NOMS
DES ABBiS.
DATES
de lear installation, delearmortoade leur abdlcatloa.
ADtoiDe Di Mo»
«BHTILLBB*
Henri Laisné.
Louis-ÂubertDB
VlLSBBIN.
Louis DB FODB- BIN DB LA
Mabtbb.
Joacbim Pautbibb.
Prêtre Réculier et aumônier du seigneur Des Noyers, conseiller do roi. Durant son administration mourut en 465 A à 83 ans le frère Jean de La Croix, prieur claustral, qui avait introduit des réformes dans la discipline de plusieurs abbayes, auipuenté les revenus consacrés à la nourriture et à Tentretien des religieux; enrichi la bibliothèque de 1000 volumes ; fait construire à grands frais un nouveau dortoir joignant l'aucien ; étendu les murs d'enceinte de Tabbaye ; enfiu décoré Péglise d'autels, de peintures et d*omements de toutes sortes.
Conseiller et aumônier du roi. Il abandonna Tabbaye Tannée suivante pour un évèché.
Aumônier du roi. Il ne put jamais obtpnir des religieux, après de nombreuses tentatives, qu^il fût fait un nouveau partage de tous les biens. Un arrêt du grand conseil vint mettre fin au débat en confirmant Pancien partage.
Le Galiia Christiana mentionne deux abbés de plus Gaspabd dr
FOOASSBS DB LA BaSTIB.
Db Saint-Yallibr.
N. — Le CAttlogtte 4e$ abbé* transcrit dan? le cartulaire s'anrêtç à Tan 1709.
STiTIBTIQUE MONtlMBSTALE DU ULVADOE.
Les restes de l'abbaye d'Ardenne sont encore impo- Bants ; on entre dans In première cour par deux portes, l'une cintrée et assez large pour les eharrelles, l'autre en ogive et beaucoup moins grande, pour les gens de pied, dette entrée dont la corniche est garnie de dénis de scie peut dater de la fin du Xlll' siècle ou du
Façade de la grange d'Ardenne |XIII' ou XIV* Biècle).
XIV*. La cour est entourée de bâtiments divers d'une dale peu certaine ; à l'extrémité, du câté gaucbe, on en voit un plus considérable, très simple extérieurement, ayant à l'intérieur des colonnes cylindriques comme une église, et servant aujourd'hui de grange. Les ouvriers de la ferme rapportent qu'on y a célébré
l'office pendant que l'église étail en construction (1). 11 est possible qu'il ait servi momentanémeat d'église,
Façade de l'abbajre d'Ardenne.
mais il est probable aussi que cet édifice a été élevé pour l'usage auquel il csl encore aujourd'hui destiné ;
120 STAtlSTIQUB MOnUUKNTALE HU CALVaDoS.
les abbayes avaient souvent de grandes constructions pour loger le blé dçs ^iP^^^-
Les b&timents claustraux qui avaient été reconstruits en grande partie peu de temps avant la révolution et que j'ai vu détruire il y à lo ans, forniaient avec l'église une seconde enceinte.
L'église assez élevée se compose d'une nef avec bascAtés, sans transept et sans tour, flanquée seulement de
tourelles aux quatre angles. Ainsi que je l'ai dit dans mon histoire de l'architecture, on peut la regarder comme un échantillon des XIII' ou XIV* siècles, mais diverses parties sont moins anciennes. Je trouve en elFet dans le carlulaire. que la construction, commencée dnns le XIII' siècle, fut poursuivie avec ardeur par l'abbé Jean Le Blond, élu en 1297 et mort en 1324. l>t abl>é ne termina pas complètement l'église: templi reslaurationem perflciendam suscepit, nectamenper-
CANTORS DK CiKH. l2l
fecit. Aussi De faut-il pas lui attribuer certaines parties de l'édi&ce, évidemment plus modernes.
La façade est surtout remarquable; je la crois en graade partie du XIV', mais la grande rose est évidemmenl postérieure, elle appartient au style flamboyant
le mieux caractérisé et ne saurait guère être antérieure b, la deuxième moitié du XV*.
Les trois portes sont probablement ce qu'il reste de plus anci«!n dans la façade ; elles pourraient dater de la fin du XlIP. ai elles ne sont pas dn XIV*.
Celle qui correspond à la grande nef est, selon l'usage,
iîî STATIStlQUe UDNttlIËNtlLE DU CALVADOS.
plus graade et plus riche que les autres ; les colonnes qui en garnissent les parois latérales sont disposées sur deux rangs; les unes faisant saillie sur d'autres plus petites qui supportent des arcatures tapissant la muraille. Cette disposition se rencontre assez fréquismment dans le Calvados aux XIII* et XIV' siècles.
Entre les ogives des arcatures du second plan, on voit des trèfles au milieu desquels sont figurées des tètes qui par leur attitude semblent regarder ce qui se passe sous le portail de l'église
Les chapiteaux des colonnes détachées du premier rang se marient avec une frise garnie de feuillages, sur laquelle reposent les moulures de l'archivolte.
Ce portail avait été peint ; la couleur verte est encore très visible. Le tympan a été maladroitement endommagé par suite de l'agrandissement de la porte .
Les deux petites entrées qui correspondent aux ailes sont plus simples, mais d'une forme très élégante. Trois colonnettes tapissent chaque paroi et supportent les tores des voussoirs ; le tympan est orné d'une rosace.
Voici l'esquisse des chapiteaux des cotonnettes.
Les bases fort élégantes et dont nous avons quelques exemples dans le Calvados offrent un premier tore très épanoui sur lequel repose un second tore ou un listel, couvert de petites moulures.
CAtiTONJ DR CAtH. ai
Ce geore de base se rencontre quelquefois au commeocement du XIV siècle et dans la î' moitié du XUI*.
Chapitaa
: 'des colonnetles.
La vue perspective de la façade en montre l'ordonnance générale (1). On y remarquera la rose dont j'ai déjà présenté l'esquisse plus détaillée, tes arcatures placées en-dessous et formant, combinées au dessin de cette rose, une grande fenêtre ogivale ; enfin, à la base dn gable, une galerie ou balustrade dont chaque entrecolonnement est couronné d'un fronton triangulaire fort aigu orné de trèfles et de quatre-fcuilles. Cette partie supérieure de l'édifice semble du XIV
le U.Gaya de i'tale
siècle bien que la rosace inférieure soit dans le style du XV*, comme nous Tarons dit.
Les deux escaliers qui flanquent et encadrent du haut en bas la façade devaient être couronnés de clochetons qui auront été détruits.
Les murs latéraux de la grande nef montrent, audessus du toit des bas-côtés, des fenêtres assez simples, subdivisées en deux baies.
L'entablement est garni de dents de scie, ornement qui se rencontre 1res fréquemment dans le Calvados, au Xllle siècle et dans le XIV.
Le cloître moderne de Tabbaye, détruit de nos jours, était accolé à Téglise du côté du sud; les moines pouvaient venir à l'office à couvert: on voit encore dans le bas-côté méridional la porte par laquelle ils entraient.
A rintérieur, l'élévation de la grande nef est divisée en deux ordres, savoir: des arcades qui communiquent aux bas-côtés et des fenêtres ogivales, subdivisées en deux baies, placées au-dessus. Il n'y a pas de triforium entre ces deux ordres, mais seulement une galerie de quatre- feuilles. Les arcades ogivales, entre la grande nef et les bas-côtés, sont portées sur des colonnes cylindriques dont les bases reposent sur un socle ou piédestal. Quatre colonnettes cantonnées en croix s'appliquent sur ce fût principal, mais trois d'entre elles s'arrêtent au chapiteau de la colonne centrale: il n'y a que la colonnetle de face (celle qui occupe le centre de la colonne du côté de la grande nef) qui s'élève jusqu'à l'épanouissement des arceaux de la voûte.
Des reprises diverses s'observent dans l'édifice, et l'on sait que l'abbaye a éprouvé des malheurs à plusieurs époques; on sait aussi qu'au XIll* siècle (1), la
(1) Essais historiques sur U ville de Caeti, par l'abbé De La Rue.
CANTONS DE CAfiN. 125
voûte du chœur s'écroula et écrasa I*abbé et 2g religieux pendant qu'ils célébraient l'office.
Dans le XIV® siècle les réparations de l'église avaient considérablement endetté l'abbaye (1).
Dans la seconde moitié du même siècle, les guerres des Navarrois la mirent dans Tétat le plus déplorable : isolée dans la campagne, elle était contiuuellement exposée au pillage; les moines prirent le parti de se réfugier à Caen.
Dans le XVI* siècle, les guerres de religion entraînèrent de nouveaux malheurs. L'église fut pillée, les meubles enlevés^ les revenus conGsqués.
Une partie de la voûte qui a été détruite, je ne saurais dire à quelle époque, est seulement réparée avec des planches assemblées comme les pièces d'un tonneau ; les culs-de-lampe ou pendentifs qu'on observe dans cette partie sont aussi en bois.
Avant la révolution, l'abbé De La Rue avait copié dans le chœur l'inscription tumulaire d'un Henry de Tilly, seigneur de Fontaine-Henry ; je n'ai pas retrouvé cette inscription, mais le blé et la paille dont une partie de l'église était encombrée toutes les fois que j'y suis allé Ta peut-être dérobée à mes regards. La voici telle que l'abbé De La Rue l'avait copiée :
CI 6IST MONS. JEHAN DE TILLY QUI I TRÉPASSA l'an DE GRACE MIL III CENS
i XX LE MERCREDI EMPRBZ LA TOUZ SAINS
DEX PAR SA GRACE METE l'aHE DE LUI EN PARADIS AMEN.
(1) Le mur latéral gauche entre la nef et le bas-côté nord prés de la façade occidentale décrit une ligne diagonale et forme une espèce de rétrécissement dont je ne me suis pas bien rendu compte ; peut-être cette disposition a-t-elle été déterminée par quelque travail de consolidation.
126 STATISTIQUE MONUMBNTALIt DU CALVADOS.
On voit par les chartes dÂrdenne qae la famille de Tilly avait fait différentes donations à Tabbaye ; plusieurs des ancêtres de Jean de Tilly^ dont il est question dans l'inscription précédente, avaient eu pendant longtemps leur sépulture à Ârdenne ; il en était de même de plusieurs autres familles anciennes du pays, telles que les d'Âignaux, seigneurs de Saint-Contest, les Meulent, seigneurs de Courseulles, les Goustellier^ seigneurs de Petiville, etc.
Les bâtiments de Tabbaye d'Ardenne encore subsistants forment aujourd'hui deux corps de ferme dont l'un appartient aux héritiers de feu M. de Rheinhard, pair de France, membre de l'Institut.
CARPIQUET.
Carpiquet, Carpihech, Karpikethum.
L'église présente quelques parties remarquables. Dans la façade, on voit une porte centrale à plein cintre dont l'archivolte double portée sur des colonnes à bases attiques est ornée de zigzags, et de chaque côté une fenêtre bouchée dont l'archivolte est décorée de moulures en zigzags (1). La tour entre chœur et nef est massive et terminée en bâtière. On y remarque quelques fenêtres subdivisées par des meneaux bifurques à leur partie supérieure. Elle doit dater du XV® siècle ou du XIVV Le chœur pourrait dater du XV* ainsi que deux arcades ogivales de la nef qui le précèdent du côté droit.
(1) I^s arcades qui séparent la nef des bas-côtés sont ronumes comme la porte d'entrée ; les colonnes qui les supportent ont été grattées plusieurs fois, riles sont massives à chapiteaux peu soignés, je les crois du XII* siècle .
GANTONS DE CAEN. 127
L'église de Carpiquet sous rinvocation de Saint» Martin était sous le patronage de l'abbaye de Sainte* Trinité de Gaen qui possédait dans la paroisse des dîmes considérables par donation de Guillaumé-le- Conquérant, de Mathilde son épouse et de plusieurs autres seigneurs, depuis l'an 1066.
On voit au centre du village, sur le bord de la route départementale de Tilly, rentrée de la ferme appartenant avant la révolution à l'abbaye de Sainte-Trinité. On y remarque deux portes en ogive de grandeur inégale qui paraissent du XIV* siècle.
Dans le XP et le XII* siècle la commune de Carpiquet était couverte de vignobles; l'abbesse de Caen en possédait une partie et avait la dîme du reste. Chacun de ses vassaux, lors de la vendange, lui devait, selon l'étendue de sa tenure, le service d'un, de deux, de trois et même de quatre bœufs pour charrier ses vins à son abbaye; ce service est appelé vinagium dans les actes de cette époque (Y. Cartul. Sainte-Trinité à la Bibl. nation.).
Dans une cour, entre l'église et la grande route, j'ai trouvé une colonne cylindrique surmontée de son chapiteau qui sert aujourd'hui de support à un escalier extérieur; on m'a dit qu'elle provient d'une halle qui avait existé près de là très anciennement; le style du chapiteau annonce à peu près le XVI* siècle.
BRÉTTEVILLE-SUR-ODON.
Bretteville-sur-Odon, Britivilla Sancti Michaelis; Britivilla super Uldunum,
Ce village, à 3/4 de 1. S. 0. de Caen^ sur la route de Bretagne, est souvent désigné sous le nom de Brette^
128 STATISTIQUE lfO!fUMBNTALE DU CALVADOS.
Yille-la-Pavée, nom qui lai vient de la route qui le traverse. Son nom latin Britivilla Sancti Michaelis lui fut donné, parce que Tabbaye du Mont-Saint-Hichel y possédait des terres qu'elle tenait de Gonnor» femme du duc Richard !•'.
II y avait autrefois deux églises à Bretteville, celle de Notre-Dame et Saint-Pierre, sa succursale. Le patronage ainsi que les dîmes appartenaient à l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
Notre-Dame, qui sert aujourd'hui au culte, et qui est la plus voisine de la ville de Caen, est celle qui offre le moins d'intérêt. Le chœur a été reconstruit en partie ou repris en sous-œuvre ; l'arcade ogivale qui le sépare de la nef a été conservée: c'est la partie la plus remarquable de l'édifice. Les petites tètes de clous qui garnissent l'archivolte et les chapiteaux des colonnes qui la supportent ont le caractère du XIII* siècle. Il n'est pas facile d'indiquer d'une manière précise Tâge de la nef, les fenêtres qui offrent quelque caractère sont du XV® siècle; mais elles pourraient avoir été substituées à d'autres : on y a percé des fenêtres modernes. La tour placée à l'extrémité occidendale et terminée par un toit à double égout, paraît du XV* siècle. Les caractères en sont peu prononcés (a).
(a) Cette église a été démolie, il a y peu d'années. On n'a conservé que la tour dont le bas sert aujourd'hui de petite chapeUe,
La nouvelle église, située dans une belle position et orientée à l'ouest, a été achevée en 1889. Sa construction appartient au style ogival secondaire. L'édifice se compose d'une nef ornée de bas-côtés, d'un chœur et d'un sanctuaire éclairé au fond par une croisée unique très élevée. Les bas-côtés se prolongent jusqu'au haut du chœur. La nef comprend quatre tra-
CANTONS DE CAEN. ii9
Saint-Pierre qui éUit avant la révolution une ine-
Église SaiDt-Pierre â BrettevIlle-sur-Odon.
caraale de Notre-Dame, servait de chapelle anx moines
Tèes et te chœur, deux ; ellea sont surmontées d'un triforium et d'un clérestory très peu élevé, éclairé par de petites ouvertures en forme de quatre-feuilles. En avant du chœur, de chaque côté, une travée dont ro(;îve est élevée à la hauteur du cléreatory forme transept à l'extérieur. La façade, très simple de chaque côté, est Qanquée, au milieu, d'uue gracieuse tour dont le pied sert d'entrée à l'église. Au haut du corps de la tour, huit clochetons de l'enceinte desquels émerge une pyramide en pierre, très élégante. Les croisées sont ornéeede vitraux; le pavage est en mosaïques.
Cette église est sous te vocable deN.-D. de l'Assomption.
du Mont-Saint-Michel, qui habitaient tout près de là les maisons de la baronnie.
Cette église est en ruine. La nef a perdu sa toiture ; il n'en reste plus que les murs latéraux qui offrent une corniche portée sur des modillons et une porte latérale au nord ornée de zigzags; je crois que cette partie ne remonte pas au-delà de la première moitié du XII* siècle. Plusieurs modillons offrent des obscénités: je les ai dessinés pour la collection que je publierai dans un chapitre de la Statistique monumentale du Calvados.
Le chœur est presque intact ; il était voûté en pierre comme on peut le voir par le dessin précédent, et Tarcade à plein cintre, par laquelle il communique avec la nef, est ornée de losanges.
Deux petits autels avaient été au commencement du siècle dernier malencontreusement placés de chaque côté de cette arcade dans un espace trop étroit pour les contenir ; ils masquent désagréablement les colonnes portant Tarchivolte. Les fenêtres percées dans les murs latéraux sont cintrées sans colonnes, mais garnies d'un tore qui les encadre du haut en bas. La corniche «qui surmonte les chapiteaux est ornée d'entrelacs perlés fort élégants : détails qui annoncent plutôt le XII* siècle que le XI*. Dans le mur latéral du sud est une porte bouchée dont l'archivolte est garnie de frètes crénelées ; le tympan sculpté en damier est encadré dans un cercle de pierre orné d'un double rang d'étoiles (a).
Une sacristie rectangulaire peu ancienne est appli-
(a) Plusieurs parties de ce vieil édifice, dont quelquesunes figurées dans le dessin ci-contre, sont aujourd'hui tombées en ruines. La tour existe encore, ainsi que la partie en ayant du dessin, moins le pignon triangulaire»
GANTONS DE CAEN. 131
quée sur le chevet; j'ai lieu de croire qu'elle a été substituée à une abside romane ; une base de colonne restée en place en dehors de cette construction et quelques vestiges, à fleur de terre, semblent le prouver. La tour quadrangulaire appliquée après coup contre l'extrémité occidentale de la nef, et terminée par un toit d'ardoise, est de l'an 1680, comme l'indique une inscription incrustée au-dessus de la porte. Cette inscription a été rognée et a perdu quelques mots du commencement; voici ce qu'on y lit encore: