CANTON DE SAINT- PIERRE-SUA-DIVE. 5S
et à moulures qui se rapportent assez à Tépoqae indiquée par le tableau.
Le curé de Garel vient de faire paver le chœur et l'allée centrale de la nef en carreaux historiés en terre cuite de la fabrique de Beauvais; Teffet en est bon» et ces pavés non émaiUés et très-bien cuits doivent être durables.
H. Pépin a relevé les inscriptions des deux petites cloches de Gard; elles sont ainsi conçues :
l'an 1786 lAi tià HoniÉB ■ AGOunin pas piamçois laillibb atogat a?
PABLBKIIIT DB PAKI8, SDOIIBVB BT PATBON HONOBAIBB DB CABBL BT PAB DAIIB
HAAOBLBIRB JACOB TBTTB Vf FBV WOBL LAILUBB.
JBAH SmON H*A PAITB.
£*A]f 1788 UT iTi*BBRITB PAB M. PBAIIÇOM CfUi DB CABBL BT HOHHiB CAULLB BBHBT PAR M<* AUKAIIDBB LBPOBBBTIBB A«É DB tO AHS D^l* LOTUB CAMILLB LBFORBiTm MH DB 8 ARl PlU BT P1U.B DB IIATT BT FUMANT IBIflNBVB MBSOBB UCQUB8 ALBXAMDBB LBPOBBBTIBB C** DB TBNDBmiB , CHBTAUBB SBIGinnrB BT PATBOR DB CABBL BT AVTBBS UBVX BT DB BOBLB MABBTBBITB PBAlfÇOISB CAMILLB DBLAVNAT DBTBBTILLB BP0TI8 DY DIT SBICHBf B.
• LATILLBTTB DB UIIBTX li*A FAITB. BOVMBL TB^SOBIBB.
L'église de Gard est sous l'invocation de saint Sulpice.
Carel faisait partie du diocèse de Séez » de l'élection de Falaise , de la généralité d'Alençon et de la sergenterie de St-Pierre-sur-Dive ; on y compuit 22 feux. La population actuelle est d'environ 130 habitants.
Château. — Le château de Carel , dont nous donnons un dessin , est entpuré de belles douves murées remplies d'eau ; il doit avoir été bâti du temps de Louis XIV , et je ne doute pas que notre savant confrère » M. de Brébisson , qui en est propriétaire» ne trouve dans ses titres la date précise de cette construction.
Pépin de).
YOl m} GlUTIàq I» CAUL«
Médailles eeUiques. — Vers l'aanée 1820 , en trayaîllant à la route départementale de Falaise à Usieux , on trouva à Garel uoe trentaine de médaiUes celtiques; elles ont été examinées par M. Lambert et décrites par lui dans son grand ouvrage sur la numismatique gauloise. On recueillit en même temps le haut d'un vase en bronze, de k pouces de diamètre, qui paraissait être un débris de celui qui avait renfermé les médailles ; une de ces médailles était en electrum » les autres en argent et en bronze.
SAINT-PIBREB-SUR-DIVB (CHBF-LIBU).
St-Pierre-sur-Dive , Espinetum, Sanctus Petrus super Divam , Sanctus Petrus Divensis. ,
St-Pierre-sur-Dive est une localité d'une certaine importance , une petite ville bien bâtie et dont les marchés sont très-considérables. Comme Je l'ai fait pour d'autres villes , je déclare que je ne veux que jeter un coup-d'œil sur ses principaux édiûces : donner l'histoire de la localité, nous conduirait beaucoup trop loin. Déjà M. Hurel a publié , il y a quelques années, un volume sur St-Pierre. C'est à M. Pépin,
CAMTOfil 0E SAINT-PIERRE- SUR-OIYE. 535
aojoard'huî habitant de St- Pierre-sur- Dive , que revient tout natarellement le soin d'écrire une histoire complète de St*Pierre et de ses moDuments , et nous pouvons compter sur son zèle pour accomplir cette œuvre.
St-Pierre doit, sinon son origine, au moins toute son im* poilaoce, k Tabbaye de Bénédictins qui y a existé depuis k XI* stède jusqu'il la Révolution.
Si Ton en croit la légende, il y aurait eu, dès le IX* siècle, une paroisse à St-Pierre-sur-Dive : elle s'appelait alors Lépinay ; le prêtre Yambert , qui desservait l'église , aurait été massacré par les Normands , qui remontaient les rivières et pillaient les villages riverains.
Pour trouver des documents certains sur l'histoire de St' Pierre , il faut se reporter a la fin du X* siècle.
fie frère de Richard II , Guillaume , fils de Richard-sans- Peur , était alors seigneur de St-Pierre ; il épousa Lesceline , fille de Torketll , gouverneur du château de Rouen , et reçut du duc Richard, son frère, le comté d'Eu et le gouvernement du Pays-d'Auge et du comté d'Exmes.
Il faisait bâtir un château sur les bords de la Dive , dit la chronique , quand une femme de Vaux , qui allait en pé* leiînage à Courcy pour y priei: saini Ferréol , s'arrêta à St -Pierre et déclara que le château qu'on construisait deviendrait bientôt une église consacrée â la Sainte-Vierge. Celte prédiction fit une certaine sensation. Le comte d'Eu, mourut en 1011 , laissant sa femme et trois fils, dont un , Hugues, devait devenir évêque et gouverneur de Lisieux.
La comtesse Lesceline, peut-être influencée par le souvenir de la prédictif» que nous venons de rapporter, fonda sur 1^ bords de la Dive une communauté de religieuses bénédictines , et leur abandonna le château que son mari avait fait construire. Mais elles eurent peu à se louer de leurs rapports avec les habitants du pays ; elles demandèrent , au bout de quelques années, à être transférées à St-Désirde
Lisieux, où la comtesse Lcsceline possédait des tenaîas. Leur demande fut agréée et la translation se fit vers i0&6. La comtesse songea ensuite à remplacer les religieuses , par des moines. Isembard , abbé du Atont-S'^-Catherine de Rouen, lui envoya quelques bénédictins qui, sous la direction d'Ainard , s*éublireut à Nolre-Dame-de-Lépinay de St-Pierre-sur-Dive ; la cérémonie de rinstailation eut lieu avec pompe en présence de Guillaume-le-Gonquérant et de Henri l"' , roi de France ; après quelques difficultés élevées par les évêques de Séez et de Lisieux , l'établissement des bénédictins à St-Plerre et la translation des bénédictines à St-Désir furent définitivement approuvés par ces prélats. La comtesse Lescelîne , à la fin de sa vie , prit le voile à St- Désir ; elle le reçut des mains de son fils Hugues , alors évêqne de Lisieux, et mourut dans ce monastère en 1058. Elle fut enterrée dans Téglise de Fabbaye , à St-Pierre ; Hugues accompagna le corps de sa mère et Tabbé Ainard célébra les funérailles.
Eu 1067» l'abbaye de St-Pierre, enrichie de nouveaux terrains, fut éuMle dans des constructions plus vastes ; la consécration de la nouvelle église eut lieu en présence de Maurille, archevêque de Rouen, des évêques de la province et de Guillaume-le-Conquérant
Le mérite de Tabbé Ainard avait beaucoup contribué à la prospérité et à raccroissemenl rapide de Tabbaye ; îl la gouverna jusqu'en 1078 , époque de sa mort. Je n'ai pas plus l'Intention d'écrire l'histoire de l'abbaye de St-Pierre que celle des autres abbayes du département* Le Gallia christiana , les Gartulaires fournissent, à ceux qui voudront s'en occuper, denombraux documents; et, pour l'histoire de cette abbaye comme pour celle de S**-Barbe (1), il existe une
(i) M. Guilmclh a publié, sur St-Picrre, un Précis qui D*a pas été achefé ; ce Précis se compose de 68 pages iii-8*.
CANTON DE SAJNT-PIERRE-SDR-DIYE. 551
histoire manuscrite de l'abbaye, divisée en plusieurs livres.
L'église, consacrée en 1067 , fut incendiée, en 1105, par fleuri V qui, trompé par l'abbé de St-Pierre et invité par lui à souper à l'abbaye, la trouva garnie par les troupes de Robert-Courte-Heuse, son frère, avec lequel il était en guerre. On commença à reconstruire l'église trois ans après. M. de Glanville a publié , avec un commentaire très-intéressant, la lettre souvent citée de Haimon , abbé de St-Pierresur-Dive , aux religieuses de Tenkesbnry ; pour leur annoncer avec quel zèle la foule , composée du peuple et de» personnes les plus notables , s'attelait sur les chariots pour transporter les matériaux nécessaires à la construction de l'église (1). Ces faits s« passaient dans la première moitié du XIP siècle, avant 1140.
Il est difficile d'indiquer ce qui reste aujourd'hui des constructions d'Haimon ; au XIIP siècle, l'abbaye fut presque entièrement reconstruite; les travaux étaient en grande activité dans la seconde moitié de ce siècle , puisque l'archevêque Odon Rigaud , faisant sa visite de l'abbaye ( 1255 ) , visite dans laquelle il trouva 38 moines , dit que la clôture ne pouvait être observée à cause des ouvriers qui 4i*availlaient aux constructions : Ciaustrum non bene serratur propier cperarios. De grands travaux furent faits plus tard, au XIV* siècle et au commencement du XYI*.
L'église abbatiale de St-Pierre-sur-Dive est aujourd'hui celle de la commune. L'élévation d-jointe ( page 558 ) montre que cette église a trois tours, deux à l'ouest et une siir le transept ; que la grande nef est garnie de bas-côtés ; que les bas-côtés font le tour du chœur et donnent, à partir des transepts, accès à plusieurs chapelles qui rayonnent autour de l'abside. Mais le plan par terre montrera mieux
(1) V. Dom Bouquet, ÊHâtoire des GimUê, t. XIV.
CANTON DE 3AlNT*PIEBRfi-SDR-DiVE. 639
eacorc toutes ces disposions : en l>xaininanl , on remar-
T. P.di doL^
mir n L*foun abbatiali db iaiiit*pibbr»-sdb-divb. quera d'abord le peu de saiUie des transepts; à Test de chacan
52lO STATISTIQUE MONUMENTALE DU CAL? ADOS.
d'eux existe une cbapellc carrée qui 8*ou?ralt sur le transept ; dans cette partie, les arcades des bas-côtés ont élé fortifiées âu XIV* siècle par des remplissages ou arcs destinés Traisemblablement à alléger le poids de la tour centrale.
Les chapelles placées autour du chœur ont une sailie considérable, se détachent complètement les unes des antres et se terminent par des absides garnies de contreforts.
On peut analyser ainsi l'édifice d'après ses caractères architectoniques : la façade occidentale, en y comprenant les tours , doit être de trois époques , en faisant abstraction de quelques parties refaites : ainsi , la tour du sud on de St- Michel est du XII* siècle probablement Le sommet seulement a été réparé; la tour du nord est du XIY* siècle.
L'enlre-deux des tours, qui est du XIY* siècle , a reçu au XYI* une niche élégante qui renfermait une sutue de la Sainte-Vierge.
Si l'on examine le même entre-deux, à l'intérieur de la nef, on Terra desarcatures élégantes dontlescolonnettesà doubles bouquets de feuillage sont tout-à-fait caractéristiques du XIV* siècle (Y. la page suivante). L'orgue nouvellement placé masque aujourd'hui cette partie, qui était une des plus intéressantes de l'édifice au point de vue de la sculpture. On doit regretter que la grande et belle fenêtre occidentale qui surmonte cette arcature soit également dissimulée par la tribune et la boiserie de l'orgue : cet instrument eût été mieux placé dans une arcade près du transept
Si nous avançons dans la nef, nous verrons qu'elle appartient au XIII* siècle pour les parties basses ( l*' étage et triforium), à la fin du XY* ou au XYP siècle pour les parties supérieures (dérestory et voûtes). L'élévation d'une des travées de la nef montrera ces deux époques ( Y. la page 542 ). Les fenêtres flamboyantes du dérestory sont toutes assez élégantes, divisées en quatre baies; dles présentent quelque