CANTON DE SAINT-PIERUE-SUR-J)IVE
lèbre Thomas Dunot, lequel fat délruît do temps des guerres de religion. î^ domaioe appartenait encore à cette famille au siècle dernier. M. Dunotde Saint-Macloo, baron de Vieux- Pont, le vendit en 1762 à M. de Jarry, grand-père de M"" de Ligncrolles.
Quoique peu important , ce chAleaa^ dont la date est connue (1618), montre bien le style du XVIP siéde. Une de ses cheminées en brique et pierre, ses lucarnes à frontons, sa porte et tout son ensemble caractérisent bien cette époque. Un parc entouré de murs se développe derrière le château. Deux portes à bossages, i*une grande et destinée aux charrettes, Tauire plus petite et destinée aux piétons, s*ouvrent dans la partie de cette clôture qui borde la route départementale allant de St-Pierre à Livarot. Un écusson est sculpté sur la clef de voûte de la petite porte.
Un beau colombier cylindrique est compris dans l'enceinte.
Des souterrains existent, dit-on, dans la cour et se dirigent vers Tabbaye et vers d*aatres parties du bourg.
En 1562, Fabbaye fut pillée par les Calvinistes; mais la ville, dont les habitants étaient favorables à la Réforme, fut épargnée. Durant les guerres de la Ligue , elle resta fidèle à Henri lY. Thomas Dunod , propriétaire du château auquel a succédé celui que je viens de mentionner , avait fait fortifier la ville pour la mettre à l'abri d'un coup de main (1); il la fit respecter : elle ne fut prise que vers 1588.
M. Louis Du Bois rapporte, dans ses Recherches sur l'arrondissement de Lisîeux, qu'il était resté beaucoup de
(i) Il sabsistait encore, vers 4755, denx portes qoi forent démolieB. Vers 1588 • St-Pierre-sur-DWe Ait enlevé par une troupe de ligaears commandés par le capitaine d*Aigneans. Attaqué par des forces supérieures , Thomas Dunod fut fait prisonnier. Sa maison fut dévastée. (V. Hist, de Lisieux et de C arrondissement , par M. Louis Du Bois, p. àhl. )
• CANTON DE SAÎNT-PIERBE-SUB-DITE. 569
protestants à St-Pierre-sur-DîTe , tels qae le savant ministre Etienne Horin et son fils Henri Morin ; ib avalent dans le voisinage da ciiâteau des Dunod , aojoard'hui à M. de Lignerolles , un temple dont on lenr avait laissé Fusage en vertu de redit de Nantes; mais le grand archidiacre de Séez , Charles Dufresche, sollicita sa suppression et le fit démolir en vertu d'un arrêt du Conseil d'État» daté de Versailles le 3 juillet 1686 , quatorze mois avant la révocation de l'édit de Nantes.
HIÉVILLB.
L'église d'Riéville » près St-Pierre-sur-Dive , est insignifiante et n'offrirait aucun caractère s'il ne restait quelques contreforts dont les profils annoncent au moins le XIV* siècle. La maçonnerie pourrait donc dater de cette, époque, sauf les parties refaites. *
Une sacristie moderne est appliquée sur le chevet.
A l'ouest s'élève une tour moderne en pierre , terminée par un dôme surbaissé à quatre pans, dont chaque face est percée d'un oculus. Un lantemon couronne ce toit de pierre.
Le mur latéral du nord est sensiblement infléchi au nordest
Cette paroisse dépendait du diocèse de Séez ; elle est sous l'invocation de saint Pierre. L'abbaye de St-Pierrc nommait à la cure. On y comptait 68 feux. Elle dépendait de l'élection de Falaise.
On voit dans le cimetière la tombe de M. Jarry, avocat Un tombeau ancien en forme de croix , avec toit prismatique, a été renversé et sert de banc sous l'if
Château.^ M. le commandant du génie Rocbet, inspecteur de l'Association normande et maire d'HiévlIle, demeure à peu de distance de l'église ; un cèdre du Liban et quelques
beaux arbres mérkent rattentioD daos les bosqaets qoi en- ▼irooneot soo habîtalîon.
BEEVILLB.
L'église de Berville a été recoiistraite par parties à diverses époques, et ses murs n'offrent pas de caractères précis ; mais il parait qu'une église avait existé là dès le XII* siècle , car la porte conservée avec quelques parties des murs primitifs dans le mur occidental actuel annonce cette époque, et l'archivolte est bord^ d'un larmier portant la moulure que voici.
Du reste, cette porte est très-simple et sans colonnes.
La plupart des fenêtres de la nef et du chœur sont modernes et carrées ; on vient d'en refaire deux de forme ogivale, à deux baies, dans la nef.
Une fenêtre de la nef (côté sud), quoique de forme carrée, peut dater du XVP siècle ; elle est bordée d'un tore qui se prolonge sur les quatre côtés de cette ouverture.
Le mur du chevet paraît plus ancien que les murs latéraux ; on y voit une fenêtre ogivale qui a été bouchée.
L'église de Berville est voûtée en bardeaux. Un clocher en bois recouvert d'ardoise ou d'essente existait à Textrémité de la nef, à l'entrée du chœur ; on vient de le supprimer, je ne sais pourquoi , et l'église n'a plus de tour.
M. Besnou, membre de la Société française d'archéologie, a bien voulu nous donner le texte de deux inscriptions tumulaircs, rétablies par ses soins à Tintérieur de l'église; la première, devant Tautel St-Jacques, est ainsi conçue:
CANTON DE 8AINT-PIEBBE-S0B-DIYB. 571
a QIT IIOBLI DAMOISBLLE CATHIUMB JEAN EN SON VITANT FEMME D^BXMES DE MAI ECU TER 8' DES E8SABS LA QUELLE DÉCiOA LB S* DE
7l»re «656.
Il y a sur la tombe ud écusson composé d'un lion et de deux étoiles.
Voici la seconde , devant i'aotel de la Yiergc :
CI OIT BXMBS DE MAI EGDTEB S' DES B8SAHS GOBSBILLEB DO BOI COR- TBOLBCB BLEU IN L*iLRGTION DE FALAISE LE QUEL DictOA LB 6 DE 9»»'^ 16xJ.
Je possède, m*écnt M. Besnou, l'acte authentique passé le 21 août 1657 devant Noél Le Poutrel et Louis Marguerin , tabellions royaux pour le siège et tabellionnage de St-Pierre-sur-Dive, par lequel « 16 paroissiens dénommés « de Berville , pour eux et les autres paroissiens absents , « ont baillé en pure Geffe et à rente irraquitable, à £xmes « de May écuyer , sieur des Essars , pour lui et ses hoyairs (c et ayant cause, une portion de terre à prendre dans Fégiise « paroissiale de Berville, au costé de lepistre, vis a vis et c( contre Ibostcl saint Jacques, de onze pieds de longueur « et buict de large , pour par le dit sieur des Ëssars la « faire clore et ballustrer , et y prendre séance lui et les « siens ; après leur deceds y être inhumés sans payer aucun « terrage. La ditte fieffe ainsi faitie moyennant le prix et • somme de sept livres deux sols dix deniers tournois de «f rente foncière et perpétuelle , que le dit sieur des Essars « pour lui et les siens , c'est obligé faire et payer chacun an « au trésor de la ditte églize. »
Il parait, continue M. Besnou , qu'antérieurement, des membres de la famille de JMay avaient déjà été inhumés dans Féglisc, car j'ai, jointe à mes titres anciens, une vieille copie de la donation d'un pré de l'Aumône d'où il résulte :
« Que toute la famille de May, dont les membres sont dé-
« nommés, donnent, pour satisfaire au vœu de feu leur frère, « le 22 juin 1654, et afin de participer aux prières qui se (c font en l'église de Berville en laquelle sont inhumés leurs (c défunts père, mère et frère, au curé de ladite église une c< portion de terre eu herbe, contenant enwiron trois vergées ■ et jouxtant le cimetière , pour dire à perpétuité une messe (( au jour où fut inhumé feu Jacques de May , sieur de la « Bigne, qui est le U novembre 1641 ; une le 26 février, « jour où Charlotte Voine , leur mère , fut iuhuméc, et trois « messes le 19 novembre, jour où Pierre de May, leur frère. c fut inhumé ; la dernière doit être de Requiem, chantée en « plain -chant et dite par le curé de Berville ou son vicaire. » Cette note ajoute que Jean de May ayant en deux enfants : le premier, Exme de Mai , sieur des Essarts, contrôleur aux aides et tailles à Falaise, que représentent les sieurs de la Bertrie; le deuxième, Jacques de Mai, sieur de la Bigne, que représentaient M. Dunot-Duquesnay et autres ; les deux frères ont partagé sa succession en 1600.
A la suite de ces copies et mentions, se trouvent co[nées les épitaphes des tombes qui sont dans la chapelle de Berville. En 1865, l'épitaphe de la femme existait presque en entier, et il a été facile , à Faidc de ces notes , de retrouver la trace de quelques lettres plus ou moins altérées ou effacées par le frottement des chaussures. Toute la partie de derrière , garantie par Taotel, était, telle qu'on la voit encore , parfaitement intacte.
Seulement , en 1864 et 1865 , on a eu la fâcheuse idée de recouvrir ces pierres par la première marche d'autels en bois sans style, en plaçant ces autels en biais au lieu de les appliquer sur le mur comme étaient les précédents. M. Besnou a profilé du moment où on allait compléter ce regrettable travail, pour faire rétablir les deux inscriptions par M. Dupont, sculpteur à Caen. Il résuite de là que Tinscription de la femme , telle qu'elle