EST DÉCÉDÉ LE XXIV
AOUT MDCCLXXXVII
Priez Dieu pour le repos de son âme
Une pierre tombale armoriée porte le nom de messire François de Pierrepont, prieur-curé de Saint-Clair d'Hérouville, décédé le 17 avril 1747, âgé de 67 ans.
La tour carrée établie au centre du transept est couronnée d'un toit à double égout; les ouvertures qu'on y voit et la balustrade qui règne au niveau de son toit ont le caractère du XV* siècle ou du commencement du XVI*.
L'autel principal à colonnes torses, comme on en faisait dans le XVII® siècle et à la fin du XVI% était disposé de manière à laisser en arrière un emplacement pour la sacristie. Des portes du même style l'accompagnaient à droite et à gauche. Au-dessus de chacune de ces portes était un petit bas-relief en albâtre, du XVP siècle, peut-être, dont l'un représentait l'Annonciation et l'autre l'Adoration des Mages. Le tableau de l'Annonciation était remarquable en ce que, au-dessus de l'ange qui saluait la Sainte- Vierge, on voyait le Père
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Éternel de la bouche duquel s'élançait le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe (a).
Le patronage de Saint-Glair était laïc; Tabbaye du Val exerçait le patronage sur Saint-Pierre. La grosse dîme des deux paroisses se partageait par moitié entre Tabbaye du Val et le curé de SaintClair. Les verdages se partageaient par moitié entre le curé de Saint- Clair et le prieur-curé de Saint-Pierre. L*abbaye d'Ardenne avait la dîme de Lébisey.
Dans ce hameau de Lébisey était un prieuré, le prieuré de Sainl-Vincent, fondé pour Tabbaye d'Ardenne en 1â9l, par Roger Le Mazuier, chevalier, et son frère Christophe. Roger donna à l'abbaye d'Ardenne la chapelle de Saint- Vincent de Lébisey pour être desservie par un religieux profès d'Ardenne, qui devait célébrer l'office avec un ou plusieurs frères (1).
(a) En 1866, Téglise Saint-Clair d'Hérouville a subi d*assez considérables modifications. Quelque temps auparavant, on avait construit une sacristie au nord du sanctuaire pour agrandir le chœur, derrière lequel était l'ancienne. La troisième travée formant chevet droit, ajoutée au XIII* siècle, a été détruite pour agrandir de nouveau le chœur, en reportant le chevet d*environ 1" 60 plus loin sur le bord de la falaise abrupte qui borde le chemin.
L'autel principal, orné d'un retable à colonnes torses, derrière lequel était l'ancienne sacristie, a été reporté dans le transept sud.
(1) Ego Bogerus 1 e Maïuier, miles... dedi abbalis B. Marie de Ardetiâ.. . lotam masuram meam de Lesbiseio et capellam B. Maris et sancti Viocentii cum omnibus decimis et terris meis apud Lesbiseiam pro uno presbytère canonico professe dicte abbalie qui cum uoo vel plnribos fratribus perpetuii diviiram officiiim io dieta capella caotare tenebitur pro anima meA. . • Addo 1S9I.
{Extrait du eartulaire d'Ardenne),
98 STATISTIQUE MOIfUlIBNTALS DU CALVADOS.
Une corniche garnie de dents de scie, et quelques autres détails annoncent que cette chapelle avait été construite au XIII* siècle. .On la voit toujours dans les jardins de Thabitation de M. Signard d'Ouffiëres.
Deux chapelles, celles de Saint-André et de Sainte- Marguerite, dont Tabbaye du Val avait le patronage à Hérouville, ont été abattues : la dernière durant la Révolution, la première longtemps auparavant.
Le seigneur d'Hérouville était à la conquête de TAngleterre en 1066. Je suppose que le château se trouvait vers la ferme appelée maintenant le Pavillon ; mais je manque de renseignements à ce sujet, et Ton ne voit aucun emplacement qui puisse servir à fixer la position du siège de cette famille.
Des médailles romaines ont été découvertes à plusieurs reprises h Hérouville, et Ton a trouvé sur plusieurs points du territoire un grand nombre de tuiles à rebords.
Tout récemment les vestiges d'une villa ont été signalés par M. de Magneville : j'en ai publié le plan et la description dans mon Cours d'Antiquités, t. III.
L'habitation de M. de Magneville. à Lébisey, est remarquable par les beaux arbres exotiques qu'on voit dans le parc. Un grand nombre de réunions géologiques et botaniques y ont été tenues à diverses époques. Ce lieu est historique sous ce rapport, (a)
(a) En 1870, la Congrégation des Frères des Écoles chrétiennes fonda un noviciat de Frères, pour la province de Norniandie, sur la croisse d'Hérouville-St-Clair, grâce à la générosité d'une bienfaitrice, madame de Courdemanche, de Lisieux.
Cet établissement, modeste à ses débuts, a pris une importance qui grandit de plus en plus.
Un généreux bienfaiteur, M. Jules Dubosq, de Rouen, origi-
ËraoN.
L'église Saint-Ursin d'Ëpron, Sanctus Ursinus de ffesperonCy dépendait de la communauté du Sépulcre de Caen. Ce n'était d*abord qu'une chapelle, dont l'érection en paroisse date du XV« siècle, comme nous l'avons dit dans l'article précédent.
Elle est sans intérêt, toutes les fenêtres ont été repercées et sont modernes ; il n'y a que la nef dont les murs en arête de poisson offrent quelque caractère ; ils peuvent dater du XIP siècle, peut-être même de la fin du XI*. Le chœur et l'abside ont été reconstruits en style roman, vers le milieu de ce siècle. Ils sont bien plus élevés que la nef et dominent même le petit clocher. La sacristie accolée au chevet est moderne ; la tour superposée au gable occidental est faite depuis peu, en bois, et couverte en ardoise.
D'après le pouillé du diocèse la perception des dîmes se décomposait ainsi qu'il suit avant la Révolution : l'abbaye d'Ardenne un trait, le curé de Saint-Clair d'Hérouville un trait, et le curé d'Épron le reste.
Le hameau de Couvrechef dépend de la paroisse d'Épron.
naire des environs de Caen, a fait élever sous la direction de M. Hébert, architecte à Caen, une vaste chapelle en style ogival. Le portail est flanqué d'une tour élégante. Vu des bords du canal, l'édifice offre un aspect gracieux et pittoresque.
Une grotte, fac-similé de celle de Lourdes, a été creusée à droite du monument. Des lacets de 170 mètres de développement serpentent au milieu de rochers artificiels.
SAINT-C0NTE8T.
L'église de Saint-Contest (S^^ Contestus) fut donnée à l'abbaye d'Ardenne, en 1207, par un d'Aignaux, seigneur de cette commune (I), et elle était desservie par les religieux de cette abbaye avant la Révolution.
Le chœur appartient à Tarchitecture romane ; on y voit des fenêtres cintrées ayant l'archivolte ornée de zigzags et portée sur des colonnettes. Ces fenêtres et la corniche à modillons qui forme l'entablement annoncent l'époque de transition ou le XII* siècle. Quelquesuns des cintres des fenêtres offrent même une ogive très obtuse. Le chevet qui est plat présente deux rangs d'arcatures romanes bien conservées et assez riches.
On remarque du côté du nord une porte bouchée très élégamment ornée de zigzags, dont le tympan porte l'agneau, symbole du Christ (v. page suiv.).
La tour placée à côté et au sud de l'église entre le chœur et la nef paraît du même temps; elle est carrée, surmontée d'une pyramide à 4 pans en pierre, forme que nous retrouverons dans plusieurs autres tours d'églises romanes. L'escalier forme, à l'un des angles, un tourelle cylindrique couronnée par un clocheton. On remarque vers la partie supérieure une fenêtre
(1) Ego Walteriuft de Agnellis dedi, concessi ei confirmaTt Deo et sanctae Mariœ de ArdeooA et Canonicis ibidem Deo servientibus,
jus p'dtronatUB (Ccclesix Sancti Contesli et omncs décimas de Buron, de Bitott de Marlon, de Chievrecie (Couvrechef) et decimam sancti Contesti qu£ vocatur parva decimn : actum apud Cadomum iu assisia âono Terbi incamati MCGVII. (Cartul. d^Ardenne k la Bibliothèque de Caeo).
CANTORS D8 CiEIt.
PORTE LATERALE DE L EGL15E ST CONTEZT
semi- circulaire entre deux arcades bouchées plus petites ; des arcades simulées fort longues ornent cette tour au-dessous des fenêtres.
La nef est éclairée par de jolies lancettes accompagnées d'une colonne légère de chaque côté et la tête ornée de tores. Elle doit dater de la fin du XIII* siècle. La porte d'entrée à l'ouest avec son tympan trilobé et qui offre des chevrons détachés et collés, en quelque sorte, par leurs extrémités sur les tores ou cannelures multiples de Tarchivolte, paraîtrait du XIV" siècle ou de la fin du XIII*. Au-dessus de cette porte le mur est percé de deux lancettes et d'une rosace.
L'autel orné de colonnes torses peut dater du commencement du XVIIP siècle ou du XVII"; il est placé de manière qu'il reste derrière un vide où l'on a établi la sacristie comme dans un très grand nombre d'églises : cela est d'autant plus fâcheux que le mur du chevet est orné d'arcatures élégantes qui se trouvent ainsi cachées.
Au nord de l'église, du côté opposé à celui de la tour et entre chœur et nef, est une chapelle latérale du XV siècle {a).
Plusieurs villages principaux, Bltot, Cussy, Gruchy, Buron et Malon, font partie de la commune de Saint-
(a) Des changements assez notables ont été la conséquence des travaux de restauration dont l'église a été l'objet.
L'enlèvement du maître-autel, réclamé par M. de Caumont, a été enfin opéré et permet de se rendre compte de Télégante décoration du chevet, qui se trouvait auparavant masqué aux regards. La charmante porte latérale, figurée ci-coctre et signalée par tous les archéologues, à été déplacée. Elle se trouve aujourd'hui au côté nord, près de la tour et sert de porte d'entrée à la sacristie nouvellement construite par l'architecte Auvray.
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CoQtest ; les fiefs de ces villages relevaient du principal seigneur de Saint-Contest.
On a vu, par la note que j*ai citée, que Gautier d*Aignaux avait fait don à Tabbaye d'Ardenne, en 1207, des dîmes de Buron, de Bitot, de Masion et de la petite dime de Saint-Contest.
L'abbé et les religieux d'Ardenne adressèrent au pape une pétition à TefTet d'obtenir les bénéfices et revenus de Téglise paroissiale de Saint-Contest. Ils exposaient dans cette pétition que les ressources du monastère ne pouvaient suffire à leurs besoins; qu'ils se trouvaient dans l'impossibilité d'accomplir les devoirs de l'hospitalité ; qu'il arrivait souvent qu'ils ne pouvaient, faute de bois, cuire leurs aliments ; enfin que l'état d'inanition où se trouvaient parfois les frères, le matin, les forçait de rester au lit. Le pape Jean en écrivit à l'évèque de Bayeux, en 13^20, le 17 des Kalendes de juin, et ce prélat, à sa prière, octroya en 1327 à Tabbaye d'Ardenne ce qu'elle demandait (1).
On trouve dans le cartulaire de l'abbaye d'Ardenne un état des grains et pailles de la dîme de Saint-Contest, recueillie au mois d'août 1648 et partagée par moitié entre le receveur de l'abbé d'Ardenne et les religieux de l'abbaye. Cet état peut être intéressant pour ceux qui feraient des recherches sur la production agricole de cette époque.
La propriété de la dîme de Saint-Contest fut contestée à l'abbaye d'Ardenne par Gaspard de Melun, curé d'Hérouville ; mais par sentence du bailli de Caen, en date du 29 juillet 1650, la demande de celui-ci fut jugée mal fondée, et il fut condamné à 18 livres d'amende. Appel
(i) V. le Cartulaire, p. ^80-383.
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fut porté contre cette senteace, et le parlement de Rouen décida que le bailli avait bien jugé (i).
Depuis le XIII* siècle, on trouve les d'Aignaux, seigneurs de Saint-Contest et d'Amfréville. Guillaume d'Aignaux était encore seigneur de ces deux paroisses en 1399 et 1400, ainsi que le prouvent des actes passés devant les tabellions de Gaen ; on le voit figurer sur un acte de 1412 avec Jeanne Helot, sa femme (2).
Girard de Nollent, qui fit bâtir le petit château des Gens d'armes à Saint-Gilles, était seigneur de Saint-Gontest à la fin du XV* siècle.