‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 47 sur 113 · CANTON DB VILLBRS-BOCAGE · texte numérisé non relu

CANTON DB VILLBRS-BOCAGE

Tracy accompagna Guillaame-Ie-Conqaérant à la coaquôte de rAngleterre en 1066. Tnrgis de Tracy et Guillanme de La Ferté, eurent le commandement de la ville du Mans sous le même prince ; ils en furent chassés, en 1072, par Foulques d'Anjou, ce qui attira aux Manceauxune rude punition. Parmi les enfants naturels de Henri !•', roi d'Angleterre, se trouve un Guillaume surnommé de Tracy. L*un des quatre assassins de Saint Thomas de Canterbury, en 1070 (t), portait aussi le nom de Tracy ; nous ignorons s'ils avaient possédé la seigneurie de Tracy-Bocage.

Ce qu'il y a de certain, c'est que Thomas Pellevé, dont nous allons parler à l'article d'Amayé, était seigneur de Tracy au XIV® siècle, et avait hérité de cette terre de son père Pierre Pellevé, mort en 1402.

Jean de Pellevé, son quatrième fils, qui eut la terre de Tracy en partage, servit le roi Charles VII dans les guerres contre les Anglais et fut fait prisonnier; Pierre de Brezé, grand sénéchal de Normandie, qui l'avait pris en affection, prêta une somme considérable pour payer sa rançon. Sa mère et ses sœurs composèrent pour le remboursement avec Jacques «de Brezé, son fils^ comte de Maulevrier, et lui payèrent 200 écus, par traité fait le il mars 1466.

Il eut trois fils et plusieurs filles de sa femme Françoise Dubois de Lépinay-Tesson. Richard de Pellevé, l'aîné, seigneur de Tracy, servit sous les rois Louis XI et Charles VIII et fut lieutenant de l'armée de mer sous le duc d'Albanie ; il laissa trois fils : Henri de Pellevé, baron de Fiers; Jean de Pellevé, seigneur de Tracy, et Richard de Pellevé, seigneur de Galligny et

(1) Les trois autres étaient : Le Breton, seigneur de CastiUon, Hugues de Mo* rainville et Renaud de Lours.

du Quesnoy. Jean de Pellevé, seigneur de Tracy, capitaine de 300 chevau-légers, se signala dans les guerres contre les Protestants ; il fut tué au port de Piles. Son frère Richard, capitaine d'une compagnie de cavalerie fut tué à Moncontour en 1569.

La baronnie de Tracy a été possédée depuis par la famille Le Marchand de Feuguerolles ; elle a été vendue successivement à M. d*Âchey, à M. le baron d'And;*ieu et, en 1756, à M, Léonard-Cb.-Alexandre Radulphe, lieutenant-général de police, qui l'avait lui-même revendue plusieurs années avant la Révolution.

AMAYË^SUR-SEULES

Amayé-sur-Seules, Amaeum super Seulam.

L'église d'Amayé est en forme de croix, elle ofifre peu d'intérêt et doit dater en partie de la fin du XV* siècle ouduXVP.

La tour carrée avec toit en bâtiêre est peut-être un peu moins ancienne et tout au plus, je crois, de. la firi duXVP.

' Le chœur qui se termine par une abside à pans est voûté en pierre. La nef a été refaite en partie, et le porche placé à l'Ouest peut être du XVr« siècle.

Cette église était sous l'invocation de Saint Vigor; l'abbaye de Cerisy nommait à la cure.

A un quart de lieue à Fest-sud-est de l'église se trouve le village de Saint-Germain, où îl y avait autrefois une chapelle. •

La seigneurie d'Amayé fut possédée par Thomas Pellevé, seigneur d'Aubigny et de Tracy, vicomte de Cotentin, comme on le sait par l'hommage qu'il rendit à Charles VII, roi de France, en 1480; il renouvela

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cet hommage à Louis XI en 1463, et mourut peu de temps après (1).

Thomas Pellevé, son troisième fils, eut la terre d'Arnayé dans le partage qu'il fit avec ses frères en juillet 1466, et en rendit hommage la même année. Dans la suite, il eut aussi les seigneuries d'Octeville et de Cully* Il vivait encore en 1807, lors du mariage de Charles, son fils aîné, né de Marte Malherbe, fille aînée de Jean de Malherbe. Ch. de PelleTé, seigneur d'Octeville et d'Ainayé, fut aussi seigneur de Jouy-en-Telles , Lioncourt, Latour-au-Bègue, de Chaumont, de Rebets, d'Asnières, etc., par suite de la donation que lui fît Robert de Malherbe eu 1506. Ce dernier se voyant sans enfants, avait adopté Ch. de Pellevé pour le marier à la nièce de Jeanne du Fay, sa femme.

Ch. de Pellevé eut six fils et sept filles. Robert, le second de ses fils, dévint évêque de Pamiers, et Nicolas, le troisième, fut cardinal, archevêque de Sens et de Reims. '

Jean de Pellevé, l'aîné de ses enfants, obtint en se mariant les seigneuries d*Octeville, d'Amayé, deJouy : le père s'en réserva l'usufruit.

Pierre dé Pellevé étant décédé sans alliance en 1568, Ft'ançoise et Roberte de Pellevé, ses sœurs, recueillirent la successioii et furent mariées, l'aînée 1^ à Jean de Pisseleu, seigneur de Heilly ; 2** à Michel d'Estourmel, seigneur de Guyencourt, gouverneur de Péronne, Mondidier et Roye ; la seconde, par contrat du 17 mars 1567, à Nicolas de Moy, seigneur de Veraines et de Riberpré, capitaine, gouverneur de Gisors, grand'maître des eaux et forêts de Normandie.

(1) Hist, des gr. of., tome 2, page 76.

242 8TÀTISTIQUB MOMUMBNTALE HU CALVADOS.

8AINT-L0UET.

Saint-Louet, Sanctus Lavdulus super Seulam.

La porte occidentale de l'église paraît du XIV* siècle. Trois colonnettes de chaque côté supportent deux archivoltes bordées de tores dont Tune vient former un arc tribolé au milieu des autres et garnir le tympan*

Il est évident que cette église n'était d'abord composée que d'un bâtiment assez court, de l'époque romane à en juger par la maçonnerie très-distincte du reste, qui forme le centre de la nef, et qu'elle a été allongée à l'Est et à l'Ouest à la fin du XIII* ou au XIV* siècle. La tour carrée avec toit en bâtière, assise sur le gable occidental, est postérieure au reste et peut tout au plus dater du XVI*.

L'église était sous l'invocation de Saint Lo, évêque de Coutances, à la nomination alternative du roi et du seigneur de Feuguerolles; le curé percevait la dîme.

Beziers rapporte que Saint-Louet était autrefois succursale de Feuguerolles et qu'elle fut érigée en paroisse en 1325, c'est ce qui explique les additions visibles dont je viens de parler ; aussi quand l'archidiacre faisait ses visites, il prenait plein droit à Feuguerolles et moitié seulement à Saint-Louet Ces deux paroisses ne formaient qu'un même fief dont les vassaux étaient obligés de se présenter aux plaids devant la porte du château de Feuguerolles (1) . Au XVIII® siècle, le fief de Feuguerolles et de Saint-Louet relevait par foi et hommage de la baronnie de Crépon.

(i) Une partie de fief, située à Saint-Lonet et qui relevait du roi par forfaiture, était seule exempte de cette obligation.

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