‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 108 sur 113 · COLLEVILLE-SUR-ORNE · texte numérisé non relu

COLLEVILLE-SUR-ORNE

Col le vil le -sur- Or ne, Coldemlla, Collenvilla, Collavilla, Collevilla.

•nbiya du CAnita par H. Lichiudfsl-Aniiy,

L'église de Colleville avait autrefois des bas-côtés qui OQt été supprimés ; quatre arcades cintrées, aujourd'hui bouehées, servaient à communiquer avec chacune des ailes. Cette nef romane peut dater de la fin du XI* siècle ou du XII% mais la porte occidentale, avec ses archivoltes ornées de tores et ses colonnes annelées, n'est vraisemblablement que du commencement du XIII*.

Le chœur me paraît du XII* siècle; une arcade cintrée garnie de zigzags le sépare de la nef. Les voûtes de la première travée sont à plein cintre; le reste vers le chevet est d'une époque moins ancienne, et la forme de l'ogive y est prononcée. li est probable que cette portion de voûte fut faite, lorsqu'on ouvrit les arcades qui établissent une communication avec la chapelle accolée au chœur du côté du nord. Cette chapelle paraît du XIIP siècle, à en juger par les trois lancettes que l'on y voit au chevet, les colonnettes de l'intérieur, les voûtes et les caractères généraux de la construction. Des fenêtres ont été repercées dans le mur méridional du chœur; on y voit une porte romane avec archivoltes ornées de losanges et d'étoiles. Cette porte a dû être dans l'origine précédée d'un petit porche.

Les fenêtres primitives de la nef sont très étroites et légèrement ogivales; on les a repercées presque toutes du côté du sud, mais il en reste quelques-unes du côté du nord.

La tour latérale, au nord, est de deux époques : romane dans sa {îartie inférieure (XII® siècle) jusqu'à une certaine hauteur; du XV' siècle, dans la partie supérieure, où des contreforts sont appliqués sur les angles. Elle se termine comme quelques autres tours

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du littoral par une plate-forme garnie d*un parapet crénelé.

L'église de Colleville était sous Tinvocation de Saint Vigor. La cure se divisait autrefois en deux parties, qui ont été réunies en 1680, à charge de vicaire. L'ab> baye de Sainte-Trinité de Caen et le chapitre de la cathédrale avaient alternativement le patronage. La dîme se partageait en quinze portions : le curé en avait quatre; Tabbaye de Sainte-Trinité de Caen, six par donation de Godefroy Lunez en date de Tannée 108!2; le chapitre, deux par donation de Guy, évèque de Bayeux à la date de 1259; Tévèque en avait une ; le Sépulcre, une et le Val-Richer, une. Sur le total de cette dîme, abstraction faite du lot du Yal- Hicher, on levait trois muaisons, savoir : 72 boisseaux d'orge et 12 boisseaux de blé pour le curé, 36 boisseaux d'orge pour l'abbesse de Sainte-Trinité et 36 boisseaux d'orge pour le trésor de Colleville.

La chapelle de N.-D. des Vœux ou des Cheveux y dont j'ai parlé, et qui est accolée au chœur, n'avait jamais été possédée par aucun titulaire. Ses biens, valant sept à huit cents livres de rente^ étaient regardés comme biens de charité, et ce revenu, qui égalait celui du trésor, était administré par un échevin. Après l'acquittement des frais de décoration et d'entretien et des autres charges, le reste était employé en oeuvres charitables.

On a trouvé dans un buffet de chêne, qui était dans cette chapelle, une quantité considérable de vieux papiers ; j'y ai vu des baux, par adjudication, des terres appartenant à cette chapelle et divers comptes. M. le curé a chez lui ces pièces que je n'ai pas eu le temps d'examiner. Je l'ai prié de les conserver.

GANTOlf SB DOUVUfiS. 478

CRE88ERONS.

Cresserons, Crisselouy Crisselunt.

Le chœar et le transept de Téglise de Cresserons sont modernes : ils ont été construits, il y a dix ans, par les soins de M. Désolais, desservant de cette paroisse. Les murs latéraux de la nef ont été exhaussés à la même époque, mais, celte addition exceptée, ils peuvent remonter au Xil* siècle comme la façade qui est, à présent, la seule partie de Téglise digne d'intérêt. On y voit une très jolie porte romane à deux archivoltes : Tune ornée de losanges, Tautre de zigzags disposés de manière à dessiner encore des losanges, dont une moitié tapisse Tintrados deTarcade; cette disposition, toujours d'un très bon effet, se rencontre dans beaucoup d'autres portes romanes du Calvados.

. Trois fenêtres cintrées, égales en hauteur, décorent le second ordre et surmontent cette jolie porte; la fenêtre centrale est seule ouverte et vitrée. Toutes trois ont leurs archivoltes garnies de frettes crénelées, et portées sur des colonneltes romanes.

Un tourillon à deux baies surmonte le mur de la façade; il fut établi en 1727, ce qui nécessita la reconstruction de la partie supérieure du mur. M . Desclais pense même qu'on a refait alors une partie des fenêtres dont je viens de parier; mais, s'il en fut ainsi, on imita avec la plus scrupuleuse exactitude le style des fenêtres primitives.

L'église de Cresserons est sous l'invocation de Saint Jacques. Cette paroisse était autrefois annexe de Lion. L'abbaye de Troarn nommait à la cure, et percevait

les dîmes.

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M. le curé de Cresserons, qui a fait des recherches intéressantes sur Thittoirè dé sa paroisse et des fiefs qui s'y trouvaient, pense que l'ancien château était placé dans une piè6e de terre qui avoMne i'église du côté do nord.

Tuiles romaines. Dans la même direction, mais à une plus grande distance, j'ai remarqué dans les terres labdurées quelques débris de tuiles à rebords.

PLUMETOT.

Ptumetot, FlumetoL

L*église de Plumetot se compose d'un chœur et d'une nef, au nord desquels régnent des bas-côtés et une chapelie.

Le chœur parait du XIV' siècle; un rang de quatre^ feuilles forme une espèce de frise sous la corniche. Une fenêtre assez grande, dans le chevet, a été bouefaée *par suite de l'établissement du rétabie de l'autel. La chapelle aooolée au nord doit être de la m^ne époque que le chœur.

La nef est moins large et mois élevée que le chœur; des arêtes de poisson dans les murs du sud et uoe partip du mur septentrional prouvent qu'elle remonte à la période romane, mais une grande partie de ces murs a été relaite, soit à ré{M)qae où le bas-eôté a été établi, soit à une époque différente ; aujourd'hui cette nef a bien peu de caractère.

L'église est so^us l'invocation de Saint Samson, Le patronage appartenait à l'évêque de Lisieux ; i'évêque de Bayeux en était collateur ; le curé percevait la dîme.

CANTON Bl DOUTUS. 477

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