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Tombeau en pierre volcanique, à la Péruse

La forme n" 4 se trouve aussi à la Péruse. On remarque égaletnentdans le pavé de l'église, deux fragmeuts d'un tombi au en granit, à écailles imbriquées, comme dans le n* 11.

Ces lombes de Chassenon et de la Périme ap-

En général , les sarcophages sur lesquels reposaient les pierres tombales, sont de simples auges en pierre. L'un d'eux qui sa trouve parmi les matériaux du Montelu, et qui , coupé par le milieu , n'a jamais servi de sépulture et n'est là que comme pierre emportée de la carrière, a la forme suivante :

sa

1 3. Sarcophage trouvé dans les décombres du temple de Chasseuon.

Une entaille carrée a été ménagée pour recevoir la tôle. Il est probable que plusieurs sarcophages encore enfouis dans le cimetière ont la même disposition.

Parmi les urnes trouvées fréquemment dans le cimetière , je donnerai seulement les deux formes suivantes :

a. Urne de terre rousse, Hauteur : 0" 09 e .

Diamètre : 0"0*.

b. Urne de terre, couverte d'un venus vert.

Hauteur : 0" 11 e .

Largeur : 0- 12'.

Le haut de l'urne a été brisé, et Ton voit sur le côté le commencement d'une anse qui a été brisée également.

6" Aoi Énucs. On sait quel soin les Romains donnaient aux aquéducs. Ils étudiaient avec une attention particulière le terrain où ife devaient bâtir, afin d'y conduire des eaux en abondance.

A Chasse non ils ont tiré nn parti admirable de toutes les sources, même dt*s plus petites.

Le sol où- la ville antique était assise, présent* un plateau légèrement incliné du sud au nord, depuis la crête du volcan jusqu'à la Vionne.

Deux petites vallées, asser profondes en quelques endroits, viennent couper ce plateau et prennent leur naissance dans Chassenon même.

De jolies fontaines y sou r< lissent. Mais Pinclinai-

le plateau, pour les besoins < de l'amphithéâtre. Ils imaginèrcntde creuser des puits peu profonds, destinés à recueillir toutes les eaux de la partie sud, la plus élevée du plateau. Ils firent communiquer ces puits les uns aux autres par des canaux souterrains et assurèrent ainsi une eau abondante, au moins aux édifices publics, même durant les fortes chaleurs.

Nous avons vu que ce système ingénieux a continué jusqu'à ce jour de fournir L'eau au temple, quoique Taire où elle monte seit élevée de. deux mètres an-dessas des terres «wvironnautes

nE LA CHARENTE.

Au point Y [voij. plan général de Chassenon), en dehors de l'enceinte du palais, un canal souterrain amenait les eaux du côté de Test. Le fragment qui subsiste encore a 27'" de longueur. On y descend assez facilement. La construction a ceci de remarquable que la voûte est légèrement ogivée. Le canal a 1- 30' de hauteur sur 0™ 50' de largeur.

Le puits L reçoit les eaux par un canal qui vient du sud et les transmet par un autre canal à l'un des bassins du palais, S.

Deux autres puits, placés k 10" 60 l'un de l'autre, vers l'angle sud-ouest de l'enceinte du palais, ont le môme usage. Peut-être fournissentils les eaux du temple.

Au sud-ouest du bourg, au point G, était un aquéducquiseséparaitendeux ou trois branches, au-dessous du su], à 2 m 33 de profoudeur, lorsqu'il fut découvert. On trou va à côté quatre puits ou citernes 1 de 2 «le profondeur maçonnés en petit appareil et couverts chacun de trois pierres de taille superposées, d'environ 1"' 33 carrés, dont les uns avaient d épaisseur 0"* 66 e ; d'autres 0- 41 e , et les autres 0™ îiO'. Ces pierres avaient, pour recevoir un crampon destiné à les sceller, un trou dans lequel on ne trouva qu'une matière noirâtre et terreuse, comme de quelque chose de décomposé. Au Fa de Sireuil , j'ai vu la matière noirâtre dans les mortaises où des pons devaient avoir été placés.

Une des branches de cet aquéduc traversait la place qui est en face de l'église, dans la direction du sud au nord. Voici le dessin d'une des pierres inférieures qui formaient le canal. Ce bloc existait encore il y a deux ans, lorsque je le mesurai. Je ne l'ai plus retrouvé à Chassenon ;

aura été brisé pour servir à quelque maçon-

Longueur : 1" 50 . Largeur : 0 " 65*.

Hauteur : 0™ 22 .

Largeur de la rigole dans le haut : 0" 27 1 .

Profondeur de la rigole : 0- 16 e .

Une autre branche d'aquéduc se dirigeait vers les Arènes. Le bloc dont je donne le dessin a été trouvé entre les arènes et le temple. C'était une des pierres supérieures qui couvraient les pierres inférieures du canal. Elle était taillée en caniveau.

a cm que ces puits étaient les gémonies où )pinion bizarre «jui n'a a besoin d'être réfutée.

Pierre supérieure du grand aquéduc tles Arèucs.

Dimensions : I" 33' cari és.

Parmi quelques bas-reliefs d'un travail extrêmement grossier, incrustés dans la façade de l'église de Chassenon, Beaumesnil en cite un qu'il a cru antique. Il l'a dessiné de celte sorte : Trois personnages eu fout le sujet; celui du milieu, armé (Tune massue ou d'un coutelas, est prêt à frapper une femme tombée à genoux devant lui ; l'autre personnage est debout. J'ai étudié ce bas-relief de la sculpture la plus barbare. Au lieu d'un sacrifice païen, vu par Beaumesnil , c'est l'Annonciation. La femme à genoux sur le point d'être immolée, c'est l'ange dont l'aile est facile k reconnaître. Un prie-dieu le sépare de la Vierge placée en face de lai.

Deux colonnes de granit qui supportent des croix de fer, l'une dnns le cimetière, l'autre sur la place de l'Église , ont aussi paru antiques h Beaumesnil. Je ne partage pas celte opinion. Le granit du pays dont elles sont faites, offrait trop de difficiles po:ir les moulures des buses. Il n'est pas probable que les Romains aient jamais eu la pensée de s'en servir.

De nouvelles fouilles seront faites celte année à Chasscnon. Si elles amenaient quelque découverte digne d'intérêt, j'en rendrais compte dans les AMitittns. à la On du volume.

Chassfnkhii-, Cassinogilum .

Il ne faut pas confondre le Chasseneuil de l'Àngoumois avec celui de l'Agenais, maison de plaisance des rois rrancs. Notre Chasseneuil n'en est pas moins une position antique, rien juger par les tombeaux qu'on y a découverts, et diins lesquels on a trouvé des urnes et un grand :ombre de médailles des empereurs. Ces médailles, d'uue v grande beauté et d'une parfaite conservation, sont pour la plupart en or. Elles appartiennent à M. de Lacroix, receveur particulier h Coufolens. Elles remontent au III' siècle et à la fin du II e . Celles qui m'ont paru les plus remarquables sont un Trajan, un Anlonin-le-pieux, un Volusien, les deux Gordiens, un Philippe et quelques im- |)érnlrices.

Les urnes trouvées à Chasseneuil avaient été déj>osêes dans le temps à la sous-préfecture de Coufolens l . Je n'en commis ni le nombre ni les dimensions.

1 Elles devraient èlrc plare^s dans le Mu«ée archéologique d.V'gmilème, ainsi que toutes celles qu'on a trouvées A divers.* épiques dans le pays. Ces objets <|tii ont si peu de valeur |>ur eux-memos, cessent bientôt d'offrir lu moindre ini- riîl , lorsqu'un ne sait plus de quel lieu ils ont été lires. Je voudrais faire comprendre aux possesseurs d'objets antiques, s* ms tes yeux desquels ces Jigros pourraient tomber, que l'acte du pelrio isme le plus éclairé et le plus louable est de faire dommage à un musée de ces débris, qui, réunis ensemble, s>mt comme des lém'dnsdel'aniiquité des lieux où ils ont élé .'.écouveriR. Si la cupidité personnelle l'emporte, il arrive d'ordinaire que des héritiers se partagent ces objets,

Chémett.

Pour ne pas trop m' écarter des classifications ordinaires, j'ai placé les silos de Cbément, de Montembeuf et des Pendant" a l'époque galloromaine. J'aurais dû les mentionner parmi les monuments dont l àge est inconnu. Il est bien évident qu'à toutes les époques l'homme a dû creuser sous le sol des retraites oh dans le moment du danger il a pu mettre à l'abri du pillage le blé destiné à le nourrir, et ses meubles les plus précieux. Que de fois les familles tremblantes sont allées se blottir dans ces cavernes, dont l'entrée cachée sous d'épaisses broussailles ne pouvait pas môme être soupçonnée, jusqu'à ce que les hordes des pil ards eussent abandonné leurs chaumières dont les toits fumaient encore !

Ces saintes retraites ont donc aujourd'hui pour nous, qui jouissons des bienfaits d'une civilisation paisible, l'intérêt des souvenirs de dévastation et de malheurs qu'ils rappellent. Si elles ne disent rien sous le rapport de l'art, elles offrent pourtant & la curiosité l'étude des artifices ingénieux avec lesquels les constructeurs de ces tanières d'hommes ont creusé dans le roc vif pour éviter les infiltrations de l'eau , ont pratiqué des issues tortueuses pour se ménager d«s sorties en cas de surprise , et une défense facile, daus ces passages étroits, d'un seul homme contre plusieurs.

qu'ils les jettent, sans y attacher aucun prix, dans des recoins "ù ils ne tardent pas à se briser. Kl si plus lard on veut les placer dans les collections publiques, le souvenir de leur origine se trouve perdu; l'on doute alors, et avec juste raison , de leur âge véritable, tellement les faussaires sont habiles A fabriquer ces objets imités de l'antique, dont ils inondent les cabinets des curieux peu difliciles A tromper t

D'ailleurs, il est rare que les conservateurs des musées, comme à ceux du Louvre et de l'hôtel de Cluny , ne s'empressent d'immortaliser le nom des donateurs, en le gravant A côté des objets donnés et en l'inscrivant dans les catalogues. Il me semble que c'est une gloire dont on devrait être ambiUeux et qui devrait (aire place i l'instinct honteux de oe ramasser que pour soi.

DE LA C

Le silo do Chément est très-ingénieusement taillé dans le roc. C'est une excavation souterraine qui présente une chambre à-peu-près ronde, au centre de laquelle on a ménagé un pilier, taillé dans le roc calcaire, pour prévenir les éboulements. Deux alcôves, dont l'une a 1" 30 e , et l'autre 2" de longueur, complètent cette habitation. On y descendait par un escalier taillé dans le roc. Une issue était pratiquée au point opposéj Elle a été travaillée sur un plan sinueux, sans doute aOn d'en rendre l'accès plus difficile. On y remarque encore la place des solives transversales, destiuées à arrêter quiconque eût voulu y pénétrer. Ce joli silo, conservé avec le plus grand soin, au milieu d'un bois, par le propriétaire qui l'a fait déblayer, mérite d'être visité.

DOUZAC. Vers 1801, en creusant près de Dourac, dans une carrière de sable, on découvrit un tombeau antique. Le sarcophage en pierre de taille, dont plus tard on a fait une auge, était recouvert d'une dalle en pierre calcaire très-tendre, que le poids des terres avait brisée. Ce petit tombeau contenait une fiole en verre très-allongée, pleine d'une liqueur rougeâtre, et une statue en terre cuite représentant Mercure ayant le caducée & ses pieds. Cette statuette est entre les maius de M. de Fontguyon, à qui je dois cet intéressant renseignement

FONTGUYON. Fontguyon a été une villa gallo-romaine. Au nord du château, dans la prairie, près d'une fontaine, on a trouvé des vestiges de bains antiques, des fragments de pavé en béton, et beaucoup de débris de tuiles à rebords.

LA BERCHE. Un édifice carré, construit en petit appareil, est placé au nord-ouest, à peu de distance du village de la Berche (laBarche, dans les anciens titres). On l'appello la prison des Romains. Sa position sur une hauteur qui domino la petite vallée de la Boësmc, à peu de distance de la voie antique de Périgueux à Saintes, m'a

ARENTE. 195

fait croire que c'était un exploratorium ou vigie destinée à surveiller le chemin, peut-être même à faciliter les signaux. Ce qui reste de cette construction offre encore de l'intérêt. Le rez-dechaussée a été conservé. Il forme une chambre voûtée en plein-cintre. Des lierres ont tellement tapissé la voûte de leurs rameaux noueux, qu'ils ne laissent plus apercevoir l'appareil dont elle est formée. Je ne dois pas oublier une circonstance assez remarquable, c'est que j'ai recueilli autour du monument un grand nombre d'anses de bidons, vases en poterie que les soldats en voyage portaient suspendus à leurs épaules.

LACOU DAUSENA. La ruine connue sous ce nom est une villa romaine. Elle se voit au nord-est, à peu de distance de Brossac ; des pans assez considérables de murailles subsistent encore. Ce qui est apparent offre un corps de logis de 57- 40 e de longueur sur 22- de largeur; mais il est aisé de reconnaître que les constructions s'étendaient beaucoup plus loin sur lo plateau incliné qu'occupait cette villa. En labourant, on a soulevé des fragments d'un béton épais qui a dû servir de pavé. A 62-, au nord do l'édifice, on trouve un aquéduc dans lequel on pénètre avec assez do facilité, quoiqu'on soit bienlAt arrêté par un éboulement. Il renfermait un conduit en plomb dont on a trouvé des fragments, qui amenait dans la maison les eaux d'uue fontaine appelée Fontenclle, placée au sommet du coteau, à la distance d'un kilomètre. Ce qui est bien digne de remarque, c'est que ces eaux, arrivées au pied du mur, étaient distribuées dans le rez-de-chaussée par un canal qui suit toute la longueur des murailles, et qui en occupe l'intérieur. Ce canal formé eu briques a 0 m 24 e de largeur sur 0 m 10* do hauteur, ce qui diminue singulièrement la forco des murs, qui n'ont que O"» 75 e d'épaisseur. En déduisant 0™ 24 e pour la largeur du canal, les murs ne portent que sur deux minces parois de 25' S"' 1 chacune. Et cependant, ils sont d'une dureté et

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d'une consistance qui ont bravé les siècles, distance de la voie romaine de Saintes à Li-

Les briques à rebords qui forment ce canal et moges. se trouvent du rcsto en grande abondance dans Le style d'exécution de celte statue était partoute la construction ont 0" V7 f de longueur sur faitement grec. Ainsi, la barbe et la chevelure 0™3i c de largeur. Elles servent particulièrement étaient tout-a-fait du même style que celles do il former des cordons horizontaux espacés dans l'Hercule Famése. La pose avait de la grâce et de la muraille. Le plus haut fragment de ces murs, la noblesse. Seulement, les détails et l'exécution qui subsiste, a une hauteur de T" 18 e . Il est par- étaient grossiers et peu soignés, tagé par deux cordons, formés chacun de deux LA TEHNE. Après Angouléuie et Chasscnon, rangs de briques. Le premier étage marqué par le terrain le plus vaste que l'on trouve eu Ances assises a 2- S:;" - de hauteur. Le ciment parait goumois, recouvert de débris de briques à recomposé comme à Chassenou, à la Berche et bords, est la Terne. Ces débris occupent tout le dans tous les autres édifices romains du pays. 11 plateau qui s'élève au-dessus du village moderne, est d'une dureté remarquable et cède a peine La charrue y soulève encore des fragments du aux plus forts instruments. Longtemps les gens béton employé à cette époque dans les maisons, du pays, croyant trouver dans ces ruines ce qu'ils pour tenir lieu de pavé. J'ai vu les restes d'une appellent le veau d'or, y ont fait des fouilles qui construction octogone qu'on achevait de démolir, out dû hâter la chute de plusieurs pans de mur. Une corniche eu pierre calcaire gisait dans les Au-dessous de l'habitation, les terrains inclinés débris; en voici le proOl : sont nivelés en terrasses, dont on aperçoit encore les talus jusque dans la prairie. Tout cela est triste et sombre, l'n bois do petits chênes végète sur celte villa que peut-être Ausone, si riche en possessions dans le Bordelais, la Saintongc » et le Poitou, Bt retentir de ses poésies gracieuses. Le nom bizarre de LACOU DAUSENA ne seraitil pas un dernier souvenir d'un si célèbre possesseur 4 î

LA CLAVIERS. Statue d'un mètre environ de hauteur, en pierre d'un grain assez fin, qui n'est ni le calcaire du pays ni celui des environs d'Angoulême, représentant un Jupiter ou une triple divinité tenant de la main droite la foudre

A la partie sud qui s'incline d'une manière très-abrupte vers la Charente, on voit un pan de mur fortement cimenté et d'une épaisseur considérable. Il soutenait le terrain où Tut élevé plus tard le monastère du lieu, qu'on dit avoir été occupé par des Bénédictins.

Sur tout le plateau on a trouvé, et l'on trouve qui repose sur la tête d'un aigle au repos, et de assez fréquemment des médailles. Celles qui en la gauche, une fourche à deux dénis, et au des- proviennent, et qu'on me donna sur le lieu sous, sur le sol, une roue. même, sont une gauloise à la main en électrum,

Cette statuo a été trouvée vers 1811, au-des- un Auguste avec l'aigle éployée au revers, uu sous de la surfaco du sol, entre la Clavière et le Antonin-le-Pieux, un Yalérien, etc.

village du Brcuil, commune d'Anais, h peu de

1 Cette («artic do ÏAngoumois était autrefois de la Saintonge.

* On vient d'y découvrir une mosaïque.

Si l'étendue considérable de terrain couvert de débris antiques n'indiquait pas une ville importante li la Terne, l'existence d'un théâtre suffirait pour l'établir.

DE LA C

Ce théâtre était élevé danslaplaine au-delà de la Charente, sur le chemin de la Terne à Eschoisy.

Une savante description 1 des théâtres mixtes, donnée pr M. de Caumont, nous apprend que dans les Gaules on n'adopta pas pour les théâtres le plan donné par Vitruve. Ce plan offrait un hémicycle chargé de gradins pour les spectateurs, adossé à un parallélogramme rectangle occupé par la scène. On fut amené à changer cette disposition afin de Taire servir indistinctement les théâtres à plusieurs genres de spectacles. On pense que les Gaulois, en général peu sensibles aux délicatesses de la langue latine, durent peu aimer les représentations dramatiques; ils préférèrent naturellement les combats de gladiateurs, les luttes, les danses, les autres jeux de pantomime qui plaisent tant à la multitude.

Il fallut donc que les théâtres fussent appropriés à ces combats athlétiques , à ces jeux de toute espèce, que l'enceinte antique n'aurait pas permis de présenter avec tout le mouvement qu'ils comportent. L'orchestre, c'est-à-dire la place appelée le parterre dans nos théâtres modernes, fut ajouté à la scène proprement dite pour l'agrandir. Dès-lors on comprend les modifications apportées à la forme ancienne des théâtres. Destinés à plusieurs genres de spectacles, il fallut qu'ils empruntassent quelqi" chose des amphithéâtres consacrés aux combats de l'arène, et qu'il fût cependant possible d'y élever, au moyen d'un plancher, une scène pour la représentation des drames ». La description des théâtres de Lillebonne, de Drévant, de Valognes, faite par M. de Caumont, présente les changements introduits dans l'architecture de ces édifices. L'h'émicycle, au lieu d'être sévèrement une demi circonférence, s'y développe et présente dans son centre uue arène qui occupe

1 Cours d'Antiii. monum. II!' pari. Ère gallo-rom., pag. 430 et suit.

1 Voyez, id., p. 4*8.

IARENTE. 195

los trois quarts du cercle. Les gradins de l'hémicycle se prolongent, do même, au-delà de la ligne que le jntlpitum ou avant-scène occuperait dans un théâtre destiné seulement aux représentations dramatiques.

Lorsque je découvris le théâtre de la Terne , j'en levai le plan avec le plus grand soin. Des hommes de l'art, des ingénieurs, avaient passé là, deux ou trois aimées avant moi. Ils avaieut coupé, en aveugles, pour ne pas dire en barbares, l'hémicycle du théâtre par une grande route et l'avaient rasé au uiveau du sol pour en prendre les pierres. Ils avaient ouvert dans son sein une carrière profondu afin d'extraire les matériaux nécessaires à une large chaussée qui aboutit au pont de la Terne. Il leur était si facile, dans cette plaine, d'incliuer légèrement la route et de ménager celte ruine qui s'élevait encore de plus d'un mètre au-dessus du sol. On souffre à la pensée que ce qui a résisté aux dévastations des hommes et du temps, disparaisse, en pleine civilisation , devant les froides exigences du génie ami de la ligne droite, qui semble ne pas savoir tracer une courbe, lorsqu'il faut laisser debout un monument.

Le théâtre de la Terne était construit sur le même plan que ceux de Lillebonne, de Drévant et de Yalogues.

(Eflirilf d« î milllmrlrn pour 3 mrrrrt )

Vous remarquerez les cinq raugs de gradins disposés en hémicycle, occupant les trois quarts

de la circonférence. Il ne resle de ces gradins que les murs concentriques qui servaient probablement à recevoir de larges pierres horizontales ou de petites voûtes à plein cintre, destinées à soutenir les rangs des sièges placés en amphithéâtre. La plus grande largeur de l'hémicycle est de 67". En déduisant do chaque côté 10" 43 e occupés par les gradins, il reste pour le centre A, c'est-à-dire pour l'orchestre, un diamètre de 46- U«.

Le premier mur, à l'extérieur, destiné à soutenir les gradins a 0" 98 f d'épaisseur; les quatre autres n'ont que 0™ 70 e . L'intérieur entre chaque mur varie de i" 52 f à i n 68 f .

Va petit fragment do mur extérieur, épargné au point B, montre encore l'appareil de cette construction. Cet appareil est formé de petits carrés longs de 0 m 7 f de hauteur constante , sur O" 20* de longueur moyenne, noyés dans un bon ciment qui n'a pas cependant la dureté que j'ai remarquée dans beaucoup d'autres édifices romains. J'ai trouvé sur le terrain quelques fragments de tuiles à rebords.

Aux théâtres antiques de Lyon et d'Avranches, il ne resle plus de vestiges de la scène. Il en est de même dans celui-ci. Elle était plus facile à démolir en raison de la moindre épaisseur des murailles; peut-être aussi la plus grande valeur des matériaux a tenté la cupidité. On a dû négliger le massif qui soutenait les gradins '.

Il y a toutefois cette différence eutre ce tliéà tro et les autres dont on a là description , qu'ici les gradins n'étaient pas supportés par un massif, mais par cinq murailles concentriques dont l'in-

' Je hasarderai ici une supposition, a laquelle je n'attache pas du reste beaucoup d'importance. C'est qu'il pourrait se faire que les théâtres des petites villes des Gaules n'eussent absolument que leurs gradins et leur orchestre, et que lasceno fût élevée, comme dans nos théâtres forains, selon les occurrences cl les exigences des pièces. Je m'expliquerais par ta qu'on n'ait presque jtoMle trou vide vestige* de la scène dans les rwoes de rx«5 théâtres antiques.

tervalle formait autant de galeries. L'économie des matériaux est probablement le motif de cette disposition.

Quand à la scène C, aux portes et à la façade EE du monument, le tracé que je donne n'est que conjectural. Cependant il emprunte quelque valeur de la similitude de ce qui reste de ce théâtre avec les théâtres déjà connus.

La partie D du plan est occupée par une grande route et une carrière. Il ne reste du monument antique que la partie teintée en noir sur le plan : tout le reste a été détruit.

LA VILLE D'OLIPE. Au-dessus du pont antique de Rasseaux, sur la rive gauche de la Charente, un terrain assez vaste est couvert de débris de l'époque gallo-romaine. Il est aisé de reconnaître l'emplacement de plusieurs maisons disposées sur les deux côtés d'une rue qui n'avait guère que 3" do largeur. Ces ruines ont été conservées par les bois dont elles étaient cooverteset qui faisaient partie de la Grande Garenne.

La tradition du pays a conservé à ce lieu le nom do ville d'Olipe. On peut encore mesurer le développement de quelques maisons. Les chambres sont très-petites. M. de Caumont a fait la même remarque dans toutes les villas galloromaines qu'il a explorées. Beaucoup de tuiles à rebords, des blocs de pierre où se trouvent des entailles à queue d'aroude destinées à recevoir des clavaux, sont les seuls objets dignes de quelque attention parmi ces ruines.

LE CHATELARD. Sur la voie romaine d'Angouléme à Limoges *, dans le territoire de Mazerolles, à peu de distance du Mas, sur un des points les plus élevés de la chaîne de collines qui occupe en grande partie le canton de Montembeuf, on trouve les vestiges d'une construction romaine qu'on appelle le Chàtelard. C'était probablement une vigie : elle était d'autant mieux placée que, de cette hauteur, l'œil s'étend sur

1 Voy. plus haut, pag. iiiS.

DE LA

horizon. Le ciment de ce petit édifice, qui s'élève seulement de quelques centimètres au-dessus du sol, est d'une telle dureté que le propriétaire du champ, Tort peu soucieux de ce vieux mur qui gène son lahour, s'est lassé dans ses efforts pour le détruire.

C'est un carré long formant deux pièces d'une inégale grandeur.

Longueur totale 8- 60' Largeur 5 60

Épaisseur du mur 0 64 .

La plus petite pièce, de 1™ 50 e de largueur, n'était sans doute qu'un corridor.

LE FA. Je parlerai de la seigneurie du Fa dans l'Histoire des villes, abbayes et fiefs de l'Angoumois. La tour principale de ce manoir s'élevait sur un monument romain d'une belle construction. Corlieu l'avait décrit de la sorte, dans son Recueil :

« De mesme sorte de massonneric est faite une masse de pierre à deux lieues de la ville sur le bord de la Charente, au lieu appelé Fa, et en latin Fanum. Cette masse est carrée oblongue de quelques vingt pieds de largeur et trente pieds de longueur, hante de vingt pieds, là cslcvée (comme il est a présumer) par les soldats romains, tenans garnison en ce pais , au temps de la conqueste des Gaules, pour mémoire de leur nom , car à autre chose ne servoit-clle pas. Aussi estoitce leur constume de laisser tels monuments pour souvenance ès lieux où ils faisoient séjour : dont il se trouve foison par la Gaule, et de bien grandes Tilles quelques fois par eux basties a cette fin ; si du tout nous ne voulons dire que ce fust en signe de quelque victoire par eux gaignée an mesme lieu : de laquelle masse (appelée par les Latins moles) reste encore la plus grande part pour le jourd'hui. Il est vray que les seigneurs du lieu, qui portent le nom de Saincte-Uermiue , ont basty une tour par le dessus, et c'est une des plus grandes antiquités qui se voie au pais... 1 » * Recueil en forme d"Hist., page 8, réimp. de 1846.

Vigier de la Pile, après avoir cité l'opinion de Corlieu, ajoute : « Il semblerait naturel d'en juger par l'étymologie du terme latin Fanum et de croire que c'était un autel dédié au dieu Fauno où k quelque divinité païenne '. »

Il est inutile de discuter les conjectures de Corlieu et de Vigier sur la nature de ce monument; elles ne sauraient être admises. Il est bien plus probable que le Fa, appelé Fan dans plusieurs chartes, est un tombeau. C'est l'opinion que les savants ont ajourd'liui, en général, de ces édifices presque toujours terminés dans le haut par des constructions pyramidales.

Le Fa est un carré long de 10" 1 0' de longueur sur 7" de largeur. lorsque je le visitai, il y a deux ans, on avait démoli pi usieurs assises du côté de l'ouest. On parvenait au sommet par les décombres, mais la partie de l'est u'était pas encore attaquée. Mlle avait 5 " B0 C de hauteur. L'édifice est un massif dont l'extérieur est formé par un revêtement de grand appareil et l'intérieur par un blocage noyé dans lo ciment. A l'angle nord est, on a pratiqué une petite loge dans le massif, a l'aide d'instruments.

Le revêtement en grand appareil se compose de blocs dont la hauteur est de 0- 16 e à 1"* 70 e . Us sont scellés les uns aux autres avec le plus grand soin, au-dessus par un claveau à queue d'aronde qui s'engrène dans les deux blocs A, et au-dessous par un crochet qui entre dans une mortaise faite à chaque bloc. La figure B donne la coupe de deux assises scellées en dessus et en dessous.

1 Vigier, Hist. de l'Angoumois, page 132.

La décoralion du monument se compose de quatre pilastres sur les deux plus grandes faces, cl do trois sur les deux plus petites.

Ces pilastres, qui ont 0"' 5 r de saillie et 0™ 49 r de largeur, rencontrent à W de hauteur une corniche composée de membres peu saillants totalement mutilés, au-dessus de laquelle ils continuent de s'élever; ce qui prouve que le monument avait encore plus de hauteur. Les pilastres ont leur base saillante ; mais les angles et les moulures sont tellement rongés par le temps, qu'il est difficile d'en donner un dessin assez exact pour qu'on indique avec quoique certitude l'ordre auquel appartient le monument.

Les autres monuments de ce genre que possède la Saintonge sont terminés par des pyramides. Il est tout naturel do supposer qu'il en était de même de celui-ci. Je n'ai pas aperçu eu le visitant les moindres traces d'inscription. Peutêtre en découvrirait-on du côté où il est caché par les décombres.

Lorsque j'ai voulu mo rendre compte do quelle matière étaient faits les claveaux à queue d'arondc et les crochets qui scellaient les blocs, je me suis d'abord assuré d'une assise qui fût dans l'état de sa première construction. J'ai trouvé l'entaille destinée au claveau pleiue d'une poussièro do couleur brun foncé excessivement line, résultat évident de la décomposition du claveau qu'on avait employé. Celte poussière était-elle le produit de la décomposition d'un bois ou de l'oxydation d'un métal? Malgré des faits nombreux qui nous montrent des barres de fer en—

core intactes, tirées des fouilles de monuments de la même époque, par exemple a Chasscnon, on ne peut expliquer celle poussière que par l'oxydation des crochets de fer.

Si quelques assises de ce précieux monument subsistent encore, il serait bon qu'on cherchât à en garantir la conservation. C'est la ruine romaino assurément la plus imposante, par conséquent la plus digue d'intérêt de tout le pays.

LES Hl'TTES. l'ne villa ou un exploralorium a dû exister dans ce lieu, où l'on découvre une assez grande quantité de tuiles à rebords. Les Huttes sont situées entre le village de Vcsne et le bourg de Voulgézac, à peu de distance de la voie romaine de Périgueux à Saintes. Il ne reste aucune trace de cette construction, qui parait correspondre à celle de la Iierche, placée sur le coteau opposé et daus la même direction.

LE MAINE-BRIN (Commune de Saint Saturnin). C'était probablement une villa. Elle était à peu de distance de la voie antique de Saintes à Angoulème. 11 ne reste d'autres vestiges que des tuiles à rebords.

LE MAINE-LARGE (Commune de Voulgézac).

Des tuiles à rebords, trouvées sur la hauteur à peu de distance du Maine-Large, indiqueraient une villa.

LES BOUKKLLES. A l'ouest du Cbantillac, canton de Baigne, dans un bas-fond très-fertile appelé la Champagne 1 des Bourclles ou de Bourcllc, qui n'a pas moins de quatre kilomètres de diamètre, on découvre des débris assez considérables, et occupant une atsez grande étendue, qui attestent l'existence d'une villa, peut-être même d'une petite ville romaine, comme la Terne et Chasscnon. Des tuiles à rebords*, des

' On appelle vulgairement, dans l'ouest de rAngoumois, une Champagne, un terrain cultivé formé de bonne terre végétale, placé en plaine entre des collines, ou à mi-cott, cl remarquable jar sa fertilité C'est un souvenir, dans le ' langage importé par la conquête, du cette Campanie dont les délices ont passé en proverbe.

■ Ces tuiles ont W sur 33.

DE l.K CUARENTE. 199 médailles, des urnes funéraires, recueillies dans de la Société archéologique et historique de la un lieu qui a paru un cimetière antique, donneraient beaucoup de probabilité à cette dernière

hypothèse.

Les médailles se trouvent par centaines dans la plaine des Boureltes. Parmi elles on a remarqué des Claude, des Trajan, des Vespasien eu or et d'une belle conservation. Les médailles étaient en plus grand nombre ÎI peu de distance d'une très-belle fontaine, dont le lavoir est encore, dit-on, pavé à l'antique. Des traces évidentes d'incendie attestent que cette ville a subi le même traitement que les autres, lors de l'invasion des Barbares.

La voie romaine de Saintes a Coutras passait dans ce lieu. Ou en reconnaît encore les vestiges. (Voyez plus haut, page 167.)

LES CAVES DU CHATEAU (dans la Grande Garenne, entre Thoirac etBasseaux). Une partie de cet ancien castcltum a été récemment défrichée. L'immense quautité de tuiles a rebords qui encombrent le sol ne laisse pas le moindre doute sur l'existence d'une bourgade gallo-romaine. Le terrain où s'élevaient les constructions peut occuper environ 260™ carrés. Mais

Charente, ont déblayé quelques-unes de ces chambres souterraines.

Elles sont taillées dans un roc calcaire assez dur. On y descend par un puits A, ouvert à l'ouest.

On se trouve aussitôt dans une salle allongée, irrégulière, do 8™ 82 e de plus grande longueur, et de 2 m 33 r de largeur. La voûte se trouve soutenue par un pilier D, taillé dans le roc, do i m 35 e de circonférence sur 2- 76 e de hauteur. Une

au-dessus de cet emplacement, des nivellements croix assez mal dessinée se trouve gravée sur ce considérables, sur une longueur de plus de 300", pilier. Comme elle pourrait être le travail de indiqueraient un ancien palais ou villa, que dé- quelque pauvre esclave chrétien, toute grossière

signe du reste ce nom de Caves du Château.

Dans l'emplacement de la bourgade antique non encore défriché, on reconnaît très-bien quinze à seize petites chambres qui n'out pas au-delà de 4 à S"" de longueur sur une largeur proportionnée. Un four entièrement bâti de tuiles à rebords se voit à peu de distance. Il est probable qu'il a été construit, à une époque moins reculée, avec les débris des toits de la bourgade.

LES PENDANTS. Les silos des Pendants, prés de Vouzau, furent indiqués par un éboulement de terrain au milieu d'un champ en labour.

qu'elle est, elle mérite d'être mentionnée.

A côté du pilier central est un trou B, eu forme do cloche, destiné à recevoir des graius, et creusé dans le roc vif. On soupçonne dans le recoin C un autre trou semblable au premier.

Deux salles sont jointes à celle-ci. On pénètre facilement dans l'une E, dont la voûte est eu plafond, et dans laquelle le jour tombait par un petit soupirail F. On ne pénètre dans la seconde G, que par un trou tris-étroit. Celle-ci est beaucoup plus régulière que les autres. Elle a 5 " de longueur sur l m 84 e de largeur. Ou y pénétrait par un puits de t m 15' de diamètre, qui ado

Des fouilles faites avec intelligence, parles soins hauteur jusqu'au sol 4™. Cette chambre, toute

200 STATISTiQl'F.

taillée dans le roc, a 2 m de hauteur. Sou sol renferme trois trous semblables à celui de la première salle. Ils ont de profondeur t»7o r .

Leur diamètre est :

Au fond, l m 17 e

Dans le centre, 1 30 Al'oriiice, 0 45 On remarque quatre rainures de 5 e de profondeur dans la paroi verticale du rocher, cl qui se correspondent. Elles paraîtraient avoir revu des cloisons en planches, destinées à séparer les diverses espèces de céréales renfermées dans ces silos.

MARTEAU. Un tombeau antique a été employé avec d'autres matériaux dans une construction moderne. 11 avait été trouvé à Marteau, commune do Saint-Saturuiu. Je ne puis que le mentionner.

MERPINS. J'ai cité, page toi, un document do l'année 1421, qui distingue très-bien du chastel de Merpins, construction du moyen-âge, la vieille ville de Merpins appelée le Batry, contenant « trois jouruels (un hectare) do terre ou environ avec certains mazuraus fraoz et en ruine ».

Cette ville était défendue de trois côtés par l'escarpement du terrain, et, à l'est, par le camp dont nous avons parlé, et qui lui était contigu. Beaucoup do tuiles à rebords, des couches de terrains superposées et mêlées de fragments de brique et de poterie, indiquent l'époque galloromaine; mais il ne reste pas d'autres vestiges. L'église de Merpins est assise sur cet emplacement.

Une vieille tradition, que nous menliouuerons en parlant du château féodal do Merpins, veut qu'il ait été bâti par César.

MONS. On trouve fréquemment autour de Mons des tuiles a rebords. J'ai cru reconnaître les traces d'une voie romaine qui aurait traversé ce territoire, et se serait dirigée de Manies vers la Terne, Ambérac et Anville; mais je n'ai pas

eu de données assez précises pour la classer parmi les autres voies antiques.

MONTEMBEIF. Ce bourg est bâti sur un tuf rougcàtre excessivement tendre, qui forme audessus de la terre végétale une couche d'une grande épaisseur. Ce tuf, si facile à couper, offre cepeudant assez de résistance pour que des chambres souterraines, creusées en voûte, no redoutent rien des éboulements. Celte disposition «le terrain a permis aux habitants de se creuser, à des époques difficiles à préciser, une ville souterraine propre à leur servir de refuge en cas d'invasion, ou à mettre leurs vivres à l'abri du pillage en temps de guerre.

L'étendue de ces silos est considérable. II parait que, malgré les innombrables détours do cette ingéuicuso cité, les diverses cellules viennent aboutir, comme à un centre, à un corridor couvert de pierres placées horizontalement.

Du reste, il y a beaucoup d'analogie entre ces silos et ceux des Pendants. Ils sont construite sur le même système.

Voici la description de ceux que j'ai visités :

On y pénètre, à l'ouest du bourg, par un trou assez étroit, résultant d'un éboulement qui eut lieu lors de la confection do la route de Montembeuf à Chasseneuil. On est alors dans une chambre de 4* de longueur sur 1" 70' de largeur. Au niveau du sol, un trou rond, de 0" 73 e de diamètre, conduit à la bifurcation de deux corridors. L'un mène, par un trou du même diamètre que le premier, à une salle do 6" 50 e de longueur sur 1" 70 : de largeur ; l'autre communique à une salle de 8" de longueur sur l m 32 e de l'argeur.

Ces salles communiquent à d'autres par ces trous creusés au niveau du sol. Elles ont peu d'élévation. Leur hauteur moyenne est do 2" 30 e . On remarque dans plusieurs endroits des trous percés horizontalement pour recevoir des solives destinées sans doute a se barricader dans chaque salle. Il est certaiu que ces tanières

DE LA Cl

humaines sont disposées de telle sorte qu'elles peuvent braver toute attaque. Qui oserait se hasarder dans ces labyrinthes ténébreux, où l'on ne passe d'une chambre à l'autre que par un trou étroit de 0- 75 ?

ORGEDEUIL. Dans le bourg on trouve les vestiges d'une muraille romaine en très-petit appareil, noyé dans un fort ciment. Orgedeuil est un lieu très-ancien, qui devint un arebiprétré. On vient d'y découvrir des fragments de mosaïque.

PETIGNAC. On a découvert, près de Pctignac, un tombeau en béton, dont on a fait une auge. Je n'en ai pas les dimensions.

SARRUM. La mansion de Sarrum, indiquée par la table Tbéodosienne entre Périgueux et Saintes (Voy. plus haut, pag. 161, 162), ne peut guère se rapporter qu'à Charment ; a moins que par une transposition, comme il y en a beaucoup dans cette table, le géographe n'ait pris le nom de Sers 1 ou celui de Charras, placés sur une autre voie, pour celui de cette mansion.

SERMANIGOMAGUS. La découverte d'une chaussée antique, auprès des ruines de la villa Bellicour, Oxo définitivement Sermanicomagus à Charmé.

SERS. Au bas du hameau appelé Jean de Sers, et sur les confins des communes de Sers et de Bouex, dans une vallée appelée la Prise Je Vars, se trouvent au niveau du sol les fondations d'une construction romaine.

C'est un vaste hémicycle de 30" de diamètre, dont les côtés se prolongent en deux murs parallèles, dont l'un a encore de longueur 20", et l'autre 16". 11 est impossible de dire à quel usage cet édifice était destiné. Les dimensions

« Je ne dois pas dissimuler que dans le nom latin de Sert, il n'y a rien qui se rapporte à Sarrum. Dans les Chartes (Hom. et dénomb. de l'év. d'Angoulème, sous Antoine d'Estaing, Arch. char., liasse 208), il est souvent fait mention de Sert, mats toujours avec le nom S*r*«qui n'a aucun des éléments étymologiques de Sarrum.

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