V. tvtil dcl
tympan de cette entrée on lit, en caractères majuscules gothiques , les mots suivants : -|^ pif rr^ [ IHf tirl ] If. Le même prénom, écrit en lettres absolument de même forme,
CANTOM OE MÉZlOOff. 697
i pUfXt^ \ se trouve gravé sur le larmier qoi surmonte le chapiteau d'une des colonnes de la porte occidentale; cette écriture paraît au moins do XIY* siècle.
Les raodiltoiis sont très-bien conservés et tout est intact do côté du nord ; dn côté du sud , on a refait deux fenêtres vers la fin du XT" siècle : Tune dans la nef, Fautre dans le chœur. Ce dernier offre, do même côté (sud), une porte cintrée sans moulures, sauf poorunt la pierre formant la clef de la voûte sur laquelle on voit une espèce de palmette perlée.
L'intérieur de T^ise présente plusieurs genres d'intérêt
D'abord , les chapiteaux des colonnes ont tous une forme élégante et une décoration végétale annonçant le XIP siècle ; le tailloir qui les surmonte est , dans le chœur , orné d'une frette élégance en zig«-zag. L'arcade entre chœur et nef est en arc brisé et dénote, comme les chapiteaux , l'époque de transition.
Les fresques qui décoraient les murs attirent à juste titre l'attention de l'observateur; elles ont été, comme partout, couvertes d*une épaisse couche de chaux étendue par un bar* bouilleur de vill^e, dont le pinceau paraît avoir été un balai ; mais quelques parties de cet enduit sont détachées ; d'autres ont été enleyées par les curieux , et l'on a pu reconnaître que toute l'égBse était peinte à la détrempe et présentait une suite de sujets. Les couleurs dominantes de ces figures sont» d'abord le rouge d'ocre, puis le jaune ; le bleu se voit aussi dans quelques parties. Ce qui m'a paru remarquable , c'est la simplicité du travail qui ne consiste guère , pour quelques personnages, que dans une esquisse, et qui pourtant produit un certain effet
Nous sommes parvenus , M. Pelfresne , M. Victor Petit , AI. Renault et moi , à faire tomber la plus grande partie de l'épais badigeon qui recouvrait les fresques que j'avais
49à STATISTIQUE MOMIIENTALE DU CALVADOS.
précédemment sîgoalées dans le cbœar. — Noos arons pa reconnaître » sur le mur du côté de Téîangile, la représentation de la Gène, et sur le mur faisant face à Tautel, au-dessus de l'arc triomphal, le Christ et deux autres personnages»
Quoique classée au nombre des monuments historiques, Téglise de S^^'-Marie-aux-lnglais était trës-compromise ; et sans les travaux qui y ont été faits et que Ton doit au dévouement de M. Billon et de M. de La Porte , propriétaire du château voisin , travaux auxquels a pris part aussi la Société française d'archéologie, un craquement considérable qui s'est manifesté dans les murs latéraux du sanctuaire aurait fait des progrès effrayants (i) ; nous espérons que le tirant qui a été établi arrêtera le progrès du mal II reste encore des réparations à faire.
Deux statues tnmulaires se voient do côté de Tévangile , sous deux arcades qui semblent avoir été pratiquées après coup dans l'épaisseur du mur ; ces statues me paraissent du XIIP siècle , et je n'ai aucuns rense^ements sur les seigneurs qu'elles^ représentent ; mais ce sont des seigneurs de la paroisse. L'une offre l'image d'un guerrier vêtu de sa cotte de mailles et de sa cotte d'armes , les jambes également maillées, les pieds éperonnés. Il porte suq>endn , à gauche» son écu de forme aiguë par le bas , et son glaive à deax tranchants. Les mains sont croisées sur la poitrine ; des anges supportent le coussin sur lequel repose la tête ; un lion est sons les pieds.
L'autre statue est celle d'une femme, probablement l'épouse de ce guerrier; elle porte , au-dessus de la cotte hardie , un
(i) La Société a contribaé aux frais pour 900 fr. Mais M. de La Porte a fourni une somme beaucoup plus considérable pour PacoooH plitsement de ces tratani : la Société française d*arcbéologfe lui a volé des remerdasents.