‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 35 sur 113 · LA GAINE · texte numérisé non relu

LA GAINE

La Gaine, prioratus de Chathenâ.

Ce prieuré fut fondé par Roger de MalftÙâtre, seigneur de Curcy-le-Malfillâtre, Ouffières, La Gaine, etc.

Cette fondation eut lieu avant Tannée 1135, car elle fut confiriïiée par le duc de Normandie, Henri I*% mort cette même année. Le fondateur donna son prieuré aux religieuses de Beaumont-les-Tours. Il était jadis habité par plusieurs religieuses de ce monastère, gouvernées par une prieure. On trouve Jeanne de Sassé, prieure, en 1408, et Mathurine de la Pelissoûnière, en 1450. La prieure était dame de La Caine et nommait à la ciire ; mais, dans la suite, les religieuses se retirèrent à leur abbaye, qui jouissait encore du revenu du prieuré en 1790.

Il paraît, par une charte dé Rotrou de Wa^'vicïk, archevêque de Rouen, que les largesses du fondateur envers une église étaient souvent le fruit des rapines commises envers une autre, et qu'à l'article de la mort il fît, dans les mains du prélat, la remise de tout oe qu'il avait enlevé à ses propres églises ou à celles des autres, et même tout ee que ses anciens ancêtres avaient pu leur ravir. La restitution parut si importante à l'archevêque qu'il la publia dans les lettres patentes, adressées aul évêques de la province, et

CANTON D'ÉVRECY. ' 203

qu*on trouve dans Tancien cartulaire de la cathédrale de Bayeux.

Cette famille prenait indistinctement le nom de Curcy et celui de Malfillâtre et souvent l'un et l'autre ; elle subsistiait encore dans le XVI* siècle. On trouve un recteur de l'université, au XVI* siècle, qui se qualifié curé et seigneur de Cûrcy-lè-Malfillâtre.

Après la retraite des religieuses à leur abbaye; les maisons conventuelles durent être consacrées uniquement à l'exploitation de la ferme. Il ne reste plus d'ancien que l'entrée qui ofîfre, comme presque toutes les entrées d'abbaye, une grande porte pour les charrettes et une petite porte pour les piétons. Elles sont l'une et l'autre voûtées en arcs surbaissés sans colonnes, mais très solidement construites et paraissent dater au moins du XV* bu du XIV* siècle ; elles étaient surmontées, m'a-t-on dit, de deux étages qui ont été démolis il y a environ 20 ans ; les autres maisons qui

dépendaient de la forme du prieuré sont peu anciennes

et sans intérêt.

L'église qui était demeurée paroissiale jusqu'à la Révolution, et qui est maintenant supprimée, appartient en partie au style roman (probablement de l'époque de la fondation) ; elle est peu considérable et terminée par une abside semi-circulaire. Le mur du nord est celui qui a conservé son caractère primitif. Le côté du sud a été refait presque en entier, mais, même du côté du nord, il y a peu de chose à observer.

Un campanille ouvert surmonte le mur occidental et renferme la cloche*. L'intérieur de l'église n'offre rien d'intéressant; j'ai seulement remarqué quelques pierres d'appareil peintes en rouge sur un fond blâûC; genre ' diB décoration qui était assez oi*dinaire au XII* 'siècle. '

204 STATUTIQDB MONUHENTALE DU CALVADOS.

Une statue de la Sainle Vierge, placée dans une nicbe de la oef, est moderne dans sa partie supérieure, mais on a greffe cette tète sur un tronc ancien qui mérite d'être remar(]ué el qui pourrait être du XIV' ou du XVI* siècle, à en juger par quelques détails du siège sur lequel la statue est représentée assise.

L'église de La Gaine est aous l'invocation de N.-D., ce qui explique l'ancienneté de la statue dont je viens de parler. Le patronage appartenait, comme nous l'avons dit, à l'abbaye de Beaumont-les-Tours, qui percevait les deux tiers de la dime. Le curé avait l'autre tiers.

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