portiquf s , où le peuple se réunissait. Les prêtres seuls et ceux qui offraient les sacrifices avançaient dans le sanctuaire. Je ne semis pas éloigné de croire que le temple octogone était entouré d'un rang de portiques sur un plan octogone. Nadaud, dans ses précieux manuscrits, parle d'un mur circulaire qui n'existe plus et qui conduisait du mur

1 J'ai oublié de dire que la plinthe qui ornait le mur octogone était, comme celledu sanctuaire, de marbre cipolin. La galerie était pavée en pierre d'un calcaire compacJc liru des carrières de Chasscneiiil. mais ces pavés dont que lquesuns subsistent encore n'ont pas les dimensions des pavés de marbre. On voit évidemment que tout le luxe de la décoration a été pour la Ctlta.

Dimensions des pavés de la galerie :

Longueur 0 m. 63 cent.

Largiur 0 43 Si

il'enceinle du palais au sanctuaire , appelé Mtmlelu

Hoaunicsnil placeà peude distance cl uMontelu, une construction qu'il ne désigne pas autrement que parces niots : «Six demi-arceaux enfoncés, détruits eu 1758. » Ce mur circulaire et ces arceaux pouvaient très- Lieu appartenir au portique dont je parle. Du reste, on aperçoit encore, au levant du temple, dans un talus, des soubassements de murailles qui ont dû soutenir ce portique circulaire ou octogone. Quelques blocs de pierre calcaire que la cupidité n'avait pas encore enlevés du leuiplc et qui se sont trouvés parmi les terres qui comblaient les soupiraux, nous ont présenté la manière dont ils étaient scellés les uns aux autres. Une mortaise dans chaque bloc recevait un crochet en fer. Nous avons trouvé un do ces crochets du poids de prés de 2 kilogrammes. D'autres blocs étaient légèrement évidés sur une de leurs faces, afin de donner des joints plus parfaits (vo>j. plan du temple, n- V, t, 2. 3).

Ou avait pillé le temple avec un soin minutieux, pour en enlever le cuivre et le fer. Le peu d'objets qui ont été trouvés dans les fouilles avaient seuls échappé. De très-gros clous de fer n'ayant pas de tétc , étaient réunis auprès d'un des pilastres du sanctuaire et avaient sans i' mie été oubliés. Ils sont semblables à ceux qui retiennent Us ciments de la tour de Vésone à Périgueux.

Du reste, en terminant, je no dois pas oublier

' « A » olé de l'ancien édifice dont on a parlé ci-dessus, on voit un autre mur t'ait en rond, qui conduit presque jusqu'à un endroit appela vulgairement le J/oiifriu, «ù l'on dit avoir été un temple de Diane... On y trouve de petite* pierres de jaspe cl du marbre blanc. On dit qu'il y a dans ce lieu un antre souterrain. On y u tau creuser, maison a perdu son temps el son argent. » Sadaué Ut. Bevherchrt mit Ut antiquité* du Umouziu. pag. 61. Os lignes deKadaud «ont procieuses comme indices de la tradition. Le souvenir de cet antre souterrain ne s'était pas perdu à travers les siècles, depuis peut-être que les chrétiens, abolissant un culte idolalriquc, avaient comblé le soupirail que nous offrons aujourd'hui aux voyageurs comme digne de leur curiosilé.

que la tour de Vésone, qui était aussi la eetta d'un temple, a exactement le même diamètre à l'intérieur que le sanctuaire de Chassenon. La mesure donnée par l'auteur des Antiquités de Vésone, est de 53 pieds 3 pouces, et nous avons 17" 78' . La légère différence qui pourrait exister doit être comptée pour rien , en se rappelant qne l'irrégularité de l'appareil , destiné & être revêtu de ciment, ne peut donner une mesure précise qu'à quelques centimètres près.

Il y a ensuite beaucoup de points de ressemblance entre les deux monuments. Les marbres de revêtement, à Périgueux, sont les mêmes qu'à Chassenon, soit pour la nature, soit pour le profil des moulures, la disposition présumée des compartiments, et la place des petits crampons de bronze destinés à les sceller sur les murailles. Mais les fouilles de Périgueux ont mis à nu les fûts, les bases, les chapiteaux des colonnes qui formaient le temple. Ici le plan a été plus original; et je ne doute pas qu'il ne fixe au plus haut point l'intérêt des hommes de la science et qu'il ne soit cité maintenant comme une variété singulière de ces édifices somptueux, où le génie antique déploya toute sa puissance.

Us briques ont été employées à Chassenon avec profusion. Aussi sont-elles travaillées avec un grand soin pour la foroe et pour la cuisson. Elles ont toutes les dimensions imaginables do longueur et d'épaisseur. Quelques-anes ont jusqu'à II e d'épaisseur, d'antres sont si minces qu'elles n'ont que 1*. Ces dernières sont marquées de petites stries qui se t ou peut de manière à former sur leur surface des losanges régulières; presque toutes ont à l'uu de leurs angles un gros boulon saillant destiné à retenir le mortier. Beaumesnil en avait dessiné un grand nombre. Elles ont des marques différentes. Tantôt une patte d'animal, fourchue, à plusieurs doigts, tantôt des quatre- feudles et des quinte-fetiilles, tantôt des stries longitudinales ou sinueuses, on en spirales.

Page 1