NEUILLY-LE-MALHERBE
Neuillyle-Malherbe, Neulliacum, Nuilliacum, L'église n'offre qu'un bien faible intérêt architectonique; l'appareil est trop peu caractérisé pour guider dans l'appréciation de l'âge auquel on pourrait rapporter l'édifice.
(1) Notes manascrites de Beziers, commiiniquées par M. G. de ViUers.
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Des modilloiiB à figures décoreat la corniche de la nef qui parait plus ancienne que le chœur. Cette dernière partie de Tédifice est sans caractère et doit dater de l'ère ogivale. La tour construite à rextrémité occidentale et terminée en bâtière est moderne.
La porte principale qui se trouvait dans le mur latéral sud a été refaite eu 1783. Entre cette porte et la tour est, dans une niche, une petite statue de Saint Martin, qui peut dater du KVI® siècle.
J'ai vu dans le chœur une pierre tombale portant une inscription latine, à la mémoire de M. Antoine Louvet, curé du lieu, mort en 1748, à Tâge de cinquante-neuf ans.
L'église de Neuilly est réunie à celle du Locheur; elle était sous l'invocation de Saint Martin. Le patron collateur et décimateur était le chanoine d'Arry, lequel devait 36 boisseaux d'orge à l'abbaye d'Aunay.
La grange aux dîmes se voit près de l'église ; elle est garnie de contreforts et d'une construction très solide.
La seigneurie de Neuilly avait anciennement appartenu à la famille de Malherbe, et c'est de là que la paroisse a pris son surnom; au XVII*^ siècle et au XVIII* elle a été possédée par une famille de Fontaine anoblie en 1637. Claude de Fontaine, seigneur de Neuilly et vicomte de Gaen en 1684, était de cette famille.
ËVRECY.
Évpecy Hebrecemm, Everscium. Evrecheium^ Ebriciacum^ chef-lieti de canton, est un bourg très ancien, assis sur le coteau qui borde la rive gauche de la petite rivière de Guine.
100 STATtSTIQUI MONtniENTAlB DU CALVADOS.
L'église N.-D. d'Évrecy, qni est assez vaste, a subi diverses modifications, et, dans son eDBemble, elle
offre plusieurs styles, appartenant à diverses périodes de l'ère ogivale.
l.e chœur me paraît devoir être en grande partie rapporté au XIII' siècle, le chevet offre deux lancettes
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surmontées d'une rose, qui peut dater de cette époque, hormis le large contrefort du côté du sud, qui aura, je pense, été appliqué postérieurement pour consolider Tangle méridional. Une chapelle, aujourd'hui ruinée et qui, par les compartiments et les moulures de ses fenêtres, annonce le XY® siècle, était parallèle au sanctuaire du côté du nord; quand on Ta supprimée, il a fallu refaire en grande partie le mur latéral du chœur, qui se trouvait percé de quatre arcades communiquant avec cette chapelle ; les ruines qui en restent et le clocheton qui les surmonte font un très bon effet dans le paysage, et il faut se garder de les faire disparaître.
Les ruines decette chapelle se rattachent à une prétendue révélation qui fit bruit dans le canton, au commencement du siècle dernier.
Marie Letoc, convulsionnaire extatique, qui avait pour directeur un certain abbé Heurtin, vicaire d'Êvrecy, lequel devint plus tard curé de Landes (1), voyait dans ses extases deux hommes vénérables, dont Tun se donnait le nom de Ballfrideyéyèqne de Bayeux, et Tautre celui de Hugues y son grand- vicaire. Ils disaient avoir été martyrisés par les Danois dans le IX* siècle, et annonçaient que leurs corps étaient inhumés dans le lieu d'une ancienne chapelle en ruines qui faisait partie de Téglise d'Ëvrecy (la cha* pelle dont nous parlons). Ce Baltfride ajoutait que c'était lui-même qui avait fait bâtir cette église^ et ordonnait à Marie Letoc de déclarer le tout à son confesseur, afin qu'il en avertit ses supérieurs, et
(i) Nons verrons à Tartide de Landes que cet abbé Heurtin fut aussi le confesseur des demoiselles de Laupartie, autres convulsionnaires, dont U prétendue possession fit beaucoup de bruit et donna lieu à diverses enquêtes de la part de l'amoritè ecclésiastique.
qae son corps et celui de soq vicaire fasseat levés et exposés à la vénération des fidèles (1).
La prophétesse Marie Letoc, qui finit par être renfermée à rhospice de Bayeux, était à coup sûr en défaut quand elle prétendait que la chapelle en question avait été construite par Tévêque Baltfride. On peut en juger par le dessin que j*ai présenté.
Le côté sud du chœur montre une grande arcade bouchée, qui annonce peut-être la suppression d'une chapelle.
La nef est bordée de bas-côtés; je la crois moins ancienne que le chœur, et en grande partie du XIV* siècle, à en juger par les chapiteaux des colonnes porteuses des arches qui communiquent avec les bascôtés. Ceux-ci sont d'un âge qu'il serait difficile de bien préciser : le bas-côté sud est percé de cinq fenêtres subdivisées en plusieurs baies et annonçant le XVP siècle; le bas-côté nord est moins caractérisé, il est éclairé par des fenêtres en lancettes d'une date plus ancienne que les autres.
La tour placée à l'ouest, et sous laquelle se trouve un vestibule formant l'entrée principale de Téglise, est carrée, bien construite et terminée par un toit à double égout. C'est une des belles tours de cette forme qui, usitée au XIV^ siècle, est devenue très fréquente dans lé XV* . Ce type est bien loin de pouvoir être comparé à celui que nous avons remarqué dans la tour d'Ifs et dans celle de Saint-Pierre de Caen, et nous préférons sous tous les rapports les flèches en pierre, si nombreuses et si belles dans le Calvados au
(i) V. U brochure imprimée en 1739, et intitulée: Conduite du sieur Heurtia dans la paroisse d'Évrecy,
CIHTON D'ËVRECV.
Tour d'Évrecy.
XIII* siècle et dans la première moitié du XIY* ; mais puisque nous constatons des faits, savoir l'introduction d*un type souvent reproduit vers le 3' âge du style ogival pour les tours, nous devons dire que la tour d'Évrecy est dans ce genre une de celles qui méritent d'être remarquées. Je la crois de la fin du XIV^ ou du commencement du XV*.
L'église d'Évrecy, sous l'invocation de N.-D., était sous le patronage de Tabbaye du Mont Saint-Michel. Cette abbaye percevait les deux tiers des dîmes, l'autre tiers était dévolu au curé.
Albrey est un village dépendant d'Évrecy dans lequel était une prébenbe appartenant au chapitre: cette prébende avait été fondée par Odon de Conteville, évèque de Bayeux (1).
Le chantre de Ëayeux ne percevait aussi que les deux tiers des dîmes sur l'extension de son fief (le fief d' Albrey), et laissait l'autre tiers au curé.
Évrecy était le chef-lieu d'un doyenné de l'évèché de Bayeux, comprenant 32 paroisses et le chef-lieu d'une sergenterie qui en comprenait 19.
Il paraît constant qu'un monastère fut fondé au VII® siècle à Évrecy par l'abbé Chedulfe, qui eut pour successeurs Baudry et Annobert ; ce dernier à la prière de Saint Gerbold, évèque de Bayeux, remplaça dans le couvent de Deux Jumeaux les chanoines par des moines. Après avoir gouverné l'abbaye d'Évrecy pendant 31 ans, il se retira dans un désert où il mourut. Depuis lors on ne sait plus rien du monastère d'Évrecy qui fut probablement détruit par les normands.
(i) La prébende comprenait, outre les bâtiments ruraux, 46 acres de terre.
CANTON o'iVRSGY. 17^
. A p6u de distance du.- bourgs vers Jô .sud, op voyait autrefois une chapelle dédiée à Saiute ^jath^ne,. qui a été démolie, mais qui est indiquée sur la carte de Cassini; elle était à la nomination du possesseur du fief de Mondeville, q'it en était peu éloigné. Mondeville est aujourd'hui une ferme assez importante.
Les chanoines de la Sainte-Chapelle de Paria possédaient il Ëvrecy trois rentes^ par donation de. Philippe Le Long (1318) : Tune de 30 livres à pnendire sur 1^ moulin é-fivrecy, J'autre de 80 livres, sur la (iefTi^riQd d'Évrecy appelée Evrechiac^m, Taulre de .28 .livras sur le moulin de Mondeville (1).
Près de Téglise on voit une moUeféodal^. que. j'ai citée dans le 5* volume de mon Goura dlàntiquitéBo ,
Le château de Champ-Goubert,. qui exi^J;^ Q4cQr4^ |i Touest du bourg, était un fief relevant de l'évèque. ,d§ Bayeux et dont il est fait mention en ces termes 4 ai^9.uu aveu de 1453 : t Jean de Trois-Monts,.escuyjsr, tient, ■ par foi et hommage, le fief, terre et seigneurie, du c Champ-Goubert par un fief dout \e chef est.aç^is k c Êvrecy avec extension sur Mondevi41e et ailleurs, i
Il y avait à Ëvrecy unevioiïmté d'ancienne qréation, qui fut réunie au bailliage de Gaen ea 1741. Le bailli de Gaen ou son lieutenant allaient y tenir. les assises, de six semaines en six semaines.
' Il se tient un marché à Ëvrecy le jeudi. .
Antiquités romaines. On a trouvé des briques romaines entre Évrecy et Amayé et tout près du bourg, sur le plateau qui le domine du côté de Bougy. J'ai
^1) Notes manuscrites de Béziers, commujMq)iée& par M. Georges de Villers.
172 STATISTIQUE MONUKSNTALE MJ CALVADOS.
cité cette dernière localité dans le 2* volume de mon (iours d'Antiquités (a).