CANTON DE VILLEHS-BOCAGE
temps, l'autre portion de Roger et Richard Guilbert, père et fils, seigneurs en partie de Longvillers. Il est dit, dans les titres de Tabbaye d'Aulnay que, l'an 1211, l'abbé d'Âulnay et son couvent donnèrent et cédèrent au chapitre de Bayeux tous les droits qu'ils avaient dans l'église de Saint- Vigor de Longvillers et dans la chapelle N.-D. dudit lieu, et qui leur avaient été aumônes par Robert de Longvillers et Richard de Beslonde. On trouve, dans un autre titre, que Roger Guilbert, seigneur de Longvillers, donna au chapitre de Bayeux la portion du patronage qu'il avait dans l'église de Longvillers, et que Richard Guilbert, son fils, confirma et approuva la donation par une charte du mois de février 1245 (1).
La chapelle de N.-D., dont il est fait mention dans ce qui précède, était une église aussi grande que celle de la paroisse, avec clocher placé sur le milieu, contenant deux cloches. Cette chapelle, dit Beziers, méritait l'attention par les sculptures qui décoraient le portail et l'intérieur de l'édifice ; on y voyait trois autels, l'un dédié à la Sainte Vierge et les deux autres à Saint Jor et Saint Roch.
La chapelle était, du reste, en grande vénération, et la tradition rapporte qu'on y venait en procession de 20 lieues à la ronde; elle était environnée d'un grand cimetière. Au bout de ce cimetière étaient une fontaine et des pièces de terre qui, selon la tradition, étaient d'anciennes dépendances de cette chapelle.
Il ne reste plus aucuns vestiges de la chapelle qui devait se trouver près du presbytère, par conséquent au nord de l'église paroissiale; mais on voit toujours
(1) Kotes manuscrites de Beziers, communiquées par M. G. de Villers.
328 8TÂTISTIQUB MONUMENTAtB DU CALVADOS.
la fontaine SainURoch dans lafjuelle se lavaient, dit-on, les pèlerins qui venaient à la chapelle N.-D. ; Peau de cette fontaine sort des phillades qui forment le sol de Longvillers.
Avant la Révolution, on faisait à Longvillers commerce de coton filé et de laine pour les draps de Vire ; il y avait deux moulins à foulon ; on y teignait aussi, les étoffes.
Le fîef de Longvillers fut partagé de bonne heure ; la première partie entra dans la maison de Mathan et en prit le surnom ; la seconde partie fut possédée par une famille Guilbert, et passa ensuite à la famille Malherbe-aux-Lions.
Le fief de Mathan relevait du roi. M. de Mathan avouait, en 1669, c tenir, par foi et hommage, un plein fief de chevalier nommé Mathan, dont le chef est assis en la paroisse de Longvillers et s'étend es paroisses d'Aulnay, Beauquay, le Mesnil-au-Grain et environs. A ce fîef étaient attachés droiture de manoir avec fossés pleins d'eau autour, droit de colombier et de chapelle au-dedans. Il avoue être patron honoraire pour la moitié de la paroisse et église de Saint-Vigor de Longvillers et de la chapelle N.-D. Les vassaux sont tenus au charriage des meules et tournantsdeson moulinet au curage des bieuxd'icelui^ à fener, charrier et tasser ses foins, à cueillir et piler ses pommes et faire et asseoir le marc et entretenir son cidre, à cause des terres qu^ils tiennent dudit fief. Au jour de Saint-Vigor et de Noël, il lui est dû des offrandes; au jour Saint- Jean- Baptiste, un chapeau de roses et une chanson, et à la nuit de Noël, une chandelle de suif vert. j> Le 9 janvier 1613, fut rendu à Rouen un arrêt entre