FOUILLES EXÉCUTÉES SUR LE PARVIS NOTRE-DAME
FRAGMENTS DE MOSAÏQIE.
Au nombre des fragments découverts dans les fouilles du parvis pjanche Notre-Dame, se trouvaient ceux de plusieurs pavés en mosaïque ^^f-
offrant trois sujets de dessins variés. Ils ont été reproduits sur la planche XXI, et sont placés de manière à faire connaître les diverses combinaisons qui ornaient ces pavés. La fabrication était imparfaite; des croix et des triangles placés au milieu de plusieurs compartiments doivent faire admettre qu'ils étaient d'origine chrétienne, bien qu'ils
fussent exécutés dans un système analogue à celui qu'employaient les Romains. Ces mosaïques ont donc pu servir de pavé à la basilique de Childebert, dont une partie du plan, plusieiu's colonnes et im chapiteau, ont été découverts dans les fouilles du pai^vis. On sait par les historiens des premiers siècles de la monarchie française que les églises mérovingiennes étaient pavées avec des mosaïques, Gislemar, dans la description qu'il donne de la basilique de Saint-Vincent, à Paris, construite par saint Germain, dit: t Que le pavé était composé « de toutes sortes de pièces de rapport; » le poëte Fortimat, décrivant la basilique de Paris, très-probablement la cathédrale de Childebert, en dit autant, et ces mosaïques seraient celles dont il parle. Ce système de pavage fut conservé fort avant dans le moyen âge. Le fragment reproduit en grand au bas de la planche indique bien , par l'irrégularité du travail, une époque transitoire entre la fabrication antique et celle qui était pratiquée au xi® et au xn*^ siècle , qui nous en ont laissé quelques rares exemples.
La nef principale, les bas côtés et le sanctuaire de la basilique chrétienne de la cité devaient avoir des pavés différents. De là peutêtre la cause des trois motifs de dessins variés reconnus dans les fragments de mosaïque publiés sur la planche XXÏ.
Le premier dessin, reproduit en haut de la planche à la gauche, est formé de cercles enlacés offrant des tons blancs et noirs combinés de manière à former une série de fleurons s'enlevant siu^ le fond blanc du pavé. Au centre de chaque cercle est figurée une croix grecque ménagée en blanc au milieu de tons rouges et noirs. Ce dessin porte sa bordure composée de cercles tangents les uns aux autres et contenant alternativement une croix puis un triangle; la croix dessinée en blanc sur un fond noir, le triangle en noir sur un fond blanc.
Le dessin placé au-dessous du premier est plus compliqué dans ses combinaisons, bien qu'il produise moins d'effet. Il est formé de courbes enlacées d\me façon ingénieuse., un tracé le fait mieux comprendre qu'une description; un ton blanc compose le fond sur lequel un large trait noir indique les contours variés des courbes.
Le troisième dessin , placé en haut de la planche , à la droite , formait la hordm^e d'un motif central qui a disparu presque entièrement. Ce pavé offrait trois tons différents, le rouge et le blanc servant alternativement de fond à de larges traits noirs, dessinant des cercles enlacés. Une large ligne en terre cuite d'un ton jaune foncé encadrait Tensemble de cette mosaïque, dont l'effet était plus riche et phis grave que celui des précédentes. Ces fragments sont au musée de Cluny.