‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 25 sur 113 · TOURVILLE · texte numérisé non relu

TOURVILLE

Tourville, Turvilla^ Torvilla, Torfvilla.

Tourville se trouve sur la rive gauche de TOdon.

L'église est supprimée; les murs de la nef offrent des pierres disposées en arête de poisson ; le chœur est sans caractère et en grande partie d'une époque peu ancienne. Cette église peu importante et d'une petite dimension était sous l'invocation de la Sainte-Trinité. Le chanoine titulaire du canonicat de Goupillières nommait à la cure et percevait les deux tiers des dîmes, l'autre tiers était laissé au curé.

(4) Notum sit lam praesenti generatiooi quam futane quod dos monacbi sancti Micbaelis conventionem quamdam fedmus cum episcopo Bajoceosi, videlicet in singulis annis damus ei unam'tabulam cène, unam iibram iiicensi, et libram unam piperis in nativitate Domini; ûmili modo in pascha aliam cerae tabolam, alteramque incensi et piperis. Hoc ergo pro quatuor ecclesiis qu» in sua diocesi subjacent, id est Britevillae, Donni Johannis, Evrecei atque Eschail, sol?imus eas ex integro possideotes et quidquid juris episcopi in ipsis ecclesiis, presbiteris etialcis erat deioceps absquecalomni» causatione possidentes. Ex vettri manuscripto aàbatiœ taneti Mieh, de monte in qvo cartœ qUO' dam et alia historien reperiuntur, Ms, de Bote, bibliot, Roy.^ n^ 9597.

QAVRU8.

Gavrus, Wavreinm^ Gavriz^ Gaveriz.

L'église de Gavrus est une des plus insignifiantes du département.

La nef n'a pas d'entrée à l'ouest, on y remarque deux petites lancettes sans caractère ; le mur du nord a été refait, celui du sud a été exhaussé : il reste seulement de ce côté, dans la partie basse du mur, des pierres disposées en arête de poisson. Un campanile moderne a été établi après coup sur le sommet du gable occidental.

Le chœur a été refait et n'offre aucun caractère ; entre chœur et nef une chapelle a été accolée, du côté du sud; elle peut tout au plus, je crois, remonter à la fin du XVI* siècle, mais elle n'est peut-être que du commencement du XVil'.

L'église est sous l'invocation de Saint Aubin; la cure était à la collation du chanoine de Bayeux, dont la prébende était à Gavrus. Le titulaire du canonicat percevait les deux tiers des dîmes et en laissait un tiers au curé (4).

La terre de prébende se composait de 44 acres et 3 vergées.

Le château de Gavrus appartient à M. le comte d'Osseville : le parc qui l'accompagne, et au milieu duquel passe rOdon, est remarquable par son étendue, par ses bois et la grande quantité de gibier qui le peuple (a).

(i) Le dernier titidatre du canonioit de Gavnu a été M. de Pradelles qni litt

nommé évéqne de Bayeux sous la Restauration et mourut avant de prendre possession.

(a) Petite station préhistorique près de la CroiX'de^ Arbre: silex taillés variés.

CiNTOIf D'Ivuicr.

BOUQY.

Bougy, Bulgeiwm, Bougeiwm.

Église de Bougy.

La nef de l'église doit être de la première moitié du

Idt STATISTIQUI MOnUMENTALB DU CALVADOS.

XllI' siècle ; il n'y a pas de porte d'entrée k l'ouest, mais deux fenêtres ea lancettes surnioatées d'ane rose d'un petit diamètre. Le mur latéral du sud est percé d'une porte, principale entrée de l'église, autour de laquelle sont des têtes aplaties. Le linteau de la porte, au-dessus du tympan, est polylobé, ce qui me paraît encore annoncer la première moitié dn XIII*; des modillons de transition régnent sous la corniche.

Le chceur, plus bas que la nef, paraît un peu plus ancien et peut dater du XII* (seconde moitié). Sur le tympan d'une petite porte, an sud, on voit Saint Pierre

assis, vêtu d'une chasuble, tenant une crosse de la main droite el deux longues clefs de la main gauche: un coq est à ses pieds. Ce bas-relief est très barbare et très peu fouillé.

Entre chœur et nef on a grefifé sur le gable qui surmonte la grande arcade, une petite tour à pyramide oclogone qui ne me parait pas aussi ancienne que la nef.

CANTON d'ÉVRBCY. 163

L'église est sous Tinvocation de Saiat Pierre; le roi et le seigneur laïc nommaient alternativement à la cure. Les dîmes étaient perçues, les deux tiers par les abbayes de Saint-Ëtienne, de Sainte-Trinité et de Longues; l'autre tiers était dévolu au curé.

Le cbâteau de Bougy est moderne et assez considérable ; une avenue fort longue le précède dans la direction du bourg d*Évrecy.

Michel Le Révérend, de Bougy, est compté parmi ceux qui allèrent joindre, à Caen, le duc de Montpensier que Henri III avait envoyé en Normandie pour empêcher que la Ligue ne lui débauchât cette province. Il était père d'Olivier Révérend, dont Mézeray parle comme ayant sauvé la ville de Caen par sa résolution hardie lorsqu'elle était attaquée. Il fut anobli pour ses services, par charte de 1S94 enregistrée à la chambre des Comptes le 10 février, et à celle des Aides le 14 mars 1595.

Michel Révérend, son fils, seigneur de Bougy, avait pour frère François Le Révérend, seigneur de Calix, qui, conjointement avec Pierre Le Marchand, seigneur de Saint-Man vieil, lit bâtir en 1619 la chapelle des Deux-Amants, dans Téglise des Cordeliers de Caen, voulant qu'elle lui servît de sépulture. Le seigneur de Bougy eut seize enfants tant fils que tilles; les plus distingués furent Thomas et Jean Le Révérend.

Thomas s'était fait recevoir avocat à Paris, et avait de très jeune âge, en 1617, publié quelques traductions. Le partage des biens de sa famille l'ayant rappelé à Caen, il y passa le reste de sa vie dans l'oisiveté, mais avec la réputation d'un homme d'esprit.

Jean Le Révérend, marquis de Bougy, devint lieuletenant-général sous Louis XIV.

Il se distingua dans plusieurs rencontres par des actions de bravoure ; il fut cornette des gendarmes du maréchal de Gassion, qui conçut pour lui beaucoup d'estime et d'amitié et lui fît obtenir de l'avancement. Étant en Guyenne il épousa, en 1654, Marie de La Chaussade de Gallonge, très riche héritière, dont il n'eut qu'un fils; il mourut en 1658 à Gallonge, âgé de quarante ans.

Le roi avait érigé la seigneurie de Bougy en marquisat, mais comme cette terre relevait de divers seigneurs on forma des oppositions à l'enregistrement des lettres patentes; elles n'eurent pas d'effet, et cette érection fut transportée à la baronnie de Callonge. Les lettres patentes, expédiées en novembre 1667 et enregistrées à la chambre des comptes en septembre 1669, contiennent un ample détail des services que le marquis de Bougy rendit au roi; ils consistaient non seulement en actions guerrières, mais aussi en négociations.

Jean 'Jacques Le Révérend, marquis de Bougy, fils du précédent, né en 1665, servit neuf ans en qualité de maître de camp et quitta le service pour se retirer en Hollande, parce qu'il appartenait à la religion réformée, il eut un Ois. qu'il perdit après sa sortie de France, et deux filles (1).

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