‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 36 sur 113 · MONTIGNY · texte numérisé non relu

MONTIGNY

Hontigny, Montineium, Montigneium.

L'église de cette commune est presque sans întéréL Le chœur m'a paru du XVII' siècle, peut-être du XVIII*. La nef est plus ancienne et peut dater du XIII', mais on y a percé des ouvertures modernes, et les

murs ont été refaits dans quelques parties. Une porte avec archivolte, offrant de chaque côté deux colonnes, attire l'atlântion. Au milieu du chœur est enterré

CANTON D*ÉVRBGY. 205

GabrieUJean-Richard de Cheux, de Montigny, fils de Philippe de Cheux, seigneur de la paroisse, décédé le 27 juillet 1761, à Tàge de 19 ans.

La tour latérale au sud, entre le chœur et la nef, est à pans coupés, terminée par une pyramide en charpente couverte en ardoises ; le tout très peu élevé et très pesant

Cette église était dédiée à Saint Jacques et à Saint Gerbold, et la cure était à la nomination du seigneur du lieu. Le curé percevait la dlme.

Montigny est appelé Montigny-le-Bois dans les vieux titres, La seigneurie était possédée en 1356 par Roger de Longueville et, à la fin du XVI* siècle, par Jacques de Fresnel, qui était aussi seigneur et patron de Maisoncelles. Marguerite Richard, sa veuve, épousa en secondes noces Robert de Launoy, chevalier de Tordre du Roi, gentilhomme ordinaire de la Chambre, seigneur de Criqueville, Banville, Hérouvillette et Bray, qui au droit de cette dame nomma à la cure de Montigny en 1606. Quelque temps avant la Révolution, le seigneur de Montigny était M. de Cheux, qui possédait en même temps le fîef de Petiville, paroisse de Fontenay-le-Pesnel (1).

CURCY.

Curcy, Crtisseium, Curseium, Cruiseium.

Cette paroisse est appelée dans les titres Curcy-le- Malfillâtrey parce qu'elle a été longtemps possédée par des seigneurs de ce nom.

(1) V. les notes de Beziers, précédemment citées.

:206 STATISTIQUE MONUMENTALli: r>U CALVADOS.

L'église n'offre rien qiii mérite d'être remarqué : la maçonnerie en est peu caractérisée ; elle doit tout au plus remonter à la fin du XVI* siècle.

Elle est sous l'invocation de Saint Jean. Le prieuré de Saint-Vigor de Baveux nommait à la cure. Ce patronage lui avait été donné par Odon de Gonteville, évêque de Bayeux (1).

Le curé percevait les dîmes, à charge de faire 400 livres de rente au prieuré de Saint-Vigor.

La seigneurie de Gnrcy était qualifiée de baronni^ et se composait des fiefs de Curcy, Martinbosq, la Motte, Fresnay et Argences, tous fiefs de haubert; il y avait' une fiefferme sur laquelle les chanoines de la Sainte-Chapelle de Paris avaient 60 livres de rente à percevoir, par suite de la donation que leur avait faite le roi Philijjpe le Long en 1318.

L'emplacement du château de La Motte, que je suppose être le château baronnial, se voit encore à t'est de Téglise de Cûrcy ; on remarque une belle moite ovale, offrant à son sommet 120 pieds de longueur sur 75 de largeur, et dont la hauteur est à peu près de 25 pieds.. Elle supportait un château construit en pierre, car on distingue encore un puits et quelques pans de maçonnerie à fleur de terre. Une vaste cour s'étendait à l'est de ce donjon : elle était vraisemblablement garnie de palissades. De la motte de Curcy, la vue s'étend jusques au-delà de la vallée de l'Orne, vers Grimbosq,.Groisilles et.Combrai. .

Nqus avons vu que la famille Malfillâtre a fondé le prieuré de La Gaine. Thomas Lé Malfillâtr^e^ seigneur

(1) La charte d'union de ce prieuré à l'abbaye de Sainte-Bénigne de Dijon fut

donnée à Bayeux en 1096. -'-. « . •

cahto» d'étrbcy. 207

«t baron de Gnrcy, figure parmi les bienfaiteiirB. de l'H^tel-Dieu de C&èn, daoB la bulle d'Ionocent III, en lâlO.' tJn Nicolas de Malfill&tre, baroD de Curcy, -Mesnil-Ongrain et Baron, vivait en 1613 : il laissa une postérité qui a possédé celte terre encore plus d'iin siècle. M. Gislain, marquis de Bénouville, avait bérité de la seigneurie au XVIU* siècle.

Château de Martinbosq.

Jacques Duval, curé de Curcy, qui mourut en 1^43, et fut un des protonolaires de Jean, cardinal de Lorraine, était, dit M. de Bras, un savant et bien morigéné personnage qui fut très regretté d'un chacun .

Le cbâteau de Martinbosq, reconslruit presque en

entier au cômmencemeat du XYIP siècle (1), mais dont quelques parties peuvent être plus anciennes, offre encore un ensemble très pittoresque : on en jugera par cette vue que nous devons au burin de M. Godard, d'AIençon, dont le beau talent est bien connu ea France et à l'étranger (2).

On voit encore sur la rivière d*Orne, près le bac du Homme, les vestiges d'un ancien pont qui fut, dit-on, ruiné par les Anglais et quelques restes d'une chapelle dédiée à Sainte Anne.

GOUPiLLIÈRES.

Goupillières, Goupillieriœ .

L'église est peu intéressante et refaite en partie : on y remarque seulement dans les murs sud et nord de la nef des pans de maçonnerie en arête de poisson. La tour, à Textrémité occidentale et terminée par un toit à double égout, n'est pas antérieure au XVP siècle.

J'assignerais la date du XVP siècle au chœur, à en juger par quelques restes d'ouvertures en ogive qui me paraissent à peu près de ce temps.

Cette église est dédiée à Saint Eustache. Le chanoine de Bayeux, dont le titre portait la désignation de GoupillièreSy était seigneur et patron de la paroisse et présentait de plein droit à la cure. La paroisse dépendait de la sergenterie de Préaux.

Le territoire de la commune est peu étendu et bordé d'un côté par la rivière d'Orne.

(!) M. Pagny, notaire, membre du conseil d'arrondissement de Falaise, a la preuve qu'une partie de ce château est de l'an 1611.

(2) Nous devons remercier ici M. Godard d'avoir bien voulu graver quelques planches de k Statistique monumentale du Calvados ; elles ajouteront aux yeux de tous un grand prix à notreouvrage .

CANTON D'ftVRBCY. 209

0UFFIÈRE8.

OufBères, Olferiœ, Olfere, Ophieres,

Le chœur de Téglise d'Ouffîères a été reconslruil de fond en comble il y a quatre ans. La nef offre peu de caractères et pourrait n'être pas antérieure au XV' siècle, aussi bien que la tour carrée placée à Touest.

On voit près de la porte par laquelle on entre, du côté du sud, une inscription en lettres gothiques attestant que là est enterré un prêtre, curé de Longueraye et natif de cette paroisse d'Ouffières, lequel trépassa Tan M V^' et XVII (1517). Celte inscription n'était pas dans l'origine là où elle se trouve ; on l'aura replacée dans la muraille en reconstruisant celle où elle était d'abord.

L'église est sous l'invocation de Saint Mathieu et de Saint Lo. Le prieuré de Saint-Vigor en avait le patronage depuis l'an 1096 ; il percevait les deux tiers de la dîme et laissait l'autre tiers au curé.

La terre seigneuriale de la paroisse appartient à M. Signard d'Ouffières, de Caen.

HAMARS.

Hamars était traversé, comme plusieurs des communes que nous avons citées, par l'ancienne route de Caen en Bretagne.

L'église, autrefois sous l'invocation de Saint Léonard, est à présent sous celle de la Sainte Vierge. Comme elle tombait en ruines, on la rebâtit en 1715 sur un emplacement nouveau et plus près du centre des habi-

talions. Le seigneur nommait à la cure. La dîme était partagée par tiers entre le curé, le chapitre de Bayeux et les Minimes de Rouen.

Parmi les membres de la famille seigneuriale de Hamars on peut citer : Raoul de Hamars qui figure d^ns des titres de 1390. Louise de Hamars, sa .fille unique, fut mariée à un d*Houllefort, chevalier, seigneur de Vienne, Bonnemaison, la Suhardière, Saint-Martinde-Sallen, Maisoncelles-sur-Ajon,, Savenay, Lambervillé, Aunay, Barbières et Etreham : il est qualifié dans plusieurs actes de chambellan du roij bailly de Caen, etc. ^ etc. Il laissa pour fille unique Renée de îloullefort, dame de Hamars (1).

. Ls^ terre de Hamars fut érigée en châtellenie en 161â et en marquisat en 1679 en faveur de la famille Auzeray, avec établissement de deux marchés, le lundi et le vendredi de chaque semaine, et de plusieurs foires. Ces établissements furent confirmés par lettres patentes de 1751.

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