RENTE
de l'hémicycle feraient soupçonner que c'était une basilique. Il a du moins le plan qu'on indique à ce genre de construction.
A 30™ do cette ruine et au nord, on en trouve une autre de forme parfaitement ronde. C'est la base d'une tour de 15" de diamètre. Les fragments du pavé de ces deux édifices sont formés d'un béton composé de ciment et de morceaux de brique entièrement semblable a celui que j'ai remarqué dans les autres monuments de la même époque. Les murs ont 1" 50' d'épaisseur. Des fragments de marbre, des médailles, des tombeaux ont été découverts a diverses époques. A des distances plus ou moins rapprochées, on voit les fondements de constructions moins importantes; elles sont en appareil de pierre de taille, pendant que la ruine quo nous avons décrite est en petits moellous noyés dans le ciment 1 .
SAINT-LAURENT DE CÊRIS. De petites urnes en poterie se trouvent fréquemment dans le cimetière de Saint-Laurent de Céris : ce qui prouve que ce lieu fut autrefois un centre de population. Malgré mes recherches, je n'ai pas pu découvrir de traces d'aucune construction romaine ; mais une voie que j'ai décrite plus haut (pag. 166) passe à peu de distance du bourg.
THOUERAT et mieux Tboirac», était uno villa considérable. Une partie de ses ruines, formée de débris noircis par l'incendie, a été mise à nu lorsqu'on fouilla les sables nécessaires à la construction de la poudrerie royale. On peut, sur une assez grande étendue, en suivre les fondations, construites en petit appareil. On remarque très-bien le pavé des chambres, fait en béton, et des peintures formant plinthe à la nais-
1 Je dois l'indication de ces ruines à H. Boucheron- Séguin, notaire à Sers, qui a exploré les lieux avec beaucoup de soin, et a eu l'obligeance de m'envoyer le résultat de ses recherches.
* Enquête du ÎG mars 1 «0. Arch. cliar., liasse 207.
sauce des murailles. Lu conduit, aujourd'hui obstrué, recevait les eaux des cours, et les déversait dans la Charente. 11 est fortement cimenté et en petit appareil. Il a 0" 60' a la base; il a beaucoup plus de largeur dans le haut. A l'orifice, où je l'ai mesuré, il a 0"' 00 r de hauteur verticale.
Des médailles ont été trouvées sur le terrain des constructions antiques. J'en ai vu une en or, représentant d'un côté Dioclélien, et, do l'autre. Jupiter armé de la foudre.
VARS. Gabriel de lu Charlonye, dans ses annotations sur Corlicu, décrit ainsi un tombeau découvert à Vars : « A propos des antiquités d'Angoiilesme, j'adjousteray une chose digne de remarque, qui a esté obmise par l'autheur, c'est une autre sépulture ancienne, qui fut trouvée en la terre de Vais, à trois lieues d'Angoulesme, l'an mil cinq cens quarante et ung, ou st olon aucuns, quarante deux, l'ng coffre de plomb y estoit enclos avec son couvercle, qui s'emboiloit de telle façon que le bord d'iceluy desceudoit deux ou trois doigts tout au tour, estant ceint outre ce de quatre bandes de fer de trois doigts de largeur et trois d'espesseur. Comme ou eut faict ouverture de ce coffre, ou y treuva ung grand corps estendu tout entier, qui avoit à la poistrine, au lieu le plus près du comr, une lame d'or escrite eu caractères grecz d'un tel ordre et disposition :
r O 1 H E A u il E O V û A E
0 I DE A û H
L'on tient qu'Ant. d'Estaiug, évesque d'Angoulesme, qui estoit parvenu à cette dignité par la nomination de François I", à la suscitation et
prière de Loyse de Savoye, se mère, luy fit préseut de celte lame après l'avoir gardée quelque temps en sou thrésor. Plusieurs beaux esprits de la France se sout estudiés, par une curieuse recherche, de tirer l'interprétation de ces lettres, mais, eu vain, le tout estant si cou fus et perverti qu'il faudroit ung ULdipe pour eu deviner le sens, ou quelque Alexandre pour couper ce nœu plus que gordien »
J'ai mentionné à la page 172 un tombeau antique mutilé et jeté dans une maçonnerie.
M. Eusèbc Caslaigue vient du m'en communiquer le dessin.
La légende parait être : uvinto filio qvivtvs
DOCI\S POSVIT.
« L'existence de ce tombeau à Angoulème, dans un pays voisin des Santons ou qui même en a fait partie, donnerait de la forer à cette conjecture qui attribue aux Santons la monnaie connue avec celle inscription : y non svnt. ( Voir Aniiijuitésik Suintes, par M. Chaudrue de Cnuaunes, Taris, 1820, in-*", page 1 16). » Xotr do }f. Castiiii/ne.
' torl. annot., «MU. de 1*40, m-4", p. S3.
La Chariuiiye IMUra qu>- le récit de cette découvert*! tst Un) d'Elic Vintt, ce qui «infirme qao ce dernier est l'auteur dos Discours non plus mélancoliques que Jirers qui a\>\>ar. tienne»! a noire framrt. L'he>k»re de lu déconverte du tombeau de Vars s'y trouve dans tous sts délads, li semble même que Vinet et) parle comme d'une découverte dont
nul n'avait parlé avant lui. « Auquel pais (Augoumois)
je v.ius prie que je vous conte ce qui s'eM naguère» trouvé, chueiequi mérite en mon advis être publiée eteommuniquée entre ceus qui admirent les choses antiques. * Duc. non plus mélancol. que .ni . Poitiers, 1556, p. 90.
DE LA