‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 3)Chapitre 77 sur 82 · UKE MS FENÊTRES DE LA TOUR DE TORDOUBT · texte numérisé non relu

UKE MS FENÊTRES DE LA TOUR DE TORDOUBT

diDsle style Louis XIV, a été composé et habilement exécuté, par M. Léonard, sculpteur à Lisieux.

Cette église a pour premier patron saint Michel. On a feiit la remarque que presque toutes les églises et chapelles dédiées à saint Michel , sont placées sur un monticule et dominent une certaine étendne de pays.

La commune de Tordonet, qui comptait auU^fois 1,&00 habitants, n*en n'a plus aujourd'hui que 900. Le nombre des métiers è tisser s'élève à 150 environ.

Manoir. - Le manoir se trouve au-dessous de l'église, à l'extrême pointe du coteau. Bâti sur une motte importante , dont les fossés étaient alimentés par le petit ruisseau qui serpente au fond du vallon, il a le caractère des constructions du XVI* siècle : rez-de-chaussée en échiquier de pierre et de silex taillé ; partie supérieure en bois. Les sablières des encorbellements sont moulurées; du reste, pas de sculptures. Les combles sont d'une dimension exagérée. Au milieu du paysage boisé qui l'environne , avec son pignon garni d'un lierre vigoureux et l'eau qui baigne ses bases, ce manoir produit un effet pittoresque presque grandiose.

LB RONCBRAT.

Le Ronceray , Ronehereyum , Roncherez , Les Ranceretê, Le Rancerey,

L'église du Ronceray , située sur un plateau , entre les deux vallées de la Touque et de l'Orbiquer , est des plus insignifiantes. Composée , comme les autres églises de campagne , d'une simple nef et d'un chœur en retrait à chevet droit 9 ses parties caractérisées ne remontent pas au-delà du Xyr^ siècle. Peut-être , cependant , sous les crépis , trop

Hilx STATISTIQUE MONUMENT ALB DU CALVADOS.

bien eatretenus, da chœur et d'une partie de la ùef , ivoavcrait-on des traces d*une constrnction romane, que oui indice ne réYèle aujourd'hui.

Le portftil , percé dans le pignon occidental construit eo grand appareil , date de la dernière période ogifale. La porte cintrée a ponr toute omeinentatibn deux gros tores, qui tombent sur des bases polygonales. Au-dessus , s'ouvre une fenélre ogivale , dont tout récemment on a fait disparaître le» meneaux et les traceries , qui obstruaient le passage de là lumière. Cette mutilation et certaines autres modifications très-regrettables , que je ne détaillerai pas , rentrent dans l'ensemble d'un programme modernisateur, exécuté de 1843 à 1853 , dont le résultat a été de faire disparaître le peu de cachet religieux que possédait cette église.

Toutes les ouvertures ont été , ou déformées ou refaites, soit à la fin 'do dernier siècle , soit récemment.

Le clocher est placé en avant du choeur , à l'extrémité orientale de la nef; il date du XVI' siècle. C'est une svelte pyramide à pans coupés , garnie de lucarnes dentelées sur les faces , couverte d'essentes.

A l'intérieur , rien absolument qui puisse captiver l'atteation. Les voûtes de bois ont été enduites , comme les murs , d'une épaisse couche de mortier et de badigeon.

Les rétables des trois autels appartiennent au règne de Louis XY.

Les seuls objets d'ameublement ancien, échappés ï la rage novatrice , sont un pied de lutrin de forme hexagonale d'un vaste diamètre, à panneaux plissés ; les fonLs baptismaux, cuve cylindrique sans ornements , et un bénitier à cuvette hémisphérique godronnée.

La cloche est moderne.

L'église du Ronceray est sous l'invocation de saint Cyr et de saillie Julilte.

Elle était comprise dans l*archidiacoDé da Lieuvin, doyenné d*Orbec, comme au civil, dans Félection de Lisieux, sergenterie d'Orbec Cette paroisse compte 3^5 habitants ; sa population n'a pas sensiblement diminaé depuis cent an$. Ce fait trouve peut-être son explication dans la nature des occupations de ses habiunts, la plopart tisserands.

Ijà terre seigneuriale du Ronceray faisait partie du fief de Tordouet , et fut possédée successivement , comme lui , par les dn Bysson , les de Saint-Ouen et les Chaumont-Quitry. Le 17 décembre 1 7 7/(, Antoine-Anne-Françob de Gbaumont, comte de Quitry , mestre de camp de cavalerie , chevalier de Tordre royal de St-Louis , vendit la terre du Ronceray, moyennant 28,300-^ , à Jean Moulin , laboureur. Elle lui était écbue dans les partages faits , le 15 mai 1770 , entre lui et son frère , le marquis de Quitry • seuls enfants mâles de Jacques-Antoine de Chaumont , marquis de Quitry , et de M"" Anonyme du Fay.

Cette vente fut résiliée Tannée suivante par clameur féodale, introduite au nom du marquis de Quitry, seigneur d'Ûrbec et Bienfaite , dont relevait le fief de Tordouet.

LA C&OUPTB.

La Croupte, Crupia, Croupta.

L'église de la Croupte est dédiée à saint Martin* On sait que ce vocable remonte aux temps mérovingiens , et lorsqu'on a parcouru la gorge étroite , enserrée de coteaux sauvages et boisés , au milieu de laquelle elle s'élève , on est prédisposé à rencontrer un édifice d'une haute antiquité et d'un grand intérêt La déception est grande : on se trouve en présence d'une mauvaise bâtisse sillonnée de nombreuse^ lézardes, dont les parties les plus anciennes datent du dernier gothique :

murs en grand appareil avec contreforts en retraite. Toutes les ouvertures ont été refaites au dernier siècle. Le clocher est en charpente , carré, avec pyramide octogone , recouverte d'essente. Â l'intérieur, le chœur a subi une décoration complète en plâtre , dont la date est donnée par Tinscriptioa suivante qui court sur la frise :

DOmitB. DILBXI. DBCORSIf DOMUS TU& P. LE FRONT. CURÉ AB LA CBOUPTB. 1786.

On a néanmoins conservé le rétable du maître-autel , qoi remonte au règne de Louis XIV. Il est porté par deux petites colonnes torses , entourées de ceps de vigne. Au centre, on cadre à angles rentrants, représentant un miracle de saiot Martin. Dans le fronton trapézoïdal, soutenu de caryatides, est une colombe sculptée en relief, sortant d'une guirlaode de feuilles de chêne.

Les deux petits autels de la nef sont insignifiants. Rien à indiquer qu'une statue de saint Martin , qui peut remonter au moyen-âge.

La voûte de la nef, est en merrain et date du XV* siècle. Sur deux des poutres qui supportent le clocher sont des blasons, sculptés à plein bois, chargés de trois fasces ondées. Ces pièces correspondent aux armoiries des Hautemer, seigneurs de Fervaques. En effet, la paroisse de la Croupte était comprise dans le plein-fief de haubert de Fervaques, membre lui-même de la baronnie de Ferrières.

La Croupte n'a donc jamais eu de seigneur particulier , et aucune Recherche de la noblesse ne mentionne de gentilhomme y résidant. Toutefois , le pouillé du XIV* siècle inscrit comme patron Petrus Coquaigne que je n'ai point vo figurer comme seigneur de Fervaques. Dans la suite, les possesseurs de la terre de Fervaques exercèrent les droits de patronage.

CANTON D*ORBBG. 817

IL'ÎDScriptioD de la cloche est intéressanle, elle a été rœoTre d'un fondeur célèbre :

f M*** ATGfSTX • DB BTLUOM • MARQ. DR B0NHBUB5 • BT SBlftlIr VÊ PBBTAQTBS • LA CBOVTTB BT ATTBKS LIEYX - M* DB GAMP • DTN BBfi^ DB DRAOOIIS • . DB SON ROM • BEF^ PAR • ROBLB • PBB8"« • BAN • BAP- TISTB • DB BONRB • CHOSE • CVBB • DB • CE • UBT • BT • PAR •. NOBLE • DAMB • HABIB i BARBE * BBttAVD * BPOV8E • DB • H* GHABLB8 • LRBA8 • CONS*' • DT ROY ' RBCBTBTB • DES • TAILLRS • A LISIETI • ANT. DOTBG TRESORIER, lEAN AUBBRT#

Le cimetière est ombragé par un bel it

I^ paroisse de la Gronpte dépendait de l'élection de Lisieux, sergenterie d'Orbec Sa population était de ft25 habitants (85 feux) ; elle est réduite aujourd'hui à 210.

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