COS
« dernières lignes, où on lit tes noms des consuls, ont « 0,45 millimètres (1 pouce 8 lignés) (1) ».
(4) Voici la traduction des trois inièriptions du maibre telle que Ta publiée M. Lambert.
A Titus Sennius Sollemuis, fils de Solemninus ; nous désirons lui accorder Phonneur d*une statue de marbre, et faire connaître à la postérité que non seulement il était grand prêtre de Mercure, de Mars 'et de Diane, que pendant quatre jours de suite 11 prit soin de donner des spectacles et des fêtes en Thonneor de Diane, au mc^yen de 25,000 sesterces qu*U atait reçus, mais encore qu*il était recom* mandable par sa g^ravité religieuse, par rhonnêteté de ses mœurs et
par sa rare prudence
Ce premier pontife Sollemnis fut le sincère ami
de Claudius Paulinns, lieutenant de PEmpereur, propréteur de la profince Lyonnaise, et devint ensuite son client lorsque cel«i*ci, lieutenant de TEmpereur auprès de la 6* légion, lui fit donner, en or, le salaire de la milice et d*autres présents d*un bien plus grand prix t il fut le très honnête client d^iEdinius Julianus, lieutenant de l'empereur dans la province Lyonnnaise, qui devint ensuite préfet du Prétoire, ainsi que la lettre traascrite ci-contre le fkit connaître ; il fut aussi collègue, dans la province Lyonnaise, de Marcus Valérlus Florus, Tribun militaire de la 8* légion augustale, juge de la caisse des armuriers;
CANTON d'ÉVRICT. 181
H. Foucault, inteadant à Caea fit pratiquer à Vieux des fouilles dont les résultats ont malheureusement été perdus ; nous savons seulement en quoi elles consistèrent d*après les notes de M. Tabbé Blin, alors secrétaire de l'Académie de Gaen.
LES TROIS PROVINCES DES GAULES lui oat décerné, par ua vœu unanime, un monument dam sa Ciléi
L*ordre des municipauK de la Cité des Vidueassiens a libéralement donné un emplacement de 19 pieds sous le consulat d*Annius Pins et de Proculus.
Copie de la lettre de Ctaudim Pautinu$, lieutenant de PEmpereur, propréteur de la prûvinee de Bretagne, d Senniue Solemniu
Quoique je tous orne en signe d^honneur plusieurs dioses que je regarde bien au-dessous de vos mérites, veuillei cependant accepter une Chlamyde de Canuiium, une dalmatique de Laodicée^ une agrafe d*or ornée de pierreries^ une fourrure de Bretagne^ une peau de veau marin de iix moiSf aiusi qu*mie lettre dans laquelle je vous lais connaître qu*au premier jour j'enverrai le salaire de la milice sur lequel vous prendrez vingt-cinq mille sesterces en, pièces d'or. Les Dieux étant favorables, vous obtiendrez par la suite, à cause de vos mérites, une récompense plus digne de la majesté de TEmpereur et de votre attachement.
Copie de ta lettre d*Mdinius Julianus, préfet du prétoire^ dBadiuê ComnianuSy propréteur,,, vice-président d*Agen,
iEdinius Julianus à Badius Comnianus, salut. Lorsque j*eierçais, dans la province Lyonnaise, les fonctions de quinque'fisealis *.,fB\ remarqué plusieurs liommes recommandables, au nombre desquels est Sollemnls, originaire de ht cité des Vidueassiens, prêtre, que J'ai d*âl)ord aimé à cause de son caractère religieui, de sa gravité et de Phonnéteté de ses mœurs : de plus, lorsque dans l'assemblée générale des Gaules, et comme. du consentement des provincts, on eut tenté de
* Cétait U recette des sommes dues au trésor particulier de l'empereur appelé Fiscus, à la différence dé V^rarium, qui éutt le trésor public.
182 STATISTIQUE IfONUIIENTALK DU CALVADOS.
« J'étais, dit-il, avec M. Foucault, intendant de Caen,
< lorsque Tancien seigneur de Vieux vint lui donner t avis qu'on avait trouvé , dans cette dernière paroisse^ « deux pierres avec des inscriptions; que des maçons € en avaient pris une partie pour servir à des répac rations et en avaient gâté Tinscription, que l'autre u. avçLÎt été laissée et recouvierte de . terre . II. prit la « résolution d'y aller le lendemain, et m'engagea à t'I'y accompagner. M. de Charsigné fut aussi de la « partie. On chercha en vain la pierre en question, « elle ne fut point trouvée ; on eut seulement quel-
< ques médailles, mais fort communes. Tandis qu'on • travaillait inutilement à la découverte de la pierre, « un laboureur me dit que, dans s# pièce de terre, il
porter une accusation contre Claudius Paulinus, mon prédécesseur, par rimpulsion de quelques-uns qui paraissent avoir été blesués de ses mérites, ce clier Sollemnis arrêta l^effet de leur provocation, en déclarant que, lorsque ses concitoyens l'avaient créé député, ils ne lui avaient pas donné manciat d*accuser ce fonctionnaire, et qu^au contraire ils Tavaieot recommandé à sa bienveillance. Il arriva alors que tous se désistèrent de leur accusation. Depuis ce moment mon estime et mon amitié n'ont fait qu'augmenter de plus en plus, et, certain de la
manière dont je le recevrais, il est venu ù Rome pour me loir. Sur le
point de partir, il me demande une recommandation auprès de vous : vous ne pourrez mieux faire que d'accéder à ses désirs.
. I^'abbé Lebœuf dit que cet iEdinius Julianos, préfet du Prétoire» que Sollemnis alla voir à Borne, et dont il obtint celle' recomman? datioDf est celui duquel parlent Hérodien et Capitolin* .Julianos - fut revêtu de cette importante dignité sous l'empire de Macrin et aoa &H Diaduménien, vers i'ap deJ.FGw 218} ainsi, cette lettre est de vingt ans plus ancienne que le monument sur lequel nous en trouvons l'extrait.
/ V, le mémoire de M, Lambert sur le markre de Torigny),
CANTON D'ftVRIGY.
emportait soavent avec la charrue de belles briques dont quelques-unes étaient peintes en feuillages. J'en avertis M. Foucault, et li^i conseillai de prendre une partie des travailleurs pour voir dans ce champ quelles pouvaient être ces briques; Nous y all&mes et, en entrant, j'aperçus une éminence^où il s'était élevé un buisson d'épines et de ronces; j'y trouvai beaucoup de ces briques peintes de feuilles d'acanthe^ et ayant, poussé ma canne dans un trou que j'aper* çus en remuant ces briques, je sentis que j'avais la liberté de l'enfoncer et de la tourner dans ce trou sans résistance. Je ûs venir M . Foucault qui jugea comme moi qu'il fallait commencer nos fouilles dans^ cet endroit. Les paysans ne furent pas longtemps à travailler sans découvrir un mur de 4 pieds et demi d'épaisseur ; nous en fîmes découvrir près de !20 pieds de long et creuser 3 pieds de profondeur ; il se trouva un angle qui était de neuf pieds i tout cela était recrépi, en dedans et en dehors, fort bien et fort proprement Je fis remarquer cela à M. Foucault qui avait cru d'abord que c'étaient des « fondements, et je lui dis que ce reste d'élévation de a bâtiment irait jusqu'au niveau d'un ruisseau qui c coulait au bas du champ. Il en convint ; mais comme « l'heure de partir nous pressait, on ne put rien faire « de plus. M. Foucault chargea une personne d'y « mettre le plus d'ouvriers qu'il serait possible et d'y f faire travailler jusqu'à la huitaine oii il devait y c retourner. Nous n'y manquâmes pas; on avait décou- « vert et creusé jusqu'au fond, et nous vîmes un bassin < d'environ 12 pieds de diamètre, entouré de trois « rangs de sièges et de quatre ou cinq marches qui « étaient près d'une entrée pour y descendre. Le fond
184 STATISTIQUE MOMUMBNTALE hV CALVADOS.
était fort uni et d'un morlier de chaux de marbre blanc dont on voyait encore des morceaux. Il était si dur qu'on eut beaucoup de peine, avec une pince, à faire un trou pour voir la base : elle était de pierres mises sur le côté et pressées sur du sable sur lequel il y avait encore un pareil mortier, et entre ces pierres il y avait des tuyaux de briques. Ce qui nous avait paru un angle dans cette muraille était une étuve voûtée où nous trouvâmes encore le fourneau tout noirci de fumée, et, dans une petite fenêtre, plusieurs petits instruments d'ivoire, que nous jugeâmes n'avoir pu servir qu'à nettoyer les ongles de ceux qui venaient se baigner.
« La terre avaitxsouvert les débris de ce grand bâtiment et, lorsqu'on l'eut tirée, on vit de belles parties de voûtes renversées, dans lesquelles on avait renfermé des tuyaux de briques. Le mortier était si bien lié avec les pierres qu'on les cassait plutôt que de pouvoir les séparer. Les murs, étaient faits d'un lit de belles briques d'un pied en carré, de l'épaisseur de 3 pouces, rouges comme du corail, et d'un lit de pierres taillées d'un même échantillon, en carré long, de 6 pouces d'épaisseur, et le tout était ainsi par lits, les uns sur les autres, de pierres blanches et de briques. L'ordre fut donné de continuer l'ouvrage et d'augmenter autant qu'on pourrait le nombre des ouvriers. Nous y retournâmes huit jours après; on avait découvert un second bassin, mais sans étuve, et la communication d'un aqueduc qui s'étendait en longueur sous le village, pour aller trouver une fontaine qui subsiste encore. On ne put découvrir davantage de cet aqueduc, parce qu'il aurait fallu renverser une partie du. village.
CA^TOII D SVRBGir.
c On creusa encore jusqu'au fond une griuide pièce • très longue et très large, comme une salle, qui était c apparemment le lieu des exercices ou l'endroit que c les Romains appelaient gymnasium; on y trouva
< aussi une partie de colonne sans base ni corniche;
< on trouva aussi une fort belle tète en pierre repréc sentant une femme, le reste de la statue était brisé ; c la. femme était voilée et tenait une coupe dans sa c ma,in droite^ comme pour faire des libations.
« A la tète de cet ouvrage, on découvrit un grand € cercueil.de pierre blanche long de six pieds; on le fit f ouvrir ; il y avait encore quelques ossements dedans c et peu de médailles. On en trouva beaucoup en rec muant la terre, mais toutes communes, et qui c n'étaient que du Bas-Empire, et pas plus anciennes c que les Ânlonins. Il y en eut seulement une fort
< curieuse, elle était de Diaduménien, avec la qualité c d'Auguste
Il est fâcheux que M. Foucault, qui avait fait faire un plan en relief des constructions découvertes à Vieux, ne l'ait pas publié : il paraît certain par divers indices et par la tradition que lés fouilles avaient été faites dans le champ des Grètes. Ce champ parait en effet renfermer les ruines les plus importantes, et j'y ai découvert une très grande quantité de corniches en marbre blanc sur un point que l'on regarde comme celui où M. Foucault avait fouillé lui-même. Les fouilles que je fis pratiquer dans ce champ, mirent à découvert une belle salle terminée d'un côté en demicercle aveo trois rangs de gradins ; elle se liait à divers murs et autres constructions qqi s'étendaient fort loia en décrivant une ligne légèrement courbée. Les murs étaient parementés avec du moellon 3èmilié»
186 STATISTIQUI HOHOHiiNTALB ItU C1LVÂD08.
on y voyait dat chaioea d« briqne. Près des aogles les petilea pièces en pierre de Uille beaucoop plu» larges -qu» hautes reasemblaienl à celles qu« l'onvoU ilaDs les arènes de Bordeaux, al qii« je désigné dana Dion Cours sous le nom dapetft appareil allongé.- Les gradins de la partie semi^cireulnire étaient établis au moyen de trois uiurs cooceotriqne«, pavés de laides briqoed. Au milieu de cette salle on atrouvé plusieurs beaux morceaux de corniches en marbré blaoc, des placages en marbre deVieax etdes morceaux d'enduits couverts de peinlure. Tous «es morceaux examinés et recueillis par moi ont été déposés dans le musée d'an'
tiquités de Caen. Les cûrniches en marbre blano portent toutes un trou pour recevoir un crampon an moyen duquel elles étaient flxées dans la muraille : il n'est pas inutile de faire observer que les différentes constructions remarquées sur d'autres pointa de ia commune de Vieux n'ont pas présenté de marbre»
CANTON d'évrecy. 487
exotiques, et que le grand bâtiment du champ des Crêtes était vraisemblablement le plus important de. la cité. On croit d'ailleurs que ce fut dans le même champ qu'on trouva le marbre de Vieux.
La même année, j'ai fait découvrir d'autres cons* tructions dans la pièce appelée sur lé moulin:
L'une des salles présenta un hypocauste asset bien conservé surtout dans le pourtour, les parties centrales ayant plus souffert que les autres.
Chose remarquable, le plancher de cette salle était posé sur des tuyaux de chaleur carrés en terre cuite, et non sur des morceaux de briques superposés les uns aux autres, comme cela a lieu dans la plupart des constructions romaines. Le long des murs, ces supports ne consistaient qu'en des tuiles creuses, réunies de manière à former un cylindre.
Le propnigeuniy ou fourneau attenant à cette salle et au moyen duquel elle était chauffée, était parfaitement conservé et, parmi les cendres qui l'encombraient, on a trouvé un petit rabot en fer évidemment destiné à racler le charbon. Deux clefs en fer, quelques médailles en bronze et divers fragments de poterie ont été découverts dans les autres fouilles qui ont mis à nu 14 pièces contiguës (1).
Des débris considérables de constructions ont été découverts sur d'autres points de la commune, notamment dans Un champ appartenant à M. Renault, conseiller à la Cour royale, dans le jardin qu'il a fait établir pour sa ferme, dans le grand champ et sur presque tous les points intermédiaires. On peut con-
(i) Voir la description de ce monument dans ia tome XII* de la Société des Antiquaires.
188 STATItTIQUB UONUMIHTALS DU ULTABOS.
suller, tome XII* de la Société des Antiquaires de Normandie, les détails donnés sur ces découvertes dans le rapport de la commission que j'ai présidée.
J'ai tracé sur un plan détaillé de la commune de Vieux les localités où l'on a fait des découvertes, et je publierai ce plan dès qu'il sera terminé.
Les sépultures trouvées eu assez grand nombre dans le grand champ, ayant été faites avec des débris de sculptures, nous ont ainsi conservé plusieurs fragments
précieux, savoir : une frise corinthienne dont on possède plusieurs morceaux (1), des tronçon» de colonnes cannelées et des fûts de colonnes non cannelées. A.insi nous sommes fondé à croire qu'il y avait & Vieux des monuments avec des colonnes de deux ordres différents. J'ai, par une enquête faite sur place, déterminé la direction de l'aqueduc qui amenait les eaux dans la
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CANTON D*ÉVRECY. 189
cité et qui alimente encore la belle fontaine reconstruite non loin de Téglise, chez M. Aube; il se divisait en deux pour porter ses eaux sur deux points différents. Forcé d'abréger beaucoup cet article, je ne peux que renvoyer au rapport déjà cité. M. Deshayes a publié aussi un article sur des fouilles faites, en 1828, à Vieux, aux frais de la Société des Ântiquaire9.