PLAN DE LV.0L15C DE S\INT-0CRVAIN-DE-L1VBT
(on chœur, aae nef), était Tenue 8*ajouter, au XVI* siècle, une belle chapelle seigneuriale , accolée au côté méridional du chœur et égale en étendue.
Quand on sortait du chemin creux et ombragé, c'était h nef qui se présentait d'abord à la vue. Tous ses murs portaient incontestablement les caractères du XI* siècle. Les contreforts sont très-plats, et ceux de l'angle emboîtent la construction ; sur quelques-uns d'entre eux on remarque des croix de consécration dont nous donnons un croquis; dis-
position peu commune. Malheureusement les ouvertures primitives avaient été remplacées. Une porte percée au XYII* siècle, dans le pignon de l'ouest , et protégée par un large porche, avait été substituée à la porte romane, placée au midi, dont le profil subsiste encore. (Y. la page suivante.) Le mur du nord , sobrement éclairé dans l'origine par deux petites fenêtres cintrées, hautes de 3 pieds sur 9 pouces
de largeur , a été repercé d'abord ao XVI* siècle , puis à l'époque moderne. Trois fenêtres, de la un du XVP siècle, prenaient le jour au midi. Le chœur, aussi bien caractérisé , éuit en retraite sur la nef. On y voyait, dans le mur du nord, une petite porte cintrée, la porte du Prêtre. L'unique fenêtre
était moderne , car une baie ogivale à traceries Renaissance , qui avait été pratiquée dans le chevet, se trouvait bouchée.
En tournant ainsi autour de l'édiGce , nous voici arrivé à la chapelle. Rien dans son style ne rappelle le gothique : sa construction tout entière est dans le style classique. Son chevet, cependant, est soutenu par un contrefort qui annonce on reste d'édifice plus ancien. La grande fenêtre qui prenait le jour de l'Orient, datée de 1579 (V. la page 324 ) , éUit garnie d'une voussure à bossages; sa tracerie se compose de compartiments ovoïdes , et les meneaux qui la portent sont de petits pilastres carrés d'ordre ionique.
Z2k STATISTIQUE MONUMENTALE DO CALVADOS.
FRlltTlllt DB LA CBANUB DK SAtNT-^BMUflf-MHUVtT.
CANTOB DE LISIECX. 2* SECTIOS. 5^5
Le mur méridional était construit en échiquier de pierres et de briqnes, percé de trois fenêtres cintrées de médiocre grandeur. Des pilastres peu saillants avec chapiteaux ioniques allaient soutenir la corniche , composée d'une série de petites conscleSi
Le mur de l'ouest présentait la même ordonnance et le même appareil Dans le pignon s'ouvrait un oailm. La porte était cintrée, à chambranle vermiculé. Sur l'attique on lisait la date 1578 (V. la page 326), et dans un cartouche audes8oas».cette devise :
sou D£0 BO.^- OB BT «LOBIA.
Du reste, le joli dessin qu'a pu en faire M. fiouet dispense de toute description.
Dans l'intérieur, on ne trouvait point un mobilier artistique ; néanmoins un certain attrait vous y saisissait.
L'autel du chœur, avec quatre colonnes corinthiennes, était primitivement orné d'un assez bon tableau représentant la naissance du Sauveur, avec cette particularité que saint Germain, le patron de la paroisse, y Qgurait parmi les assistants, dans son costume épiscopal. Cet anachronisme, qui avait un paifum trop moyen-âge, avait déplu; el le tableau, quand j'ai visité l'élise une première fois, en 1853, avait fait place & un méchant groupe en bois qui figurait le même sojet, moins saint Germain.
Cette contretable , commencée à la Chandeleur de l'année 17&5 , fut achevée le 7 décembre suivant. La bénédiction en fut faite, quatre jours après, le il , par M. Jean Rohays , curé du lieu. C'était l'œuvre dé Robert Armenout, sculpteur, qui reçut dOO liv. pour la façon, plus 150 liv. pour les statuer de saint Germain et de sainte Geneviève. J'ai trouvé cette note duns les papiers du sieur Charles Har-
326 3TATI$TIQUB MOMUMEUTALB DU CALVADOS.
FAÇADE DB LA CBAPBLLB OB SAIlfT-QEBlUIN.
POftTB DB LA CHAPBLLB DB BAIMTHSBBMAIN-DB-UTBTt
328 fiTÂT»TlQ0E MOtHniKNTAtB DO CAIYÂIIOS,
dooln , trésorier comptable, qui eut, en cette qualité, Tlionneur de chasser une cheville de bdite contrelable.
Lors du grand remaniement de l'ég^, au XVP siècle» on avait orné les fenêtres de vitrauv. Il en était resté les deux inscriptions suivantes:
M* IIHAN • LB PBANG • ▲
OOirifl CB PAHBAV
M TEBBB PBIBS
DIB? POVB LUI.
• • • « • H* LB BOTBBOIt
(armii)BiBB a bohbb
(ce pa)RBAT DB VBBBB ipriiê) WBV POfB LGT.
Ce dernier est de la famille , peut-être le père et le maître de Marin Bourgeois, Tinventeur du fusil à vent, le peintre, sculpteur, etc., du roi Louis XIH. Je me réserve de le démontrer ailleurs.
La chapelle seigneuriale ouvrait sur le chœur par trois arcades cintrées, soutenues sur des colonnes cylindriques à chapiteaux sculptés. Les feuillages de l'un d'eux étaient roulés en crossettes, de manière à rappeler les chapiteaux du Xnr siècle.
La voûte était en merrain avec charpente apparente, et les sablières qni lui servaient d'appui étaient sculptées de rageurs d'où partaient des guirlandes d'oves, d'entrelacs et autres ornements particuliers au XVP siècle.
Mais ce qui arrêtait surtout les regards, c'étaient les tixNS belles statues agenouillées sur les tombeaux des fondateurs de la chapelle et de leur fils. Sous Tenfeu , près du mur du sud, se trouvaient les deux que voici : on voit , par leur cos-
GAKTOS DE ilSlEUX • 2* $ECT|01I, 3^9
A.THtOUMT 8TATCB TOMBALC D*UN SIRI DE TOUaNBBU, A 8AINT-0eaMAl!l-DB-LIflT.
STATUB TOMBALS D*UlfB DAKB DB TOCBROU , A 8AIRT«&BBIUIIf-DI>LITBT«
tume , qu'elles datent bien de la fin du XVi* siècle* La troisième était sous une arcade près de la grille do chœor ; elle est d'une date un peu plus récente. Les blasons qui accom-
CANTON DE LISIEtJZ , 2* SECTION. 331
tTATUI TOMBALE d'oN 8UB DB TOOâNBBU, A 8AI1IT-«UBAI!I*0B-LITIT.
352 STATISTIQUE MOSCUMENTALB DU CALYAD08.
pagDaient ces statues indiquent qu'elles représentaient des membres de la famille de Toumebu , car aucune inscription ne se lisait sur les tombeaux. Voilà ce qu'était Venise de St-Germain-de-Livet Avant de courir an château, dont l'aspect séduisant (je parle toujours de 1853 ) nous promet tant d'émotions, nous allons nous arrêter sous le porche pour lire une affiche, la plus ancienne certainement de toutes les affiches actuellement existantes. C'est un Arreié de la Commission intermédiaire de VassembU'e provinciale de la ffaute-Normandie, du 3 septembre 1789.
Le lecteur désire savoir^ sans doute, pourquoi cette église n'existe plus et quel est le monument qui la remplace. Pourquoi? C'est qu'il s'est trouvé quelqu'un qui s'est imaginé un matin, en s'éveillant, avoir plus d'esprit que les hauts et puissants barons de Toumebu, présidents au Parlement de Normandie, etc. , etc. Ce quelqu'un a fait venir un agentvoyer, sur le refus de l'architecte, pour mettre à exécution son rêve ; l'autorité ecclésiastique, qui aurait dû conserver, a laissé faire; l'autorité administrative a approuvé, bien qu'il n'y eût pas le moindre prétexte à changement. On a jeté les sutues à la voirie , on a rasé l'église. Et qu'a-t-ou fait à la place ? Le nom n'est pas encore inventé. Ce n'est pas une grange, je ne dis pas une grange gothique (elles sont généralement fort belles), pas même une de ces granges vulgaires comme j'en ai vu en Belgique et ailleurs.
Château, -Nous voici devant le château. Lui aussi a subi des mutilations regrettables; mais il faut nous incliner devant la volonté du maître. C'est une propriété privée, et chacun doit être libre de traiter son bien comme il l'entend.
Situé vis-à-vis du portail occidental de l'église, ce château se compose de deux enceintes. On entre dans la première par une grande porte cintrée, accompagnée d'une poterne en accokde
pratiquée dans un mur de pierres et de briques vertes vernissées , disposées de manière à former échiquier. C*est , à proprement parler, une basse-cour, qui ne renferme que des bâtiments d'exploitation rurale et le colombier. On ne voit autour aucune (race de fossés.
Tous ces bâlimenlssont en bois; un seul a conservé quelque cachet: il remonte au XVI* siècle. I^e colombier, construit à Tangle sud-est de Fenceinte, est dans de grandes proportions. Il est octogone, construit en bois, avec briques inclinées entre les colombages. F. es poteaux comiers portent, à leur partie supérieure , des blasons rendus frustes par les années , mais dont on peut encore distinguer les pièces principales. Tous sont partis, et la première partition est de Tournebu : (Sar^ fenî à ta bande dCazur» A la seconde partition , on trouve sur Tun les trois maillets de Mailloc; sur un autre, une croix accompagnée de quatre pièces qu'il est impossible de reconnaître. Un toit rapide, pyramidal, avec une petite lanterne au sommet, couvre ce colombier.
Au fond de la première enceinte s'élève le château , entouré de larges fossés remplis d'eau vive. Son plan est un penugone irrégulier. Le pavillon d'entrée, qui regarde l'Orient, est bâti en échiquier de pierres et de briques vernissées, alter- 1 nativement rouges et vertes. Deux sveltes tourelles à toit
conique flanquent ses angles. La porte , accompagnée d'un portique d'ordre corinthien , porte la date de 158/i. Une fenêtre à fronton triangulaire, accostée de niches pour des statues, éclaire la salle supérieure. Le toit rapide- en ardoise est coupé par une lucarne en pierre. Du reste, le dessin de M. Bouet est d'une dimension suffisante pour donner une idée complète de l'ordonnance.
Un grand bâtiment de construction identique fait suite au pavillon , vers le niidit remplissant le second côté du pentagone. Le rei-de-chaussée , consacré à des magasins, ne reçok
BNTIlée DU CRAtBAU DE LlYBT.
la lumière qaepar trois petites oavertures circulaires. L*étage supérieur est percé de trois belles fenêtres semblables à celles des tourelles du pavillon , qui alternent avec des niches, dont les statues ont disparu à la Révolution. La toiture est en
tailes, mais en tallesde couleurs variées, qui devaient fonner primitivement des dessins par leur disposition.
 Textrémité de ce bâtiment, s*élôve une tour construite toujours avec les mêmes matériaux , revêtue de la même ornementation. Sa corniche est garnie de mâchicoulis.
Les deux côtés suivants du pentagone étaient formés de constructions afiectaut la même ordonnance, mais moins ornées parce qu'elles étaient moins en vue. On vient de les raser, en grande partie, pour ménager une vue. Gomme le ch&teau est dans un vallon fort étroit et peu pittoresque, la perspective procurée à ce prix consiste en trois saules au milieu d'un pré à faucher.
Les bâtiments de la cinquième façade sont en bois, sans sculptures; ils accusent le XY' siècle, et vraisemblablement ils sont antérieurs aux belles constructions que nous venons de passer en revue. Une cour intérieure occupe le centre du château. Ce qu'elle a de caractéristique, c'est la galerie de quatre arcades, portées sur des piliers toscans vermiculés, qui forme une sorte de cloître sous le bâtiment faisant suite à la porte. L'étage supérieur répète l'ordonnance extérieure. La corniche, richement sculptée, porte sur sa frise l'inscription suivante :
mn LAV041 opvs et plus bas , dans un cartel :
Il ne faut pas négliger de jeter un coup-d'œii sur la porte en accolade qui se trouve à droite en entrant: elle est garnie de clous ornés, fort curieux, dessinés et décrits dans le savant ouvrage sur la Serrurerie du moyen^dge publié |Mir AL Raymond Bordeaux, en 1858.
Cette porte conduit à une grande salle k vaste Gbemiiiée«
SS6 STATISTIQUE liartUMBNTAU DO CALVADOS.
-dont les nnra étaient aotrefois otnnrerts dé peintures représentant,, dit-on , la bataille de PaTie. Dans l'angle , près de h chetnifiée, une tooreDe renferme nn escalier de service qui conduit à la salle supérieure, laquelle possédait aussi une belle cheminée dont la botte était couverte de compartiments flamboyants. Je doute qu'on en troure un second exemple dans les environs de Lisieot. Plus loin , une chenunée plus moderne était garnie d'une plaque en fonte où figuraient deux écussons accolés, sommés chacun d'un casque à lambrequhi& Sar le champ du premier sont posées trois gerbes, sur l'autre la bande d'azur des Toomebu. Des pavés émaillés aux types les plus variés, des ploml» aux fenêtres, voilà ce que l'on tronvait à chaque pas, avant la restauration du château. De cette restauration nous ne dirons rien.
Trois familles ont possédé successivement la baronnie de Livet r^ première en date est la famille Tyrrel. Elle était puissante dans la contrée dès le commencement do Xlir siècle. En 1206, Guillaume Tyrrel, écuyer de Livet-le-Baudouin, faisait un accord avec l'abbaye d'Ârdennes, au sujet d'une vavassorie du nom de Fresne-Ckargie, située dans ladite paroisse, et que son oncle, Richard Tyrrel, chevalier, avait donnée aux religieux.
Après cette famille, les Livet se trouvent en possession de cette terre , qui entra dans la maison de Toumebu par le mariage de Jeanne de Livet avec Pierre de Toùrnebu , en l/i62. Pierre possédait déjà» de son chef, les seigneuries de la Vacherie, Fresnay et Sanqueuse. Après le décès de Guillebert Loovet et de Marie de Mailloc, père et mère de Jeanne, sa ièmme, il fit partage de leurs biens et choisit la seigneurie de Livet et les fiefs de St-Vast et d'Estrées, à charge de payer à Jeanne de faux , femme de Jean Loovet , 500 livres que lui avait données en mariage son oncle Pascal de faux, évêqoe de Lisieux.
CANTON DE tISLEUX, 2* SECTIO.N. 337
Pierre de Taumiebu eut six fils, doni Yjàlné, Jean, fut seigqear de Uveit aiprôs son père. Jacques» fils de Jean , aussi seigneur de Xivet^ augmenta «es doniaiues déjà considérables des terres de la Preyostière et du Pont-Mauvoisin que lui ap* porta Geneviève Pilloisde Montigny, sa femme, comme on fa vu à Farticle de S*-Hippolyte.
C*eslà Aobert, son j>elit-fils , qu'il faut attribuer la constiruction du château et de la belle chapelle seigneuriale dont nous avons regretté la perte. Ce sont les statues de Robert et de madeleine de Seguise, sa femme, et d*Anne de Tonrnebu, leur fils aîné , qui ont été réduites en moellons après avoir subi des outrages que la Révolution de 1793 leur avait épargnés.
Robert de Tournebu avait reçu une éducation moins guerrière que ses prédécesseurs. Marie de Groixmare , sa mère , appartenait à une famille parlementaire. Le contact des .gens lettrés, les voyages qu'il dut fuire dans la capitale de la Normandie , tournèrent son esprit vers les beaux-ans. C'est à cette influence que nous devons les belles constructions que nous avons décrites.
^nne de Tournebu , devenu seigneur de Livet après son père 9 suivit la carrière de la magistrature et devint président aux requêtes an Parlement de Rouen.
Aobert de Tournebu , son fils, sieur de St-Germaln-de- Livet, du Pont-Manvoisin « sieur et patron du Alesnil-Ëudes, suivit la Cour et obtint la charge de gentilhomme ordinaire de Iji chambre de la Reine-Mère.
Jusqu'à la Révolulion , la famille de Tournebu posséda les terres de Livet , Mesnil-Eudes -et le Pont-IUauvoisin ; mais c'est le château de St- Germain qui lui servit toujours de résidence. Après la tourmente, le dernier rejeU)n de la maison, M"*" Marie-Pierre de Tournebu , qui avait épousé en premières noces M. de Mondrainville , et en secondes noces
S3d STATlSTlOtlE ttONOME^tALÊ DtT CALVAIK)^.
M. de Janville , put rentrer en possession des épaves de ces terres, que ses héritiers, MiM. de Foucault, se sont partagées et que leurs représentants possèdent encore aujonrd*faui.
Le hasard m'a fait passer par les mains un grand nombre d'aveux rendus aux seigneurs de Livet. Ils présentent une énumération à peu près complète des diverses redevances féodales en usage dans notre pays; mais, tout calculé, les charges étaient moins lourdes que celles qui pèsent actuellement sur les campagnes : je pouri-ais le démontrer , pièces en main.
Les vassaux de la seigneurie de Livet devaient à leurs seigneurs :
Des rentes en argent (lA deniers par acre, en moyenne);
Des chapons à Noël ;
Des œufs à Pâques ;
Foy, hommage, reliefs et treizièmes ;
Réseantise ;
Obéissance de court et usage;
Aides coutumières ;
Service de prévosté ;
Regard de mariage ;
Abattre et cueillir les fruits, tant pommes que poires, et les porter aux greniers;
Les piller, sildrer et enthonner ;
Chaumer les chaumes, quérir les hards pour iceulx lier ;
Faner, botteler, charier et tasser les foings ;
Prière de charrues et de herche deux fois par an « pourveu qu'il y ait bêtes tirantes à hamois et regesantes sur le fief; — et devons avoir un respeus vue foysle jour pour les personnes et bestes, et deux deniers au soir pour charrue oo grande herche et vn denier pour la petite herche i ;
Baon du moulin ;
(( Aider à amener les meules et le tournant d'iceluy mou* lin dentre les quatre portes de Normandie ; »
CANTOiN DE LISIEOX , 2* SfiCTtON. 339
Aider k tenir les éclusea en bon eut;
« Sobjects aotty à gerbe et nolei tu preuoet et mensnier de mondicl sieur.... » ;
Aider à curer les mottes d'alientoar dodict manoir de trois ans en trois ans et faire le hérichon.
Enfin, voici ane singularité: L'atnesse de ia Qoesnelière, qai contenait 9 acres, devait on denier à Noël c pour porter i l'offrende de la messe de minoict. »
U a existé une maladrerie k Li?et : il en est fait mention dans on acte do 6 avril 1456, comme bornant des terres situées « sur le qoemin tendant de la chapelle de Noiremare au moustier de Livet.
Quatre fiefs, outre celui que possédaient les barons de Toornebu, se trouvaient dans les limites de la paroisse de Livet :
l"" Le fief de Belleau, mentionné dans un acte de i&56. Il bornait la maladrerie de^ Noiremare ; par conséquent, il se trouvait tout-à-fait à l'extrémité de la paroisse. U était possédé en 1&12 par damoiselle Marguerite d'Ouviile» femme de Durand d'Auge. Les fiefs d'Âuge étaient situés sur St-Jeande-Livet;
2<> Le fief du Coulant;
3* Le fief du Coudray.
Ces deux fiefs appartenaient au haut-doyen de Lisieux , à cause de sa dignité.
4° Le fief du Bouley.
Guillebert Bardou était seigneur du Bouley en la paroisse de Livet, en 1456.
Laurent Bardou, qui fut imposé par Montfaut en 1463, devait être possesseur du même ùet
Guillaume Bardoo était seigneur du Bouley lors de la recherche des élus de Lisieux, en 1523-24.
A la fin do XVI* siècle, le fief du Bouley appartenait à a famille de Boctey.
â&O STATlSTlQtJE MONUSI&KTilS DO GALVAt>OS.
Gabriel Le Boctey.» teigttswr do Jkipief , «et daflutolle Jiliifiie B»tim,« femme, douaèneoi le jour i 4qiik ei^aats : Michel, qui entra dans les Ordres , et Lonia lie Boei^» son lrèiie« esooicr., aieor du Awley. l0m éi^imnk le 3 juillet 1597, Catherine de Franquevilie; €iùqmbnieeidvu4eÀeimt 3eîgttenr db Goltandoa. et d'Oilène 4e Fedebufu De «ette ntion stnireot irais mfmU : Cbarieis, JRénée et Héttoe (â).
Charles Le Boctey^ seigMOr do Boiil^» après sob pére« «al no fils nonne Jacques, qoi 9e mania deiu( Ms : la première, met une deomielle ide La tfoês la seconde; 4«ec 'Magdebiae 4e flreand, qui Jui doena qoalre 4irfa&U «noore sous-âge lorsque leur père mourut. Yoioi leurs noms:
Ghttde* seigneur du fiool^, mort gar^^a le 2$ décembre 1702;
Guillaume, seigneur de Villers et ensuite du Bouley , sb^ vaut aveu du 264éceiiibne 1705;
Jacqoesii mort gai^a au service ;
Et Marie, morte fille*
A la fia du XYIU* siècle , le Bouley appartenait À âne branche de la Êuuiile TbiUaye, •riginaîre de Usiem, où divers de ses membres remplirent des charges d'édilité.
Cette terre appartient encore à la même ftoiife,
La population de* St-Germain-de-Lîwet est ide 91ô habitants. Malgré i'acccoissement qu'elle 4oit aux «sines étaUies sur son territoire* elle ne se trouve pas sopérJaqœ à t:e qu'elle était il y a cent ans; on comptait alors S feux privilégiés et
(1) Tai écrit dans une notice sur le prieuré de BlerwUy^ piès Orbec^ que Michel et Louis Le Boctey élaieot fils de Michel Le Bocley , sieur du Buisson. Cest à M. le vicomte Louis de Neuville que je dois de pouvoir réparer cette erreur. Il a tiien voulu mettre à on disposiâoa les refeMlgfiements quNI p<M9è<le svr Si-^eranaAii^e-Livift, «l jVa ai usé dans les lignes qui précèdeuL
CAirrM DE LISIBUK, 2"" SBCTIOfr. %kî
160 feux taHhbieii, c'est-à-dire m ineia» St5 labitani». Cttle ideoUtède chiffre est singulière.
Celte paroisse éuit comprise êMs Tétoeifion dtt Foai* i*ETèqae, sergeoterie de St-Julten^e-Faocoo, et se quiliiiil de bauwg. Au spirituel^ elle dépenfèiil de la^ ettnStiepM éé Llsiem ; le patronage appartenait m Aayen dty Chapitre.
PaiTEEVUiL& 0)*
Prêireville , Woylleimn , Presbyterivilla , PrestrevtUe, L'égjBse de Prôtreviffe n'est pas sans importance|, ntais efle a perdu tout son inlérêl par suite des changements qu*bn lui a fak subir depuis une Tîaglaftne d*années. Elle est sous Fînvoeatiou de saint Piierre : elle élalt comprise dans le doyenné de Livarot Les pouillés da XVr* sîCcIe attribuent le patronage au Chapitre. C'est prohablemcnt une erreur , car avant et; après on trouve indiqué comme patron Te seigneur du lieu. Gomme le fait voir le plan, cette église ne comprend qu'un chœur et une nef, mais dans d'assez vastes proportions. Les parties les plus anciennes me paraissent remonter au XJU* siècle. Les murs aont en blocage et en partie recrépis. L'irrégularité des membres principaux de l'architectinre prouve que des retouches nombreuses ont été successif venent exécutées. Ainsi , à la nef, on ne trouve pas de contreforts du côté du midi ; an nord, il y en avait quatre. Les deux du centre ont été arrachés , on en trouve encore les jmuitesi Celurquî esf près de l'angle occidental me parait dtt XIII* siècle* L'autre, ai> contraire , rehit en brique dans sa majeure partie, ne devait remonter qxfau WV siècle.
(1) Noies drM. Cbarlas Vaiiaor.
5&2 5TAT13TIQUK MOMJMEiNTALC DU CALVADOS.
La môme irrégalarité se retrouve dans les ouvertares.
La porte , pratiquée maintenant à l'ouest 9 et le mur du pignon tout entier ne datent que du commencement de ce siècle. La porte primitive éuit percée dans le mur du sud; on l'a transformée en fenêtre. C'est une ogive sans caractère; la partie de mur qui l'entoure n'accuse non plus aucune époque. Le reste de ce mur du sud date du XVI'^ siècle , et se trouve ' éclairé par deux belles fenêtres ogivales à tracerie flamboyante avec un meneau.
Au nord, on ne voit qu'une seule fenêtre primitive , et il ne parait pas qu'il y en ait eu d'autres supprimées postérieurement Cette fenêtre, placée tout-à-fait à l'orient , est une lancette du Xlir siècle , de 18 pouces seulement d'ouverture ; elle a subi des retouches.
La grande ogive qui oc-
cupe le centre est moderne ; elle est d'une exécution passable.
Le chœur, un peu long pour sa largeur, est en retraite sur la nef, suivant l'usage. Il n'a de contreforts que près
des angles, denx eontre le mar droit da chevet, et deaz en retour : od ao nord, l'aotre au sod. Ces cootreforts datent du XIII* siècle, et il doit en être de même des murs, qui sont en Uocage, tout entiers recrépis. Une sacristie cache le chevet Six fenêtres sont percées dans les mors latéraux. Trois sont du XVIII* siècle ; une, au midi, est du XV" , comme celles de la nef de ce même côté; enfin, près de Taotel sont deux petites lancettes conservées de la disposition primitive.
A Tintérieur, le plâtre règne sans partage* Les murs sont plâtrés , les voûtes sont plâtrées. A la place de l'arc triom<phal , qui n'existe plus, on voit un cintre en plâtre, garni de petites têtes bottflles, et deux colonnes corinthiennes moulées en plâtre , qui ne portent rien. Une corniche en plâtre court au pourtour. Les voûtes étaient en merrain avec charpentes apparentes; on a coupé ces charpentes, et, pour éviter l'écartement qui suit ordinairement celte opération, on a mis, de place en place, des tirants de fer.
Les trois autels étaient d'une bonne exécution.
L'un d'eux, celui du sud, provenait d'une chapelle dédiée à sainte Anne, qui se trouvait à quelques pas de l'église, au levant Je crois qu'on peut le faire remonter jusqu'au règne de Louis XIII. Les colonnes torses, ou pliitôt tordues en vis, étaient garnies an tiers inférieur de rinceaux qu'arrêtait une couronne fleurdelisée ; les chapiteaux étaient un compromis entre 'le corinthien et le roman du moyen-âge. Sur la corniche se trouvait un fronton coupé, avec une niche centrale couronnée par deux petits anges soutenant un cartouche cordiforme, qui pourrait bien avoir porté des armoiries. Le tableau représentant sainte Anne enseignant la Vierge, était sans valeur. Le tombeau était droit avec parement d'étoffe.
Le petit autel du nord, dédié à la Vierge, datait du règne
Wt 8TATI9nQCE UOKUMEBTABB DO CâtTADOS.
dB Lêuis XiV. l>Nia a^loont» toraeS|. à:oln|ikflgni» CQBigOMt«» amoQUdewiteUeii'S'enrDuleiit de» gvirliiulei ëe ros»» por^ Uii^ mi' etuiblemeiu sonnosiè d'on ftoDton eoufié str le^ qael sont a^is deai anges. Le taWeao, qui n'étnt pasi aaoa^ valeur» représentai! k Tiei^ ao^tenaiit 8»D Fikanrsetgfr" noax, après la descente de: Croix.
Ob a: di'abord remplacé les taideanz par de» alaluet de piâtm; pois, plus récemoieiit» cemme par suite de lafdMtruo tion de Tare triomphal les autels faisaient une légère aiillier sur le dMeur, on le» a rétrécis auoMjenidelaiScîe-et du rabott sans avoir égard à la difformité qui eut résulterailt puisque toutes les. proportions sont changées.
L'autel de S**-Anne a souffert enoore dawantage : oa a envieloppé sesxolfMnes dans des douves de bacriques ea boî» blana EnGn, pour conqàéter rharmonie du traurail, les tombeaux » qui avec leur» étoffes pouvaieni ppodftiir<&. un effet grandiose, oui été revêtus de découpures figunant une série d'arcades en ogives impossibles. Le maltee-autelf datait ausjû du règne de Louis XIV. Les premiers cbangemeots q9*onloi a> fitit subir remontent k 183&« Ils consistèrent dans la suppression du tabernacle hexagonal et de quelques afioesaoires . entr'aulres un cartel qui surmontait l'entablement, et sur l^Miuel on.lisait :
EX DONÛ D. Dl LA CiCTiNIBRB cK
Il offre un type bien des fois décrit. Des colonnes torses ^tonrées de ceps de vigne, au milieu desquels jouent des oiseaux, des escargots» etc. , portent un entablement surélevé en faune de trapèze. Des vases surmontent les colonnes. Pour apcomi^agnement, deux niches, au-dessous, desquelles, s'ou-^ vrent des portes qui conduisent à la sacristie. Le taUeaiu, avec cadre sculpt6defe«illes.dechênevre(»réseBteI'il3censiQn.
CAVrON Dt US1£UX , 2* SBCTIOBL 345
La lieiiâue ogpraie dn chœur ai oonsenré das cwtes de viicaaz : ua Cbri^i eo croix a?ec la Vierge et sainl Jean, en grisaille^ et on. bbsoa d$ gueules à la bande d'or, aceomspa§née de six merleues de inâne pesées en orU^ Lacbaire à pl:âclle^ de grande diinenflîoQ «.date de Louis XY. Sa base forme, coofessionoal ». ce qui loi donne ua aspect singiiUen
La olocbe await une inscription asaev intéressante pour être tianacrite ici :
t JB tCXS NOMMIi LBOUTIlfB PAB HISSIBB A8T0LPBB LOUIS LBOMORB MABQim DB ceSTINB ASSlSfé DB NOBLB DAMB AIVlB LBONTHIB VB S* tlMOir ms eOVBTOKBB VABQUISB BB CfDSmiB BT BBKITB SN PBBiMIOV M M^* JBAB. BAITTfW» MAI» BOBBBAOI MAIB» 0B PBStBanLU BT Jlàlf
JBAN BAPTISTB ANTOfMB DBOIBT MA APPOBT^Jt A LATUXBTJJL M LISIBVI QUI MA FAITB BR iSSI.
Ceue cloche, s'étani cassée, vient d*étre re£onduei,on«n*a pasjugé à propos de reproduire cette inscri|)tion..
J'ai déjà mentionné la cbapelie S'*- Anne. Elle a été dér molie il y a une vingtaine d'années. Je n'ai puine procurer de renseignements positifs sur sa structure et ses. dimeur sionsj La place qu*elle occupait est indiquée, par un petit oratoire, qui sert d'abri- à une statue de la Eatronne»
Quatre fieÊi se partageaient le territoire de Prétreville : QuenviUa, leCoudray, Poix et Prêtreville.
QnervîHe est le seul dont les constructions oCTrent quelr q^'intérét. IL eet simé à la naissance d'un petit vallon' au milieu duquel serpente un ruisseau» Lea sources de ce ruisr aeao étaient dirigée de. manière à remplir les fossés du manoir , dont les bâtiments sont disposés en carré à peu pcès régulier, avec cour aaceatne^
L'entvée est pratiquée daaa un paviUou, coosUhûi en
échiquier de pierres et briques , élevé d*nn étage , avec toit surmonté de deux épis en terre émaillée. Les tuiles sont aussi vernissées de différentes couleurs. Une sorte de petite tourelle , qui contient Tescalier , donne du mouvement à la partie haute , sans faire de saillie sur le mur de façade. La porte est cintrée, accompagnée d*une poterne carrée. Le reste de la bçade et les deux côtés sont composés de bâtiments, partie en échiquier , partie en bois, sans aucun intérêt.
Le corps-de-logis fait face à Feutrée. C'est une grosse maison, construite au rez-de-chaussée en chaînages de brique et de pierre, dont les parties hautes, en bois, n'offrent ni sculptures ni mouUires caractéristiques. La cheminée est ornée d'arcatures cintrées.
La porte est accompagnée de pilastres qui portent un fronton cintré.
La face qui donnait autrefois sur le fossé est plus ornée et mieux caractérisée. On peut la diviser verticalement en deux sections, d'époques distinctes. La première, en pierre de taille au rez-de-chaussée, est , au premier étage, bâtie en bois avec encorbellements. Les colombages sont garnis de potelets. Les ouvertures consistent en deux fenêtres: l'une, largement ouverte, accompagnée de pilastres avec chapiteaux de fantaisie; l'autre, plus étroite, en accolade avec choux frisés , panaches et pinacles. Le poteau comier est sculpté d'une grosse tête grimaçante se perdant dans des feuillages; les sablières de l'encorbellement ont des rageurs. Ces détails indiquent le commencement du XVI* siècle. La seconde partie est plus moderne et n'accuse guère que le règne de Louis Xliï. Elle est éclairée de deux grandes fenêtres cruciformes.
Il n'y a point d'ouverture au rez-de-chaussée.
L'intérieur, depuis longtemps habité par des fermiers,
CANTON DE LISIBUX , 3* SECnOM. ^Ul
ne donne à mentionner que quelques pâtés émaiHés. Gepeo* dant la chambre haole du pavillon d'entrée a conserté • sur ses murs, quelques traces de peinture qui ne paraissent pas bien anciennes. On prétend que cet appartement était une chapelle : la cheminée qui s*y trouve et le reste de ses dispositions doivent faire repousser cette attribution.
Le colombier se trouve dans la première cour, en dehors de l'enceinte; il est octogone» d'un diamètre considérable et remonte aussi au XVI* siècle. IF a malheureusement subi des réparations maladroites.
Le manoir de Querville tire son nom d'une famille ancienne , qui n'a pas été sans importance au moyen-âge.
Montfaut inscrit dans sa Recherche : Henri et Richard de Querville.
Le premier possédait le fief dont nous nous occupons ; le second était seigneur du Goudray.
En 15&0, Hector de Querville et ses frères puînés, Guillaume et Pierre» produisirent devant les élus de fJsienx.
Hector joua un certain rôle dans les guerres civiles de la fin du XYI* siècle; il fut lieutenant du gouverneur de Lisieux.
En 1616, Querville appartenait ï noble homme Jehan de Querville, sieur du lieu, la Rivière, les fiefs d'Âuge et Douville. Il fut, je pense, le dernier mâle de sa famille; car un rôle de taille, de 1683, mentionne parmi les exempts damoiselle Anne de Quierville. En 17^7, tons ces fiefs étaient passés aux mains de haut et poissant seigneur messire Louis-Marc Antoine de Fauteveau, et, en 1779, dans celles de M. Jean-Baptiste Davy de Boislaorens. Après lui, la terre est échue à l'une de ses filles > M"^ de Vauvert, dont la fille unique, mariée à M. de Marguerye, l'a vendue il y a quelques années.
n y a dans les limites du fief de Querville une autre
348 STAXtOIVOUft ]|DMIIM&1TA|:.Ei DU CAI^ViDOS.
OMiMctiM qui mèril» ime: «eiaioa. C'est k LieurSesey , éml^ékihb desafav On m poiit Sxer sa daler a»-dd^ do
rôgott^de Louis XJU. G*étak la ofiison cle campaQie dluo tin
La populiitioa de PrêureviUe est de 531 habiUiHs. Aa XYBP siècle, elle étaift du 895 babîta»!»» 179 feux » et à> b fia du XyiV , de 165 Ceux «u 825 habkanis. €eité pareisM (lait comprise daj» rélecim de Lisîeox^ aorgenteiie et
U0)i*UX.
CAKTON DE LISIfetlK, 2^ SSCTK>N. ih9