V. P.lildel
TOMBEAU DU XIV* SIÈCLE DANS LE TRANSEPT MORD DE l'ÉGLISB*
On troaYe ane deauème dalle tamalaire qui a été refaite nooTelleinent dans une chapelle, d'après on croquis dte M. Ouchesne, l'ancienne ayant été brisée par an échafaudage. Autour du défunt» qui est représenté gra? é au trait, on lit l'inscription suivante :
toi %0kn ... m MK vîMRt fïuwc et (vicaire) k ttâm
le^ trttfMBMt le ttti*
trar le bnilet In mil naq itu lii l|itct.
Ce personnage est représenté les mains jointes; U tête, couverte d'une petite calotte» repose sur un coussin carré. Un vêtement à larges plis lui recouvre tout le corps. De chaque côté , des colonnettes supportent un dais orné de feuillage.
n existe aussi huit inscriptions indiquant seulement la date de la mort des religieux , mais sans donner leurs noms ; eUes n'auraient d'intérêt qu'autant qu'un obituaîre nous ferait connaître les personnages auxquels elles se rapportent.
Peintures. — - Les murailles de la chapelle St-Sébastien étaient, primitivement, couvertes de peintures remontant au XYIP siècle. Elles ont été cachées par une épaisse couche de badigeon. Le Credo s'y voyait représenté en douxe tableaux.
Quant aux peintures du chœur, je m'associe complètement à l'étonnement de M. de Glanville , quand il se demande, dans son Introduction à l'Histoire des miracles de St-Pienesur-*l>ive , pourquoi dans le sanctuaire ces colonne^ peintes en marbre avec des chapiteaux de brome f qui portent des nuages de brome d'où s^échappem des éclairs et des tonnerres d'or m Le Christ colossal et assez beau , que l'on attribue à tort ou à raison à Jean Goujon , el qui surgit
CANTON DE SAINT-PIBRBE-SUR-DlVIi. 557
an milien de cet appareil bntasmagoriqae , n'avait pas besoin d'on accompagnement si grotesque^
Cloches. — H. ie docteur BîUon a donné, dans son intéressante Étnde sur les docbes et les sonneries françaises et étrangères , des notes snr la sonnerie de Fabbaye de St- Pierre qne nous noos empressons de reproduire :
c Le clocher central, dit-il, renfermait six cloches, dont on voit encore les places dans l'ancien beffroi, qui est divisé en trois travées. Cette sonnerie devait être ravissante, car elle avait pour auteur un praticien renommé. Nous en avons retrouvé la tonique et la quinte. La première se fait entendre encore dans le clocher de la commune de Vendeuvre. Son diamètre est de 96 centimètres; son poids 500 kilos; elle porte pour inscription :
lUAH ATIUT Ma MlCn. 4S81.
lAlNT PLAGIM.
La cinquième a trouvé un asile dans le joli campanille de Donville; die porte aussi cette laconique inscription :
LAN 1681. tâllITI CATHiallIB lUAN AVBUT MA PAICTI*
Sur un des flancs , TeflEgie de sainte Catherine. Diamètre, 6U cent ; poids, 125 kilos.
La grande sonnerie était placée dans la tour du nord : elle éuit formée de quatre docbes , dont hi tonique porte Tinscription suivante :
mWIM CLA?DB-IGIIAC»tl08Bra DB SIVIANB , BTBSQITB Bt' COlfTB DS SAIRT-FATL-TBOIB-CBATBATX , PBIMGB M CHABBIBBB BT GONTB DB 8AIN1- PIBBBB-ftf B-DITS , H*A BAPTUÉB ^BT BOIUIÉB DT MON DB LA PATBONKB
DB CBTTI ABBAT8 , POVR LAQVBLLB IL A TOTMVM «f VlfB HBfOtlOlC BINfiTLdUB. MABIB BST DONC MON NOM.
M" CLAYDB BT LB8 DTBOD m'ONT PAITB BN L*AN1I*B 1725.
Diamètre , 1"*, 46 : poids , 2,000 kilos.
Le timbre de cette grosse cloche est magniflqae, c*esl la grosse cloche actuelle de St-Pierre : nous Ta vous entendue à deux lieues de distance. Nous sommes porté à croire que ces dix cloches formaient une gamme diatonique non interrompue » et que la plus grosse des six du clocher central sonnait à la quinte de la grosse Marie.
Le clocher sud (St-Michel) senrait de colombier aux Bénédictins et ne contenait pas de cloches. .
Lorsque toutes les cloches étaient lancées à grande volée, un bedeau se tenait , dit-on , sur la place devant Féglise où il battait la mesure. Lorsqu'une cloche déviait de sa marche rhythmique , il rentrait promptement pour en avertir les sonneurs. Les jours de fête, les trois cloches de Féglise paroissiale mêlaient leurs voix à celles de Tabbaye. Cette église, dont il ne reste pas les moindres 'f traces, était sur la place de l'Hôtel-de-Ville. .
Sceau de l'abbaye.— -Ltà sceau a été sauvé, à la première Révolution, par le dernier survivant de Tabbaye, le procureur Dom
CANTON DE SAINT-PIERRE-SDB-DIVB. 559
Thinon , qui en a fait présent à M. Dacbesne , libraire. Il est en bronze , elliptique , de UO centimètres de large sur 70 centimètres de long ; il date du XIY* siècle; son état de conservation est parfait (Voir le dessin). Ce sceau représente la patronne de l'abbaye, la Vierge Marie diadémée, placée sous un dais gothique, assise, tenant de son bras gauche l'Enfant-Jésus nimbé. A sa gauche se voit la clef du Paradis, dont saint Pierre est le dépositaire ; à droite , une fleur de lis , pour désigner que Tabbaye était royale. L'inscription, en lettres capitales, est ainsi conçue :
s • CONVBJITOS • BEATS • MABIV • Bl • SCO • PBTRO • 8VPHA • OIVAM *
Au milieu se voient les armes de France , et à chaque extrémité une fleur de lis.
Bâtiments de Vabbayc. — Les bâtiments de Tabbaye qui entourent le cloître au sud de Téglise , avaient été retouchés et reconstruits auXYIP siècle; mais on avait conservé la plus grande partie des murs inférieurs; les fenêtres carrées avaient été régulièrement établies, les pierres regrattées, l'étage supérieur exhaussé ou refait On remarque , eflecttvement , des contreforts régulièrement espacés et des pierres de moyen appareil qui peuvent remonter au XJir siècle.
Si Ton pénètre dans le préau , on voit des restes de murailles en blocage qui paraissent romanes, ce qui montre que les constructions du XIIP siècle avaient elles-mêmes été soudées sur des constructions plus anciennesL
Salle capitulaire. — A Test du cloître, accolée au transept méridional de l'église (Y. le plan, p. 539 ) , existe à peu près intacte la salle capitulaire , qui doit remonter au XIII* siècle
560 STATISTIQUK IIONUMES«TALE DU CALVADOS.
comme le chœur de l'église. Elle est recUogulaîre« L*éfage
TUB Dl LA SàLLB CAPITULAIU, DD CAH DB L*BST.
qui sarmonte la voûte est éclairé , da côté de l'est , par trois étroites fenêtres en lancettes. Trois autres fenêtres plus grandes et cintrées éclairent, du même côté , la salle capitnlaire proprement dite.
Le croquis suivant montre une partie de l'intérieur de cette salle, qui devait accéder au cloître par une porte entre
CA^rON DE SAIMT-PIERRE-SUB-DIVE. 561
deux feoêtres, comme toutes les salles capitulaires du même
INTÉmiBCR DB LA SALLE CAPITULiilBE»
temps. Trois colonnes monocylindriques supportent la re^ tombée des voûtes au centre de la salle.
Je me suis proposé de jeter un coup-d*œil sur l'abbaye de St-Pierre, d'en indiquer les dates principales , mais sans avoir l'intention de décrire le monument dans toutes ses parties ; si nous voulions en faire l'anatomie complète , il faudrait y consacrer cent pages au moins , ce qui nous ferait sortir du cadre adopté pour cette statistique. Nous aurions à indiquer un grand nombre de reprises , à signaler des contreforts appliqués sur les angles du transept nord bien
postérieurement à sa constraction, et probablement au X¥< siècle , pour remédier peut-être à des dislocations qui avaient donné des inquiétudes.
Nous aurions à décrire diverses moulures , à rechercher pourquoi on a bouché une porte accédant autrefois à la nef du côté du nord , et dont l'archivolte est ornée àfi bâtons rompus, tandis que les cliapiteaux dénotent le premier style ogival.
PnAGMBNT DBS ARCHIVOLTES DE LA PORTE DOUCHiB, AU NORD DB LA KBP.
Nous aurions à déterminer quelles parties des murs ont été refaites à Tétage du clérestory, dont les fenêtres seules offrent les caractères du dernier style ogival et ont probablement été faites à Tépoque que j*ai indiquée, sans que les murs qui les renferment aient été altérés à rcxtérieur.
EnQn, nous aurions à déduire quelques conclusions de l'addition en style du XI V*' siècle faite à la partie occidentale de la nef.
Mais je me hâte de terminer en disant que la porte qui