AMEN
Dans le chœur , près du sanctuaire , se trouve une pierre tombale qui porte cette inscription :
HIC JACBT
P.XPKCTANS BEATAM RtSDE
RRCTIONEM CORPUS JOHANN»
FORMAGE SACBRDOTIS
PRR QUBM
IN OAC BCCLE8IA PASTORIS Ci;« LADDB 8VBI1T MDNIA ET RANG
SACRAH ABBK PRA KURO RUM VETCSTATR
CANTON DE MflZlDOÎI.
fainquée sur cbfiqijije face de deux GomrofofU très-peu saillants. La hauteur de la base atteint le niveau du jconable de Téglise. Au-dessus de la prépaie corniche s'élève une série d'arcatures qu9 surmonte Tétage du beffroi , garni aussi d'arjcatures plus riches d'ornementation, dont les archivoltes sont portées sur des colonnetles à chapiteaux cubiques. Deux baies très-étroites , pratiquées au fond de cette arcature^ sont les seules ouvertures qui donnent le jour à Tintérieur et laissent sortir le son des cloches.
Le couronnement se compose d'une pyramide élancée en ardoise, accompagnée de quatre petits clochetons.
En cherchant à reconstituer le plan primitif de l'église , on est étooqé de trouver deux nefs parallèles, d'égale largeur, dont les gables existent encore au chevet.
Quant à la tour , on ne voit aucune amorce qui puisse ^indiquer la manière dont elle se rattachait jàu reste de l'édiûce. Il faudrait une étude approfondie pour se rendre bien compte de ces dispositions insolites.
L'intérieur, transformé totalement an XYIIP siècle, ne peut venir en aide aux conjectures.
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Neuf arcades surbaissées , poitées sur des pilastres , di* visent la superficie en trois nefs. Au bas de la nef centrale est une tribune à plan contourué , suivant le style de l'époque. Les stalles du chœur datent aussi du règne de Louis XV. Le maître -autel remonte au règne de Louis XIY. Son rétable à fronton circulaire est porté par deux colonnes torses. Le tibcrnacle, en forme de pavillon hexagonal, est garni de petites colonneties torses dont les chapiteaux portent un entablement surmonté d'une petite^ balustrade à fuseaux renflés. L'amortissement est un dôme doré. Dans l'enlrecoloniiement , des niches abritent cinq statuettes. Sur la porte , le Sauveur du monde ; à droite et à gauche, un moine et un prêtre, et aux extrémités, deux diacres, dont l'un doit être saint Etienne, patron de Téglise.
Deux belles statues accompagnent ce rétable , ce sont encore deux diacres. L'un est évidemment saint Etienne , reconnaissable aux cinq pierres déposées à ses pieds.
La statue de la Vierge , presque de grandeur naturelle , placée sur le petit autel du midi , remonte au moyen*âge. Sa robe trahiante est bien drapée. Elle porte sur ses bras l'enfant Jésus, pressant dans ses mains une colombe. Deux anges soutiennent un diadème sur la léte de la Vierge; sur le fond on distingue les rayons flamboyants d'une auréole ovale.
Derrière l'autel , au chevet , se trouve ménagée une sacristie, éclairée par les deux larges fenêtres du XIII* siècle déjà décrites à l'extérieur. Ces fenêtres sont en partie remplies par des fragments de vitraux de diverses époques, dont quelques-uns du XIII* siècle. Parmi ces débris figurent deux blasons du XVP siècle ou de la fin du XV*: le premier est écartelé aux l'^' et W écartelé de sable et d'argent à la croix fleurdelisée de l'un en l'autre ; aux 2* et 3* de gueules ï 6fleiirs de lis d'argent, posées 3, 2, 1 ; l'antre est d'hermine
CANTON ne MÊZIDOK.
FIAGMBNT DK VITRAIL, DU Xin* SlfeCLB » DANS UKB FBNÊTBE DU CBBTBT.
^ la bande chargée de 3 'coquilles d*or.
tK DU B|.A901ffl BN TEBNR PEINT DBS rSKtTBRt (XVI* iltCLE),
686 SIÂTJSTIQIE UUNUMENTALK 1)1) CALVADOS.
Un personnage de la bordnre d*une des fenêtres , au midi, représente un médecin occupé de préparations pharmaceutiques , peut-être on sûnf Gôme. te fragment de vitrail doit être du XfV siècle ( Voir la page vivante).
Dans te mur du midi on trouve une belle piscine à deux cuveftes, du XÎIl* siècle. Elle est trilobée, avec un gros tdre cordilbrme pour moulure. Les autres piscines qui ont été conservées dans Téglise ne sont que du XV* siècle.
Fonts en plomb. — Les fonts baptismaux en ptonb, dessinés il y a long-temps par M. Bouet, ont été publiés dans le Bulletin momnkentai et l'Abécédaire (Parchéotogie ; puis ils ont donné lieu à un mémoire de IH. I^valley-Duperroux dans les Mémoires de la Société de» Antiquaires de Normandie. Ils datent de la dernière période ogivale , sont octogones , et chaque panneau , séparé des autres par un contrefort , montre sous une accolade subtrilobée des figures de saints : la Vielle ^ saint Etienne , saint Laurent , sainte Barbe , avec les attributs qui les distinguent.
Cimetière. — Plusieurs tombeaux assez remarquables existent dans le cimetière.
La population actuelle du Mesnil-Mauger est de 353 habitants. Il y a là un exemple frappant de la dépopulation des campagnes. A la fin du dernier siècle, on ne comptait pas moins de 760 habitants dans la paroisse , et il est certain qu*au moyen-âge la population était encore de beaucoup supérieure.
En 1128^ on trouve un Serlon , seigneur du Mesnil- Mauger.
Au XIII' siècle , après avoir enlevé la Normandie à Jean- Sans-Terre 9 Philippe-Augusie nomma bailli de Caen un nommé Pierre de Tbillay, originaire des environs de Gonesse : et, pour rintéresser à raffermissement de h conquête , il
CANTON D£ MÊZIOON.
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lui concéda de vastes domaines, parmi lesquels se trouvèrent les terres enlevées à Geoffroy du Mesnil-Mauger.
M. Léopold Delisle, dans une brochure intitulée Frâ^ments de Chistoire de Ganesse , a esquissé d'une manière fort intéressante Thistoire du Mesnil-Mauger , pendant |Ie commencement do XIII* siècle. Pierre de Tîllay n*eut qu'une fille , nommée Héloîse, qu'il maria à un chevalier du voisinage de Gonesse, Eudes de Trembley , qui dès 1225 avait hérité des terres de sa femme. On trouve ^encore la famille du Tremblay au Mesnil-Mauger en 1290. Je n'ai pu découvrir les noms des seigneurs du Mesnil-Mauger aux XIY* » XV et XVf siècles.
En 1646 , noble seigneur messire Jean de La Flèche, chevalier, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi , était seigneur de Grisy , Thiéville, Bretteville, Donville, Quesnay, Escures, Viette, Mesnil-Mauger et Écajeul. Il est probable qu'il ne résidait pas sur la paroisse du Mesnil-Mauger, car on lit sur le poinçon de la flèche de Téglise :
lAY . ESTÉ . DONNte . PAM .
■ • IEAU .de la • FLBCHB
C*" . S' • DB 6RISI BTC.
Des actes de 1759 et 1778 portent le nom de messire Pierre Fei|;ant , écuyer , conseiller du Roi et son auditeur en la Chambre des comptes , aides et finances de Normandie, seigneur du fief de Vaux, patron présenialeur de Querville , seigneur honoraire du Mesnil-^lauger, des fiefs du Coin ^ Capomesnil, Yieox-Manchon et autres lieux.
Le Coin et Capomesnil sont situés au Mesnil-Mauger.
Henry de Mannoui7, chevalier, dont il a été question précédemment, était seigneur du Coin en 1555. Le manoir, situé loin de l'église , a subi depuis , quelques mutilations ; il avait été construit au XVI' siècle , et j'ai eu le
CANTON DL MÊZIDON. 689
plaisir d'y conduire M. Parker, M""" Parker et d'aotres antiquaires.
Ce manoir , qui est construit en bois en grande partie , a été figuré dans le Bulletin monumental^ t XYIII, p. 629. Il est garni de fossés pleins d'eau et offre encore beaucoup d'intérêt.
Gapomesnil, ou Carouges, appartenait probablement à Thomas et Jehan de Carouges , cités parmi les hommes d'armes qui devaient garder la forteresse de S^'-Barbe en 1411.
M. Louis Du fiois, dans son Histoire de UsieuXy a cherché à rendre ce lieu célèbre en l'indiquant comme le théâtre du viol de Marguerite de Thibouville , femme de Jean de Carouges, qui donna lieu à un duel judiciaire rapporté par les chroniqueurs sous la date de 1386. Mais, au contraire, Froissart affirme que cette action se passa « en
« un chastel sur les marches du Perche et d'Alençon ; le- « quel chastel on nomme , ce m'est avis , Argenteuil. »
Lo château de Carouges est en partie détruit. L'exploitation du domaine occupe seulement des bâtiments qui en dépendaient.
Médaille celtique. ^ En faisant les terrassements du chemin de fer, on a trouvé, non loin du carrefour des Forges, une médaille celtique en or que j'ai achetée des ouvriers; c'est un quart de statère , figuré par M. Éd. Lambert daus sou ouvrage sur la Numismatique gauloise, seconde partie, pi. III, fig. 2. Le poids de cette monnaie est de 39 grammes. Je ne serais pas surpris qu'on eût trouvé autre ciiose dans le même lieu, car c'est le hasard qui m'a fait acquérir cette médaille.
&90 STATISTIQUE liONUMEMTALË OU CALVADOS.