‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 3)Chapitre 16 sur 82 · RBQDIB8CIT IN PACE · texte numérisé non relu

RBQDIB8CIT IN PACE

Derrière e inaitre-autcl étaient placées, dans de riches châsses gothiques , les reliques de la cathédrale qui furent profanées , en 1562 , par les Calvinistes.

Le 5 juillet 1731, Mg". Henri-Ignace de Brancas fit placer ces reliques dans deux nouvelles châsses, de chaque côté du

grand et magni&que autel élevé aux frais de son prédécesseur, Léonor II de Matignon. Ces reliquaires , exposés à la Ténération des fidèles , étaient portés par deux anges (1).

La chaire en bois de chêne sculpté, qu'on voyait encore il y a quelques années dans la nef, a également disparu.

Cette chaire avait une certaine valeur artistique et offrait un véritable intérêt historique. La tribune, qui seule avait été conservée, avait plus d'une fois retenti des accents mâles et de la parole éloquente de plusieurs évêques et d'un grand nombre de prédicateurs distingués. Le souvenir de Bossuet, le plus grand orateur chrétien des temps modernes, qui s'attache à cette chaire , aurait dû la sauver de la destruction.

Trois parties tout-Â-fait distinctes composaient la tribune que nous allons décrire en quelques mots : 1^ un soubassement, orné de moulures ; 2*. un étage intermédiaire à clairevoie, garni de balustres d'une forme curieuse, dont les angles étaient décorés d'anges caryatides enveloppés de draperies , d'une exécution remarquable; 3^ la tribune.

Les panneaux qui composaient les quatre faces de la tribune étaient ornés d'encadrements à angles renti mts, garnis de jolies moulures tarabiscotées. Aux extrémités d) chaque panneau, dont la surface unie était probablement des.inée à recevoir des peintures en camaïeu, se détachait une colonne corinthienne de fantaisie, dont le tiers inférieur était couvert de feuilles de vigne. Il eût été facile de compléter cette belle chaire et de l'orner d'une manière convenable. La chaire de Prêtreville, près de Lisieux, et celle de Préaux, près d'Orbec, datent de la même époque. La première a conservé son couronnement

De tout ce riche mobilier il ne reste plus aujourd'hui que

(I) Maouscrit

les Stalles do ciiœar, qai datent des premières aiiBéss do XIV- siède. ^

Ces stalles, les plus curieuses et les plus riches que nous ait léguées cette période de Tarcbilecture gothique, étaient au nombre de soîxaote-douze ( (rente-six de chaque côté ), et disposées sur deux rangs. Elles ont été dessinées par MM. Darcel et Sauvageot.

Les personnages qui décorent les poupées sont placés, deux par deux, sous des arcatures géminées, trilobées, dont k tympan est décoré d'un quatre-feuiiles. Parmi ces perwn* nages , dont les figures sont affreusement mutilées, on dis^ tingue plusieura apôtres (saint Pierre, saint Paul, saini André); deux diacres (saint Élienne et saint Laurent), re* véius de leur dahnatique à 'larges manches; un évôqoe bénissant (probablement saint Ursin) ; deux anges terrassant un dragon, image de la lutte du bien contre le mal ( Tarchangs saint Michel et l'ange Gabriel (1) ) ; une femme voilée, tenant on livre à fermoir ; enfin , deux personnages tenant à leur main une escarcelle et paraissant faire l'aumône à un mendiant dont la jambe en écharpe est soutenue par une béquille. Les draperies qui les enveloppent sont admirablement traitées et d'une grande finesse d'exécution. Les angles supérieurs de chaque poupée sont décorés de têtes de lion, d'aigle, etc., artistement sculptées.

Une seule de ces poupées a conservé son couronnement primitif, formé de larges volutes garnies de feuilles de vigne parfaitement découpées. Le couronnement des autres stalles a été refait au XVP. siècle. Les feuilles de vigne qui décorent

(4) On lit, dans la Charité de ThibervilU, que Tarchange salnl MicM f int aa secours de Tange saint Gabriel qui avatl reçu la nhsiea de oomballre le démon, lequel s*opposait au retour des Israélites à Jérusalem.

CAiXTON DE LISIECX, 2*. SECTION. 231

les volotes et rintenralle qai les sépare sont d'itae exécution plus iDoUe et moii» soignée.

La plupart des miséricordes sont décorées de (êtes d'aaiinauz.

Les accoQdoîrs des parcloses sont formés de crooettes et lEBmis de colonneites à pans coupés, qui supportent les museaux ( sellarum brachia ). Les moulures, formées de tcures garnis d'un listel, caractérisent la transition du XIII*. siècle au XIV*. Ces stalles, d'une haute valeur archéologique, mériteraient une description complète.

Façade ocddentaU. — La façade principale, précédée d'un large perron, s'élève à l'angle nord-ouesl d'une vaste place entourée d'arbres.

Cette façade , d'un style sévère qui n'exclut pas une certaine élégance et une certaine richesse dans les détails, date, dans son ensemble, du Xlir. siècle. Elle est en grande partie' l'cuivre de Jourdain du Hommet, évéque de Lisieux, auquel on doit, ainsi que nous venons de le voir, la construction des deux dernières travées du choeur et celle de l'abside. Une partie des ravalements de cette façade a été faite sous les successeurs de cet évéque.

Quatre contreforts , terminés par un fronton orné d'une rosace et décorés dans leur partie inférieure de trois arcatures ogivales , formant niches , placées , Tune sur la face principale , les deux autres en retour d'équerre , dessinent les grandes divisions du portail. Ces niches sont couronnées de dais qui probablement abritaient les statues des douze apôtres»

Trois portes correspondant, celle du milieu à la nef prin^ cipale, les deux autres aux bas-côtés, s'ouvrent dans la partie ioférieure de la façade , laquelle est surmontée de deux tours d'inégale hauteur.

Le portail proprement dit, complètement défigoré, datait, comme la nef, du XII'. siècle ( deaiiëme moitié). L'ancienne porte, dont il ne reste plus que de faibles vestiges, était à claire-voie , comme les portes latérales auxquelles elle a dû servir de modèle. Il n'y a jamais eu de statues dans les ébrasures du grand portail, ainsi que l'atteste un ancien devis des travaux, portant la date du 26 février 1786 : « Nous (c avons remarqué qu'il manque au grand portail huit co- « lonnes de pierre avec leurs bases, dont quatre de 7 pouces € de diamètre sur 8 pieds de haut , non compris les cha- (( piteaux. Les quatre autres de A pouces de diamètre. » La porte était partagée en deux baies par un trumeau symbolique contre lequel était appuyée une statue , de grandeur naturelle , représentant le Sauveur du monde. Les voussures étaient garnies de feuillages, empruntés probaUemenl à la flore locale. Un bas-relief décorait le tympan, qui était trilobé et placé plus bas que le tympan actuel.

La base des colonnes et le piédestal ont seuls été conservés et peuvent donner une idée de la riche décoration de cette partie de la façade, qui constituait le portail proprement dit. La base est composée de deux tores séparés par une scotie. Une agrafe , appliquée sur le tore inférieur qui est aplati, rattache cette base au piédestal.

Les piédestaux des colonnes, formant ressaut, sont décorés, sur la face principale et sur le côté qui est libre, d'une arcature trilobée. L'ornement placé sous cette arcature , composé de trois feuiUes dont les extrémités sont recourbées en volutes, affecte la forme de la fleur de lis. La partie inférieure du piédestal, faisant saillie , est ornée de cannelures. De gracieux rinceaux ou enroulements formés de feuilles de vigne et de raisins, offrant une grande ressemblance avec ceux qui recouvrent le tailloir des colonnes du porche intérieur, décorent la partie supérieure du piédestal. Nous ferons re-

marquer que r^Nroementatico de cette porte présente ane grande «nalogie avec celle du portail occidental de la cathédrale de Sens.

On aperçoit distîncteoient , dans les ébrasores de la porte, les^oodures qui rattachent l'ancien portail dn XIP. siècle k la iaçade actuelle que nous allons décrire.

L'étage supérieur, d'une grande richesse d'ornementation, est percé d'une grande fenêtre ogivale dont les archivoltes , au nombre de trois , reposent de chaque côté sur de légères colonnettes. L'intervalle qui sépare ces colonnettes est orné de feuilles de vigtie. La voussure du milieu est sculptée Ht jour. Une série de quatre-feuilles , gravés en creux , entoure l'extrados de cette fenêtre. Deux meneaux , qui se bifurquent dans la partie supérieure, la partagent en trois baies d'une forme peu gracieuse. Ces meneaux , entièrement sculptés à jour , sont décorés de lai|;es feuilles , artistement découpées, qui ressemblent aux feuilles de berce. Des rosaces, sculptées en creux dans les tympans, 'complètent Fomementation de cette riche fenêtre qui a été complètement restaurée il y a quelques années.

La galerie (Gioria^ tous) (1) placée à la base dn gable ou fronton contraste par sa simplicité avec la fenêtre précédente. Une série d'arcatures ogivales, dont les archivoltes reposent sur des colonnettes , décore le fond de cette galerie qui relie les deux tours. La balustrade à jour qui protège cette galerie est formée d'arcatures trilobées.

Deux gargouilles, représentant des animaux chimériques, placées Ters les extrémités, semblent se détacher de cette galerie et déverser l'eau sur le parvis. Sous le ventre de ces animaux , on aperçoit deux têtes humaines qui produisent un effet bizarre.

(1) La cérémonie du Gloria, tau» a été rétablie dans noire cathédrale eDi85«.

234 STATISTIQUE MONUMENTALE OU CALVàOOS.

Un ange dans le icyle do poruil, jouant de rolipbant el annonçant le Jugement dernier , forme ramortisseeient dn fronton.

Tonte cette partie de la façade a élé resuurée et presque entièrement refaite à nenl fille offre, par oonséqoent, à l'exception des piédestaux des colonnes dn portail , un mé* dîocre intérêt.

La porte méridionale , d'iine architecture élégante , a été dessinée par M. Booet et publiée.

Cette porte, également à claire-?ofe, est entourée de trois archivoltes qui s'appuient , de chaque cOté , sur des colonnettes sveltes et élancées , détachées du mur. La voussure du milieu , parfaitement évidée , offre deux rangs de larges feuilles opposées dont les extrémités, légèrement recourbées en volutes, viennent se joindra Le cordon qui entoure l'extrados et retombe sur le pied-droit du mur , offre une série de <}uatre-feuilles gravés en creux.

Trois colonnettes, placées en retraite contre le mur, alternent avec les colonnes. Les archivoltes, formées d'un gros tore et d'un tore plus petit , séparés par une gorge profonde , s'entrecroisent en dessinant des ogives et retombent sur des chapiteaux garnis de CTOsseltes végétales. La partie du mur comprise entre ces arcatures et les chapiteaux qoi terminent les colonnes principales est semée de nombreux quatre-feuilles. Celte espèce de tapisserie, d'un effet agréable à l'œil, se continue au-dessus de la baie qui donne accès sons le porche intérieur , placé en avant du collatéral.

Un bas^relief , dont il ne reste plus qu'un faible vestige, décorait le tympan , qni est trilobé.

Deux grandes rosaces , accompagnées de rosaces plus pe» tites , de quatre-feuilles et de trèfles , garnissent la partie supérieure du mur formant le couronnement de cette porte »

CANTON DK iJSIEUX » 2'. SFCTfOK. ?Sft

r«ii des plas gracieux spécimens de rardiiteotare du XIII*« siècle (i).

La porte septentrioMle , qui présente le méiue système de décoration , a été restaurée ou piotôt recoostroîte îl y a quelques années. L'oniettieotatioo de cette porte « qm est aotsi à ciaire*foie« diffère peu de la précédente. La large voussure qui occupe la partie centrale de l'ogne est sculptée à jour et décorée de feuilles de %igDe et de grappes de raisin. Les arcatures qui tapi-ssent le mur , plus élancées que les précédentes, s*appnient sur des colonncttes» dont les chapiteaux sont ornés de trosseltes végétales et de feuillages.

Les bases des colonnes principales, détachées du mur, sont ornées de larges feuilles aplaties et disposées en diagonale > de manière à ménager des espaces triangulaires , concaves , pour l'écoulement des eaux. Cette disposition ingénieuse se remarque aussi au portail de Tancieniie abbaye d'Ardennes, près Caen.

Le rez-de-chaussée des deux tours, formant porche k rintérieur, en avant des collatéraux, présentait une jolie voûte d*aréte dont les arceaux, presque entièrement détruits, sont formés de tores , garnis d*un listel , lesquels retombent sur des faisceaux de coloonetles extrêmement légères, placés dans les angles. Les chapiteaux garnis de feuillages qui terminent ces colonnettes ont leur abaque cii*culaire. Les deux colonnes placées dans an des angles,' è gauche de l'arcade qui précède le collatéral sud , sont plus anciennes et datent du même temps que la neL Ces colonnes , dont las cha(>iteaux sont ornés de feuilles galbées , servent d'appui à deux colonnettes à chapiteaux feuillages qui reçoivent la

(i) Une galerie voûtée en arête, pratiquée dans le mur méridional de la tour, donnait accès aux officiers subalternes que leur service nicliotti aptielail à la cathédrale. La porte extérieure de celle galerie fitente nae csitaine èM|paoe.

retombée de la voûte et datent , comme ceDe-ci , du Xl^^ siècle.

Les deax arcades, très-élancées , qui communiquent avec les bas^côtés de la nef datent du XIIP. siècle. Les piedsdroits sur lesquels elles s'appuient sont décorés, dans la partie supérieure , de feuillages délicatement fouillés.

L*étage intermédiaire de chaque tour offre, sur toutes ses faces, de longues arcatures ogivales géminées, dont les archivoltes, formées d'un simple tore, portent sur de minces colonnettes. Une rosace sculptée en relief décore le tympan.

Le clocher septentrional, dont la base carrée forme un plan incliné couveit d'imbrications, offre sur chaque face deux fenêtres ogivales géminées, très-élancées, dont les archivoltes reposent sur des colonnettes. Chacune de ces fenêtres est divisée en deux longues baies par un meneau.

Un toit en charpente à quatre pans, couvert en tuiles, surmonte le clocher qui probablement était destiné à recevoir une pyramide en pierre.

Le clocher du midi» composé de trois étages, a été élevé vers la fin du WP. siècle , ainsi que l'atteste la date gravée sur la face principale de la tour. Ce clocher, qui porte tous les caractères du style de la Renaissance à son déclin, présente de loin une masse sévère et imposante, qui rappelle l'ampleur des tours romanes. Il est percé à chaque érage de deux fenêtres à plein-cintre» géminées, d'une exécution grossière , dont l'archivolte unique repose , de chaque côté, sur une colonnette. Ces fenêtres sont subdivisées en deux baies ogivales , fonnées par Tintersection des cercles. Des arcatures aveugles, mal dénuées décorent les angles de chaque mur.

Une galerie, à laquelle on a donné le nom d'Armoiries , est placée à la base de la pyramide. Cette galerie est prot^^ par une balustrade crénelée,, eo pierre, en partie fime

CAirrON DE LISIEI7X, 2*. SECTION. 237

et en partie à jour, à laquelle oo suspendait, dans les fêtes miles et religieases,/des drapeaux et des oriflammes courerts d'écussons.

La flèche en pierre, de forme octogone, qui couronne le clocher date seulement du XYII*. siècle. Chacune des quatre faces, qui correspondent aux angles de la tour, est garnie d'un clocheton d'une forme peu gracieuse et d*un style un peu lourd. Les pans de la pyramide, cou? erts d'imbrications, sont séparés par des arêtes garnies de crochets.

Ce clocher renfermait, avant la Révolution, une belle sonnerie composée de huit cloches. 1^ plus grosse de ces cloches, qui avait échappé à la tourmente révolutionnaire, fut refondue en 1818, aux frais de la Fabrique et fit partie d*une nouvelle combinaison campanaire. Cette ancienne cloche, qui portait les deux dates de 1205 et ik90, offrait rinscription suivante , en caractères gothiques , relevée avec soin par M. d'Jngremont , ancien secrétaire de la Mairie , qui a fait de nombreuses et utiles recherches sur l'histoire locale, consignées en grande partie dans des notices pleines d'intérêt pour notre ville :

•{• Hnnù ' Inl • «■» • hiCtV^ • qnîta • •wbo • Hntorbon • bot .

(«ni0 • êonvM « txa • rebvnkt .

riaf - spiromm .

)yiue • qutftfat .

Mvntti.

HxMà • £m * ht ' hnài • yir • rfcor^ofo» • ^\Wi • In .

^woàb • ifoXtM • Mgiibinat • aimo • 9nt - mo" * qvdbringni"^ -

BOttigMino • tm*^ * junn.

Deux bourdons, qui s'harmonisaient avec tes hait cloches, étaient placés dans la tour septentrionale.

M. Billon, dans une savante notice sur les cloches et sur

fépîgrapbîe campaoaire iosérée daw le Bulletin

uUf doone quelques deuils intéressants sur celte importante

sonnerie qui faisait Fadmiralion de tous les connaisseurs»

La sonnerie actuelle, composée de cinq cloches formant une quinte puissante et harmonieuse, a éi£* fondue an Mans dans les ateliers de M. Ernest fiollée.

Noos terminerons cette notice par rénumération des objets les plus précieux qui composaient le trésor àe la cathédrak

Nous signalerons: l"" la faste châsse en ai^nt massif qui contenait les reliques de saint Un»in , de saint Bertirin, de saint Cande et de saint Patrice. < C'est , u dit Guillaume d'Ëstouteville, évêque de Usieux, qui eu a fait la description (14 avril 1399) , a une châsse d'environ m pieds de long, (( de deux pieds de lai^e et de deux pieds de haut» sans y « comprendre la couverture en forme de toit, qui est aussi < k peu près de deux pieds; elle est couverte d'argent de « tous côlez, dorée sur la couverture et enrichie d'ailleurs u de pierres précieuses et de différentes figures ou images, « sçavoir est à un bout du côté droit, de l'image de N. S. , « représenté assis donnant d'une main la bénédiction et tenant « un livre de la main gauche; à l'autre bout, de l'image de « notre B. Patron S. Pierre, aussi représenté assis et tenant « des clefs et un livre; au milieu du côté de l'autel, de l'image « de la S. Vierge portant son J^'ils sur son sein , et au milieu « de l'autre côté, de l'image de notre Pasteur S. Ursin en « habits pontifaux, etc. (1). »

^^ Un riche dais, donné par Mg'. de Gheylus, évêque de

Bayeux , ancien haut-doyen de la cathédrale de Lisieux ,

nommé vicaire-général du diocèse après la mort de Mff,

Ignace de Brancas (1760). Ce dais avait coûté 20,000 livres.

3^ Un magnifique ornement en or, brodé en bosse sur

{i) Vie$ àt» Mmi» Patron* </« dioeèêû de ÊÀnemr.

CANTON DE LTSfKUX, 9*. SECTION. 289

fMid de teloiifs roiige, donné par hè MMignon H appelé le GroS'Matignon à cause de sa richesse et de son poiAs, qui était énorme.

Parmî \e& objets précieux qui composirient le trésor de la cathédrale, pillé par les hagnenots en 1562, noofi signale-* roos :

!•. Une statne de la Sainte-Vierge en argent doré ; "^

2". Un tabernacle on custode , également en argent doré et en forme de pyramide, qui surmontait le maUrc-aniel et où l'on exposait la samte Hostie ;

S*. Deux croix en argent doré , dont l'dne , fort pesante , était enrichie de pierres précieuses ;

W. La mttre « do chef du grand sainct Lirsin , d'argent a dore , fort enrichye de rubis , diamans , et aoltres plern^ « précieuses , estimé à 200 écus » ;

5". Un grand calice en argent doré ;

6". Une crasse t de grande estfjffe , d'argent doré , en- « richye de pierres pt^cieuses , estimée à 1,500 IWres , non « compris la mître de drapdV, enrichye de rubis, diamans, « pertes et aultres pierres de bonne valeur servant à l'évesqne a lorsqu'il disait la grand*messe ^ ;

7^ Deux livres contenant « les épistres et évangiles , « reliez d^ais, converti de tomes d'argent doré, enriehys de c( pierres, appelez Majestez (1). »

Palais episcopai — L'ancit*n palais épiseopal, anjôurdlnfi affecté è divers services, s* élève au nord-ouest de la cathédrale. Il occupe l'emplacement de l'ancien château féodal des évêques de Lisieux dont il ne reste plus que de faibles vestiges.

(1) dirait du Proeet verbal des voie et pHterie$ commis dans Vesglise cathédrale Sainci Pierre de LisieuT ptrr les hugttenotw en 156).

Le palais épiscopal a partagé les mêmes vicissitudes que la cathédrale.

Jean P', qui occupa le siège épiscopal de Lisienx entre les années 1107 et llill, est le premier de nos évêqnes qui, d'après le Gallia christiana, agrandit et embellît Tantique demeure habitée par ses prédécesseurs (1).

En 1136, notre ville fut entièrement détruite par un incendie. Les principaux édifices, construits avec plus de soin et avec des matériaux plus solides que les maisons occupées par les bourgeois, ne purent résister à la violence de l'élément destructeur. La cathédrale et le palais épiscopal devinrent la proie des flammes.

L'évêqoe Àmoult, qui succéda à Jean Hardouin en 1141, s'occupa avec un zèle digne des plus grands éloges à relever de ses ruines la cathédrale et le palais épiscopal, ainsi que l'atteste une lettre qu'il écrivit en 1143 au pape Célestin II pour le complimenter sur son élection. Dans cette lettre, il exprime au prélat le vif regret qu'il éprouve de ne pouvoir se rendre en personne à Rome, parce qu'il cherchait à s'affermir dans les bonnes grâces du nouveau prince (Henri II, roi d'Angleterre), et qu'il était très-occupé à rétablir les ruines de son église et de sa maison (2).

Le palais que fit élever Arnoult était d'une grande magnificence, ainsi qu'on peut le voir par les lignes suivantes, extraites de l'ouvrage d'un auteur contemporain, Robert de Thorigny, abbé du Mont-St-Michei : a Arnulphus, lexoviensis

(i) Hic (ot habenl Chrooica Normannis, p. 979 ) multam episoopalem sedem «dificiis el ornamentis accrevit.

(2; Quod in asserendà sibi recenU noYi principis gratta, rcsarcioidis

eccleiî« etdomus suc rulois occupatus perse non polait, perepi»-

tolam Celeslinum II post Innocentein electum sammum Pontifioem CODveoît. ( Gallia chriêtiana^ L XI, p. 775.)

CàNTON DE LI8IEUX, 2* SECnon. 241

qMSCopos, cum per auQos eamdem ecclesiam rexisset, in edi* ficaodo ecclesiaui et pulcherrima» domos latx>ras8et, renontiavit episôopatai » (1).

Eo 1226, sous l'épiscopat de Guillanmedu Pont-de-l' Arche, un incendie considérable faillit réduire en cendres la cathédrale. Le palais épiscopal fut heureusement épargné.

Oans les siècles suiTants, le palais de nos évêqoes subit qœlques modiûcations. De nouvelles constructions vinrent ae joindre aux bâtiments primitib.

Au XIV« siècle, le palais épiscopal formait une vaste enceinte, t Ses murs épais, ses tours garnies de mâchicoulis, « ses fossés profonds donnaient à cette demeure l'aspect d'un • château féodal. » Les habitants de Lisicux étant restés redevables d'une certaine somme pour la rançon du roi Jean« £ût prisonnier par les Anglais après la bataille de Poitiers (i8 septembre 1356), le Dauphin, qui devint roi sous le nom de Charles V, leur Gtune remise annuelle de deux deniers sur douze. Celte remise avait pour but, dit M. Guilmelh, d'aider l'évéque et les habitants de Lisieux à réparer les forti'fications du château féodal et d'accélérer la construction des oiorailles (2).

. EuGn, au XVII* siècle, le vieux palais construit par Arnoult fut démoli. Sur son emplacement s'éleva un nouveau palais, dont la façade principale, construite en brique et pierre, dans le style Louis XIII , fait l'ornement de la plus belle de nos places publiques.

En 1680, Mg' Léonor de Matignon fit c démolir le vieil « bâtiment qui prenait directement au bout du grand qui « fait face sur la cour du palais et allait rendre sur la muraille. « U ne consistait qu'en écuries, bûchers et greniers à foin,

(1) Gaidachriitiana^ L XI, p. 778.

(S) Jihtcirê de LUieux, p. 181 « en noie.

912 STATISTrom MONCHElITâtE DU CM.F1D0S.

< el c*e8l ea ce lieu que mon dit sei^war a fait faire le I « blUineDl que l'oa veft à préseat, el qui fait faoe aar la (( prairie; le côté devers la chapelle éuit bàû k rantiqae, (1 mais il Ta lait mettre à b mode comaïc on le voit tu^r-

Le bâtimeot qui a*élevait sur la terratae et Cifaait faoe ao jardin a été démoli au coauueacemeat de ce siècle, vers i 808. L*attlre partie, qui subsisieeaeore, a été ttuse à la mode^ aiasi que nous l'apprend le manuscrit ci-dessus. La façade actaeHe semble, en eflèt, greflfée sur raacien édifice construit par ArnoulL Le mur oriealal qui fait face à la cour, sur Tua des cfttés de laquelle s*élevait raniiqoe chamelle St-Paul, démolie en 1835, offre les vest^es de deux fenêtres ogivales dont la forme aocnse la fin du XII* sîècla

£a i68i, llg' Tévéque de Lisient « a fait acqaest'de tous « les jardins appartenant à divers parlicoIierB et à M. le « doyen, pour augmenter le jaitlin de son palais » (2).

Ce fat à cette époque qae fut détroit le rempart, qui arrêtait les rayons du soleil el empêchait Tair de pénétrer daas les cours du vieux palais, qui était très-sombre. Le rcanpart fol transformé en une magnifique terrasse destinée à relier les nouvelles ooastruaions avec les jardins dont le dessin lût, dit^on, confié au célèbre Le Nôtre.

A Lisieoa, comme dans les plus aÉciennes vilks de France, le palais épiscopal était assis sur des ruines gallo* romaines al placé près des fortifications, auxquelles il empmatait sa principale force. Yers la fin du Yl" tiède , les évêqnes étaient « les chefs naturels 'des vUles qu*ib admiaistfaîent ; Us repré- • srataieat le peuple auprès des barbares; ils étaient aes 9 ma(pslrals au dedans , ses protecteurs au dehors o (3).

(i) Manuscrit déjà cilé.

(S) Même manuscriL

(8) Gniiot , Histoire de la eifritUation m V^rmtt, Vlfl* fcfoa.

CA9IT0N DB LESIBVX, 9* SCCTIOV. 243

Nous avons vu que 1« évêques de Lbieux portair ne k litre de cpntes, et que ce tîlre remoatait à nii^ époque très*

Lo loBg bâtimeM qui encadre an ceuebant la oam* prini* cipale du pelais a été élevé seufcment daw la première moi<* lié du XVlIIf Mèdei sous le rtgne dûLooiaXV. Noas.Uaona. dans «10 niémoire imprimé en 1765, que les écnriea de réfôcbé furent inceodîécapar lefeo du ciel ie 24 août i723'ec reconatruitea eu 1726.

De^ripfiau 4u palaù. — * I#ea divers tiàtiments que noaa attoos décrire occupent les trois c6tés d'une lasu cour carrée, aujourd'hui divisée en éw% parties à peu prés égales par un mur en brique qui ne permet pas d'en saisir tout^ Tétendoe.

L'édifice le plus ancien, bAti, comme nous gavons dit, sons le règne de Louis X.I1I, par les soins de Philippe Cospéaiy* on Cospeau, évêque de Lisieux (1), offne tous les caractères arcbitectooiques des constructions civiles élevées dans la première moitié du XVII' siècle. Jl est constrnit en briques et pierres formant bossages et couronné de belles lucarnes en pierre, les unes véritables, les autres simulées, terminées alternativemeiu par on frooion circulaire et triangulaire se détachant sur le toit.

La façade principale, d'une architecture élégante et sévère« mesure 120 pieds de longueur ; sa largeur est de 21 pieds 9 pouces. La hauteur, jusqu'à b corniche, est de ^9 pieds. ËlLç est divisée en deux parties égales etsyoàétriques par un pavillon élégant , percé au rez-de-chaussée d'une porte à deux vantaux

(I) Une notice biographique sur cet évêque, qui est né à Mons ( Belgique), a été publiée, il j • quelques années, d»us Vivohograpkie OTMiMK. 811e est aoconpagttée d*un fortraii aiUlMmUqne denUlitre

2kk STAHSTIQUB MOffUmilTALB DV CALTàDOS.

qaj donne accès dans la coor principale da palais. Cette porte, qni mesure 7 pieds et demi de haut sor 5 pieds de large, a cooserfé sa décoration primitive: « les TanUax sont composés c de denx panneaui d'assemblage avec bossage en croix par « derrière et guichet' oovrant dans uu des vantaux. ■ Le tympan à jour est garni de barreaux de bob faits au tour, d'une forme curieuse. Denx pibstres doriques accompagnent eette porte. L*étage supérieur, décoré de deux pilastres d'ordre ionique, offre une haute fenêtre à arc surbaissé, accompagnée de deux niches cintrées que surmonte un vase à fleurs autour duquel s'enroule une draperie. Une grande lucarne cintrée, en pierre, coupe la frise, décorée de gracieux rinc(»aux, et fait saillie sur le toit qui est très-iocliné.

Le bâtiment dont nous faisons la description présente, de chaque côté du pavillon, un rez-de-chaussée très-élevé qui était éclairé à gauche seulement, dans la partie supérieure, par des fenêtres carrées laissant pénétrer le jour dans une galerie qui occupait primitivement tonte la largeur de l'édifice et servait de promenoir à Tévêque. Les fenêtres que l'on voit du côté du parvis sont simulées.

L'étage so|)érieur était éclairé par douze fenêtres, y compris celle du pavillon central. Ces fenêtres, dont les vantaux en bois étaient cruciformes, sont plus hautes que larges et d'une forme gracieuse.

La corniche, supportée par de belles consoles , est interrompue, ainsi que nous l'avons dit, par des lucarnes en pierre. Un comble en charpente à double égout, dont le fatte était garni de plomb, couronne l'édifice.

I^ façade opposée, d*un aspect plus sévère, se développe sur la cour principale du palais.

De chaque côté de la porte règne une galerie qui occupait dans l'origine, ainsi que nous l'avons dit, toute la largeur du bâtiment. Cette galerie est décorée d'arcades cintrées, d'ordre

toscan , reposant sur des piliers de forme circolaire» ornés de pilastres garnis de bossages.

La galerie placée à droite de la porte d'entrée était sarmontée d'une grande pièce qni contenait la bibliothèque de Tévéque. Cette bihliothèqae formait une longue galerie, éclairée par treize fenêtres ou croisées « ouvrantes à deux Tantani avec imposte vitré », six du côté de la place et sept sar la cour d'honneur. Des armoires grillées, contenant les livres, étaient^ appliquées contre les trumeaux. Le plancher supérieur était apparent ; il était soutenu par neuf poutres saillanies, ou sommiers, et garni de nombreuses poutrelles ou solives. Le plancher inférieur était recouvert de petits carreaux ou pavés en terre cuite émaitlée.

Le long bâtiment (aujourd'hui à usage de prison) qui s'élève à l'ouest, en retour d'équerre, se termine à Tune de ses extrémités, du côté de la place, par un pavillon en pierre, couronné d'un fronton, lequel est bâti sur l'emplacement d'un pavillon plus ancien qui complétait de ce côté la façade que nous venons de décrire. Au-dessous du cadran solaire appliqué contre le mur on lit l'inscription suivante :

SOL AUDIT OICIIB rAUUM.

Ce bâtiment» qui mesure 1S8 pieds de long sur 20 piedsde large, servait de communs.

La façade principale, qui regarde la cour, est construite en brique et pierre, dans le style du XYIII* siècle. Les fenêtres sont à cintre surbaissé. La façade opposée, construite en grand appareil, se développait sur l'ancienne rue Cardin- MartiD qui formait un impasse. On voit encore la trace de quelqaes-ones des fenêtres supérieures qui éclairaient cette fiçade. Un comble en mansarde^ couvert en ardoise, avec croupe à chaque extrémité» termine ce bâtiment

L*édifioe qui s*élèv€ k droke de la cotir principale du palais a été construit, comme nous l*avûos dit» par Léonor II de Matignon en 1680, ainsi que FaUei^te un manuscrit du temps que nous avons consulté, et non en 1697, comme Ta écrit M. GuUmeth dans son Histoire de Lùieux (1).

La façade principale, bâiie en brique et pierre, dans le goût de répoque, est greffée sur l'ancien palais da Xir siècle dont les gros murs ont été conservés, ainsi que Taltestent les ogives en forme de lanceues, incrustées dans le mur oriental, que j*ai signalées au commencement de cette notice.

Cet4e façade se compose : l^ d'un rez-de -chausse trèsélevé qui a été modernisé ; une partie de ce rei^e-chausaée formait le soubassement de l'ancien corps-de-logis de l'évèque, dont la façade regardait le jardin ; 2\ d'un étage au-dessus éclairé par de hautes fenêires carrées; 3". enfin, par un der^ nier étage, très-bas, placé sous les combles, formant une espèce d'attique, percé de fenêtres en brique à cintre surbaissé. Ces fenêtres remplacent probablement de grandes Incarnes en maçonnerie qui devaient faire saillie sur le toit.

Les trumeaux qui séparent les fenêtres de l'étage principal sont décorés de grands paimeaux en pierre, à angles rentrants, terminés par un Cintre à chacune de leurs extrémités. D'autres panneaux plus petits, séparés par des têtes de lion exécotées en baot-^relief , ornent la partie du mur comprise entre le premier étage et l'étage supérieur.

Un escalier monumental en pierre, d'une seule volée et d'une grande hardiesse d'exécutiou, cmiduit au premier éta^e, formé de plusieurs belles pièces, dont nous parierons bientôt. La rampe en fer forgé et embouti, œuvres remarquable de la serrurerie du XVII* siècle, offre, dans la partie supérieure^ les lettres L et M entrelacées.

(i) Hûtoire tU Iiûinfo^ p. i6â.

CANTON DE USlËUX , 2' SECTION. 24?

Ou isscaSer, ^Mlrefods placé daoB Taiygle foroiô p^r les.d^s oorpi d« J^MiDenU qui çoosUtuaîeiit le )9gis de l'^v^flue» m^ure 39 pieds de large sur 32 pied^dc long. Il est éqlaifé, du côté de la petite cour, par deux gr^od^ (eoêlres ciqurées». géminées, qui se divisent cliacune en deux baies, égal^qiiept à pbÛQr ciplre • sarimniées d*ua large t)ii|pan d'i^ae Ibripe ^n çqm-

Uae grande bnteroe octogone, couverte en tqile, surmontait Tescalier. Gettelaoteroe, .qui a été déipolie en ^8Q8 et rempbcée par nu simple plafond, était construite en cokunbage et percée de h seize qpisées, cintrées dans la partie snpé* • rienre, ayant chacune six pieds de baiil siir deux pieds de « large. EUe offrait, en outre, l^iit grandes onvertiires carrées < de A pleds.de laiige sur 6 de hauteur ». Le plafond, en forme de dôme, était peint à fre^e. Les parois. offraient quatre tableaox aUé^oriques, représentant les quatre saisons de l'année. Ces peintures largement exécutées, produisaient, dit-on , un grand effet. La couverture de la lanterne, mettrait 38 toises supcrûcieUes (228 pieds).

L'escalier que nous venons de décrire conduisait seulen^nt au premier étage du bâtiment qui donnait sur ,1a P4^iir ; le palier supérieur, de niveau avec la terrasse, |6ru.4it le res» 4a<hatt8sée de la façade qui l'egardait le jardin»

Salle du Synode. ^ L'ancienne salle d'assemblée ou du Synode (aujourd'hui la salle d'audience du tribunal civil), placée au bant de l'escalier à gauche, est éclairée, du côté de la cour principale, par quatre grandes croisées avec imposte et par une fenêtre semblable donnant sur la basse-cour.

Cette vaste salle, dans laquelle on accède par une porte à deux vanuiux donnant sur l'escalier, mesure l^k pieds, de long sur 20 pieds de large. Elle était parquetée et i plafonnée en impériale ». Le mur qui fait face aux fenêtres était revêtu d'un lambris en chêne, à hauteur d'appni, et couvert

d*ane belle tapisserie représentant les chasses de François l*'. Le tromeaa des fenêtres était garni de cuir gaufré et doré. Un grand portrait équestre de Louis XIV occupait le fond de la salle, dont la décoration sévère était parfaitement appropriée à sa destîuation.

La voûte en charpente delà grande salle do Synode était en contre-bas du plancher supérieur d'environ on pied au-dessous des sommiers. Le plancher du grenier , placé au-dessos de cette voûte , est supporté par six sommiers. Sur quatre de ces sommiers sont assemblées les fermes de la charpente.

Entre la salle du Synode et l'ancienne chambre dorée^ placée à l'extrémité du bâtiment près de la cathédrale, était la chambre rouge (aujourd'hui chambre du Conseil).

Celte chambre , jadis éclairée par deux fenêtres du côté de la cour principale (l'une de ces fenêtres a été bouchée) , était ornée d'un grand tableau peint à l'huile, représentant Jupiter allaité par la chèvre Amalthée. Les murs étaient revêtus de tapisseries de haute-lice. La principale tapisserie représentait l'histoire de Troie ; l'autre tapisserie, la suite des chasses de François I"*.

Chambre dorée. — L'ancienne chambre dorée (aujourd'hui appelée sa//e dorée) rivalisait, |)arla richesse de sa décoration et le luxe de son ameublement, avec les appartements les plus somptueux des palais de nos rois. Cette chambre était réservée aux princes et aux personnages de distinction qui descendaient à l'évêché (1). Quatre grandes portes) deux vantaux, avec chambranle doré, donnaient accès dans cette pièce, éclairée par deux croisées, Tune sur la grande cour, l'autre sur la basse-cour. Deux de ces portes sont aujourd'hui condamnées.

(1) Le iS mai 1151 , Henri II, roi d'Angleterre, épousa, à Lisieuit Êléonore de Gayenue, qae Loai«-te*ieone avait répudiée.

CANTON DE LISIEOX;, 2' SECTIO!!. 249

Le plafond k caissons est coa?eit de peintures polychromes et en camaïeu, exécoléespar les meilleurs artistes de Tépoqoe. An centre est un grand médaillon qnadrilobé, entouré d'une guirlande de feuilles de chêne. Des anges, tenant dans leurs mains les divers attributs de Tépiscopat, occupent le fond du tableau. L'un de ces anges supporte Pécusson de Léonor II de Matignon.

De chaque côté de ce tableau se développe ufl grand panneau qui renferme un médaillon en grisaille, de forme ovale, représentant un groupe de personnages de l'antiquité. An bas de ces panneaux sont nonchalamment étendues deux espèces de sirènes, la poitrine entièrement découverte. La partie inférieure représente le corps d'une panthère.

Deux grands panneaux carrés, à angles rentrants, décorent chacune des extrémités du plafond. Ces quatre panneaux offrent chacun un médaillon circulaire, exécuté en grisaille , lequel forme, avec les deux médaillon^ précédents, une série de petits tableaux représentant des sacriûces. Les personnages qui composent les groupes sont vêtus de longues robes ou tuniques, qui rappellent la peinture antique. De curieux roascarons, munis d'une large collerette, se relient ï ces médaillons.

L'intervalle qui sépare ces panneaux est rempli par des ornements en forme de cuirs et décoré de têtes de lion en hautrelief, dans la gueule desquelles est passé un anneau qui servait à suspendre un lustre ou une couronne de lumière.

Les autres panneaux qui décorent le plafond sont couverts de rinceaux et de feuillages entrelacés, exécutés en camaïeu, les uns sur fond rouge, les autres sur fond d'azur.

Un tableau représentant, dit-on, la découverte du feu décore le manteau de la cheminée. Ce tableau remplace une toile plus ancienne sur laquelle était peint un obélisque. Sur les côtés de la cheminée sont représentés deux magnifiques

^fiHB à flear», d'aae grande riohesioâe diMm.eC d'ow foime tTèf<*griCîeo8e.

Un lit en damas Vert galonné d'or, snmionté « d'une impériale • portée sor des cokmnea loaniées, éutt placé en bot la chaainée. On voyait encore doniiérenieiu» dans k partie Bupéntnre du mur contre lequel il éuit adoesé, M anneam qui servaient à retenir les pentes ou rideaux.

Lsi murs, revétos d'un lambris peint et doré à bavlnur d'appui, étaient couverts de belles tapisseries. L'une de cas tapisseries représentait la première pailie de L'biatoire de Troie ; l'autre, la suite des chasses de François I^. Des tétei de lion en grisaille, ae.détachant sur on fond ronge, déporeoi la frîae cvMiverte de légers rinoeaui. Deux peClti an^es, tenant les lettres entrelacées L M. , ornent la partie de la Crise qui surmontait le Ut.

Les portes sont entourées d'une magnifique guirlanie da leuîllcs de cbéne. Les vaniaux offrent des compartîmenis, à angles rentrants, couverts de peintures à fond d'or aimnlant des imbrications. Différents sujets empruntés à i'histoiie de rAncien-Testament ( le fib de Tebie, couduit par l'archange Aaphaël; le feux prophète Balaam; les Hébreux dans Je désert recueillant la manne) décorent les dessus- de porte.

Les deux fenêtres ou croisées, qui éclairent cette saUe sont revéâues de volets, dont les panneaux sont couverts de feuillages, largement exécutés, faits pour produire de l'effet au dehors.

Celte aaagnifiqoe salle, qui mesure 26 pieds 3 pouces de longuenr sur 28 pieds 7 ponces de large, vient d'être res* taurée aux frais du département Des cuirs ^ufïés et dorés, lemplacent les anciennes tapeseries de haute-lice. Les caryatkies qui supportent le manteau de la cheminée sont mo^ deme& On aperçoit encore au fond de cette cheminée l'aneianne plaque armoriée,

CAMOK l>E LIS»bUX, 2* SECTION. 251

Lftifiaiid corpsKie-logn'qtti tmxnii reMor êwr la leniése, el fiisait Imcb au parterre oa jardin principal, a été démdi, comme jious i*avoos dit, en l^Od. Il meavrait 2k ioiaea da longueur {\kk pied») aur 90 pieds de haut, à partir dekter* rasse juaqu*à la corniche de l'enlablement qui ae raccordait afec celle du bâtiment dont la façade regarde la grande iour.

Gel édifice, qui éuit construit en briqne et pierre, était composé de trois étages, y compris le rex^enshausséa oo soubassement qui était de niveau aveccelbi du bâtiment que je viens de décrii*e. Le rez-de-chaussée renfennait la cuiaine, de forme irrégulière, la cave et le ceUier. L'étage aunlesaua formait le res-de^chaussée du côté de la terrasae.

La ûçade principale, qui regardait le parterre, était éalairée à chaque étage par douxe croisées ou ouvertures, non compris celles du pavillon central.

Au centre du bâtiment s*élevait en avant**corpa nn grakid pavillon, précédé d*un perron qui avait 34 piedade long sur 15 de large. Ce pavillon était couronné d*un fronton orné de statues en terre cuite provenant de la /aiiriqne du Prédauge, qui jouissait au XVir siècle d*uoe grande célébrité. Il était surmonté d'un comble en charpente « en impériale», audessus duquel apparaissait le grand dame qui stirmantait l'escalier.

Ce rez-de-chaussée offrait plusieurs belles pièces, entr'autrès une grande salle â manger, placée au milieu de la façade et dont l'entrée pi*incipale était sur le palier du grand escalier. Cette salle, pavée en grands carreaux de pierre de Caen et en petits carreaux de marbre rouge; contenait 29 pieds de long sur 2ti de large. Elle était éclairée par deux grandes fenêtres cintrées et deux petites fenêtres carrées. Une porte vitrée donnait sur le jardin.

A droite de la salle à manger se développait une grande pièce, éclairée par six croisées, du côté de la terrasse.

252 STATISTIQUE MONUMEIfTALB DU CAtTÀDOS.

Un grand salon de réception, appelé le cabinet (CassembUe^ était placé à Textréinlté occidentale de la façade. Il éuit éclairé par « qaaire grandes croisées à glace, » dont deux s'oavraient sur la grande cour et les deux antres sur la ter» rasse. Cette pièce, meublée avec un certain luxe, était parquetée et entourée d*nn lambris en chêne à hauteur d'appui, orné de pilastres dans les angles. La corniche était dorée. Le plafond était orné d*un cul-de-lampe ou pendentif auquel était suspendu un lustre. Contre les murs étaient appliqués de nombreux tableaux, offrant pour la plupart des sujets religieux, parmi lesquels on remarquait un saint Sébastien, estimé dans un inventaire 5,000 livres, somme énorme pour le temps. Ce tableau, qui fait l'admiration des connaisseurs, est aujourd'hui placé dans Tégli^ St-Pierre.

A l'extrémité opposée était un grand caMnet, appelé le cabinet des colotines. Deux colonnes isolées, placées dans te fond* décoraient celte pièce. A côté éuit la chambre à coucher de l'évéque.

L'étage au-dessus de l'entre-sd était composé de dnq grandes chambres, séparées par un large vestibule qui était placé sur la salle à manger. Ce vestibule était éclairé par trois grandes croisées donnant sur le jardin et par quatre ocoins, ou œils-de-bœuf, percés dans la voûte en forme de dôme. U était pavé en grands carreaux de terre cuite.

Cet étage était surmonté de mansardes.

Une grande pièce placée au-dessus du cabinet d'assemblée servait de garde-meubles. Cette pièce, qui éuit éclairée par deux lucarnes sur le jardin et deux autres sur la cour, contenait 27 pieds de long sur 20 de large.

La galerie qui surmonuit le vestibule communiquait avec un autre garde- meubles, de t8 pieds de large sur 20 pieds de long, lequel était éclairé du côté du Jardin par deux lucarnes semblables aux précédentes.

CAirrON DE LfôfEUX , 2* SBCTIOR. 253

Qoatre chambres, dont la plas grande mesurait 20 pieds de long sur 9 piecb 6 ponces de large, occupaient l'espace compris entre ces deux (Pièces.

Ce bâtiment était couvert en ardoise du côté du jardin. Le dôme qui surmontait le iiavillon central, faisant saillie sur la terrasse 9 était aussi revêtu d'ardoises simulant des écailles de poisson. Les mansardes et « le brézil • au-dessus, du côté Hijpposé au jardin, étaient couverts en tuiles (1).

L'édifice actuel , bâti sur l'emplacement de cette somptueuse demeure, renferme le musée (2) et la bibliothèque. Le rez-de-chanssée, élevé en i808, est affecté aux différents services du Tribunal de commerce.

Jardins. —Les jardins de l'évêché, dessinés, dit-on, par Le Nôtre, étaient magnifiques.

Ces jardins, ornés de bassins, de fontaines et de statues, se divisaient en trois parties distinctes : le Parterre; le jardin supérieur ou Jardin des cascades, et le jardin inférieur appelé ta Couronne.

' Le Parterre^ ou jardin principal, se développait devant la façade du palais. Il était précédé d'une double terrasse, avec glacis en gazon, coupée au milieu par deux grands escaliers en pierre, composés chacun de huit marches. Ces deux escaliers, qui reliaient la terrasse principale au parterre, étaient

(i) Il existe un ancien detsin, à Taquarelle ou à la gouache, de la ftçade du principal corps^e-logie et d*une parlie des jardins, par M. Fontaine, architecte.

(S) Ce musée, créé en 1837, possède plusieurs bonnes toiles, entr'autres un magiiiOque tableau d*Hippoljfte Flandrin, représentant Jésos-Chrtsl bénissant les petits enfants ; Tubie ensevelissant tes morts, par Dubufe; Jean Le Hennuyer, évéque de Lisieux, sauvant les prolestonts du massacre de la St- Barlliélero j , par Gosse; deux anciennes toiles , par Bon Boulloogne , etc. ; le modèle en plûtre du lioo de Barye , ete.

25& STATISTIQUE MONUMeiiTALE W €AtVA1>0S.

décoré» de statues eu plomb ^ de Iîodb. lie»«UI«e9i porfes sur un piédestal en [Horre, représeotaîeatdestrirèoe^

Vers Textrémité du parlerre s'étendait un baswu, de Itro» cpiadrangtdalre» d'où jailiissaienl trois Jels d*eau qui efltretenaient la fraîcheur au sein de cette délkâettse pnomeraide. Cette pièce contenait 16 toises de largeur (96 pieds) sur il toises 2 pieds de long (\kQ pieds). * EUe était rovéUie* daw « son pourtour, de mors avec talilette en pierre par desans ». ( Inventaire déjà cité. )

Sur les cOtésdu jardin se développaient deux belles pelonaes, décorées de quatre statues en pierre placées sur un pîédiestal.

Deux grandes allées de tilleuls s*aliguaient sur les cMs da parterre, fermé au nord par un grand midr en tenrasse qui faisait partie des fortifications de la ville» La partie reotrale de ce mur faisait saillie sur le chemin de ronde » au-delà duquel s'étendait la riche et frfanturcnse vallée de Touqaes.

Le jardin supérieur ou des cascades , formé 4le nombreuses terrasses et de parterres bordés de charmilles, s'étendait an nord et à l'est jusqu'aux anciens nuirs de la viUe. K émit fermé au midi, du côté de la cathédrale, par un mur en terrasse qui s'étendait jusqu'au mur de clôture du doyenné.

A l'extrémité d'une des terrasses s'élevait un pavillon oct^ gone, appelé le Belvédère, Ce pavillon» construit en pierre, était surmonté d'un dôme en impériale, revêtu d'ardoises. Il était éclairé par six croisées « ouvrantes à coulisses et voûté en calotte». Le mur qui soutenait la terrasse était bâti sur l'emplacement d'une ancienne tour , qui faisait partie des fortifications de la ville.

L'escalier en pierre par lequel on aeoédait au behiédère était séparé en deut parties par un palier de repos On comptait seize marches pour la première hauteur et six marches pour la seconde hauteur , avant d'atteindre la terrasse supérieure.

La cascade principale était garnie » de quatre j^ d'eaa,

GAirrOtf W L18iEUX, 2^ SECTION. US

« «06 gerbe et ciaq oiaMiueft avec deux chutes «apérUores, t npi^rlées par deux mamb de maçonerie avec pierre de « taille formant bastion, cokimie» et avant-corpe , ganû» de « Mfipes de fJeuib ».

La première contenait 18 pieds el demi de long sur 10 pîeds de large» y compris TempUcemeat de la secocde cbnte qui offirait 9 pieds de kmg sur 4 pieds de large.

<c Â8 bas était un bassin formant miroir* de 2k pieds de ff long sur 15 pieds et demi de saillie dans le milieu, au- H devant de b cascade •. Ce bassin était revêtu de pierres de teille.

La première cascade avait 5 pieds k pouces de haut; la seconde, 4 pieds 9 pouces. Une coquille en plomb, placée dans la grande cour d'entrée du palais, recevait les eaux de décharge de cette cascade.

f^ mur de clôture, (brmaiit terrasse, qui s^élevait à l'extrémité du bâtiment servant de communs , Ho côté de Tancien impasse a Cardîn-Martm, » était construit en caUlou et moellon.

L'escafîer placé près de ce mur permettait de descendre dans le jardin inférieur, nommé la Couronne. Cet escalier était composé de SO marches en pften^ avec un palier de repos an milieti, sur lequel éuit établie one eharpente qui souteniit une porte à chire^voie garnie de barreaux de bois tournés^ Cette porte, qui fermait le jardin, était surmontée d'un toit couvert en tuiles

La gralftde pièce d'eau (fui ornait le jardin de la Couronne omieèait ftl loiaes ( lêô pieds) de long sur 26 toises ( 156 pîeds) de large à me eitréoùlé, et 6 toises (S6 pieds) à l'autre bout. De cette pièce jaillissaient neuf jets d'eau.

Les murs qui entouraient ce jardin étafcnt garnis d'espaliers. L'un de ces murs, construit en moellon et silex avec parement en brique, faisait partie de l'enceinte de la ville.

Le mor de clôtore', du côté de i'aocieoae place de la porte de h Chaussée, était constniit en brique; Dans ce mur était pratiquée une porte à deux vantaux.

Le jardin actuel, qui occufie remplacement de l'andeD parterre, a été livré au public en 1837.

Ce magnifique jardin, dessiné à la française, présente deux vastes pelouses entourées de plates-bandes symétriques et séparées par un bassin circulaire muni d'un jet d*eatL Sur les côtés s'alignent plusieurs allées de marronniers.

Au midi se développe une belle terrasse an centre de laquelle s'élève le nouveau musée, que domine la masse sévère et imposante de la cathédrale.

OffUialité. — Le bâtiment de TOfiScialité s'élevait sur la grande place, en face la cathédrale.

Ce bâtiment, construit partie en maçonnerie, recevant un colombage, était couronné d*un comble en charpente couvert en tuile. Il contenait 7 toises U pieds de long (A6 pieds) sur 18 pieds de large dans œuvre.

Le petit bâtiment qui était placé en retour servait de chapelle.

Le Doyenné. — Le beau bâtiment, dans le style fleuri de la seconde moitié du XVIII* siècle^ qui était habité par le haut-doyen de la cathédrale, dominait, ainsi que noiis l'avons dit plus haut , l'ancien jardin supérienr ou des Cascades.

Cet édifice, qui est encore debout, était entouré d'un beau jardin dessiné à la française. Il sera décrit dans la partie de la Statistique consacrée à l'architecture civile et domestique.

Chapelle de l'ancien palais épiscopal (1 ) . — Cette chapelle, (i) La description de celle chapelle est de M. le dootear Bfllon.

dédiée à saiot Paul, 8*éie¥ait au nord de la cathédrale et vers rextrémité orientale du grand édifice construit par Matignon II eu 1680, sur fa terrasse qui dominait les magnifiques jardins. Elle avait l'orientaiiou liturgique^ si favorable à la perspective des édifices gothiques. Des divers points du vaste jardin et de la riche vallée de Touques , on apercevait la blanche silhouette de son abside se dessiner sur la façade rembrunie du transept de la cathédrale.

Elle eut pour fondateur Guillaume d'Asniéres, qui gouverna Tégiisede Lisieux depuis 1285 jusqu'à 1298 (1). C'éUit l'époque la plus brillante de l'incomparable architecture du XIIP. siècle. L'élégance et la grftce produite par la pureté des lignes ' se mariaient à une riche ornementation architecturale. Nous en avons en la preuve dans un chapiteau dont nous avons fait un dessin et que nous avons sauvé de la destruction.

Nous avons eu le bonheur de contempler bien des fois ce charmant sanctuaire, à une époque où les reflets de son glorieux passé resplendissaient encore d'un vif éclat L'aveugle et stupide vandalisme, qui l'a si inutilement renversé, s'exerçait à l'aurore de cette grande réaction réparatrice qui a conservé à la France tant de monuments précieux. Notre pays doit être fier d'avoir été le berceau de cette croisade intelligente contre l'ignorance et la barbarie des derniers siècles, dont M m. de Caumout et A. Piel ont été les plus ardents promoteurs.

Cet édifice présentait en plan un long parallélogramme, terminé à l'orient par trois pans. Sa longueur dans œuvre était de 11 toises (66 pieds) ; sa largeur, de 20 pieds 6 pouci's. Clette largeur était à peu prés le tiers de la longueur totale, et

(1) Stroxk eapellam S. Puiili in «liba» episcopalilHift, quariim in priadptii vitro pfiifies ejus et stemma drpingnntur {Galiia r/in«* tiana}.

258 STATISHOUë 'ttœiUlieNTi^Ë DC CAtVAhôS.

troig foi» cette hrgtvtt devinent donner la hinteUr de rédiftte sous cM de ToOte.

Comme h plu|)art des palais épiscopaux élevés dans les villes romaines^ cette chapelle était bâiîe sur d'anciennes foriifications. Elle se composait , de deux étages. L*étage inférieur, haut d*environ 5 mètres, servait à la fin du dernier siècle de magasin. Cet étage éuit séparé de la chapelle supérievre par un plancher en charpente formé de neuf travées et soutenu par des sommiers reposant, vers le milieu, sur des poteaux en

bob t^rtooù^ éé pbtence^ destittés à angmetiter letif solidité. Le plancher é(ak, ^ l^intériéur de h chapelle, recoatertd*dn grand parqaet d'aBsemblage. Cette espèce de Hez-de-chatissée s'ouvrait snr une cour sombre et humide.

On accédait I la chapelle par un restibule qui s'ouvrait sur le grand palier de l'escalier d*bonneur. Ce vestibule était pratiqué dans un bâtiment long d'eiivht>tt 56 pieds, lequel était dtué entre h cage de l'escalier et (a dhapolle. Il était éclairé par t[uatre fenêtres qui regardaient la cdthédtale. De là , on montait dans là chapelle par neuf marches en pierre.

Les murs latérani étaient chacun percés primitivement de sept fenêtres. Le chevet offrait (rois ouvertures. Dû cOlé septentrional, quatre fenêtres avaient été bouchées par la grande construction dont nous avons parlé, trois seulement recevaient la lumière. Ces fenêtres, très-élancées, étaient partagées par un meneau. Le tympan était décoré de trMes et de qtratrefeuilles. Les arcUvoftes, à l'intérieur et à l'extérieur, étaient entourées de nombreux tores reposant sur des colonnettes dom tes chapiteaux étaient habilement fouillés. Ces chapiteaux éuient composés de deux rangs de feuillages dont b tige devenait cordiforme. La largeur de ces fenêtres était de U piedsL Nous en avons trouvé ta preuve dans un ancien devis. Des vitraux de couleur décoraient les fenêtres, sur lesquelles était représentée l'effigie du donateur, ainsi que son blason.

Les murs, très -épais, étaient construits eu blocage avec parement de pierre de taille. Ils étaient privés de contreforts, ce qui s'explique par l'absence de voûte en pierre ; quelques contreforts réparés avec de la brique épaulaient seulement le rez-de-chaussée. Cette chapelle, primitivement couverte en taiks, fut revôtoe d'ardoises en 1681 par Atatignon IL La charpente était formée de chevrons portant ferme. Trois entraits avec poinçons soutenaient le sotts-fatte et des arceaux

260 STATISTIQUE MOMUXENTALB DU CàLVADOS.

de bardeau et couvre-joint» formaient une voûte ogivale* Cette voûte était peinte en bleu et semée d'étoiles^ Le sons-faite était garni de cuis-de-Iampe. Le poinçon placé à la croupe de Tédifice devait être surmonté d*un épi ou d'une suiue.

A rintérieur, le mur méridional était décoré , au-dessous des fenêtres, d'arcatures de 2 pieds et demi de hauteur sur une longueur de 9 pieds.

L'ameublement primitif avait été remplacé soits le r^ne de Louis XIY.

(( Le sanctuaire était élevé de six marches en parquet. Le ' marche-pied de même.

« L'autel et le conlre-rétable en menuiserie étaient isolés, (( de la longueur d'un cul-de-lampe , pour former sacristie « derrière avec deux portes.

« Au-dessus du tabernacle est un grand tableau représen- « tant la Nativité. Aux deux côtés, sur les portes, sont deux « autres tableaux représenUnt deux évangélistes.

« L'autel est orné de quatre colonnes avec corniche, le « tout peint et doré (1). »

Des blasons étaient peints sur les fenêtres de cet édi6ce, qoi a été détruit en 1835 (2).

Sur remplacement de cette chapelle on a bâti, contrairement à toutes les lois de l'hygiène, une caserne de gendarmerie, qu'il est question d'abandonner.

St. 'Germain (3). — Lisieux possédait trois églises paroissiales. La principale n'existe plus : elle a été démolie en 1798 pour faire une place. Elle était située au centre de la ville , devant

(1) Manuscrit cité.

(2) Le 50 juin, le clergé de Téglise cathédrale se rendait procc«ùoiiuellemeiit à celte cjiapelle où l*oo cbaoïait la mené do jour en mit' siqve {Vies deê sainti Patrons du dheéke de Lisieux, p. 72).

vS) Nottfs de M. Cliarles Vasseur.

CAirrON DE USI£UX, 2*. SECTION. 261

le iianrîs de la cathédrale et était consacrée à 8»nt Germain.

Sa fondation derail remonter à nne époque reculée ; mais , reconstruite en majeure partie au XV". siècle , sa dédicace fut célébrée le 2 juin i5/i0. Les souvenirs auxquels j'ai fait appel sont trop vagnes pour permettre de reconstituer son ordonnance et de décrire son ornementation. Il en résulte seulement qu'elle avait une grande richesse de décoration , des vitraux . des galeries sculptées et un portait superbe , à l'extrémité de son transept sud, sur la grande rue.

Quatre des staOes de St. -Germain sont maintenant dans Téglise de $t-Mards*de-Fresnc Elles datent du règne de Louis XIV.

La clôture du chœur se composait de légères colonnettes corinthiennes , à cannelures, reliées , sans doute, par un enttblemeut classique. Le rétable du maître-autel consistait en six colonnes corinthiennes de 10 pieds de hauteur, doublées de pilastres, qui portaient un entablement semi-circulaire avec baldaquin.

La croix du cimetière datait de Tépoque gothique. On y faisait une station à la procession générale du dimanche des Rameaux.

Les fonts baptismaux en pierre, de forme octogone et d'un diamètre considérable, gisent au milieu d'une cour de Isi banlieue, où ils servent pour abreuver le bétail. Quatre chapiteaux sculptés, adhérents à la vasque, font reconnaître qu'elle était soutenue par quatre cotonnettes , indépendamment du pied central, nécessaire pour l'écoulement de l'eau.

Quatre belles tapisseries de haute-lice, représentant la parabole de F Enfant-Prodigue , ornaient le chœur aux fêtes solennelles.

St -Jacques possède deux petits reliquaires en bois doré , da XVIII*. siècle , que l'on dit provenir de St -Germain. Ils auraient été faits en 171? pour contenir les reliques de saint

232 STATI^TIQVV MONUMI^^nta;-!^ pu c/kiV4i)0S.

n^ppoilées 4e lU^me , dans cette »i9<ié^)i r P^r MQ hafiiuni 46 Usteui^, nominé TioupUo.

Lu lour de St.-QeriDaiu, s\iQi^ k l^ogle oord-Q«^t de UcoostrQctipQff couteoaU uoe «oqo^îe r^ourqu^l^ç , dooi M. le docuwr Biiloa a reUtHivi deux ou irw clocher égarées dans des cloche» de campsgne , et dooi il a esquissé Tbisioire dans se# intéressantes Notices sur l*art camp^naîre.

Le patrowige de cette église appartenait au cbaïuûne pré» koadé 4a tiu^. Le clergé était nombreux.

SU'Jacques» - Plus heureuse que la précédeute , TégUse St.»Ja6qoes a échappé i b démolition ; <iUe a méine coi|servé Mne partie de son ancienne splendeur. D'a|iord simple chapelle, agrandie en 1132, elle fut reconstruite de fond ep comble à la fin dn XV% siècle. La premt^e pierre ^ fqt pçsé^, en 1&96, par le curé et \e^ tr^iers en ch^i^e; cinq ans suffirent pour sou achè?einent , car tous les yitraui^ dti dwMir sont datés de l^Ot* Cependant elle ne fut dédi^ solepneUemeni qne le 1**. juin i^AQ. |S|ie eut pour architecte Guillemot de Samaison , bourgeois de Lisieux. Qien qu'il n*ait jaqiais pris d*au(re qualification que celle de maStre mofim* c'était néanmoins un homme de talent: St, -Jacques et les autres monuments qu'il a élevés à Lisienx sont là pour r^testen

Il nç faut poit^t chercher dans cette église U profusiion , souvent fatigante , dç sculptures qui envahit , I l'extérieur fommç k nmérietir i i9 plupart de9 monopien|s de \^ dernière époquç pgifalp : des pinacles collés sur (es faces Iriingulaires des contreforts, des clocheions carrés dont I9 pyramide ^ garnie 4^ feuilles frisées, voilà le luxe d'ornementation qui se voit à l'extérieur. Les portes latérales n*ont qi^ des moulures. Le pqrtail principal estt trop mtttilé pour qn'qo

CANTON Dh immiTk, 2*. ASCTIOIK. 303

m^m «)iipç0iM«ir iO0 ordoMattce. Les êmwoH qui Hifaiif tent encore wmUeni indiquer qu'il y aral de» etatiM âios les ébrasores , et one série de SttUjcttes dans les archivoltes. Là tour est n^tée inaebeTéevU a été question dernièrement de lai donner nn coaronaemeot. M. Bouet avait fait un joli projet, que n'aurait pas désavoué Guillemot de Samaison ; jusqu'à présent AL le Curé n'a paa jugé k propos d'y donner suite.

Le plan de St -Jacques est simple e| ha proportions harmonieuses. C'est un paralKlogramm^» divisé en trois nefs accompagnées de chapelles. Un chevet à pans coupés, à deux étages de fenêtres, termine le cbOMir. Les bas-côtés sont fermés, au nive^ du sanctuaire , par un mur droit. Toutes tes fenêtres son| flamHbyaPU^i ^ npi9broux meneawu Des arçs-boutanu» ^ontienn^i la poussée def gran<toa voiU^ ^t servent en même temps d'ornement à Tei^térieur. Une gilerie dt; pi^ne là compariiments flamboyants évidés ii jour règne entre les contreforts, ao-dessys des bas-côiés et au chevet 4u cb<9ur. Dçs gargouilles sculptées déversent Teau des ciieoawL loin du pied de Tédifice.

À l'intérieur, les piliers des arcades de communicatiofi sont cylindriques, avec bases octogones. Las egivfs sont gamÂQS de moulures en pénétration. Sous le clérnstf»ry ^vittue «ne série d'arcalures trilobées, encadrées dans des «oouluMs prismatiques qui forment le triforium. Une galerie rè§ne ap chevet; «ne balustrade Qamboyante en pierre sei^t d'appui.

Li» claveaux extérieurs des fenêtres du clérestory servent de formeretà la voûte : de sorte qu'il n'y a auqun plein 4|As 1ns parties supérieures, si ce n'esi les piles des arcsidoufb|eaM¥- CeUe ditfiwiîon donne une grande légèreté k Vm^ semble, le» clefs de voûte sont, la plupart, chargées de bh- 9009 des potables bqni^eois de Lisieu)^ qui avaient contribué par leurs largesses à la construction de l'édifice, M. Rayr

26/i STATISTIQUE MONUMENTALE DD CALVADOS.

moud fiordeaax en a signalé on dans ses Etudes héralditfues sur te$ monuments de Caen; Dans le reproduisons ici.

Cette église, aussi bien que la cathédrale, mériterait une monographie. Dans le cadre restreint qu'impose le plan de cet ouvrage , il est impossible d*entrer dans les détails.

St-Jacqnes a conservé de précieux restes de son ricbe mobilier. Presque toutes ses fenêtres sont encore garnies de fragments de verrières dont beaucoup pourraient être complétées à coup sûr. Deux sont encore entières : celle de la chapelle de la Charité, au bas du collatéral méridional, et celle de la première fenêtre de la nef au nord. Cette dernière est une des pages les plus splendides qu'aient composé les artistes de la Renaissance : elle représente une scène de TApocalypse, la grande prostituée de Babyloue. Elle aurait besoin d*étre consolidée , et il est surprenant que M. Jardin , coré actuel , qui a déjà fait tant de travaux utiles dans son église , n*y ait pas songé. L'antre a été remise en plomb avec beaucoup de soin il y a peu de temps. Elle représente un miracle de saint Jacques d'après la Légende dorée. Les six fenêtres du chevet sont garnies de verrières modernes exécutées par MM. Marette et Duhamel , d'Évreux, à l'exception dn CrudGement, qui est en grande partie ancien.

Les stalk» pourraient faire l'objet d'un trafaîl spécial ; elles sont au nombre de soixante-dix. Les suites basses viennent de l'abbaye du Val-Richer ; elles sont d'une trèsbonne exécDtion et datent du r^ne de liOuis XIV. Les stalles hautes, au nombre de quarante, remontent à la Renaissance, et leurs miséricordes sont sculptées suivant le goût de l'époque avec l'imagination la plus capricieuse.

De beaux lambris, des règnes de François I*'. ou de Henri II , les garnissent à l'cxlérieur.

On a trouvé sous le badigeon, à divers endroits, des peintures qui font supposer qu*une décoration polychrome avait été donnée à toute l'église. Le Bulletin monumental en a parié en 1853. Cependant il est bon de répéter ici deux inscriptions obituaires qui ont été trouvées à peu près complètes :

CT • DEV.lT • 80HT • INRIJinM • ET • CISEHT • LES • CORPS • DE • ?£»"••• PCMOmiB . M». OCILLI • T1«EL • BR • SOIT • VIUAWT PBHB • ET • CURE • DE • SAIMCT • JOB AN • DE ' FAllILtT • ET • DE • JEBANUE . FEME • DE • JOHAlf • TIHBI. '• MàRE • DUD. • CURE • LBSQLS • TRESPASSBREIVT • SCADOIR . E5T • LAD. . JKHAIIKB • LE • FElc'' • KXIIU* • JOUR . DE • ffiPTSHBRB • LAN • MIL - V^ . IVIJ • ET • LED. • CCRB • LE > MQDEDI • PENULT"*. J0«. DE • JUIN • LAN • MIL • V^ LX • ET • DE • JOHAN • TIREL • LAISNE • QUI . TRBSPA9SA • LE • MARDT • I"* • JOUR • DE . n^EMBRB • LAN • MIL • VS XU (?) PRIE • DIEU • P* - ECLX • PATER NR • AVB • M.

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