‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 5 sur 113 · GÉOGRAPHIE DU CALVADOS · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE DU CALVADOS

Le département du Calvados est compris de l'Est à l'Ouest entre le premier degré 52' et le troisième degré 27' de longitude à l'ouest du méridien de Paris; du Sud au Nord entre le 48*» 47' et le 49' 25' de latitude septentrionale.

La forme du département se rapproche du quadrilatère ; la Manche lui sert de limite au Nord ; à l'Est il est borné par le département de l'Eure, à l'Ouest et au

Sod-Oue»t par celui de la M sache, et au Sud par le département de rOrne. Sa plus grande étendue en longueur n'excède gas 88 lieues de TEst à l'Ouest. Il n'a guère que 14 lieues du Nord au Sud.

Sous la domination romaine trois peuples principaux habitaient cette circonscription, savoir : à l'Orient, les Lexoviens ; à l'Ouest, les Bajocasses ou habitants du Dessin ; au centre, les Viducasses^ habitants du territoire de Vieux.

Le territoire des Sait, ou peuple de Séez, s'étendait dans la partie méridionale correspondant à une partie de l'arrondissement de Falaise et de Lisieux.

Au Sud-Ouest, la circonscription du Calvados embrasse aussi une petite portion du territoire des Àbrineaiues ou peuple de l'Âvranchain (1) (canton de Saint- Sfever).

On sait que les métropoles ou chefs-lieux des provinces romaines, telles que Rouen dans la seconde Lyonnaise et Tours dans la troisième, sont devenues des archevêchés, tandis que les capitales de petits peuples, telles que Bayeux, Séez, Lisieux, ont formé des évéchés suffragants qui ont conservé, sauf quelques exceptions, pour limites respectives, celles qui avaient été fixées précédemment pour chaque peuplade. Ainsi les limites anciennes du diocèse de Lisieux nous indiqueront approximativement celles du territoire des Lexoviens; les portions des arrondissements de Falaise et de Lisieux, qui appartenaient à VBiémois et dépendaient du diocèse de Séez, devaient correspondre à la portion du territoire des Saii qui fait aujourd'hui partie du département, de même que le canton de l'arrondis-

(i) V. mon Cours d'Aniiqnités monumentales, t. II.

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sèment de Vire, qui dépendait autrefois de i'évèché d'Avranches, nous montre ce qui de ce côté appartenait au territoire des A brincatues.

Le diocèse de Bayeux embrassait non seulement le territoire des BajocasseSy mais aussi celui des ViducasseSy qui paraissent avoir perdu leur capitale au IV' siècle et qui furent réunis aux Bajocasses. Il est donc fort difficile de déterminer les limites respectives de ces deux peuples, et bien que Ton puisse conjecturer que les Viducasses s'étendaient dans la partie Sud et Sud-Est de Tancien diocèse de Bayeux, je n'essaierai pas de rien préciser à cet égard.

Les territoires de chaque peuple étaient divisés en districts ou pagi, dont les limites sont très difficiles à déterminer et qui ne nous sont peut-être pas tous connus.

Il est constant que les principales divisions établies en Gaule, sous la domination romaine, se conservèrent sous la première et la seconde race ; mais on voit mentionnés des Pagi, dont aucuns monuments romains ne nous avaient révélé le nom.

Sous Charlemagne, il est fait mention de différents cantons qui se trouvaient compris, en totalité ou en partie, dans le Calvados, savoir :

Le Pagus Bajocassinus, — qui répondait probablement au Bessin.

Le Corilisus, — que Ton a cherché dans la partie du Bocage comprise dans l'arrondissement de Vire.

VOtlinguaSaxoniay — qui avait vraisemblablement rOrne et la Dives pour limites, et se trouvait à Test du Bessin.

Le Pagus Oximensis, — placé au sud de l'Otlingua Saxonia, qui occupait une grande partie de la cam-

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pagne de Faiaise et se prolongeait dans TOrne jusqu'audelà d*Exmes : Oximum, dont il tirait son nom.

Le Pagus Lexuinus ou Lieuvain, — qui occupait les environs de Lisieux et s'étendait à TEst, au-delà des limites du Calvados, sur le territoire de l'Eure.

Le Pagus A Igiensis ; — répondant à ce que nous appelons le Pays-d'Auge, et qui occupait une zone comprise entre le Pagus LexuintiSy VOtlingua Saxonia et le Pagus Oximensis,

Il n'est pas aisé de circonscrire absolument ce canton, et l'indication assez vague qui précède suffit pour indiquer sa position relative.

Le Finis f La Condita et L'Aicis désignent les divisions* du Pagus en cantons plus petits (1).

Avec le régime féodal parurent de nouvelles divisions. Il y eut des comtés, des vicomtes, des baronnies, des châtellenîes, des Hefs. Plus tard, la multiplication des forteresses, au XII* siècle, entraîna de notables changements dans la géographie. Vers la fin de ce siècle, telle localité inconnue au IX«, et dans laquelle un seigneur avait établi son château au XI®, était devenue une bourgade importante, une baronnie d'où dépendaient quelquefois des villes assez considérables. Ces nouveaux centres, formés par l'établissement du château, déplacèrent une partie de la population. Les habitants des campagnes groupèrent leurs maisons autour du donjon qui devait les protéger ; puis le centre féodal devint un petit centre d'affaires, dont l'importance s'est maintenue jusqu'à nous : la plupart de nos chefs-lieux de canton ont été, au moyen-âge, le siège d'une baronnie ou d'une forteresse.

(1) Voir le savant Essai de M. Gnerard sur les divisions territoriales de la Gaule, depuis l'âge Romain jusqu'à la dynastie Carlovîngienne.

Philippe^Aagoste, lors de la réunioa de la Normandie à la France, introduisit de nouvelles circonscrip» lions administratives ; diverses modifications furent encore introduites dans la suite. Il n*est pas donné à la géographie d'être plus stationnaire que l'état social lui-même, qui se modifie suivant l'agroupement , Taccroissement et le décroissement des populations, suivant les idées et le système administratif qui dominent.

Nous ne suivrons p&s dans toutes ses phases Thistoire géographique de la contrée dont nous allons entreprendre la description monumentale, mais nous indiquerons, lorsqu'il en sera besoin, les principaux changements opérés dans les circonscriptions et l'importance relative des localités.

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