DOUVRES
Douvres, Dubra, Dobray Dovera, DoubraSy Duverum, La nef de Téglise de Douvres appartient à Tar-
(a) Vers 1858, une vaste et beUe église, dans le style gothique du XIII« siècle, remplaça l'ancienne, devenue insuffisante. Cet édifice, en forme de croix latine, fut construit par M. Pelfresne, habile architecte à Caen. Il est orné de vitraux et d'une tour carrée que surmonte une flèche en pierre, flanquée de quatre clochetons.
CASTOll DE DODVRIS. *»P
chiteclnre romane.
Elle offre, à l'intérieur, des arcades è. plein cintre portant sur des piliers et qui mettaient en communicatioa la nef principale avec deux collatéraux ; le collatérat du nord a été supprimé et les arcades remplies k une époque qui m'est inconnue.
La tour, placée latéralement au nord entre le chœur et la nef, est très remarquable et fort élégante; elle peut se rapporter au XII' siècle. A l'étage supérieur on y remarque deux fenêtres ouvertes, dans lesquelles l'ogive se dessine à peine; elles présentent trois voussures, dont l'une (l'extérieure) est garnie de télés plaies fort bien
sculptées. Au-dessous T"'"- de Douvres-,
de cet étage, on trouve d'abord des arcades simulées
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fort allongées» et plus bas d'autres arcatures plus courtes.
L'étage inférieur de la tour forme une chapelle en communication avec Téglise par une grande arcade (ogive romane ornée de losanges et de zigzags) ; une autre ogive s'ouvre dans le mur oriental de la tour : elle est ornée de losanges.
La pyramide terminale de cette belle tour a malheureusement perdu les quatre clochetons qui alternaient avec les fenêtres lucarnes qui accompagnent la pyra^ mide. Beaucoup d'autres tours d'églises ont également perdu leurs clochetons, par suite de la négligence qu'on a mis à les réparer. La corniche qui existe à sa base porte sur des modillons trilobés (a).
Le chœur est d'une époque comparativement plus récente, peut-être du XV* siècle ou tout au plus du XIV'. Une longue chapelle s'y trouve accolée du côté du nord, une autre du côté du sud. Dans toute cette construction, aussi bien que dans la nef, des reprises modernes ont été faites dans les murailles et des fenêtres y ont été percées.
L'église était sous l'invocation de Saint Remy. Le chapitre de la cathédrale en était le patron coUateur, en vertu d'une donation de l'évèque Philippe d'Harcourt; le doyen Herbert de Charmont lui avait aussi fait don de la dîme en 1243.
La Délivrande. Le bourg de la Délivrande, célèbre par la statue de la Sainte-Vierge qu'on y vénère, est une dépendance de Douvres.
(a) Ces quatre clochetons ont été rétablis, il y a quelques années.
CANTON DE SOttTBBS.
Étage Inférieur de la tour de Douvres vu de la nef
L'histoire de cette statue miraculeuse a été l'objet de divers opuscules que Ton pourra consulter.
D'après M. Tabbé De La Rue» Baudoin, comte de Reviers, fit, dans la deuxième moitié du XI' siècle^ construire la chapelle de la Délivrande, que Ton suppose avoir été détruite précédemment par les Normands.
L'architecture des parties les plus anciennes de la chapelle annonce plutôt le XII* siècle que le XI* : telles sont les arcatures qu'on y voit à l'ouest et du côté du nord.
Une grande partie de l'édifice a été reconstruite. Des deux chapelles qui forment le transept, l'une, vers le midi, fut fondée par Pierre Legendre, trésorier général de France, et bâtie en 1523, l'autre dans le siècle aux frais du chapitre (1) {a).
Le chapitre de Bayeux exerçait la juridiction spirituelle .sur la chapelle de la Délivrande, comme il l'exerçait sur l'église de Douvres.
(i) L'abbé De La Rue, Essais historiques, t. 2, p. 356.
(a) L'ancien sanctuaire a été remplacé, de 1854 à 1880, par rélégant et splendide édifice qu'on admire aujourd'hui, sous la direction du R. P. Saulet, supérieur des Missionnaires diocésains, et de son successeur, le R. P. Picot. 11 est l'œuvre de M. Barthélémy, architecte à Rouen, qui venait de s'immortaliser par la construction de Notre-Dame de Bon-Secours, près Rouen.
Le monument, en forme de croix latine, se compose d'une nef, d'un transept, d'un chœur terminé par une abside et de deux tours.
A Textérieur, la nef avec ses élégantes tourelles, ses trois portails ornés de bas -reliefs historiques dus à l'habile ciseau de Fulconis, sa riche balustrade, vraie dentelle de pierre, ses clochetons, produit un charmant effet. A son intérieur» elle possède six chapelles latérales décorées de beaux vitraux.
CANTON DE D0UVRI8. 455
Parmi tous les personnages marquants qui ont fait à différentes époques le pèlerinage de la Délivrande, on peut citer Louis XI, qui visita la chapelle le 14 août 1473, et resta à la Délivrande jusqu'au 19. Il était accompagné de Louis de Harcourt, évèque de Bayeux, patriarche de Jérusalem, de Louis de Bourbon, amiral de France, et du sieur de Torcy, grand maître des arbalétriers (1).
Manoir baronnial des évéques de Bayeux. Très anciennement les évéques de Bayeux ont possédé, à Douvres, un château baronnial avec des terres. On trouve une infinité d'actes datés de ce château aux
Les transepts possèdent de magnifiques verrières et des autels richement sculptés; dans celui du nord, s'élèye la gracieuse niche ogivale dans laquelle est placée la statue vénérée. Ce petit monument est une merveille d'élégance par sa flèche élancée, ses clochetons, ses pilastres, ses statuettes, ses groupes, son chapiteau supporté par une colonne en marbre de Carare, sur lequel repose la madone.
Le chœur ne le cède ni en beauté ni en richesse : magnifiques fenêtres ogivales, splendides verrières, légères colonnettes, frise gracieuse, maitre-autel, tabernacle véritable œuvre d'art, bas-reliefs.
Au-dessous du chœur se trouve une crypte romane*
Aux deux côtés de l'édifice, s'élèvent deux tours élégantes et majestueuses, dans le même style ogival, mais différentes par l'ornementation.
La vue de l'abside et des tours, au sortir de la gare« est magnifique et imposante.
(1) Les pèlerins sont toujours extrêmement nombreux à U Délivrande ; les missionnaires du diocèse y ont leur maison. Il existe aussi & la Délivrande, depuis plu* sieurs années, un couvent de religieuses fondé et dirigé par M*^ Sainte-Marie, fille de M. le comte d'Osseville, ancien receveur général du Gdvados, dont nous avons dté le châtoM à l'article Govnu.
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XIIP, XIV et XV siècles. Odon Rigault, lorsqu'il visitait le diocèse de Bayeux du temps de Saint Louis, y couchait habituellement. On voit encore aujourd'hui quelques restes de ce château ; ils ne m'ont pas paru remonter au-delà du XIY* siècle ou de la 8n du XIII*. Il y avait une chapelle dans Tenceinte.
Douvres était le chef-lieu d'une des sept baronnies qui formaient la mense épiscopale des évèques de Bayeux; diverses paroisses en relevaient, comme on le voit dans les aveux rendus au roi par les évéques. Il s'y tenait à 1«l Chandeleur une foire dont la durée était de {>lusieurs jours, et mn marché le samedi, dont les droiU étalent perçus au profit de Févéque (1).