‹ Statistique monumentale de ParisChapitre 3 sur 263 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

peu d'années; les autres dans les rues de TÉcole-de-Médecine, Hautefeuille, du Jardinet, Bar-du-Bec, et qui vont, en général, disparaître par l'achèveinent du boulevard Saint-Germain , ont paru devoir être publiées dans un ouvrage qui doit conserver le souvenir des constructions anciennes présentant quelque intérêt.

La limite tracée dès Torigine à la Statistique monumentale de Paris est le xvii*" siècle, parce que la plupart des édifices de la capitale ont été le sujet de publications contemporaines; mais le commencement de cette époque remarquable a été représenté dans l'ouvrage par l'église des Carmes déchaussés et par le monument qui s'élevait à l'extrémité du Pont-au- Change, l'ensemble de ces constructions et leurs détails étant restés inédits, et le style qui les caractérise établissant une transition entre la période de la renaissance et l'art qui prit un caractère tout français sous le règne de Louis XIV.

Ainsi qu'on en peut juger par ce qui précède, la capitale de la France présente, ce qu'on trouverait difficilement dans une autre ville, une série, pour ainsi dire non interrompue, de monuments retraçant l'histoire de l'architecture depuis les Romains jusqu'à nos jours. Ce fait, qui indique assez quelle fut l'importance de Paris à toutes les époques de notre histoire, avait attiré l'attention avant la publication de cet ouvrage; il n'a pas été l'un des moindres mobiles pour le faire entreprendre.

Ainsi que l'indique le plan proposé, en i835, à M, Guizot, alors ministre de l'Instruction publique, pour la publication de la Statistique monumentale de Paris, la topographie ancienne de la ville devait y occuper une place importante. De nombreuses recherches avaient été faites aux archives dans le but de faire connaître des documents inédits sur ce sujet; des planches étaient gravées, plusieurs autres en voie d'exécution.

INTRODUCTION. ix

lorsque, en 1860, le ministre de rinstruclion publique crut devoir céder tous ces travaux, exécutés avec les fonds attribués à la Statistique de Paris, à M. le préfet de la Seine et au Conseil municipal, qui entreprenaient alors la publication d'une histoire générale de Paris ; la statistique a donc été réduite, pour ce qui concerne la topographie, à deux plans peu étendus.

Les décorations peintes et les travaux de la statuaire n'ont pris qu'une place restreinte dans la publication des églises et autres monuments de la capitale; de nombreux dessins déjà recueillis auraient cependant permis d'en faire connaître un plus grand nombre et de mieux remplir ainsi le programme présenté dans l'origine au ministre. L'ouvrage aurait développé ainsi, d'une façon plus complète, la marche générale que l'art suivit dans la ville de Paris, mais on a dû se réduire à la publication presque exclusive des productions de l'architecture.

Toutefois quelques monographies des anciennes églises ont pu être à peu près complétées par les dessins des principaux objets d'art qu'elles renfermaient.

Le musée des Monuments français, fondé en 1791 par Alexandre Lenoir, avait servi d'asile, pendant la tourmente révolutionnaire, à la plupart des tableaux et des statues que renfermaient les églises et les monastères ; il a donc été possible de rattacher aux anciennes églises de Sainte-^Geneviève, de Saint-Germain-des-Prés, des Célestins, de Saint-Martin-des- Champs, de Saint-Jean-de-Latran et autres, des tableaux ou des sculptures qui les décoraient autrefois. Les documents réunis auraient permis d'agir de même à l'égard d'autres édifices.

La publication d'un ouvrage aussi étendu que la Statistique monumentale de Paris n'aurait pu s'exécuter sans le concours actif d artistes dessinateurs et graveurs : nous témoignons toute

X ÏNTRODUCTIOIN.

notre gratitude à ceux qui, joigoaut leurs travaux aux nôtres, nous ont facilité l'exécution de cette entreprise : parmi les premiers nous citerons MM. Lefuel, Paccard, Leblan, Vacquer, Berty, Salard Lassus, Viollet-le-Duc; au nombre des seconds sont MM. E. Ollivier et J. Sulpis, qui ont produit les nombreuses gravures. M. le baron de Guilhermy, depuis longtemps notre collègue au Comité des travaux historiques et des sociétés savantes, au ministère de l'Instruction publique, nous a aidé de ses lumières; qu'il veuille bien agréer l'expression de toute notre reconnaissance.

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