‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 3)Chapitre 70 sur 82 · UM · texte numérisé non relu

UM

plâtrée : elle s'appuie sur des pièces de bois placées verticaiement le loog des murs.

Oo voit encore les mortaises daus lesquelles s'engageaient les poteaux sur lesquels porte la sablière. I.^l'l'"^

La voûte du chœur est en cul-de-four. L'écusson du Chapitre de Lisieux {une clef en sautoir , cantonnée de quatre étoiles ) se détache de la voûte du chœur.

La poutre crucigère qui, dans les anciennes églises rurales sépare le chœur de la nef, a été conservée.

La baie cintrée placée à gauche du chœur offre des ; f;]!

fragments de vitraux de la Renaissance. La partie infé- |i ,i, rieure de la fenêtre représente le Christ en croix , accompagné de la Vierge et de saint Jean; dans le fond est peint le château de Castille.

La bordure est semée de coquilles.

A côté de la large fenêtre que l'on voit à droite est placé un beau cadre quadrangulaire renfermant un riche médaillon entouré de feuilles

CANTON O'ORBEG. 771

de chêne et de raisins. Des têtes d'anges sont placées dans les angles. La toile a été enlevée dn cadre. Les fonts baptismaux à huit pans, d'une forme sévère,

datent du XYP siècle, selon toute apparence.

Nous avons trouvé dans l'église un coffre dont nous offrons un dessin.

Pbieorê. —Il existait à Friardcl, avant la Révolution , un prieuré conventuel de l'ordre des chanoines réguliers de St- Augustin. Ce prieuré , placé sous le vocable de St-Gyr, a été fondé vers la 6n du XJP siècle , ou dans les premières années du XIIP, par Isabelle d'Orbec et Gilbert de Saussaye, son époux.

Cette fondation , ainsi que les donations qui l'accompagnèrent, furent confirmées par le pape HonoriusIII en 1222.

Vers i2Sl , Guillaume de Ftiardel , chevalMr, concéda aoi moiDcs du prieuré le droit de patronage sur les églises de StHMartin--4e-Fnardel et de Sl-Pierre ée Gfandeamp.

D'autres seigneurs firent des donations au prieuré en i25i!i, 1302, 1368 et 1M8. Au commencement do \V' siècle , lès immeubles possédés par le prieuré s'étendaient sur les paroisses environnantes (la Goolafrière, Gerquenx, Préaux , St-Pierre-des-Essarts , etc. ).

Au XVIP siècle, le prieuré de Friardel vit naître dans son cloître la Réforme de Bourg-Achard , dont parle Héliot daos son Histoire des ordres monastiques. Cette réforme fut embrassée , peu de temps après , par cinq abbayes et six prieurés importants.'

L'église de l'ancien prieuré est bâtie dans un vallon , au pied d'un coteau couvert de bruyères.

La construciioia d^ ceU édifice remonte ^n XIU* siècle. Du côté septentrional, les murs latéraux, d'une gcaade élévation et déppurvu^ de coptreforts , sont construits ea grossier blocage que recouvre un ancien crépi.

GâNTON U*OEBEC. 77S

Qt^tro fenêtres ogîrates, k uae seide baie, se mpoirent daoi; ia partie supérieure da oiur septeBtriooaL La ferme de ces fenêtres» aojîourd'bui bouchées et plus appareotes à Tiii" térieur du vaisseau, accuse le XIIP siècle.

Le mur méridional » élevé au XIV siècle , offre (piacre fenêtres ogivales élancées, partagées en deux baies par w meneau vertical. Le tympan est percé d'un large oculus. Un simple chanfrein entoure ces fenêtres, d'un tcavail rudi* mentaire. Des contreforts à plusieurs retraites^ terminés, dans la partie supérieure par un fronton triangulaire, soutiennent le mur.

Deux contreforts saillants de hauteur inégale, dont Tun à double glacis, sont appliqués contre la façade de la chapelle qui regarde l'Occident. Une fenêtre ogivale très-grande et une fenêtre moins large, à deux baies en forme de lancettes, avec moulures en chanfrein , renfermée dans la première , s'ouvraient au-dessus de la porte. Le cordon extérieur est terminé par des têtes grimaçantes. À gauche de cette fenêtre est pratiquée une ouverture carrée du XVP siècle, encadrée de moulures toriques. On voit, de chaque côté, deux consoles qui supportaient un petit toit en encorbellement. Au-dessous s'ouvrait une autre fenêtre carrée, plus grande que la précédente.

La porteest à plein -cintre et date du XVII* siècle. Elle est enroulée de moulures toriques très-petites.

De chaque côté de cette porte se détachent des pierres en forme de consoles, lesquelles probablement servaient de supports à la toiture d'un ancien porche.

La partie supérieure du gable, dans laquelle sont pratiquées de petites ouvertures en forme de meurtrières , offre alternativement des assises ou chaînes horizontales de pierres de taille et de silex.

Un clocher en charpente s'élevait au-dessus du gable, ainsi que l'atteste l'abaissement du toit à cet endroit.

nu STATISTIQUE ^MONUMENTALE DU CALVADOS.

Cette chapelle, qui se terminait à l'orient par un chevet circulaire ou à pans coupés, qui a été détruit lorsqu'on a bâti la maison de maître actuelle, mesurait 100 pieds de longueur sur 30 de largeur.

Les murs de la nef offrent à l'intérieur de curieuses fresques (V. la page suivante) et de nombreux écussons dont M. Bouet, membre de la Société française d'archéologie, a fait plusieurs dessins.

Sous les arcades cintrées, pratiquées dans les murs latéraux, étaient places autrefois des tombeaux.

La voûte est en merrain , avec entraits et poinçons décorés de sculptures.

Bâtiments de l'ancien prieuré, — En face le portail de Tabbaye s'élève un long bâtiment , construit en bois avec tuiles entre les colombages , formant des dessins variés. Ce bâtiment mesure 18 mètres de longueur. L'étage supérieur, revêtu de planches, est ancien et en retraite sur le rez-dechaussée. Les planches sont embrevées dans les montants.

CANTON d'or BEC.

La sablière est très-belle. Le poteau comier est décoré , dans la partie supérieure , de petits pendentifs. L'écusson snirant se voit sur un des poteaux.

Ce bâtiment, qui date de la fin du XV" siècle ou du commencement du XVr, était autrefois à usage de grange. Un second bâtiment moins ancien , et dont la longueur est seulement de 9 mètres, se relie au premier.

On a exagéré la valeur des tableaux qui ornaient la galerie du château et provenaient de l'ancien prieuré. La plupart étaient des copies de bons tableaux, entre autres b toile représentant la Vie humaine et plusieurs jolis u-

CANTON d'orbbc ' 777

bleaox d'après l'/klbane, célèbre peintre itatten qu'on a sur-* nommé arec raison le peintre des Grâces,

Le 16 juin, TÉglise de Lisieux faisait office de saint Cyr et de sainte Julitte , sa mère , qui étaient patrons du prieuré de FriardeL ( Vies des saints patrons du diocèse de Lisieu», par l'abbé LeProvosL)

Voici les noms de quelques-uns des prieurs de Friardel :

Gilbert, qui vivait en 1231 ;

Guillaume Ganu, 16* prieur, en 1317 ;

Guy PiCHOT, en 1^50;

Guillaume, évêque de Porphyre, commendataire en 1685etl/i98;

Marin Labbê, en 1539;

Robert BOULLENE, premier aumônier de la reine-mère, en 1625 ;

Guillaume B(h:hard de Champigny, docteur en Sorbonne, en 1685.

De Cambpn, vicaire-général de l'archevêque de Toulouse, était titulaire de Friardel depuis 1775, lorsque la Révolution éclata.

On trouve dans les archives du Calvados un grand nombre de pièces, de différentes dates, qui concernent ce monastère.

Le cartulaire du prieuré existe à la Bibliothèque impériale de la rue Richelieu.

LA VESPIÈRB.

La Vespière, Vesperia, Wasperia, Guespere, la Vespiere.

La Vespière peut être considérée comme un faubourg d'Orbec, et dès le XYIP siècle, beaucoup de magistrats du bailliage y avaient établi leur résidence.

L'église de la Vespière est supprimée ; mais elle est en-

tretenue avec soin. C'est ane simple nef en moellon avec chaînages de pierre de marne et corniche classique, qui doit dater seulement du dernier siècle. Sii fenêtres cintrées, disposées symétriquement, Féclairent. Le chevet est droit, sans ouvertures. Le portail consiste en une grande porte cintrée. Âu-dessus du pignon s*élance le petit clocher, d'une forme assez él^nte, autrefois revêtu d'essente. La croix et le coq paraissent anciens. Rien à remarquer à Tintérieur. La voûte est en bois.

Le domaine seigneurial de iaVespière est attenant à l'église. Une belle habitation moderne s'élève au milieu d'un parc frais et riant sillonné par de belles eaux. C'est la demeure de M. le comte du Merle, dont les ancêtres étaient seigneurs de la Yespière. La Yespière était un quart de fief de haubert, dans lequel était comprise la sergenterie noble de Chambroy& Guillaume Fouquet en éuit seigneur en 1663 et 1469.

A la fin du même siècle, on le retrouve aux mains de la famille de Myée, d'où il passa par alliance dans la famille de Franqueville. Au XYIP siècle, il appartint aux Le Michel, puis dans le XVIII* aux du Merle.

Le patronage de l'église appartenait au trésorier du chapitre de Lisieux ; cependant , au dernier siècle , il fut exercé par le chapitre et le seigneur laïque alternativemenL Dédiée à saint Oaen, l'église faisait partie du doyenné d'Orbec!

Il existe en outre, sur le territoire de la Yespière, un fief nommé Mervilly. C'est la propriété de M. le comte de Graveron. Des plantations d'arbres résineux entourent l'habitation, qui est moderne.

Le Bulletin monumental de 1 863 contient une notice de M. de Toulmon sur l'ermitage , devenu plus' tard prieuré de St-Chrislophe de Mervilly. Une partie de la chapeUe subsiste encore. * ^

CANTON d'orbeg. 779

Le titre le plas ancien, relatif à cet établissement religieux, est une charte de 1208, souscrite par Jehan de Thanney et Erembour, sa femme. En 1210^ Jourdain du Hommet, évêque de Lisieux, en disposa en faveur de la Maison-Dieu de Lisieux. Le domaine se composait alors de UO acres de terre. En l/i88, Mervilly fut érigé en prieuré. Il fut supprimé en 1790.

La paroisse de la Yespière compte 409 habitants. Au dernier siècle, elle n'en possédait que 300 (62 feux). Elle faisait partie de l'élection de Lisieux^ sergenterie d'Orbec.

CEaQUEUX (1).

Cerqueux, Sarcaphagi.

L'église de Cerqueux est placée sous le vocable de saint Pierre.

La nef, dont les ouvertures ont été refaites au XVP siècle , était primitivement romane et dépourvue de contreforts. Un seul contrefort saillant , du XVI* siècle , est placé vers l'extrémité orientale. La corniche a été détruite. Le mur méridional, en cailloutis^ laisse voir un appareil grossier en feuilles de fougère.

Quatre fenêtres , deux grandes et deux petites , dont une du XVP siècle, éclairent la nef de ce côté. L'une des grandes fenêtres est ogivale et formée d'une seule baie trilobée ; l'autre a été refaite anciennement.

Le mur septentrional , recrépi , offre des chaînages en pierre indiquant une reconstruction. Il est percé seulement, de deux fenêtres dont une ogivale , trilobée , est entourée d'une large gorge ou scotie. Il était primitivement roman ,

(i) Notes de M. Pannier.

sans OQveroirBS et dépourvu de contreforts. Uo porche élancé, du XIV siècle , précède le mur occcidenul qui est sans caractère. Sur l'un des montants ou pieds-droits du porche est sculpté Técusson de la famUIe de Lalande , composé de trois ^ile&

Le clocher , revêtu d'essente et percé d'ouvertures , présente une base carrée en charpente surmontée d'une pyramide octogone , garnie sur les iaces principales de lucarnes cinUrées, avec abat-sons, et couronnées d'un irontoQ triangulaire correspondant aux angles de la base (commencement du XVI* siècle).

Le chœur , ^n retraite sur la nef, est construit en grand appareil et date du XYP siècle. H se termine, à l'orient, par un chevet droit percé d'une longue fenêtre cintrée , masquée |)ar une petite sacristie en bois. Aux extrémités du mur oriental s*éièvent deux contreforts saillants à glacis trèsinclinés.

Une grande fenêtre ogivale géminée , partagée en deux par un meneau prismatique, s'ouvre dans le mur septentrional. Deux larges compartiments en forme de flaounes décorent le tympan.

Le mur méridional est percé de deux larges fenêtres semblables à la précédente. L'une de ces fenêtres a perdu son meneau et sa tracerie flamboyante: ils auront probablement été coupés afin de laisser pénétrer plus de jour dans le ohœur.

! L'arc triomphal, de forme ogivale, date du XYi* siècle.

Les chapiteaux qui terminaient les colonnes sur lesquelles il

• s'appuyait ont été détruits.

i ' La voûte du chœur est en merrain. £lle repose sur une

I jolie sablière, décorée de losanges garnis de feuillages et d'en-

j treiacs.

I La voûte de la nef est également eu merrain.

CANTON D'OBBEC. 781

Une piiscipe » sunrnontée égalemem d'uye ogive en accolade , se voit aussi dans la nei

Au fflidi se dresae un bel it

La commune de Cerqoeux a été réunie à FriardeL

Cerqueux^-la-Campagne avati pour patroa, aux XIV^ et XYP siècles, le prieur de St^Cyrnde-Friaidel; au. XVIII% le «eîgneur.

Il n*entrc pas dans le plan de cette statistique de s'étendre sur Fhistoire des villes et localités importantes. Tôt ou tard il se trouvera, sans doute, des écrivains pour entreprendre ces travaax, qui ne sont pas dépourvus de charme. Orbec, chef-lieu d'un des grands bailliages de Normandie , domaine royal et baronnie possédée successivement par les plus puissantes maisons, exigerait plus d'un volume. Cette ville, qui compte aujourd'hui 3,266 habitants (un cent de moins qu'en 1760), est construite sur la rive droite de l'Orbiquet , et s'étage sur la pente assez raide du coteau qui circonscrit la vallée. La difficulté opposée aux constructions par cette pente rapide fait que la ville a pris surtout son extension du nord au sud^ parallèlement à cette vallée. C'est dans cette direction que se développe la grande rue, autrefois le Pavé du Roy , qui doit avoir suivi le tracé de la voie romaine de Lisieux. Au centre de cette large voie étaient bâties les halles, surmontées de la cohue ou salle commune pour les délibérations des habitants. Mais l'administration très -progressive de la ville d'Orbec a fait jeter bas ces vieilleries , que remplace un coquet Hôiel-de-ViUe en briques et plâtre, établi dans les quartiers neufs.

Cette artère principale partage la ville en deux parties i

(i) Nol?s de M, Ch. Vasseur.

7S2 STATISTIQUE BfONDllENTALB DU CALVADOS.

pea près égales. A droite, l'élise, les Angostins» le bailliage et quelques maisons qui ne sont pas dépourvues d*iDtérêt ; à gauche, le château, Thôpiul, la geôle, les Capucins.

Églùe paroissiale. — L'église paroissiale d'Orbec est sous Tinvocation de INotre-Dame. Les curés étaient à la nomination de Tabbé du Bec-Heliouin ; mais les seigneurs d'Orbec y avaient une chapelle particulière, dédiée à saint Jean, dont ils s'étaient réservé le patronage. Le plan de cet édifice est fort irr^ulier. La construction n'est pas homogène : l'analyse fait voir que les diverses parties appartiennent à des époques fort différentes. L'intérieur se décompose en une nef centrale, flanquée de deux collatéraux de largeur inégale: au midi, une chapelle en transept ; au nord , une chapelle irrégulière et une tour massive.

Dans le pignon occidental, flanqué de trois contreforts, s'ouvre la porte principale , à double baie carrée divisée par un trumeau central que surmonte une fenêtre ogivale à trois meneaux, dont la tracerie se compose de trois rangs de quatre-feuilles. Une autre fenêtre ogivale éclaire le bas-côté nord. Au sud , la nef est régulièrement divisée , par des contreforts, en cinq travées percées de fenêtres ogivales flamboyantes. La chapelle , en saillie sur ce bas-côté , appartient également au style ogival tertiaire. Le mur latéral du nord, qui comprend deux travées, n'a aucune ouverture. A la suite vient la tour carrée, à la base massive et sans ouvertures, à l'exception d'une porte à deux baies carrées garnies de vantaux à panneaux flamboyants. Deux contreforts placés d'angle buttent les murs, d'une épaisseur trèsconsidérable. Sur ce corps carré se trouve en retraite un second étage plus svelte, percé sur chaque face de fenêtres cintrées et orné de tous les détails usités à la Renaissance, par conséquent un peu postérieur à la première partie. Un

CANTON D*OBBEC 783

toit à double épi» en ardoise , ajouré sur chaque face d'une petite lucarne trilobée surmontée d*un épi. en plomba termine cette tour, qui des coteaux voisins produit un effet assez bon , malgré sa robuste structure , rappelant le donjon. Entre la tour et le chœur se développe une très-vaste chapelle à angle coupé, percée de quatre fenêtres flamboyantes. Le chœur peut remonter au commencement du XIIP siècle; ses contreforts sont construits en poudingue, avec deux retraites ; malheureusement les ouvertures primitives ont été dénaturées.

L'irrégularité du plan produit à Tintérieur un effet peu agréable; mais dans les détails on trouvera de curieux sujets d'examen.

Six arcades ogivales, portées par des colonnes sans chapiteaux, font communiquer la nef avec les bas-côtés et le transept

Toutes les voûtes sont en merrain , avec charpentes apparentes, excepté celle de la base de la tour.

Les fenêtres conservent encore des restes notables de leurs magnifiques verrières : la restauration en serait facile. J*y ai reconnu, parmi des fragments moins importants, une Vierge- Mère, une sainte Anne, un saint Louis, un arbre de Jessé, et dans la chapelle du nord, dédiée à samt Jean-Baptiste, le martyre du Saint en plusieurs tableaux.

Deux pierres tumulaires se trouvent dans la chapelle du sud et dans l'extrémité du collatéral, devant l'autel. Voici les inscriptions qu'elles portent :

ICI SBPOSS

MB8SIBB GI.AODB DU linLB

SCUTEl 5EIGIYE0B DE

S. GEBMAIN DE LA CAMPAORB

D*OBDEC EN PARTIE

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