FAUBOURG S*-DÉS1R
Le faubourg St-Désir , dont il nous reste à parler , est bitué à Touest de la ville et en est séparé par la Touque. Il tire son origiue et son impoilance de Tabbaye des Béuédic* tiues qui y fut fondée en 1050. Cette foudation est due à Guillaume d'£u et à Lesceline, sa femme. Ils avaient d*abord fait cet établissement dans leur domaine de St-Pierrc-sur-Dives; mais » à la priùi;p de leur fils , Hugues d'Eu , évéque de Lisieux, ils le transférèrent où nous le voyons encore aujourd'hui.
Guillaume était de la famille des ducs de Normandie : il obtint facilement du Conquérant une charte de confirmation, conservée encore précieusement, dit-on, par les Religieuses. De nombreuses possessions leur furent assurées et par leuis illustres patrons, et par beaucoup do seigneurs que leur piété ou leur métier de courtisans |)ortèrent à imiter leurs maîtres I^ pieuse solitude se trouva bientôt peuplée par les filles dcB plus nobles familles normandes.
II ne reste rien des édifices primitifs ; les plus anciens des bâtiments daustraui remontent seulement an XYl* siècle ou à la fin du XY*. lis sont construits en bois. Les lieux réguliers et le cloître furent rebâtis par M°^ Charlotte de Matignon, Yingt-ncuvième abbcsse, qui fit aussi démolir la vieille église romane ]M>ur faire une chapelle d'un goût plus moderne» Ces constructions ne se distinguent par aucun caractère architeclonique , bien qu'elles appartiennent au r^ne de Louis XIV. Il faut excepter toutefois le logis abbatial » charmant pavillon d'un plan fort original , dont oa dessin peut seul bien faire comprendre la disposition et l'effet
Le parloir de l'abbesse, placé dans une partie du rez-dechaussée , était orné , au plafond , de peintures avec blason » rappelant celles de la chambre dorée de l'évéché. Comme elles avaient besoin de quelques restaurations, on vient de les faire disparaître sous un grossier badigeon.
Il faut encore signaler le grand bâtiment du Pensionnat , dont la façade se développe sur la rue. Bien que de la fin du XYIIP siècle, c'est une construction remarquable. Le plan en a été donné, dit-on, par frère Guillaume de La Tremblaye, moine du Bec , auteur de diverses constructions monastiques qui ont établi sa réputation comme architecte. Il eût été à souhaiter que les travaux entrepns depuis par les Dames bénédictines ne se fussent point trouvés trop en désaccord avec ce bâtiment. Leur chapelle» strt*lout, est ce que l'on peut voir de plus laid.
Leur ancienne église sert maintenant d'alise paroissiale , celle-ci ayant été démolie à la Révolution (1). Ce n'est point celle dont les fondations furent jetées en 1680 , par M*"* de
(i) Il n'en subsiste qu^une fenêtre, accoiée an pavillon de Pabbesse. Les moulures qui Pentourent indiquent la dernière période ogivale. A en juger par Torientalion, cette baie devait s'ouvrir au chevet de Péglise paroitfitle.
piusthe p a.n<;le du logis abbatial.
298 STÂTiSTlQlE fti0^dM£^TALb DU CALVADOS.
Matignon. Bien qu'elle ait coûté plus de 50.000 écns , elle n*eot pas cinquante ans d'existence : elle s*écroula , et il fallut recommencer. L*édiûce qui nous occope date seolemeot de 1758. L'exlérieiir ne peut attirer Pattemion , si ce fi^est ' le portail , fort origHHd dans sa simplicité » et d'un grimT effet.
L'intérieur e$t assec harmonieui. L'ordonnance consiste en trois nefs conimootqoant par des arcades cintrées, portées sur des pilastres d'ordre ioirique.
Le diœur se termine par un rond-point du fond duquel se détache un ange, sculpture de plein-relief, d'une grande expression et d*un vrai méritCL Cet ange, suspendu et comme planant au-dessus de l'autel, tient dans ses mains une banderole sur laquelle sont gravés les mots : Gloria in excelsis Dfia L'autel, dans le style Louis XV, a également du mérite. Le bas-relief du centre du tombeau est finement travaillé ; malheureusement, il est empâté par de nombreuses couches de peinture et de dorure. La croix du tabernacle est en bois, et la sculpture ne paraît pas non plus sans valeur ; elle est signée Pavlet^ Il est à présumer que l'ensemble de cette décoration est dD au même artiste.
Il existe à St- Désir une confrérie de charité, fondée en 1636, qui possède un petit trésor d'une véritable valeur archéol<^iqoe. Ce sont d'abord des jetons ou méreaux d'assis^ tance, dont M. R* Bordeaux a dorme des dessins et une description en 1852. Ensuite une croix de procession en argent massif qui date du règne de Louis XV, et une paix en argent où sont figurés , avec la Vierge, deux évéques , saint Désir et saint Eutrope, patrons de la Confrérie. An fronton se voient la hache et le glaive en sautoir , instruments du martyre des deux Saints et principales pièces du blason de la Charité. Sur la base on lit:
A la Charité f rfc' f »Sï. f Désir f rfe t Lizicux P. t Caiibry t L Masselin t 1758.
^A:<Jt0K DE LISIEUX , 2* SECTION. 299
'. Pfcii- le j](îècé vraiment précicase est la Majesté^ « conteuant les Épitrcs et Éfan^Hcs des festes solenneltes de Taniiée sut vélin relié d'aisserie convers d*une lame dargent gravée et ornée de vermeil doré oîk sont raievées en bosse d*un costé les images da Crucifix, de Notre-Dame et de St. Jean, et de Fautre celles de la Saincte Vierge, de St. Désir et de St.
Eatropc , jcelle Majesté fermante h crochets d'argent »
Ainsi s^exprirae un Invptaire dressé en 1730. Nous n'aurions pu doniler nue description plus complète (1).
Ou(re Tabbaye , deux établissements religieux se trouvaient dans le faubourg SL- Désir: le couvent des Dominicains, maintenant la souspréfecture , où il ne reste rien à mentionner , et la léproserie de St-Glair, dont on voit encore un pan de mur et un contrefort roman , indice de Tantiqnité de sa fondation. Le Bulletin monumental contient une notice historique sur ce dernier établissement (t. XWIir, p.
iZti). Voici la statue du saint, que Ton voit dansune nichesur remplacement de la chapelle.
CM-StEThlCN-^r
(1) If parait que cetie antiqiM confrérie vient d'être •upprimée.
Deux chanoines du chapitre de Usieux y avaient leur prébende, Assemont et Bonrguignolles.
BANUBCfi.
Les Pavements. ^La banheuede Lisieux renferme quelques constructicNis qui méritent d'être signalées. Il faut mettre en première ligne les Pavements» situés à un petit quart de lieue de la ville, sur la route d'Orbec. Yoici la description qu'en donnait M. Raymond Bordeaux, dans son Excursion arehéo^ logique dam la vallée d'Orbec , en 1851. Depuis lors, il y a peu de changements à constater :
0 Â peine avions-nous quitté Lisieux, que déjà nous descendions de voilure pour visiter Les Pavements , pittoresque construction du XYP siècle, qui borde la route à gauche. Je ne sais quel titre donner à cet édifice : ce n'est point un château, ce n'est guère un manoir, c'est plus qu'une maison de ferme. L'habitation principale présente, en dehors de l'enclos, un premier étage eu bois, jeté en encorbellement sur un rez-de chaussée de pierres blanches; des poutres énormes, décorées de tètes fantastiques, qui semblent vouloir engloutir dans leur énorme gueule Textrémité des corniches à moulures de la Renaissance, forment l'encorbellement Puis, au-dessus, un toit en forme d'auvent s'avance entre le premier étage et le rez-de-chaussée, pour abriter ces sculptures. De vastes lucarnes dépassent les toitures, déjà très-saillantes. Des tuiles rouges, douées comme de l'essente, revêtent en certains endroits la façade. Ces poutres travaillées, ces têtes fantastiques qui saisissent entre leurs dents crochues l'extrémité des faisceaux de moulures, les lucarnes immenses, les ravalements en tulle : tout cela forme le cat*actère commun de la plupart des maisons anciennes de Lisieux et des châteaux du Pays-
€ANtON DE IISIEUX, 2* SECTION. SOI
d*ADge ; niais, aax PaTements, la physionomie des constructions locales noos a paru plus fortement accentuée qu'ailleurs. Cette habitation, semi-féodale et semi-rustique, doit à Tampleur de ses toitures beaucoup de l'apparence d'un chalet suisse.
■ Pendant qu'une partie de notre compagnie examinait Textérieur de cette vieille demeure, le reste de l'escouade envahissait la cour. La façade intérieure est moins sévère ; le rez-de-chaussée, de ce côté, est en bois comme le premier étage^ et on y a percé plus hardiment des ouvertures. Toutefois, les fenêtres portent encore les traces des grilles à barreaux croisés qui les garnissaient primitivement. Les deux portes qui donnent accès dans la maison ont de beaux chambranles à sculptures gothiques. Leur arc surbaissé est garni de feuilles de chardon et d'un de ces bouquets, ou crosses végétales, que les archéologues anglais nomment finiaU. Tandis que M. Bouet dessinait ces sculptures, un peu grossières, mais hardi* ment taillées dans le bois^ je prenais, pour ma part, un croquis de deux écussons sculptés dans le couronnement de ces portes.
« L'un porte une roue comme pièce principale, avec peut* être la date de 1561 en chef. L'autre paraît avoir été armorié d'un chevron et d'un chef chargé d'un T accosté de deux roues (1). »
Le premier va nous donner le nom de celui à qui l'on doit cette construction. Im roue (tor à huit raies sur champ d*azur appartient à la famille de I^ Reue, laquelle comme on l'a vu plus haut, concourut avec les Le Valois à l'édification de l'église St-Jacqnes. Cette famille, d'origine lexovienne , s'illustra par des charges de magistrature : on trouve sa généalogie dans le Dimannaire de Lachesnaye
(1) EicunioD archéologique dans la ?allée d^Orbec, oomples-rendui par M. Raymond Bordeaux. Caen, Delos, 4851, iii-8*, p. /i et 5.
303 STATI^TIQU£ MOKCIIBNULE^INJ CALVAiDOSb
Da Bais (t XII, p. 71 }. En Ta|ipr4)cba»i 4«b dit« le slarle du moouineat, on peut, sans léaiénié» en aiuibuer la cea^ struction ï Thomas de La René, cooaeiUer «s court Ime et liouteuaotrgénéral du bailli d*£vreox.
JLes Pavements méritent bien être dessinés : aussi ront-ils été plusieurs fois» enlr'autres par M. F. Thorigny» dans son Calvados pittoresque.
€ette maison appartient ï M. Paul Tai^t, membre de r Association normande : on peut donc la regarder comme étant à l'abri des mutilations.
Malicorne. -^ Sur le chemin de St-Julien-ie-Fanoon, presque à reitrémitédu ten'iioiredeSt.-Oésir, est un manoir décoré par le vulgaire du titre pompeux de château de Mali*corne. Il œrooDlc au XY* siècle. Bâti sur «ne motte, à la jonction de deux ruisseaux dont les eaux remplissaient ses fossés, il a pn avoir une certaine force de résistance.
Il consiste actuellement en une maison de bois avecencor* bellemenis moulurés. Aucune porte, aucune fenêtre ancienne. II a subi des transformations radicales vers le règne de Louis XIV. L'escalier est placé dans une tourelle hexagomJe» en saillie au contre de la face orientale. Celte tourelle, en bois comme le reste, a été tronquée à sa partie supérieure. Elle devait se terminer par un toit pyramidal, détaché du grand comble.
A riniérieur, on voit encore deux cheminées au lai^ge manteau de pierre : elles u*ontaucune moulure caractéristique; mais au centre de Tune se trouve une petite niche ogivale subtrilobée, destinée , sans doute, â une statue de saint i sur Tautre figure un blason meublé de deux ailes d'oiseau, réuojes par le bas.
Comme aux Pavements, nous pourrons avec cet indice retrouver le nom du constructeur. La famille d'Osmont porte pour armoiries de gueules au vol d'hermine.' En 1663, Louis
CANTON DK LlSlEUX^ 2* SECTION. ^03
d'OsmoDi fournit ses «preuves à Mootfaut sur la paroisi|e St-Désîr. Six ans plus tard, ilsc rendait avec sonfrère, Jehan» seigneur.de fieuvillers, aux montres de la noblesse du bailliagie d'Évreux. Louis d*Osmout épousa Marguerite du Mcsnil, veuve, en premières noces de Jehan de Trihan. Il en eut un filsnoroipé François, qualifié seigneur de >laiicorne, Millouet et Beuvillcrs, marié en \U91k Uobiue Fortin. C'est à Tun.ou à Fautre de ces deux personnages que paraît devoir être atU'ibuée la construction du pianoir dont nous nous occupons.
Pendant les guerres de religion, le seigneur de Malicorne fut capitaine de la compagnie boui^geoise chargée de la défense du faubourg St -Désir. Il rendit des services à la ville.
Un autre membre de la famille d*Osmont était également à la tête de la compagnie de St-Dé.sir, Tune des quatre de la ville, en 1676^ lors de la prise de possession de M. de Matignon II.
L*iilustraiion de la famille d*Osmont est connue. Elle a formé deux branches principales : celle des marquis u* Jsmont à laquelle appartenaient les seigneurs de Malicorne, et celle des comtes de fioitron. Les Rouquetot, les Hautemer, les iMédavy ont recherché son alliance.
Le Castellier. — Le Castellier , charmante habitation dont le parc longe la route de Caen^ était aussi un fief; mais le pavillon confortable que Ton voit actuellement, caché à demi au milieu de belles plantations, ne remonte qu*à la fm du siècle dernier. Le vieux manoir dont il usurpe le nom était situé Ipin de là, dans Teuclos môme du camp romain d*où il tire sa dénomioalion. Détaché du corps du fief et devenu simple ferme dès 1628, il nous a été impo&sible de le retro^ver.
Au XIV siècle, le Castellier appartenait à la famille d*05mpnt. Au XVI*, il est en |)ossession de la famille de La Porte,
30ii STATISTIQUE MONUMENTALE DU OALYADOS.
Des documents authentiques, que j*ai eus dans les mains, m*ont fourni les noms de :
Noble homme Ri* Pierre de La Porte, licencié ès-droicts, bailly vicomtal de Lîsieux, seigneur du fief, terre et sieurie du Castellier, 1570;
Maistre Adrian de La Porte, licencié ès-droicts , lieutenant général au bailliage ?icomtal de Lisieux et s' du Castellier, 1598-1613;
Noble homme M* Jehan de La Porte, conseiller du roi en sa Cour des Aides de Normandie. Il laissa une fille unique, damoiselle Marie de La Porte, se disant en 16&1 , Teu?e du sieur d*Armonville;
Adrien-Georges de La Porte, sieur du Castellier, bourgeois de Lisieux* 1761.
La construction du pavillon est due à M. Lefebvre du Hazeray. Depuis, M. le marquis de Rely et M. de Vigan Font successivement possédé. M. Halphen, de Paris, qui l'habite actuellement , Ta acquis il y a quelques années, de M*"* de Yigan.
te LieU'BineL — Dès le XVI* siècle, les bourgeois se bâtirent des maisons de campagne où ils allaient se délasser des préoccupations du négoce et parfois des luttes municipales. Les environs des grandes villes en sont remplis. On les appelait Folies, nom que Ton retrouve notamment aux environs de Paris et d'Évreux. C'était ce que Ton a travesti de nos jours eu viY/a, mot plus guindé , mais moins français. Ces retraites, autour de Lisieux, portaient le nom générique de Lieu, auquel on ajoutait celui du bourgeois à qui elles appartenaient Tel est le Lieu-Biuet.
Situé à la porte de la ville, sur la route de Livarot, un cliemin étroit le sépare de l'ancienne enceinte du château des Loges, splendide maison de campagne des évêques, dont il ne reste que le souvenir.
cauton »e usulvx , 2* section. 305
C'est uB long bfttimem à mi-oôte. Le rcanle-chanaiée est constraUen briques «tec chaifles de pierre. L*éUgc supérieur est en bob sans sculptaresw II d'v a point d'encorbeUements. Ces caractères suffiraient pour faire fixer sa constriictioii aa XYII* siècle, qaand même ou ne trouverait pas la date i6/i6 gravée sur une de ses façades.
Au centre de la façade exlérîcure, à peu près, s'ouvre une porte protégée par un auvent couvert de tuiles; elle conduit dans une grande salle munie d'une vaste cheminée en pierre, au manteau soutenu par deux consdes, dont la partie supé* Heure imile le chapiteau ionique. Un vieux babut de chêne, de la Renaissance, était oublié dans un coin de cette salle, lorsque je la visitai*
Deux autres salles occupent le rez-de-chaussée. A celle qm est voisine du coteau, outre les communications intérieures, on accède par un escalier extérieur en pierre protégé d'un toit: Col escalier mouvememe heureusement h façade, unie et un peu froide.
Dnns l'angle de la troisième pièce, vers la route, est une tourelle contenant un escalier de service. Les chambres de Féiage aqpérieur ne présentent aucune particularité à signaler.
Je ik^ri pu me procurer aucun détail sur la famille, sans doute Lexovienne, qui a laissé son nom à ce lieu.
LA VOMUBBATfi.
. La Pommeraye ^ Pommer ta.
L'église de La Pommeraye n'a jamais eu d'autre mg que celui de succursale ou chapelle*annexe , sans territoire bien déterminé. £Ue était, comme elle est encore , comprise dan» les limites de la paroisse de St-Désir. Elle ne parait, dans les pottillés, qu'il partir du XVI* sièclf. Le bénéfice étiiitàla
nomination du chanoine prébende de St-Pienre-Azif , à raison de son fief, avec hante-justice , situé sur son territoire ; mais il fut souvent troublé dans son drcMt par le prébende de la Poinmeraye. La relation de ces procès n'offre, du reste, aucun intérêt.
Malgré son peu de valeur architectonique , cette église tire de sa situation un attrait particulier. La grande mare pleine de roseaux qui se trouve devant 4e portail , les arbres serrés qui l'environnent et la cachent, les chemins défoncés qui y conduisent, les lichens de ses murs, prédisposent l'esprit à la rêverie.
L'ensemble de la construction est de l'époque romane, et peut-être, à cause de celte disposition d'esprit toute particulière dont je viens de parler , je serais porté à lui attribuer une antiquité trèsreculée. Les murs sont en blocage grossier : ceux du midi restent mieux caractérisés, les mortiers très-blancs se trouvent mélangés de parcelles de charbon , et les moellons sont en général poreux, quelques-uns teintés de rose ou de brun, ce qui leur donne un aspect de terre cuite ou de pierre calcinée par le feu. Ils sortent des carrières do pays, qui toutes fournissent le calcaire oolithique.
Les deux fenêtres centrales de la nef, petites et cintrées ,
doivent avoir ane origine romane, malgré les retouches qui les ont défigurées. Les autres ouvertures sont la plupart modernes, quelques-unes du XVPsiède. Le portail tout entier» avec sa fenêtre ogivale, et les parties attenantes des deux murs latéraux , appartiennent aussi à cette dernière époque.
Le chœur a été refait à une époque toute moderne. Sans aucun doute , il était étroit et resserré comme ceux de St- Martin-de-la-Liene et de St-Jean-de-Uvet, églises fort anciennes dont on lira plus loin la description.
Rien dans le mobilier n'a une valeur artistique. Les trois autels sont du dernier siècle; mais ils ont encore des parements d'étoffes au-devant du tombeau, ornement qui tend à disparaître partout, malgré le parti qu'on en peut tirer , et aussi malgré les prescriptions liturgiques. Le parement qui enveloppe le petit autel du midi est eu jais, dessinant de larges rinceaux d'or sur un fond blanc mat. Il est malheureusement en mauvais état, mais on y attache de l'intérêt et on a raison.
La statue de saint Laurent , patron de l'église , sur l'autel du nord , est gothique ; elle peut remonter au XV siècle.
Parmi les quelques tableaux suspendus aux murs, se trouve une des premières études de Duval-Lecamus : une lêle de Madeleine.
La chaire paraît remonter au règne d'Henri IV. Elle est de forme hexagonale, et de la hauteur d'une simple tribune. La menuiserie en est bonne. A un autre point de vue, elle mérite l'attention des liturgisles , car c'est certainement une des plus anciennes chaires d'église rurale que l'on puisse rencontrer.
La cloche date de 1823 et son inscription n'offre aucun Intérêt. Avant la Révolution, il y avait deux cloches. On trouve , dans les registres conservés aux archives de la commune de St-0ésir, que, le 2& juillet 1707 , il fut délibéré par les habitants de faire refondre et augmenter la plus petite , qui était cassée.
Le ik oeiobre 1791, inventatre fut insBé par k nnttîdfnlilé de Sc-Déair, do mohîtier de la cbapeUe suocande de SCrLaurent de h Pomeraye.
Voici un exirait dt cet iaventaire » qui pourrai donner une Me de la pompe qui préndait aux cénteonies dn coite dans cet biimUe onileîre :
Une croix en coivre avec son bâton en bois ;
Six candéhbret en bois ei leurs detgcs snr Tantel de la Vierge ;
Quatre candélabres seoieiaeat snr faatel de St^BiUevert , devenu maintenant l'autel St-Laorent ;
Un bénitier en cuivre ;
Un encensoir et une navidia en enivre ;
Snr le maltre*autel, huit candélabres: deux en cuivre et les antres en bois ;
Une cbape, buit chasubles et leurs élsles -,
Un saint-dboire, une patène et on soleil ;
Deux plats à quêter, on d'étain, l'antre d'aîrain.
An midi de Féglise , est un ancien manoir sans grand caractère architectonique, mais dont le toit était surmonté de deux beaux épis en terre vernissée. Malheureusement ces épis ont été déplacés et emportés par le propriétaire. Ce manoir était probablement le presbytère.
Les communes rurales de la seconde section de Lisieux sont les suivantes :
I^ Boissière; St-Jean^le-Lifet
St-Germain-de-*Lfvet. ' Lessard-le^Gliéne*
La Houblonnière. St-Martin-de^k^Liose.
GARTOll DE LlSnUX, T SEGHON.
Le Mamii-Kiides.
Le Mesnil-Simoo.
Les Moneeaaz.
La Moite.
St-Pierre-des-Ifs.
LeFrédaQge.
St-Hippoly te-da - Bout - des-
Pré«. PrélreTiUe.
Noas eo commencerons la revue par St-Martin-de-Ia- Liene.
SAIffT«HARTIir-1»E*LA-LIBirE.
St-Martîn-^e-la-Lieoe , S. Mariinm de Lewa.
L'église St-Martin-de-h-Lieue , sor le bord de la route de
Fenraqaes» appartient au style roman; le chœur, -assez court , est en retrait sur la nef. EHe a conserTé son peth
appareil régulier , remplacé dans quelques parties par dei
pierres disposées en arêtes ; il reste encore plusieurs fenêtres primitives dans les murs de la nef.
Le chœur est voûté en wagon , sans nervures ; mais le badigeon ne permet guère de se prononcer absolument sur l'âge de cette voûte , qui doit néanmoins être ancienne.
Ce chœur est fort bas et trèspetit. L'église, elle-même, de petite dimension et presque sans moulures , paraît appartenir à peu près à la même
CANTON DE USUUX ^ 2* SECTION. Sil
époque qae celle d*OQillie-le- Vicomte , qoe nons décrivions précédemment. La briqoe n*a pas été employée dans les appareils à l'église de St^Martin, comme à l'église d'Ouillie; mais les deox églises peuvent être contemporaines.
La façade occidentale' a été relevée au XY* siècle. Sur le tympan de la porte on distingue deux écussons, probablement ceux des seigneurs qui l'ont fait construire.
Le clocher , carré , en charpente , est établi suc le chœur.
On voit , à la partie supérieure du gable de l'église St- Martin , des ouvertures triangulaires formées de deux pierres
C^^ ni^.^ C3 ^^ L^^ «^S
inclinées l'une vers l'autre. Un petit nombre d'églises anciennes offrent de pareilles ouvertures , et cette disposition se voit dans l'église de Savenières-sur-Loire. M. le comte de Soultrait Ta » de son côté , signalée dans les églises les plus anciennes du Nivernais.
Le seigneur temporel nommait à la cure de St-Martin ; mais, au XYIIP siècle, ce patronage était passé au Roi, d*après le pouillé du diocèse.
312 STATISTIQUE IKWUlfBNTALE DÛ GALTâMS.
BAlHT-4IIP»4»LYTB»*I>ir-BOirfUDC8^MlfS (1).
St-Hippolyte-du-Boat-des-Prés , Sanctus Tpolithus , St' Ypolùe du boult des Preys.
Cette paroisse, comprise dans la banlieue de Lisieox an spirituel et au cifU, avait un territoire très-restreînt ; sa population se composait de 18 feux, environ 90 habitants.
L'église correspondait, par ses petites dimensions, à ces besoins modérés. £Ue se composait seulement d*nn chœur et d'une nef. Le chœur était en retraite sur k net Le docber s'élevait à l'extrémité orientale de la nef, près de l'arc triomphal. Cette disposition , fondée sar les lois Utorgiques, que Ton tend % supprimer de nos jours partout où on la rencontre , indique généralement une hante antiquité. L'intérieur , malgré son état de délabrement , avait conservé un certain prestige, grâce à ses voûtes de merrain peintes en azur avec des étoiles blanches , et aux grands écussons d'argent !k la bande d'azur , qui tranchaient sur les murs au milieu de la ligne noire de la litre funèbre.
Malgré son peu d'importance , St-Hippolyte subsista avec le litre de commune jusqu'en 183û. Alors une ordonnance royale l'annexa à St-Martin-de-ia-Lieue. Ce fut le signal de la destruction de l'église, dont le petit clocher d'ardoise animait le paysage, et se découpait sur le coteau qui borde la rive gauche de la Touque.
Le mobilier fut partagé comme une dépouille opime. Beuvilliera recueillit les fonts baptismaux : ils dataient seulement du dernier siècle. La chaire se trouve à l'église de Lessard, et
(1, Notes de M. Cbarles Vasseur.
h clochette soniMniUk encore , il ii*]r a pas IwifH^v*^* ^^ eonUe eu presbj'tère de Sl-Rtartin-de-la-Lieu^.
Le patronage appartenait à Tévêque de Limax. Le dernier curé fot rdAé Pierre-Louis Blanchard , qni émigra pendant la KéTOMon en Angleterre , où U écrhit son Histtnrt du pontificoi 49 Fie VI { Londres, 1800 ). Ge livre est cunemt et véridique.
L*abbé Blanchard fut l'auteur du schisme que i'oa a appelé la Petite-ÉgliseL
Manoir. -^Le manoir de St-Hîppdyte, ou mien de Pont- MaiiToisîn, dont foici iroe rne, est assit sur la rire gauche de
la Touque , I roricut , et ^ peu rie dislanne de IVjïcIos ofi
3i& STATISTIQUE MONUMISirrALE OU CALVADOS.
8*élevait relise. Il appartient à une classe de coostroclions féodales plus particulière aui environs de Lisieux qu'aux autres parties de la Normandie. C'est un groupe de Iiâtiments d'exploitation disséminés dans une vaste enceiitte dessinée par des fossés et par la rivière , au milieu desquels s'élève, sur une terrasse , la demeure du maître.
Une tête de pont à tourelles défendait autrefois l'entrée sur la rivière.
Les bâtiments d'exploitation, la plupart en bois , sont sans valeur architecturale, à l'exception du colombier.
Ce colombier est placé à l'angle sud-est de l'enceinte. Il est de petite dimension, de forme hexagonale et construit en bois. Les entrecolombages sont remplis par des briques inclinées. Sur chacun des colombages est sculpté un fort joli potelet, en forme de contrefort, terminé par un petit pinacle garni de feuilles frisées. La baie de la porte, carrée , entourée d'une torsade, est surmontée d'une accolade que terminait un large panache de feuillage. Cette accolade s'appuie sur deux contreforts accompagnant la porte, se terminant, comme les potelets des colombages, par des pinacles avec feuillages frisés, Sur chacun, comme au centre die l'accolade, était posé un écusson bûché au vif par la doloire républicaine. On voit par cette description que ce colombier date du XVP siècle.
Le corps de logis principal est construit en pierre de taille , avec des chaînes de briques horizontales r^ulièrement espacées. Il date de la fin du XY^ siècle ou du commencement du XYP. En plan , c'est un carré long flanqué par derrière , au centre , d'une tourelle carrée qui renferme l'escalier , et près de chaque angle, d'une autre petite tourelle carrée.
La tourelle centrale, couverte d'un toit en ardoise, se ter-
mioe , au niveau de la corniche du corps principal , par un bourd de bois qui donne du mouvement à rensemUe^
Cette partie du bâtiment, qui donnait sur le fossé, est trèspeu ajourée. Les principales fenêtres sont protégées par de fortes grilles annelées»
MANOIR DB SAlIIT-UIPPOLYTB-DU-BOCT-DB»-PBéS, Vu par derrière.
La façade qui regarde la vallée est éclairée , au premier étage, par cinq fenêtres carrées, entourées de moulures prismatiques et divisées autrefois par une croisée de pierre , également moulurée. Les deux baies des extrémités sont beaucoup plus étroites et grillées.
^16 STAT18TIQ0B MONOMEMTAIjE DU GALTADOS.
Ln oweitam sodI identiques au res«de-dia«aBée, «iiif qae la fenêtre du oeotre est remplacée par uoe perte en ac* -Golade, sans aucune sculptore, ealourée seufement d'on gros tore. Il est probaUe qoe, prîmitiveoMnt , deax locsmes de pierre plus ou moins sculptées coupaient le oeoAle 4e €ett« façade ; il est permis de tirer cette conclusion de l'arrangement des deux fenêtres intermédiaires. Aujourd'hui, deux grandes lucarnes de bois mouvementent le toit Elles sont contemporaines du colombier, par conséquent un peu postérieures au reste de la construction. Des potdets sculptés décorent les colombages, et aux poteaux comiers sont des blasons, au nombre de six, dont deux seulement portent encore la bande des Toumebo. Les salamandres qui décorent les poinçons fixent pour date de ce remaniement le r^e de François ^^
L'intérieur a été successivement modifié et mis en rap|K>rt avec le goût de chaque siècle. Uoe porte à panneaux plissés, une vaste cheminée dont la faotlc repose sur des colonnes à chapiteaux gothiques, qudqnes pa^'és émaiUés, sont les seuls vestiges de l'époque primitive.
La terre de St-Bippolyte appartient à M** la comtesse de Fottcanlt , cfaaurotnesse de S^-Anne de Munich , et à M"^ de Foocanlt, sa sœur. Ces dames la tiennent, par héritage, de la famille de Tournebu, qui s'est éleînle en 1810 dans la personne de noble dame M*"' Marie-Pierre de Teornebu, baronne de Touruebu , dame de Moulines , Fontaine-Halbout , Caumont, St-Gcrmain-de-Livet, le Mesnil-Eudes , St-Hippolyte et antres lieux, veuve, en premières noces, de mcsslre Pierre-François-Jean-Baptiste de Bernières, chevalier de l'ordre royal et mcUtaire de St-Loois, seigneur et patron de UondraînviUe* Gavrns, Toorvâle, Baron, Toumauviile, elc, et, en secondes noces, de M. Lonâs-François^ieiTe Lonvelde
CANTON DE LlSIfilJX , 2* $BCTIûn. 317
^asviHe, prWdent h la Ghanbre des comptes , aides et fi^ nances de Monnandie.
A6q de m pas nous répéter, nous reinojraas tant ce qaî concerne la fiunilk de Tonmebii à l'article de St-6briuin«« DE-LiYET. C'est là qu'étaient le centre de leurs possessions et lenr résidence habituelle : il semble l<^ique d'y concentrer les notes qui les concernent.
Le Pont-Manvoisin est entré dans la fatnille de Toumebu dans la première moitié du XYI* siècle, par suite du mariage de Jacques de Toumebu avec Geneviève Pillois de Montigny,
fille et héritière de Pillois de Montigny, sieur de la Pre-
vosterie et du Pont- Mau voisin. J'ignore depuis combien de temps et comment celui-ci en avait la possession.
SAISTJEAN-DB LtTET (t).
St-Jean-de-Livet, Sancius Joannes de Liveto, Cette paroisse était certainement une des moins importantes du doyenaé de Livarot. Sa population a toujours été très-peu considérable» les dimensions de l'église sont là poilr l'attester. Maintenant qu'on veut être au lai^e et surtout rivaliser avec les paroisses voisines, sans égard pour les convenances réciproqoes» il est bien à craindre que l'église de St-Jean-de-Livet ne tombe quelque jour sous la sape.
Cet édifice n'est pas moins ancien que St-Martin-de-la- Lieoe» qui l'avoisine. Le plan, les proportions sont identiques ; l'appareil est aussi semblable : moellon affectant la position du petit appareil romain et la disposition en feuilles de fougère. C'est ce que l'on peut constater au nord et à
(i) Noies de NU Chartes Va«0ar.
l'ouest; car an midi uo enduit impénétrable cache sous son épaisseur tout caractère utile. Il y a absence complète de contreforts, et l'on retrouve au chevet et au pignon occidental ces trous triangulaires , déjà vus à St-Martin« qui
PROiXTOX OCCIDENTAL DB L^ÉGLISE 8AINT-JEAN-DB-LITRT.
existent aussi à Reuilly, dans le département de l'Eure ; église que l'on peut considérer comme antérieure au XP siècle.
Malheureusement aucune des ouvertures primitives n'a été épargnée : toutes les fenêtres sont modernes. La seule porte qui s'ouvre dans le mur méridional de la nef est romane » garnie de deux tores ; les chapiteaux des colonnes sont sans sculptures ; un porche de charpente la protège. Dans le chevet était une étroite lancette ogivale, maintenant bouchée ; une autre se voit dans le mur du nord de la nef.
Le clocher, placé sur le pignon occidental, consiste en une pyramide octogone assez élancée, couverte d'ardoises.
L'intérieur n'offre aucun. intérêt; la voûte est cintrée; les autels datent du dernier siècle. D^ux statues d'évèques, saint
CANTON DE LiSIECX , 2* SECTION. 5ld
firmm et saint Lobin , peavent remonter an moyen-âge. La chaire, les fonts, le bénitier sont modernes.
La cloche est ancienne et son inscription mérite être trans* criie : •
f lAT BTB BBR» PAR H* BOBBAT PB0V08T GOBB DB CB LIBU BT ROHXiB MABIB IBANNB PAB MOBSIBOB IBAH BAPTUTB DATT BOIS LAOBANS SBIONBUB BT PATBOB HOnOBilBB DK CBTTB PABOKSB BT DIS PIBPS M QOBBTIUB LA BIVIEBB DAUCB DOUTILLB BT PATRON PRBSRIITATBUR DB LA CHAPBLLB DB s'* BARBB DBS BOIS BT HOBLB DAMS MABIB AMGÉLIQIII DB HADDUIT DB BOIS LAUBAHS : lACQOBS LB PBVBB TBBSOBIER.
Le patronage appartenait au Chapitre de Lisienx, par snite de la donation qui lui avait été faite par Guillaume de Querviile, prêtre, ratifiée, en i20/i, par Guillaume de Mailloc, suzerain de LivéL
La chapelle de S^^-Barbe-des-Bois , mentionnée dans Tinscription de la cloche , existe encore. Elle est située sur les bruyères de GIos , à Fextrémité de la paroisse. Construite eu blocage avec angles en pierre , et mesurant environ 30 pieds de long sur 15 de large, elle date tout au plus de la fin du XVI* siècle. Les ouvertures ont été refaites sous le règne de Louis XY. Le chevet est penlagonal. A usage d*étable , il ne reste rien du mobilier. La voûte est en merrain. Le clocher n'existe pltis.
Avant la Révolution, on y dirait la messe tous les dimanches , et il se tenait une sorte de marché sur une vaste friche qui borde son enclos.
Il est bon d'observer qu'elle est tout près de l'ancien chemin de Lisieux au Sap.
Manoir. — Le manoir de St-Jean , situé au-dessous de l'église , dans la vallée , appartenait à la ménae classe que
celui de Si-Hippolyte» mais n'en eiK jamais llmpoitance. La maison manable est détruite. Le cdombier existe eocore ; il esl hexagonal , ea bois » et son toit est aormofité d'an reste d*épi en terre cuile.
En l/i63, la terre de St-Jean-de-Livet appartenait à Jacques Labbey , seigneur d*Écols , AitTtUers, Betuffy , Hérouaaart et St-Jean-de-Livet ; il était petit-fils de Téouyer du eoBnétable Du GnescUo. Il comparât, en 1/i69, aux montres de la noblesse du bailliage d'Éyreux. En 15&0, la famille Labbey possédait encore cette terre.
Au commencement du XYIIP siècle, elle était passée à une autre famille. Les registres de l'église de la Pommeraye nous apprennent qu'on y inhuma, le 29 août 172&, noble homme messire Gabriel de Goustin , sieur de Beaurepos et seigneur de St-Jean-de-Livei, âgé de 36 ans environ. Je n*ai retrouvé ce nom nulle part ailleurs.
La cloche nous parle, à son tour, de Jean-Baptiste Davy de Boislaurans. De plus amples détails seront donnés sur cette famille, à Toccasion du fief de Querville , situé à Prêtreville.
Sl-Jean-de-Livet faisait partie de l'élection de Lisieux^ sergenlerie de Moyaux ; on y comptait 39 feux, c'estrà-dire 195 habitants. La population a peu varié : on compte encore 181 habitants.
SAINT«GEBMAIK-»DE-iLIVBT (t).
St- Germain- de -Livet, Sancius Germanm de liveto , Livel'U' Baudouin , Livet-Tournebu.
Il y a six ans, Livet était une des localités les plus intéressantes à visiter de l'arrondissement de Lisicux ; aujourd'hui tout est changé. Que les amis de l'histoire et du beau
(i) Not«s de M. Cb. Va9seur.
CA?ïTON DE LIStEUX, 2* SECTION. 321
m gardent bieH d'ilter h lif et, 8*ib ne veulent avoir le eeear navré.
Je me vois dooc forcé de parler au passé.
AdmiraUemetit situés an milieu d'ane masse de verdure, à rentrée d'un petit vallon rafratchi par Tean pure d*un ruisseau, apparaissaient pressés l'un contre l'autre un clocher élancé et les Unirellcs au toit aigu d'on vieux château. Les puissantes familles qui avaient possédé ce fief y avaient laissé des monuments dignes d'elles.
L'église était romane et mieux construite que la plupart de celles que nous possédons encore de cet âge. Â son plan primitif