CHATEAUX
L» DATE RST ASMCKKK FAR L'HISTOIRE OU PAR LES CAIl.tCTKRR» ARCKÉOLOGIQL'rS.
I» Pu IX' ..iclf au XIII'.
!, U Châlclel.
— k-palai» Taille-fer.
Amone.
Avuie.
BVtcloville.
BourR-Clarente, en partie.
Rrilhât.
CIi.i!p,ui:ih, i>n partie.
Cliâieaii-Regnaud.
Confnlens.
Crcssit'c.
La Chaise, en partie.
La RocliÉ'-Chatidry, en partie.
La Rochefoucauld, en partie.
Mari il lac.
Martlion.
Mcrpins.
Montignic.
It<xlii ( raud.
Touvre.
Villebois, en partie.
ANGOL'LEME, LE CHATEI.ET. Une élude allenlive du Châtelel d'Angoulêrao no me permet pas de douter que celte forteresse ne soit de la fin du IX* siècle. Bile fui bâtie vers 886 par Aldoin I", deuxième camte héréditaire d'Angonmois. Quoique les paroles de Corlieu ne s'appliquent pas spéciulement au Châtelet, elles onl cependant une valeur historique, parce que, de tous les autres comtes d'Angoulème, Aldoin est le seul qui soit mentionné comme ayanl fail travailler à la reconstruction de la ville, après qu'elle eut été démantelée par les Normans :
■ Aldoin, fait coralc d'Angolesme , voyant quo sa ville qui autrefois avoil este démantelée pnrPcpin, père de Charlemagnc, et naguère prinse el ruynée par les Normans, se print â la rebastir et relever les murailles d'icelle, tant que â l'aide des genls du pals, il parvint en peu de temps à ce qu'il désiroit, et la rendit si forte que co futdeslorsle pro.'.ugnaclc et seur refuge de tous les peuples de pardeça 1 » Or la forteresse, le casltllum de la ville a dû occuper la première pensée du comte lors de cette restauration.
Ce qui reste du Chàlelet porte évidemment le caractère des constructions féodales les plus sévères. Corlieu le décrit tel qu'on le voyait au XVI* siècle : « Ce qui s'y trouve de plus vieil H remarquable est le Chatellct qui sont trois grosses et hautes tours d'ancienne fabrique et de figures ronde, et unesexagone, etdedanscelle-cy uneaulre ronde, lesquelles tours disposées en forme quadrangulaire et se flanquans l'une l'autre, font un donjon fort à merveille, deffendu du coslé qui regarde la ville d'un profond fossé taillé en roc à fond de cuve, le tout derechef renfermé d'une forte ceinture aussi fb&soyéc et flanquée. Cette lour à six pans est appelée communément la tour Preint ou Prcgnant, comme si on vouloil dire qu'elle fust enceinte de l'autre
' Recueil en foimc dhuloire, poge 1».
tour qui est dedans, et estoit autrefois l'espace entre ces deux tours, Tait à estages, desquels on combattoit pour la dcITense de la place, chose non moins belle à veoir que forte et indusliieusement laide 1 . » Cette description est très-utile pour reconnaître le vieux édiûce au milieu des constructions modernes qui lui ont oté tout son caractère féodal. Moins heureux que beaucoup d'autres villes telles que Niort. Pons, Angers, dont le rastrUum est encore debout, Angoulême M peut montrer du sien que des tours rasées au tiers de leur hauteur et levant tristement leur tète privée des parapets à créneaux qui la ceignaient comme d'un diadème.
f Les quatre tours, réunies sans doute par un mur crénelé,! formaient une forteresse quadrangulaire que des
fossés profonds défendaient du coté de la ville. De plus un* ceinture de courtines al de bastions s'élevait au-delà du fossé et allait sa confondre avec le rempart de la ville qui, dans cet endroit, a beaucoup d'élévation. On peut reconnaître, au bas du rempart, le reste de quatre des bastions de «aie enceinte. La porte extérieure de la forteresse se trouvait en face de la rue qui descend à l'Iloumeau, vis-avis de la tour la plus rapprochée du rempart. L'on voit encore le passage souterrain qui conduisait de cette tour & la porte extérieure. Peut-être même c'était le seul moyen de pénétrer du bas du rempart dans l'intérieur de la citadelle. Tel était l'ensemble du Chàtelet. Donnons maintenant quelques détails.
ruN m ciuteut d'ahsociJxi,
Ci;
(Écbetu a» t mSUm f" ■* « I
"jNous venons dedire]qu'il ne reste plus rien de l'enceinte extérieure du coté de la ville. En commençant à l'est, nous trouvons la tour, W 1 . Elle a été rasée et n'a plus qu'un étage, Lors do su construction primitive, elle n'avait pas de voûtes à l'intérieur si ce n'était sans doute celle qui formait la plateforme. A une époque bien postérieure, on
I Recueil en forme d'histoire, pag<> S.
fit auerei-de-chausséo et au premier étape deux < ogivées à six compartiments séparés par des nervures qui reposent sur des consoles. Le travail de ces voûtes cl de
cheminée au rei -de-chaussée. Cette XIV siècle.
La tour n* 2, au nord, se compose également d'un M de-chaussée et d'un étage. Le rez-de-chaussée est formé
DE LA C
par une belle voûte eu coupole ; l'élage n'est pu voûte. Ces deux touw n'étaient éclairées que par des embrasures de 0" 8 e de largeur sur S- de hauteur. Ces embrasures si étroites, à travers des murailles d'une aussi grande i'uatasciu' ne iiouvdient dos servir ù la défense. Aussi ne préseiaUiol-elles & l'œil qu'une fente longitudinale qui ne ressemble eu rien à ces meurtrières ingénieusement construites pour lancer en toute sécurité des traits sur les assaillants.
La tour a" 3, au sud, est semblable à celle du nord, et voûtée comme ellu ou coupole. Un y a pratiqué plus tard une cheminée, on a fermé les meurtrières et ouvert des fenêtres carrées comme dans les autres tours. Plusieurs de ces ouvertures sont de date peu ancienne.
La plus curieuse des tours du Cbàtelet est le n' 4, à l'ouest. C'est celle que Corlieu appelle la tour Preiu ou Prcguant. Il prétend qu'elle est à six pans, mai* c'est une • erreur; elle forme un trapèze ceignant aux deux tiers une tour circulaire. La tour est beaucoup plus ancienne que le re6te de la construction, avec laquelle elle n'a aucune liaison d'appareil. Elle se compose d'un rez-de-chaussée et de doux étages. Le rez-de-chaussée a une voûte en coupole. Le premier étage n'est qu'un simple corridor transversal auquel est ajouté, a angle droit vers le milieu de la tour, une petite aloove de mémo largeur que le corridor '. Le second étage est voûté en coupole. On remarquera la fenêtre de cet étago : elle est en plein cintre; elle a 1" 50 e de hauteur sur 0" 25° de largeur. La ceinture en trapèze de cette tour a également une fenêtre en plein cintre au même étage, mais d'une plus grande largeur. On comprend qu'on ail pratiqué ces fenêtres donnant dans l'intérieur du ceuteUum, pendant qu'au dehors, d'où l'on avait a redouter l'escalade, on a fait des embrasures étroites.
Les embrasures de la tour u* 3 et de la tour Prcin dif- Jèrent de celles des deux autres. Elles ont les mornes dimensions, mais ellessonl entaillées aux deux tiers de leur hauteur de deux petites rainures en queue d'aronde, destinées à faciliter l'émission des traits au dehors. Ce caractère archéologique indiquerait, pour la tour n* 3 du sud cl la ceinture en trapèze, une époque moins ancienne que pour la tour n' 4, entourée aux deux tiers, et les deux autres tours n" 1 et 2
Les tours sont construites en appareil moyen, de calcaire coquUlisr dur, appelé vulgairement piene <U l'orokr. Elles sont d'une grande solidité; leurs murs ont 4" d'épaisseur.
1 Imz condamnés à morttoDt eiMiliaiiié-i dans u4 inlonctunant, qui n'a pu même aises de longueur pour recevoir te lit où il*
AJŒNTE. 207
La tour ronde de la tour Frein n'a que 5' d'épaisseur, mais aussi elle a un moindre diamètre.
ANGOULEUE, PALAIS TAILLE- KER. Ce palais se trouvait au centre de la ville, dans un vaste emplacement occupé plus tard par le couvent des Tiorccllcttes. C'est le terrain situé en face de l'église Saint-André, compris entre la ruo Taille-Fer, la place du Nûrn r, la rue de Beaulieu, et celles desTrois-Notre-HamectduSoleil.1l fut construit, de980 à 1028, par Guillaume Tuille-Ker II '. Les comtes, jusqu'à certe époque, avaient fait leur habitation de la citadelle, bâtie par Akloin. Quand cessèrent les guerres sanglantes du X' siècle, ils voulurent se donner un palais moins sombre, dont l'enceinte renfermai de vastes jardins. Telles nio-urs, telles habitudes. L'âge cbcvaleic-squo remplaçait l'Age de la barbarie féodale. Commencé par Guillaume iT.oo palais ne fut terminé que par ses successeurs. Le seul débris intéressant qu'on remarque dans la rue Taille-Fer, est un édifice* orné au nord, à son pignon, de deux fenêtres d'ogive romane. Ces deux fenêtres, décorées do colonnes engagées, surmontées d'une archivolte à étoiles, appartiennent au style de transition de la seconde moitié du XTT siècle. Vipiei nous apprend que ce palais s'appelait UChileau'Je la flwnt'. Ysabel l'habita sans aucun doute depuis son arrivée d'Angleterre jusqu'à sa mort. Les terrains pour la construction du grand château d'Angoulême, appelé alors le Château Neuf, ne furent achetés qu'en 1229. La comtesse reine mourut en 1243. Cet espace de quinte années, entrecoupé encore par la guerro funeste que Hugues et Tsabel soutinrent contre saint Louis, est trop court pour que le château dont ils sonl les fondateurs ait pu être habité par eux.
Je fais aussi une remangue :
Dans l'architecture miliiAim on suit une marche inverse de l'architecture religieuse. Quand une ahbaye fe fonde, ce qu'on bâtit avant tout, c'est l'église, et dans 1'égliBp, l 'abside, lcsanctuaire;cela s'explique, c'est le besoin de la prière, de l'adoration, du sacrinoe. Quand on construit le
i « Quaiil ft ses édifteos, il fit (air* en la ville un palais pour «a demeure, pris l'église Saint-André. dm|ue] un voit encore quelqueireates pour le jourd'liuy» (Recueil eu forme il'hinioiir, pug. 17).
* Il sert «njourd'hui de dépôt aux minutes des anciens notaire* de l'Angoumois. C'est fane un usa^e bien approprié «le ce iiRiiiunwl; mai* pourqwi», il v a peu d'aoûts*, pour ahftiier la rua, ea a-t-oo abatlu la focade? Qnand aurons-nous bien appri* qa'il UMI qu'use rue Uum un au«i« plutôt <n» de reinverser un wiificc «pu intérêt*» l'bisaowe, et auquel te raliacbc juttemem l'orçueil national?
• «On attri b ue à GuiUanme ta consuuction iiu château de* Tailk-Kar, nommé ensuite de U Reine, d (Ihtloire de l'Angoumois par Vigier de la Pt*. page il.)
clwleau féodal, c'est IVnceinte avec s*s murailles épaisses el ses bastions crénelés qu'on élève d'abord ; ensuite le donjon, et en dernier lieu la maison d'habitation proprement dite. Ysabel n'a donc pas pu habiter le nouveau château dont elle ût jeter les fondements. En nous appuyant de l'autorité grave de Vigier, nous pouvons dire que c'est le palais Taille-Fer, et non pas le château placé au raidi de la ville, auquel la tradition a conservé le nom de ChdUau de la Rein*.
ANZONE. Le château d'Anzone, appelé aujourd'hui Andone\ est une des plus anciennes constructions de ce genre dont il soit fait mention dans nos annales. Corlieu nous apprend qu'il fut démoli au commencement du X* siècle par Guillaume, qui porta le premier le nom de Taille-Fer : «... Et bastit le chastcau de Montignac des pierres et matière du château d'Anzone qui estoit là près, lequel il ruyna*. » Les restes de ce château se trouvent au-dessous du château de La Barre, commune de Villejoubert, à environ 4 kilomètres, nord -est, de Montignac Ce château était admirablement fort par sa seule position naturelle. Il occupait le plateau d'une petite colline qui s'élève à une grande hauteur. Pour rendre ce monticule plus escarpé, l'on creusa de larges fossés à sa base, cl l'on porta les terres sur la plate-forme. L'enceinte, a peu près circulaire, peut avoir 1 00 mètres de diamètre ; du fond des fosses au niveau de la plate-forme, il y a plus de 20 mètres de hauteur. Les murailles de l'enceinte étaient construites, non pas du calcaire compacte du pays, mais de la pierre d'agrégation siliceuse, qu'on appelle grison. Inattaquable au feu et à la gelée.
Un bois de haute futaie couvre aujourd'hui ce monticule majestueux, au pied duquel se trouve une abondante fontaine, l.e travail de la main de l'homme a presque disparu, la nature est restée la môme. Le chêne, ami de cette terre fertile, est revenu germer sur les ruines et montrer ses colonnes séculaires, à la place des épaisses murailles du premier âge de la féodalité.
Le glacis de la contrescarpe est sillonné, du coté du midi, de plusieurs buttes de terrain allongées, présentant de larges remparts do terre espacé régulièrement cl rayonnant autour dos fossés. Je n'ai pu en expliquer ni l'origine ni le but.
< Pans le cartu taire de Sainl-Amand do Bocxe, il est fait mention d'Anzone : « AdemarutCigoniarum... do Sancto Amantio... uiuim twd/irirtm in An*una... » (Cor lui. S. Amant. Bux. 36.) Dtkiu uni- Uulletle du 4 janvier IIIS, il est appelé « le château d'Oionne » (Cartut. id.), et dan* un acte du il octobre 1 60U, je trouve a Jean Hoirie, escuyer, seigneurde la Barre f l de la Moine d'Andone, par" de Villejoubert » {Arçh. char., liasse tl). » IWcucil en forme d'histoire, page 17.
AYSIB Le Château d'Aysie est sur une éminence au. dessus de la Charente. Il est entouré de douves du coté où le terrain n'est pas escarpé. Il n'en reste qu'un mur de 8" de hauteur, en petits moellons noyés dans le ciment. Il doit remonter aux premiers temps de l'époque féodale
BERDEVILLE. • J'ai veu par la charte de la fondation de l'église de Chasteauneuf-sur-Cbarente, que anciennement le lieu de Chasteauneuf n'estoit qu'un petit bourg appelé Bcrdevillc, où y avoit un vieux chasteau qui par accident fut bruslé en l'an mil quatre vingt et un, et d'autant que ce chasteau fut rebasli à neuf, le lieu perdit son premier nom el fut deslors appelé Chasteauneuf*. » C'est loseul renseignement que nous ayons sur ce château féodal.
Il reste encore quelques débris du château reconstruit en 1081 : la base d'uno lour avec ses caveaux voûtés, et le mur extérieur de l'abside de la chapelle, qu'on distingue facilemeut à ses pilastres. Ce second château fut démoli à une époque reculée dont la tradition locale n'a conservé aucun souvenir. Une troisième construction, probablement de la fin du XVI* siècle ou du commencement du XVH*, s'éleva avec luxo, à en juger par les fragments que j'ai vus dans des démolitions ; mais ce dernier travail n'a pas eu lui-même de durée.
De beaux souvenirs historiques se rattachent à Châteauneuf. Culte grande seigneurie fut longtemps l'apanage d'une branche des Lesignans, comtes d'Angouléme. Dans les guerres anglaises, il offrit une grande résistance aux armes du duc de Berry, frère de Charles V. « Les archers d'Angleterre, dit Froissant, qui tiennent le chastel, aspresment combattent el ne demandent merci qu'après plusieurs assaults, moult grants et périlleux.» Ce siège, selon Corlieu, avait duré plus de quatre ans, et le roi luimême y fut présent. Le château fut pris sur les Anglais en 1386».
BRILHAC. Selon la notice de M. M de Vcrdilhac \ le château appelé la tour de Brilhac était bâti en gros quartiers de pierre liés par un ciment qui avait une grande dureté. Je pense toutefois que c'est une erreur de lui supposer une origine romaine. Brilhac bâti en appareil moyen de granit ù gros grain, comme le château de Confolens
i « Haut et puissant seigneur Henry do Volvire, marquis d« Ruffrc, » est nommé, 'tins un acte tiaptisiaire du 1S décembre 161S, baron d'Ame (Pap. bapt. de 8. André et S. Benoist de Runec).
• Heciiei) en forme d'histoire, page Î0.
• Bulletin do la Société archéologique et historique de la Charente, 1 S«5, page! SS. — Not. sur Cliateaunouf, par M. do Chance).
» Bulletin de la Société arcliéologiqiie et historique de la Cl»rente, I8*«, page 15.
n'était pas antérieur au IX* siècle, mais il pouvait avoir remplacé une vigie romaine. La notice que je viens de citer nous apprend que ce château féodal fut détruit et rasé par les troupes du roi, sous les ordres du sieur de Sauvebeuf, probablement dans les guerres de Religion. Il fut ensuite reconstruit à la mod.'rnc, et démoli encore à la Révolution.
BOURG-CHARENTB. Dès le XII* siècle, Bourg- Charente était une seigneurie d'une grande importance '. Le château féodal, d'un côté s'élevant à pic, cl de l'autre défendu par un large fossé taillé à fond do cave dans le roc vif, était une place très-forte qui fermait le passage de la Charente, et a dû jouer un grand rôle dans les luttes incessantes du moyenàge. Il ne reste de celle forteresse que ses douves et quelques soubassements de terrasse. Dans les premières années du XVII' siècle, il fut remplacé par un château de style moderne.
CHABANAIS. Cabmisium, est un des lieux les plus anciens de l'Angoumois. Nous donnons ici le tiers de sou d'or dont M. Castaigne a parlé plus haut, p. 1*5.
D'un coté, une téle avec la légende : cmKisio.
Au revers, une croix entourée d'un grenetis, avec la légende : f lkodtlto 10 {Lrodtilfo monetario). Ce monétaire a été trouvé près de Rochechouart ; il a appartenu à M. Ardant, numismatislede Limoges, qui n'en a conservé qu'une empreinte.
Il ne subsiste, du château primitif de Chabanais, que le mur en granit qui s'élève au-dessus du pont de la Vienne, et une tour carrée à contreforlsélroits, égalementconstruile en granit, placée à 67" au-dessus du pont. A juger de ces restes, on peut faire remonter le château aux premières années du IX' siècle. Le mur parallèle à la Vienne, el qu'elle cherche vainement â ébranler dans ses plus fortes crues, servait de fondations à ce château primitif. Il s'élève encore de quelques mètres au-dessus de la cour intérieure.
Une construction féodale plus récente remplaça ce premier château. Je ne la crois pas antérieure aux premières années du XIII* siècle. Elle sera décrite plus bas.
Les sires de Chabanais ont joué un grand rôle dans
• Donation de Bertrand de BourgA l\»bbaye de Chastrei, 1198.
notre histoire provinciale. Guerroycurs cl fondateurs d'églises, ils nous apparaissent à ces époques où tout possesseur de grand fii-f a sa part de royauté et de gloire.
Ctl ATR A U-REG N A U D . Chateau-Regnaud est une superbe ruine féodale, sur les bonis de la Charente, près de Fonlenille. Des pans do murailles fortement cimentées, couvertes de lierre, se dressent fièrement sur la molle gigantesque dont elles défendent l'accès. Cette motte est en partie artificielle; elle est de forme oblonguc. La position de ce mamelon, coupé A pic d'un coté et baigné par les eaux de la Charente, de l'aulrc défendu par son élévation même et ses fortes murailles, en Taisait un des châteaux du pays les plus faciles â défendre. Le plus ancien document que j'ai trouvé sur ce fief, est un aveu de la châtellcnie de Cbâteau- Regnau d, rendu au comte d'Angoulèmc par Jean dcNossay, le 21 mai 1460'.
CONFOLENS. Confluent. Le château de Confolens remonte aux lomps les plus reculés de l'époque féodale. Sa position au confluent de la Vienne et du Goire, sur la croupe de la colline aux pieds de laquelle la ville est bâtie, le rendait d'un accès difficile. Ce qui en reste a encore un caractère imposant. Le château se composait d'un carré flanqué aux angles de quatre tours carrées. Le genre de celte construction est sévère. Elle est en appareil moyen de granit fortement cimenté. Les murailles ont une grande épaisseur. La partie sud n'a pas encore été démolie ; elle s'élève en plusieurs endroits de cinq â six mètres.
En 1 61 4. les consuls do la ville de Confolens firent placer dans ce mur une pierre portant les initiales de leur nom, leur écusson cl le millésime, comme souvenir de leur administration ( voy. plus haut, p. 121). Les libertés communales ont eu le sort de la féodalité; elles ne sont plus comme elle qu'une vieille page de l'histoire. L'humanité a devant soi un autre avenir.
CRESSIEC. Le château de Cressicc est une ruine intéressante qui domino l'entrée des célèbres caves de Rcncogne. Vigier en fait remonter l'antiquité au IX' siècle, et j'adopte son opinion. « On y voit encore plusieurs marques de retraites pratiquées, dans ce temps-là, contre les pirateries des Normans. Do vastes souterrains régnent sous l'église de Rcncogne; des portes sont taillées dans le rocher avec des gonds de fer d'une grosseur prodigieuse. On nommo ces concavités les grottes de Rencogne. Les bâtiments extérieurs ont été détruits, à la réserve d'une petite tour qui subsiste encore proche de l'entrée de ces souterrains'.»
< Hommages et aveux du comté d'Aogoumots. Ton). I, n* 77 (Arch. du Roy).
• Histoinj de l'Aneoumois par Vigier de la Pile, page 11.
Voici le plan de cette curieuse tour
PLA35 DE LA TOUR bï.
Au rez-de-chaussée elle forme un mur qui défend l'entrée des caves. La porte d'entrée a perdu ses jambages de pierre de taille, qui ont tenté la cupidité. C'est sans doute à celle porte que Vigiera vu, de son temps, d'énormesgonds.
Le premier étage, adossé contre la montagne, fort abrupte en cet endroit, est muosiftl renferme seulement l'escalier étroit qui conduisait au deuxième étage. La porte d'entrée A est carrée ni Irte-étroile; ou ne pouvait y arriver qu'au moyen d'une échelle. La hçadi qui domine l'en trée des grottes, au nord-est, a 10" 2j c de développement. Le reste est une demi-circonférence régulière.
La construction est on moellon irrégulicr noyé dans un ciment d'une dureté excessive. A étudier la tour dans son élévation, il en subsiste encore 10" 28 e . Tous les trois la tour diminue de diamètre par un retrait. Le du rez-de-chaussée qui ferme l'entrée des grottes a !■ d'épaisseur. On ne peut pas douter que ces grottes n'aient servi de retraite dans les temps d'invasion. A l'intérieur, dans leurs dédales nombreux et inaccessibles, on encore des travaux de main d'homme, destinés sans i à servir de refuge, auxquels on ne pouvait parvenir qu'au moyen d'une longue écbelle.
Jean Maindron était seigneur de Cnssicc en 1519. (Voyez plus bas le mol Jtencoyne )
LA CHAISE, LA C1IIEZE, dans les litres du XVI' siècle, seigneurie située au-dessous du Montberon, sur les bords de la Tardouère. La tour féodale, aujourd'hui isolée, est bâtie sur un rocher dont le pied, à unegrande piofondeur, esl baigné parla rivière. Ainsi que le donjon de La Kocliefoucauld, elle appartient à deux époques : le rez-de-chaussée est du X* siècle, et le reste, jusqu'au crénellemenl, du XVI*.
PLAS N BEZ-DE-CUAl^ÉE H LA I
Il forme un carré de 5" 69'. Les mure ont 1" 75« d'épaisseur. La fenêtre est un petit carré-long très étroit au dehors, et formant un évasement en pic dedans ; elle donne sur la Tardouère. La porte est du l de la construction primitive.
LA BOCIIE-CUANDRY, Hu,„ s Canierici. une < roches d'Angoumois. Le château de La Rocbe-Chandry orne trois époques bien distinctes de construction, l'époque romane, l'époque ogivale et les derniers temps de la renaJssanec. Ses ruines sont encore intéressantes et méritent d'être visitées. Elles occupent un rocher qui s'avance en promontoire, comme pour fermer l'entrée d une prairie immense, arrosée par la Itoesme.
La porte du château était au levant. Pour y pénétrer, il fallait liasse r la rivière sur un ponl-levis. On était alors aux pieds de la roche escarpée. Une tour A, aujourd'hui
PLA.N H CHATIAI! DR LA ROCBE-CHAlfDaT.
(E*WU* de I à JW><>. )
entièrement détruite, et placée i l'angle sud est de l'enceinte, présentait un escalier au moyen duquel on arrivait sur la plate-forme B.
A l'angle nord-est se trouvent les seules parties romanes de l'édifice, si ce n'est quelques fragments des murailles au couchant. Dans les divers démantèlements que cetle forteresse a eu à soufTrir, cette partie a étét ment respectée. Elle est occupée par deux < nés qui seront décriles ailleurs 1 .
LA ROCHEFOUCAULD, rupe roches d'Angoumois. Le plus beau donjon féodal de l'Angoumois est celui du chAteau de La Rochefoucauld, appelé vulgairement Iq tour carrée. Il appartient à deux époques bien distinctes. Le rez-de-chaussée, jusqu'à une hauteur de 16-, est du IX* siècle. Le reste, jusqu'à la plate-forme >t du XV*. Nous ne parlerons ici
1 Voyci, «ur la Rocuo-Cliandrv, la i dp M Paul Sagerac de Forge, Bulletin de la Société arch. et hiat. de la Charnue, Kit, p. SO.
Voy. dam Vigtcr de ta Pile, niât, de l'Ang., p. 1*», d'où dérive le nom de la Roclie-Ctiaudr y et pourquoi celle larre était de Sainl-Jean-d'Angély pour la Juiidictioo, quoique ù d'i
DE LA
[PLAH DC »BZ-D«-CHAU9S1S M LA Tffl * CASUlfu.
Omh,
Le plan est un carré, dans lequel on n'a pas observé une régularité parfaite, selon l'habitude de construire des premiers temps du moyen -âge.
Extérieur, du nord au sud, 12» 06 e .
— de l'est à l'ouest, H- 78 e .
Intérieur, du nord au sud, 7" 65«.
— de l'est à l'ouest, 7-20*.
Le pilier central B a la même irrégularité. Du nord au sud. t" 54'; de l'est à l'ouest 2- 61».
La porte A n'est pas de la construction primitive ; c'était sans doute une fenêtre étroite pour donner de l'air et du jour. Le rez-de-chaussée n'avait pas de porte. On y descendait, au moyen d'une échelle, par une ouverture carrée qui se voit encore à la voûte et qui fut bouchée lors de la reconstruction du donjon, au X V siècle. Ce rei-de-chaussée forme une salle carrée, sans autre ornement qu'un pilier central destiné à supporter la retombée de la voûte. La voûte est en plein cintre, et à sa naissance elle est séparée du mur par une corniche continue qu'on voit aussi, i la même hauteur, au pilier central.
aecorauon extérieure ou rez-oe-enaussee consiste dans deux arceaux en plein cintre qui font saillie sur chacune de ses faces, et s'appuient sur des corniches qui sortent des contreforts. Au midi, l'on ne voit qu'un seul arceau occupant un des entre-deux des contreforts ; l'autre a été maçonné postérieurement. Deux arcades aveugles se trouvent au dedans du rez-de-chaussée, mais d'un seul côté, celui de l'ouest.
Les contreforts ont très-peu de saillie, les uns 0" 30«, les autres 0- 33*; leur largeur est de 0» 80«; ils sont construits en calcaire grossier beaucoup plus dur que celui du reste du donjon, tls s'unissent au mur, où ils forment la chaîne. L'intervalle de ces contreforts est un blocage de petit appareil carré et carré-long, fortement cimenté.
tarente; 2i t
Nous décrirons pins loin les parties du château de La Rochefoucauld qui sont du XIV» siècle. Seulement je ne dois pas passer sous silence l'enceinte féodale dont on voit un beau fragment au nord et a 50- du revêtement extérieur des fossés. Ce fragment se compose d'une courtine d'environ 50" de longueur et d'un bastion de 4- de diamètre. Ces remparts sont entourés d'un large fossé et ont encore 8" de hauteur. Ils soutiennent une plate-forme, changée en jardin, qui formait la. première fortification, après laquelle il fallait encore franchir des douves larges et profondes avant d'arriver au château. Les murs do l'enceinte sont tantôt en petit blocage, tantôt en moellons irréguliers Je n'oserais pas assurer qu'ils soient d'une antiquité aussi reculée que le bas du donjon ; mais ils sont toujours antérieurs au XHP siècle.
Cesmurs d'enceinte se terminaient au-dessous, au moulin de la basse-ville par un bastion, une courtine et une tour carrée, baignés pur les eaux profondes delà Tardouère.
Le bas du donjon et cette enceinte sont tout cequ 'on peut rapporter i la première époque du vieux château de La Roche. Je donnerai plus loin les signes lapidaires de la tour carrée.
MARCILLAC. Bâti vers 866 par Vulgrin I, comte d'Angoulême et de Pérlgord. La chronique d'Adhémar dit qu'il fut élevé contre les incursions des Normans. Il ne reste plus de ce château que la motte féodale. Bile est d'une telle élévation qu'on la prendrait pour une colline naturelle, si l'inspection du terrain ne démontrait pas qu'elle a été faite de main d'homme. Sous les broussailles qui en couvrent les flancs, on découvre à peine quelques fondements de murs à fleur de terre.
Corlieu donne l'histoire des divers événements dont eu lieu a été le théâtre.
MARTHON. Le château féodal de Marlhon s'élève sur un promontoire allongé, séparé, par une coupure, du plateau qui lui est contigu et escarpé de toutes parts. L'enceinte existe encore aujourd'hui presque en entier, rasée & la hauteur des terres.
Le donjon occupe la partie sud-est de l'enceinte : c'est un carré long de 12" sur 10- 50 e . Sa construction est fort remarquable, et, quoiqu'il soit découvert depuis un temps très-reculé, il résiste encore par la pesanteur de sa masse et la force de son ciment. Il se compose d'un rez-de-chaussée et de deux étages. Le rez-de-chaussée présente une bassefosse A de 4 a 80 e de diamètre voûtée en coupole, dans laquelle on ne pénétrait que par une ouverture pratiquée au sommet de la voûte.
, PHX M> DOSJOK DR MAHTRON. .
La porte D qui se voil aujourd'hui, n'était qu'une fenèire étroite. Ce donjon, romracceuxde Chalus, de La Rochefoucauld, de Cressicc, n'avait sa porte qu'au premier étage. On n'y parvenait que par un escalier de bois qu'on détruisait en temps de guerre. Les murs du bas de la tour ont, à l'est et à l'ouest, 3™ :;u c d'épaisseur; au nord et au sud, 2" 80'. Les contreforts ont peu de saillie.
Le premier étage est voûté en ogive romane; on a ménagé dans le mur de l'est un corridor étroit, et à l'angle sud-est un escalier pour monter à l'étage supérieur. Les murs n'ont plus ici que 1» 70' d'épaisseur.
Le second étage a lo mime plan que le premier; mais il est presque entièrement démoli.
L'histoire de ce château est fort obscure. Il y a peu de faits intéressants qui s'y rattachent
« MER PINS est un fortchasteau près Coignac, qu'on dit avoir esté basly par Charleroaigne '. » Détruit par les Normans, il fut reconstruit plus lard, et devint une seigneurie importante qui, avec Cognac, forma souvent l'a|«nagc des fils du comte d'Angouiéme.
^es Anglais s'en emparèrent et le conservèrent longtemps; il fut repris sur eux en 1376 par le duc de Berry, frère du roi Charles V.
MONTIGNAC. Monlignac, comme nous l'avons vu, fot bâti, paT Guillaume Taille Fer, des débris du château d'Anzone. Il reste encore du château de Monlignac le rezde-chaussée d'un beau donjon à contreforts peu saillants, une porte d'entrée flanquée de deux tours, qui no remonte pas au delà du XIV* siècle, et les remparts qui soutiennent les terrasses. La partie la plus ancienne est éviJcmment lo donjon ; mais il ne faut pas en rapporter la construction à Guillaume Taille-Fer. Il est plus probable que c'est Vulgrin II qui le fit bâtir (1120-1140). Voici en quels termes Vigier, d'après Corlieu, mentionne celte construction.
« Vulgrin fit le siège du chaleau de Montignac dont Girard de Blayc était maitre et qu'il défendait avec plusieurs barons du Poitou et de la Saintonge. Ceux-ci qui avaient fortifié le château le défendirent d'abord vail-
» Recueil en forme d'histoire, nage «8.
Uniment. Le siège fut long et meurtrier. Les assiégés abandonnèrent enfin ce fort nuitamment à petit bruit, et S'enfuirent. L« comte s'en empara et en fit hommage à Girard, évèque d'Angouiéme, comme étant de sa mouvance. Il y bâtit une tour haute et forte, qu'il entoura, ainsi que le château, de très-bonnes murailles; c'est la tour qui reste aujourd'hui '. »
Ce qui reste de ce donjon est encore remarquable 1 . C'est un carré long de II- 50' sur 15- 40'. Il est bâti en gnjonbien appareillé, flanqnésurchaqueraccdecontrc-forts qui n'ont que 0* 2S r de saillie. Il y aqualrecontre-fortssur les plus longues faces et trois seulement sur les plus étroites.
Les murs ont S» 52 4 d'épaisseur. On y entrait par une porte eu plein cintre; la salle intérieure, voûtée en plein cin Ire, est éclairée par une fo/iêtre carrée de 1 ■ 66 e de hauteur sur 0" 33 e de largeur.
ROCHÊRAUD, Ruprs F.xjrauii. C'était une des plus anciennes et des plus belles seigneuries de l'Angoumois '. Toutefois nous n"avons pas sur Rochéraud de documents antérieurs au XIV siècle'.
Il ne reste du château qu'un pan de mur de 2" d'épaisseur, qui s'élève à environ 10- de hauteur. Ce fragment appartenait au donjon, partie évidemment la plus ancienne. La construction indique l'époque la plus reculée de l'âge féodal ». La fenêtre principale esl carrée au dehors et en plein cintre au dedans. On remarque, sur le crépi de U voussure d'intérieur, des lignes de peinture rouge formait des rcrends de pierre.
Le château s'élève sur deux mottes naturelles, exhaussées de main d'homme, séparées l'une de l'autre par une large douve. Il esl probable qu'on ne pouvait parvenir au château principal qu'après avoir traversé la tour carrée qui occupait la motte la moins considérable.
TOl'YRE, Tahtra. La source de la Touvre, dont j'ai déjà parlé, forme un de3 paysages les plus grandioses et les plus pittoresques dont le regard puisse être frappé. Une large rivière sortant tout-à-coup d'un gouffre prorond, et commençant à porter bateau â sa source même, puis s'éten-
* llis'oire de l'Angoumnis par Viper de ta Pile, pag. St .
t U>r& de la démolition de ce château, on trouva beaucoup de pièces de la monnaie d'Angouiéme.
* Vigier nous apprend que c'élait une de* quatre roches d'Angoumois (La Rochefoucauld, la Rochebeaucoim, U Rnchc-Chandry, Rochéraud). Histoire de l'Angoumois, page 149.
4 « Atanu* de Intulit ilomkcllut dominvt de Rupt Eyraudi...* (Charte de 1308. Arclt. Char. , liasse tJ9 )
* Rochéraud est «Mûrement un des premiers châteaux bâtis par la barons de l'Angoumois au IX* siècle. Toute la rudes» de construction de cette époque s'y trouve. Cette belle ruine mérite d'être visitée.
danlen une vaste nappe d'eau, dont les rivassent cou- par un mur qui verts de roseaux au sein desquels d'innombrables f,inull< s d'oiseaux trouvent leur abri; fraîcheur, limpidité, mouvement; gouffre dormant dont l'u'il ne cherche qu'en tremblant à sonder la profondeur, gouffre vomissant qui, ayant reçu l'eau sons une arche de rochers au fond de l'nbime, la rend impétueuse et presque jaillissante; voilà ce que la nature vous offre d'abord. Mais la main du l'homme est venue ajouter à la majesté du tableau. Elle a jeté uno immense construction féodale sur la colline creusée en entonnoir qui domine à pic le gouffre silencieux. Elle a élevé une chapelle romane à quelques pas du gouffre bouillant. Les deux grandeurs du moyen-Age, le château sur le mamelon qu'il domine, et la chapelle ouverte comme une maison d'asile au passant, se sont placées à &Mé de la merveille do Dieu, faisant ici jaillir un Douve comme ailleurs il fait sourdre une limpide fonlaine.
Cette belle et forte position du château de Touvre lai donnait à la fois le double caractère d'une maison de plaisance et d'une forteresse imprenable. Il n'avait rien à redouter du coté du gouffre sur lequel il s'élevait à pic, et de larges douves l'isolaient assez de la colline à laquelle il est joint, pour dominer le pays et se défendre. Mawà l'abri des tours du château, on pouvait à toute heure, même eu temps de guerre, descendre sur la rivière délicieuse. Il est presque certain que dos grottes souterraines conduisaient du château au milieu do l'escarpement qui s'élève au-dessus du gouffre.
Le château fut bali avant l'an 107* par Guillaume, évéque d'Angoulème, frère du comte Foulques, un des Taille- Fer. Corlieu assure l'avoir vu dans un titre du trésor de la cathédrale '. On ignore à quelle époque il fut démoli ; seulement du temps de Corlieu et d'Elie Vinel*, il élail en ruines*.
Il reste encore du château de Touvre une magnifique plate-forme couverte d'un beau vignoble. Elle est soutenue
élève d'abord en glacis, puis perpendiculairement, et est flanquée de deux bastions, l'un à l'angle sud-est. l'autre au milieu d'un dus côtés de l'enceinte polygonale. Le travail de ce mur cl des bastions est en appareil régulier fortement cimenté. Cette ruine fait un effet magique, se dressant au-dessus du vaste entonnoir au fond duquel le gouffre sombre, immobile, jette ses eaux. De petits sentiers ont été tracés parallèlement, a différentes hauteurs, sur les parois blanchAlres de ce cône renversé, dépouillé de végétation, si ce n'est de quelques touffes de buis, jetées »i et la. Il rappelle par sa tristesse, qui fait contraste avec la beauté et la richesse du reste du paysage, les cercles ténébreux que Virgile fait parcourir au Dante quand il le conduit aux enfers.
VILLEDOIS, Vilhbof, aujourd'hui la Vallette. Villcbois est une des plus anciennes seigneuries de l'Angoumois. Les sires de Villelxùs font au nombre de ces barons toujours guerroyants qui soutiennent les comtes d'Angoulème, sa liguent avec eux cl quelquefois les combattent.
Jo parlerai, dans la description des édifices religieux, de la chapelle, qui remonte à une époque très-reculée. Le château lui-même, dont il reste l'enceinte féodale assez bien conservée, peut bien remonter au XII' siècle; il soutint un siège sous Vulgrin II, comte d'Angoulème (1120-1 140). Vigierde la Pile (page 24] nous apprend qu'une des tours s'appelait la tour des Poitevins.
Le château ou donjon, dont j'ai vu les fondements, élail un vaste carré soutenu do petits bastions. 11 fut démoli par le maréchal de Navailles, qui fit construire le cMle&u i derne, dont nous parlerons plus bas.
* Recueil en forme d'histoire, page îO.
* « Au pied d'un tertre sur lequel verres les ruines d'un chastcau qui semble «voir autrefois es US a&ses fort et brave... » (Disc, non plu* mélanc. quediv., page 8«".)
» Ce château n'est connu des gens du pays que sous le nom do château de RavaitUic. On se demande comment cet;* magnifique ruina a pu recevoir un nom si odieux. M. Eiisébe Caslaipne m'a communiqué avec obligeance et publier,! prochainement un document qui atteste que l'assassin de Henn IV naquit à Touvre,
près de* ruines du château, r a notre savant collègue tout le prix de celle curieuse découverte, je ne nommerai pas le poète du XVII* siècle, qui, dans sa latinité énergique, a reproché à notre d'avoir été la mire d'un exécrable régicide.
Ici se termine la série des châteaux de l'époque féodale primitive. En y ajoutant les châteaux dont lépoquc est incertaine et qui, pour la plupart, doivent appartenir à la période que nous avons parcourue, nous avons la statistique à peu prés complète des travaux de l'architecture militaire des premiers temps du moyen-âge.
Nous abordons maintenant une période où la féodalité, moins farouche, donnera aux monuments qu'elle fera construire des formes plus gracieuses. Elle continuera, dans les châteaux, le système de défense do l'époque précédente; mais l'art, moins rude, moins sauvage, indiquera que les mœurs du temps se sont adoucies. Le développement du style ogival, si pompeux, si
riche d'effet el d'harmonie dans les édifices religieux, aura nécessairement son influence sur l'architecture féodale.
t» »a XIII» nu XVI.
Asooritnit.
\& Roclirbeaucourl, une partie.
Aivrueville.
La Rnche-Cliandry, une partie.
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Blanrac.
Maicrolle*.
Bourdelais.
Brigueuil, unv partie.
Montlwron.
Chabanaii.
Monlmoreau.
Chalmi, une partie.
Montrollet.
Champagne-Mouton.
Nabinaud.
Cognac.
NanU.'uil-de-Ser».
Dirac.
Puyvirtal.
Doutac.
Saveille.
Fayolc-d'Abiac.
Sainl-r'raignc.
Courrill».