TT FONDRE CETTE CLOCHE. A LATILLBTTB PR
USIBTX MA FAITE EN 1767. F. LAYTLLETTE.
CANTON DB LISIEUX , i'*. SECTION.'
CBAPIRON DES FfifeRES SeRTAIITS « A ROQUES.
On a déjà tu que Téglise de Rocques est sous Tinvocation de saint Oaen ; c'était au prébende de La Pluyère qu'appartenait le patronage , cependant c'était le titre d'une prébende du Chapitre.
Je ne connais point de fief sur le territoire de cette paroisse, bien que quelques gentilshommes y aient fait leur résidence. On trouve, en iSkO , Jean de Gouslimesnil , de la maison de Goustimesnil, au pays de Caux ;
En 1616, damoiselle Marguerite Ainfray;
En 1623, noble dame Françoise de La Vigne, dame de Ficurimont ;
2ft STATISTIQUE MONOMERTÂLE DU CALYADOS.
En 1687, Gaspard Le Petit, sieur de Campront, et maistre Jean Le Petit.
FAUGIJCIIXON (1).
Faugucrnon, Faguellon, Fauguernone.
Cette église est sous l'invocation de saint Regnobcrt, évêque de Bayeax. Quand on se rappelle les circonstances de la translation des reliques de ce saint prélat , dont on a lu le récit à l'article NoROLLES, quand on considère le peu de distance qui sépare les deux centres de population , on est tenté de considérer celleci comme le lieu môme où elles furent déposées ; cependant aucune partie de la construction actuelle ne peut remonter à une époque aussi reculée.
C'est un édiGce fort irrégulier, c« qu'il faut attribuer aux époques différentes des constructions q«i le composent. Le portai est précédé d'un vaste porche en charpente. La porte csl défigurée. U docber en charpente est de la fin
du XVI*. siècle (V. p. Suiv.j. «.au di L'éctw» or FJccurnNOs.
(1) Note» de M. Cb. V.is«ear.
CAMTOn DE LUieCiX, l**. SEGUOW.
26 STAnSTfQUE BfONUIIEl?rALE DU CALVADOS.
Les deux mars latéraux de la nef sont de date différente. Celui du sud paraît du XIII*. siècle, dans la partie qui subsiste encore ; car une chapelle , posée entre chœur et nef, en a usurpé une notable portion. On n'y voit qu'une seule fenêtre,
qui est ogivale; elle présente tous les caractères du WP. siècle. Son tympan est plein ; le reste est subdivisé en deux baies cintrées.
Le mur du nord est soutenu par quatre contreforts. Bien qu'il ait tout son développement, on n'y voit pourtant également qu'une fenêtre : elle est ogivale , à tracerie flamboyante avec
CANTON DE LISIEUX , i'*. SECTMN. 27
I : elle date donc du XV% siècle. Le pléiades mvn panlt de Fépoqae romane.
La cbapeUe est tout entière du XVK siècle. Elle est de forme pentagonale , a^ec des contreforts sur les angles. Son toit esl en pavillon. Trois fenêtres servent à l'éclairer. Elles ètaiem originairement semblables : l'une a été bouchée ; les
denx autres, qui sont de forme ogivale, sont subdivisées par un meneau.
Le cbœor est tu retraite sur la nef, comme on le constate communément Les murs sont, en totalité, romans (du XII*. siècle) au nord et au levant ; au sud, se trouve une conslruc-
2B STATlftTIQfUB MONUMENTALE DU CALTAOOS.
tiêù d'une date p\m récente ; au nord , on voit dMz dNltmforts plats et les traces d'une petite fenêtre romane, aujovfd'Iwi bouchée et remplacée par denx grandes baies cintrées, qui ont le caractère du XVir. siècle. Le chevet, ^ui est droit, a un développement considérable. H se termine par un gable édorme à rampants de pierre. Cette disposition vient de ce que l'on a voulu couvrir par une seule charpente, et le chœur primitif et la chapelle placée en bas-côté, an midi, vers le XV^ siècle (V. le plan, p. 84). On voit parfaitement les reprises , car les constniMlOM^ dit XV^ siècle sont en piorre de taille , tandis que kê Ifllfsi èè i^omposent de moellons non taillés,' noyés dlM «• mtnihr de ctiaux , avec des contreforts plats en tiniferUa. Dcni de ces contreforts ont été conservés dani k nemitlroction dn chevet Lors de ces reprises , on avtit oirvart dans l'axe du chœur one grande ogive qui fut boutbécao XVII*. siècle, niais qu'on vient de rouvrir.
Les trad«$ d*ooe litre funèbre se voient encore à ceruins endroits des mufs.
A rintéfieur, tontes ces constructions d'époques diverses forment uH vaisseau bien irr^^golier. Le cliœUr a été totalement défigoré t l'autel ne présente d'autre intérêt que de venir de l'église détruite de Bouttemont.
La chapelle longne qui forme, poor ?in<d dire, le lias-côté do sud , a conservé sa jolie voûte ogivale en merrain avec dessins au poncis. Au sous-faîte sont attachés des blasons qui avaient étÀ coloriés. Sur l'un on distingue parfaitement un orle de merlettesde sable sur champ d'argent. Un autre porte le chiffre IHS. Son autel ne date que du dernier siècle ; sur le tableau est la date 1?26 et la s)gnato)*e PUlemens à l'ofi d^ ses coins. A l'autre , sont deux blasons curioux ! ils in^ diquent que les donateurs furent rni mefilbre|d0 ta' famille Le Bas, originaire de Lisieux , et sa femme. Cette famille; qui a rempli de hautes chairs do finance dans l'élection de
Canton de lisieux, 1'*. section. 29
Lisicuz, a possédé des biens à Faaguernoo ; elle s'est éteinte dans la famille de Piperey.
La chapelle pentagonale est également voûtée en merrain. Elle n*a qu'une seule ferme apparente du côté de son ouverture sur la net Cette forme de charpente est d'une exécution parfaite et d'une rare élégance; l'entrait, orné de torsades et d'imbrications avec rageurs vigoureusement sculptés à chacune de ses extrémités, est soulagé à son milieu, au-dessous du poinçon, par un pilier de bois octogone, parfaitement équarri, et dont la partie supérieure est toute couverte d'imbrications (Y. la page suivante). Au*dessous, est une bande d'écussons sculptés en relief, qui sont ceux des anciens seigneurs do Fauguemon , à qui on doit l'érection de cette chapelle.
Un autel en pierre, dans le style du dernier siècle, occupe le fond de la chapelle ; dans le mur oriental est une petite piscine.
En avant du chœur sont deux petits autels : sur l'un se voit une statue de pierre dont le socle est orné d'un blason autrefois colorié ; en dépit de l'épais badigeon blanc dont on a jugé à propos de le couvrir, il a été possible de constater qu'il était d'azur à trois croissants d'argent : c'est évidemment celui du donateur de la statue.
La nef est aussi voûtée en merrain avec charpente apparente. Les poutres ont été 'revêtues d'une décoration polychrome vers la fin du XVII*. siècle ou au XVIIP. L'entrait est rouge, avec des arabesques jaunes. Sur la base du poinçon sont figurées les mêmes pièces héraldiques que sur le poteau de la chapelle pentagonale : trois croissants d'argent, 2 et 1. Le fût, jusqu'à ,1a voûte, est orné d'un semé de fleurs de lis et de croissants alternant
Dans le mur du nord se trouve une petite piscine ogivale, du XY*. siècle. Une autre piscine , en accolade , se remarque au bas de l'église. Cette disposition, que Ton rencontre quelquefois, a besoin d'être expliquée.
^ouot «tt>U
CANTON DE LISIËUX, 1'*. SECTJON. 31
Les fonts baptismaux » qui datent du XV*. siècle, sont une cuve de pierre octogone, ornée de quelques feuilles de ?igne sculptées à la partie supérieure.
Dans la pauvreté du mobilier , il ne but pas oublier de signaler deux statues de Vierge, d'une bonne exécution el d*une époque déjà ancienne.
U y a deux ou trois ans, Tun des desservants de Fangoeraon a vendu à vil prix, à un brocanteur, des fragments d'un rétaUe à personnages, d'un grand intérêt, que Ton avait découverts dans la poussière , sous l'un des petits autels. Ces sculptures dataient du XVI*. siècle ; l'exécution en était remarquable. Tous les personnages avaient été miniatures, et leurs costumes pittoresques rappelaient les travaux du même genre des Flandres^ et de l'Allemagne. U y avait 4 groupes qui représentaient, comme toujours, les scènes de la Passion* Leur disposition permettait de comprendre qu'ils avaient été superposés en deux étages : le premier ne comprenait pas moins de dix personnages, divisés en trois groupes. Son sujet était le Sauveur, accablé sous le poids de la croix. Le bloc suivant , qui avait rempli le centre du rétable , montrait le Christ en croix, insulté par les soldats ; cinq des personnages étaient à cheval , deux autres à pied. La partie inférieure représenuit deux sujets destinés à faire contraste : d'un côté, les disciples du CruciGé avec les saintes femmes dans la douleur ; de l'autre , les soldats jouant aux dés pour gagner la robe du Christ.
Les deux autres fragments représentaient la, Descente de la croix et l'Ensevelissement. Dans chacun figuraient sept personnages de haut-relief.
La cloche est moderne et de nul intérêt (i).
(4) CeUe notice a été rédigée sur les notes que j'avais prises en 1855 et 1858. L'état de celte église s*est singulièrement modifié depuis. En
56 STATISTIQUE MONUMENTALE Dti CALVADOS.
La croix do cimetière date du X?II«. siècle.
Le iùi cottsiste en une colonne avec chapiteau corinthien.
L'if, accompagnement ordinaire des églises de ce pays, lAesmre 13 pieds de citvx^tiférebce à h partie moyenne du ttone. Il est à Tangle nord-ouest du cimetière.
L'église de Faugucrnon faisait partie du doyenné de Tbu^ <|ties. Le patronage était hlqoe. Le ooré avait la tieree-gerbe des Ames. Au civil, la paroisse faisait partie de rélectioii de Lisieux, sergenterie de Moyanx. On y comptait) ao XVIII*. siècle, 05 feur, c'est-à-dire environ 4S0 babiiants. On en compte makitenant, d'après le dernier recensement, 377 senlemont
Favguernon possède les raines d'un château-fort, composé de deut enceintes; la première avait des fossés peucomldéraMes On y vok des bâtiments en bois , qui paraissent dater du XVP. siècle, et on colombier octogone.
L'enceinte principale, qui parait avoir été à peu près carrée , était défendue par des fossés d'one bien grande pro- Amdeur ; car leur creux est encore considérable , malgré uni d'années d'abandon.
la rfevojraot avec M. Bouet , qui a fiiit les dessiiu qu*on vient de Toir, nom avons constaté qu« M, Blin, le desservant, qui s*est débarrassé des bas-neliefe dont on vient de lire le détail , et qui occupe encore la cure, ne s'était point arrêté dans la^voie qu'il avait choisie. Tout est bouleversé. On chercherait en vain maintenant les statues que nous avons mentionnées, le curieux tableau de la famille Le Bas : tout a dispani; pas une seule pièce de mobilier ne se retrouve dans Téglise. Les ftNits baptismaux sont jetés au pied de la ba&e du presbytèie : cm les a remplacés par une cuvette sans style, placée au midi, contrairement aux prescriptions liturgiques. Taurais peut-être dQ cliai^er la rédaction de mes notes , mais j*ai pensé qu'en décrivant les choses telles qu'elles se trouvaient quand j'en ai été impressionné, on pourrait reconstituer plus Atcilement l'intérieur de cette malheureuse église.
{NoteJeMf Ch, Vatieur.)
CANTON DE LlSIEUX « l'*. SECTION, S3
Le doujoa, de forme carrée , occapait à peu près la moitié
de la ligne septentrioQak; Il était bâii tout entier ea pieriiet
de petit appareil « ou plutôt en silex taiUé. Deux
saillants formaient avant-corps, ducôlé du fossé. Des amoroet de Toûie plein-cintre se remarquent encore au res-de* chaussée. Vers Tintcrieur de l'enceinte, on voit des rainures pour la herse ; au premier étage, les angles sont encore garnis de colonncties cylindriqaes avec chapiteaux romans, qui servaient, sans doute, à recevoir les retombées des voûtes des salles hautes. Le rez-de-chaussée, qui était occupé par h grande porte, offrait, sous ce rapport, quelque ressemblance avec celui du château de la Pommeraye et celui du Plessis* Grimoult , figurés précédemment dans les tomes II et III de la Statistique monumentale ; mais on y remarque des coulisses ou rainures pour recevoir des herses, ce qu'on ne. trouve pas daus les deux tours précédentes.
A l'angle nord-ouest du donjon , du côté de la cour imérieure, est accolée une tourelle circulaire renfennant un escalier en pierre , qui n*est éclairé que par d'étroites ouvertures en forme de meurtrières.
M STATISTIQUE ttO?KC MENTALE M (:ALVA|M)S.
A l'attira extfémMé de celte ligne septenirionaie, est one loor ejreolaire qui « subi dei retouches à diverses époques , ■nîs dme ridtériear de laquelle se voit une salle veûtée em cul-de-four. L*eDtrée est garnie d'un simple tore , c*est un arc surbaissé qui peut remonter au XIII*. siècle. Des nieur* trières , forteaient ébrasées à l'intérifur, éclaireot seules cette salle obscure, au centre de laquelle s^onvre une margelle circulaire, unique entrée d'un caveau souterraiB , voûté d*après le système de la salle supérieure. On lui donne pompeusement le nma SoubiietUs; maie il sert actueUemeat au fermier pour léger ses léguoies pendant Thiven
Toutes les ttorailles du pourtour de TeAcelnte sont ré* duites k fa hauteur d'un simple mur de clôture, de sorte qu'il ne reste plus rien «les édifices qui devaient s'y trouver ada<isés. Il faudrait fouiller le sol pour en retrouver le plan el en constater l'imporunce. On voit encore pourtant , dans la ligne qai est parallèle au chemin, c'est-à-dire vers l'orient, une salle basse, souterraine , voûtée en berceau , à laquelle oi» accédait autrefois de la cour intérieure , ou plutOt de l'un des bftlimenu, par un escalier en pierre d'une seule volée droite, dont on retrouve en place les derniers degrés. Le reste est envahi par les décombrea Cette salle sert de vestibule à une «ave eu souterrain, divisé, suivant l'usage constant du moyen- Ige , en une série de cellules disposées symétriqucmcm sur chacun des flancs. Il y en a trois de cliaqne côté ; une septième forme le fond du couloir.
.Ce dilleau a eu un passé historique. Au XIK siècle, il fut pris par Geoffroy d'Anjou , après trois mois de siège et rasé. Bien que plusieurs de ses murs accusent encore cette époque, sans mébnge de style postérieur, il cbt cependant imponuble de supposer qu'il n'ait point été relevé dans hi suite. D'ailleurs» il était encore en état de défense en 4&49; les troupes du roi Charles VU, venant dePonl-Audemer, s'en
CAMtON DE IJSIECX » i'\ SECTtON. S5
emparèreol, et c'est de II qu'elles vinrent, le 16 août , asseoir leor camp devant Lîsieux. D'après diverses données historiques , il paraîtrait qae ce fut seulement sous le règne d'Henri IV qu'il fut définiiivement démantelé. Suivant une sentence du bailli de Fauguernon , datée do 7 mars 1591 , ks pieds de la vicomte se tenaient dans ce temps à Lisieuit par raison des troubles de guerres estant en ce pays.
La vicomte ou baroonîe de Fauguernon était un des grands fiefs do duché de Normandie. Elle se composait de huit fiefs de haubert» dont plusieurs avaient eux-mêmes des forteresses importantes. Elle s'étendait sur le Pin, Norolles, St-Philbert-des-Champs et autres paroisses environnantes.
Les vicomtes de Fauguernon avaient séance à l'Échiquier.
La famHIe que Ton trouve le plus ancienuemcnt en possession de cette terre est celle des fiertran de Bricquebec ; et comme ils remontent par filiation suivie jusiiu'au temps de Rollon, il est probable que leur auteur l'avait obtenu^ dans le paruge qui suivit ta conquête de la Normandie.
Il ne peut entrer dans le cadre de ce travail de donner les noms de tous ceux des membres de cette famille qui furent seigneurs de Fauguernon : il suffira de nommer les principaux : Robert I''. suivit à la Clroisade le duc de Normandie ; il portait d'of* au Lion tert rampant, ongle et couronné d'argent avec toi baston de gueules, pour brisure; car ce n'était qu'un cadet do la branche de Bricquebec. Ceci est extrait do catalogue publié par Gabriel Dumoulin ! la snite de son Histoire.
Son fils, Robert II, avait pris parti pour Eustache , comte de Eoalogne, contre le duc d'Anjou : ce qui amena la desirvc&ioo de son château cnllS7. Il fut tué lui-même Tannée suivante en défendant, sans doute, toujours la même cause. Il avait épousé la fille d'Etienne , comte d'Aumalc, dont il eut un fils nommé encore Robert.
S6 STATISTIQUE SlONUSlËNtALE DU CALVADOS.
Celui-ci vît aussi une iovasioD étrangère ravager la Normandie; mais , instruit par rexpérience de son prédécesseur, il ne chercha point à résister et put ainsi conserver ses terres qui furent érigées en baronnie par le conquérant, Philippe-* Auguste. Son alliance avec la ûlle ainée de Jourdain Tesson ne fit qu'augmenter son importance. Son petit-fils, Robert V, vicomte de Ronchevilie , seigneur d'Honfleur et de Fauguernon , fut nommé connétable de Normandie. Cette charge était restée jusqu'alors dans la famille du HommeL II eut pour femme Alix de Tancarville, fille de Monsieur Guillaume^ sire de Tancar^iï^e et d'Alissande de MeuUent I^e traité de mariage , daté de Tan 1245, stipule une dot considérable. Alix était héritière de sa mère et devenait dame des terres de Sahurs , Croiset et Bapaulme , près Rouen , Feuguerolles, Ifs, Alemaigne, Placy, Savenay , le Mesnil- Patry, Estrcham, près Caen (1).
Les deux fils de Robert Y se partagèrent ses possessions, et c'est au second, nommé Guillaume, qu'échut Faugucmon avec les fiefs de sa mère.
I^ génération suivante fut la derniéix?.
La terre de Fauguernon passa alors à une famille étrangère, mais une confusion inextricable règue dans les différentes généalogies, qu'il est impossible de faire concorder. Disons seulement que l'on trouve en même temps qualifiés vicomtes de Fauguernon : les Painel , les Garencièrcs , les Fresncl et Robert VH. Bertran, maréchal de France , était neveu du dernier possesseur mâle de cette même famille. Ces seigneurs vivaient au commencement du XIV^ siècle.
En l/i63, Montfaut, faisant sa recherche de la noblesse en Normandie, trauva à Fauguernon messire Jehan de Monlenay, chevalier, baron de Carencières, seigneur de Bérangevilie, de
(1) V. de ï a Roque, UUtoire dt la maison H'H.irc »wrf.
CANTON DE LISIEUX, l'*. SECTION. 31
Nully eo Gastînoys et vicomte de Faoguernon , qui , six ans plus tard , en i&69 , se présentait aux moutres de la noblesse du bailliage d'Évrcax «en ahillementde homme d'armes, accompagnié d'un autre bommed*armes,neuf archiers et quatre vougiés..., tous suffisamment montez et armez. » (Monstres de la noblesse du bailliage d'ÉvreujB en 1&69 , publiées par M31. Bonuin et Chassant, p. 10. )
Un acte original des Archives de T Hospice de Lisieux , du iO mars 1693, parle de noble et puissant seigneur Christophe deCerisay, seigneur de Villy et baron de La Haye-du-Puits, vicomte de Fauguernon , conseiller et chambellan du roi et sou bailli en Coteniin. Comment était-il devenu seigneur de Fauguenion? C'est ce que je n'ai pu découvrir. De sa femme, nommée iMarie de Maynevillc , Christophe de Cerisay ne put avoir qu'une fille , appelée aussi Marie , qui épousa Gaston de Brezé , quatrième fib de Jacques , comte de Maulevricr ^ maréchal et grand sénéchal de Normandie , et de Charlotte , bâtarde de France, fille de Cliarles YII et d'Agnès Sorel.
Gaston de Brezé joignit donc Fauguernon aux fiefs nom*breux qu'il possédait déjà.
Marie de Cerisay survécut à son époux, et elle vivait encore en 1537, suivant un acte du 20 septembre de cette année où l'on voit qu'elle possédait aussi le château do Pin , dont il va bientôt être question.
Elle comparut devant les élus de Lisieux , faisant recherche de la noblesse en 15/i0. Elle produisit une généalogie pour elle et ses'enfants soubz-âage , mais elte ne put la justifier , parce que « les lettres, chartes, etc. , concernant leur noblesse étaient demeurées aux mains^e défunt M^ l^uis de Brezé, sénéchal et gouverneur de Normandie , frère aine de son mari »
Ces enfants sous-âge étaient Louis de Brezé , devenu grand-aumônier de France et évêque de Meaux , puis deux
filles, Catherine et Françoise. La première épousa Nicolas de Dreoz, vidame et baron d'£sneval ; la seconde eut pour mari Gilles Le Roy, seigneur du Gliillon.
Louis de Brezé obtint en partage ks terres de sa mère. Dans un acte du 7 mai 1571, on le voit qualifié de : « Rêvé* rend Père en Dieu messire Louis de Brczey, evesque de Meaux, abbé des abbayes de St *Pbaron et Ygny , seigneur et baron de la Ilays-du-Puis, ckasteUain et pùeame de Fouguernan^ sieur du Chasteau du Pin et du Bols-Ravenot, etc. , etc. »
Ses sœurs n'eurent point part à son héritage , qui revint nous ne savons comment , à son cousin , ai, de Saîm-Ger^ main Fangwrnon, qui tint le parti du duc de Bouillon pendant les guerres de religion (1).
Ensuite , Fauguernon se retrouve entre les mains de Loub de Brezé , le mari de Diane de Poitiers , ou plutôt entre les mains de Tune de ses filles, Françoise de Brezé, qui avait épousé Robert lY de La Marck , duc de Bouillon , comte de I^ Marck, prince de Sedan, marécliai de France, gouverneur et lieutenant-général pour le roi en Normandie. Un acte original des Hospices de Lisleux , en date de 1617, fait mention de « hault et puissant seigneur messire Louis de La Mark « marquis de Maulny , vicomte de Fauguernon , seigneur de Marigny et de Nogent-le-Roy, conseiller du Roy en ses (Conseils d'Ëstat et privé, premier escoyer de la Royne. »
Dans la seconde moitié du XVfl*. siècle, Fauguernon éuiit passé aux Le Conte de Nonant de Pierrecourt , qui le possédèrent jusqu'à la Révolution et le possèdent encore maintenant
Afin que l'on puisse reconnaître auxquelles des diiïérentes
(S) Cëtait un des enraiits de Gilles de Saint-Germain , baron d'Àsnebec , qui avoil épousé la Slle de Jacques de Brezé , grand-père de réTéqHe de Meuux.
bmîHes, qui ont saccessiveinent possédé h terre de Faaguemon, peavent appartenir les blasons qui ool été dessinés on décrits , ¥oiri les armoiries que les généalogistes attribuent à cliacnne d'elles :
Bertrand. — D'or au lion de sinople armé , lampassé et couronné d'ai^eut
Painel, — D'or à deux fasces d'azur , accompagnées d'un orle de 8 merleCtei de gueules.
De Mcmenay, — D*or aux deux fasces d'azur , accompagnées d'un orle de 8 coquilles de gueules.
Fresnei de la Ferté Fresnel. —D'or k l'aigle éployée de gueules.
Ar Memmtf, — D'aq^eot au croissant de gueules.
De $r€9i» — D*asur à 8 croiMtes d'or posées en orle autour Swk écusson aussi d'or, orlé d'«ur et l'azur rempli d*ai^geat.
De B0ÊnUaii. ^ De gueules & b fasoe 4*argent
Le Cmue de Nonani, — D'azur au cbeTron d'argent, ac* compayaé en pointe de 3 besants d*or mal ordoimés.
Uatdm, — Rien ne oianque pour attirer le touriste i Faogotffpp.. lA sauvagerie de son site ménage à chaque pas des iiuiypli» fuî feraient les délices des pdntres de paysage et ausiî ifÊ nNasQCim. C'est ainsi qu'en revenant de notre eianàm^ h «t fMrt d'heure de trajet environ du château et de Té^fkm, PM» avons découvert un moulin du Xll\ siècle. C'est mie «Ime assez rare pour figurer dans la Siatistique ; M. Bo«e| f^f9t empressé d'en faire un croquis. Mais ce qu'il n'a pn rop^rc. malgré son talent , c'est fimpression qu'il a épsouvie, oupme moi , en s'avançant dans les hautes herbes jusqu'au pied de cet édifice abandonné , perché sur l'eacarpenienl d'un ravin profond dont les bords, garnis d'une foret vierge de la pfa» riche végétation , nous empochaient
VLB Di; KOlUff DE FAVGLERNOX*
de voir le fond , où noas entendions gronder les eani du lorrenl, entravées sans doute par un barrage. Ce moulin banal, accessoire indispensable de la baronnie, paraît avoir été abandonné seulement au commencement de ce siècle. Quelqdes>unes des reprises qu'il a subies accusent le règne de IxHiis XY.
HEnMIVAL (!}.
Rcrmival, HennevalUs, liermevai^ Htnnhallis, Sans vouloir attacher trop d'importance au nom d'Hcrmival, et sans en chercher réiymologîc f!ans Hermès Vallis , le val de Mercui-c , on ne peut douter cependant que cette localité n'ait existé, n*ait même en quelque importance à Tépoque romaine. Placée sur la grande voie qui allait de Ndomnagus à BreDÎodurwn , entre la vallée et la plaine, elle était parfaitement située pour faire une station. Aussi tes Romains y ont-ils laissé des traces de leur passage. Au commencement du XVIl^. siècle, on trouva, en faisant des terrassements, une statue h trois faces que Ton supposa être de Jupiter, de Vénus et de Mercure. Plus lard, en janvier 1785, on y découvrit encore des sépultures anciennes d'où Ton tira une longue lame d'épée d*un pouce de lar^c , un sabre large de deux pouces et long de vingt-deux. Dans les premiers jours de mars 1857, une nouvelle découverte de sépultures fut encore due au hasard. C'est sur le penchant d'un étroit vallon, ou plutôt d'une gorge fort resserrée, au fond de laquelle conle un petit ruisseau nommé le Drouct-Crocq , au hameau de la Prinserie, qpe cette trouvaille a été faite. Déj^, Tannée précédente, en voulant adoucir la pente trop abrupte du coteab , on avait rencontré cinq squelettes , enfouis sans
(f ) Noies de M. Cli. V»sseur.
A2 STATI&TIQU^ MONUVBNTALE M CALVADOS.
ordre H wps tiwïe 4e cercueils, dans des fosses creusées date la marne, recouverts seulement d*one i^ère couche de terre.
Aucun objet qui p6| bire connaître r^fMiqHe de ces in- JittHiations ne fut découvert , si l'on en croit le propriétaire^ Ou trouva seulement , eu oontiniiani les terrassements, une masse de fer iiifoniic que je suis porté à n*garder comme le fond d'un luorticr.
C'est à vingt-cinq pas seulement plus loin qu'eut lieu la dernière découverte. Cette fois , si l'on s*en rapporte aux ouvriers, ie nombre des squelettes s'élève à une €touzaine, voire même une vingtaine. Le premier chiffre est le plus vraisemblable. II n'y avait eu aucun ordre observé dans ledépûtdes cadavres : ils étaient groupés |)ar cinq ou six , regardant indifféremment le couchant ou le nord. Ils étaient posés, comme les autres , sur la roche calcaire , sous un pied de terre tout au plus. Tous les ossements avaient disparu quand Je bruit de celte découverte nous conduisit sur les lieux. Quelques crânes , qui avaient été oubliés , purent seuls être examinés par le docteur Billoii ; l'un d'eux lui parut appartenir à un très-jeune homme ou à une femme ; les autres indiquaient des hommes forts el faits. On trouva avec ces corps quelques objets qui furent acquis par M. Pannier, et qui permettent de faire remonter cette inhumation à la période franque : ce sont un scramasaxe de 18 pouces de long, avec la rainure au contre de la lame; un fragment de style à écrire, et enfm deux belles agrafes étamécs, l'une ronde, l'autre de forme allongée.
L'église et le château se groupent assez bien ensemble à^ gauche de la route qui a emprunté , dans plusieurs de ses parties, l'ancienne voie romaine (V. la page suivante). L'église remonte à l'époque romane, et aucune des parties essentielles n'est. postérieure à la fin du XII K siècle. Son plan ne comprend qu*un chœur et une nef, d'une longueur
CAKrOiN OK IISIIVIL, V\ blÇTiOK. k%
totale, en œavre, de 70 pieds. Le chœur fait retraite sar la uef, SDivant l'usage. Le pignon occidental regarde la route. Ses murs sont composés d*un blocage irrégolicr, en partie recrépi ; il est soutenu par deux contreforts en pierre de taille peu saillants , qui nous ont paru dater des premières années du XIIP. siècle ; le blocage est plus ancien. Dans le pignon avait été primilivcmcnt pratiquée une fenêtre cintrée, de grandeur moyenne sans moulures, avec un simple chanfrein ; elle est maintenant bouchée. La porle , nu-dessus de laquelle on voyait les attaches d'un porche en bois, était cintrée, garnie de moulures qui indiquaient la fm du XVI-. siècle. On Ta détruite en 1858, et remplacée par une ouverture soi-disant ogivale dont nous n'avons rien à dire ; elle a été bâtie par Tagent-voyer du caniQn.
Le clocher qui surmonte ce portail est une pyramide carrée eu charpente , recouverte d*esscnte.
Les mui^ latéraux sont irrégulièrement percés. Celui du nonl, recrépi en grande partie , est soutenu par quatre contreforts qui datent du XIII*. siècle , comme ceux du portail ; il a trois ouvertures, une dans chaque travée. Les deux premières sont romanes, c'est-à-dire étroites et cintrées. L'autre a l'apparence du XVI*. siècle.; au-dessous, se voient les traces d'une petite porte cintrée , à claveaux réguliers extradossés à peu près cubiques , qui nous a paru dater aussi de lepoque romane.
Les deux fenêtres du mur méridional ne sont point pri-
CANTON DE LISIELX , l'*. SECTION. /l5
Diilîves : Tune est moderne ; Tautre parait du XVI*. siècle , comme sa correspondante. La maçonnerie n*est pas moins ancienne que celle du mur latéral da nord ; elle est de même en blocage. On y trouve, vers l'ouest, la trace de la grande porte primitive, qui fut bouchée probablement au XVI*. siècle. Les deux premiers contreforts sont du XVI*. siècle ; le dernier est bâti en travertin et appartient certainement à la construction originaire.
Le chœur est régulièrement partagé en deux travées , comme on le voit par le plan. Les contreforts paraissent du XIII*. siècle ; les murs , toujours en blocage , doivent être romans; los ouvertures sont à peu près symétriques, mais dVjXMjues difTéreutcs. Au nord , on trouve deux fenêtres cintrées, romanes, plus larges que celles de la nef, et une
charmante petite porto. Au, miili , la porte est romane ; au*
<^6 STATISTIQUE IfOKUMKNTAU l)t CAtVADOS.
dessus s*oavrent deux baies cintrées romanes. U dcniière feii^re est ane grande ogive à chanfreins , sabdiyisée par on tnenean, en denx lancettes irrégaiièremem trilobces, avec nn qoatre-feoillcs dans le tympan. Dads le chevei était percée dne grande fenêtre cintrée, qui s'est trouvée boocbée par soite de rétablissement d*on haot retable et de la sa* cristie. Il est impossible d*en indiqoer Tépoqne.
Les tniles faîtières du chœur sont ornées d'une série de boules dont les contours forment une dentelure.
Intérieur, ^ Il n*y a point d*arcade entre le chœur et la nef. Les voûtes sont ogivales , en merrain , avec charpentes apparentes. Des corbeaux de pierre existent sons les sablières pour les supporter et décharger les murs. Le sousfaîte est orné de rosaces à companimenis gothiques découpés à jour.
Le maître-autel est composé de fragments divers. Le tombeau est celui de Tancien autel ; le retable et le tabernacle proviennent de Téglise des Vaux. Il n*y a rien à en citer que la provenance. Deux statues en pierre , un saint évêqoe en costume du moyen-âge, sans doute saiut Germain , patron de la paroisse, et un saint Antoine accompagnent cet autel.
Les deux petits autels de la nef datent du r^gne de Louis XIV. Ils sont à colonnes torses avec enroulements de ceps de vigne; au centre sont des tableaux. La frise de l'entablement portait des écussons armoriés , probablement ceux des donateurs. On les a bûches avec soin. Sur cdni du nord, cependant, paraît encore un lion rampant sur an champ d'hermine.
Du Bosc, sieur d'HermiTal portait : a*hermine ûu lion de sable couronné d*or (La Ciiesnaye des Bois).
Deux dalles tumulaires se voient dans le pavage du chœur; f une d'elles est totalement effacée, elle recouvre les restes de
CANTON iifi LISIEIX, 1", SCCTIOS. 4?
AL de Ganard, coréde cette paroisse, mort en 1781 ; Fautre porte le fragment d'iBScripiioo suivaoC :
■ic PACB {Jacet)
ARTOIH'Jfl LAL'GMIS
■rjt'S {eceteêiœ) ■bctoi ( Anno œtotU) mjm 38*
{di§), . . StPTBMB.
(AR DHKcxiTn ) ( i4if. D. Al. DCC. XXVII.)
MtQUIBCAT IN PACB.
La cloche date du WlIP. siècle ; en toid riiMcription :
t LAR 1785 lAI ItB BSN18 PAR U^ IffAR BAPTinS NICOLLB CORX D^HBR- MITAL BT HOMMCE GAIRIBLLR PAR miBIRB IBAR
g^^- 0ABRIR(/) DOISNBL Ca*' m' HADT njSTICIB(r) RBtPAfl!<l(tf) CRIVAU LRfiB DB LA CARM M ROT CR" DR LORMB DU ROT RT PAR «ORLR DAH(«) M* RUSABBT HARGUBRITR lOLIB DRSCRAMP» RPOOSR M MR9MRR PRARÇO» RTIBRNR DOIRRL BCDIER IC** BT PATRON DIlRRHIfAL
TAL RBBBRT S* LACHANT W RlSSOlf ANCIBN''CMRf AIT LBeB{r) DR f.A OIRDR Di' ROT. IBAN MARSBL TRKSORIBR. IRAN CONART PRCIT.
I^ beffroi d*llermival a encore donné asile & la doche de Téglise des Vaux, & peu près contemporaine de la précédente ; mais noQS en avons résené Tinscription pour l'article consacré i cette paroisse.
La paroisse d*Hcrmifal dépendait do doyenné de Moyaox, comme au civil de la sergcoterie de ce bourg, électioo de Lisicux. On y comptait « au XVIir. siède, 170 fe«x, soit environ 600 babîtanis. £He n'en a plus que 637 , malgré la réanion des Vaux. La cure était divisée en deux portions , tontes deux à la nomination de seigneurs laiques. Les pouilléi du XIY*. siècle portent, pour la première portion, Jean de Brionne ^ et pour la seconde , Godefiroy Patri. Les pouîUés
48 STATlStltlUE MONUMIiNTALK DU CALVADOS.
postérieurs iodiqueut simplemeut, |)our Tune comme pour Tautre, le seigueur du lieu {dominus loci).
Le château, tout voisin de l'église , comme on Fa déj4 dit, est bâti sur un plan régulier. Le dessin ci-joint fait voir la
CaATBAC VUtMWVràU
partie la plus mouvementée. C'est un gros pavillon destiné à contenir le grand escalier, et aux angles de la façade un autre pavillon carré faisant avant-corps. Les murs sont en échiquier plus ou moins régulier , de briques rouges et de pierre , ou, dans certaines parties , en chaînage. Une corniche à mâchicoulis court sous les combles. Je crois pouvoir Gxcr comme date le milieu du XVI*. siècle.
CAMtON DE LlSiEOX. 1**. SECttOtU &ft
La fiiçade, tout es pierre de ttille, a M nCûla aoQs Louis XY.
Qoaod j'eo ai Tiaité l*iotérieor ea 1856 » quelques apparie* meols avaient consenré des vestiges de lear déooralion prîmilive. Ou voyait des traces, bien frustes» de peintures ttia* raies, dont les sujets étaient devenus impossibles à déterminer. A deux petites fenêtres étaient des restes de vitraux peints, de la dernière époque , représentant un vase de fleurs et un oiseau*
Sur les deux pignons se dressent deux beaux épis de terre émaiHée, dont les motifs se retrouvent ordinairement sur les productioBs de la même époque.
Deux cours d*eau latéraux longent le château en Pisoiant des terres environnantes, mais en réservant devant la façade une vaste esplanade , maintenant transformée en jardin. Le pont était iermé par une belle grille en fer forgé , avec iMes emboutées, datant du règne de Louis XY.
Moatfiut ne parle pas du seigneur d'Hermlval dans sa Recherche. La montre de la noblesse du bailliage d^Évreux , faite six ans plus tard , nous en fait présumer le motif en inscrivant Robert PougMuU , seigneur de Hermieiwat, de^ moÊonmià Romen.
La recbercbe des élus de Usieux , de !5&0 , ne bit connaître aucun seigneur d'HermivaL Des trois gentibbcmmies qui résidaient alors dans la paroisse, Tun, Antoine d'Escaille, est qualifié seigneur de La Motte ; les deux autres, Richard de L*Ame et Jean Paool , n'ont point de titres.
La Motte est une maison sans intérêt, située à quelques centaines de pas seulement do hameau de la Prinserie.
An XYIP. siècle, le château d'Hermival a appartenu à la famille du Bosdi, bmille de robe , qui cependant a donné pluaienn chevaliers à l'Ordre de Malte. Il ne Ciot point la confondre avec du Bosc de Radepont : leurs armes sont toutà-frit différentes. k
50 STATIStIQUB MONimENtALB DO CALVADOS.
La Roque , daos son Histoire de la maison itHareourt , parle de Jean du Bosch , seigneur d*Hermivai et de Firfol » qui époQsa, yen 1600, Marie d*OinviUe, dont sortit « noUe bomme mearire maistre François du Bosch, seigneur de Hernii?al, conseiller du Roy en sa Cour des Aydes, qui se maria avec damoiselle Anne de Moges. »
J'ai urouvé dans des titres originaux, mais sans pouToir en établir la filiation : noble homuie Hervey du Bosch , auquel succéda dans la possession de la terre d'Hermi?al François du Bosch , chevalier , seigneur et patron d*IIerrainai, St-Laurent*du-Buis8on , Valhébcrt, les Septvoies, etc., suivant un aveu de 1691. Il avait pour femme Françoise de Parey » qui figure comme sa veuve dans V Armoriai de d'Hoaùer.
• L'inscription de la cloche, de la fin du XVIIP. siècle, montre que le seigneur d'Hermival était M. DoisneL C'est maintenant M. de Boctey qui possède le château.
La famille de Boctey n'était point , du reste , éurangère à Hermival : une de ses branches possédait, au commencement do XYII*. siècle, le fief de St.-Laurent-du-Buisson, dont nous allons parler. Il est situé à l'extrémité de la paroisse tendant vers OuilIie-du-HouUey. Le paysage qui renvîronne se compose de mamelons boisés entourant un vallon étroit et sinueux» d'une sauvagerie peu commune. Il est situé sur l'une des pentes les plus abruptes. Comme on en peut juger par le croquis ci-joint (V. la page suivante), le manoir de St- Laurent est une construction assez vaste et très-mouvementée, bien qu'elle ne puisse pas remonter au-delà du XYIP. siècle.
Au sud se trouve un petit bâtiment sans apparence, c'est la chapelle ; elle était un bénéfice à la nomination do seigneur. Gqostmite en moëlion, sans contreforts ni détails caractéristiques, défigurée par suite de sa destination actuelle i il est
CANTON DE U8UUX , 1". SECTK>M<
52 STATtSTIQtJE JlOKUMtNTAU DD CAttAOOS.
difficUe de dire à qucUe épOqne dlê peut remonter. Elle esl orientée. Il est présumaUe qu'elle date da XVK alècle , k en juger par deux éUrdlM oofertures qu'elle a consenréee «o chevet et au midi.
La charpenW Bit àMe* légère et recourbée en carène ; mai* les douvettes ottt disparu.
Outre ce Bef «Ile éhâteau, il y avait encore d'autres lerrts seigneuriales sur ttt territoire de la paroisse d'Hennlval ; nous avons déjà cit* Il MttUe , on peut nomn»er , en outre, les Septvoies. U Vltt«l»rt , bien que assis à CormeiUes. Ciniclon, la baronllh d'Ouillie. y avaient aussi des exteniloBS.
tn VAUX (I).
Les Vaufc, HtlMià de VtUlilms.
L'église de» 1f»tt» «ait située dans une gorge formée par deux coteaUk trts-rapprochés, dans un endos asset régulier, de cent pas «ivlwn en carré, qui formait une enclave an miUeu de l'awstett domaine seigneurial. EUe a été rasée , et une pépinière M occupe te place. Elle éuit dédiée à Notre- Dame. Le patronage appartenait au Chapitre de Lisieux , par donation de l'étèque GuUtenmc de Rupierre, de l'an 1191. L'évéqu* l'avait obtenu, en 1178, de Robert, vicomte de Usieux. qui îttt , Je P«»8e , la souche de te maison Le Vicomte.
AU XVUïn alède. les Vaux faisaient parUe de l'élecUon et district de LWftox On n'y comptait que 3ft feux.
C'était le titre d'une des prébendes du Chai^tre de Liricux.
De l'anden manoir il ne rt«e qu'un paviUoo carré, autrefois entouré de fossés pleins d'eau . auquel se trouve adossé un bamment d'exploitation rurale sans importance. Ce pavillon
(4)Not«delI. Ch. Vusscur.
CANfON DE LISIEUI^ t»*. aECTKIII* SS
date in oommeiiceaMnt da XVII*. rièck. Il est coDftniit en briqoes , arec chatnes de pierre à refends aux aaglea. Le rez-deH;haDSs£e est percé d'une porte et le premier étage d'ane seule fenêtre , du oOté de la façade. Le eomMe est échiré par une Incarne en pierre avec fronton, il a pour eoo-' ronnement deux épis en terre émaillée de pen d'élévatiort , mais dont les parties esscnlielles sont encore bien conserrées. I^ base est circulaire ; le centre se compose d'un vase dé* conpé à jour ; le couronnement est une colombe supportée par une boule.
Le mur du pavillon opposé à la façade est éclairé par dent fenêtres. Tune au rez-de-chaussée, l'autre au premier étage<
La salle que fonne ce premier étage est encore garnie de son pavage en carreaux émaillés, dont une partie est fort bien conservée. Les carreaux sont ailemalivement rouges et veris*
Le plus ancien des documents qni font mention des seigneurs des Vaux , postérieurement à Robert Le Vicomte , est daté du 28 août 1/^21, pendant l'occupation anglaise. Ce sont des lettres de pardon accordées par le roi à Guillaume de Beaussay, de la paroisse Notre-Dame^es-Vaux, prèsLisleox, lequel esiant en l'hostel de Jean de Bcâttuay, eseufêr, demeuram en la même paraisse, avait tué d'un coup de bâton, à la suite d'une orgie , un nommé Robert Travers , dont il avait épousé la fille ( Mémoires de la Société des Anfftfuairvs de Normandie, t. XXni, p. 228 }.
Le curieux registre de la Charité de Surville fait deux fols mention de Loys de Saint-Pierre, sieur des Vaulx, aux années 1511 et 1513 [ fol. 31 v*. et A8 v". ). Sans avoir la ceHitudt que ce soit bien la localité qui fait le sujet de cet article que Ton trouve ainsi mentionnée, on est fondé à le supposer, puisqu'il ne se trouve pas dans les environs d'anti-e fief de ce nom. La famille de Saint-Pierre parait avoir eu son siège principal dans la paroisse deNoroîles ; elle portait ifatwr au chevron d'or accompagné de trois roses de mime.
5& 8TAT18TIQ0B MORITIIBIITAUS DU CALTAD08«
En I5&0 , ooe aatre bmOle noUe réâdiit à Notre-Damedes-Vaax, la famille de Labbey. Jacques Labbey, sieur de Beaofy » fournit ses preuves devant les élus de Lisieax , avec ses cousins , Jean et Etienne. Beaufy est nn fief sitoé à quel* qnes pas seulement du manoir dont on vient de lire la description, et il s'est trouvé confondu avec lui ^ une époque postérieure.
Avec les documents sur lesquels j*ai pu mettre la main , il est impossible d'établir la transmission de ces deux fieb d'une famille à une autre : je ne puis que mentionner les noms des gentilshommes que j'ai trouvés les avoir possédés» avec les dates des pièces qui les concernent.
Le registre de la Charité de Rocques qui , comme celui de Surviile, renferme les noms de nombreux gentilshommes, nous fait connaître , à h date de 1613 , noble homme Guillaume Desperroys, sieur des Vaux et sa femme. Dans l'irwufrialà& d'Hozier, datant, comme on sait, des dernières années de ce même XYII*. siècle , on voit figurer Marie Mènent, veuve de François Desperroys , écnyer , sieur des Taux, qui porlait d'argent à trois merleiies de sable^ 2 et i.
François Desperroys avait fait ses preuves de noblesse en 1666 et fut classé comme ancien noble. Il avait pour armoiries : d'azur au chevron d'or accompagné de trois croix an^ crées de même, 2 et i, au chef cousu de gueules ^ chargé de irais molettes d'or. Des protocoles d'actes de 17/i8, 1759 , 1764, 1767, 1772, 1778, 1779, nous ont fourni les noms et qualités de « Thomas Bourdon , sieur de Beaufy , seigneur et patron honoraire de la paroisse de Notre- Dame-des-Yaux, conseiller du roi , juge gruyer de l'évesché et comté de Lisieax, baiUy vicomtal dudit lieu et seul juge de police en ladite ville. » On remarquera qu'il ne prend point la qualité d'écuyer. Son fils , ainsi qu'il arrivait presque toujours , repoussa la magistrature pour suivre la carrière des armes : aussi parvintril à conquérir le titre d'écuyer, qui figure à la
CAMTOH DE LISICUX . 1". SECTION. 55
soile de son nom dans rîDScriptioQ de b doche de sa pa* roisse. Elle troavef» mieux ici sa place qne dans l'arlide consacré à HermWal , quoiqu'elle soit , comme nous Tafons dit, dans le clocher de cette paroisse :
f LAJi 1784 HT m Bunn PAm vu pibub antohib pmtui cum m
CBTTB PABOI8BB ROMMBB LOUISE ICLIB PAB M. LOUIS ALBIAMDBB BOimDOM BCUYEB 8IBUB DU POHKBBBT CflBVALIRB DB LOBBBB BOTAL lOUTAIBB BB 8T LOUIS CAPlTAIlfB DB CAVALBB. BT GBBDABWI DB LA BABOB OBD^ KAIBB DO BOT BN ACTITITi DB BBBVICB PATBON HOROBAIBB DB CBTTB PAB0IS8B BT SBICITEUB DB BBAUPT BT PAB ROBLB DAMB VABIB IULIB LAMBBBT POBDBTILLE BP0U8B DB MBSSIBE MABI LOUIS FBANÇOIS XAfIBB LB BOULBBOBB SBI6RBUB DB CBAIMONT PATBOlt HOMOBAIBB DB CAPBLLBS BGCTBB DU BOT.
LE PlM-EN-LlfiUVIlf (1)
Le Pin-en-Lieuvin, EecUsia de Pynu» de Pin.
Cette localité , traversée par la voie antique de Lisieux à Pont-Auderoer, a très-probablement une origine romaine. Dans la campagne» à Test de Téglise , on a trouvé des tuiles à rebords et des substructions. De plus , il existe dans un bois, situé à une demi-lieue de l'ancienne voie romaine , un camp carré qui doit dater aussi de cette même époque ( V. Cours d'amûfuiiés, t II, p. 237 et 323).
L'église ne paraît pas remonter au-delà du XVI*. siècle : tous ses murs sont construits en blocage formé de silex non Uillés, genre de construction dont il est impossible de préciser la date ; mais la plupart des contreforts , qui sont en pierre de taille, portent le cachet de la dernière époque ogivale, ainsi que celles des fenêtres qui n'ont point été mutilées. I^ tour, en avant-corps sur le pignon occidental, accuse
(i) Noies de M. Cb. Vasseur.
parMtenieiic aussi C6 même XYI«. siècle. Elle est carrée , constniite en grand appareil, avec dent contreforts sur chaque
TOUR DB L'éCLISS PC PIN.
côté , mais posés sur les angles. Elle est terminée par une sorte de dôme en ardoise , surmonté d'une lanterne qui date probablement du XVIII*. siècle. Beaucoup de retouches ont été faites alors dans Téglise, car on lit sur les panneaux de la porte d'entrée , sur les fenêtres et ailleurs , les dates 1664, 1770, 1773.
L'intérieur, pas plus que Textérieur, n'arrêtera long-temps l'archéologue. Les voûtes sont en charpente , mais on a enlevé jes entraits de celle du chœur. Les fenêtres , régulari-
CAirrON DE LISIEUX , !'•. SECTION. 57
sées pour Li plapart, oot reçQ des vitraux modernes des fabriques de Paris. Une chapelle seigneuriale communique avec le chœur par un cintre brisé » garni d'un tore qui retombe sur deux colonnes engagées, à chapiteaux toscans. Deux culs-de-lampe dans le chœur, sculptés en pierre et d*un travail du XYi*. siècle, représentent des anges à longues robes flottantes soutenant des écusscns. En les examinant attentivement, j'ai cru reconnaître qu'ils avaient été chargés d'un lion rampant (i). Sous le badigeon, reparaît aussi le contour des blasons d'une litre funèbre où étaient peints des croissants (2).
La chaire est une bonne menuiserie de la fin du règne de Louis XIV. Les autels sont des dernières années du XVIII*. siècle.
La docbe , qui mesure 3 pieds de diamètre inférieur , porte l'inscription qui suit :
t LAJf 1731 lAT tth BUfITE PAS DI8CMTE FERSONNe M** IBAlf PIBBRI FMira »••• CTBB M CBTTB PAHOIMB DV PW, HOMSiB
fflT^^^ MABIB PAB BlSSIftl HAN IMIIOI Uf POTB OnV AUBl »Sl- CUBTR n PATIOM DV pin OV BBAT«0TIT BT AVTBBS LIBVI Bt NOBLE
Q^^Sa^ DAMOttBLLB HABIB ANNB ACBABO DV PAVLQ MON PABBAIR ET ■A BAMaAin. ■** MlOOUS BOTMBL P"* VICAttE BT PBABÇOIS SIMON TIB-
L'if du cimetière mesure environ 8 pieds de circonférence à sa partie moyenne.
Le Pin dépendait de l'élection de Lisieux , sergenterie de Moyaux : on y compUit 203 feux (3). Pour l'administration
(I) Aehanl : éTazur au tion burelé d'argent et de gueutet. (S) Du Fonr : étatur à traU eroUsants d^or et urne étoUê de même m abime (La Galissonnière).
(8) 205 feux équÎTatent à un millier d'habftanls. ^Le dernier rç-
ecclésiastique, elle était comprise dans le doyenné de Moyanx. L'église est sous l'Invocation de Notre-Dame. I^ patronage était laïque.
Au XIY«. siècle , Roland de Yassy était seigneur et patron du Pin (1337-1338-1339). En l/i63, Montfaut n'inscrivit dans sa Recherche qu'un seul gentilhomme demeurant au Pin, c'était Jehan d'Anisy. Six ans plus tard, il comparut aux montres du bailliage d'Évreux , et il est qualifié de seigneur des fiefs Tillars, du Mouslier, de Creully, la Table et Asnières assis au Pin. Il était gendarme de Tordonuance du roi.
A la même montre figurèrent Richard Le Mire, seigneur du fief du chastel du Pin et autres fiefs , puis Perrin des Haies « pour la vavassourerie dudit assise au Pin. •
Dans la Recherche faite par les élus de IJsieux , en 1540 , on trouve Charles d'Anisy , qualifié seigneur dudit lien du Pin. On y voit aussi Marin Le Mire, sieur de La Pinteric. Le chastel du Pin était alors entre les mains d'une autre famille ; car on a vu, dans un acte de 1537, cité k l'article de FÀUGUERNON, que noble dame Marie de Cerisay ajoutait à sa qualité de vicomtesse de Fauguemon, celle de « dame du cbasteau du Pin. »
Ce ckaaei ou ckaateau du Pin est un monument arcfaéblogique intéressant II est situé non loin de l'église. Il a été figuré dans V Abécédaire d^arckéologie et dans VBistaire sommaire de l'architecture au moyen-âge.
Ce château est peu considérable , mais fort curieux ; il offre deux enceintes entourées de fossés. La première enceinte ou basse- cour présente la forme d'un demi-cercle, dont le grand diamètre est de 120 pieds et le petit diamètre de 76.
l a constaté qu'il n*y en afait plus que 7^7. I^a proportion de
la dlininiition est constante duns toutes les oomniunes rurales.
CANTOlf DE LISIEUX * i'*. SECTION. 5t
La seconde enceinte est oTale. Elle renferme les mines d'un donjon carré-long, dont les mors» épais de 8 pieds, s'élèTent encore, d*on côté, 2i une hauteur de 10 à 12 pieds ; ils sont rerêtus de petites pierres cubiques fort régulières, comme on en voit dans les murailles romaines : ce qui déjà nous autoriserait à assignera cette construction une date assez reculée, quand nous ne saurions pas que le seigneur du Pin assistait i la bataille d*Hastings. Ce donjon, Tun des plus petits que j'aie observés, contenait seulement, au rez-de-chaussée, deux appartements carrés de 17 pieds chacun , et il n'avait que 52 pieds sur 3/k hors cravre. Les Cm^ ont à peu près 25 pieds de largeur, et l'on devait communiquer , , au moyen d'un pont , de la première à la seconde enceinte.
U est probable que la destruction de cette forteresse date de l'année 1374 ; car on voit que vers ce temps Pierre du Tertre , secrétaire du roi de Navarre , ayant assemblé des gens d^armes de la cou-
plan bO CHATBAU DC PIN.
COVPB DU CBATBAU DU PIN.
trée , alla s'emparer du fort du Pin , défendu par Taupin du Nesnil et le fit détruire (V. Canel , Histoire de l'arrondissement de Pont-Audemer, t. II, p. 370 ).
Charles-le-Mauvaîs était seigneur de PonUÂudemer, c'était pour le Pin un voisin dangereux.
60 STATISTIQUE MONUMBNTALE DU GALTADOS.
A ce premier châteaa en a succédé un autre » qui mérite aussi de Gxer rattention. Il a été reporté de l'autre côté de réglise, vers le Faulq. Je crois qu'où doit Tattrlboer au règne de Louis XIV/
Le principal corps de logis, avec deux gros pavillons formant ailes, est construit en briques et chaînages de pierre en bossages. Des lignes de briques noires vernissées dessinent dans le plein des murs des figures variées, comme losanges, etc. On Y distingue aussi, dans un encadrement de pierre blanche faisant cartouche , si Ton peut s'exprimer ainsi , trois figures en briques ndros que l'on peut prendre pour des maillets, et qui probablement ont une
signification héraldique. Les comUes , en ardoise , sont mouvementés par des lucames circulaires. Les pavillons sont couronnés par un bel épi en plomb repoussé. Les deux façades sont identiques.
Deux petits bâtiments, k usage de communs, forment deux ailes séparées; mais je les crois seulement du r^ne de Louis XY.
Un poits avec armatures de fer contournées se trouve au centre du préau. Des avenues considérables existent encore.
Ce château n'est plus habité. L'une des salles, cependant, a conservé sur ses murs quatre magnifiques pans de tapisserie de haute-lice, à personnages, qui peuvent remonter au règne de Louis XIIL
CANTON DE IISIKDX , ^^l'*. SECTION. 61
La bordure qui les entoore le compose d'oae série de miduUrnis contenant des petits sujets , répétés symétriquement dans chacun des quatre pans de tapiswrie. Des inscriptions» tissées dans Tétoffet indiquent la signification de ces représentations ; ce sont six des merreilles du monde :
DIAHJS • IPaBSIJ! . MAVSOLJBVll •
TBMPLVM. ^ PaiBOS •
PTPAinMS JCOVPTI • OLYHFY • lOTlS •
SIHVLAGftVM.
■AIYLOJIIS • MVIII.
Les grands sujets, qui occupent le centre, sont aussi indiqués par des inscriptions :
ABDAVBAL. ROM A NI •
PILIAM • 8VAK • PVO.NAMTRS •
■ICI • SYPBACI* CV¥ . IIA.MIALR • IV
IK • VtORRM- XT4 • PlAlIKN • TRR "*MT« 01 AM .\ICTI.
SA«T1ITIIII • nOHAMI . P06T •
COIUI\RVNT . SVAS. ||\LT4 • PRARIA • TRI
OPM • DVM AMPHAATRS • ROV
BARIBAL • EZPV6NA AM • RRDRfRT.
RBT • VRBRM.
Les dessus de porte sont ornés de trumeaux à personnages peints sur toile, dans le genre de Boucher, lis ne sont pas sans valeur. Enfin une belle glace, en rapport par son style avec le reste de la décoration , surmonte la cheminée.
(^e châteaa, qiii ne mérite pas l'eut d'abandon dans lequel il est laiasé et le sort qai l'attend , a aussi son passé historiqtte, Mg*. de La Feronnaye^ dernier évéque de Listeox, l'un des plus illustres prélats de ce siège, qui. en compte uot d'illustres, y fit momentanément sa résidence pendant la tourmente révolutionnaire, avant son départ définitif de son diocèse. M. de Boismont , chanoine , archidiacre de féglise métropoliuine de Rouen, l'habitait déjà depuis quelque temps. M. l'abbé de Boismont , abbé commciidauire de Gretain , au diocèse de Lisieux , avait été prédicateur du roi et l'un des Quarante de l'Académie. C'est lui qui avait fait, le l*^ juin i 781 , dans là chapelle du Louvre, l'oraison funèbre de Marie- Thérèse, archiduchesse d'Autriche, impératrice douairière, reine de Hongrie et de fiohêinc.
Tout porte à croire que ce nouveau château du Piu a été construit par la famille Achard, qui possédait cette terre aux XVIP. et XV m*, siècles. Divers actes originaux m'ont fourni les noms de noble seigneur messire Charles Âcliard , chevalier, seigneur et patron du Pin, y résidant; de messire Joseph Achard, prêtre; de François Achard. Les deux premiers firent leurs preuves de noblesse avec un autre de leura frères, lors de la recherche de de Marie, en 1666. Charles Achard figure aussi dans V Armoriai manuscrit de d'Hozicr avec iSiarie-Antoinette Le Petit , sa femme. Il eut probablement |M)ur fils , dans tous les cas pour successeur, noble seigneur messire Marc-Aurèle- François Achard , chevalier, seigneur et patron du Pin et autres terres et seigneuries» demeurant en son manoir seigneurial dudit lien du Pin, suivant des actes de 1703 et 1712. Maintenant cette terre appartient à M'"^ du Prat , ucc de Nunaut.
Il existe aussi sur cette même paroisse, tout près de l'église, une belle habitation moderne , construite il y a quelques années par M. du HauveL Elle est entourée d'un beau parc
CANTOM DE LtSlEUX, 1**. SECTION. 6â
Ce châteao occupe l'emplacement d'an ancien fief, car on voit encore dans les dépendances un colombier octogone du XVI*. siècle ; mais j'ignore le nom qo'il portait.
Outre les familles qai ont déjà été nommées, les Recherches mealionnent plusieurs genlilsboromes qui faisaient lenr résidence an Pin, et probablement y possédaient fiet Ainsi, en 1666, avec les Achard , se trouvent inscrits : Philippe Le Mire, sieur des Forest, et Robert et Charles Le Bachelier, tous qualifiés d'ancienne noblesse.
Maladrerie.—l\ y avait encore au Pin une maladrerie qui fut réunie, en 1698, avec les antres établissements de ce genre à l'Hôpital général de Lisieux. Le protocole d'un acte du 26 mai 1676 fournit le nom de a messire Joseph Achard , prêtre , bachelier en théologie de la Faculté de Paris , abbéadministrateur de la Madeleine du Pin , curé-recteur de la paroisse de Notre-Dame dudit lieu , prothonotaire du Saint- Siège apostolique, conseiller du Roy , aumosnier ordinaire de Sa Majesté. «
En dépit de cette pompeuse énuméraiion , la Madeleine du Pin ne fut jamais une abbaye , mais une simple léproserie d'un mince revenu.
■OYAUX (t).
Moyaux, Mayad, Moiaz^ Moaz,
Le bourg de Moyaux s'élève dans la plaine et non loin de la voie romaine qui conduisait de Noviomagus Lexovwrum à JuLiobona. Sa population, d*après les tableaux officiels, est de 1,105 habitants. On y comptait autrefois 263 feux , environ 1^300 âmes. C'était le cheMieu d'une sergenteric comprise
(i) Nota de M. Ch. Vasseur.
64 STATISTIQUE IIO^lUlISNTALE DU CALVADOS.
dans rélecUoD de LUeax. Il y avait aussi uoe vicomte » niais I«8 audiences se tenaient le plos souvent à rflôtellerie. Moyaux était également le cbeMieu d'un doyenné de révôché de LisieQX , qoi ne comptait pas moins de 35 paroisses. Tous ces titres prouvent que ce boQTg remonte à une haute antiquité.
L'église est au centre des habitations. Elle est grande : sa longueur , dans œuvre, est de 120 pieds sur 21 de largeur. Elle se composait primitivement d*oncliœur et d'une nef avec une tour en saillie cntreruDetFautre, ducùlédumidi. Au XVI*. siècle, on a modifié ce plan par Taddition de deux chapelles accolées au flanc nord , eu regard de la tour.
Les parties anciennes sont de Tépoque romane. Les
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contreforts qui flanquent les deux
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faces latérales du chœor , les ooTertores de la tour et la trace d'une étroite fenêtre, an midi de la nef, servent , au premier coup-d'œil, de base à cette attribution. Mais, en analysant afec attention les diverses parties de l'église, on constate que tous les gros murs sont romans. Ils sont composas d*un blocage grossier, en partie recrépi ; les contreforts seuls et les angles sont en pierre de taille.
La plupart des fenêtres ne datent que du dernier siècle , les ouvertures plus anciennes ont été bouchées, Ainn, on trouve, à l'extrémité du mur méridional de la nef, la traoe de l'ancienne porte principale dont l'archivolte cintrée tombait sur des têtes grotesques. A la fin du XIII'. siècle, on a pratiqué une autre porte dans le pignon occidental, qui est flanqué de deux contreforts de la même époque. Cette porte, abritée par un porche de bois, est plus ornée qu'on ne le voit habituellement dans les environs de Lisieux. La baie est garnie d'un tore, et l'archivolte porte sur deux colonnes à chapiteaux. Au-dessus, dans le pignon, est une fenêtre flamboyante du XV. siècle
La tour , comme cm le voit par le dessin de M. Bouet , est bien caractérisée. Elle forme un carré parfait ; chaque face est soutenue par deux contreforts qui n'ont qu'un pied de saiUic. La base est pleine, il n'y a qu'une peUte |K>rte pra« liquée vers le levant. L'étage intermédiaire est ajouré d'une petite fenêtre subtrilobée de la dernière période ogivale, ouverte au sud , et d'une fenêtre romane géminée du côté du levant L'étage du beffroi a , sur chaque face, deux arcades romanes géminées. La pyramide est en ciiarpente. L'ensemble a perdu son aplomb d'une manière sensible , ce}>endant il n'y a rien d'inquiétant pour la conservation.
Le chevet do chœur, usurpé depuis le XVir. siècle pour servir de sacristie, est percé d'une grande fenêtre flamhcjmie à deux meneaux. Il a trois contreforts de même
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Style , dont on soos la fenêtre. On ne s'expliqae guère cette disposition» fréquente au XV". siècle : évidemment ce contrefort, qui souvent n'a pas pins de & à 5 pieds de haut, ne peut être d'aucune utilité.
Les deux chapelles du nord n'ont rien de particulier dans leur construction. La plus petite est la chapelle seigneuriale du Bois-Simoo» fief assez important qui se trouve sur le territoire de Moyaux.
Le mobilier n'offre rien de remarquable. Une piscine cintrée» subtrilobée, avec colonnettes, qui semble appartenir à la construction primitive, est pratiquée dans le mur méridional ; elle se trouve maintenant dans la sacristie.
Dans le chœur, du côté opposé , est un petit bas-relief en pierre, do XYI*. siècle, qui représente Notre-Dame-de-Pitié. C'est, sans doute, l'indication d'une sépulture.
Le maitre-autel ne date que du règne de Louis XV.
Sauf la chapelle du Bois- Simon, qui a une voûte en pierre à nervures et pendentifs de la Renaissance (V. la page suivante), toutes les parties de l'édifice sont voûtées en lambris. On remarque des ornements sur les douvettes de la nef et l'inscription suivante :
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