‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 31 sur 113 · BULLY · texte numérisé non relu

BULLY

Bully, Burleium^ Bulleium.

L'église de Bully, située au confluent de la Guine et de rGrne,est surtout remarquable par le bas-relief qui décore le tympan de la porte d'entrée : on y voit un homme, les jambes et les bras écartés, entre deux animaux qui ressemblent à des tigres.

Ce tympan est encadré dans une archivolte composée de deux rangs de pierres cunéiformes, ornées d'étoiles et formant par leur assemblage une bordure assez riche.

Le reste de Tédifice a peu d'intérêt; les murs de la nef ofiBrent des pierres disposées en arête de poisson et doivent remonter au XP siècle ou au XII*. Du côté du sud, de larges fenêtres modernes ont été substituées aux anciennes qui étaient fort étroites. Le chœur est un peu moins ancien, et vraisemblablement du commencement du XlIP siècle ou de la fin du XIP; il est voûté en pierre. Des reprises ont été faites dans plusieurs parties de l'édifice.

Cette église aujourd'hui supprimée était sous l'invocation de Saint Martin et de Saint Gourgon. L'abbaye du Plessis nommait à la cure, mais le chanoine de

i'M STATtSTIQUB UonUHENTALt OU ULVADOS.

Itissy ea était le collateur; le cUté percsTait la dime.

Sui' le plate&u (}ui domiae l'Orae, k l'est de l'égUsé,

OÀMTON d'ÉVRPÇY. 101

on distingue rbabitAtioo dd Mt Roujisieliii, prçmior président da h Gonr royale de Gaen.

Voie romaine, ta voie romaipe, connue sou9 le nom de Chemin Haussé ^ et que j'ui déjà eu oecMion de 9Îgaaler, suivait la rive gauehe de la Guine en sortant de Yieui^ et arrivait à peu de distance de l'église, o\k elle passait t'Orue sur un pont, dont les pierres étaient scellées avec de» crampons de fer. J'ai cité dans le %* vplume de mon Cours d'Antiquités le témoignage d'nn témoin oculaire, qui a retiré de la rivière d'Ornç une partie de ces fondations.

Le moulin ^t la ferme de Brieux semblent tirer l^ur nom de ce pont (driva),

AMAYÊ.

Amayé^ Amaeum super Qlnam,

La nef de Téglise d'Amayé offre dee murs refaits en grande partie et percés de fenêtres modernes, avec des pans de maçonnerie ancienne de Tépoque romane (appareil en arête de poisson).

Le chœur appartient au style ogival primitif; le mur méridional a été réparé ; on y distingue une fenêtre du S** style ogival ; le mur du nord est resté intact, On y voit de jolies lancettes ayant de chaque côté une colonne ; à^nx fenêtres du même style, mai^ cintrées, s'ouvraient au cbevet; elles ont été masquées par rétablissement d*une saqristie»

L'église d'Amayé possédait deu% grands reliquaires qui renfermaient les reliques des saints Fau^itinf Placide, Libéral et Victprm. Elles avaient été obtenues de

Ro'me en 1675 et autorisées par M. de Nesmond, évêque de Bàyeux, le 11 octobre lt)84, ainsi que l'apprenait le procès-verbal qui se trouvait à l'église (1).

L'église est sous l'invocation de N.-D.

Le seigneur présentait à la cure, et le chanoine d' Amayé donnait la collation. Ce chanoine percevait les 2/3 de la dîme, sur laquelle il devait au chanoine de Sainte- Honorine une rente de 12 boisseaux de blé et 1:2 boisseaux d'orge. Le curé percevait l'autre tiers.

Tout près de l'église, au nord,'on voit une petite enceinte féodale entourée de fossés, que j'ai décrite dans le 8' volume de mon Cours d'Antiquités.

Une voie romaine partant de Vieux et passant sur Fierville, où elle traversait les nombreuses constructions gallo-romaines dont j'ai parlé, arrivait à Amayé et passait l'Orne près du bac du Coudray, en face le village de Clinchamps, qui renferme, comme on le verra plus tard, des constructions antiques. Au XVIIP siècle on voyait encore les vestiges du pont du Coudray, au milieu de l'eau, et on retrouverait encore, au besoin, une partie des fondations. Le bac qui a remplacé le pont appartenait au seigneur d' Amayé ; c'était, il y a quelques années encore, un passage très fréquenté des marchands de bestiaux qui allaient à Paris de Villers, Caumont, Torigny, etc., etc.

Le seigneur d'Amayé prétendait avoir le droit de haute- justice ; il ne paraît pas qu'il l'ait exercé ; mais il possédait, rapporte l'abbé Beziers dans ses notes, beaucoup de titres qui justifiaient cette prétention. Par suite de concessions ou par négligence à maintenir les droits de la haute-justice et de la pourvoir d'officiers, la paroisse d'Amayé ressortissait d'Évrecy.

(i) Notes de Beziers déji citées, communiquées par M. Georges de Villers.

CANTON D'ftVREGY. 193

Dans Taveu que l'évéque de Bayeux, ZKnon de CastiDon, rendit au roi, en 1483, du temporel de son évêché, on voit que Jehan de Tallevast, chevalier ou ses ayants-cause, tenait, par foi et hommage de la baronnie de Douvres, les fiefs, terre et seigneurie de Gouvis, par quatre fiefs de chevalier dont le chef était assis à Amayé-sur-Orne, que anciennement on soûlait appeler V honneur (ÏAmayé.

Quelque temps avant la Révolution, le seigneur d'Âmayé était M. de Bezons, du chef de la marquise de Bezons, sa mère, fille de M. Besnard de faisons, à qui cette terre appartenait

MAIZET.

Maizet, Mesetunty Maisetum,

L'église de Maizet n'offre d'ancien qu'une partie des murs du chœur, qui appartient au commencement du XIIP siècle : ce sont le mur méridional, le mur du chevet et une petite partie du mur latéral nord ; on y voit des modillons en ogive.

Des fenêtres modernes ont été ouvertes du côté du sud, et deux fenêtres cintrées sont, comme à Amayé, masquées par l'établissement d'une sacristie.

La nef est sans caractère et appartient à la période moderne.

La tour latérale au nord, terminée en bâtière, est peut-être du XVP siècle.

Cette église est sous l'invocation de Saint Vigor. Le patronage était laïc et le curé percevait les dîmes, à charge de payer 150 boisseaux d'orge à l'abbaye d'Aunay.

Le hameau de Valeacy dépend de Haizet; il y avait une ehapeile sous Tinvocation de Sainte Anne h laquelle nommait le seigneur.

Dans l'aveu déjà cité de Tévèque de Bayeux (1453), il est dit que Girard Thiboult, de Falaise, tenait de lui, par foi et hommage, un quart de fief de ehevalier assis à Maizet, à cause de la baronnie de Douvres.

Le château de Maizet est moderne et précédé d'iine avenue.

Gilles Le Hays, habile professeur de rhétorique, et qui devint curé de Gentilly, diocèse de Paris, ot» il mourut le 9 août 1679, était né à Maizet, hameau de Vayande. M. Huet a fait son éloge et dit qu'il avait un grand talent pour la poésie latine.

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