‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 89 sur 120 · I.a FUrre · texte numérisé non relu

I.a FUrre

La Bergerie.

Vwtenil.

La Léotarrterie.

Vibric.

La Cl&vicrc.

Yvier».

La Mothe-de-Feuillade.

ANGOULEMB. Nos historiens d'Angoumois, Corlieu, Pierre de St-Romuald, Vigier ne fournissent aucun document sur la fondation du château d'Angouléme '. Corlieu nous apprend seulement qu'en 1282, < Après le décès de Hugues, sa veuve, pendant le bas-âge de ses enfants, Ht réparer ie vieux chasteau et commença l'œuvre magnifique de la grand salle qui enenres se voit au-dit chasteau*. > Et peu après il ajoute : « Hugucs-lc-Brun succéda à son père... et après se mit i bastir la grando tour do chasteau d'Engolisme et paracheva la salle encomraen< éc par sa mère qui sont deux merveilleusemi-nt beaux édifices. Aucuns ont pensé, et est le commun bruicl en la ville, que ceste salle a esté baslie par les Anglois, qui est faux... Les armoiries de la maison de Lezignan, ses alliances et divises desquelles est ceste salle toute pleine monslrcnl assez du contraire '. »

Ces textes, tout précieux qu'ils sont, puisqu'ils nous donnent la date de la construction de la grande tour (1 288- 1505), ne nous disent rien de la fondation primitive. Même

• « On ne trouve point l'origine de ce château. » Vigier, » Recueil eu forme (Toi*., pag. II.

ce mot, vieux château, improprement employé par Corlieu, a fait croire 4 Vigier qu'il avait, dès le XIU' siècle, une grande antiquité.

J'ai trouvé aux Archives du royaume un document qui assigne la véritable époque de U construction du château, et le nom de ses fondateurs. C'est- un échange fait entre le comte Hugues et Ysabel sa femme, et les doyen, ch*noines et chapitre de S*inl-Pietre, de certaines terres appartenant au chapitre, afin d'y bâtir ie château neuftTA»tfQuUmt, pour une place propre A faire un cimetière el à bâtir une maison de chapelain. La charte est de l'an 1228 ' . C'est donc après 1228 qu'il faut fixer la date du château neuf d'Angouléme. Hugues et Ysabel durent trouver que la ville, défendue au norJet à l'ouest par l'escarpement de la montagne, el à l'est par le Châtelct, était accessible au midi, où elle i/avail d'autre défense qu'un vieux mur à assises romaines qui partait de l'extrémité ouest de la promenade du Parc (appelée aujourd'hui place de la Commune), et allait aboutir, vers la rue de l'Arsenal, à un autre mur du même travail qui joignait le Chàtclet. De la sorte, près de la moitié du plateau de la montagne était un terrain inoccupé, ce qui devait singulièrement faciliter les ennemis, en cas de siège. Une seconde forteresse, A l'angle sud-est, qui, au moyen d'une enceinte flanquée de bastions, occuperait le reste du plateau, devait entrer dans le plan d'une bonne défense de la ville. Hugues et Ysabel conçurent ce plan et en commencèrent l'exécution. Un conduit souterrain faisait communiquer les deux forteresses. Hais , comme je l'ai remarqué plus haut, il est probable que l'enceinte seule fut achevée de leur temps, et qu'ils laissèrent à leurs enfants le soin de bâtir le château proprement dit, ce qui s'accorde assex avec le texte de Corlieu. La veuve do Hugues de Fougères répare le vieux château, c'est-à-dire le travail du premier Lesignan , et commença la grande salle; Hugues-le-Brun, son fils, achève cette salle et construit la grande tour polygone.

Quatre époques de construction se remarquent dans le château d'Angouléme.

!• L'enceinte, dont le mur et deux bastions an levant A, B, et un au sud, C, existent encore. — Sous Hugues et Ysabel, après 1228. La porte D est de celte époque.

2* La tour polygone E. — Sous Hugues-le-Brun, de 1282 A 1305.

5° Le corps de logis F, la demi-tour d'encorbellement G, la grosse tour ronde H. — Sous Jean-le-Bon , de 14*5 à 1467. Plusieurs de ces travaux ne furent terminés, au

> Archives du Boy., Titre» du comté d'Ang., t. m, lettre r, ll»5.

moins pour les sculptures, que sous Louise de Savoie, de logis qui tiennent à la tour ronde du coté de 1' femme du comte Charles, de 1467 à 1515. Us paraissent d'une époque moins reculée

4* Le pavillon polygone I. le pavillon carré et le corps

vi\y m' uamt h'ascouIw.

(EcWdlo <ki

TOUR POLYGONE. Elle forme un très-beau donjon dont l'aspect est tout-à-fail monumental. On l'aperçoit de Irès-loin, dominant tous les autres édifices de la ville. Avec la Oèche romane de la cathédrale et quelques petits clochers, elle rompt la ligue monotone dus maisons de la ville, qui ne sembleraient que des cabanes au sommet du plateau, si le passé fêodal n'eâl rien laissé de ses œuvres gigantesques.

Le plan E présente an polygone irrégulier de neuf cotés. La ligne partant de l'angle ouest, passant par lo centre de la tour et joignant l'angle est, donne li- 34« de diamètre; une autre ligne, partant de l'angle nord, allant à l'angle sud, donne 13". '

Elle a de hauteur, au-dessus du préau intérieur, 85-, non compris le parapet crénelé qui a élé détruit et qui pouvait avoir !■'.

' U* mura ont dans leur moindre euaiswur > m. 78 c. IU sont construits en appareil moyen régulier. Le revêtement mu) est eti cartelaçe; le mas»if des murB est un blocage, composé de , «oyé« daiu un fort ciment, oe que Vnpé-

Elle ee compose du î es-de-chaussée et de trois étages. Le ret-de-rhaussée forme uoe salle oclogone de 6- 40' de diamètre. La porto primitive a été remplacée par une autre, du style du XV» siècle. La voûte est a huit pans, emparés par autant de nervures qui se coupent dans le haut sans avoir de lleuron. Ces nervures, à leur retoniWe, s'appuient sur des consoles en guise de chapiteaux, dont le tailloir forme, autour de la salle, une corniche continue. Une cliominée a été pratiquée dans le coté ouest du mur; mais sa tonne indique une époque postérieure à Ja construction primitive '.

Du rez-.le-cliausséc on passait autrefois dans l'escalier pour parvenir aux élages supérieurs. Plus lard, d'une

rience rte» siècle* a démonlie «ire le meilleur de tous le* genres de construction. Lc« trataui dei Romains et ceux du moyen-Age ont mi» otte vente' hors de toute contestation.

— Absence de contrefont! qui te irouTeni aux donjons de l'époque romane.

• Tonte celle jonie do cMtrou, que Ton juge postérieure i Savoir, pounait cependant bien i

iiu XVT*

meurtrière qui éclairait l'escalier au norJ, on a rail DM porte extérieure.

U premier étage a pour plan un octogone M pour voûte une coupole.

Le deuxième est nn cirré donl la voûte est en ogive à tiers- point.

Le troisième est un octogone assez régulier, de 7 mètres «le diamètre. Une colonnette engagée aux trois-quarts remplit chacun des angles ; elle porte sur une lia? e pentagone, et son chapiteau, formé do quelque! moulures dont les angles correspondent à ceux de la base, supporte une nervure qui va se joindre aux autres au sommet de la voûte octogone. Un fleuron, dans un encadrement circulaire, décore la clef de voûte. Ce troisième étage a sa cheminée qui remonte au temps de la construction, et deux [grandes fenêtres, ornées extérieurement d'archivoltes i qui s'arrêtent en encorbellement sur le nu du mur. Cette salle est fort belle.

L'escalier tournant, placé dans un des angles de la tour, s'arrête à ce troisième étage. Un autre escalier, droit d'abord et qui ensuite se brise en équerre, sert a conduire à la plate-forme. Outre lecoup-d œf ravissant dont on jouit du haut de cette tour, on est dédommagé d'y être monté, à la vue de son ingénieux dallage. Il se compose de sillons d'écoulement qui conduisent les eaux vers le côté nord de la tour, d'où elles s'échappent par trois petites gargouilles portées par les consoles des mâchicoulis.

Avant de décrire le corps de logis du XV siècle, que j'attribue au comte Jean, aïeul de François 1", je dois revenir sur un passage de Corlieu que j'ai cité plus haut. Notre chroniqueur y fait mention d'une grande salle commencée par la veuve de Hugues de Fougères, et terminée par Hugucs-lc-Brun, son fils; œuvre magnifique, décorée des armoiries des Lesignan. Il résulte de ce passage que cette salle existait au temps de Corlieu, et il le dit en teri positifs : « La grande salle qui encores se voit audit

MON1 MENTALE

Serait il vraisemblable que le duc d'Kpernon ait détruit une salle si mngnifique?

Le rez-de-chaussée du corps-de-logis F, dont le mur de l'ouest K est fort épais, ne serait- il pas celte salle aujourd'hui rouverte d'un badigeon ignoble et conservée par le comte Jean, au XV siècle? Ce mur épais n'aurail-il i>as été conservé pour ménager celle salle? Ce qui est certain, c'est que jusqu'au premier étage ce mur est antérieur à la construction du XV* siècle. Sur le plan, on le voit se prolonger avec la même épaisseur jusqu'au donjon.

Je dois avouer qu'après une étude sérieuse du château actuel, je ne vois pas d'opinion un peu probable à laquelle on puisse s'arrêter.

CORPS DE LOGIS F. Il touche au nord par l'extrémité d'un de ses pignons, à la tour polygone et au midi par l'autre pignon, à la tour ronde H. Ces deux pignons ont leurs galiles décorés de crosses végétales et terminés par un panache. J'ai parlé du rez-de-chaussée où je suppose la grande salle tant citée par nos chroniqueurs. Le premier élage et le second formaient deux ou plusieurs appartements auxquels on parvenait par l'escalier J.

Les fenêtres de ces deux étages sont carrées, à moulures prismatiques, délicatement profilées.

Les fenêtres du troisième étage étaient en saillie au-dessus du toit aigu. Elles devaient être ornées, selon le style de l'époque, d'un fronton triangulaire, orné de crochets et surmonté d'un panache On les a coupées au niveau du toit. Elles étaient entourées d'un encadrement à moulures prismatiques faisant saillie et supportées par des con-

Or, aujourd'hui 1 il n'y a plus le moindre vestige de cet édifice « merveilleusement lieau »; et cependant, en 1576, époque où Corlieu écrivait, le château était à peu près ce que nous le voyons aujourd'hui, sauf quelques changements que lo duc d'Epernon a pu y apporter postérieurement.

* Desbrandea parle de celle salle comme lî elle existait encore ; mai* en c*U comme eu beaucoup de choies, il faut ajouter peu de foi a ce laborieux compilateur, et n'accepter ses assenions qu'avec réserve cl après les avoir vénfi*es. O qu'il a écrit en particulier sur le château d'Angouléme, pag. lit, (61 de ion manuscrit, contient presque autant d'erreurs que de mots.

Ces consoles sont très-gracieuses. Celles de la façade de l'ouest représentent : 1° une femme sortant de la coquille d'un colimaçon, coiffée d'un lorîg capuchon pointu auquel sont attachées des oreilles d'àne.

î° Un homme vêtu d'un capuchon auquel sont attachées des oreilles d'àne. et portant à sa bouche une bouteille qu'il tient des deux mains.

3» Un homme chaussé de bottines et soutenant de ses mains le tailloir de la console.

4« Un homme encapuchonné, à la Ogure rieuse et moqueuse, tenant une large règle des deux i

DE LA Cl

Les quatre consoles correspondantes de la façade de l'est sont : 1* Un homme avec le capuchon aux oreilles d'âne, jouant du hautbois ; 2° Un singe tenant d'une main un chapeau a trois cornes et de l'autre une massue ; 3' Un homme encapuchonné, ayant des oreilles d ane, tenant une cornemuse et riant aux éclats ; 4° Un sujet mutilé.

Ce corps de logis est encore d'une bonne conservation. Il suffirait d'y rétablir la charpente en tiers-point et ses jolies fenêtres au-dessus des combles, pour lui redonner son ancienne splendeur.

Nous dirons peu de chose de lu demi-tourelle G, placée i l'angle nord-ouest du corps de logis. Elle s'élève en encorbellement au-dessus d'une autre tourelle, beaucoup plus ancienne, dont on a voulu conserver la base, comme un souvenir du passé. Elle est élancée, gracieuse ; elle a conservé ses mâchicoulis et son toit primitif. Ou y remarque un tuyau de cheminée en briques, terminé par un couronnement en pierre do taille, sur lequel sont sculptés des compartiments trilobés, ornés de petites crosses végétales.

TOUR RONDE H. C'est le morceau d'architecture le plus intéressant du château d'Angoulême; il est du même temps que le corps de logis. Il est probable que cette tour n'était pasencore terminée, au moins pour certains délai !s, à la mort du comte Jean, puisque, à la voûte du boudoir du second étage, on voit un écusson mi-partie d'Orléans et de Savoie.

Elle se compose d'un rez-de-chaussée et de deux étages. Ronde au dehors, elle forme au dedans un carré long. Des escaliers, de vastes embrasures de fenêtres, des corridors anguleux pour communiquer au corps de logis de l'ouest, sont pratiqués dans le plein du mur. Au couchant, on a ménagé pour le rez-de-chaussée et les deux étages un trèsjoli petit cabinet ou boudoir voûté en ogive. Chaque nervure tombe sur une console sculptée. Les consoles du rez-de-chaussée et celles du premier étage ont été presque toutes mutilées. Cependant, une d'elles, représentant une téte de vieillard, sortant d'une coquille d'escargot, a été épargnée. La voici avec le bas-relief qui l'accompagne, il représente un porc ou sanglier mis à la broche ; une corde lie les membres antérieurs; trois crochetsdefer lui percent le flanc et le retiennent ; on voit la flamme s'élever audessus ; la broche porte sur deux chenets.

kRENTE. Î17

Le rez-de-chaussée, dont le plan H est sous vos yeux, n'a rien de remarquable. Les poutres qui le séparent du premier étage et soutiennent le plancher sont rapprochées et ù moulures très-évidées. Il est difficile de dire si elles ont reçu des peintures ; mais elles appartiennent au temps de la construction de la tour '.

Le premier étage ressemble au rez-de-chaussée. Il est éclairé par une large fenêtre donnant au midi, ornée au dehors de moulures prismatiques et de fleurons délicatement sculptés. Je pense que ces fenêtres, comme toutes celles du château bâti par le comte Jean étaient croisée*. c'est-à-dire partagées par deux meneaux se coupant à angle droit.

On a pratiqué une porte pour communiquer de cet étage au corps de logis de l'ouest.

Le second étage forme une salle d'une grande beauté. En voici le plan que j'ai levé avec soin afin de montrer aux yeux la distribution de toutes les parties qui la composent et surtout l'ingénieux artifice des escaliers secrets qui y conduisent.

pla!» wj secoxd étage dr là tour homie du chateau d'ancocleme.

a. lirlk 4i t nulliin. par mdirc.)

1 II est probable que ce fut au temps il* U construction de celte salle que le comte Jean éciivit à Pierre Bouchard, abbé de la Couronne, une lettre par laquelle il le priait de lui procurer le plus grand nombre de charrois qu'il pouvait faire, pour le transport des bois dont il avait besoin. Cette lettre qui témoigne quel intérêt le bon comte portait aui hommes de se* domaines, fut conservée par Jean Terrasson, religieux de la Couronne, qui la communiqua a l'auteur de la vie du comte.

« Révérend pére en Dieu, cher et bien aimé, parce que présentement nous faut faire venir le bois de notre sale que nous faisons faire, a laquelle il nous enfant grande quantité, et comme toute cette année le* charrois de nos terre» ont été occupés pour nos

** 8 STATISTHjLTi i» ne connais pas de salle plus gracieuse dans no* châteaux gothiques. L élévation de la voùto, la Ûnessc des nervures prisraa tiques se croisant a leur naissance avec une grande légèreté, 1rs écussons, les fleurons à compartiments découpés, jetés à lu rencontre .1rs nervures el y adhérant avec giù<v, tout enclume lois(ii«, pouvant un peu se distraire ùe. la pensée iieiuM»- que fait naître l'état de dégrulaiiuii dans lequel m» a laisse ce berceau de rois, on s'arrête pour admirer la symétrie des lignes, la délicatesse dt-s écussons, et tout ce gracieux ensemble mélangé de simplicité et de grandeur. Notre François I", la Maryue rite des Marguerite*, ont habité celte salle princière; ils ont joué dans If joa boudoir qui est a c6ié ; et la tète de femme, sortant du colimaçon, a du exciter vivement la curiosité de celte spirituelle enfant qui devait être la reine de Navarre, cl donner du sang d'Angoulémo à Henri IV.

Lecusson cenlral de la voûte de la salle e t éuirlelé d'Orléans et de Milan. Létu a cette forme Hnenlu-re : d'uncolé est unu petite étliancrure arrondie, ei le bas, au lieu de se terminer par un.- pointe en accolade, présente la forme inverse. Les supports sont deux lévriers Audessus de l'écu est un cimier à la couronne ducale.

A la voûte du petit cabinet continu à la salle, se voient : V les armes d'Orléans entourées d'une guirlande de branches de rosier, travaillées a jour; i" les armes mi-part.o d'Orléans et de Savoie, entourées d'un cercle découpé en compartimenta gothiques et de brancl.es de losi-r ei.lrelacées.

Un mâchicoulis orné d'ogives en accolade sert ,1e rouronnement à la tour. Comme l'escalier qui conduit dans le haut est recouvert d'un petit dôme, il est probable qu'elle se terminait en terrasse.

Toute la partie de l'ouest du château parait moins ancien..-, excepté toutefois la chapelle qui se trouve audessus du bastion C. Derrière la tour de l'escalier I et le pavillon carré qui lui esl conl.gu, on voit un pignon orné de cosses végétales, destiné à la charpente du corj* de logis, placéi entre ce pavillon et la tour.

Je n'avais pas motionné dans la vieille enceinte la porte L qui donnait ujsue au château, sur le midi, afftlret, tant qu'a petite ont-ils pu rien amuur d u | eur; |)OUT quoi est bien nusou que leur donnions soulagement. Sienvr.Yoa, par devers vous Mam »tt l)c j, p, rtfBttrIf T0US priw| , ^ veutll.es e »horler el fiiir« faire i i 0Ui | M cluuroi* de totbe Km un charroi pour «ou. ..udù bo« « Pam-er „, oo*. cha,*! d Angutame on celle pré**,, «uname. Auiremau» , mron» grand «lominage. El en ce bùmiu «ou* lexi* un graml <r. révérend pere «, Dieu, cber el b..n aine. Dieu «m soMfe '. Bcm en no»tre clia«iel d'Angolesuie, le «m* jour d'aousi » plu* ta», I/Auligrob. .

U porto pnnapale donnait sur la place, au nord du château Elle avait sou oont-levis. On la voit encore avec ses vieilles portes de madriers épais. Un peut défend l'entrée. Au-dessous se voient deux

Il m'en coûterait trop d'aborder l'élude d'un autre i ment sans exprimer mon opinion sur la destination du château d'Angouléme. Je la donne ici avec loyauté et franchise, mais avec insistance et conviction.

Lorsqu'un gouvernement intelligent et ami des arts conserve el restaure dans toute la France les monuments qui se trouvent liés à de grands faits historiques, je pense bien d'abord que le vandalisme de l'art moderne, quelque bonheur qu'il ait i substituer ses lourds grecs à nos pignons fleuronm s, n'obtiendra par la i lition du château, pour y substituer une fabrique toute neuve. Je doute que. éclairé* sur la valeur monumentale et historique dn . Ii.ttean d'Angouléme, les membres de la Maison-commune veuillent jamais prendre sur eux l'odieux d'une mesure que la France savante se bâterait de flétrir. Il est donc à peu piè* certain que, dans un plan quelconque d'un bôtel-de-ville, on luissera subsister la grande tour polygone et la tour ronde du midi. Mais on voudra sacrifier le corps do logis du milieu avec sa tourelle gracieuse qui se marie si bien au reste de l'édifice.

Or, aujourd'hui les idées d'art ont assea marché pour qu'un édifice grec, avec ses pilastres doriques ou toniques, letsqu'on les fait pourlcsappelerensuite.au hasard, église, palais de justice, caserne, théâtre, ne paraisse pas d'un horrible effet, encadré entre deux tours énormes, l'une du XIII» siècle, i'aulredu XV. L'architecte le moins intelligent reculera toujours deTant cet accouplement bizarre. Il faut donc que l'idée sage, facile, moins coûteuse, d'une restauration de l'ouvre du bon comte Jean, prédomine. C'esl ce que l'on fait partout maintenant. A Blois, on achève de rendre a sa grâce primitive la partie de l'est du château. Le corps de logis, que j ai décrit plus haut, est très-solidement construit; il offre un déve'o.iprmenlde M* 86* de longueur dans œuvre, sur 7- de largeur. Un rexde-chaussée, trois étages, peuvent se prêter à nne distribution qui ré|>onde à tous les besoins d'un hôtel-de-ville. La tour ronde a trois belles salles et autant de petits cabinets. U grande tour a ses trois étages correspondante i chaque étage du corps de logis. Dana un siècle ou l'art du décorateur etdu tapissier esl nus an niveau de celui de l'architecte, il sera facile de donner à l'intérieur du enateau la distribution d'un Mael-de-ville commode, et de lui laisser en même temps sa belle figure féodale.

Voilà ce que commandent le goût, le bon sens et le pa-

DK LA C

inotisme. Ou me pardonnera de plaider ici la cause d'un monument auquel se rattache toute notre histoire. Un mur que les biscaleos ont crible donne à penser aux peuples

esprits chagrins ne parlent du passé que comme de l'Age d'or desnaliom. il but qu'on puisse leur taire lire l'histoire sur les vieux donjons, sur les portes hersées, 1rs bastions et les courtines de leurs enceintes, pour qu'ils sachent que tout cela, pendant près de dix siècles, s'est teint de sang. Ils pourraient remuer le sol, ils y trouveraient des ossements de leurs pères.

ANQUE VILLE, Encovilta. Cette terre a été, au XIV siècle, le patrimoine des Girnud d'Anqueville , et, plus tord, celui des Mébée et des Culant. Le château fut bàli vers la fin du XV*. Situé dans un rkbe et beau pays, il dominait une vaste prairie et des bois considérables. On a commencé à le démolir, il y a quatre ans.

AN VILLE , et mieux EN VILLE, Envitta. C'était, au XIV siècle, une forteresse relevant de MarcilUc 1 . Il n'en subsiste qu'un pan de mur construit en blocage. Un La Rochefoucauld portail, au siècle dernier, lo titre de duc d'Enville*.

AMBLE VILLE, Amblavilla. L'enceinte féodale de ce château est lout-à-fait remarquable. C'est un rempart élevé, protégé au dehors par un glacis de terre qui le sépare des douves. 11 estbaii sur un plan polygone. Il était crénelé de toutes parts. De larges douves le séparent des terrains environnants; elles ont près de 20 mètres de largeur sur 10 mètres de profondeur.

( Kchdl* it I k !MK> )

i Hamwsi de Guillaume de Sainie-lfauiw, aeagaeur de ller-

cilkac, à l'éveque d'Angouléme. Chatte de 1*7*. Aoth. Char, liuae 115.

* Jean-Baptiate-Lotiis-Frldéric de La Rochefoucauld, duc d'Enville, épousa Louise- Élisabeifa île La Rochefoucauld, fille unique et dernière héritière d'Aiertn** duc de La Rochefoodold. Le duché de La «och.-touca.uiJ f aua donc ainsi, par «e mariage, à une autre branche de La Roclieluticaubt ; par ses leur» paitmt*» de 1781, Louis XV accorda que le liue de duché-pairie aérait tnuumW a la postions masculine de la duchesse d'E&aille, à condiUon qu'elle épouaerail un U Rochefoucauld.

Il est difficile de préciser l'âge de cette citadelle. Elle n'est pas, toutefois, antérieure au XIV siècle, et quelques parties, à peu dedutancede la porte du pont-levis, sont du XVI* siècle.

Ce château a été en partie rasé. Il avait appartenu au chevalier deSanrt-PreuiJ, célèbre parle duel qu'il eotà Paris sur la place royale avec le marquis de Boisi en 1835, et décapité à Amiens, lo 9 novembre 10*1.

AUBETERRE, Albattrra. La position du château d'Aubeterre, sur les bords de la Dronne, est remarquable. Il y a en France peu de sites aussi gracieux, aussi pittoresques. Le château occupe un mamelon détaché de la colline par une énorme coupure faite dans la masse de la craie Wancbâliv. Quoiqu'il faille gravir nn terrain escarpé pour arrivera la plate-l'orme, cette plate-forme elle-même, ceinte de remparts de trois côtés, est défendue au nord par une motte féodale d'une bien plus grande élévation. Cette motie, taillée a pic dans la roche crayeuse et friable, est inaccessible de toutes parte. On ne peut y parvenir que par un pont levis qui correspond au premier étage d'un pavillon du château. Le sommet, couvert maintenant d'un vignoble, était autrefois planté de grands arbres et portait une batterie de canons destinée à protéger le château et la ville. On pourrait conclure de ce fait que beaucoup de prétendus tumulus placés près de certains châteaux ne sont autre chose que des redoutes du haut desquelles on se défendait, et sur lesquelles on plaça quelques petits canons après l'invention de l'artillerie.

Si de cette magnifique tour de craie massive, du haut de laquelle votre regard contemple un si riant paysage, vous redescendez sur la plate-forme, vous aurez à étudier les seuls débris du château qu'on ait conservés : c'est un pavillon dans lequel on remarque une asses jolie chapelle. L'escarpement des rochers, à l'est, est surmonté de remparts qui servaient de base au château proprement dit. Une partie de tour, avec sa fenêtre en croisée, se dresse encore suspendue, en attendant que la main qui a démoli le reste achève de la détruire. Le château était des dernières années du XV siècle ; la tour carrée du pontlevis placée à l'entrée du château , du côté de la basseville .est d'une époque plus reculée , au moins du XIV siècle.

La belle église souteraine de Saint-Jean est taillée dans le roc, sous le château démoli. (Foy. plus loin, ArehiUct. rtlig.)

AULNAC. Aulnac est un des châteaux gothiques les plus gracieux et les mieux conservés de l'Angoumois. Il est situé sur la rive gauche de la Charente, entre Vcrteuil et Manies. U attend qu'une main intelligente vienne lui reo-

dre sa beauté primitive ; comme il n'a encore subi aucune mutilation, c'est peut-être de nos jolies demeures féodales, celle qai se prêterait le mieux « une restauration bien comprise. Un homme de goût, M. de Montalembert, pair de France, a admiré Aulnac et a presque jeté l'anathème sur l'insouciance qui laisse lomber, une à une, les pierres d'encorbellement de ses mâchicoulis.

n*s »o aume d'ai-lsac

gracieux monuments méritait ce luxe de princes ; les bords de la Charente sont un pays enchanté.

BARBEZIËRF.S. Placé dans un pays moins riant, privé «lu charme qu'un paysage riche de végétation ou fortement accidenté donne au manoir féodal, le château de Barbezières n'en plaît pas moins par la beauté de son architecture.

HA!» 1.1' CHATRAI" M BARBBZItRES.

(Ethetlt d* I « IJJO )

La première entrée du château, du côté du bourg, est protégée par deux tourelles percées de meurtrières.

La seconde entrée A est la porte proprement dite ; elle avait autrefois son pont-levis. Elle est surmontée de mâchicoulis et de créneaux, et flanquée de deux tours rondes à l'extérieur du côté de l'ouest, et carrées de l'autre. Les armoiries des La Rochefoucauld se trooventsculptéesaux clefs de voûte du rez-de-chaussée des deux tours. On les voit aussi répétées en plusieurs endroits du donjon B.

Ce donjon, d'une magnifique construction, s'élève sur un très-beau plan. A l'est, vous avez devant vous une tour d'un immense diamètre, terminée dans le haut par un mâchicoulis crénelé; à l'ouest, c'est une tour d'un moindre diamètre formant avant- corps sur une façade carrée à ses exlrémités. L'exécution ne le cèJe en rien à l'originalité du plan : tout y est sobre d'ornements, mais l'œuvre brille par la noblesse des lignes et l'harmonie de toutes les parties qui la composent. C'est un des bons morceaux de l'architecture du XV siècle.

Lesarts, en Angoumois, ont dô beaucoup à cette grande maison de La Rochefoucauld. La Rochefoucauld, Verteuil, Aulnac, Bayers, Barbezleux attestent le goût éclairé de cette famille illustre. Du reste, le beau pays où ils ont élevé ces

Il forme un corps de logis terminé par deux pignons ornés de crosses végétales et couronnes par un fleuron. Une belle tour ronde à mâchicoulis et recouverte d'un toit aigu flanque l'édifice au sud-ouest. Au nord, l'escalier est renfermé dans un tour carrée par laquelle on communique aux divers appartements du château. Ici, comme A Aulnac, rien n'a été changé duns l'architecture : les ouvertures, les portes, leurs ferrements, tout se trouve comme à l'époque de la construction. Ce joli manoir, entièrement abandonné, était le imtrimoine d'une des plus anciennes familles de l'Angoumois. Barbezièresesl du XV" siècle.

BARBEZIEUX, BetbeiiUum. « Le chasteau de Barbezieus est assez bel et fort, qui a été fait au lieu d'un plus petit foible et tout cassé, tant des guerres que de vieillesse, depuis les Anglois chassés de la Guicne, c'est-à-dire, quelque temps après l'an mile quatre cens cinquante et trois. Il me souvient avoir oui compter, en mes premiers ans, à ceus qui l'a voient veu fere, qu'une Marguerite de La Roche-Foucaul, dame de Barbezieus, veufvc de Jehan, son cousin, et mère de François de La Rochc-Foucaul, lequel fut par rein du roi François premier de ce nom, le feisl bastir une année que le blé estoil fort cher. Et que cette dame qui avoit là force blés, comme le seigneur du lieu en amasse toujours grand' quantité, nourrit à celle besoigne une infinité de peuple qui accourait là, et ainsi en garda plusieurs de mourir de faim '. »

Il ne reste plus du vaste château de Barbezleux. que la grande porte du nord A, défendue par deux tours, les greniers B et une partie du rempart C, du côté de l'est. Le

i Élit Vintt, l'Antiquité deSaintei et de Barbeiieus, a* «J. Bourdeaus, ISS 4.

château F, que j'ai vil, il y a quelques années, ainsi n.un la porte D, pI des débris de l'église Sainl-Imas E, ont été démolis récemment ; le passage même de la porte A s'est

DE LA CHARENTE. *** changé en une cave par des remblais considérables qui oot fait disparaître lo rez-de-chaussée et ont nivelé le sol au pointe

M.»* M CH»TE*C DE BAUEZItTS.

(EcJicllc il

La ville de Barbezieux, devenue propriétaire du château, a eu le malheur de démolir le corps principal et une partie de l'enceinte. Pour lut pardonner un peu, il faut penser qu'elle a conservé un dernier souvenir du monument qui lui donna toute son illustration. Un hospice et une école de jeunes filles, confiés aux Sœurs de Saint-Laurcnt-sur- Sèvres, occupent la jolie porte du nord dont on a restauré les tours, les mâchicoulis crénelés et la belle charpente couverte d'ardoise '. La Religion et la Charité seront désormais les gardiennes de ce majestueux débris.

BAYERS, Bayec. En face d'Aulnac, sur la rive opposée de la Charente, le château de Bavcrs, dressé sur une éminence, offre aux regards une imposante masse.

Il a été construit vers la On du XV* siècle par les La Rochefoucauld, dont une branche s'appela longtemps LaRocbefoticauld-Bayers. C'est un beau corps de logis fian-

1 Le parapet de* mâchicoulis est orné d'ogives trilobée* d'un effet gracieux 11 en percé, de .li»wnce en distance, de très petite* meurtrières. Les murs de l'enceinte polygone ont p!u« de I-

I i UJO.)

qué d'une énorme tour i toit aigu et couvert en ardoise. Il a perdu de sa magnificence ; plusieurs parties sont en ruine ou récemment démolies.

BECHEMOURE, près de Pnmzac.

I* plan de ce petit château, qui n'est plus qu'une ruine, mérite d'être remarqué : c'est un carré long de peu d'étendue, flanqué aux angles de quatre bastions en forme de fer de lance. La tradition raconte que le comte Descars, seigneur «le Pranxju:, étant en guerre avec uu seigneur do Bccheuiuure, prit ce château et le rasa.

On ne peut assurer du date bien précise a celte construction. On doit cependant la classer avec le plus de vraisemblance dans les dernières années du XV* siècle.

ri\X W I.HATEAI: 1>* «ÉCHEMOVIUt.

BLANZAC, Bianzianm Voici « que disent du chat, au d* Blanzac les annales d'Augouraoia par Desbrandee :

« Le château domine la ville de toutes paris. L'enclos formait autrefois la pl.ite-fnimeet était flanqué de tours qui avaient chacune leurs camiiinièris Klles ont été détruites ainsi que la porte a pont-levis qui était la seule qu'il y eût pourenlrer dans ce château. Quoiqu'il ne soit presque pas fait mention de ce château dans fins vieilles annales, il est aisé de juger, par ce qui < n reste, qu'il était un des plus forts de l'Angoumois. Du temps «les guerres civiles, les habitants de Blanzac, peu en sûreté dans leurs foyers, couraient sans doute se n'Tupierdansce château, où ils se fortifiaient contre l'ennemi '. » Si l'on doit s'en rapporter à un document tiré dela^i riéalog:c<lcsDexmicr, seigneurs de Hrcuil près de Blanzac, le château serait en ruine depuis les guerres religieuses du seizième siècle: • Oïl voit les débris de l'ancien château de Blanzac, reste, malheureux du fanatisme de ce lem^-là. C était un des plus beaux et des plus Torts de ta province'. » C'est encore aujourd'hui une masse imposante et d'une construction extrêmement solide. Bien de mieux appareillé et de plus fortement cimenté. Il y adeux époques dans le château do Blanzac. Le rez-dechaussée présente la base d'undonjondu Xfl* siècle, qu'on a surhaussé et flanqué de tours au XV. Je n'y ai pas vu de traces d armoiries.

PLAS Dt laiATEAU PB msuc.

<rsh,IU ,lr I i IÎVO)

BOUR DELAIS , près de Manies. Tour carrée a deux étages, couronnée d'un mâchicoulis. — XV siècle.

BBIGUEUII.. Une vasto enceinte féodale renfermait le château et l'église paroissiale de Brigucuil. Elle avait ses portes, dont deux sul*istenl encore, et était flouquée de tours. Les portes, et une tour carrée Mlie d'assises de granit et rasée à la moitié do sa hauteur, sont tout ce qui reste du châtreu primitif, que l'on |>eut reculer au XIV siècle. Les autres Mtimcnts construits plus tard sont devenus des propriétés particulière*, et ne remontent

' Annal. d'Ang. , pur t. Dnbramlea, li». i.

* Papiers de bmiUtcommuniqué* à l'autmr.

pas au delà des dernières années do XVI* siècle. La petite ville de Brigueuil s'est groupée autour de ce château et dans son enceinte. 11 est k souhaiter qu'elle ail assez l'esprit de conservation pour épargner une porte ogivée fort gracieuse, qui donne vers le sud-est.

CIIABANAIS, Caltaniiium. Le château , aujourd'hui dans un état de complet délabrement, peut remonter au XIV* siècle. L'iio tour fort élevée A est une demi-circonférence. Le cori>s princi;>al, qui a de très-belles voûtes ogivées au rcz-iic-< haussée, est 11 inqué au sud est d'une tour beaucoup plus épaisse. Un second corps de logis, défendu par des tourelles, est d'une é|oque moins ancienne et servait de servitudes au château. De larges douves entouraient toutes ces constructions. La porte d'entrée P est au nord, en face du pont.

PUkS M CHATRAI' I.K CMABASAI».

(Ettoltt é» I A \tH>.)

00 est la partie occupée par le château féodal primitif, que nous avons décrit plus haut.

CIIAL VIS, Calenum. Le château de Chalais n'a d'ancien qu'une haute et belle tour carrée qui le défend an sudouest. C'est un travail du XIV siècle , parfaitement conservé avec ses mâchicoulis et son tort aigu couvert en ardoise. Le corps princi|»al du château n'est pas très-ancien ; mais l'entrée principale, oh est le pont-levis, peut remonter au XVI* siècle.

C'est le seul château de l'Angoumois qui ail conservé son pont-levis avec les chaînes dont il est soutenu, et qu'en peut lever à volonté. L'écussoo des comtes de Périgord, princes de CoaUis, est peint sur la grande porte dé-

DE LA C

fendue par le ponl-levis, avec la couronne, le manteau ducal, et la flère devise : ni on mot.

Ce château est riche en portraits de famille. On y remarque un beau lit antique, dans le genre de celui de Louis XIV i Versailles. Lo château de Chalais intéresse à la îois l'historien, l'archéologue et l'artiste. Il soutint, en 1454, un siège contre l'armée de Charles VII. La place fut emportée d'assaut, la garnison passée au fil de l'épéc, et quatre-vingts habitants de la ville furent décapités comme traîtres et rebelles. Le duc de Joyeuse campa â Chalais la veille de la bataille de Coutras (1387).

CnAMPAGNE-MOUTON. Le château de Champngne- Moulon ne remonte pas au delà des dernières années du XV* siècle. Il se com|>ose de deux vastes corps de logis flanqués de tours, l'un à l'est, l'autre à l'ouest, d'une Unir carrée défendant l'entrée et le pont-levis. De hautes murailles joignaient ces différentes constructions, et donnaient ainsi à l'enceinte la forme polygone qu'elle conserve encore. Malgré les nombreuses mutilations qu'il a eu à subir, c'est encore un édifice féodal intéressant. Il renfermait autrefois une église (Voy. plus bas, Édif. relig.). Il a appartenu aux La Kocheroucauld. Peut-être a-lil été bâti par eux.

COGNAC, Compniacum. Les comtes d'Angouléme de la branche d'Orléans affectionnaient particulièrement Cognac. C'était le plus riche domaine de leur comté, et le cbàteuu, placé sur les bords de la Charente, était pour eux un délicieux séjour. Il ne reste du vieux château féodal de Cognac bâti par les Lesignana, que la chapelle basse et sa façade.

Le comte Jean commença le château de Cognac, après qu'il eut pris possession de son comté, vers UfiO La partie méridionale est de cette époque. I* cheminée d'une grande et belle salle construite par lui porte encore son écusson couché, exactement semblable à celui de son sceau gravé plus haut (Pl. VI des sceaux, n*S6j. Le timbre a de même une fleur de lys pour cimier. Les supports, qui sont deux cignes dans le sceau, sont différents dans le basrelief. Cet écusson n'a pas été mutilé, grâce à la fumée d'une chaudière à eau - de-vie qui l'are couvert d'une couche épaisse de suie, et l'a ainsi dérobé aux regards des investigateurs.

Charles, fils de Jean-le-Bon, continua l'œuvre de son père. Plusieurs parties même ne furent terminées que sous François I", soit avant, soit après son avènement à la couronne. Ce château, qui a vu la cour brillante du roi-chcralier, n'est plus qu'un magasin à eau-de-vic.

DiBAC. Ce ebaleau, en partie en ruines, est d'une magnifique oonstrucUoii. Les beaux restes qu'on en Mil encore méritent d'être visités. 11 occupe une plate-forme

ARENTE. JJ3

triangulaire, détachée de la colline par d'immenses douves taillées dans le roc, à fond de cuve. L'angle du nord est occupé par le pont-levis et la [«île d'entrée, défendue par deux tours A, B, dont la plus grande, B. élevée sur un rocher qui lui servait de base, s'est écroulée il y a quelques années 1 .

rux i»r ciiatsau dx uirac.

(ErU.ll, .U I 1 UM>.)

Deux tours, F, E, défendent les deux autres angles. C marque l'emplacement do l'ancien corps de logis; tout le reste de* Utiments est de construction moderne.

La tour carrée D, adossée au rocher, est singulièrement remarquable. Elle renferme un immense escalier en ligne droite partant de sa base et conduisant sur la plate-forme. Il est éclairé par une belle fenêtre trilobée. A côté, dans le massir de la tour, est un corridor comluisant à des lieux d'aisance et à une casemate. Celle tour carrée est d'un très-beau travail, et la distribution en est curieuse.

La tour ronde A, qui prouve l'entrée, m'a offert une particularité que je n'avais eucore trouvée dans aucun château fer niai. Le rez-de-chaiiRsée de cette tour ronde présente à l'intérieur un rai ré long. En la coostrui*eiil, on a placé six grandes auges en pierre se joignant les unes aux autres auprès du mur, de telle sorte toutefois qu'elles en font partie, et qu'elles y entrent de plusieurs centimètres.

M.AS Dt KB-al-CIMCBttl HK LA TOIR A DC CHATEAU UE DIRAC.

' Sur la lour A I on voit quelque* coups d> groww balles J«

iii STATISTIQUE

Il est évident qu'elles ont élé placées là pour servir de magasin de munitions île guerre et de Knu lir. Ce qui te prouve encore, c'est la présente, d.ms la m lirai' le , de fragments des gonds qui retenaient les couvercles de ces coffres de pierre. J'ai mesuré un de ci s o (Tt> s : il a 0" 78' de longueur en dedans, 0* hi c de largeur, 0» ifi* de profondeur; les parois ont 0" 08* d'épaisseur.

Au-dessous du rez-dc chaussée de c ite tour se trouvent les oubliettes, cachot qui n'a au dcle.rs aucune ouverture, et ne pouvait recevoir d'air et de lumière que par le trou circulaire du baul de la voûte, pr .'-caution infaillible pour éviter toute évasion, toute communication au dehors, mais qui fait frémir la nature et inspire de l'horreur pour un temps où l'esprit de l'homme pouvait de satig-friid calculer une telle barbarie ; je ne m 'étonne pas que les tours des châteaux s'écroulent : il y a eu trop de larmes, Hop de soupirs étouffés au fond de leurs basses-fosses.

Un très-joli écusson, sculpté avec un goût exquis, se trouve au-dessus de la («rte d'entrée. Dans un encadrement carré, sur lequel serpente une lige qui étale des fleure, l'écu des Tison, seigneurs de Dirac', est couché, surmonté d'un cimier et entouré, de deux sauvages armés de massues ; au-dessus do leur téte s'élèvent des rinceaux de feuillages. Ce bas-relief a été un peu mutilé.

DOUZAC. Petit castel à deux pignons ornés de crosses végétales et terminés par un fleuron. I.'écusson des anciens seigneurs, dont Vigier nous donne le nom', est sculpté au-dessus d'une fenêtre. Les armes sont : Dr... <i lu f<ts<r de. . aecamfxujnte de trait coquilles dr ptUrin de... deux en chef et une en point*. — XV siècle.

FA VOLE. prèsd'Ahzac, chAleau de la lin du XV siècle. On y remarque la porte d'entrée de l'escalier délicatement sculptée.

GOUR VILLE- Corlîeu raconte qu'un de ses ancêtres « vint icy durant les guerres des Anglois. et s'esianl emparé du chasieau de Gorville. à quatre lieues d'Engolesme, le tint à force pour ceux de sa nation, jusque* à la réduction do Guienne qu'il le rendit». » Il reste de ce château une tour carrée couronnée do mâchicoulis, dont les murailles sont fort émisses. Celle tour, et quelques parties

• Les am>o* de Tinon sont : D'or u deux lumt pâmant» de yiteules pose? l'un tur foutre, et au lamhei de trois jy-nr/anl* iTnzur. On voit aussi ces armes clin* 1* clia^llc de droite de l'église <li- Dirac.

• « Il y a uo autre ûVfdaiis le Ujwrg qui a élé |xis*/-uV Ioi>klemns pnr d'anciens gentilshommes, nommés l)esroelit>, ouimu) sous le nom de Douzac. d>>m la laimllc est éteinte. « Vijjw, llist. «té l'Aug , pag. 141.

? RecueilenformtMn. it. pag.

ONI "MENTALE

p> ii im;>ortanles, sont lits seules qui puissent appartenir au XIV' siècle. Oti aperçoit encore les vestiges des douves qui entoiir.iienl l'enceinte féodale.

GOCÊ. prés le Manies. Tour féodale terminée par une plate-forme crénelée. Elle fut bâtie au commencement du XV* siècle, sous le règne de Charles VII. Le corps d'habitation est plus moderne.

LA IIEKGEKIE. Ruines d'un vieux château près de Vouzan, dans lequel la tradition du pays rapporte qu'un seigneur de Vouzan renferma sa fille, |<our la punir d'avoir suivi une inclination que le père n'avait pas approuvée.

LA HARHK Tour polygone, (lu du XV siècle, couronnée du mâchicoulis. Elle (ut bâtie par un Hoirie, qui («riait le nom de ce fief. L'écusson de celte famille est sculpté sur la porte de la tour.

LA CLAVIER!-;. On a détruit, ù La Clavière, une tour carrée dont la porte, d'ogive en accolade, était ornée de moulures et de feuillages. Des colonnes à moulures prismatiques, parlant de chaque coté de la porte, montaient jusqu'à une fenêtre qui s'élevait au-dessous du comble. — Fin du XV siècle.

LA LEOTARDIE ou LA LEOTARDERtE 1 . Joli château gothique construit sur le coté du nord de la place de Beaulieu d'Angoulème. 11 a été démoli récemment, et le collège royal a été bail sur l'emplacement qu'il occupait. — Fin du XV' siècle ou commencement du XVI».

LA JIOTIIK DE FEl'ILLADK. Joli petit castel de la Ou du XV siècle. Il a conservé ses douves, que l'on remplissait facilement d'eau au moyen du Bandiat qui coule auprès. Deux petits ponts, jetés sur ces douves, donnent accès à la plate- forme qui, du côté de l'est, est flanquée de deux bastions en forme de fer de lance. A l'ouest, le château csl flanqué de deux tours rondes dont les pieds baignent dans les douves Ce château, aujourd'hui délaissé, ne manque pas d'élégance.

LA ROCHEFOUCAULD. (Voy. plus haut la description de la h ise de la Tour carrée.)

Du XIII e au XVI» siècle, le château de La Rochefoucauld suliit une complète transformation. Brûlé et pillé par Guillaume T.nllefer IV» du nom, vers 1 130 *, il fut successivement restauré et reconstruit. Après le rez-de-chaussée de la vieille tour romane, ce qui est le plus ancien est I* les

' Il fui tùli au XV sii-cle pir les Léoiard, (aqiiile ancienne; probablement par ^uiii W-uLtnl, ver» tli3.

» « On rapkiurh' «I.- liiullawnc IV qu'étant en guerre avec Guy de La Rochefoucauld, il entra dans son château il main armée, le hrftla ou le pilla, à la réserve des munition» qu'il trouva dans la tour et qu'il eut soin de conserver. » llist. de l'Angoum., par Vigier de la nie, pig. t».

lo urs jumelles DD qui défendaient le pont-levis; 2* la tour ronde du sud-est B; 3' la tour ronde C, au nord; 4° le haut du donjon A, depuis le premier étage. Toutes ces parties sont comprises entre le Xlll« siècle et le XVI'.

H»« OC CMATEAl' l>ï I.A

(Echelle 4* t I It50.)

1* Tourt jumeiU* de la porte d'entre» DD.

gracieuses et 1res élancées. Leurs mâchicoulis furent i placés, a la Renaissance, par une simple corniche; mais re. vêtues de leurs toits aigus couverts en ardoise, elles représentent bien à l'entrée do ce noble manoir. Voici les meurtrières de ces tours : c'est le style du XIV siècle.

une fenêtre à fronton triangulaire aigu, ornée de erossts végétales, surmontée d'un panache et décorée de deux pinacles, s'élève au-dessus du toit aigu de la tour. Dans le tympan du fronton, l'écu des La Rochefoucauld est couché, surmonté d'un cimier, et a pour supports deux sauvages armés de massues. Les armoiries sont sculptées de la même manière, peut-être par le môme ouvrier, sur la façade de l'église ogivale de Sainl-Claud, bâtie en 1449 (Siint-Claud était une baronnie dépendante de La Rochefoucauld). Cette tour ronde ne peut se rapporter qu'aux premières années du XV* siècle.

y Tout rond* du nord C. Cette tour, dont les dimensions sont à peu près les mêmes que celles de la tour du sud-est, est d'une époque un peu moins ancienne. Le parapet de son mâchicoulis est orné d'arcades ogivales trilobées, exactement semblables à celles du donjon. C'est un travail de la fin du XV* siècle.

4* Le haut du donjon A. Nous n'avons donné plus haut que le plan par terre de cetle belle tour carrée; en voici la coupe verticale qui facilitera l'étude des trois i

i de l'intérieur sont à huit nervures, cl la clef de voûte qui les réunit est décorée d'un fleuron a huit feuilles polylobées.

4* Tour ronde du tud-est B. C'est la tour des archives. Elle est d'une construction sévère. Les premières assises du parapet du mâchicoulis sont carrées et portent sur les pierres d'encorbellement, qui gardent la forme la plus ancienne de cette partie de l'architecture^ militaire. Enfin

( F^belle de î milli». par n>«(« )

Le premier étage a S m. 30 cenlim. de hauteur

7 1 5 de largeur dans œuvre, de

l'est a l'ouest.

8 1* de longueur dans œuvre,

du sud au nord.

Ces proportions, qui se continuent jusqu'à laplale-forme, établissentque le donjon n'est pas un carré parfait et qu'il

existe un mètre de différence entre les doux diamètres inférieurs. Remarquez dans ce premier étage l'ancienue porte en plein cintre B. Elle est fort étroite :

0 m 73 centim. an ilohors.

0 70 — au ilr.liins.

0 KO — entre les deux feuillures.

On n'oubliera pas que le i < i-de-t haussée n'avait autrefois aucune entrée au niveau du sol. C'était du premier étage qu'on j descendait par une échelle. Celte porte II, si petite, si étroite, était le seul endroit par lequel on pénétrât dans le donjon. Elle appartient au mur de la tour romane primitive. L'exhaussement du XV siècle ne commence que plus haut. Plus Urd, une large porte fut pratiquée du coté du nord, lois de la construction de la partie ogivale; l'art militaire n'était plus le même.

Dans l'angle nord-est, se trouve la naissance île l'esnacalicr. U porte est un arc très-surbaissé, ap|wlé ogive eu accolade. Une longue fenêtre fut ouverte sur la tour intérieure. Enfin au midi, se voit la cheminée E. Les murs de œ premier étage sont presque tous de la construction romane, excepté les ouvertures, la cheminée et l'angle nord-est occupé par l'escalier.

Le douxièmeélage est la répétition du premier. La largeur dans œuvre est de 7 m. 25c. sur 8 m. 38 c. Les mursont légèrement diminué d'épaisseur. Autour de l'embrasure de la fenêtre de l'est, règne un banc de pierre, selon l'usage du temps. C'était la que se plaçaient les châtelaines, ayant des escabeaux sous leurs pieds. Cet étage est entièrement de la construction du XV siècle, sauf peut-être h s angles du sud et de l'ouest. Ou remarque à chaque étage, dans le haut de la cheminée, un arc surbaissé, sortant du mur en encorbellement, pour supporter le bas de la cheminée de l'étage supérieur. Ces deux étages ne sont séparés du Iroisièmo que par un plancher. Le retrait du mur est marqué par une corniche en saillie.

Troisième étage. Cet élago qui a 8 m. 10 c. de hauteur, formait une salle d'une grande beauté avant qu'on eût détruit sa voûte ogivale *. Lue immense fenêtre en plein cintre éclaire seule cet étage. C'est aussi la seule ouverture que la tour ait du côte de l'ouest; il est évident que l'accès en est impossible à cette hauteur. Il ne faut pas oublier un conduit carré faisant saillie au midi, sur te mur extérieur,

• Comme sac immense lénrde s'était faite au nord et au midi de la tour, denm l« buui jusqu'au premier étage, on pen<a que le punis des .'Mltinoi d* cette voûte surchargeait ces mur». La voûte Tut caupêc M des barres de fer transversale* de l'est & l'ouest retinrent les deux parties qui menaçaient de m séparer. Cette

i uss.

et partant a peu près du pied du deuxième étage pour s'élever jusqu'au haut du parapet crénelé, avec lequel il se joint. J'ignore la destination de ce conduit il servait peutêtre à des lieux d'aisance.

La diminution de l'épaisseur des murailles a continué. Cet étage se trouve, dans ouvre, 8 m. «3 c. de l'est à l'ouest, et 8 m. 49 c du nord au sud. La tour a été amenée ainsi, peu à peu, à la forme carrée. En effet, la mesure de la plate- forme, non comprise la saillie des encorbellements, est de 12 m. 17 c. sur 12 m. 38 c. Il y a donc eu, depuis la hase du premier étage jusqu'à code du troisième, un retrait dans la muraille de 1 m. 02 c. dans le diamètre de l'est à l'ouest, pendant que ce retrait n'a été que de 0 m. 37 c. dans le diamètre du sud au nord.

Ces trois éUfws sont construits en pierre calcaire régulièrement appareillée.

Nous pouvons il muer ainsi la hauteur do la tour carrée : Du niveau «le U amr intérieure jusquau pavé du premier étage, 1 0 m . 30 c.

Hauteur du premier étage, S 30 Uauteur du deuxième étape, 6 80 Hauteur du troisième étage jusqu'à l'angle des formerets, 8 10 Extrados de la voûte jusqu'à la plateforme, > «0 Hauteur du parapet crénelé, I 70

Hauteur totale 32 90

On sait l'importance féodale attachée au donjon ou tour principale du château. C'était le chef-lieu de la puissance seigneuriale. En temps de guerre, l'habitation du châtelain pouvait disparaître par l'incendie, la démolition, tant que la tour baronnalc subsistait, même à quelques mètres hors du sol, c'était là que l'hummnge des vassaux, les redevance» des u-nanciers devaient être rendus. Comme aussi la Iwsse fosse humide et ténébreuse qui formait le rez-dechaussée de la tour était l'horrible prison où l'on descendait par une corde le misérable que ta justice ou la vengeance du suzerain voulait punir. Il ne fallait pas de geôlier à cotte pénalité expéditive. Mais, par une douce compensation ménagée par la Providence, la bonne châtelaine ne pouvait jamais se tenir quelques heures dans le premier étage du donjon sans que son oreille compatissante fut frappée des plaintes du prisonnier. La miséricorde était à coté de la force, et la source de la grâce à coté du calcul barbare, qui semblait avoir dit : Quand on descend dans ce lieu on abandonne toute espérance.

LA ROCnE-BE A CCOURT, Rupts bovi» curti. Il ne reste de l'ancien château féodal que le rez-de-chaussée d'une vieille tour du coté de l'ouest. Le <

LA ROCIlK-CfciANDRY. Le vieux château féodal de la Hoche -Cbandry, après avoir été démantelé par tes ordre* du maréchal de Sancerre en 1387, dans la crainte qn'il ne servit de rufupu aux Anglais, fut entièrement reconstruit, au XV* siècle, sur les fondements de l'ancienne forteresse. Un magnifique escalier à noyau fui destine à conduire du pied du rocher sur la plate-forme. Nous avons dit ailleurs que la tour qui le renfermait n'existe plus. Je lai vos encore asurt entière en 1 830 ; elle éUit d'où fort beau travail.

Un grand corps de logis, à pignons aigus, fut élevé dans te centre du plateau, ayant ses deux faces l'une à l'ouest sur la prairie de la Roche-Chandry, l'autre à l'est sur la plaie-forme. Cest aujourd'hui te morceau du chiteau le nwux conservé; it n'y manque que la ctarpente. Les fenêtres sont i croisées ornées de ces moulures Unes et multipliées qui se coupent aux angles et qui caractérisent le genre délicat et recherché du XV siècle. Les fenêtres qui dominent le toit sont en triangle aigu. Des animaux sont accroupis à la naissance du triangle, lequel est orné dans la hauteur de crosses végétales et terminé par un fleuron. L'entablement est en mâchicoulis dont te parapet est décoré d'ogives en accolade tri lobées, d'un effet gTacieux. Le reste du château de la même époque conserve très-peu de caractère de sa construction primitive : nous verrons les changements qu'il a subis à la dernière période

LA TRANCHADB, TVunctafo, Tnmehada. Ce château MU aux flancs d'une colline ado être, vers le XV siècle, une des plus importantes forteresses du pays. De lftrrr**H douves t.nllées dans le roc â fond de cave et s'isolant du coté où il est accessible attestent le soin des seigneurs â le rendre redoutable. Son donjon carré, aoquel est accolé ■ne tourelle polygone renfermant l'escalier qui conduisait & chaque étage, est la partie la plus ancienne. Il a été construit soit à la fin du XfV siècle, par Aymar de Pressai:, qui était seigneur de La Tranchadc en 1396', ou vers te milieu du XV siècle par lesBaud de Saint-Gelais, qui l'achetèrent de l'abbaye de Saint-Cybard». Ce donjon était isolé des autres bâtiments, auxquels il ne tenait que par un haut rempart.

Le reste du château est du X\T siècle. Je l'attribue

• nommage d'Arnaud d» Puyroerigou 4 noble hosnme Aymard de Press»*, seigneur de La Tranchade de l'année 1398. Arcli. char. I SI».

* Vente a Baud de Saini-rJelala de la terre et seigneurie de L» Tmrctiade, par rabbaye de Saint-Cybard, du « octobre i«Si. Arcb. 8. Cyb. pag 11, art. 2.

Leur éeusson est sculpté dans la rocher des douves, coupé perpendiculairement ; mais les trois cors de chasse qui eo sont les pièces ont été mutilés. On doit penser que tes Nesmond ont élargi les douves. Les mâchicoulis ornés, entre chaque pierre dencor bellement, dune coquille sculptée ilans une arcade plein cintre, sont d'un effet irùs- (rraneux *■

Lors d a soulèvement de laGuienne en faveur des princes, sous la minorité de Louis XIV, le château eut A soutenir contre les Frondeurs plusieurs assauts qui furent courageusement repoussés. Mais après que la garnison entretenue par la ville d'Angoultrae eut été retirée, les ennemis s'en rendirent maîtres, ■ et s'en servirent pour faire des courses jusques aux portes et piller tout le voy Binage, dont la présente ville fut grandement incommodée pendant un mois ou environ que tes ennemis tiendrait le dict château ». ■

LA TOUR -GARNIS! . Vieille tour carrée â contre-forts peu saillants, du XIII* ou XIV* siècle, à laquelle on a ajoute an raidi une façade avec ses fenêtres, au centre (te laquelle est en avant-corps un petit pavillon pentagone renfermant un escalier. Cette restauration habilement exécutée n'est pas antérieure aux premières années du

deux époques si éloignées l'une de l'autre, pour tromper un œil peu exercé. Ce sont, du reste, do ces petites énigmes arcbéoioeiqucs qu'on aimeâ deviner.

LAUMONT, près de Bignac Vieille tour carrée du XV siècle, rasée â la hauteur du sol et supportant une construction moderne.

LB BHBTJIL DR DIGNAC. Très-jolie tour carrée du XV siècle. Elle est encore d'une conservation parfaite.

' Vente p.ir Ceoffroy du Bnry au sieur Nesmond, de la terre noble de La Trancha*!, du 57 avril 1S7J. Arch. char. li. «10.

» Je «ni» heureux de rendre Ici hommage au goût avec lequel H. de La Tranchade a restauré ce joli castel. Dans un temps oo. le» idées archéologique» commençaient à peine la lutte eootre le vandalisme grossier qui, depuis cinquante ana, démolit ou mutile, il fut un des premiers, en France, à vouloir que la maison de se» pères conservât l'aspect d'un manoir KoJal. Il fit reCaire les mâchicoulis du XVI' siècle, avec leuis créneaux, et donna ainsi rneaipte de ce bon sens qui devrait faire (émir à tout poaaeaseur d'ua vieux monument, que celui qui ne peut pas le conserver tel que ses pire» le lui transmirent, n'est pat digne de l'habiter.

Voy. sur U seigneurie de La Tranchade la Notice de M. Caalaigue, Bulletinde la Société arcbéoLei bist. delà Charente, 184», pag. tî et suiv.

* Registre des délibérations de l> maison commune d'Angoulème. de ISlt à 17S4, fol. lit.

L'entrée principale était disposée de manière à recevoir un pont-levis. C'est un des édifices en ce genre les plus intéressants que possède l'Angoumois.

LE LINDOIS. Vieux caslcl aujourd'hui aliandonné. Il a été longtemps le patrimoine du la branche des Chasleignersd'Angoumois. Guy Chasteigner, chambellan des rois Louis XI et Charles VIII, une des illustrations de cette famille, le fit probablement construire dans les dernières années du XV* siècle. Il y mourut en 1307. On y remarque en plusieurs endroits l'écusson des Cbasleîgners. L'édificea subi diverses mutilations et n'a plus rien qui intéresse au point de vue de l'art.

MAl'MONT, près de Juignac. Le vieux cMteau de Maumont a du être autrefois un des lieux Forts du pays. 11 ne reste de cette ancienne forteresse qu'une tour d'entrée, dont la porte d'ogive en tiers-point indique au moins le XIV* siècle. Le corps de logis, qui a subi diverses transformations, a conservé une jolie porle gothique à nervures prismatiques, décorée de crosses végétales. C'est un travail de la fin du XV* siècle.

ilAZEROLLES. Le logis de Hazerolles a été autrefois fortifié et entouré de fossés pleins d'eau dont il reste quelques vestiges. Fin du XV* siècle.

MERE. Très-petit château dont on voit encore des tumulus à demi écroulés. Il est près de Bouex, sur une hauteur. Le célèbre Poltrot, assassin du duc de Guise, en était seigneur. — XV* siècle.

MONTA LSI ER 1) ne reste de ce

qui a

son nom à l'un des hommes les plus vertueux dont se soit honoré le siècle do Louis XIV, qu'une tour isolée, quelques monceaux de ruines et une jolie fontaine, appelée la Fontaine de Madame. On lit sur la pierre qui forme la clef de l'arceau sous lequel sort cette fontaine : Marovrritk di Chateâvbrukd , avec un millésime incomplet indiquant une des années du XVII* siècle.

MONTIMON, et mieux MONTBERON Mont-Bmilphi.

Il subsiste bien peu de chose de l'ancien château féodal de Monlberon. Cependant il a eu de l'importance dans les guerres du XIV* siècle , et jusque dans les derniers temps les seigneurs du voisinage tenaient a honneur d'être nommés commandants du château cl de la ville de Montberon *.

MONTMOREAU. Le château de Monlmoreau occupait autrefois tout le sommet de la colline où il est placé, jusqu'à des douves profondes qui so voient encore au nord-

' Oïl écrivait ainsi

comte «i gouverneur

au XVI* siècle, ado du 4 9 juillot 1 sll.

le utre de Acte du < avril 177$.

ouest. Une haute et large motte féodale servait de < de ce coté, qui était le plus accessible. Tous ces terrains appartiennent maintenant A divers particuliers; il ne reste au château qu'une Inès-belle plate-forme. Le château, dont les toors, autrefois ornées de mâchicoulis, ont conservé leur toit aigu, est encore bien conservé. Les pignons du corps principal sont décorés de crosses végétales ; une trèsjolie porte à nervures prismatiques est à l'entrée de l'escalier, placé dans une tour qui fait avant-corps sur la façade intérieure. Dans l'angle formé par la saillie de cette tour, se trouve sculpté un personnage tenant un tambour et placé auprès d'un canon. C'est l'unique exemple que j'aie trouvé dans les sculptures de nos châteaux, qui rappelle l'art militaire des temps modernes.

M0NTROLET. Ce château, en partie démoli, se composait d'un corps de logis carré, ayant aux angles quatre tours rondes. On voyait, au-dessus de la porte d'entrée extérieure, une tète plate grossièrement sculptée en granit. — XV* siècle.

NABINADD, ruine féodale entourée de douves larges et profondes dans lesquelles on recevait les eaux de la Drome- La tradition prétend que c'était le château de Poltrot de Méré. Il n'en reste que deux pans de muraille de 1 met 75 centimèt. d'épaisseur.

NANTEUIL DE SERS. Élégante construction de la fin du XV* siècle, ou du commencement du XVI*. Il était couronné d'un mâchicoulis continu. Ce qui est le plus remarquable dans ce château, c'est une magnifique salle voûtée, servant aujourd'hui de cave, et qui peut-être n'a jamais eu d'autre destination. C'est une voûte en ogive continue, divisée par trois arcs doubleaux ; elle a 27 mètres de longueur sur 6 mètres 40 centimètres de largeur. Nanteuil de Sers peut être classé parmi les jolies habitations seigneuriales de l'Angoumois. La porle d'entrée de la cour est défendue par deux tours rondes, sur chacune d'elles est l'écusson de la famille qui a fait bâtir le château'.

PUYV1DAL. Celte jolie construction , de la An du XV* siècle, a subi de nombreuses mutilations. On a fait disparaître les tours dont la façade du nord était flanquée ; les charpentes en liers-poinl onl fait place à des toits plais entourés d'une romaine.

Le plan primitif, comme celui de la plupart des châteaux du temps, formait un carré de bâtiments flanqué de quatre

dans ce château : 1* la tour sud-

1 Celui de U tour de droite est ècuiqueté ; relui de la tour de gauche eit écartelé. Le 1 et te « écliiqueie; le 1 et 4 a l'étoile de . , qui est U Garde, famille qui a longtemps pocted • N»n-

On

DE l.A CHARENTE.

ouest, dont le plan est singulier ; 2" les cheminées iln u» \ s principal, qui ont 5 mètres d élévation au-dessus du toit : elles sont octogones et se terminent par un couronnement d'ornementation gothique; 3" une jolie porte ogivée au centre de la façade du niuJi : les nervures délicates dont elle est encadrée sont ornées dans le haut de crosses végétales terminées par un panache, et ont à droite et à gaucho deux pinacles. On y voit IVcosson de la famille de Livron, par qui le château a été construit.

SAVEILLE. Saveille est un do nos châteaux tes plus in. léressanls par leur architecture. Il fut bâti vers la fin du XV siècle par un La Rochefalon , qui avait acheté la châlellenie d'un Volvïre, seigneur de Ruffec. C'est un vaste carré défendu par d'immenses douves encore entourées d'eau. Le château forme équerre sur le levant et le inuli ; il est défendu par deux tours, l'une au nord-est, l'autre au sud -ouest. A la grande tour, les mâchicoulis sont décorés d'ogives trilobées.

Il y a eu dans la construction du château de Saveille beaucoup de travaux de sculpture : on a décoré les fenêtres, surtout celles qui s'élèvent au-dessus des combles. De vastes cheminées étaient ornées des sculptures les plus délicates; l'une d'elles portait un bas-relief du plus beau travail, sur lequel est sculpté l'écusson des La Rochefaton, entouré de délicieuses arabesques '.

Saveille passa par alliance dans la maison de Caumontla-Force, et en 1715 dans celle de Bourdeilie, qui le possède aujourd'hui.

SAINT-FRAICNB. Château attenant à l'église, à fenêtres croisées, ornées de moulures prismatiques se croisant aux angles. — XV siècle.

SAINT-GERMA1N-SUR-VIEXNE. La ruine la plus majestueuse et la plus pittoresque de nos châtuaux d'Angoumols est celle de Saiul-Germain-sur-Vienne. Tout ce que l'imagination se présente en eu genre de fantastique et de grandiose s'y trouve réuni. Il y aurait matière i de longues et saisissantes descriptions. Mon sujet me les interdit ; mais il m'en coulerait de ne pas recommander aux voyageurs cette belle page des œuvres de la nature et de

fort remarquable, et par le château à sa partie la plu 8 étendue.

»l»> tlC CHlTKJkt »e S/UNT-tiKHMAIN-Sril-VlEXSE.

Le château de Saint-Germain est bâti sur la croupe d'une colline formée par les deux vallées profondes et abruptes où coulent la Vienne et l'Issoire. Le promontoire formé par le confluent de ces deux rivières est occupé, i sa partie la plus étroite, par l'église, dont la construction est

Le corps principal, flanqué de deux énormes tours, s'élève au couchant et domine la vallée de la Vienne; au levanl esl une autre tour dont il ne reste que le pied. I.'archileclurc de ce ch.lteau esl fort remarquable : tout y esl sévère, mais d'une parfaite harmonie. Dans l'épaisseur des murs de chaque tour , on a ménagé de petits boudoirs i voûtes ogivées qui rappellent ceux de la tour ronde du château d'Angoulême. Les deux tours ont des basses- fosses, ainsi que celle du levant. Cette belle construction est aujourd'hui complètement abandonnée ; la main de l'homme enlève de temps en Wmps les pierres de taille qui encadrent les fenêtres et les portes. Le vieux édifice reste encore avec ses moellons noyés dans le ciment. On ignore par quelle famille il a élé construit. Il appartenait , A la fin du XVI* siècle, à la maison Descars'. — Travail du XV e siècle.

SAINT-MARTIAL- DE-COULONGE, S. Martialis Ctmiongia. En partie rasé. — Fin du XV* siècle ou commencement du XVI*.

TESSÉ. Petit caslol dont la partie supérieure a été rasée et qui se trouve réduit maintenant aux proportions d'une maison vulgaire. Une douve circulaire, dont on voit quelques traces, l'a entouré. J'ai remarqué une meurtrière en forme de croix ; à quelques centimètres au dessus de l'extrémité de sa branche inférieure, elle a une ouverture arrondie destinée à un petit canon. — Fin du XV* siècle.

VERTEOÏL. Le château de Verteuil s'élève sur les bords de la Charente, dans un endroit délicieux, à l'extrémité d'une langue de terre qui savante en promontoire sur deux vallées

Pl..»* PC CIUTE.U t>r. trUTEVII..

1 Cei écuMoti eu mi-parti la Rocl.ofaton, de gueule» A irait Oeurede lys d'or, etroupé, le premier d'Archiac qui e»t de gueule* i deux peU de voir au chef d'or, le second, plaio.

If cMh i* I » tSOO.)

» Jehfi» Deacui, baron de Saint-Cermaîn-»ur- Vienne, J585.

MO STATISTIQUE Le plan présente une etweinte triangulaire flanquée de trois limites (ours. Celle du sud paratl la plus ancienne. Je doute, cependant, qu'elle soit antérieure au XV e siècle; Je côté nord est occupe par le château; au centre est le donjon, qui prouve l'entrée . il forme une masse carrée flanquée de deux tours en avant-corps, de slinées à défendre le pont-levis, A droite cl à gauche sont deux ailes de hiltiment qui vont joindre les deux tours des angles. Un fossé large et profond d; 'Tend, cette partie et l'isole du plateau.

Le côté de l'ouest est en terrasse, et rien n'indique qu'il ait été occupé par des bâtiments ; le coté de l'est a son développement parallèle au cours de la Charente. 11 est occupé : 1* par un magnifique pavillon circulaire couronné d'un mâchicoulis et d'un toit aigu trcs-élevé ; 2" par la Chapelle, qui e.st vaste, mais sans architecture' ; 3" par diverses constructions qui joignent la tour du sud.

J'ai vu il y a peu d'années, dans la tour nord-ouest du château, une lourde cuirasse, un casque de fer et d'autres fragments d'armure, dernier souvenir de celle antique Chevalerie qui a j<:to tant d'éclat sur le passé de notre histoire.

La tour du nord-est et la partie du château située entre cette tour et le donjon central avaient été incendiées ; elles ont été restaurées à grands frais par M. de La YilleléoD, qui possède actuellement Verteuil *.

VIBRAC. Château construit dans une Ile formée par la Charente. Ce qui en subsiste est dans un étal complet de délabrement, et plusieurs parties tombent en mine. Entouré d'eau cl de vaste prairies, Vihrac devait offrir ucieuse habitation. — XV* siècle.

YY1LRS Le château appelé la tour d'Yviers est assez bien conservé. Il est de la fin du XV'siècJe. souvenir historique ne s'y rattache.

Nous allons clore cette nomenclature des châteaux de la plus belle époque de l'architecture féodale. Moins sombres que les rades construc-

1 Celle chapelle renfermait naguère» uo groupe délicirai sculpté en terre ruilc. C'était le Christ au tombeau, entouré de* •poires et de» sainte» femme». Toute» le» statues sont presque de grandeur naturelle. On les a placée» ça t* la dan» l'égtise paroUtialc deVerte uil. On doit regretter ce beau groupe, dont les parties ainsi isolée» n'onl plu» aucune valeur.

* M. Quénot, sans indiquer les documents on il a puisé, fixe la date de la construction du château de Verteuil à l'an 1*59. Suit, de la Charente, pag.

Le même auteur parle do siège que Verteuil eut à soutenir «ou» Charles VI. lorsque l'Anfoomoù était encore possédé par le» !d.. pag 7».

lions des siècles précédents, moins légers que celles du XVI* siècle qui tendent à se changer en habitations bourgeoises, ils gardent l'attitude noble et ûère des hommes d'armes du temps.

t» llu XV|« .iéclt i U xvin«.

Ars.

Buis-Charente.

Chatifot.

Chai ment.

Chateau-Ctuvi'l.

Ferriére.

I leurac.

Ponttuyon

Uardépce.

La Roclie-Chandry.

U Rochefoucauld.

Le Rreuil .le-BouDct

I* Maine-Gagnaud.

Le» Poyam.

Le Pelit-Rocticfort.

L'Osellerie.

Londigny.

LuctwL

Uaillou.

Montthaude.

Ren cogne.

Hochecoral

Sansac.

8»rr»* d' Abcu .

Saint Brice.

Vilhonneur.

Il faut faire ici une remarque importante, c'est que, en archéologie, uu siècle ne commence pas à sa date rigoureuse et ne finit pas non plus a Tannée qui le complète numériquement. Le XV* siècle se prolonge longtemps dans le XVI*; celuici à son tour occupe presque le premier quart du XVII e . Il s'ensuit que plusieurs édifices construits de 1500 à 1530, tiennent pourtant du XV' siècle par leur type architectural, et que la Renaissance voit longtemps prédominer son style dans le siècle suivant.

L'Angoumois, si riche en châteaux de la seconde époque féodale, ne l'est pas moins en châteaux de la Renaissance. Quand on a vu Chambord et Blois, ces deux merveilles de l'architecture du XVI* siècle, on trouve encore de l'admiration pour La Rochefoucauld, cette œuvre si délicate et si grandiose d'Antoine Fontant. Dans de moindres proportions, Montchande, Savcille, Ars, le Breuil de Bonneuil, Sansac sont des constructions infiniment gracieuses. Il serait injuste de ne pas leur donner une belle place dans l'histoire de l'art d'une époque qui a été si fécoode. Évidemment des hommes de mérite, dont les noms sont presque tous oubliés, ont jeté la l'étincelle du génie artistique.

DE LA CUiVKLNTE.

A IIS. lieux ailes qui se uennent et foiiléqtierre composent le vaste château d'Ars '. Celle «lu nord esl «le conslrucuon moderne ; celle du levant abritent A la ilt rtn. re époque de la Renaissance. La façade, à U fuis simple et gracieuse» est d'un très-bel effet : lit ciel du haut de chaque fenêtre est un rnascaron. Dans l'intérieur, ou remarque des peintures anciennes sur les lambris. Ce thAieau est depuis longtemps le patrimoine du la f.i nulle Bréinoud, qui le possède encore. Dans une des salles du «z-de-cliûussée se trouvent peintes les armoiries des Brémond *.

BOIS-CHARENTE. Le château <le Bois-Charente e*t remarquable par une très-jolie tour hexagone terminée en terrasse et couronnée d'un mâchicoulis. Elle «'élève en encorbellement. C'est un travail de la dernière moitié du XVl« siècle.

BONNES. CbAtcau du XVI e siècle, complètement dégradé. Portail d'entrée à arc surbaissé, orné de crosses végétales. — Des peintures du temps de Louis MU. — Une galerie extérieure. — Fenêtres à ornements.

BOUTEVILI.E, Bolavilla. Une des plus majestueuses constructions que l'Aogoumois puisse offrir a l'intérêt du voyageur est le château de Bouteville. 11 s'élève sur une vaste plaie- forme entourée de larges douves que l'on franchit sur un pont A deux arches. Placé au centre d'une deo contrées les plus fertiles de la France, il domine de riches campagnes. De tous les points de l 'édifice, on jouit d'un magnifique coup-d'œil. La façade principale a sa vue au levant ; elle est flanquée de deux énormes tours dont l'une, celle du nord-csl, renfermait la chapelle à son premier étage. Une partie du corps principal a été démolie, mais ce qui reste (Voir le dessin) donne une grande idée de cette construction. Un crinellement continu, surmoutant les toits do tout l'édifice, lui donnait de loin l'aspect d'une forteresse redoutable; mais ou nu lardait pas à s'apercevoir, en s'approchant, que les créneaux n'étaient qu'un ornement gracieux.

La grande salie qui touche à la tour du sud-est a été conservée. Elle a une immense cheminée sur laquelle le sculpteur a épuisé tout le luxe de la décoration; deux carialides,

1 U r*U* du viaux chAteau féodal d'Ara toi «louves el un pontl«vi» donnant sur le midi.

' lli-parti d'atur à l'aigle 1 deux tètes éployée d'or, au vol abaissé, becquée et pâtée de gueules qui c*l Brémond, «l d'azur I ta tour d'or accompagnée de cinq fleurs de lys d'or qui est la temr. C'cat t*«cuMon de Jacques de Brémonl marquis d'Art, qui a»iiit épousé en 1 6 6S Marie de la Tour, dam» d'Aageae, Ail* de René de la Tour, seigneur de Saint-Fori-sur-Né. — Il pourrait m faire que le cbiirau d'Ars n'ait été baii que vers IS60 par ce

l'une à lète de vieillard barhu, l'autre à figure do jeune femme, sortent d'une gaine formant pilastre et sont entouré.* de tleurs et de fruits. Un ordre d'aiehitculiire A fronton brisé décore le manteau de U cheminée; au centre est sculpté l'an hange saint Micliel terrassant le démon ; un grand encadrement, terminé par un autre fronton qui va se perdre dans la corniche, s'élève ensuite et porte dans le haut de riches armoirii-s sculptées. L'écusson est nu, soit qu'on y eût peint les armes d«« sieurs de Bouteville. soit qu'il ait été mulilé; il est entouré du cordon do l'ordre de Saint-Michel et de celui de l'oidre du Saint-Esprit. A droite si à gauche de l'eiicailr-uieiit sont deux statues allégoriques en demi-rehef, et le nu de la frise supérieure, laissé par le fronton qui port': les armoiries, est rempli par deux sirènes qui déroulent leur longue queue do poisson

Ou montre sous la chapelle du château l'entrée du car veau funèbre où fut enseveli François do Monlmorcncy- Bouleville, vice-amiral, qui lut décapité en 1027 à la suite d'un duel. M. Marvaud, qui a donnode ce château une description intéressante ', a écrit que ce caveau était dans l'égide du Prieuré. Je pense qu'il est dans l'erreur.

Ce qui donne à Bouteville son intérêt d'art, c'est le développement grandiose, la pureté des lignes, la noble simplicité de l'ensemble. Les sculptures y sont employées avec sobriété. La tour du sud-est esl la (dus ornée ; le couronnement de la cliominée au-dessus des combles esl travaillé avec infiniment de gant ; des bas-reliefs décorent le nu qui sépare les trois immenses fenêtres de celle tour. Un lourd et grossier contre- fort sert A maintenir cette tour, qui avait fait effort dans lus fondements ; il porte le millésime de 1789, grande époque historique, où l'édilke féodal, miné par h; temps et les idées , devait crouler suc lui-même, impuissant A soutenir sa gloire passée et à se donner une gloire nouvelle.

Quand ou parcourt les vastes salles voulues du rez dechaussce, on voit leurs murailles toutes couvertes d'inscriptions, de dessins tracés par les prisonniers amenés en France durant les guerres de l'Empire. Les monuments, comme de* amis fldWes, sont tour A tour les confidents de la prospérité el des grandes infortunes.

Il ne reste pas â Bouteville les moindres vestiges de l'ancien château féodal. Celui que je viens de décrire a été bAti dans les premières années du XVII' siècle.

Je ne puis pas conseiller un pèlerinage archéologique plus fécond en grandes impressions que celui de Bouteville. C'est aujourd'hui un paysan qui rempluce, dans ce vaste manoir, les Montn

' Êtnrt. hKl. sur I'

Mi.

CHAHROT. Pi-lit château sur Icfl bords do la Tardouère, près de Montbron , sans importance anhiliclurale. — XVI' siècle.

Dans la chapelle on voit une jolie petite verrière représentant sainte Madeleine. La sainte a la tète entourée du nimbe; d'une main elle tient un vase de parfums ; autour du médaillon, on lit en lettres fleuries une légende dont

plusieurs mots ont disparu : vos yvi pf.ccahiî sole-

tis L'Angoumois est si pauvre en verrières, que je

cite avec soin toutes celles que j'ai pu découvrir.

CHARMENT. Château qui a subi diverses mutilations. Galerie extérieure au nord. — Commencement du XVII«

CHATEAU-CIIENEL. Construction vaste et imposante qui n'a eu a subir aucun changement. C« château est tout entier de la môme époque, ce qui est fort rare. Il fut bati en 1610 par Charles-Roch de Chesncl, qui lui donna son nom. Le comte d'Orvilliers, qui commandait lus escadres réunies de la Franco et do l'Espagne au combat d'Oucssant. en 1778, a habité Chàteau-Chenel jusqu'en 1781, époque oii cette belle terre passa, par alliance, aux Frétard d'Escoyeux, qui la possèdent en ce moment.

L'emplacement du château est un carré entouré de larges douve» taillées dans le roc à fond de cuve. Le bâtiment principal, flanqué de tours carrées qui font avant-corps, occupe un des côtés ; deux ailes terminées par deux tours carrées occupent les deux autres. Le reste du terrain est une cour intérieure dans laquelle on ne peut pénétrer que par un pont jeté sur le fossé. Une des tours renferme la chapelle. J y ai remarqué une jolie statue de sainte Anne tenant devant elle la Vierge, qui elle-même porte l'Enfant Jésus. C'est un des sujets les plus gTacieux de la statuaire chrétienne.

Chàlcau-Chenel est entouré d'un parapet crénelé qui lui donne un aspect imposant et fi odul. Les toits plats sont masqués par ce parapet , de telle sorte qu'on pourrait croire que l'édifice est tout en terrasse.

FLAH DE OUTRA! -OHWBL.

(F MU de 1 • iM>» |

KERItIÈRE. Joli rtiàleau sur l« s borda de la Tardouire. — Corpsde logis flanqué aux angles, du coté du nord, de deux tours à toits aigus, et, au midi, ayant une aulre tour en a*ant-corpt renfermant l'escalier. La porte d'entrée de cet escalier est décorée d'un petit ordre de fantaisie. Sur une pierre de l:t frise, un médaillon contient le monogramme du Christ, au centre d'un enlacement rubané. On lit sur l'orle du médaillon celte inscription gracieuse : nos me

DKBELIKQVAS VSQVEQVAQVE : LII.IO : ET BOSA rVLCHilO»

(0 toi, plus beau que le lis et la rose, ne m'abandonne pas!)

FI.EL'RAC. Très-beau château placé sur une éminence et dominant la Charente. Il est entouré de douves creusées dans le roc à fond de cuve. Un mâchicoulis continu lui sert de couronnement. — XVI' siècle. — « Il fut, dit Vigier, possédé dans le siècle dernier, par un gentilhomme du nom de Baudoin, lort poli et très-sage, un peu épicurien , dont la i! aison a été pendant très-longtemps le rendez-vous de tous les principaux de la ville cl des étrangers 1 .»

FONT-GUYON. Vaste château du XVI» siècle. — Chapelle à voûte ogivôe. On voit à la clef de la voûte l'écusson des la Porte-aux-Loups , quatre seigneurs de Foot- Guyon qui l'ont fait bâtir, ainsi que le château.

L'autel de cette chapelle mérite d'être mentionné ; la pierre est portée sur quatre piles carrées, couvertes de jolies arak-sques.

GARDÊPÊE. Commencement du XVII» siècle. —Trèsbeau portail crénelé A l'entrée de la cour; le reste sans importance. — Fuie sur la porte de laquelle est un écusson , dans un cartouche, portant un lion.

LA ROCIIE-CIIANORY. Nous avons dit plus haut que le style de la renaissance ne s'arrêtait pas chez nous aux premières années du XVII» siècle. Tout en se jetant dans l'imitation de l'antique, avant d'en venir aux formes pures du grec et du romain, on continua longtemps les libres allures de la renaissance. La Roche- Chandry offre un exemple gracieux de ce style mélangé. A ne regarder que l'entablement avec ses mâchicoulis, vous diriez encore un château du XV siècle ; dans les détails des arabesques, vous reconnaissez le XVI* siècle; les frontons à arc brisé, l'introduction du lourd œil-de-bœuf dans les fenêtres rn saillie sur le loit, les consoles ornées d'acanthes, vous disent le XVII' siècle. Nous savons en effet qu'il fut rééJifié, de 1613 4 1616, par Raymond de Forgues de Lavedan C'est donc ce travail que nous avons â analyser.

' V.j;.er, HlM. 4'AOf., p*g. 151.

Une partie du château du XV siècle était encore debout, sur le chemin de fer. près de la gare de Mouthiers, ce joli L'architecte conserva le corjis de logis central ù deux château offrirait à l'un de ces hommes de noire époque qui pignons aigus; mais dans la partie nord, adjacente à ce aiment la vie artistique et les souvenirs du passé, un sccorps do logis, il éleva un bâtiment u peu près de morne jour ravissant, où l'écrivain et le poète aimeraient à dimension, décoré à l'ouest d'un large balcon soutenu par venir s'inspirer du ces nobles et grandes pensées qu'ils

des consoles ornées d'aclianles rampantes, et terminé, à l'angle du nord, par une magnifique tour en encorbellement. Cette tour avait quatre étages et s'élevait à une grande hauteur. Elle a été récemment démolie. DariB les vieux murs de la partie sud-ouest, il fit des ouvertures nouvelles et plaça à l'angle une tourelle en encorbellement d'un moindre diamètre que celle du nord, mais d'un effet Unit aussi original. On dit qu'une statue de chevalier armé de toutes pièces était placée dans une espèce de niebe carrée, que l'on voit pratiquée a la naissance de la tour. Quoique le travail des sculptures qui décorent les moulures de l'encorbellement D'ail pas une grande finesse d'exécution, l'idée, l'agencement et la pose font honneur A l'architecte. Dans la partie Est de la plateforme, un autre corps de logis fut élevé sur les vieux murs de la terrasse, auprès de la chapelle. On voit encore une tourelle soute-

rapporUraient ensuite uu sein de U ville-reine où s'agitent les intelligences cl se préparent les destinées du monde.

LA ROCHEFOUCAULD. Jusqu'à ce moment, le château dé La Rochefoucauld nous a fourni, pour l'époque romane et pour l'époque ogivale, dessujets d'étude pleins d'intérêt. Voici la Renaissance qui, à son tour, apporte au manoir féodal son large tribut de constructions gracieuses, et lui donne sa plus belle parure.

Antoine Foutant est le grand artiste qui, de 1528 • 1538, consuma peut-être son génie à l'oeuvre immenseque nous allons analyser.

Je commence par déclarer que, dans l'appréciation des beautés architecturales du château de La Rochefoucauld, si je parais céder à l'exagération, ce n'est point le sentiment du patriotisme provincial qui m'y entraîne. Je jouis de

nue par un encorbellement d'un fort joli travail ; ce sont Cbambord, jeté dans une plaine monotone et sans vie,

des enroulements, des guirlandes, des feuillages de toutes sortes s'énanouissant sur les moulures habilement profilées. Un R, un D et un F entrelacés, sont sculptés sur le premier anneau de l'encorbellement: c'est le chiffre de Raymond de Forque, constructeur du château. Le D. et l'F entourés d'une branche de laurier sont aussi gravés en relief sur le parapet du mâchicoulis de l'ouest, avec une inscription que la hauteur considérable des murs ne permet pas de lire, sans le secours d'une longue-vue. Je regrette de n'avoir pas pu relever celte inscription ; elle donnerait peut-être le nom de l'architecte. La chapelle rorecut une porto et des fenêtres ornées de quelques ques isset gracieuses. Une notice intéressante de i, il. Paul Sazcracde Forge, inséré* dans le premier volume du Bulletin de la Société archéologique de la Charente*, nous apprend qu'en 1776, la dame de Aoufiiac, propriétaire de la Roche-Chandry, fit découvrir et détruire «ruines parties, qui, négligées depuis longtemps, menaçaient ruine. Notre siècle voit se continuer ce vandalisme. Ce qui reste est là, attendant la pitié et criant merci à qui voudra rendre A cette roche illustre, non plus sa gloire

comme s'il s'élevait sur les bords de notre Charente, a l'un de nos sites les plus enchantés. La Rochefoucauld ne serait pas pour moi ni plus riant ni plus admirable s'il eût été bâti dans le Blaisois par Pierrot Neveu, et payé de l'or du Roi-chevalier.

Au moment où la vieille baronnie de La Rochefoucauld allait être érigée en comté, Antoine Fontant fut appelé & rajeunir l'édifice féodal, sombre et à l'étroit dans l'enceinte crénelée de la construction primitive. Quel était ce puissant artiste? Avait-il un nom dans les arts quand il fut choisi par les La Rochefoucauld? Le nom de Fontant indique-t-il quelque parentéavcclesFoiitanail'Ilalie? Ou plutôt, comme Pierrot Neveu, le sublime architecte de Chambord, notre Antoine n'est il qu'un enfant du pays, auquel les biographes, toujours admirateurs de ce qui est étranger, n'ont pas songé à donner la moindre célébrité? Toutes mes re-. cherches pour répondre à ces questions ont été infructueuses. Seulement nous avons son buste en demi-relief sculpté par lui-même au haut de l'escalier, qui est son chef-d'œuvre. (Voyez le dessin.) Dans un cartouche, à côté, avec un pinceau, il a mis sou nom et le millésime 1538 ; c'est tout ce

féodale qui n'a désormais de vie que dans l'histoire, mais que nous savons du grand artiste. Voyci-lo dans la posture la conservation de ses souvenirs, en abritant ses pans de qu'il a choisie. Sa tête a pour coiffure un mouchoir formant murs encore faits pour traverser des siècles. On pourrait des plis autour d'un boulon central, se nouant par-derrière faire de la Roche-Chandry une habitation délicieuse. Placé la tèlc et revenant ensuite en tresse sur le front, où ses deux

extrémités s'épanouissent. Il porte sur ses épaules une es-

' Bulletin de la Société arcti., 18*5. pag. «I.

pèce de capuchon dont le manteau ou camail, découpé en

longues dents de scic.se termine par des houppes 1 . Le reste du costume est l'habit serré, aux manches Tendues et ou- Tertes, selon l'usage du temps. La figure est maigre et triste, mais d'une grande noblesse, el de celle beauté du génie qui s'échapne de la forme et s 'illumine, aux rcgiirds. Des deux mains il lient pur les «îles un oise.mqm cherche A prendre son vol, symbole de celle renommée île gloire que les artistes veulent retenir, el dont ils redoutent avec raison le vol sans retour, a travers les siècles oublieux du passé.

Antoine Fontant mit donc son beau talent nu serviee d'une <lts familles qui ont le mieux mérité des atls dans notre pays. Mus, moins heureux que d'antres architectes, il ne lui fut pas donné de réaliser sur un plan compléti ment nouveau ce type que tout grand homme crée dans son cerveau et qu'il voudrait faire jaillir aussi merveilleux qu'il l'a couru, que ce soit un monument ou un poème : le magnifique donjon était la, s'élevant à cent pieds n> ; dessus du sol , déjà doré par tant de soleils, et montrant avec fierté sa large tête crénelée, assez semblable a la couronne de fer des rois Lombards ; c'était In lonr baronnale, pouvail-on songer à ta détruire? Les tours jumelles qui défendent le pont-levis, deux autres tours, l'une au nord, l'antre au sud, avaient de la maj^e 1 et de la p rire ; devait-on les sacrifier?

Telle fut donc la condition imposée à Fontnnt : conserver le donjon el les tours, bâtir sur la vieille roche féodale entourée de larges douves, présentant un plateau d'une médiocre étendue, et d'une forme irr» , gulière. L'artiste dut accepter la loi des hommes et des choses II n>ût r as voulu lui-même porter la main sur les oeuvres de ses devanciers. Il y a un respect pour autrui, auquel l'homme de talent se soumet parce que, a son Unir, il le commandera lui-même. Toutefois ne nous plaignons pis de ces entraves L'œil a bientôt vu un édifice régulier, sorli d'un jet de la même pensée, fut-il immense comme Versailles. Cette beauté des œuvres de l'homme dans Inconlemporanéilé de tontes leurs parties, leur enlève pourtnnlce charme indéfinissable des œuvres de la nature qui ne fait pas toutes choses a la fois. Ches elle rien n'est monotone, parce

' On pourrait croire, au premier coup-d'oril, que cr* houppe» soot des grelot» et que l'homme d« gêoie t'est donné le vêlement de* fou», (tuant allouon aux déceptions qu'ils rencontrent toujours dan* leur sublime carrière. On or peut nier que ce »#ten>rnt n'ait beaucoup de ressemblance avec celui île» Tous de* roi* au XVI» »ièi !e. liais en étudiant de pré» la iculpturi« on voit «pie ce sont des houppe» arrondies. Avec quelque» recherches sur les ancienne* gravures du tctnpi, il «rail fccile de rencontrer de «email

que tous les âges sont représentés': one plante nall quand une autre est à son adolescence, quand, à côté, de vieux troncs sont couverts de mousse et se laissent voiler des lianes qui les tapissent chaque année, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de leur poussière. De même un édifice où je trouve la rude main du serf du IX* siècle, dans les épaisses el grossières murailles du donjon, où mon regard s'élunce avec les tourelles grarctises du XIII* siècle, où l'art capricieux de la Renaissance vint ensuite m'éuler les milles fantaisies ofj il se joue, cet édifice me plaît par le côlé même où il choque mes théories d'unité. J'aime à vivre avec toutes ces générations successives d'ouvriers dont, par instinct, mon œil va chercher, sur chaque assise, |eg signes lapidaires. Ce charme de beauté dans la variété des parliesdont un édifice se compose, se trouve pour moi dans le château de U Rochefoucauld Je sais gré à Antoine Fontant île n'avoir pas renié le donjon aux étroits contre-forts, les tours couronnées de leurs mâchicoulis On est gi o d quand ou se place sans peur a coté de ce qui est grand.

En jetant les yeux sur le plan gravé plus haut, page $2.t. on isolera par la pensée le donjon A. les tours jumelles DD. les tours CB, le coté L dont nous n'avons pas parlé, qui ne fut construit qu'au XVIII* siècle ; il nous restera deux corps de logis GF, se joignant a angle, droii, ayant leurs façades l'une a l'est, l'autre au sud ; la chapelle E. qui fait avant-corps el correspond à la tour B, seule partie de ce coté du château qui ne soit pas d'Antoine Fontant; enfin la galène à jour A deux étages qui sert de fie ide aux deux corps de logis du côté de la cour intérieure.

Pour procéder aven ordre dans l'examen do l'œuvre de Fontant. nous étudierons : I» lâchage E, *• le corps de logis F. 3' l'escalier. 4* le corps de logis G, »• la galerie, 6" les deux façades extérieures.

L'architecture de la Renaissance, qui, en apparence, ne s'assujettit a aucune règle, occupe cependant une belle place dans l'histoire de l'art. Si elle n'a pas la simplicité, la régularité grandie» du style grec, elle ne procède pas moins par ces principes d'unité et do symétrie, sans lesquels l'art est mort et ne peut produire que de monstrueux accouplements. Quand on cherche à surprendre la pensée de chaque ordonnateur de ces grandes fabriques du XVI' siècle, Fontainebleau , Chambord, Bleue. La Roche f lucauld, il est impossible de ne pas reconnaître ce qu'il y a eu de fécondité personnelle, de puissance d'invention, dans ces œuvres fantastiques. Elias se recommaixi.f i toutes par ce beau cachet de création qui dénote le génie et que les froids copistes de l'antique ne se donnèrent ja-

I A atARENTK.

mais. Ces réflexions vous viennent surtout à La Rochi foucaulrt, quand voire oeil parcourt cf-ttr enceinte étroite où l'architecte devait se renfermer, l'irrégularité du périmètre sur lequel devaient se |irofiter les façades, les restes majestueux du style roman et du style ogival, avec lesquels le nouvel édifice devait être coordonné. C'est ici une lutte oit le génie sera vainqueur.

Toute œuvre architectonique repose sur ©es deux éléments : l'arc, pour les courbe?, et l'ordre, pour la décoralion. Foutant adopta l'arc surbaissé, familier aux architectes de la Renaissance, et l'ordre ionique. L'arc f urbaissé a de grands avantages pour les constructions dans lesquelles plusieurs étages sont superposés. Il se plie à toutes les combinaisons, se resserre, s'élève, s'aplatit presque jusqu'à la ligne droite selon les exigences de diamètre et de hauteur qui se rencontrent.

L'ordre ionique adopté pnrFontant, comme on le pense bien, n'est pas l'ordre ionique grec avec ses proportions classiques. C'est un ordre de fantaisie sur lequel s'est exercée librement l'imagination de l'artiste. On peut voir (planche des détails du château de La Rochefoucauld n* 3) cet ordre dessiné à l'échelle. J'ai mesuré minutieusement une des piles de la galerie a jour '. Il y a du goût dans l'arrangement de tous les membres qui composent l'ordre. Mais ce qui mérite surtout l'éloge est le chapiteau; il est dessiné avec un art infini et travaillé admirablement. C'est sur lui que le ciseau aété porté avec complaisance. On voit bien que l'artiste s'est joué à varier les détails delà volute, tes ornements de la végétation qui la décorent, les petits canaux qui la sillonnent, la rose ou fleur du tailloir qui reçoit un grand développement et se change en feuillages A jour qui sortent en haut et en bas d'un anneau en forme d'un cornet. On compte quatre-vingts chapiteaux à volutes, ainsi travaillés arec un soin minutieux et un goût exquis*. J'ai étudié Fontainebleau, Blois et Chambord, ces trois chefs-d'œuvre de la Renaissance : j'avoue que je n'ai trouvé nulle part le chapiteau travaillé avec la même hardiesse et le même bonheur qu'à La Rochefoucauld. On peut dire que Fontainebleau est pauvre , même grossier à cet égard. Chambord, dont La Rochefoucauld est conlemporain, a bien des chapiteaux remarquables ; mais pour l'originalité du dessin et surtout la perfection de l'exécution, je les ai reconnus Inférieurs à ceux de La Rochefoucauld, n faut être bien sûr de la justesse d'une semblable appré-

1 Cest U troisième pile de La gsJrrte, en partant de l'escalier pour aller a la chapelle

■ t à la naissance île l'escalier; I 1 ta l!ica<le sud du pavillon de l'escalier; * a la fenêtre au-dessus de la chapelle; IS à la façade de r«t; «3 à la galerie.

je le fais, d une

cialion pour la formuler, con aussi positive.

Chapelle £. La porte d'entrée donne sous la galerie. L'ordonnance de celte porte est assez semblable A celle de l'escalier (Voyez la planche gravée), mais les ornements différent. De petits anges servent de modillons à la corniche. Saint Pierre et saint Paul en buste et en demi-relief sortent de la frise au-dessus des chapiteaux des deux pilastres. Le milieu de la frise est occupé par deux autres saints, saint André et saint Jacques. La voussure de la porte en arc surbaissé est ornée de têtes d'anges. Celte porte manque du caractère religieux. Déjà l'art se rapetisse et traite Dieu à l'égal de l'homme. A part ces têtes d'anges et les bustes de saints, cette porte n'est qu'une copie, peut-être un peu plus élégante, de la porte de l'escalier. L'intérieur de la chapelle rachète il est vrai les défauts de l'entrée, les proportions en sont grandioses. Elle a dans œuvre 13 m. 47 c. de longueur, sur 7 m. 46 c. de largeur. La hauteur des voûtes est considérable. C'est un édifice hybride du style ogival, mélangé aux moulures et à la décoration de la Renaissance. Les voûtes en arc surbaissé sont i nervures el forment divers compartiments. Seize clefs pendantes étaient ornées d'écussons *. ces voûtes sont d'un très-beau travail : on y reconnaît les bonnes traditions de l'art ogival. Les arcs doubleaux sont carrés, ornés de compartiments de la Renaissance ; ils re-

1 II faut rendre cette justice aux mutilaieur* d'anuoirie* et de signes nobiliaire*, qu'ils oui parcouru le château avec une investigalion siminuiirvse que rien n'aurait do leur échapper. Il» ont (ait disparaître am )<• marteau sur la porte de IVscalier (voy. le dessin) une milite de rinceaux dans l'arcade a droite el à gauche de la console centrale, parce qu'ils ont pris ces feuillages pour des fleur* de lys. Les seite clefs pendantes de ta chapelle, huit autres clef» pendantes de la voûte de IVscalier, le tympan qui se trouve audessus de toutes les grandes fenêtres en lucarne, étaient chargés d'écusaons au* armes de La Rochefoucauld. Tout a été taillé pat le marteau. Ils n'ont pas même épargné do petites couronnes ducales, peintes en or sur les lambris du boudoir et surmontant des lettre» entrelacées. Cependant mon oeil d'archéologue a retrouvé quelques écussons qu'on n'a pas aperçus. Deux petits cartouches dans les bas-reliefs des pieds -droits de la porte de l'escalier portent des armoiries intactes. L'un a sept burclles el trois chevrons brochants sur le tout, le premier non écimé. L'autre cartouche est mi-parti de La Rochefoucauld et foscé d'argent et de gueules, qui est Polignac. L'autre éeuseon, que les mutitateors n'ont pu aperçu, est dans le tympan de la fenêtre gothique de la tour du sud. L'écu aui armes des La Ro> hefoucauld est touché, surmonté d'un cimier et entouré de deux sauvages armes de massues pour supports. Ce sont les seules armoiries qui aient échappé auxlarharesde I7JS, les unes qu'ils n'ont pas comprises

tombent sur de» demi-colonnes engagées, dont les chapiteaux à volutes ont des anges A la plate île la rose. Il y a dix de ces demi-colonnes ilont te fût a une grande élévation. La base de chaque colonne est ornée de deux larges feuilles sortant de ladernière moulure et s'épanouissant sur la corniche du piédestal, en se relevant à l'angle ; cVst un gracieux e«pru aux édifices romans du Xll« siècle. Quatre grandes fenêtres à deux meneaux, dont le haut est à compartiments trHobés, éclairent l'édifice. On remarque une ouverture oblique, aujourd'hui fermée, au moyen de laquelle on pouvait, du salon qui est à coté, assister au service religieux.

Celte chapelle fait honneur à Antoine Foniant. Cependant je ne puis aimer cette allianco de styles. Il fout qu'un style ail sa puissance. Il se déclare médiocre quand il est forcé d'emprunter son effet le plus grandiose au style qu'il a détrôné. .

Grande salle J. Elle est décorée de tableaux représentant des chasses d'animaux, des groupes d'oiseaux. Quelquesunes de ces peintures ont du mérite, mais elles sont dans un abandon complet. Deux autres salles, éclairées commo celle-ci du coté do l est, n'ont rien de remarquable; la dernière communique à la tour B et au petit boudoir dont la fenêtre est au midi.

Houdoir. H est entièrement lambrissé. Les encadrements des lambris sont chargés d'arabesques et de chiffres; les fonds contiennent des vases de fleurs, des corbeilles de fruits et des paysages assez grossiers, parmi lesquels est une mauvaise vue du cbàteau. De huit tableaux sur toile qui ornaient ce boudoir, deux seulement ont été conservés. Ils ont pour sujet l'Annonciation et la Visitation de la Vierge; la peinture en est extrêmement médiocre. Le lambris du plafond, formé d'encadrements saillants et de caissons, est chargé de fleure tressées en couronnes peintes sur fond d'or, et de chiffres entrelacés en or sur fond d'aiur. Ces chiffres répétés plusieurs fois sont 10G, 10, et ce dernier avec une couronne ducale. Ils doivent donner les initiales du nom de la duchesse de La Rochefoucauld, pour laquelle fut décoré ce gracieux boudoir.

£*cofi>r. La porte d'entrée n'a pas besoin d'être décrite ; le dessin gravé en rend tous les détails. Dans la frise sont trois médaillons représentant des personnages historiques : an homme de l'âge mûr la têlo couronnée de laurier, une femme et une jeune fille. Il n'est pas douteux que ce ne soit la famille des La Rochefoucauld. Dans un petit cartouche de la frise est le millésime 1S48, époque de la construction du château. Les lettres flcuronnées A F se trouvent sous la frise et décorent la voussure de la porte.

L'escalier occupe un pavillon carré qui a dans œuvre 6m. 73 c. Les marches, au nombre de 108, s'engrènent

autour d'une colonne ornée de moulures en spirale. Cette colonne gracieuse a I m. 17 c. de diamètre, en qui donne aux marches une longueur de 2 m. 6* c. dans la partie la plus étroite, el de 4 m. 05 c. dans les angles du pavillon. La plupart de ces marches sont d'une seule pièce. Elles soni tris-larges et n'ont que 86 centimètres de hautour.

Antoine Fontmil a eu raison de sculpter son portrait à la balustrade qui protège la plus haute marche de son escalier, comme pour en contempler la merveille. Il n'y a en France que deux escaliers qui puissent rivaliser avec celuici. Moins ingénieux que celui de Chambord, moins léger que celui de Blois, il a une majesté d'ensemble, une pureté de lignes, un choix exquis d'ornements qu'aucun d'eux ne lui disputera. C'est, en ce genre, le chef-d'œuvre d'art de la Renaissance.

A son sommet la colonne centrale s'élargit en moulures qui lui tiennent lieu de chapiteau el présentent huit têtes d'anges ailés, destinés à porter la naissance de huit nervures des voûtes. Ces nervures, rayonnant d'abord autour de la colonne, vont se rencontrer à des clefs pendantes. Autrefois sculptées en armoiries, avec seize autres nervures qui parlent deux a deux de huit consoles correspondantes, placées sur la muraille. Toute la sculpture d« cet escalier a été traitée avec un foin particulier. La pierre (calcaire compacte lithographique) a une finesse de grain qui se prête au poli comme le marbre, cl qui donne les arêtes les plus vives et les contours les mieux accusés. Des consoles qui sur le mur suivent la corniche rampante destinée a soutenir les marches, sont autant de petits culsde-lampe formés de feuillages de fantaisie. Quelquefois la corniche de ces consoles a des volutes de chapiteau; d'autres fois de petites têtes d'anges ou d'enfants forment une couronne sous celle corniche. Mais les consoles qui soutiennent les nervures de la voûte sont d'un délicieux travail. Elles sont au nombre de douze (quatre placées aux angles du pavillon soutiennent les nervures des fbrmerels) '.

1 En voici les sujets, «n partant de l'angle sud-esl et en suivant le cité du sud :

1* Un ci,;.!* se montant l'aile. Très-beau travail.

2° Un en tint nu, ayant de petite* cornes aiguës » la tête el jouant de la cornemuse. Très-beau travail.

3* Un satyre, aux pieds de boue, ailé, cornu, jouant de deux cors de-chasse. Très-beau travail.

4° Un enfant nu , ponant la main a la cornk-be pour' la soutenir. . .

4° Un enfant ailé, caressant un oiseau.

t° Un entant ailé, caressant un clgnc. Tres-leau travail.

T Un entant enlacé d'un serpent pi#l à le dévorer.

»• Un monstre ailé, de la gueule duquel sort un I

Galerie à jour n. S'il y a peu do morceaux de l'ardu lecture de la Renaissance auxquels on puisse comparer l'escalier de La Rochefoucauld, on pourrail en dire autnu de la galerie a jour qui orne l'intérieur du château. L'idée de ces galeries est empruntée aux inonaslères, où d'ordinaire, sous le nom do clollrc, elles enveloppent le rez-dechaussée. A Blois, à Saint Germain-cn-Uye, à Fontainebleau, on les a appliquées à l'architecture séculière. Les maisons des bourgeois, au XV et au XVI' siècle, adoptèrent cette distribution si gracieuse à la fois et si commode. Fontanl a voulu que sa galerie servit non-seulement au rex -de-chaussée, mais encore aux deux étages du château. I>e là cette triple rangée d'arcades superposées, dont le couronnement s'élève au-dessus du toit. Douze arcades forment lo rez-de-chaussée, par un développement de 48 métrés de longueur. Elles portent sur treize piles décorées de Tordre d'architecture dont la planche des détails, n» 3, donne le dessin. Le premier étage a le même nombre d'arcades, décorées de la mémo manière. Le second étage a vingt-quatre arcades, également ornées de l'ordre d'architecture adopté par Foulant '.

Le couronnement est une suite de frontons circulaires, dont le tympan porte une coquille. Ces frontons sont surmontés de pinacles, ornés de crosses végétale» et séparés l'un de l'antre par un pinacle, le tout dans le goût h l dans la formes des pinacles qui décorent le haut des fenêtres, (Voy. planche des détails, n° 1.)

Chacun des étages de la galerie est séparé par une voûte en plafond , dont les arcs doubleaux sont extrêmement surbaissés. Au rez de-chaussée , quatre clefs pendantes reçoivent des nervures et forment des compartiments triangulaires. Au premier étage, la disposition est plus simple et tes compartiments sont carrés. Les arcs doubleaux por-

9» Un dragon ailé, dévorant un léiard. Tiès-beau travail, to" Un cigne saisissant un sertient. Très-beau travail, il* Un enfant tenant une banderole.

12* Un satyre cornu. & pied de bouc, tenant une corne d 'abonda ne. Très-beau travail.

Tous ces morceaux de sculpture indiquent un ciseau exercé. Ils n'ont pas ions la même perIVction ; mais quelques-uns sont d'un* exécution iiillnimcnt délicate.

1 Ou remarquer» dans les frises, dans les parties nues de la galerie, des compartiments, les uns circulaires, les autre» eu losange, en peinture notre appliquée sur la pierre, poiirOgurer les placages en ardoise qui se voient a Chambord. Sur quelques parties nu me on a imilé ce qu'on appelle des canaux, petite* canuclures que Fontanl a prodigua s .tans toutes ses décorations. Cesl le seul exemple que je connaisse «le la peinture extérieure murale, pendant la Renaissance. Elle était Ires-commune au moyen-âge.

lent sur vingt-six consoles en saillie, d'un travail fort remarquable. En voici la nomenclature

Au premier étage, les consoles se composent de têtes ailées et d'un petit nombre de portrails historiques.

Le second étage n'a pas de voûte, mais un simple lambris.

Telle est cette belle galerie, qui a la gloire d'être unique

• En parlant du nord :

1" Arc ddiibleau : Un portrait historique de femme, draperie nouée sur l'élude. En fan-, un ange «élu, tenant une banderole.

t> Une femme à cheveux long*, nue jusqu'à la ceinture , se voilant d'une drapeiiv. — lVux entants ailes et nus, se voilant.

S" L'n cnUnt ailé, tenant une corne d'abondance. — Sujet mutilé.

4* Un monstre te montant la jam''e. Beau travail. — Espèce île salamandre se mordant le dus. Beau travail.

Jj» Un centaure combattant un lion. Beau travail. — Un por- U'ait historique de jeune homme, vêlement noué sur l'émule.

6» Un portrait historique il' un hoininc de l'Age mer, sans baibe, la léte couronnée de deux branches de laurier retenues par un ruban. Il a la fraise autour du cou et la draperie nouée sur l'épaule. — Sujet mulile.

7° Un enfant tenant des deux mains la gueule d'un gros lésant qui s'est ji-lé sur lui et veut le dévorer. Beau travail. — Un enfant ailé se battant contre un lion.

S' Une femme duc jusqu'il la ceindre, se voilant d'une draperie qu'elle tient par les deux bouts. — Un enfant ailé étouffant un serpent.

10» Un enfant ailé tenant un singe sur ses genoux.— Un l allé étouffant un serpent dont ses membres sont travail.

it° Un entant. Le sujet n élé mutilé. — Un enfant ailé I un carquois.

lx° Un enfant. Le sujet a élé mutilé. — Une console en culdc-lampe, ornée de feuillages.

13. l'n cnr.ni». Le sujet a été mutilé. — Un enfant ailé dont un lion saisit la main.

14° l'n singe encapuchonné se touchant le dos. — Un entant nu, a figure moqueuse, dans la même altitude que le singe.

Je ferai cette remarque que le personnage à figure grave, n' S, dont la léle est ceinte d'une couronne de lauriers, n'est autre que François II, le premier qui ait porté le nom de comte de La Rochefoucauld. L'architecte, qui a sculpté son propre buste, a dû au moins, par convenance, donner la même gloire au nouveau comte, et multiplier a la fois son portrait et ses armoiries. Je conjecture que c'est le même personnage qui a la place d'honneur dans la frise de la porte d'cnltée de l'escalier.

Les autres figures de remine», de jeunes enfant», doivent appartenir à la famille du comte. Avec quelques recherches dans les ancien» portraits de famille que possèdent actuellement lea La Rochefoucauld, il serait facile de retrouver tes serait aidé par les dates.

en ce genre. Malheureusement, comme beaucoup d'o.'uvres soi lies <ii- la main il« l'homme, Hic n'a |ws été achevée, non plus que le château. La | rotonde tristesse du visage il' Antoine Foutant n'esi-elle pas l'impression pénible du regret qu'éprouva l'artiste de s'arrêter loul a-coup. Il faut en accuser peul-étrf, la mort du comte Fnn.çots II, de son protecteur, peut être le manque de tonds;, mieux ericore 1rs guerres religieuses qui allaient ensanglanter ce mil heureux pays iicndant plus d'un demi-siécle.

Des pierres d'.itlente, à l'angle n<>r.t de la galerie, indiquent qu'elle devait se prolonger jusque la tour du non), est, et sans doute Antoine Foutant devait construire, à l'ouest, une aile qui occupât l'espace compris entre atts tour et le donjon.

Nous terminerons cette description par l'étude des deux façades de IV*t et du sud.

Façade dV f'é'»/. Elle s'élève Sur nue hante et large terrasse qui domine le r«:»n l de la Tar l un'-re (Voyez le .i. ss:n lithographie du château]. Elle a U\>-.$ étages au-ilcs-sus du rei-dc-chaussée. CUaijue fenct e est à croisé*' et ornée de deux pilastres. Les chapiteaux de cette façade sont traites avec un soin infini, et les détails en sont extrêmement variés. Les fenêtres, ou grandes Incarnes, qui s'élèvent audessus du toit, sont des cliels-d'œuvre en ce genre. Nous donnons le dessin d<> l'une d'elles (Planche des détails du château, n« 1;. Elles .vint là depuis plus do trois siècles, jetées à une grande hauteur avec leur décoration et leurs pinacles élancés. Quel art il a fallu à leur construction, pour qu'elles aient résisté à tant d'hivers, à tant de tempêtes ! Il est difficile du trouver, en France, do semblables travaux, plus gracieux, plus aériens. Nous avons dit que le tympan de l'encadtcmuit placé au-dessus de chaque lucarne contenait des éeus-ons en relief qu'on a complètement effacés, l-e* mutitatenre ont beau faire. Il y a pour François de La Rochefoucauld et Anne de Polignac uno gloire que le marteau ne saurait atteindre, celle d'avoir fait bâtir un semblable monument.

Les salles voûtées de cette aile du diàteau rappellent les plus tristes souvenirs de la Terreur. Pendant que le district d'Angouléme s'honorait d'une modération dont j'ai déjà enregistré le courage héroïque, celui de La Rochefoucauld exerçait les perquisitions les plus sévères contre les membres des familles nobles du pays. Un grand nombre n'ont quitté ces salles, où ils étaient misérablement entassés, que pour porter leur léle sur l'échafaud ».

■ Cn curions rapport, lu en rtuM publique du dtatriet, ht tt prairial an III, bit par l'ordre du repréwnUnt du peuple Péniére», *ur la conduit* du comité révolutionnaire de La Rochefoucauld, dévoile tout les crime» dont se souilla es comité, cite les

Façade du Sud. Elle est moins régulière que celle don 1 nous avons parlé ; mai», jetée en avant-corps, dorée par le soleil, dominée par un pavillon central qui rompt la monoi.nne des lignes, elle n'en mérite pas moins l'attention. Elle n'a d'autre décoration murale que les pilastres superposés, encadrant les quatre fenêtres du pavillon. Mais des cordons horizontaux , entrecoupés de cordons verticaux, qui s'élèvent aux cotés des fenêtres, forment des encadreimnts à la lois simples et gracieux. Toute la richesse de l'architecture a été réservée et |*>ur ainsi dire prodiguée dans le couronnement. En voici l'ingénieuse composition (flanche des détails, n't). Au-dessus du cordon des encadrements du second étage, s'élèvent des arraturcs soutenues par des consoles une coquille est au centre de l'arcature ; au-dessus est une cornu ne à plusieurs moulures, et enfin un parapet formé d'un* suite de caissons dans lesquels sont sculptés cn relief les lettres F, A. initiales des noms du coin le François 11 et d'Anne de Polignac. les lucarnes sont décorées dans le genre de celles de la façade de l'est, mais l'ornementation eu est plus simple.

Dans le travail primitif, la charpente ne descendait pas comme aujourd'hui jusque sur le para et ou balcon continu sur lequel elle s'appuie au moyen de petites colonnes. Elle s'arrêtait i la ligne verticale du mur, et les eaux tom-

noms de toute* les victime* envoyées à l'échafaud et de celle» qui étaient sur U liste île proscription au moment de l'heureuse réaction du t Un rmidor. [ Imprimé à La Ooiliefoiicaulil, chet

Boysse, impntn. et libr., l'an III.)

' Cinquante-trois console» reçoivent 1>» neaiiin-s Je n'en donnerai pas U nomenclature, qui voit fi.*lHlieu«uf . Elle» ont beaucoup de rapports avec celle» que j'ai «fente* dans mu; note précf denu. l-e sont des reptiles, de» oiseaus, des quadrupède», des sinRi-% de* (êtes d'anpcs, des monstre* ftnttstiques, des personnages jouant du cor, luttiint contre de» monstres, etc.

Toute» ces sculpliifi » sont-etle» »ym Indiques! Ne sont-elle* dues qu'au capture de l'artiste! Beaucoup de ces scènes grotesque* et plaisante», telle* qui- te personnage qui tient avec complaisance un singe sur se» Renom, l'enfant nu qui monlre le dos, Us unçït encapuchonnés, ne suol-t Iles pas des allusion» satiriques dont nous n'avons plus le mut! Les sujets pin» graves, cnirne le centaure luttant couire le Inui, l'ange iHnulTuit le nerpeiit dont ses im mine» m nu enlacé», n'indiquent ils pis c<rte vieille tradition d* U lutte du bien et du nul »i familière aux artistes du moyen Age! L'enfiint ailé, armé du carquois, était-il le Cupidon de la fable, ramené »uu» le eUesti itu »culpteur par les études classiques! Ce K>nl des questions intéressantes dont je n'ose hasarder la solution. Je dirai seulement qu'à Cette éjioque, où domine la personnalité artistique, les traditions du symbolisme doivent tire conservée». Peut-être cependant la Renabsancc a conservé tes dernier» reflets de ce jour de la pensée rendu», en hiéroglyphe*, qui s'échappait , au moyen-iç e , de la pierre tt plu» entièrement sculptée.

bant «in- le parapet étaient recrns ; ar des canaux en plomb qui Ira conduisaient au sol. Mais les infiltrations ne tar< lurent pas ft avoir lieu et à endommager les façades. Il fallut donc prolonger la couverture et ahriler le parapet. Évideinment les deux façades ont perdu de la priée à cette mesure.

Je me suis étendu avec quelque complaisance sur l'œuvre d'Antoine Foulant.

Elle me plidt, parre qu'elle est originale, conçue largement et fièrement. Cet homme n'a recul* devant aucun obstacle; il a accepté les conditions que lui imposaient le sol et les constructions qu'il devait respecter. Il a aimé son œuvre, il s'est confondu avec elle ; il on a fait ^irtie ; il a voulu que son buste, en demi-relier, sculpte à cote! des bustes de La Rochefoucauld, rappelât sa gloire d'artiste avec leur gloire prineière.

Ce nom d'Antoine Fontant, pràce à cet hommage dont on ne suspectera pas la nonne foi, ira se mêler a ceux de Pierrot Neveu, du Primatice et de tous ces grands constructeurs de demeures royales, qui s'honoraient des rois et dont les rois s'honoraient.

LE BREUIL DE BOXKEU1L. Ce chàlean, très bien conservé, situé sur un joli nits«eau qui l'entoure, est un de ceux qui méritent le plus notre intérêt. Il est évident qu'un artiste distingué a présidé à sa construction : tout y est dans le goût délicat de la Renaissance, que nous venons d'admirer au château de La Rochefoucauld. Les pignons élancés, ornés de crosses végétales, rappellent encore le XV siècle; mais les bas- reliefs accusent la Renaissance. Du reste, l'artiste a eu soin de laisser son nom et lu date de l'édiûce à droite de la porte d'entrée du pavillon qui contient l'escalier principal. Voici cette inscription, que jo crois incomplète, quoique je l'aie relevée avec le plus grand soin :

Lî mil f

kl Adiera

œoy pbe

Je mets des points i la fin de la première et de la dernière ligne, ou je suppose que quelques lettres ont été effacées. Ce Philippe doit être classé parmi les bons ariistes du XVI' siècle.

LE MA1NE-G AGNAUD , près de Ruelle. U date de la construction de ce château, 1600, est gravée sur le pavillon de i otiest. L'escalier i noyau avait de l'élégance. Au-dessus de la petite porte dn portail crénelé, on lit : divshobis uc OTu racrr. L'édifice, du reste, n'a rien de remar-

A peu de distance de lu maison se trouve une jolie fontaine ; elle est revêtue d'un édifice en pierre, dont voici la description :

Sur le bassin carré, qui se remplit des eaux delà fontaine, s'élèvent trois piles ornées d'une demi-colonne engagée. Chaque demi-colonne est terminée par un chapiteau ionique ; au-dessus, architrave, frise et corniche, surmontée d'un dôme qui jmrle un socle destiné sans doute a recevoir un buste. On a sculpté à la frise, an-dissous de chaque chapiteau : 1" l'écusson de France, encadré dans le cordon du Saint-Esprit: *° une salamandre couronnée; 3' un Fen relief. Entre ces scu'plurcs , se trouve le mot riuavit, gravé en creux et répété trois f .is. Il est imiiossihle de ne pas voir dans ces sujets sculptés ui e allusion à François I". C'est sans doute un souvenir Je la visite qu'il fit a la Touvre, en revenant de sa captivité d Espagne ; peut-être le prince but à cette fontaine, située entre le Maine-Gagnaud etFissac 1 . Ce petit monument a donc pour nous une valeur historique. Il peint une époque où la poésie et les arts se mêlaient aux événements de la vie et les consacraient pour les perpétuer dans l'avenir.

LES POYAUX, près de Dignac. Jolie tour carrée i deux étages, surmontée d'un mâchicoulis continu, et recouverte en plate forme. La porte d'entrée est décorée de deux pilastres d'ordre ionique et d'un entablement dans le style de la Renaissance; une tourelle en encorbellement, couverte en toit aigu, s'élève du premier étage et renferme un escalier à vis qui conduit au haut de la tour.

Le fiel des Poyaux passa, vers le milieu du XV* siècle, dans la famille Prévost de Touchimbert , par le mariage d'Aimar Prévost avec Jeanne de Fougiéres. Ils fournirent leur dénombrement de /' hotttl noble de * Poyaux , à Guy de Maivuil, baron île Villebois, en 1481 . U tour des Poyaux a été bâtie vers 1520; j'ignore si, à celte éj>oque, la terre était encore dans la même famille.

LE PETIT ROCHEFORT. Une vieille construction appelée UChéUaudu Diable, indiquée sur la carte deCassim sous le nom de château ruiné, se trouve au bas du Petit Rocbefort. Des souterrains assez vastes, creusés dans le rocher, forment la partie la plus curieuse de. ce (bateau. Le Mumenl qui s'élevait au-dessus était des premières années dt

1 « Aussy fui le du sieur François I") vojt sa rivière de Toutvre avecques la plusparl des seigneurs ei dames dessus nommes, et disna le roy *» la maison de monsieur d* Fissac. tt «près dlsner ledit sieur se unsl ès petit bateaux «veeques les durne» el princes, i turc» grau» tniylca el souille», el y tua ledit tieur i à coup <W tiucl, où hit priM grand récréation. » (Registre d«s délibérations de U maison de ville d'Angouléme, de 14*1 à 1S»T, ui-loho, parchemin.)

XVI* siècle. On vienl de le reconstruire pour le service de l'école d'agriculture de la Charente.

LONDIGNV. Corps do logis A charp.'nle en liers-point , flanqué, â l'est et à l'ouest, de deux tours; au nord, un pavillon cirré fait avant-corps et oecupe le centre de la façade.— XVl« siècle.

On voit dans la cour une très- bel le fuie. C'est la construction de ce genre la plus inU'r.ssajite que je connaisse: les fenêtres du haut sont ointes de pilastre* et couronnées de frontons du style de la Renaissance.

L'OISELLERIE. Une notice pleine d'intérêt sur l'Oiscllcrio , insérée dans le bulletin de la Société archéologique de la Charente attribue avec raison la construction de la partie la plus ancienne du château de l'Oisellerie à Arnaud Caluau, procureur-général de Louise de Savoie, qui fui écfacvin en 1501 et maire en 1511. Celle partie ancienne formait à elle seulo un petit château. Il se compose d'un corps de logis à deux pignons aigus, décorés do crosses végétales et surmontés d'un pinacle ; chaque angle des pignons est terminé par une gargouille grotesque. La porte d'entrée, qui donne sur l'escalier, est décorée avec goût d'un fronton demi-circulaire, orné de crosses végétales. L'écusson d'Arnauld Caluau esl dans le tympan. 11 a pour supports deux anges

Le grand cbàleau de l'Oisellerie, composé d'un corps de logis Oanqué a l'est d'une tour ronde et a l'ouest d'un grand pavillon carré, fut bâti, selon Vigier de la Pile 1 , par Jean Caluau, évèque de Senlis et abbé de la Couronne.

La chapelle occupe la partie de l'ouest du château. Elle n'a rien do remarquable qu'un autel soutenu par quatre piles, dans le genre de celui du château de de Fontguyon, mais décoré avec moins de goût.

Deux jolies verrières a une des fenêtres du grand château représentent les armes des Caluau ; dans l'une, les armes sont celles d'Arnauld Caluau ; dans l'autre, ce sont les même armes, mais augmentées d'un chef cousu de nuru- Utau vol d'argent; les descendants d'Arnauld ont ainsi modifié l'écusson primitif de la famille pour rendre parlantes les armes des seigneurs do l'Oisellerie. Ia-s écussons so trouvent au milieu d'un encadrement couvert de jolies arabesques. Ces verrières sont d'un bel effet; elles portent les initiales do l'artiste qui les a peintes : !.. B.

Dans le jardin, une fontaine très-abondante est décorée

' Not. Iiist. sur l'Oisellerie, par M. MaulflV, ancien conseiller de préfecture. Bulletin de la Société, arch. Ht7.

» Le» Caluau portent : rfVuur chargé d'un mn'uunt d'argent et dune étoile de nttme. Cet écussoti se trouve ainsi sur le* cheminée», et, à l'angle du pignon, un chien lui *rt de support.

* flut. d'Aiiguumois, pag. 93.

MONl'MEJiTALE

avec assez de goût. Les eaux sont reçues dans un bassin orné de sculptures; on y voit les armoiries des Caluau et celles des Laiitbertyc, des Desruaux, avec lesquels les Caluau avaient f.ut alliante.

L'Oisellerie est une très jolie habitation, qui a été conservée dans toute sa splendeur. On y voit encore des canapés dont la tapisserie délicate mérite de fixer l'attention, et qui évidemment remontent à une époque assez ancienne.

LCC11ET. Joli petit château de la Renaissance, près de Linières, dans le style de Rreuil de Bonneuil, peut-être bâti par le mémo architecte.

MAILLOU, près do Saint-Saturnin. Ce château, d'une très -élégante construction, est dans un état complet de délabrement. Il a été bâti par un Nesmond'. L'écusson de celle famille s'y trouve sculpté en plusieurs endroits. C'est un travail des dernières années du XVI* siècle.

MONTCHAUDE. Après La Rochefoucauld, Montchaude est celui de nos châteaux ou un ciseau habile a produit les plus belles sculptures. Il offre une délicieuse habitation, et tout y sent cette grandeur des anciennes familles qui tenaient à perpétuer les traditions d'urbanité et de gloire auxquelles la France et l'Europe ont dû si longtemps leurs mœurs chevaleresques.

On peut fixer au milieu du XVI* siècle la date de cette élégante construction. Elle fui bâtie par les Saint-Gelaiâ, dont le fief de Montchaude était le patrimoine dès le XIU* siècle. Dans le jardin, on voit, à l'arceau d'une voule élevée au-dessus d'une fontaine, l'écusson des Siint-Gelais. On remarque, dans la décoration des façades, des arabesques d'un goût exquis.

RENCOGNE. Le joli château de Rencogne, situé sur la rive gauche do la Tardouèrc, a été construit à deux époques différentes. U maison d'habitation, qui conserve encore une galerie extérieure en bois, fut bâtie, vers 1519, par Jean Maindrori, seigneurde Cressiec, et Marie Raymond, son épouse. Parmi les colonnes qui soutiennent la galerie eu bois, une est torse et son chapiteau porte deux écussot.s. L'un d'eux donne les armes di' Jean Maindron ; l'autre les mêmes armes, ocartelées de celles de Marie Raymond. Or l'inscription de la cloche de l'église de Rencogne les mentionne comme seigneurs de Cressiec en 1519.

1 C'est vraisemb'ablement François Nesmond, qui fut président au parlement de Bordeaux. Il fut échevin du corps-de-rille d'Angoulème juftqu'en 1480. La branche de ce François Nesmond possédait encore la terre de Maillou en t'tO, époque où les Rimbaud l'achetèrent de- Catherine de Sesmoud. comtesse de Seianne, dernière héritière de cette branche, et mûrie sans postéiitj. (Voy. Vigier de U Pile, pag. 1*9.)

La lour carrée de l'est a été Italie en tr>S8, comme on !o Ut sur la porte du premier étage. Le reste du château est de 1580. Celle dernière date se lit sur uuc porte historiée avec plus de luxe que de pont, servant d'enlive aux servitudesdu château. On voit sur cette porte plusieurs Glissons en ovale, entourés du corJon du Saint-Esprit, mais complètement mutilés.

Le château était entouré de douves de trois cotés. Au nord, il était défendu par l'escarpement du terrain. J'ai vu une très-jolie figurine en bronze trouvée dans les fitssés, jeté* la sans doute lors des pillages des guerres de Religion.

ROCHECORAL. Ce château est célèbre par ses grottes, dans lesquelles Calvin se réfugia. Ces grottes sont au flanc d'un rocher à pic qui domine la Charente ; on ne peut y parvenir qu'au moyen d'une échelle; et comme le château est isolé du rocher où elles sont creusées, on prétend qu'autrefois un pont-levis, partant du premier étage, servait a y conduire.

Dans une des grottes, un trou circulaire assez profond et creusé de main d'homme pouvait servir de cachette. Un couvercle en planches s'adaptait à l'orifice de ce trou ; on voit encore la feuillure destinée à le recevoir. C'était peutêtre un silo. La maison d'habitation n'a rien de remarquable.

SAINT-BRICE. Ce château, peu intéressant au point de rae monumental, est connu dans l'histoire par te séjour qu'y fit Catherine de Médicis et par les entrevues de cette princesse artificieuse avec le jeune roi de Navarre, pour le mettre dans ses intérêts. On montre encore l'appartement occupé par la reine. D'assez bonnes peintures du temps y ont été conservées. L'histoire de Psyché et de l'Amour est peinte au lambris du plafond. Les murs sont décorés de fleurs, de fruits et de diverses arabesques.

SANSAC. Une des illustrations de l'Angoumois au XVI* siècle a été Loys Prévost, seigneur de Sansac, compagnon d'armes de François I". 11 fut gouverneur de l'Angoumois en IS.'JO. C'est à cette époque qu'il faut fixer la construction du château de Sansac. La façade du corps principal est décorée d'un ordre d'architecture dans le style du temps. Les pilastrt-s sont surmontés de chapiteaux travaillésavccgoûl. J'ai vu dans la grande salle une pierre, détachée sans doute de quelque cheminée, sur laquelle est sculpté l'écusson de Loys de Sansac, entouré du collier de l'ordre du Saint-Esprit.

Ce château, d'un bon style, mérite d'être mentionné parmi nos monuments du XVI* siècle dignes d'intérêt.

VILHONNEL'R. Château délabré do la fin du XVI* siècle. — Très-jolie tour d'entrée. — Coquilles d'ornementation au parapet des mâchicoulis.

VILLARS MARANGE. Élégante construction de la fin du XVI' siècle. — Décoration bizarre du couronnement de

l'édifice.

AUTRES CUATEAIX MJ LA *ÊKE ÉrOQt'K DOTT l'aRCIIITECTI IIP. KST MOUS REMAROI AIVLE.

Aisccq.

Blunzaguet. — Cn joli portail d'entrée.

Belleville, près de Feuillade.

Chcnon.

Chillac.

Flaville.

Gondeville.

Goursac. — Une tour carrée sur la cheminée de laquelle on voit un écusson écarlclé. Le 2 donne les armes de Devescau ; le 5 celles des Dauphin, seigneurs de Goursac

La Tour Garnier. (Voy. plus haut, pag. 327.)

La Tranchade. — Plusieurs parties de l'est du château, qui ont des coquilles d'ornementation au parapet des mâchicoulis.

Le Dreuil-Goulard, près de MontrJean.

Le Chàtelard.

Le Fa. — Château des Sainte-Bermine, en partie démoli. — Une très-jolie porte sculptée attenante au monument romain du Fa, et servant d'entrée a un vaste corridor qui

Le Gazon, près de Cherves.

Les Brctonnières, près de Roullet.

Les Ombrails, rendez-vous de chasse honoré de la pré sence de François 1".

Les Plassons. — Grand corps de logis avec pavillons carrés. — Charpente cn tiers-point. — Bâti parles Bouchard, branche bâtarde des Bouchard d'Aubelerre.

Menet, près do Montbron.

Monlégon.

Puychcnic. — Reste de peintures du temps.

Puygati, près de Chadurie .

Roche-Bertier. — Tourelles aiguës.

Sers.

Scée.

Torsac.

Nous terminerons co paragraphe sur l'architecture militaire par la description des enceintes des villes au moyen-âge, et des redoutes élevées durant les guerres du XVI* siècle.

Les luttes des seigneurs entre eux, le besoin de sécurité personnelle lorsque le peuple, composé de bourgeois, de marchands, de gens de

métier, commença à se donner l'existence de la corporation, durent engager les habitants des plus petites villes à s'entourer d'une enceinte qui pût les protéger en cas de guerre, ou au moins les mettre à l'aori d'nn coup de main.

Ce fut vers la fin du XII* siècle et pendant le XIII', qu'eut lieu cette organisation des petites villes, qui se compléta au XIV*. Elle occupe dans l'histoire du moyen-age une place importante. La féodalité, jusque-là si complète, se trouve entamée par une force rivale, qui un jour dominera tout.

Une ville pouvait se fortifier de deux manières : ou sous la tutelle et à laide du seigneur, et dans ce cas la ville devenait comme uue annexe de l'enceinte féodale, comme un faubourg du château; ou bien dans une pensée d'indépendance du seigneur, et alors les habitants se constituaient de fait en commune, créaient leur magistrature bourgeoise, et chercliaient dans la protection royale, dans une charte, une existence légale qui leur permit de lutter contre la puissance jalouse des seigneurs. Le Périgord, TA gênais, le Qucrcy, provinces voisines de l'Angoumois, comptent un grand nombre de villes organisées de la sorte.

En Aiigouinois, pays féodal, il n'en est pas de même : c'est constamment sous l'œil du seigneur, par sa permission, ou plutôt par sa volonté, par ses ordres, que s'élèvent les enceintes des petites villes, groupées aux pieds des tours des ebateauxforts. Il est évident que, trouvant secours et protection de la part du baron, roi de la contrée, elles étaient heureuses de la sécurité qu'elles devaient à la puissance de son bras. Cognac, Confolens, La Rochefoucauld , Barbericux, les plus importantes villes de l'Angoumeis, s' étaient formées lentement Leurs habitants é tuent en général les gens d'affaires, les marcJwnds, les artisans, qui vivaient presque du château et en formaient la cl uxiLelkx. Daus les nombreui documents que j'ai compulsés, je n'ai pas

d'indices de ces luttes des communes naissantes contre les seigneurs, luttes qui donnent tant d'intérêt à l'histoire de plusieurs provinces voisines de la nôtre.

S'il y avait exception à ce que je viens de dire, ce serait pour Angoulème. Mais ici il faut réfléchir qu'Angoulèinc, ancien mnnicipe romain, n'a jamais eu de libertés à conquérir sur le comte, d'indépendance communale à s'assurer, puisque les comtes ne furent primitivement que les consuls de la cité, titre qu'ils prenaient fréquemment, qu'ils conservèrent très- longtemps, lors même que. par une lente usurpation, ils absorbèrent dans leur puissance militaire le plus que possible des libertés municipales.

E LlNOOlMOlS FORTIFIÉES AC MOYEN-IGF.

Jaro-ic.

La Hodicfoucauld.

MurtlMMi.

Muntlx-ion.

RuHVc.

AnRoukW.

Aulxt.rn;.

rtaKoc.

I!l.iii7.ac.

Cognac.

Il est douteux que les villes de Chabanais.

Chalais, Chàteauneuf, Manies, Moutmoreau, Verteuil, Villebois (la Vallotte), qui presque toutes, dès le XIV* siècle, portent le nom de ville, aient jamais eu de fortifications; du moins, il n'en reste ni vestiges sur le sol, ni souvenir dans les traditions locales. Quand on lit (Lins l'histoire que ces villes, comme Chalais, Chàteauneuf, Verteuil. ont soutenu des sièges, il faut l'entendre du château de chacune d'elles, dans lequel les habitants se jetaient à l'arrivée de l'ennemi *-

ANGOUl.EXfE. Nous donnons ici le plan d'ÀngoulAme tel que Corlieu l'envoya à Bellcforest pour sa Cotmographie universelle de tout le monde «. Cctle Tieille gravure

* Cependant Cassini indique sur sa carte, comme ayant dis enceintes murales, Chabanais, La VatleMe , Montmoreau, Vitteuil. Obalais, Sefonxac. Uanlea. 11 place par erreur Manies «tir la riva droite de la Charente, pendant qu'il est sur la gauche : c'est peuWtre une faute du grareur de la carte.

» . Le susdit de Corlieu nous a envoyé et la description et le plant que je vous veut tey représenter, aQn que tous rorei la figure d'une des belles place* de Goienne et tendiei grâces a cluy

t. S-Wrttc.Eglire Cithcdwle. i. {.tannin.

». S.Andic.EglifcCoIlcgUlc. ■>. S.Viotw.

J. L« (icobint . », $ Piul.

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